[0001] L'invention a pour objet une solution aqueuse acide pour la phosphatation mixte,
cette expression désignant toute phosphatation propre à conduire sur un substrat
métallique au dépôt concomitant d'au moins deux ions métalliques, dont au moins l'un
est généralement choisi dans le groupe comprenant le zinc, le manganèse et le fer.
[0002] Elle vise également un procédé de phosphatation mettant en oeuvre la susdite solution.
[0003] Les substrats métalliques propres à être traités par mise en oeuvre des susdits solution
et procédé sont notamment ceux à base de fer et des alliages de ce métal.
[0004] On rappelle que les traitements classiques de phosphatation ont pour but, selon le
cas,
- de favoriser l'adhérence sur les substrats traités des revêtements organiques,
notamment peintures et vernis, appliqués ultérieurement,
- d'accroître la résistance des substrats traités à la corrosion.
- dans le cas plus particulier des pièces métalliques destinées à être déformées
à froid, de créer à la surface du métal une couche "anti-friction" qui permet d'améliorer
les caractéristiques de surface du métal après déformation, d'éviter par ailleurs
le contact direct avec l'outil et de réduire ainsi les frottements et d'augmenter
la longévité de l'outil, et enfin, dans le cas de la lubrification des pièces mécaniques
en mouvement, notamment durant la phase de rodage, d'éviter le contact métal-métal
et, par conséquent, le phénomène de grippage.
[0005] Lorsque l'on cherche plus particulièrement à obtenir une "couche anti-friction",
on a généralement recours aux procédés de phosphatation mixte, notamment à ceux du
type zinc-manganèse, ces procédés visant alors notamment à accroître la proportion
de manganèse dans les dépôts obtenus.
[0006] A cet égard, on peut citer la demande de brevet européen N° 81200442.2.
[0007] Or, les qualités du point de vue anti-friction des dépôts obtenus par mise en oeuvre
de ce procédé, bien que supérieures à celles des dépôts obtenus par les procédés antérieurs,
restent insuffisantes compte tenu des contraintes de plus en plus sévères imposées
par les utilisateurs (industries métallurgiques de transformations) aux fabricants
de solutions de phosphatation, lesdits utilisateurs exigeant de plus une amélioration,
des propriétés anticorrosion des substrats traités ainsi qu'une amélioration de l'adhérence
des peintures ou autres revêtements filmogènes sur ces substrats.
[0008] Et il est du mérite de la Société Demanderesse d'avoir réussi à améliorer de façon
décisive les propriétés dont il a été question ci-dessus en ce qui concerne les dépôts
obtenus et notamment à accroître de façon décisive la proportion de manganèse, lorsqu'il
est présent, dans les couches obtenues par phosphatation mixte, en faisant comporter
aux solutions de phosphatation mixte en question des quantités efficaces
- d'une part, d'un polyphosphate soluble dans l'eau de formule (XPO₃)
n dans laquelle n ≧ 3 et X représente un métal alcalin, alcalino-terreux ou l'ammonium
et
- d'autre part, un agent chélatant organique.
[0009] Plus particulièrement, lorsqu'il s'agit d'une phosphatation mixte zinc-manganèse,
la solution acide de phosphatation mixte conforme à l'invention est caractérisée
par le fait qu'elle comprend
- au moins environ 0,5 g/l d'ion zinc,
- au moins environ 2 g/l d'ion manganèse,
- au moins environ 2 g/l de polyphosphate de formule (XPO₃)
n dans laquelle n ≧ 3 et X représente un métal alcalin, alcalino-terreux ou l'ammonium
et
- au moins environ 0,5 g/l d'agent chélatant.
[0010] Dans le cas où l'adhérence des peintures est part culièrement recherchée, l'ion
nickel sera introduit dans la solution acide de phosphatation mixte, en complément
ou en remplacement total du manganèse.
[0011] La susdite solution acide de phosphatation mixte conforme à l'invention est donc
également caractérisée par le fait qu'elle comprend
- soit
au moins 0,5 g/l d'ion zinc et
au moins 0,5 g/l d'ion nickel,
- soit
au moins 0,5 g/l d'ion zinc et
au moins 0,5 g/l d'ions manganèse et
au moins 0,5 g/l d'ions nickel,
la nature et les proportions des autres constituants étant inchangées.
[0012] L'invention vise également un certain nombre d'autres dispositions mises en oeuvre
isolément ou en combinaison et dont il va être question.
