[0001] La présente invention concerne un détecteur différentiel de pression acoustique pour
la détection de l'onde apériodique consécutive à l'ouverture d'une porte ou fenêtre
dans un local clos, et plus particulièrement un tel détecteur comportant un microphone
et des moyens pour fixer une valeur de seuil de sensibilité.
[0002] Le réglage de ce seuil de sensibilité est automatique, conditionné par l'état de
stabilité où d'instabilité de la masse atmosphérique à l'intérieur du local protégé
par le détecteur.
[0003] Dans les détecteurs connus de ce type, le signal de sortie du microphone est tout
d'abord amplifié, puis, d'une manière générale, comparé à une tension de référence
fixe dans un comparateur dont la sortie peut avoir deux états possibles suivant la
valeur relative du signal provenant du microphone et de la tension de référence.
[0004] Ces détecteurs déclenchent l'alarme sous l'effet d'une onde de compression apériodique,
alors qu'ils sont insensibles à un signal périodique tel qu'un son audible, la surveillance
s'opérant notamment sur la forme et l'amplitude des signaux captés.
[0005] Dans la plupart de ces détecteurs différentiels connus, tout comme dans les appareils
de l'art antérieur destinés à prévenir les ouvertures intempestives de portes et fenêtres
dans un local clos, le réglage du seuil de sensibilité doit être effectué manuellement,
cas par cas.
[0006] Ce réglage est étroitement lié, dans la pratique, aux éventuels défauts d'étanchéité
du site concerné, ainsi qu'à l'excessive flexibilité de certains matériaux de construction
utilisés, qui, en cas de vent violent, donnent naissance, par effet de poussée ou
par infiltration, à des variations de pression à l'intérieur du local.
[0007] Afin d'éviter tout risque de déclenchement d'alarme non motivé par une effraction,
il convient de régler à une valeur relativement élevée le seuil de sensibilité de
ces détecteurs, afin qu'ils ne prennent pas en compte ces perturbations atmosphériques
aléatoires et fugitives, mais inévitables puisque conditionnées par la présence de
vent violent. Un tel réglage s'effectue au détriment de l'efficacité du détecteur
par temps calme.
[0008] Cependant, le brevet américain US-A- 4 442 514 au nim de Roger R. ROTH divulgue un
dispositif de traitement de signaux issus d'un transducteur, et qui vise à identifier
le type d'intrusions et, le cas échéant, à déclencher une alarme, et qui présente
la particularité d'avoir un seuil de déclenchement non fixe et qui s'auto-règle en
fonction des signaux captés.
[0009] Le dispositif traite le signal de sortie du transducteur de manière à disposer de
signaux redressés ou non, issus de filtres passe-bas et passe-haut. A partir des signaux
provenant du passe-haut, le dispositif reconnaît s'il s'agit de l'intrusion d'un véhicule
ou d'un humain, alors que les signaux issus du passe-bas servent à reconnaître les
cas où il y a effectivement intrusion. Ces intrusions, lorsqu'elles sont détectées,
sont classifiées par un circuit logique, selon qu'elles proviennent de véhicules ou
d'hommes.
[0010] Pour l'identification du type d'intrusion, les passages à zéro du signal passe-haut
non redressé sont comptabilisés, on mesure l'énergie du signal passe-haut redressé,
et les deux valeurs sont comparées.
[0011] Les signaux signalant une intrusion sont traités en générant pour le signal passe-bas
non redressé des fenêtres dites d'intersections avec zéro, puis en mesurant l'énergie
des signaux passe-bas redressés et en comparant les valeurs de l'énergie a un niveau
de seuil déterminé à partir du nombre de fenêtres d'intersections avec zéro ayant
deux intersections ou plus.
[0012] Toutefois, le circuit décrit est d'une grande complexité et basé sur une succession
de traitements des signaux captés par le transducteur. Cette complexité a pour résultat
une baisse de la fiabilité globale du système, accrue par les opérations initiales
visant à séparer les composantes basses et hautes du signal. La succession des traitements
fait perdre à l'information au surplus tronçonnée sa valeur initiale. Le risque encouru
est que la perte générée à chaque étape crée en bout de ligne des erreurs d'interprétation
du signal de base, entraînant un mauvais réglage et, le cas échéant, une mauvaise
affectation au niveau de l'étage logique final.
[0013] La présente invention remédie à cet inconvénient en fournissant un détecteur différentiel
de pression acoustique de conception simple et fiable dans lequel le seuil de sensibilité
s'adapte automatiquement en fonction du milieu ambiant. En réalité, le détecteur décide
lui même du seuil de sensibilité à adopter, par un asservissement permanent à l'ambiance
dans laquelle il est plongé.
[0014] A cet effet, l'invention a pour objet un détecteur différentiel de pression acoustique
pour la détection de l'ouverture d'une porte ou d'une fenêtre dans un local clos,
comportant des moyens de capter l'onde issue des mouvements des masses d'air à l'ouverture
des portes et fenêtres, ainsi que des moyens destinés à adapter la valeur de seuil
de sensibilité selon les conditions ambiantes. Selon une réalisation préférentielle,
les perturbations atmosphériques sont captées par un microphone, dont le signal de
sortie est envoyé vers des moyens de régulations permettant de faire varier ladite
valeur de seuil.
