[0001] La présente invention concerne un appareil refoulant pour liquide destiné à être
entraîné par une chute de liquide canalisée et servant à délivrer le liquide à un
niveau supérieur à la hauteur de la chute canalisée.
[0002] Un appareil connu de ce genre est le bélier hydraulique Garvens qui se distingue
par un faible encombrement et un poids réduit. Cet appareil comprend un corps de
pompe contenant un clapet de refoulement, une cloche à air fixée au-dessus du corps
de pompe et une boîte à soupape d'arrêt fixée dans le prolongement du corps de pompe.
Chaque modèle d'appareil était destiné à une certaine gamme de débits d'approvisionnement
et à être utilisé avec des conduits d'entrée et de sortie de diamètres déterminés.
[0003] Dans cet appareil connu, la conduite de refoulement était raccordée au corps de pompe
en aval du clapet de refoulement. La longueur de la conduite d'amenée d'eau était
variable ainsi que les diamètres des conduites d'amenée et de refoulement et les caractéristiques
de l'appareil variaient en fonction du débit d'approvisionnement et des diamètres
des conduites.
[0004] Les inconvénients du bélier Garvens sont ses performances médiocres et les bruits
occasionnés par son fonctionnement. La quantité d'eau refoulée était définie par le
constructeur comme pouvant être égale au dixième de la quantité d'eau amenée pour
une hau teur de refoulement égale à sept fois la hauteur de la chute motrice.
[0005] L'invention a pour but de procurer un appareil hydraulique qui a notamment des performances
bien supérieures à celles des appareils antérieurs.
[0006] Cet objectif est atteint selon l'invention par un appareil refoulant comprenant
un bâti qui comporte au moins une entrée raccordée à une conduite d'amenée de liquide
créant une chute motrice, une sortie de refoulement munie d'une soupape de refoulement
et une sortie d'échappement munie d'une soupape d'arrêt, et une chambre à air communiquant
avec une conduite de refoulement raccordée dans la partie inférieure de la chambre
à air, cette chambre à air contenant une paroi étanche souple pour former une enceinte
intérieure hermétique pour un gaz. L'appareil selon l'invention présente alors des
performances très nettement supérieures à celles des appareils selon l'art antérieur
et son amorçage est automatique, ce qui constitue un avantage pratique considérable.
[0007] Plusieurs appareils peuvent de façon avantageuse être connectés en cascade et plusieurs
conduites d'amenée de fluide peuvent être branchées sur un même appareil.
[0008] L'invention est exposée de façon détaillée dans ce qui suit à l'aide des dessins
ci-annexés. Dans ces dessins :
- la figure 1 représente schématiquement l'installation typique d'un bélier hydraulique,
- la figure 2 est une vue en coupe d'un appareil exemplaire selon l'invention,
- la figure 3 illustre une variante d'exécution de la chambre à air,
- les figures 4 et 5 illustrent schématiquement, respectivement en plan et en élévation,
une installation comprenant un appareil selon l'invention alimenté par plusieurs
conduites d'amenée de fluide,
- la figure 6 montre schématiquement une installation de deux appareils selon l'invention
en cascade,
- la figure 7 représente schématiquement une installation flottante d'un appareil
refoulant selon l'invention.
[0009] Se reportant à la figure 1 on voit représentée une installation typique d'un bélier
hydraulique connu, désigné en 10. Ce bélier comprend un bâti surmonté d'une cloche
à air 2. Le bâti 1 a une entrée 11 raccordée à une conduite d'ammenée de liquide
CA mettant l'appareil en communication avec un réservoir d'alimentation A qui peut
être constitué par un lac, un étang ou une rivière, par exemple. Le bâti 1 a également
une ou-verture 12 munie d'une soupape d'arrêt 14. Enfin, le bâti 1 a une sortie connectée
à une conduite de refou-lement CR qui débouche dans un réservoir de refoule-ment B
situé, par rapport au bâti 1, à une hauteur supérieure à celle du réservoir A. La
hauteur du niveau dans le réservoir par rapport à la soupape de refoulement est appelée
hauteur de la chute motrice (Hm).
[0010] Dans une telle installation, l'appareil hydraulique 10 fonctionne selon le cycle
suivant. Lorsque l'appareil est amorcé en jouant sur la soupape d'arrêt C, le liquide
amené par la conduite CA entraîne dans son mouvement la soupape d'arrêt 14 d'où la
fermeture de celle-ci, ce qui a pour effet d'occasionner une surpression et d'ouvrir
la soupape de refoulement : une quantité de liquide est refoulée dans la conduite
de refoulement CR. Il se crée alors l'action conjointe d'une dépression dans le bâti
et le poids de la soupape d'arrêt réouvre celle-ci laissant échapper une quantité
de liquide vers la conduite de fuite tandis que la soupape de refoule-ment se referme.