[0013] Ainsi, les limites supérieures des quantités de polyphosphate, d'agent chélatant
organique, d'ions Zn, d'ions Mn et d'ions Ni amenés sous forme de sels, éventuellement
ceux de l'agent chélatant, entrant dans la composition de la solution conforme à l'invention
ne sont imposées, en théorie, que par les limites de solubilité ; en pratique, on
veillera à choisir une quantité de polyphosphate compatible avec un bon rendement
du procédé faisant l'objet de l'invention, en évitant que les boues formées ne soient
trop importantes.
[0014] Concernant les proportions d'ions zinc, manganèse et nickel dans la constitution
de la susdite solution acide de phosphatation mixte, elles sont,
a) en ce qui concerne le couple d'ion zinc et d'ion manganèse, telles que
0,5 g/l ≦ ion Zn ≦ 10 g/l
2 g/l ≦ ion Mn ≦ 6 g/l
et, de préférence,
0,5 g/l ≦ ion Zn ≦ 6 g/l
2 g/l ≦ ion Mn ≦ 4 g/l,
b) en ce qui concerne le couple d'ion zinc et d'ion nickel, telles que
0,5 g/l ≦ ion Zn ≦ 10 g/l
0,5 g/l ≦ ion Ni ≦ 6 g/l
et, de préférence,
0,5 g/l ≦ ion Zn ≦ 6 g/l
0,5 g/l ≦ ion Ni ≦ 3 g/l,
c) en ce qui concerne les ions Zn, Mn et Ni, lorsqu'ils sont mis en oeuvre conjointement,
0,5 g/l ≦ ion Zn ≦ 10 g/l
0,5 g/l ≦ ion Mn ≦ 5 g/l
0,5 g/l ≦ ion Ni ≦ 6 g/l
et, de préférence,
0,5 g/l ≦ ion Zn ≦ 6 g/l
2 g/l ≦ ion Mn ≦ 4 g/l
0,5 g/l ≦ ion Ni ≦ 3 g/l.
[0015] Selon un mode de réalisation avantageux de la solution conforme à l'invention, le
polyphosphate est choisi dans le groupe constitué par les triméta-, tétraméta- et
hexamétaphosphate de sodium, l'hexamétaphosphate de sodium ou HMPP étant préféré.
[0016] Selon un autre mode de réalisation avantageux de la solution conforme à l'invention,
l'agent chélatant est choisi dans le groupe constitué par :
- l'acide éthylène-diamine-tétracétique ou EDTA, l'acide nitrilo-triacétique
ou NTA, l'acide diéthylène-triamine-pentacétique ou DTPA,
- les acides polycarboxyliques, notamment les acides citrique, oxalique, malique,
glutamique, tartrique, aspartique et malonique ainsi que leurs sels,
- les acides polyhydroxycarboxyliques, notamment les acides gluconique et glucoheptonique
(éventuellement apportés sous la forme lactone interne) ainsi que leurs sels.
[0017] Selon un autre mode de réalisation avantageux, la solution conforme à l'invention
comprend un acide minéral choisi dans le groupe constitué par les acides sulfurique,
chlorhydrique et nitrique, l'acide nitrique étant préféré, en une quantité suffisante
pour amener le pH à une valeur initiale inférieure à 2, de préférence comprise entre
0,5 et 1,7.
[0018] Le fait que l'acide nitrique soit préféré est lié à son caractère oxydant.
[0019] Selon un autre mode de réalisation avantageux de la susdite solution, celle-ci comprend
- de l'hexamétaphosphate de sodium,
- de l'acide gluconique sous la forme d'un de ses sels ou de sa lactone interne,
- l'ion zinc,
- l'ion manganèse,
- de l'acide nitrique.
[0020] Selon un autre mode de réalisation avantageux de la solution conforme à l'invention,
l'ion zinc et l'ion manganèse sont introduits sous forme de sels notamment choisis
dans le groupe constitué par les oxydes, sulfates, nitrates, carbonates et phosphates.
[0021] Selon un autre mode de réalisation avantageux de la solution conforme à l'invention,
l'ion zinc et/ou l'ion manganèse sont introduits sous forme combinée avec l'agent
chélatant, de préférence sous forme de citrate, de tartrate, de glucoheptonate et
tout particulièrement sous forme de gluconate.
