[0001] La présente invention concerne une fusée temporisatrice pour une munition tirée par
une arme, notamment une grenade.
[0002] De nombreuses fusées temporisatrices ont déjà été proposées.
[0003] Le document FR-A-2 238 138 décrit par exemple une fusée qui comprend :
- un corps (14),
- un rotor (16) qui porte une charge d'amorçage,
- un percuteur (22),
- un paquet (30) de microbilles qui sert initialement de butée à la tête du percuteur,
- un bouchon (36) qui empêche l'écoulement des microbilles,
- un élément annulaire à commande inertielle (42) qui empêche également initialement
l'écoulement des microbilles,
- deux goupilles de cisaillement (44) associées à l'élément annulaire précité,
- un moyen de verrouillage (52) qui coopère avec l'élément annulaire (42).
[0004] Le document US-A-2 167 197 décrit une autre fusée qui comprend :
- un corps (1),
- une charge d'amorçage (4a),
- un percuteur (3),
- des billes d'arrêt (8) qui empêchent initialement le percuteur d'atteindre la charge
d'amorçage (4a),
- un manchon (9) qui maintient initialement les billes d'arrêt (8) en avant du percuteur,
- un jonc annulaire (10) associé au manchon pour retenir celui-ci, le jonc annulaire
(10) s'effaçant sous l'effet d'une force centrifuge,
- un fourreau (5) engagé sur le corps du percuteur,
- un ressort (7) qui sollicite le fourreau en appui contre le percuteur dans le sens
d'une percussion,
- des billes (6) qui assurent une liaison entre le fourreau (5) et le manchon (9)
tant que la force centrifuge dépasse un seuil, les billes (6) s'effaçant lorsque la
force centrifuge chute, pour libérer le fourreau (5) et provoquer l'impact de la charge
d'amorçage (4a) par le percuteur (3) sous l'effet du ressort (7).
[0005] Au moment de leur arrivée sur la cible ou au sol, les grenades sont soumises à des
caractéristiques d'impact qui peuvent être extrêmement variables : impact frontal
sur cible dure, sur cible molle, impact à incidence non nulle, pouvant même aller
jusqu'à un impact latéral,...
[0006] Il est donc souhaitable que l'in tiation de la charge puisse être réalisée en toutes
circonstances, quelles que soient les caractéristiques balistiques de la trajectoire
et la nature ou l'incidence de l'impact (percussion "tout azimut").
[0007] En outre, il est important de pouvoir réaliser l'auto-destruction des grenades en
cas d'incident de trajectoire, par mesure de sécurité.
[0008] Enfin, une temporisation est indispensable pour assurer une sécurité de bouche.
[0009] La présente invention propose une fusée temporisatrice permettant précisément de
répondre à toutes ces conditions.
[0010] La fusée de l'invention est du type général comprenant, logés dans un corps de fusée,
comme cela est connu en soi du document
FR-A-2 238 138 :
- une chaîne pyrotechnique d'allumage et de mise à feu, comprenant un premier ensemble
comportant une charge d'amorçage logé dans un équipage mobile, et un second ensemble
composé d'un relais de transmission, l'équipage mobile empêchant la transmission de
feu entre les deux ensembles en configuration de stockage de la fusée, et étant mis
en position d'alignement de chaîne, correspondant à une configuration d'armement,
par effet centrifuge lors du tir de la munition,
- une système de percussion de la charge d'amorçage, comprenant un percuteur porté
par un organe support relié au corps de la fusée,
- des moyens de verrouillage du système de percussion en configuration de stockage,
- un ensemble temporisateur comprenant un volume susceptible d'écoulement, notamment
un volume de microbilles, évacué progressivement lors du passage de la configuration
de stockage à la configuration d'armement sous l'action d'un piston de refoulement,
sollicité par des moyens ressort et libéré par effet centrifuge lors du tir de la
munition.