[0015] Dans un tel détecteur, le seuil de sensibilité peut par conséquent, du fait des moyens
de régularisation, être réglé en permanence à sa valeur optimale par le signal issu
du microphone lui-même.
[0016] Il en résulte que les perturbations atmosphériques précitées sont captées dès leur
apparition et avant qu'elles n'atteignent le seuil critique du déclenchement intempestif,
de manière à ajuster en conséquence le seuil de sensibilité.
[0017] Dans un mode de réalisation particulier de l'invention, les dits moyens de régulation
comprennent une branche de régulation recevant en entrée un signal provenant du microphone,
et dont la sortie est appliquée à une entrée d'un comparateur dont l'autre entrée
reçoit un autre signal provenant du microphone.
[0018] Le comparateur reçoit par conséquent d'une part le signal effectivement issu du microphone
éventuellement amplifié, et d'autre part un signal de seuil variable élaboré à partir
du signal du microphone.
[0019] La branche de régulation du signal issu du microphone inclut plusieurs étages de
traitement correspondant aux différentes phases d'analyse et de mise en forme du signal,
qui doit être restitué d'une manière intelligible au système au niveau du comparateur.
Ainsi, la branche précitée peut comporter notamment un circuit de filtrage, un détecteur
de crête matérialisant les limites au delà desquelles le dispositif d'alarme se déclencherait
si la valeur de seuil était fixe, des moyens pour moduler une tension de référence
grâce au signal issu du microphone et préalablement filtré, ainsi que des moyens pour
adapter le signal modulé à l'impédance d'entrée du comparateur.
[0020] Le dispositif selon l'invention peut plus particulièrement comprendre des moyens
de comparaison pour comparer le niveau de sortie du microphone à ladite valeur de
seuil, un oscillateur libre commandé par lesdits moyens de comparaison, des moyens
de comptage pour décompter les impulsions de sortie de l'oscillateur, et des moyens
de déclenchement pour déclencher une alarme lorsque le contenu du compteur dépasse
une valeur prédéterminée.
[0021] Lorsque la sortie du comparateur est considérée comme active, c'est à dire lorsque
le signal provenant directement du microphone est supérieur à la tension en référence,
l'oscillateur en aval est déclenché, chaque impulsion étant comptée par le compteur.
Lorsque le nombre d'impulsions comptées atteint une valeur prédéterminée, l'alarme
est déclenchée.
[0022] Un tel détecteur n'est effectivement pas sensible à un signal périodique tel qu'un
son audible, puisque dans ce cas, le compteur n'a pas le temps, dans une demie période
du signal, d'atteindre la valeur prédéterminée qui provoquera le déclenchement.
[0023] On va maintenant décrire l'invention plus en détail, en se référant aux dessins annexés,
pour lesquels :
- La fig. 1 représente un schéma-bloc montrant la conception et l'architecture du circuit.
- La fig. 2 donne un mode de réalisation particulier du dispositif et
- La fig. 3 en montre une variante possible.
[0024] La fig. 1 étant un diagramme général mettant en exergue les différentes parties du
circuit, on ne la décrira pas en détail, d'autant que les références se retrouvent
sur les fig. 2 et 3, plus propres à fixer les idées. On se reportera à la fig. 1 afin
d'avoir une vue plus globale du dispositif objet de l'invention. Pour la clarté de
l'exposé, on commencera par l'explication du dispositif de la figure 2.
[0025] En référence à cette figure 2, un microphone, du type à effet électret, a sa sortie
reliée à un comparateur à seuil 5 par l'intermédiaire d'un amplificateur approprié
à deux étages 2 et 3, l'étage 3 étant au surplus réglable par un potentiomètre 4.
La sortie de l'étage amplificateur 2 est par ailleurs appliquée à l'entrée d'un circuit
de filtrage passe-bas amplificateur à deux étages 6.
[0026] Ce circuit de filtrage a pour fonction de ne conserver que les ondulations du signal
capté par le microphone proportionnelles à l'amplitude des mouvements de la masse
d'air dans le site. Il élimine par conséquent la composante du signal due à une variation
brutale de pression, telle que celle provoquée par exemple par un bris de vitre.
[0027] Le signal de sortie du circuit de filtrage est appliqué à un circuit détecteur de
crête 7 réalisé sous la forme d'un comparateur à fenêtre dont les deux tensions de
référence V1 et V3 sont telles que V3 est supérieur à V1.
[0028] La sortie du circuit détecteur de crête 7 est utilisé pour moduler la tension fixe
V1 dans un circuit 9 afin d'élaborer le signal de régulation.
[0029] La sortie du circuit 9 est ensuite appliquée à un circuit intégrateur de tension
dont la sortie est appliquée à un suiveur de tension 10.
