[0001] La présente invention se rapporte à un véhicule d'intervention sur une surface appartenant
aux oeuvres vives d'une structure flottante.
[0002] Les oeuvres vives ou carène d'un bâtiment, ou d'une structure flottante en général,
nécessitent des entretiens fréquents et importants : nettoyage, peinture, inspection
de son état, remplacement de parties ayant subi des échouements ou des collisions,
remplacement d'anodes consommables par exemple. Certaines de ces interventions peuvent
être effectuées par des plongeurs en dépit des conditions de travail difficiles qui
en résultent et obèrent ainsi les coûts ; d'autres de ces interventions nécessitent
de toute façon de placer la structure au sec, c'est-à-dire dans un bassin de carénage
ou à un niveau surélevé au-dessus de l'eau. La structure doit alors être appuyée et
éventuellement hissée sur une rampe, et elle immobilise une installation spéciale
pour de longues durées.
[0003] Le brevet britannique n°1 281 900 concerne un véhicule d'intervention constitué d'une
partie horizontale immergeable et de deux tourelles extrêmes dont l'une est mobile
longitudinalement. La partie horizontale et les tourelles contiennent un volume creux
délimité par des parois longitudinales.
[0004] En service, le véhicule est approché de deux parties aboutées d'un gros bâtiment
assemblées dans des bassins différents et qu'il faut souder. Le bord des parois longitudinales
est plaqué sur le bordé et le fond du bâtiment de part et d'autre de la ligne de soudage,
et la tourelle mobile est rapprochée de l'autre pour serrer le bâtiment. Le volume
creux débouche alors sur la ligne de soudage. L'eau en est évacuée par pompage ; un
joint établi sur le bord des parois longitudinales maintient l'étanchéité.
[0005] Ce véhicule de mise en place laborieuse est spécialement adapté à l'application mentionnée
et n'est guère utilisable que pour un bâtiment déterminé à cause de sa complexité.
La tourelle mobile nécessite des systèmes mécaniques complexes de motorisation, de
transmission et d'étanchéité. Enfin, un tel véhicule ne peut être utilisé pour accéder
à des fonds de quai ou de barges, et généralement à des oeuvres vives dépourvues d'un
second bordé ou de grandes largeurs.
[0006] L'invention concerne un véhicule dépourvu de ces inconvénients, d'emploi plus facile
et général et par ailleurs de conception simple. Ce véhicule est caractérisé en ce
qu'il est composé d'une partie inférieure horizontale allongée et d'une unique tourelle
juchée sur une zone longitudinale extrême de la partie inférieure et solidaire de
celle-ci, le bord et le joint se trouvant à la fois sur les deux parties et la tourelle
étant au moins partiellement immergée pendant les interventions.
[0007] L'invention va être décrite plus précisément à l'aide des figures suivantes annexées
à titre illustratif et non limitatif :
- la figure 1 est une vue en coupe longitudinale verticale d'un véhicule selon l'invention,
- la figure 2 est une vue de dessus du véhicule,
- la figure 3 est une vue du véhicule selon la coupe III-III de la figure 2,
- les figures 4a à 4d décrivent la mise en place progressive du véhicule sur la surface
nécessitant une intervention, et
- la figure 5 représente un aménagement possible du véhicule.
[0008] Le véhicule représenté sur les figures 1, 2, et 3 présente deux parties principales
: une partie inférieure allongée 1 présentant une faible hauteur et destinée aux interventions
sur le fond des structures flottantes, et une tourelle 2 située à l'extrémité arrière
de la partie inférieure 1 et destinée aux interventions sur les oeuvres vives des
faces latérales des structures flottantes. La partie inférieure 1 est entièrement
immergée et, dans cette réalisation, la tourelle 2 émerge partiellement. Des ballasts
7 en compartiments sont fixés sur les flancs de la partie inférieure 1 et de la tourelle
2 ; leur remplissage et leur évacuation permet de modifier l'immersion du véhicule
et peut se faire en séquence, de façon à imprimer au véhicule un déplacement de tangage
si nécessaire.