[0011] La fusée conforme à la présente invention est caractérisée par le fait que :
- il est prévu des moyens ressort pour mettre en tension le percuteur à distance de
la charge d'amorçage, et des moyens de déclenchement pour libérer le percuteur mis
sous tension et permettre l'impact de celui-ci sur l'amorce,
- les moyens de déclenchement comprennent un élément annulaire divisé en une pluralité
de secteurs espacés périphériquement, chacun de ces secteurs coopérant avec l'organe
support du percuteur par une face en forme de rampe,
- l'organe support du percuteur s'étend entre l'élément annulaire divisé et un élément
de liaison au corps de la fusée,
- l'organe support du percuteur, chaque secteur de l'élément annulaire divisé et l'élément
de liaison sont pourvus de logements homologues respectifs, et
- au moins une bille de retenue est placée dans ces logements, de manière à maintenir
en place chaque secteur tant que la composante, normale à la rampe, de la force centrifuge
subie par le secteur reste supérieure à la composante, normale à la rampe, de la force
exercée par les moyens ressort mettant en tension le percuteur de sorte que le percuteur
n'est libéré que lorsque l'effet centrifuge subi par la fusée devient inférieur à
un seuil donné, permettant ainsi soit la percussion par effet latéral résultant d'un
impact à grande incidence, soit l'auto-destruction de la munition en cas de défaillance
balistique.
[0012] De la sorte, le percuteur est libéré lors d'une percussion par effet latéral résultant
d'un impact à grande incidence, ou encore lorsque l'effet centrifuge subi par la fusée
devient inférieur à un seuil, lié à l'effort exercé par les premiers moyens ressort,
pour opérer l'auto-destruction de la munition en cas de défaillance balistique.
[0013] De préférence, la fusée de l'invention présente en outre les caractéristiques avantageuses
suivantes :
- la face frontale du percuteur est placée en vis-à-vis de la région frontale du corps
enveloppe de la fusée, de manière à permettre la percussion directe de l'amorce par
l'écrasement de l'enveloppe résultant d'un impact à incidence faible ou nulle ;
- l'équipage mobile portant l'amorce est mobile axialement en direction frontale,
de manière à permettre la percussion directe de l'amorce par projection de celle-ci
contre le percuteur, en cas d'impact à incidence faible ou nulle sans écrasement suffisant
de la partie frontale de l'enveloppe ;
- il est en outre prévu des troisièmes moyens ressort pour précontraindre les
secteurs de l'élément annulaire de manière à les écarter radialement, l'effort exercé
par ces troisièmes moyens ressort venant s'ajouter à celui résultant de la force centrifuge
subie par les secteurs ;
- l'élément de liaison du percuteur au corps de la fusée est solidaire du piston
de refoulement des microbilles, et l'équipage mobile comporte un logement de projection
de la pointe du percuteur, de sorte que cette dernière ne soit placée en position
d'armement qu'après évacuation complète du volume de microbilles ;
- la présence de la pointe du percuteur dans le logement correspondant de l'équipage
mobile immobilise ce dernier en rotation et le bloque en position de désalignement
de chaîne, de manière à empêcher tout alignement de la chaîne pyrotechnique avant
l'évacuation complète du volume de microbilles.
[0014] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront à la lecture de
la description détaillée ci-dessous d'un mode de réalisation, faite en référence aux
dessins annexés, sur lesquels :
- la figure 1 est une coupe en élévation montrant la structure interne de la fusée
de l'invention,
- la figure 2 est une coupe partielle, également en élévation, similaire à la figure
1,
- la figure 3 est une demi-coupe selon la ligne III-III de la figure 2,
- la figure 4 montre la fusée juste après le départ du coup,
- la figure 5 montre la fusée pendant la phase de temporisation,
- la figure 6 montre la fusée dans sa configuration d'armement, après achevement de
la phase de temporisation,
- la figure 7 illustre la phase de percussion, dans le cas d'un impact frontal de
faible intensité,
- la figure 8 illustre la phase de percussion, dans le cas d'un impact latéral de
forte incidence, ou dans le cas d'auto-destruction de la munition.
[0015] Sur les figures, la référence 100 désigne de façon générale le corps de la fusée,
destiné à être placé par exemple sur une grenade destinée à être tirée par une arme,
la fusée venant se visser sur l'orifice de la grenade grâce à une partie filetée 101
formée à sa base, l'axe du corps de la fusée étant référencé 110. L'ensemble des pièces
de la fusée est supporté par un élément monobloc 102 en matière plastique injectée,
fermé par une coque 103 formant enveloppe de protection et procurant à la fusée l'aérodynamisme
nécessaire.