[0022] Selon un autre mode de réalisation avantageux, la solution conforme à l'invention
comprend
- de l'hexamétaphosphate de sodium,
- du gluconate de zinc,
- l'ion manganèse amené sous forme de sel ou sous forme de gluconate, et
- de l'acide nitrique.
[0023] Selon un autre mode de réalisation avantageux, la solution de phosphatation conforme
à l'invention comprend de 8 g/l à 350 g/l, de préférence de 14 à 300 g/l et, plus
préférentiellement encore, de 30 à 230 g/l d'une composition constituée du polyphosphate,
de l'agent chélatant et des ions zinc et manganèse sous forme de leurs sels qui peuvent
être ceux de l'agent chélatant.
[0024] Selon un autre mode de réalisation avantageux de la solution conforme à l'invention,
- le rapport pondéral entre, d'une part, le mélange constitué par le zinc et par
le manganèse (exprimés tous deux sous forme d'ion métallique) et, d'autre part, l'hexamétaphosphate
de sodium, est compris entre environ 6/1 et 1/50, de préférence entre environ 3/1
et 1/20 et, plus préférentiellement encore, entre environ 1,5/1 et 1/5,
- le rapport pondéral entre le zinc et le manganèse est compris entre 0,01/1 et
50/1, de préférence entre 0,2/1 et 20/1 et, plus préférentiellement encore, entre
0,5/1 et 5/1, et
- le rapport pondéral entre l'ion gluconique et l'hexamétaphosphate de sodium
est compris entre environ 50/1 et 1/30, de préférence entre environ 30/1 et 1/10 et,
plus préférentiellement encore, entre environ 10/1 et 1/4.
[0025] Selon un autre mode de réalisation avantageux de la solution conforme à l'invention,
le mélange constitué par l'ion de zinc et l'ion manganèse est utilisé en une quantité
comprise entre 2,5 et 30 g/l et la quantité d'hexamétaphosphate utilisée est de 2
à 30 g/l.
[0026] Le procédé de phosphatation mixte au zinc conforme à l'invention et qui comprend
successivement :
- une étape de dégraissage,
- une étape de rinçage,
- une étape acide de réactivation,
- une étape facultative de rinçage, notamment si le bain de réactivation est constitué
par une solution d'acide nitrique,
- l'étape de phosphatation proprement dite,
- une étape de rinçage, puis une étape facultative de séchage en fonction des
traitements à venir dans une phase ultérieure,
est caractérisé par le fait que, pour l'étape de phosphatation proprement dite, on
a recours à la solution de phosphatation mixte au zinc conforme à l'invention qui
est appliquée par immersion ou pulvérisation, l'étape de réactivation et l'étape facultative
de rinçage ultérieur pouvant éventuellement être remplacées par une étape d'affinage
comprenant par exemple des sels de Jernstedt à base de titane, étant entendu
- d'une part, que la température de la solution est comprise entre environ 40°C
et 100°C, plus particulièrement supérieure à 70°C et, dans la pratique, voisine de
90-98°C,
- d'autre part, que le contact entre la solution de phosphatation et le substrat
métallique est maintenu pendant un temps variant, dans la pratique, de 2 secondes
à 30 minutes, de préférence de 5 à 20 minutes.
[0027] En comparant ce procédé à la succession d'étapes des procédés de l'art antérieur,
on constate la simplification qu'il apporte par notamment la suppression des étapes
de passivation et de "graissage" dans le cas où l'on recherche une protection contre
la corrosion.
[0028] En effet, les objets traités par mise en oeuvre du procédé conforme à l'invention
peuvent être stockés à l'air libre sans aucun traitement de protection préalable et
ce, sans qu'il apparaisse des phénomènes de dégradation de la couche.
[0029] Selon un mode de réalisation préféré, on fait évoluer le pH de la solution de phosphatation
depuis la valeur initiale comprise entre 0,5 et 1,7 jusqu'à une valeur comprise entre
2,3 et 2,9 en ajoutant à la solution une quantité suffisante de limaille de fer, comprise
entre 0,3 et 5 g/l de solution et plus préférentiellement entre 1 et 4 g/l.
[0030] Après mise en place et mûrissement, la solution de phosphatation est prête à être
utilisée.
[0031] Le fer joue un rôle de catalyseur (ou de réducteur) de conversion. En effet, en
absence de fer ou en présence d'une quantité trop faible de fer, inférieure à 0,3
g/l, on constate qu'aucun dépôt de phosphate se forme sur le substrat métallique.
