[0001] On doit régulièrement tailler les meules, telles que celles utilisées par exemple
pour la rectification des pièces de moteur automobile. Ce taillage doit porter aussi
bien sur la périphérie de la meule que sur les bords des flancs et sur les parties
toriques raccordant ces flancs à la périphérie de la meule. Les dispositifs de taillage
des meules utilisés jusqu'à présent comportent généralement un gabarit dont la forme
est complémentaire de celle de la meule. Mais ces dispositifs présentent l'inconvénient
d'exiger un angle de raccordement important entre les tores de raccordement et les
flancs. De plus, ces flancs doivent être prétaillés, opération longue et parfois dangereuse
car elle est pratiquement impossible à automatiser.
[0002] Le document FR-A-2 405 786 décrit un dispositif de taillage d'une meule ayant son
axe monté à rotation dans un bâti qui comporte au moins deux molettes diamantées dont
les axes sont parallèles l'un à l'autre et perpendiculaires à l'axe de la meule et
sont montés à rotation dans un support mobile et des moyens pour tailler la périphérie
de la meule.
[0003] La présente invention a pour objet un dispositif de taillage de meules, du type
ci-dessus mais qui est beaucoup plus précis.
[0004] Ce dispositif est caractérisé en ce que le support des molettes diamantées est mobile
dans une direction perpendiculaire à l'axe des molettes, donc parallèle à l'axe de
la meule, et en ce que les moyens pour tailler la périphérie de la meule sont constitués
par un frottoir porté par le support. Le support des molettes étant mobile suivant
un axe parallèle à l'axe de la meule, les deux molettes situées de part et d'autre
de la meule interviennent séparément; l'usure latérale de la meule est ainsi automatiquement
compensée. Par ailleurs, le déplacement du chariot parallèlement à l'axe de la meule
permet l'utilisation d'un frottoir dont la position peut-être définie au micron.
Ce frottoir taille la meule selon des génératrices rectilignes alors que la molette
boisseau du document précité trace des arcs de cercle.
[0005] Chacune des molettes comporte de préférence deux parties actives, l'une cylindrique
dans sa partie haute et l'autre ayant une forme torique prolongée par des parties
tronconiques qui font le même angle respectivement avec l'axe de la meule et avec
un plan perpendiculaire à cet axe.
[0006] On a décrit ci-après à titre d'exemple non limitatif, un mode de réalisation du dispositif
selon l'invention, avec référence aux dessins annexés dans lesquels :
La Figure 1 en est une vue en plan schématique;
La Figure 2 est une vue à plus grande échelle montrant le frottoir et l'une des molettes;
La Figure 3 est une vue en coupe d'un fourreau porte-frottoir et montre les moyens
pour déplacer axialement le fourreau.
[0007] A la Figure 1, on voit une meule 1 qui est fixée sur un arbre 2 monté à rotation
dans un bâti 3.
[0008] Un chariot 4 peut être déplacé par rapport au bâti 3 dans la direction x-x parallèle
à l'axe de l'arbre 2, par des moyens non représentés au dessin.
[0009] Deux broches 5
a et 5
b sont montées à rotation dans le chariot 4, autour d'un axe parallèle à l'axe y-y
perpendiculaire à l'axe x-x, et peuvent être entraînées en rotation par un moteur
6
a ou 6
b. Chacune de ces broches porte une molette diamantée 7
a ou 7
b qui est fixée sur l'extrémité 8 de la broche par une vis 9 et une rondelle 10.
[0010] Par ailleurs, un fourreau 11 servant de support pour un frottoir 12 fixe par une
vis 13 est monté coulissant dans le chariot 4, entre les deux broches 5
a et 5
b, dans la direction de l'axe y-y et peut être déplacé par des moyens décrits plus
loin.
[0011] Le profil de chacune des molettes 7
a et 7
b est approximativement complémentaire de la partie torique de la meule 1. Après avoir
réglé la position axiale des broches 5
a et 5
b de façon que la base des tores des molettes 7
a et 7
b se trouve sur une ligne sensiblement confondue avec une génératrice de la meule
1, on déplace le chariot 4 de façon à tailler à l'aide de la molette 7
a le flanc gauche et le rayon gauche 1
a de la meule, puis à l'aide de la molette 7
b le flanc droit et le rayon droit 1
b de cette meule. On taille enfin la périphérie de la meule à l'aide du frottoir 12.
[0012] La molette possède des grains de diamant, en deux endroits, à sa partie cylindrique
haute 14
a et sur sa partie torique 14
b. Mais l'expérience montre qu'il est impossible de tailler la meule de façon que sa
partie torique 1
a ou 1
b se raccorde exactement avec son flanc d'une part, avec sa périphérie d'autre part.
Cela est du au fait que le diamètre de la partie supérieure 14
a de la molette ne peut être rigoureusement égal au diamètre intérieur de sa partie
torique; il en diffère d'une valeur
k , c'est-à-dire que le diamètre sur lequel se trouvent les centres de cette partie
torique a pour valeur d+2r+k,
r étant le rayon de ladite partie torique. De même, il est impossible que la partie
travaillante du frottoir 12 soit rigoureusement à une distance
r du plan contenant les centres de la partie torique 14
b de la molette; il en diffère d'une valeur
kʹ. Pour remédier à cette difficulté, on s'arrange pour que les valeurs respectives
k et
kʹ soient toujours positives et on donne à la molette un profil tel que sa partie torique
14
b se prolonge par des parties tronconiques qui font le même angle α respectivement
avec la direction x-x et avec la direction y-y, comme cela apparaît à la Figure 2.