Ce mouvement de refoulement et d'échappement de liquide se répète un grand nombre
de fois par minute. Un appareil connu du type Garvens est capable de refouler au maximum
un dixième du débit d'alimentation à une hauteur de refoulement Hr maximum égale à
sept fois la hauteur Hm de la chute motrice. Le restant du liquide est perdu et s'échappe
par la soupape d'arrêt.
[0011] L'invention procure un appareil refoulant qui incorpore un ensemble de perfectionnements
tels qu'ils améliorent de façon inattendue les performances de l'appareil, ouvrant
cellui-ci à une gamme d'applications pour lesquelles il était jusqu'à présent exclu
d'envisager l'emploi d'un tel appareil.
[0012] Un mode d'exécution exemplaire de l'appareil selon l'invention est représenté en
coupe à la figure 2. Dans ce mode de réalisation, on distingue un bâti 1 ayant une
entrée 11 destinée au raccordement d'une conduite d'amenée de liquide CA, une ouverture
de refoulement 13 munie d'une soupape 15 et une sortie d'échappement 12 munie d'une
soupape d'arrêt 14. Au-dessus du bâti 1 est située une chambre à air 2 communiquant
avec l'intérieur du bâti 1 par l'intermédiaire de la soupape de refoulement 15 et
de l'ouverture 13. Dans la partie inférieure de la chambre à air 2 est connectée
la conduite de refoulement CR.
[0013] Il a été constaté par le demandeur que la pression qui règne à l'intérieur de cette
chambre à air 2 correspond à la pression de refoulement, autrement dit à la hauteur
de refoulement. Il est dès lors fort intéressant de pouvoir faire varier à souhait
la pression interne de la chambre à air. A cet effet, une membrane étanche souple
20 est disposée à l'intérieur de la chambre 2 pour y former une enceinte intérieure
hermétique dans laquelle est insufflé une quantité adéquate de gaz sous pression
(gaz rare ou non) de manière à optimiser le refoulement de liquide. Grâce à cette
disposition, la hauteur de refoulement se trouve considérablement accrue.
[0014] De surcroît, l'accumulateur permet de supprimer entièrement le souci de l'approvisionnement
en air. Mais compte tenu des éventuelles rentrées d'air, il faudra prévoir une purge
d'air contre la membrane, pour chasser l'air et pour que le liquide épouse continuellement
la membrane pendant le fonctionnement de la pompe.
[0015] Un dispositif d'introduction d'air réglable 16 est avantageusement prévu à proximité
de l'ouverture de refoulement 13 pour assurer une entrée d'air appropriée de manière
à réduire le risque de cavitation, c'est-à-dire la formation au sein du liquide, de
nids de vapeur qui auraient pour effet d'attaquer et détruire les parois et les organes
de la pompe.
[0016] Egalement, pour réduire l'effet de cavitation interne on peut prévoir, comme l'illustre
la figure 3, un shuntage 21 qui relie la partie supérieure de la chambre à air 2
et le volume intérieur du bâti 1.
[0017] Des essais effectués par le demandeur ont montré que lorsque la longueur de la conduite
d'amenée de liquide CA est comprise entre six et douze fois la hauteur de la chute
motrice Hm, la hauteur de refoulement est considérablement supérieure à celle que
permettait un appareil antérieur équivalent et qu'en outre un amorçage automatique
de la pompe est assuré. En particulier, l'appareil selon l'invention est capable
de refouler un liquide à raison d'un dixième du débit d'alimentation à une hauteur
égale à environ neuf fois au moins la hauteur de la chute motrice. De préférence,
la distance entre la clapet de refoulement 15 et la soupape d'arrêt 14 est la plus
petite possible.
[0018] Les résultats obtenus montrent que l'appareil selon l'invention constitue un petite
pompe refoulante qui peut avantageusement remplacer une pompe entraînée par un moteur
électrique ou à explosion. En effet, à performances égales, une pompe électrique
est incontestablement plus coûteuse qu'un appareil selon l'invention par suite de
la consommation d'énergie électrique ou de combustible importante et en raison des
entretiens et réparations inévitables des organes de transmission. La durée de vie
des appareils à moteur, quant à elle, est relativement limitée.
[0019] Pour améliorer encore les performances, on peut réaliser le bâti 1 avec une section
transversale variable entre l'entrêe 11 et la sortie de refoulement 13 de manière
à produire un effet venturi.