Ce n'est que lorsque, du fait de l'attaque du substrat par la solution, la concentration
de celle-ci en fer a atteint la valeur minimale nécessaire, que le phénomène de conversion
a lieu.
[0032] Outre les constituants indiqués plus haut, la solution conforme à l'invention peut
avantageusement comprendre :
- des agents mouillants,
- des agents améliorant la conversion à la surface de corps creux tels que certaines
pièces de carrosserie automobile, ces agents pouvant être des composés de titane
comme TiCl₄,
- des accélérateurs de conversion tels que le nickel, le cuivre, et autres, amenés
sous forme de nitrate, nitrite, fluorure, chlorate, molybdate ou leurs acides.
[0033] La teneur en nickel dans le bain pourra être comprise entre 0,5 et 6 g/l et préférentiellement
entre 0,5 et 3 g/l.
[0034] Ainsi, dans la solution de phosphatation conforme à l'invention, l'acide nitrique
est particulièrement préféré en tant qu'agent accélérateur, et permet d'améliorer
considérablement la vitesse de formation du dépôt.
[0035] La concentration préférée en acide nitrique est comprise entre 0,4 g/l et 60 g/l,
plus préférentiellement entre 2 et 50 g/l et, plus préférentiellement encore, entre
5 et 30 g/l.
[0036] La solution conforme à l'invention conduit à des couches de conversion présentant
des caractéristiques particulièrement intéressantes. Ainsi, l'analyse des dépôts prélevés
à la surface des objets traités a révélé que, d'une façon surprenante, la composition
de ces dépôts était caractérisée par une teneur en manganèse sensiblement plus élevée
que celle obtenue avec les solutions de phosphatation utilisées dans l'art antérieur,
cette teneur pouvant dépasser 10 %.
[0037] En raison de l'augmentation de la teneur en manganèse des dépôts, les propriétés
de ceux-ci se trouvent améliorées, en particulier du point de vue des applications
visant le traitement de pièces métalliques destinées à subir des frottements ou bien
des déformations à froid.
[0038] Ces dépôts, de par leurs propriétés absorbantes, retiennent plus efficacement les
agents lubrifiants à la surface de la pièce.
[0039] Par ailleurs, durant les phases de rôdage, l'état de surface permet de diminuer les
forces de frottement, d'augmenter les cadences de formage et de réduire l'usure du
matériel.
[0040] L'épaisseur des couches obtenues est suffisante pour faire en sorte que les contraintes
mécaniques soient amorties.
[0041] Enfin, par suite de l'acidité de la solution, les cristaux constitutifs des dépôts
sont parfaitement ancrés à la surface du métal, ce qui confère auxdits dépôts une
remarquable résistance mécanique.
[0042] Outre les qualités mécaniques rappelées ci-dessus et dues à la fois à leur structure
et à leur teneur en manganèse, les dépôts obtenus grâce à la solution conforme à l'invention
possèdent une remarquable résistance à la corrosion et constituent une excellente
base d'accrochage pour la plupart des revêtements organiques.
[0043] D'autres avantages importants obtenus grâce à l'invention résident par ailleurs,
d'une part, dans la réduction décisive des quantités de boues de phosphate formées
au cours des traitements de phosphatation et, d'autre part, dans le fait que la solution
conforme à l'invention est essentiellement composée de produits biodégradables.
[0044] L'invention pourra être encore mieux comprise à l'aide des exemples qui suivent et
qui sont relatifs à des modes de réalisation avantageux.
EXEMPLE 1
[0045] Des éprouvettes métalliques d'acier de dimensions égales à 9,5 x 6,5 cm ayant subi
un dégraissage chimique, suivi d'un décapage chimique à froid en milieu chlorhydrique
6N, sont plongées dans une solution de phosphatation selon l'art antérieur comprenant
:
- 16,9 g/l d'acide phosphorique à 85 %,
- 19,7 g/l de ZnSO₄, H₂O, soit un équivalent en Zn de 7,2 g/l,
- 22,8 g/l de MnSO₄, H₂O, soit un équivalent en Mn de 7,4 g/l,
- 0,65 g/l de fer apporté sous forme de limaille,
- 4,2 g/l d'ion NO₃⁻.
[0046] Pendant le traitement dont la durée est de 15 minutes, la température du bain est
maintenue à 97°C. Après le traitement, les plaques sont rincées à l'eau déminéralisée
et séchées.
[0047] Le dépôt cristallin formé est recueilli par grattage.
