[0001] De façon générale, les machines à tresser connues comprennent un récepteur de tresse
définissant un axe de tressage et un dispositif de guidage et d'entraînement pour
des éléments de tresse montés sur des bobines et se déroulant dans des directions
qui convergent vers un point de tressage situé sur l'axe de tressage. Le dispositif
de guidage comporte des porte-bobines répartis sur une pluralité de supports qui guident
chacun un groupe de porte-bobines le long d'une orbite distincte qui entoure l'axe
de tressage.
[0002] Ainsi, les caractéristiques définies ci-dessus se retrouvent par exemple dans la
machine à tresser selon le brevet CH 636 146, ou dans la machine selon la publication
de demande de brevet européen EP 00 88 913. Dans ces machines connues, les différents
groupes de porte-bobines débitent des éléments de tresse qui décrivent des surfaces
coniques ayant leur sommet au point de tressage et ces surfaces coniques se coupent.
Le nombre des supports et des groupes de porte-bobines est de deux. L'une des deux
nappes coniques décrites par les éléments de tresse provenant de chacun des deux groupes
de porte-bobines a comme directrice un cercle centré sur l'axe de tressage, tandis
que l'autre nappe a pour directrice, du fait de la mise en action périodique d'un
jeu de leviers se déplaçant radialement, une courbe fermée qui est également centrée
sur l'axe de tressage, mais qui a une forme lobée.
[0003] Ces machines sont compliquées et bruyantes. En outre, la vitesse des porte-bobines
sur leur support le long de leurs orbites est limitée.
[0004] Le but de la présente invention est de remédier à ces inconvénients.
[0005] Dans ce but, la présente invention a pour objet une machine à tresser, comprenant
un récepteur de tresse définissant un axe de tressage et un dispositif de guidage
et d'entraînement pour des éléments de tresse qui se déroulent chacun à partir d'une
bobine et qui convergent vers un point de tressage situé sur l'axe de tressage, ce
dispositif comportant des porte-bobines répartis sur une pluralité de supports qui
guident chacun un groupe de porte-bobines, caractérisée en ce que les éléments de
tresse sont étendus en droite ligne de la bobine qui les porte au point de tressage,
en ce que chaque support comporte une voie de guidage pour les porte-bobines qu'il
guide et en ce que les dites voies définissent des orbites qui sont des courbes fermées
fixes placées dans des positions relatives telles que les surfaces coniques décrites
par les éléments de tresse provenant des différents groupes de porte-bobines se coupent.
[0006] On va décrire ci-après, à titre d'exemple, deux formes d'exécution de l'objet de
l'invention, en se référant au dessin annexé, dont :
la fig. 1 est une vue en élévation schématique simplifiée et partielle de la première
forme d'exécution,
la fig. 2 est une vue en plan de dessus également schématique, simplifiée et partielle
de la machine de la fig. 1,
les fig. 3 et 4 sont des vues à plus grande échelle, respectivement en coupe longitudinale
et transversale, montrant un porte-bobine conduit par une voie de guidage,
la fig. 5 est une vue en élévation analogue à la fig. 1 montrant une deuxième forme
d'exécution, et la fig. 6 est une vue en plan de dessus analogue à la fig. 2 de la
seconde forme d'exécution.
[0007] Les machines qui vont être décrites ci-aprés se caractérisent principalement par
le fait que contrairement aux machines connues, les orbites que suivent les différent
groupes de porte-bobines ne sont pas centrées sur l'axe de tressage. On a constaté
en effet que, si les orbites sont décentrées par rapport à l'axe de tressage, des
nappes coniques décrites par des éléments provenant directement des porte-bobines
peuvent se couper de telle façon que les porte-bobines conduits sur leur voie de guidage
assurent l'entrelacement régulier des éléments de tresse, tel qu'il est désiré, sans
qu'il soit nécessaire de déplacer radialement les éléments de tresse par des moyens
auxiliaires ou par un guidage des porte-bobines selon des courbes lobées. Les effets
d'inertie qui se font sentir d'une façon désagréable dans les réalisations des machines
à tresser connues, sont donc éliminés.