[0009] La partie inférieure 1 et la tourelle 2 sont isolées de l'eau environnante par une
coque 3 qui englobe également les ballasts 7. L'intérieur de la partie inférieure
1 forme un compartiment de travail inférieur 4 dont la hauteur est légèrement supérieure
à celle d'un homme et qui est à peu près dépourvue de cloisons et d'obstacles ; l'intérieur
de la tourelle 2 abrite les mécanismes de commande du véhicule et comprend donc en
particulier un local de commande et de propulsion 5 sur l'arrière ; un compartiment
de travail latéral 6 est adjacent au compartiment de commande et de propulsion 5 et
situé en avant de celui-ci. Il communique par sa partie inférieure avec la partie
arrière du compartiment de travail inférieur 4. Une cloison transversale étanche 26
sépare le compartiment de commande et de propulsion 5 des compartiments de travail
4 et 6.
[0010] Les évolutions du véhicule peuvent être commandées par des hydrojets : un hydrojet
28 à l'arrière commande les mouvements longitudinaux, deux hydrojets avant 29 et deux
hydrojets arrière 30, à babord et à tribord, commandent les mouvements latéraux. Les
hydrojets sont reliés à un système hydraulique non représenté.
[0011] Les compartiments de travail latéral et inférieur 6 et 4 sont délimités partiellement
par une paroi 11 d'extension longitudinale et qui fait partie de la coque 3, de manière
à ce qu'ils s'ouvrent respectivement vers l'avant et vers le haut. La paroi 11 est
munie d'un bord 12 perpendiculaire à elle et qui s'étend dans un plan horizontal au-dessus
du compartiment de travail inférieur 4 et dans un plan transversal à l'avant du compartiment
de travail latéral 6. Le bord 12 a une forme d'ensemble qui épouse la forme des oeuvres
vives d'une structure flottante B en partie immergée. La structue B peut être un navire
arrimé ou non à un quai, une barge, un quai, une plate-forme ou une structure quelconque.
Un joint d'étanchéité 13 est disposé extérieurement le long du bord 12 au-dessous
du niveau de l'eau. Il est gonflable au moyen d'une pompe à air 25 de manière à se
mouler sur le bord 12 et la structure flottante B et à délimiter un espace étanche
entre elles. Le véhicule ayant été approché de la structure flottante B et le joint
13 ayant été gonflé, l'eau qui emplissait les compartiments de travail 4 et 6 a pu
être évacuée au moyen d'un système de pompage comprenant une pompe 20 disposée dans
le local de commande et de propulsion 5 et munie d'une canalisation 21 débouchant
à travers la cloison étanche 26 au bas du compartiment de travail inférieur 4.
[0012] Le joint d'étanchéité 13 peut être disposé suivant une ligne fermée. Il peut aussi
être disposé, comme on le représente ici, suivant une ligne ouverte dont les extrémités
13a se trouvent sur la face avant de la tourelle 2 au-dessus de la ligne de flottaison
du véhicule immergé au maximum.
[0013] Des butées 14 et 15 de faible hauteur sont disposées respectivement sur la partie
inférieure 1 et sur la tourelle 2, immédiatement autour du joint 13. Elles sont destinées
à assurer le contact du véhicule avec la structure flottante B tout en laissant un
jeu suffisant au joint 13 pour se gonfler.
[0014] On va maintenant décrire la mise en place du véhicule en vue de l'intervention sur
la structure flottante B à l'aide des figures 4a à 4d. Sur la figure 4a, le véhicule
s'est approché près de la structure flottante B avec les ballasts 7 non emplis. Ses
moteurs toujours en mouvement, il commence alors à remplir les ballasts 7 en commençant
éventuellement par ceux situés à l'arrière. C'est ce que représente la figure 4b :
un mouvement de tangage plonge la partie inférieure 1 dans l'eau, son arrière étant
davantage enfoncé. L'eau emplit progressivement les compartiments de travail 4 et
6. Dans la figure 4c, l'immersion de la partie inférieure 1 est désormais suffisante
pour lui permettre de passer sous la structure flottante B.
[0015] Les ballasts 7 continuent à se remplir, et le véhicule reprend petit à petit son
assiette. Dans la figure 4d, la partie inférieure 1 du véhicule est entièrement sous
la structure flottante B, alors que la face avant de la tourelle 2 est en contact
avec la paroi latérale de la structure flottante B. Cette manoeuvre d'accostage a
été réalisée à faible vitesse en profitant de l'erre du véhicule. On vide alors quelque
peu les ballasts 7 de manière à opérer une translation verticale d'ensemble du véhicule
amenant la face supérieure de sa partie inférieure 1 en contact avec le fond de la
structure flottante B.