[0048] Il présente les caractéristiques suivantes :
- épaisseur : 20 µm,
- teneur en zinc : 26,2 %,
- teneur en manganèse : 4,41 %.
EXEMPLE 2
[0049] Des éprouvettes métalliques d'acier analogues à celles utilisées dans l'exemple 1,
sont soumises à un dégraissage chimique, suivi d'un décapage chimique en milieu chlorhydrique
6N, puis plongées dans une solution de phosphatation comprenant :
- 15 g/l d'hexamétaphosphate de sodium,
- 19,7 g/l de ZnSO₄, H₂O, soit un équivalent en Zn de 7,2 g/l,
- 22,8 g/l de MnSO₄, H₂O, soit un équivalent en Mn de 7,4 g/l,
- 1 g/l de fer apporté sous forme de limaille,
- 5,6 g/l d'ion NO₃⁻.
[0050] Comme dans l'exemple 1, la durée du traitement est de 15 minutes, la température
de la solution étant réglée à 97°C.
[0051] Le dépôt obtenu à l'aide de cette solution de conversion présente les caractérisques
suivantes :
- épaisseur : 5 à 10 µm,
- teneur en zinc : 30,7 %,
- teneur en manganèse : 5,83 %.
[0052] Cet exemple montre que le remplacement de l'acide phosphorique par l'hexamétaphosphate
de sodium conduit à un dépôt plus riche en manganèse que celui obtenu par la solution
décrite dans l'exemple 1.
[0053] Mais ce dépôt présente l'inconvénient d'une épaisseur faible, irrégulière, comportant
à certains endroits de la plaque traitée des lacunes ; l'irrégularité du dépôt est
incompatible avec une bonne protection contre la corrosion et une lubrification efficace
de la pièce métallique, dans le cas où celle-ci doit subir une opération de déformation
à froid.
[0054] L'utilisation d'un polyphosphate seul n'est donc pas suffisante.
EXEMPLE 3
[0055] Pour cet essai, les éprouvettes et la méthode expérimentale utilisée sont identiques
à celles décrites dans les exemples 1 et 2. La solution mise en oeuvre est toutefois
différente ; elle comprend :
- 16,9 g/l d'acide phosphorique à 85 %,
- 60 g/l de gluconate de zinc, soit un équivalent en zinc de 7,2 g/l,
- 60 g/l de gluconate de manganèse, soit un équivalent en Mn de 7,4 g/l,
- 1 g/l de fer apporté sous forme de limaille,
- 17,5 g/l d'ion NO₃⁻.
[0056] Le dépôt obtenu à l'aide de cette solution susdécrite présente les caractéristiques
suivantes :
- épaisseur : 8 à 20 µm,
- teneur en zinc : 26,3 %,
- teneur en manganèse : 6,00 %.
[0057] On constate que l'apport de zinc et de manganèse sous forme de gluconate permet d'élever
sensiblement la teneur en manganèse dans le dépôt. L'ion gluconique par son intrevention
sur les équilibres chimiques réactionnels favorise la précipitation de phosphate de
manganèse au niveau de la plaque d'acier et influe sur la taille des cristaux : le
dépôt cristallin est plus fin et plus homogène que celui obtenu avec la solution
de conversion de l'exemple 1.
[0058] Par contre, l'épaisseur du revêtement est très irrégulière et l'ensemble des plaques
traitées laissent apparaître des défauts de phosphatation.
[0059] L'utilisation de l'agent chélatant seul n'est pas non plus suffisante.
EXEMPLE 4
[0060] Dans cet exemple, les éprouvettes et la méthode expérimentale utilisée sont identiques
à celles décrites dans les exemples précédents. La solution de phosphatation mise
en oeuvre comprend :
- 15 g/l d'hexamétaphosphate de sodium,
- 60 g/l de gluconate de zinc, soit un équivalent en zinc de 7,2 g/l,
- 60 g/l de MnSO₄, H₂O, soit un équivalent en Mn de 7,4 g/l,
- 2 g/l de fer apporté sous forme de limaille,
- 17,5 g/l d'ion NO₃⁻.
[0061] Le dépôt obtenu avec cette solution présente les caractéristiques suivantes :
- épaisseur : 20 µm,
- teneur en zinc : 30,7 %,
- teneur en manganèse : 6,75 %.
[0062] Cette solution conduit à l'obtention d'un dépôt riche en manganèse particulièrement
adapté à l'utilisation comme revêtement avant déformation à froid. De plus, ce dépôt
cristallin, fin, dense et régulier, permet d'assurer une bonne protection contre la
corrosion.
