[0001] La présente invention concerne une cellule d'électrolyse et un procédé pour la réduction
d'une solution comprenant du titane et du fer et en particulier d'une solution issue
d'une attaque sulfurique de l'ilménite.
[0002] On sait que la production du dioxyde de titane comporte une attaque par une solution
d'acide sulfurique d'un minerai titanifère du type ilménite, anatase ou rutile. On
obtient après cette attaque une solution qui contient du sulfate de titanyle et des
sulfates de fer ferrique et ferreux notamment.
[0003] Or, cette solution doit être réduite pour transformer les ions ferriques en ions
ferreux, la présence des ions ferriques devant être évitée lors de l'étape ultérieure
d'hydrolyse du sulfate de titanyle.
[0004] On connait plusieurs méthodes pour cette réduction du fer ferrique. Industriellement
elle est réalisée par des ferrailles "iron scrap".
[0005] Cette méthode présente différents inconvénients. En particulier, elle est discontinue.
D'autre part, elle nécessite une séparation ultérieure de grandes quantités de fer
donnant notamment des déchets de sulfate ferreux.
[0006] Des réductions électrochimiques ont été proposées. Une de ces méthodes est notamment
décrite dans le brevet français N° 2.363.642.
[0007] Toutefois, les différents types d'électrolyseurs étudiés jusqu'à présent ne permettent
pas d'obtenir de bons rendements énergétiques à densités de courant fortes c'est-à-dire
d'au moins 10 A/dm2.
[0008] L'objet principal de l'invention est donc une cellule d'électrolyse permettant de
travailler avec une densité de courant et un rendement élevés.
[0009] Un second objet de l'invention est un procédé utilisable avec une telle cellule.
[0010] Selon l'invention, la cellule d'électrolyse pour la réduction d'une solution comprenant
des ions titane et fer est du type comportant un compartiment anodique, un compartiment
cathodique et une membrane échangeuse d'ions séparant les deux compartiments et elle
est caractérisée en ce que la membrane est une membrane cationique.
[0011] Le procédé selon l'invention est caractérisé en ce qu'on fait circuler ladite solution
dans le compartiment cathodique de la cellule décrite ci-dessus.
[0012] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention seront mieux compris à la lecture
de la description qui va suivre et du dessin annexé dans lequel la figure unique est
une représentation schématique d'une mise en oeuvre de cellules selon l'invention.
[0013] La cellule de l'invention va être décrite maintenant plus précisément.
[0014] Cette cellule comporte deux compartiments un anodique, un cathodique séparés par
une membrane échangeuse d'ions.
[0015] Selon la caractéristique principale de l'invention, cette membrane est du type cationique
notamment avec groupes acides forts du type par exemple sulfonique. Comme membrane
de cette espèce on peut citer par exemple celles vendues sous les marques NAFION et
SELEMION.
[0016] L'utilisation d'une membrane cationique entraîne un certain nombre d'avantages liés
aux qualités mêmes de ce type de membrane. En effet leur solidité supérieure à celles
des anioniques rend la cellule moins fragile. Il est aussi possible d'opérer avec
des intensités de courant plus élevées.
[0017] En ce qui concerne les électrodes, la cathode peut être à base de différents matériaux.
[0018] Selon un mode préféré de réalisation de l'invention, on utilise une cathode à base
de cuivre, ce type de cathode offrant les plus hauts rendements faradiques grâce à
l'excellent transfert de masse obtenu sur ce matériau.
[0019] Toutefois, il est aussi possible d'employer une cathode à base d'au moins un matériau
choisi dans le groupe comprenant le plomb, le titane, les aciers spéciaux.
[0020] Dans ce dernier cas, plus particulièrement on peut utiliser soit des cathodes en
plomb ou en titane seul, soit en plomb sur un substrat convenable par exemple plomb
sur titane ou plomb sur cuivre soit encore en titane revêtu d'au moins un métal précieux.
[0021] Comme métaux précieux, on peut citer le platine, l'iridium, le palladium et utiliser
par exemple une cathode en titane palladié à 0,2%.
[0022] Comme aciers spéciaux on peut mentionner ceux du type Uranus B 6 et Incoloy 825 c'est-à-dire
les aciers comprenant du chrome, du nickel et du molybdène, la teneur en molybdène
ne devant toutefois généralement pas dépasser 15% environ.