[0008] Les figures schématiques qui vont être décrites maintenant expliquent le principe
d'établissement des orbites dans la machine selon l'invention. Dans la forme d'exécution
des fig. 1 à 4, deux supports 1, 2 équipés de voies de guidage circulaires sont solidaires
l'un de l'autre et conçus de façon à définir deux orbites 3, 4, qui sont circulaires,
se coupent en deux point 5, 6, et sont disposées symétriquement par rapport à l'axe
de tressage. Ces orbites sont définies par l'intersection de deux plans avec une sphère
virtuelle 7 ayant son centre au point de tressage 8. Le récepteur de tresse de la
machine décrite est désigné de façon générale par 9. Il comporte un dévidoir 10 situé
à la partie inférieure de la machine et un enrouleur 11 situé à la partie supérieure
de la machine. Ces dispositifs sont de nature connue en soi et n'ont pas besoin d'être
décrits. Ils sont placés de façon que le support de tresse 12 se déplace de bas en
haut en définissant ainsi un axe de tressage vertical. Au cours du mouvement du support
de tresse 12, des porte-bobines 13 conduits par les supports 1 et 2 se déplacent dans
des sens opposés, chacun sur une des orbites 3 ou 4. On voit à la fig. 2, que les
deux porte-bobines 13 doivent avoir des itinéraires qui évitent qu'ils se rencontrent
à l'un des points 5 ou 6, mais que cette limitation mise à part, leur déplacement
peut être quelconque sur leur orbite. En admettant des vitesses de déplacement égales
et constantes pour les deux porte-bobines 13, on voit qu'avec la disposition de la
fig. 2, le recouvrement des deux éléments de tresse 14 dévidés par les porte-bobines
13 aura lieu lorsque les porte-bobines se trouvent sur l'axe C. Etant donné l'orientation
de cet axe, des porte-bobines supplémentaires disposés sur les orbites 3 et 4 dans
des positions décalées de façon à se trouver sur l'axe C en même temps que les porte-bobines
13 permettrait de réaliser une tresse à quatre éléments de tressage. Ainsi, en choissisant
judicieusement la disposition des porte-bobines sur leur support, on peut réaliser
des tresses ayant n'importe quel nombre d'éléments de tresse désiré.
[0009] Les fig. 3 et 4 montrent à titre d'exemple comment les supports 1 et 2 ainsi que
les porte-bobines 13 peuvent être réalisés. Chaque support 1 ou 2 comporte une voie
de guidage constituée par un profilé à section rectangulaire 15 présentant une fente
16 dans sa surface supérieure de manière à définir l'orbite correspondante. La voie
de guidage comporte une crémaillère 17 dans laquelle engrènent des pignons 18 supportés
par l'embase 19 du porte-bobines 13. Cette embase porte un moteur 20 qui sera alimenté
en courant par l'intermédiaire de frotteurs et de conducteurs montés à l'intérieur
du profilé 15. Le couple de rotation peut être transmis aux deux pignons 18 par exemple
par des courroies crantées 21. Toutefois, tout autre mode d'entraînement, par exemple
par des chaînes, ou des systèmes électro-magnétiques du type moteur linéaire équipant
les voies de guidage 15, peut être utilisé en lieu et place de l'agencement représenté
aux fig. 3 et 4. Chaque embase 19 est solidaire d'un étrier 22 portant la bobine 23.
Les éléments de tresse enroulés sur la bobine 23 peuvent naturellement être de n'importe
quel type : des rubans en matière plastique ou textile, des groupes de fils métalliques
ou d'une autre matière, etc.
[0010] L'entraînement des porte-bobines pourra être soit continu, soit intermittent par
l'intermédiaire d'impulsions et un dispositif de commande (non représenté) permettra
de piloter les porte-bobines et de contrôler leur déplacement.