[0063] Par conséquent, l'utilisation conjointe d'un polyphosphate et d'un agent chélatant,
comme prévu par l'invention, conduit non seulement à une nette augmentation de la
teneur du dépôt en manganèse, mais permet d'obtenir, de plus, un dépôt de bonne qualité.
EXEMPLE 5
[0064] Dans cet exemple, les éprouvettes et la méthode utilisée sont identiques à celles
décrites dans les exemples précédents. La solution de phosphatation mise en oeuvre
comprend :
- 15 g/l d'hexamétaphosphate de sodium,
- 60 g/l de gluconate de zinc, soit un équivalent en zinc de 7,2 g/l,
- 60 g/l de gluconate de manganèse, soit un équivalent en Mn de 7,4 g/l,
- 1 g/l de fer apporté sous forme de limaille,
- 21 g/l d'ion NO₃⁻.
[0065] Le dépôt obtenu à l'aide de cette solution présente les caractéristiques suivantes
:
- épaisseur : 20 à 25 µm,
- teneur en zinc : 28,6 %,
- teneur en manganèse : 6,97 %.
[0066] Cette solution conduit à un dépôt dont la teneur en manganèse est particulièrement
élevée ; ce dépôt est parfaitement adapté à la déformation à froid et présente en
outre un aspect cristallin, fin, régulier, offrant ainsi une bonne protection contre
la corrosion.
[0067] Cet exemple montre que de très bons résultats sont obtenus quand l'agent chélatant
est introduit sous la forme de ses sels de Zn et de Mn.
EXEMPLE 6
[0068] Dans cet exemple, les éprouvettes métalliques et la méthode expérimentale utilisée
sont identiques à celles décrites dans les exemples précédents. La solution de phosphatation
mise en oeuvre comprend :
- 15 g/l d'hexamétaphosphate de sodium,
- 19,7 g/l de ZnSO₄, H₂O, soit un équivalent en zinc de 7,2 g/l,
- 22,8 g/l de MnSO₄, H₂O, soit un équivalent en Mn de 7,4 g/l,
- 1 g/l de fer apporté sous forme de limaille,
- 17,5 g/l d'ion NO₃⁻,
- 114 g/l de gluconate de sodium.
[0069] Dans cette solution, l'apport d'ion gluconique se fait sous forme de gluconate de
sodium, de telle sorte que la quantité d'ion gluconique présente soit identique à
celle rencontrée dans les solutions dans lesquelles le zinc et le manganèse sont apportés
sous forme de gluconate.
[0070] Le dépôt obtenu à l'aide de cette solution présente les caractéristiques suivantes
:
- épaisseur : 12 µm,
- teneur en zinc : 27,3 %,
- teneur en manganèse : 10,0 %.
[0071] Cette solution conduit à la formation d'un dépôt exceptionnellement riche en manganèse.
Elle est d'un fonctionnement stable et régulier, et permet l'obtention d'un dépôt
cristallin fin, dense, d'épaisseur convenable, assurant une bonne protection contre
la corrosion.
[0072] Cet exemple montre que les meilleurs résultats sont obtenus quand, dans la solution
conforme à l'invention, l'agent chélatant est introduit séparément, c'est-à-dire
non pas sous la forme de son sel de Zn et/ou de Mn.
1. Solution acide de phosphatation mixte, propre à conduire sur un substrat métallique
au dépôt concomitant d'au moins deux ions métalliques dont au moins l'un est généralement
choisi dans le groupe comprenant le zinc, le manganèse et le fer, ladite solution
étant caractérisée par le fait qu'elle comporte
- un polyphosphate de formule (XPO₃)n dans laquelle n ≧ 3 et X représente un métal alcalin, alcalino-terreux ou l'ammonium,
et
- un agent chélatant.
2. Solution acide de phosphatation mixte selon la revendication 1, caractérisée par
le fait qu'elle comprend
- au moins environ 0,5 g/l d'ion zinc,
- au moins environ 2 g/l d'ion manganèse,
- au moins environ 2 g/l de polyphosphate de formule (XPO₃)n dans laquelle n ≧ 3 et X représente un métal alcalin, alcalino-terreux ou l'ammonium
- au moins environ 0,5 g/l d'agent chélatant.