[0016] L'élément monobloc 102 supporte en particulier la chaîne pyrotechnique d'allumage
et de mise à feu 200, qui comprend une amorce concutante 201, un relais de détonation
202 et un relais de transmission 203. L'amorce 201 et le relais de détonation 202
communiquent par un canal de transmission de feu 204, l'ensemble étant porté par un
équipage mobile 205 qui, dans la configuration de stockage représentée figure 1, assure
à la fois le désalignement de l'amorce 201 par rapport au percuteur 301 et celui du
relais de détonation 202 par rapport au relais de transmission 203, ce dernier étant
serti à demeure dans un prolongement cylindrique 104 du corps de la fusée, coaxial
à l'axe 110.
[0017] L'équipage mobile 205 est mobile à rotation selon un degré de liberté, autour d'un
axe 220 transversal à l'axe 110, grâce à deux tourillons 206 lui permettant de tourillonner
dans les encoches 105 d'une partie 106 du corps de fusée formant étrier de support
de l'équipage. Les encoches 105, dont la largeur est complémentaire du diamètre des
tourillons 206, s'étendent parallèlement à l'axe 110 et débouchent sur l'avant de
la partie 106 du corps de fusée.
[0018] L'équipage 205 est mobile en translation axiale, les tourillons 206 pouvant se déplacer
axialement dans les encoches 105, mais il est initialement maintenu en position arrière
grâce à des ressorts de rappel 208 : ce degré de liberté supplémentaire en translation
axiale est destiné en fait à permettre la projection de l'équipage portant l'amorce
201 contre le percuteur en cas de choc frontal, comme on le décrira plus loin en référence
à la figure 7.
[0019] Un pion de balourd 209, porté par l'équipage mobile 205, permettra l'alignement de
la chaîne pyrotechnique par effet centrifuge, et une butée 210 limitera la rotation
résultante à la position assurant exactement l'alignement de chaîne.
[0020] Il est enfin prévu dans l'équipage mobile 205 un logement 211 reçevant initialement
le percuteur 301, qui a pour fonction d'une part de protéger ce dernier, et d'autre
part d'immobiliser en rotation l'équipage mobile en configuration de stockage, tant
que le percuteur ne se sera pas retiré par déplacement en direction frontale, ce déplacement
correspondant au passage de la fusée en configuration d'armement. Les axes du logement
211 et du canal 204 sont sécants des axes 110 et 220. Le logement 211 coupe le canal
204 sans intersecter l'amorce 201 ni le relais de détonation 202.
[0021] La fusée comprend également un système de percussion de l'amorce, désigné de façon
générale par la référence 300, avec un percuteur 301 métallique, par exemple en laiton,
serti coaxialement à l'axe 110 dans une organe support 302 sur lequel s'exerce la
tension d'un ressort axial 303 ou ressort d'auto-destruction, placé entre le sommet
de la coiffe 103 et l'organe support 302. Dans la configuration de stockage représenté
figure 1, ce ressort n'est pas comprimé ; il peut cependant être légérement précontraint.
[0022] Le percuteur est verrouillé à un élément 401 au moyen de billes 304 insérées chacune
dans un logement 305 d'une partie frontale 306, de forme générale cylindrique, de
l'organe support 302 du percuteur. On prévoit par exemple deux billes diamétralement
opposées, qui se logent également dans des alvéoles respectifs 402 de l'élément 401
(ou dans une gorge annulaire de cet élément) pour assurer la liaison entre ce dernier
élément et l'organe support 302.
[0023] Le maintien des billes est assuré au moyen d'une bague annulaire intérieure 307,
divisée en une pluralité de secteurs, par exemple deux demi-secteurs dans le cas de
deux billes, comme illustré sur les figures (l'interstice entre ces deux demi-secteurs
est notamment visible figure 8, où il porte la référence 308). Ces secteurs sont précontraints
en direction radiale vers l'extérieur au moyen d'un jonc élastique 309 placé dans
une gorge intérieure propre à le recevoir. Enfin, les secteurs annulaires 307 sont
pourvus d'une gorge périphérique 310 (apparente en particulier figure 8), de faible
profondeur, pour empêcher le glissement des billes sur la face extérieure des secteurs
annulaires.
[0024] Les secteurs annulaires 307 coopérent avec la partie cylindrique 306 de l'organe
support 302 par des faces homologues en forme de rampes 311 et 312 : la rampe 311
formée sur la partie 306 est tronconique et diverge vers l'avant de la fusée ; la
rampe 312 formée sur les secteurs annulaires 307 possède la même conicité.