[0020] Pendant le fonctionnement de l'appareil refoulant, la fermeture quasi instantanée
de la soupape d'arrêt 14 produit une onde de choc qui se propage sous forme d'une
débit et d'une pression. La vitesse de propaga tion de cette onde, c'est-à-dire la
célérité est en moyenne de 1.200 mètres par seconde. L'énergie ainsi développée vient
s'engouffrer dans la chambre à air. L'inventeur a constaté qu'il est possible de bénéficier
de plusieurs coups de bélier relativement simultanément et d'accumuler l'énergie
produite par les ondes de choc de plusieurs soupapes d'arrêt dans une seule chambre
à air comme illustré à titre d'exemple par les figures 4 et 5. La figure 4 montre
une vue en plan d'un agencement comprenant quatre conduites d'alimentation CA1-CA4
associées a une chambre à air unique 2, la figure 5 montre une vue en élévation. Le
refoulement se fait par une conduite de refoulement commune CR. Une telle disposition
permet, lorsque le débit moteur Q
b est fort important, d'éviter l'emploi d'un gros bélier, lourd, encombrant, cassant
et très coûteux ou l'emploi de plusieurs petits appareils hydrauliques branchés en
parallèle.
[0021] Comme indiqué précédemment, une fraction seulement (1/10 par exemple) du débit d'alimentation
Q
b est refoulée dans la conduite de refoulement CR. Il s'ensuit donc un débit de fuite
Q
f important qui s'échappe par la soupape 14. Il s'est avéré possible, malgré la sortie
intermittente du débit de fuite, de canaliser complètement le débit de fuite Q
f et de connecter deux ou plusieurs appareils en cascade, et ce, malgré l'onde de choc
créée dans le bélier suivant. La figure 6 montre schématiquement deux appareils
10A, 10B en cascade. La sortie de fuite 12 du premier appareil 10A est connectée à
l'entrée 11 de l'appareil suivant 10B par une conduite CA2 ayant une section transversale
dimensionnée au prorata du débit de fuite Q
f1 de l'appareil 10A et ayant une longueur égale au moins à dix fois la hauteur de la
dénivellation entre les deux appareils. Sur la conduite CA2 est raccordée une cheminée
d'équilibre 18.
[0022] L'appareil refoulant selon l'invention peut de façon avantageuse être installé de
manière flottante comme illustré schématiquement à la figure 7. La bâti 1 de l'appareil
est fixé sur une base flottante 22 et la conduite d'amenée CA est montée avec un dispositif
articulé 23. De la sort, l'appareil peut être installé sur des cours d'eau à régime
et niveau variables et il peut fonctionner même en périodes de crue.
1. Appareil hydraulique comprenant un bâti qui comporte au moins une entrée raccordée
à une conduite d'amenée de liquide (CA) créant une chute motrice de hauteur prédéterminée
(Hm), une sortie de refoulement munie d'une soupape de refoulement et une sortie d'échappement
munie d'une soupape d'arrêt, et une chambre à air communiquant avec une conduite de
refoulement (CR) raccordée dans la partie inférieure de la chambre à air, caractérisé
en ce que la chambre à air (2) comprend une paroi étanche souple (20) formant une
enceinte intérieure hermétique pour un gaz.
2. Appareil selon la revendication 1, caractérisé en ce que la partie supérieure de
la chambre à air (2) communique avec le volume intérieur du bâti (1) par l'intermédiaire
d'un shuntage (21).
3. Appareil selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que la section transversale
du bâti entre l'entrée (11) et la sortie de refoulement (13) est variable de manière
à produire un effet venturi.
4. Dispositif selon l'un quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que
la sortie de fuite (12) d'un premier appareil (10A) est connectée à l'entrée (11)
d'un autre appareil (10B) par une conduite d'alimentation inclinée (CA2) dont la section
transversale est dimensionnée en fonction du débit de fuite (Qb) dudit premier appareil (10A).
5. Dispositif selon la revendication 4, caractérisé en ce que la conduite d'alimentation
inclinée précitée (CA2) a une longueur au moins égale à dix fois la hauteur de dénivellation
entre les deux appareils consécutifs (10A, 10B).
6. Dispositif selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé
en ce qu'il comprend plusieurs conduites d'amenée de liquide (CA1, CA2 ...) en liason
avec une chambre à air (2) unique.
7. Dispositif selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé
en ce que le bâti (1) est installé sur une base flottante (22) et en ce que la conduite
d'alimentation (CA) est montée avec un dispositif articulé (23).