3. Solution acide de phosphatation mixte selon la revendication 2, caractérisée par
le fait que les teneurs en ion zinc et en ion manganèse sont respectivement de
0,5 g/l ≦ ion Zn ≦ 10 g/l
2 g/l ≦ ion Mn ≦ 6 g/l
et, de préférence, de
0,5 g/l ≦ ion Zn ≦ 6 g/l
2 g/l ≦ ion Mn ≦ 4 g/l.
4. Solution acide de phosphatation mixte selon la revendication 1, caractérisée par
le fait qu'elle comprend
- au moins environ 0,5 g/l d'ion zinc,
- au moins environ 0,5 g/l d'ion nickel,
- au moins environ 2 g/l de polyphosphate de formule (XPO₃)n dans laquelle n ≧ 3 et X représente un métal alcalin, alcalino-terreux ou l'ammonium
- au moins environ 0,5 g/l d'agent chélatant.
5. Solution acide de phosphatation mixte selon la revendication 4, caractérisée par
le fait que les teneurs en ion zinc et en ion nickel sont respectivement de
0,5 g/l ≦ ion Zn ≦ 10 g/l
0,5 g/l ≦ ion Ni ≦ 6 g/l
et, de préférence, de
0,5 g/l ≦ ion Zn ≦ 6 g/l
0,5 g/l ≦ ion Ni ≦ 3 g/l.
6. Solution acide de phosphatation mixte selon la revendication 1, caractérisée par
le fait qu'elle comprend
- au moins environ 0,5 g/l d'ion zinc,
- au moins environ 0,5 g/l d'ion manganèse,
- au moins environ 0,5 g/l d'ion nickel,
- au moins environ 2 g/l de polyphosphate de formule (XPO₃)n dans laquelle n ≧ 3 et X représente un métal alcalin, alcalino-terreux ou l'ammonium
- au moins environ 0,5 g/l d'agent chélatant.
7. Solution acide de phosphatation mixte selon la revendication 6, caractérisée par
le fait que les teneurs en ions zinc, manganèse et nickel sont respectivement de
0,5 g/l ≦ ion Zn ≦ 10 g/l
0,5 g/l ≦ ion Mn ≦ 5 g/l
0,5 g/l ≦ ion Ni ≦ 6 g/l
et, de préférence, de
0,5 g/l ≦ ion Zn ≦ 6 g/l
2 g/l ≦ ion Mn ≦ 4 g/l
0,5 g/l ≦ ion Ni ≦ 3 g/l.
8. Solution acide de phosphatation mixte selon l'une des revendications 2 à 7, caractérisée
par le fait que le polyphosphate est choisi dans le groupe constitué par les triméta-,
tétraméta- et hexamétaphosphate de sodium, l'hexamétaphosphate de sodium ou HMPP
étant préféré.
9. Solution acide de phosphatation mixte selon l'une des revendications 2 à 8, caractérisée
par le fait que l'agent chélatant est choisi dans le groupe constitué par :
- l'acide éthylène-diamine-tétracétique ou EDTA, l'acide nitrilo-triacétique
ou NTA, l'acide diéthylène-triamine-pentacétique ou DTPA,
- les acides polycarboxyliques, notamment les acides citrique, oxalique, malique,
glutamique, tartrique, aspartique et malonique ainsi que leurs sels,
- les acides polyhydroxycarboxyliques, notamment les acides gluconique et glucoheptonique
(éventuellement apportés sous la forme lactone interne) ainsi que leurs sels.
10. Solution acide de phosphatation mixte selon l'une des revendications 2 à 9, caractérisée
par le fait qu'elle comprend un acide minéral choisi dans le groupe constitué par
les acides sulfurique, chlorhydrique et nitrique, l'acide nitrique étant préféré,
en une quantité suffisante pour amener le pH à une valeur initiale inférieure à 2,
de préférence comprise entre 0,5 et 1,7.
11. Solution acide de phosphatation mixte selon l'une des revendications 2 à 10, caractérisée
par le fait qu'elle comprend
- de l'hexamétaphosphate de sodium,
- de l'acide gluconique sous la forme d'un de ses sels ou de sa lactone interne,
- l'ion zinc,
- l'ion manganèse,
- de l'acide nitrique.
12. Solution acide de phosphatation mixte selon l'une des revendications 2 à 11, caractérisée
par le fait que l'ion zinc et l'ion manganèse sont introduits sous forme de sels notamment
choisis dans le groupe constitué par les oxydes, sulfates, nitrates, carbonates et
phosphates.