[0023] En ce qui concerne l'anode, la nature de celle-ci n'est pas critique dans la mesure
où elle présente une tenue chimique suffisante lors de l'oxydation de l'eau en milieu
acide. En général, on utilise le titane revêtu de métaux précieux ou d'oxydes de métaux
précieux tels que définis ci-dessus.
[0024] Les électrodes peuvent se présenter sous différentes formes par exemple plane, trouée,
déployée.
[0025] La membrane peut être disposée en appui sur l'anode. Des promoteurs de turbulence
peuvent être disposés dans les compartiments de la cellule.
[0026] On va maintenant décrire plus en détail le procédé pour la mise en oeuvre de la cellule
d'electrolyse.
[0027] Ce procédé consiste essentiellement à faire circuler dans le compartiment cathodique
de la cellule qui vient d'être décrite la solution à traiter.
[0028] Cette solution comprend des ions titane et fer. Le titane est essentiellement présent
sous forme de titane IV, le rapport FeII/FeIII pouvant être variable.
[0029] Cette solution peut contenir aussi des ions H⁺ et des anions du type sulfate.
[0030] On rappelle que le procédé de préparation du dioxyde de titane comporte essentiellement
les étapes suivantes.
[0031] La première étape consiste en une attaque du minerai titanifère par une solution
d'acide sulfurique. La solution d'attaque ainsi obtenue est réduite dans une deuxième
étape puis clarifiée dans une troisième, les étapes 2 et 3 pouvant être inversée.
Une quatrième étape consiste à cristalliser puis à séparer une partie du sulfate ferreux
en solution. La solution ainsi obtenue subit une concentration dans une cinquième
étape puis, dans une dernière et sixième étape on procède à l'hydrolyse du sulfate
de titanyle et la séparation de l'hydroxyde de titane qui sera ensuite calciné.
[0032] La cellule et le procédé de l'invention s'appliquent tout particulièrement à la réduction
de la solution provenant de la première étape précitée c'est-à-dire de l'attaque sulfurique
du minerai titanifère du type ilménite notamment.
[0033] Dans un tel cas bien entendu l'étape de réduction du procédé (deuxième étape) est
effectuée entièrement par voie électrolytique.
[0034] Toutefois, il est aussi possible d'effectuer la réduction en un point quelconque
du procédé de préparation du TiO₂ entre l'attaque et l'hydrolyse et en particulier
immédiatement avant l'hydrolyse.
[0035] Dans le compartiment anodique on pourra faire circuler soit de l'eau acidifiée par
exemple une solution 0,5 N d'H₂SO₄ soit une solution de sel ferreux.
[0036] Bien entendu la solution circulant dans le compartiment cathodique peut y être recyclée
à la sortie de celui-ci.
[0037] Il est aussi possible de faire circuler la solution dans les compartiments cathodiques
de deux cellules montées en parallèle. Une telle installation permet d'assurer une
marche constante de l'unité de production même en cas de défaillance d'une des cellules.
[0038] Selon un mode de réalisation particulier de l'invention, on sépare la solution à
traiter en une première et une deuxième partie, on traite la seconde partie par passage
dans le compartiment cathodique de la cellule précitée, on stocke la solution ainsi
traitée dans une réserve et on réunit la solution issue de cette réserve à la première
partie précitée.
[0039] La figure illustre ce mode de réalisation.
[0040] La solution à traiter arrive en 1, une première partie principale 2 continue dans
le procédé tandis qu'une deuxième partie 3 va subir le traitement électrolytique.
[0041] Le flux 3 est divisé en deux parties 4 et 5 et alimente les compartiments cathodiques
des deux cellules 6 et 7 selon l'invention montées en parallèle. Les deux parties
de ce même flux sont réunies à la sortie en 8 et débouchent dans une réserve 9.
[0042] Par une conduite 10 on rejoint le flux 2.
[0043] Des conduites 12 et 11 permettent de recycler au moins une partie de la solution
issue de la réserve 9 dans le ou les compartiments cathodiques d'au moins une des
cellules 6 et 7.
[0044] Un tel système avec réserve et deux cellules permet d'avoir une stabilité plus grand
de fonctionnement des cellules même en cas d'instabilité du rapport FeII/FeIII du
flux principal. On peut aussi grâce à ce système ne traiter qu'une partie du flux
principal dans la mesure où l'on a conduit assez loin la réduction du titane par exemple
de l'ordre de 100 g/l.
[0045] Des exemples concrets vont maintenant être donnés.