[0011] Alors que dans la première forme d'exécution, les orbites définies par les supports
sont des cercles excentrés de valeur égale sur un même axe de part et d'autre du point
d'intersection entre cet axe et l'axe de tressage, et les deux supports sont solidaires
et conçus de façon que les porte-bobines se croisent sur leur voie de guidage, la
forme d'exécution représentée aux fig. 5 et 6 comporte deux supports distincts. Ces
supports sont équipés chacun d'une voie de guidage 24 ou 25 de forme circulaire excentrée,
d'une part ou d'autre part de l'axe de tressage dans deux directions opposées. La
voie de guidage 24 est plus rapprochée du point de tressage 26 que la seconde voie
de guidage 25. On voit à la fig. 5 que ces deux voies de guidage définissent des orbites
à partir desquelles s'étendent des nappes coniques à directrice circulaire, dont l'angle
au centre est différent, la nappe définie par la voie de guidage 25 ayant une ouverture
plus grande que celle qui est définie par la voie de guidage 24. En outre, les deux
supports étant distincts l'un de l'autre, les porte-bobines 27 guidés par la voie
24 ou par la voie 25, ne se croisent pas. Toutefois, pour permettre l'intersection
entre les deux nappes coniques, la voie 24 doit être pourvue de deux interruptions
complètes 28, placées de façon que les éléments de tresse déroulés à partir des porte-bobines
montés sur la voie 25, puissent passer à travers la voie 24 lorsque les porte-bobines
décrivent leur orbite. On remarque que la disposition représentée aux fig. 5 et 6
comporte quatre porte-bobines 27 sur la voie 25, et deux seulement sur la voie 24.
Ici également, le point de tressage 26 se trouve sur l'axe de tressage défini par
l'enrouleur 29 et le dévidoir 30 du récepteur de tresse 31.
[0012] Il n'est pas nécessaire que les orbites soient circulaires et excentrées. Dans une
disposition avec deux supports de porte-bobines, une des orbites peut même être coaxiale
à l'axe de tressage, l'autre étant soit une ellipse, soit un cercle excentré, soit
toute autre courbe fermée n'ayant pas de centre de symétrie sur l'axe de tressage.
Le cas échéant, on peut prévoir plus de deux supports de porte-bobines qui entourent
l'axe de tressage sans être coaxiaux.
[0013] Comme on le sait, l'aspect final de la tresse dépend des structures des éléments
de tresse, des nombres d'éléments conduits par chaque groupe de porte-bobines et des
valeurs et des sens des vitesses des porte-bobines dans chaque groupe. Tous ces paramètres
peuvent être choisis librement dans la construction selon la présente invention.
1. Machine à tresser, comprenant un récepteur de tresse définissant un axe de tressage
et un dispositif de guidage et d'entraînement pour des éléments de tresse qui se
déroulent chacun à partir d'une bobine et qui convergent vers un point de tressage
situé sur l'axe de tressage, ce dispositif comportant des porte-bobines répartis sur
une pluralité de supports qui guident chacun un groupe de porte-bobines, caractérisée
en ce que les éléments de tresse sont étendus en droite ligne de la bobine qui les
porte au point de tressage, en ce que chaque support comporte une voie de guidage
pour les porte-bobines qu'il guide et en ce que les dites voies définissent des orbites
qui sont des courbes fermées fixes placées dans des positions relatives telles que
les surfaces coniques décrites par les éléments de tresse provenant des différents
groupes de porte-bobines se coupent.
2. Machine selon la revendication 1, caractérisée en ce que les dites orbites sont
des courbes planes, sans point d'inflexion.
3. Machine selon la revendication 2, caractérisée en ce qu'au moins une orbite est
définie par une voie de guidage d'un porte-bobine, qui présente au moins une interruption
et qui est agencée de manière que le ou les porte-bobines guidés par la dite voie
puissent traverser la dite interruption.
4. Machine selon la revendication 3, caractérisée en ce qu'au moins une orbite est
un cercle et en ce qu'au plus une orbite circulaire a son centre sur l'axe de tressage.
5. Machine selon la revendication 4, caractérisée en ce que les orbites sont des cercles
situés sur une même sphère virtuelle ayant son centre au point de tressage.
6. Machine selon la revendication 4, caractérisée en ce que les orbites sont des cercles
situés sur des sphères virtuelles de rayons différents, ayant leur centre au point
de tressage.
7. Machine selon la revendication 3, caractérisée en ce qu'au moins une orbite est
une ellipse.
8. Machine selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, caractérisée en ce que
le nombre des supports et des groupes de porte-bobines est de deux.
9. Machine selon la revendication 8, caractérisée en ce qu'un premier support est
continu, tandis que le second comporte deux interruptions pour le passage de la nappe
conique décrite par les éléments de tresse guidés par le premier support.
10. Machine selon la revendication 8, caractérisée en ce que les deux supports sont
solidaires l'un de l'autre et comportent deux voies de guidage de porte-bobines,
définissant chacune une orbite, ces voies se croisant en deux points de croisement.