L'angle α qui est connu, doit être aussi faible que possible, de l'ordre de 1 à 3°.
[0013] Dans ces conditions, l'erreur sur la longueur de la partie droite de la périphérie
de la meule raccordant les deux tores est donnée par la formule :

si α est exprimé en radian.
[0014] Si, par exemple, on a k = 0,017 mm et α = 2°, l'erreur est approximativement de
1 millimètre. De même l'erreur εʹ sur la hauteur du flanc taillé de la meule est donnée
par la formule :
εʹ =

.
[0015] La position du porte-frottoir 11 doit être déterminée avec une très grande précision
qui peut être de l'or dre du micron en particulier quand le dispositif doit tailler
plusieurs meules coaxiales de mêmes diamètres.
[0016] A cet effet, dans le mode de realisation de la Figure 3, un barreau 15 en nickel
ou en une autre matière subissant une variation de longueur sous l'effet d'un champ
électro-magnétique, est fixé à deux cylindres de guidage 16
a et 16
b qui sont montés coulissants avec un jeu faible dans le chariot 4 et dont l'un est
solidaire du fourreau 11. Les cylindres 16
a et 16
b sont plaqués dans le chariot 4 par des pistons freins 17
a et 17
b poussés par des rondelles élastiques 18
a et 18
b prenant appui sur des bouchons 19
a et 19
b. Les cylindres dans lesquels sont montés les pistons sont reliés à la source de pression
20 de la machine par des conduits 21
a et 21
b sur lesquels sont intérposés des distributeurs 22
a et 22
b, la pression dans l'un des cylindres ayant pour effet de reculer le piston correspondant
contre l'action de la rondelle élastique 18
a ou 18
b.
[0017] Autour du barreau 15 est disposée une bobine 23 qui peut être alimentée en courant
par l'intermédiaire d'un contacteur 24.
[0018] A la mise en marche du dispositif, l'électro-vanne 22
a est désexcitée alors que l'électro-vanne 22
b est excitée, de sorte que seul le frein 17
a est serré.
[0019] Pour faire avancer le fourreau 11 portant le frottoir 12 on procède successivement
aux opérations suivantes :
- mise sous tension de la bobine 23, par fermeture du contacteur 24, ce qui a pour
effet de produire une rétraction du barreau 15 qui entraîne le cy lindre 16
b;
- serrage du frein 17
b par coupure de l'électrovanne 22
b;
- excitation de l'électro-vanne 22
a, ce qui desserre le frein 17
a;
- coupure de l'alimentation de la bobine 23 de sorte que le barreau 15 se déplace
de quelques microns vers la gauche en entraînant le cylindre 16
a et le frottoir 12;
- serrage du frein 17
a par coupure de l'alimentation de l'électro-vanne 22a;
- et desserrage du frein 17
b par excitation de l'électro-vanne 22
b.
[0020] Pour faire reculer le frottoir 12, on opère de manière analogue mais en mettant
la bobine 23 sous tension après serrage du frein 17
b et desserrage du frein 17
a.
[0021] Il va de soi que la présente invention ne doit pas être considérée comme limitée
au mode de réalisation décrit et représenté, mais en couvre, au contraire, toutes
les variantes. C'est ainsi notamment que l'on pourrait tailler en même temps plusieurs
meules de même diamètre fixées coaxialement sur l'arbre 2 en prévoyant plusieurs frottoirs
12 séparés les uns des autres par un ensemble comportant une molette analogue à la
molette 7
a ou 7
b et son moteur d'entraînement. Dans ce cas, dans un groupe de deux meules adjacentes,
une même molette taille le flanc gauche et la partie torique gauche de la meule située
à droite et le flanc droit et la partie torique droite de la meule située à gauche.
Par ail leurs, le dispositif peut être incorporé à une rectifieuse, par exemple une
rectifieuse à plongée droite, la position du ou des frottoirs étant asservie au diamètre
de la meule 1 mesurée par une jauge d'autocalibrage portée par la rectifieuse.
1. Dispositif de taillage d'une meule (1) ayant son axe (2) monté à rotation dans
un bâti (3), qui comporte au moins deux molettes diamantées (7a et 7b) dont les axes sont parallèles l'un à l'autre et perpendiculaires à l'axe (2) de
la meule et sont montés à rotation dans un support mobile (4) et des moyens pour tailler
la périphérie de la meule,
caractérisé en ce que le support (4) des molettes diamantées est mobile dans une
direction perpendiculaire à l'axe des molettes, donc parallèle à l'axe de la meule,
et en ce que les moyens pour tailler la périphérie de la meule sont constitués par
un frottoir (12) porté par le support (4).
2. Dispositif selon la revendication 1,
caractérisé en ce que le frottoir (12) est porté par un fourreau (11) dont la position
par rapport au support (4) est réglable dans la direction des axes des molettes.
3. Dispositif selon la revendication 1 ou 2,
caractérisé en ce que chacune des molettes (7a ou 7b) comporte deux parties actives l'une (14a) cylindrique dans sa partie haute et l'autre (14b) ayant une forme torique prolongée par des parties tronconiques qui font le même
angle respectivement avec l'axe de la meule et avec un plan perpendiculaire à cet
axe.
4. Dispositif selon la revendication 3,
caractérisé en ce que ledit angle des parties tronconiques est compris entre 1 et
3°.
5. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé par des moyens sensibles
à la magnétostriction de certains métaux pour régler la position du fourreau.