[0025] Ces rampes, du fait de leur inclinaison, vont permettre de transformer l'effort axial
exercé par le ressort de percussion 303 en une composante radiale, qui sera combinée
à la force centrifuge subie par les secteurs annulaires 307 de la manière indiquée
plus bas.
[0026] Enfin, le percuteur proprement dit 301 comprend une face frontale 313 susceptible
de le repousser en direction de l'amorce sous l'effet d'un contact exercé par un bossage
107 en partie frontale de la coiffe, cette mise en contact résultant d'un écrasement
de la coiffe consécutif à un impact frontal à incidence faible ou nulle, et de faible
intensité.
[0027] En outre, ces éléments 107 et 313 permettent de guider le ressort axial d'auto-destruction
303.
[0028] La fusée de l'invention comprend enfin un système temporisateur retardant de quelques
millisecondes le passage en configuration d'armement après le tir du projectile pourvu
de la fusée.
[0029] Ces moyens temporisateurs comprennent un élément cylindrique fixe 403, bloqué en
place par des saillies 108 et 109 du corps de la fusée, et recevant l'élément 401
formant piston (supportant, comme indiqué plus haut, l'ensemble de percussion), qui
est formé d'un manchon coaxial à l'axe 110 et qui peut coulisser en direction axiale
à l'intérieur du cylindre 403.
[0030] L'espace compris entre le cylindre 403 et le piston mobile 401 définit une chambre
annulaire 404, de volume variable en fonction de la position du piston 401.
[0031] En configuration de stockage, le piston est en position arrière, et le volume 404
est rempli d'une matière susceptible d'écoulement, de préférence des microbilles de
verre -mais il peut également contenir du sable, une matière solide en poudre, un
fluide visqueux (huile) ou non (eau),...
[0032] Le volume de microbilles pourra s'écouler par un orifice radial 405 ménagé dans le
cylindre extérieur 403 et éventuellement calibré en fonction de la viscosité équivalente
du volume de microbilles. En configuration de stockage, cet orifice 405 est fermé
par une bague cylindrique 406 ou bague d'armement, immobilisée par des goupilles de
cisaillement 409, calibrées. Au moment du départ du coup et après cisaillement des
goupilles 409, la bague d'armement 406 pourra s'effacer vers l'arrière, dégageant
ainsi l'orifice d'écoulement 405 ; par la suite, la bague 406 sera empêché de revenir
vers l'avant grâce à un jonc anti-retour 407 précontraint qui viendra en butée contre
la face avant de la bague d'armement.
[0033] Pour forcer l'écoulement des microbilles de verre, il est prévu un ressort 408 ou
ressort d'armement, comprimé entre la base 102 du corps de la fusée et la partie inférieure
du piston 401.
[0034] De la sorte, dès que l'orifice 405 aura été dégagé par effacement de la bague annulaire
406, le piston 401 coulissera progressivement vers l'avant, entraînant simultanément
l'ensemble du système de percussion qu'il supporte.
[0035] On va maintenant décrire le fonctionnement de la fusée de l'invention.
[0036] Tout d'abord, en configuration de stockage (configuration illustrée figures 1 à 3),
la bague d'armement 406, immobilisée sur le cylindre 403 par ses goupilles de cisaillement
409, obture les orifices d'écoulement 405 des microbilles de verre, et le piston 401
est donc empêché de se déplacer.
[0037] L'organe support 302 du percuteur est solidaire du piston 401 par l'action des secteurs
annulaires 307 soumis à l'action du jonc élastique 309, qui repousse les billes 304
dans la gorge annulaire 402 usinée dans le piston 401. Le ressort d'auto-destruction
303, légèrement précontraint, maintient l'ensemble en position arrière.
[0038] La pointe 301 du percuteur, logée dans l'orifice 211 de l'équipage mobile 205, immobilise
ce dernier en position de désalignement de chaîne pyrotechnique (explosifs primaire
et secondaire).
[0039] Au départ du coup, au cours de la phase balistique d'accélération dans le canon de
l'arme (figure 4) la bague d'armement 406 cisaille les goupilles 409 par effet d'inertie
et coulisse le long du cylindre 403 ; le jonc anti-retour 407 vient l'immobiliser
en position arrière.