EXEMPLE 1
[0046] On utilise une cellule d'électrolyse ayant les caractéristiques et dans les conditions
données ci-dessous :
- membrane cationique : NAFION 423.
- anode : titande déployé revêtu de platine-iridium.
- cathode : cuivre déployé.
- densité de courant : 30 A/dm².
[0047] Par ailleurs, on y fait circuler les milieux ci-dessous :
- anolyte H₂SO₄ 0,5 N
- catholyte à l'entrée : Ti⁴⁺ 120 g/l, Fe²⁺ 45 g/l, Fe³⁺ 3 g/l, H₂SO₄270 g/l.
[0048] Pour une vitesse de circulation du catholyte de 10 cm/s et de l'anolyte de 0,5 cm/s
avec une température de la cellule de 65°C, on obtient à la sortie du compartiment
cathodique un catholyte de composition suivante :
Ti⁴⁺ 104 g/l, Fe²⁺ 48 g/l, Ti³⁺ 16 g/l
[0049] Le rendement faradique cathodique est de 99 %.
EXEMPLE 2
[0050] Les conditions de fonctionnement sont les suivantes :
[0051] On utilise une cellule d'électrolyse ayant les caractéristiques et dans les conditions
ci-dessous :
- membrane cationique : NAFION 423.
- anode : titane déployé revêtu de platine iridium,
- cathode : titane palladié troué,
- densité de courant : 20 A/dm².
[0052] Par ailleurs, on y fait circuler les milieux ci-dessous :
- anolyte H₂SO₄ O,5 N
- catholyte à l'entrée Ti⁴⁺ 120 g/l, Fe²⁺ 47 g/l, Fe³⁺ 4 g/l, H₂SO₄ 270 g/l.
[0053] Pour une vitesse de circulation de l'anolyte de 0,5 cm/s et du catholyte de 10 cm/s
à une température de la cellule de 65°C, on obtient à la sortie du compartiment cathodique
un catholyte de composition :
Ti⁴⁺ 113 g/l, Fe²⁺ 51 g/l, Ti³⁺ 7 g/l avec un rendement faradique cathodique de
99 %.
EXEMPLE 3
[0054] On utilise dans cet exemple différents types de cathodes selon les essais 1, 2 et
3.
[0055] Les conditions de fonctionnement de la cellule sont les suivantes :
- catholyte entrée Ti⁴⁺ 120 g/l Fe²⁺ 46 g/l Fe³⁺ 3 g/l, H₂SO₄ 270 g/l.
- vitesse de circulation du catholyte : 30 cm/s.
- température de la cellule : 65°C,
- membrane cationique : NAFION 423.
- densité de courant : 30 A/dm².
- anolyte H₂SO₄ O,5 N pour essais 1 et 2, solution d'un sel ferreux : Fe²⁺ 40
g/l pour essai 3.
- anode : titane déployé revêtu de platine iridium pour les essais 1 et 2.
- graphite pour essai 3.
[0056] Les résultats sont donnés ci-dessous.

EXEMPLE 4
[0057] Cet exemple montre la possibilité d'obtenir avec la cellule de l'invention des solutions
fortement concentrées en Ti³⁺.
[0058] Les conditions de fonctionnement de la cellule sont les suivantes :
- anolyte : H₂SO₄ O,5 N.
- catholyte entrée Ti⁴⁺ 120 g/l Fe²⁺ 45,7 g/l Fe³⁺ 3,4 g/l, H₂SO₄ 270 g/l.
- vitesse de circulation du catholyte : 60 cm/s,
- vitesse de circulation de l'anolyte : O,5 cm/s,
- température de la cellule : 65°C,
- membrane cationique : NAFION 423.
- anode : titane déployée revêtu de platine-iridium,
- cathode : cuivre perforé,
- densité de courant : 17 A/dm2.
[0059] On obtient à la sortie un catholyte de composition suivante :
Ti⁴⁺ 46,4 g/l Fe²⁺ 49,1 g/l Ti ³⁺ 73,6 g/l.
[0060] Le rendement faradique cathodique est de 97,5 %.
EXEMPLE 5
[0061] On utilise une cellule d'électrolyse ayant les caractéristiques et dans les conditions
données ci-dessous :
- membrane cationique : NAFION 423,
- anode : titane déployé revêtu de platine-iridium,
- cathode : plomb,
- densité de courant : 20 A/dm2.