13. Solution acide de phosphatation mixte selon l'une des revendications 2 à 12, caractérisée
par le fait que l'ion zinc et/ou l'ion manganèse sont introduits sous forme combinée
avec l'agent chélatant, de préférence sous forme de citrate, de tartrate, de glucoheptonate
et tout particulièrement sous forme de gluconate.
14. Solution acide de phosphatation mixte selon l'une des revendications 2 à 13, caractérisée
par le fait qu'elle comprend
- de l'hexamétaphosphate de sodium,
- du gluconate de zinc,
- l'ion manganèse amené sous forme de sel ou sous forme de gluconate, et
- de l'acide nitrique.
15. Solution acide de phosphatation mixte selon l'une des revendications 2 à 14, caractérisée
par le fait qu'elle comprend de 8 g/l à 350 g/l, de préférence de 14 à 300 g/l et,
plus préférentiellement encore, de 30 à 230 g/l d'une composition constituée du polyphosphate,
de l'agent chélatant et des ions zinc et manganèse sous forme de leurs sels qui peuvent
être ceux de l'agent chélatant.
16. Solution acide de phosphatation mixte selon l'une des revendications 2 à 15, caractérisée
par le fait que
- le rapport pondéral entre, d'une part, le mélange constitué par le zinc et
par le manganèse (exprimés tous deux sous forme d'ion métallique) et, d'autre part,
l'hexamétaphosphate de sodium, est compris entre environ 6/1 et 1/50, de préférence
entre environ 3/1 et 1/20 et, plus préférentiellement encore, entre environ 1,5/1
et 1/5,
- le rapport pondéral entre le zinc et le manganèse est compris entre 0,01/1
et 50/1, de préférence entre 0,2/1 et 20/1 et, plus préférentiellement encore, entre
0,5/1 et 5/1, et
- le rapport pondéral entre l'ion gluconique et l'hexamétaphosphate de sodium
est compris entre environ 50/1 et 1/30, de préférence entre environ 30/1 et 1/10 et,
plus préférentiellement encore, entre environ 10/1 et 1/4.
17. Solution acide de phosphatation mixte selon l'une des revendications 2 à 16, caractérisée
par le fait que la concentration en acide nitrique est comprise entre 0,4 g/l et 60
g/l, plus préférentiellement entre 2 et 50 g/l et, plus préférentiellement encore,
entre 5 et 30 g/l.
18. Solution acide de phosphatation mixte selon l'une des revendications 2 à 17, caractérisée
par le fait qu'elle présente une teneur en ions fer de 0,3 à 5 g/l, de préférence
de 1 à 4 g/l, son pH étant compris entre 2,3 et 2,9.
19. Solution acide de phosphatation mixte selon la revendication 18, caractérisée
par le fait que le fer est amené par dissolution du substrat traité ou, de préférence,
sous forme de limaille.
20. Solution acide de phosphatation mixte selon l'une des revendications 2 à 19, caractérisée
par le fait qu'elle comprend
- des agents mouillants,
- des agents améliorant la conversion à la surface de corps creux tels que certaines
pièces de carrosserie automobile, ces agents pouvant être des composés de titane
comme TiCl₄,
- des accélérateurs de conversion tels que le nickel, le cuivre, et autres,
amenés sous forme de nitrate, nitrite, fluorure, chlorate, molybdate ou leurs acides.
21. Procédé de phosphatation mixte comprenant successivement :
- une étape de dégraissage,
- une étape de rinçage,
- une étape acide de réactivation,
- une étape facultative de rinçage, notamment si le bain de réactivation est
constitué par une solution d'acide nitrique,
- l'étape de phosphatation proprement dite,
- une étape de rinçage, puis une étape facultative de séchage en fonction des
traitements à venir dans une phase ultérieure,
caractérisé par le fait que, pour l'étape de phosphatation proprement dite, on a recours
à la solution de phosphatation mixte au zinc selon l'une des revendications 1 à 20,
cette solution étant appliquée par immersion ou pulvérisation, étant entendu
- d'une part, que la température de la solution est comprise entre environ 40°C
et 100°C, plus particulièrement supérieure à 70°C et, dans la pratique, voisine de
90-98°C,
- d'autre part, que le contact entre la solution de phosphatation et le substrat
métallique est maintenu pendant un temps variant, dans la pratique, de 2 secondes
à 30 minutes, de préférence de 5 à 20 minutes.