[0030] La sortie du suiveur 10 est enfin utilisée comme seuil de sensibilité dans le comparateur
5.
[0031] La sortie du comparateur 5 est utilisée pour déclencher, par l'intermédiaire d'une
liaison 13, un compteur-oscillateur 14. Comme cela a été mentionné ci-dessus, ce compteur-oscillateur
actionne une bascule monostable 16 lorsqu'un nombre prédéterminé d'impulsions a été
compté. Pendant son temps de basculement, le circuit 16 provoque l'excitation d'un
relais 21 commandant les moyens d'alarme.
[0032] La polarité de fonctionnement positive ou négative du relais peut être choisie par
l'utilisateur à l'aide d'un commutateur 20 et d'un inverseur-mélangeur 19.
[0033] Par conséquent, les mouvements atmosphériques captés par le microphone 1 se traduisent
à la sortie du circuit de filtrage 6 par des excursions en tension provoquant des
changements de l'état de sortie du circuit détecteur de crête 7. Si le commutateur
d'auto-régulation 8 disposé en sortie de ce circuit 7 est en position fermée, la tension
V1 appliquée à l'entrée positive du circuit modulateur 9, est modulée lorsque la tension
de sortie du circuit de filtrage n'est plus comprise entre V1 et V3, puisqu'un signal
est alors émis en aval du détecteur de crêtes 71.
[0034] Une diode électroluminescente 11 disposée a la sortie du suiveur de tension 10 permet
de contrôler l'état de fonctionnement de la branche d'autorégulation.
[0035] Lorsqu'une onde apériodique due à une ouverture ou à une effraction est captée par
le microphone 1 puis amplifiée par l'amplificateur 2,3 et qu'alors elle dépasse le
seuil de sensibilité variable du comparateur 5, celui-ci change d'état logique pendant
une durée proportionnelle a la longueur de l'onde considérée. Une autre diode électroluminescente
12 faisant fonction de témoin de sensibilité est alors activée.
[0036] Si la longueur de l'onde apériodique détectée est suffisante, le compteur-oscillateur
14 déclenche l'alarme.
[0037] On remarquera qu'un commutateur de détection 15 permet de choisir le mode de fonctionnement
du détecteur (choc ou ouverture) en sélectionnant le nombre d'oscillations nécessaires
au déclenchement.
[0038] Des témoins d'alarme constitué par une diode électroluminescente 17 et un vibreur
acoustique 18 permettent de contrôler le fonctionnement du détecteur en l'absence
des moyens d'a(arme proprement dits, ledit vibreur étant au surplus commandé par un
commutateur de sélection 23.
[0039] Alors que dans le circuit de la fig. 2 on utilisait 3 tensions de référence V1, V2
et V3 fixées par un pont, V2 étant centrée dans l'intervalle (V1, V3) de 0,1 V, la
variante proposée par la fig. 3 est basée sur un système de 4 tensions fixes de références
V1 a V4.
[0040] La branche de régulation est fondée sur le même principe, incluant un filtre passe-bas
à deux étages 6 légèrement modifié au niveau des tensions d'entrée, suivi d'un comparateur
à fenêtre 7, d'un commutateur d'autorégulation 8 et d'un circuit adaptateur d'indépendance
9. Dans cette configuration, la tension de référence à moduler est V4, dont la valeur
est supérieure a V1, V2 et V3.
[0041] Le circuit de filtrage 6 , qui prend en compte les ondulations du signal captées
par la cellule 1, amplifie les informations filtrées avant envoi sur l'étage détecteur
de la crête à deux seuils 7. Ces deux tensions de référence V1 et V3 sont les limites
au delà desquelles l'excursion des ondulations provoquées par les perturbations et
turbulences atmosphériques entrainerait inévitablement un changement d'état du comparateur
5, via les amplificateurs 2 et 3, déclenchant ainsi les étages terminaux d'alarme,
si le seuil dudit comparateur 5 était fixe et prédéterminé.
[0042] Trois témoins commutables 11, 12 et 17 signalent respectivement le fonctionnement
de la branche d'autorégulation, la sensibilité du dispositif et le déclenchement des
étages terminaux d'alarme. Les deux premiers, indiquant le fonctionnement constant
à l'état de veille, sont respectivement de couleur verte et jaune. Le témoin 17, signalant
une phase d'alerte est coloré en rouge. Un commutateur 22 peut désactiver simultanément
tous les témoins.
[0043] Bien entendu, l'un des éléments fondamentaux du circuit ainsi décrit est le microphone
destiné à capter les signaux utiles. Comme on l'a vu, les ondes qui sont exploitables
par ce type de dispositif sont apériodiques et nécessitent des capteurs susceptibles
de répondre à des fréquences extrêmement basses, de l'ordre de 1 Herz ou même inférieures.
La sélection de ces microphones doit donc être effectuée avec un soin tout particulier,
l'ensemble du détecteur reposant sur les qualités de ce capteur d'entrée.
[0044] Diverses variantes et modifications peuvent encore être apportées à la description
qui précède sans pour autant sortir du cadre ni de l'esprit d'invention.