[0062] Par ailleurss, on y fait circuler les milieux ci-dessous :
- anolyte H₂SO₄ 0,5 N
- catholyte à l'entrée : Ti⁴⁺ 120 g/l, Fe²⁺ 45 g/l, Ti³⁺ 1 g/l H₂SO₄ 270 g/l.
[0063] Pour une vitesse de circulation du catholyte de 10 cm/s et de l'anolyte de 0,5 cm/s
avec une température de la cellule de 65°C, on obtient à la sortie du compartiment
cathodique un catholyte de composition suivante :
Ti⁴ 104 g/l, Fe²⁺ 48 g/l, Ti³⁺ 8 g/l.
[0064] Le rendement faradique cathodique est de 80 %.
EXEMPLE 6
[0065] On utilise une cellule d'électrolyse ayant les caractéristiques et dans les conditions
données ci-dessous :
- membrane cationique : NAFION 423,
- anode : titane déployé revêtu de platine-iridium,
- cathode : titane déployé + plomb,
- densité de courant : 30 A/dm2.
[0066] Par ailleurs, on y fait circuler les milieux ci-dessous :
- anolyte H₂SO₄ 0,5 N
- catholyte à l'entrée : Ti⁴⁺ 120 g/l, Fe²⁺ 45 g/l, Ti³⁺ 1 g/l H₂SO₄ 270 g/l.
[0067] Pour une vitesse de circulation du catholyte de 10 cm/s et de l'anolyte de 0,5 cm/s
avec une température de la cellule de 65°C, on obtient à la sortie du compartiment
cathodique un catholyte de composition suivante :
Ti⁴⁺ 120 g/l, Fe²⁺ 48 g/l, Ti³⁺ 9 g/l.
[0068] Le rendement faradique est de 90 %.
1. Cellule d'électrolyse pour la réduction d'une solution comprenant des ions titane
et fer, du type comportant un compartiment anodique, un compartiment cathodique et
une membrane échangeuse d'ions séparant les deux compartiments, caractérisé en ce
que la membrane est une membrane cationique.
2. Cellule selon la revendication 1, caractérisé en ce que le compartiment cathodique
comprend une cathode à base de cuivre.
3. Cellule selon la revendication 1, caractérisé en ce que le compartiment cathodique
comprend une cathode à base d'au moins un matériau choisi dans le groupe comprenant
le plomb, le titane, les aciers spéciaux.
4. Cellule selon la revendication 3 caractérisée en ce que la cathode est en plomb
déposé sur un substrat notamment plomb sur titane ou plomb sur cuivre soit en titane
revêtu d'au moins un métal précieux.
5. Procédé pour la réduction électrolytique d'une solution comprenant des ions titane
et fer, caractérisé en ce qu'on fait circuler ladite solution dans le compartiment
cathodique d'une cellule selon l'une des revendications 1 à 4.
6. Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce que la solution précitée provient
de l'attaque sulfurique d'un mineral titanifère du type ilménite notamment.
7. Procédé selon la revendication 5 ou 6, caractérisé en ce qu'on fait circuler dans
le compartiment anodique de la cellule précitée de l'eau acidifiée ou une solution
de sels ferreux.
8. Procédé selon la revendication 6 ou 7 caractérisé en ce qu'on fait circuler dans
le compartiment cathodique la solution précitée immédiatement avant l'étape d'hydrolyse
dans un procédé de préparation de dioxyde de titane.
9. Procédé selon l'une des revendications 5 à 8 caractérisé en ce que la solution
circulant dans le compartiment cathodique y est en partie recyclée à la sortie de
celui-ci.
10. Procédé selon l'une des revendications 5 à 9, caractérisé en ce qu'on fait circuler
la solution dans les compartiments cathodiques de deux cellules montées en parallèle.
11. Procédé selon l'une des revendications 5 à 10, caractérisé en ce qu'on sépare
la solution précitée en une première et une deuxième partie, on traite la seconde
partie par passage dans le compartiment cathodique de la cellule précitée, on stocke
la solution ainsi traitée dans une réserve et on réunit la solution issue de cette
réserve à la première partie précitée.
12. Procédé selon la revendication 11 caractérisé en ce qu'on recycle au moins une
partie de la solution issue de la réserve précitée dans le compartiment cathodique
de la cellule.
13. Procédé selon la revendication 11 ou 12 caractérisé en ce qu'on fait circuler
la seconde partie précitée dans les compartiments cathodiques de deux cellules montées
en parallèle.