[0040] Les orifices 405 d'écoulement des microbilles de verre sont alors dégagés et celles-ci,
sollicitées par l'action du ressort d'armement 408 ainsi que par la force centrifuge,
commencent à s'écouler par les orifices 405 (figure 5).
[0041] Pendant cette phase dite de temporisation, l'ensemble formé par le percuteur 301,
son organe support 302 et ses éléments de verrouillage est entraîné par le piston
401 et commence à se déplacer vers l'avant, tout en comprimant le ressort d'auto-destruction
303. Tant que l'écoulement n'est pas terminé, la pointe 301 du percuteur, encore engagée
dans l'orifice 211, bloque l'équipage mobile 205 en rotation, assurant ainsi la sécurité
de bouche.
[0042] Une fois les microbilles totalement évacuées (figure 6), le ressort d'armement 408
immobilise le piston 401 en position avant, le ressort d'auto-destruction 303 étant
alors comprimé à son maximum.
[0043] Sous l'effet de la force centrifuge, l'ensemble percuteur 301-organe support 302-moyens
de verrouillage 304 est toujours solidaire du piston 401, car l'effort exercé sur
les billes 304 par les secteurs annulaires 307 et le jonc élastique 309 reste supérieur
à celui résultant de la compression du ressort d'auto-destruction 303.
[0044] Simultanément, l'équipage mobile 205 est libéré en rotation par l'effacement complet
de la pointe du percuteur 301, et déséquilibré par le pion de balourd 209 qui, sous
l'action de la force centrifuge, aligne la chaîne pyrotechnique (percuteur 301, amorce
concutante 201, canal de transmission de feu 204, relais de détonation 202 et relais
de transmission 203).
[0045] On va maintenant décrire la façon dont la percussion s'opère, celle-ci pouvant être
réalisée selon trois modes différents.
[0046] Dans un premier mode de percussion, correspondant à un impact frontal à incidence
faible ou nulle (figure 7), la percussion sera réalisée directement, de deux manières
possibles : soit par le refoulement du percuteur 301 sur l'amorce concutante 201 suite
à l'écrasement de la partie frontale de la coque 103, l'impact étant transmis par
le bossage 107 à la partie frontale 313 du percuteur (cas d'un impact sur une cible
relativement dure) ; soit par auto-percussion de l'équipage 205 qui, disposant d'une
course suffisante en direction axiale, va se projeter par effet d'inertie contre la
pointe du percuteur lors de la décélération, comme illustré figure 7 (cas d'un impact
sur une cible relativement molle).
[0047] Dans un second mode de percussion, l'impact a lieu sous une incidence élevée (situation
illustrée figure 8). Dans ce cas, on met à profit le système d'auto-destruction de
la fusée : sous l'effet du choc latéral et du profil 312 en forme de rampe des secteurs
307, et sous l'action du ressort d'auto-destruction 303, les billes 304 s'effacent
et libérent l'organe support 302, après avoir quitté les orifices 305. Le percuteur
301 peut alors frapper l'amorce concutante 201.
[0048] Dans un troisième mode de percussion, correspondant à l'auto-destruction de la grenade
en cas d'incident balistique, l'organe support du percuteur est libéré dès que la
résultante normale aux rampes 311,312 du cumul de la force centrifuge et de l'effort
exercé par le jonc élastique 309 sur les secteurs 307 devient inférieure à la composante
normale aux rampes 311,312 de l'effort appliqué sur l'organe support 302 par le ressort
d'auto-destruction 303. La libération des billes 304 est alors opérée de la même manière
que précédemment.
1. Une fusée temporisatrice à percussion tout azimut pour une munition tirée par une
arme, notamment une grenade, comprenant, logés dans un corps de fuséée (100) :
- une chaîne pyrotechnique (200) d'allumage et de mise à feu, comprenant un premier
ensemble comportant une charge d'amorçage (201) logé dans un équipage mobile (205),
et un second ensemble composé d'un relais de transmission (203), l'équipage mobile
empêchant la transmission de feu entre les deux ensembles en configuration de stockage
de la fusée, et étant mis en position d'alignement de chaîne, correspondant à une
configuration d'armement, par effet centrifuge lors du tir de la munition,
- un système de percussion (300) de la charge d'amorçage, comprenant un percuteur
(301) porté par un organe support relié au corps de la fusée,
- des moyens de verrouillage du système de percussion en configuration de stockage,
- un ensemble temporisateur (400) comprenant un volume (404) susceptible d'écoulement,
notamment un volume de microbilles, évacué progressivement lors du passage de la configuration
de stockage à la configuration d'armement sous l'action d'un piston de refoulement
(401), sollicité par des moyens ressort (408) et libéré par effet centrifuge lors
du tir de la munition,
caractérisé par le fait que :
- il est prévu des moyens ressort (303) pour mettre en tension le percuteur à distance
de la charge d'amorçage, et des moyens de déclenchement pour libérer le percuteur
mis sous tension et permettre l'impact de celui-ci sur l'amorce,
- les moyens de déclenchement comprennent un élément annulaire divisé en une pluralité
de secteurs espacés périphériquement, chacun de ces secteurs coopérant avec l'organe
support du percuteur par une face (312) en forme de rampe,
- l'organe support du percuteur s'étend entre l'élément annulaire divisé et un élément
de liaison au corps de la fusée,
- l'organe support du percuteur, chaque secteur de l'élément annulaire divisé et l'élément
de liaison sont pourvus de logements homologues respectifs, et
- au moins une bille de retenue est placée dans ces logements, de manière à maintenir
en place chaque secteur tant que la composante, normale à la rampe, de la force centrifuge
subie par le secteur reste supérieure à la composante, normale à la rampe, de la force
exercée par les moyens ressort mettant en tension le percuteur de sorte que le percuteur
n'est libéré que lorsque l'effet centrifuge subi par la fusée devient inférieur à
un seuil donné, permettant ainsi soit la percussion par effet latéral résultant d'un
impact à grande incidence, soit l'auto-destruction de la munition en case de défaillance
balistique.
2. La fusée de la revendication 1, dans laquelle la face frontale (313) du percuteur
est placée en vis-à-vis de la région frontale du corps enveloppe (103) de la fusée,
de manière à permettre la percussion directe de la charge d'amorçage par l'écrasement
de l'enveloppe résultant d'un impact à incidence faible ou nulle.
3. La fusée de l'une des revendications 1 et 2, dans laquelle l'équipage mobile portant
la charge d'amorçage est mobile axialement en direction frontale, de manière à permettre
la percussion directe de cette charge par projection de celle-ci contre le percuteur,
en cas d'impact à incidence faible ou nulle sans écrasement suffisant de la partie
frontale de l'enveloppe.
4. La fusée de l'une des revendications 1 et 3, dans laquelle il est en outre prévu
des troisièmes moyens ressort (309) pour précontraindre les secteurs de l'élément
annulaire de manière à les écarter radialement, l'effort exercé par ces troisièmes
moyens ressort venant s'ajouter à celui résultant de la force centrifuge subie par
les secteurs.
5. La fusée de la revendication 4, dans laquelle les troisièmes moyens ressort (309)
sont formés d'un jonc élastique.
6. La fusée de l'une des revendications 1 à 5, caractérisée par le fait qu'elle comprend
une bague (406) qui en configuration de stockage empêche l'écoulement du volume, la
bague (406) étant associée à des goupilles cisaillables (409) et étant susceptible
de coulissement axial, après rupture des goupilles, sous l'effet de l'accélération
de la fusée, pour autoriser alors l'écoulement du volume.
7. La fusée de la revendication 6, caractérisée par le fait que la bague (406) est associée
à un jonc anti-retour (407).
8. La fusée de l'une des revendications 1 à 7, dans laquelle l'élément de liaison du
percuteur au corps de la fusée est solidaire du piston de refoulement des microbilles,
et dans laquelle l'équipage mobile comporte un logement (211) de projection de la
pointe du percuteur, de sorte que cette dernière ne soit placée en position d'armement
qu'après évacuation complète du volume de microbilles.
9. La fusée de la revendication 8, dans laquelle la présence de la pointe du percuteur
dans le logement correspondant de l'équipage mobile immobilise ce dernier en rotation
et le bloque en position de désalignement de chaîne, de manière à empêcher tout alignement
de la chaîne pyrotechnique avant l'évacuation complète du volume de microbilles.
10. La fusée de l'une des revendications 1 à 9, caractérisée par le fait que l'équipage
mobile (205) est formé d'un rotor pourvu de deux tourillons (206) montés à rotations
dans un étrier support lié au corps de la fusée.