[0016] Au cours de toutes ces manoeuvres, les hydrojets 28, 29 ou 30 sont éventuellement
mis en action pour stabiliser le véhicule.
[0017] Le contact de la partie inférieure 1 du véhicule avec la structure flottante B est
maintenu grâce à la poussée d'Archimède uniquement. On gonfle alors le joint 13 de
manière à isoler un volume étanche à l'eau entre la structure flottante B, la coque
3, la cloison étanche 26 et le joint 13. L'eau emprisonnée dans ce volume est alors
pompée au moyen de la pompe 20. Il est important de constater qu'à partir de ce moment
la poussée d'Archimède acquiert une composante longitudinale qui plaque le véhicule
contre la structure flottante B et maintient ainsi automatiquement l'étanchéité, sans
aucun système de serrage ou d'arrimage. Cette absence de liaison mécanique jointe
à un système de propulsion complet permet en cas de besoin de retirer rapidement le
véhicule, qui est donc parfaitement autonome.
[0018] Quand l'opération est terminée, le personnel se trouvant à l'intérieur du véhicule
a alors accès à une tranche longitudinale des oeuvres vives de la structure flottante
B. Il peut y effectuer toutes les opérations d'entretien et de réparation souhaitées.
Les compartiments de travail 4 et 6 sont évidemment pourvus de tous les aménagements
nécessaires tels que l'éclairage, l'alimentation en énergie, le renouvellement de
l'air, des chariots élévateurs pour la manutention d'objets lourds, etc. Le compartiment
de travail 4 de la partie inférieure 1 peut être muni d'un élévateur 23 qui peut circuler
longitudinalement sur des rails 24.
[0019] Quand le travail est à effectuer sur une longueur importante des oeuvres vives, le
véhicule est soumis à une manoeuvre de translation qui permet de répéter les opérations
d'entretien sur une zone adjacente des oeuvres vives de la structure flottante B,
après éventuellement un dégonflage temporaire du joint 13 et une nouvelle mise en
service de la pompe 20. Il est évidemment souhaitable que la forme de carène de la
structure flottante B reste invariable, mais cette condition n'est pas absolument
indispensable car le joint 13 est gonflable et peut donc maintenir l'étanchéité dans
le cas de légères variations de forme de carène.
[0020] Si des raccordements arrondis ou à pans coupés existent entre le fond et le bordé,
le véhicule peut être constitué comme le représente la figure 5. Le bord 12 est alors
muni de deux tréteaux 30 parallèles longitudinaux sur la partie inférieure 1 et verticaux
sur la tourelle 2. Les tréteaux 30 supportent une plaque de fixation 31 munie de deux
rangées de perçage 32 sur ses bords extérieurs, qui dépassent des tréteaux 30. Une
pièce amovible de raccordement 33 adjacente à la partie inférieure 1 et à la tourelle
2 est posée sur la plaque de fixation 31 grâce à un tablier 34 muni de deux rangées
35 de perçages en correspondance avec celles 32 de la plaque de fixation 31. On peut
ainsi assembler cette dernière au tablier 34 par des boulons, un joint plat d'étanchéité
36 ayant été interposé entre eux.
[0021] Le tablier 34 porte une plaque de raccord 37 par l'intermédiaire de deux bordures
parallèles 38. La plaque de raccord 37 a une forme adaptée au raccordement du fond
et du bordé de la structure flottante B, qui peut être rectiligne et oblique ou incurvée.
Elle rejoint le tablier 34 à ses extrémités. Le joint gonflable 13 est installé sur
la plaque de raccord 37 et la plaque de fixation 31 dans cette conception, qui améliore
grandement l'intérêt du véhicule. On peut ainsi avoir en réserve un grand nombre de
pièces de raccordement 33 de tailles et de formes différentes pour s'adapter à des
structures flottantes variées. Les pièces de raccordement 33 peuvent éventuellement
s'étendre sur la plus grande partie du bord 12.
[0022] Au total, le véhicule de l'invention représente une solution tout à fait intéressante
pour tous travaux concernant les oeuvres vives de navires ou de barges à fond plat.
Il peut toutefois être également adapté à des carènes obliques ou de forme spéciale.
La construction avec un fond plat et une tourelle arrière peut alors être modifiée.
De plus, le véhicule peut être soit flottant, soit sous-marin.
1. Véhicule d'intervention sur une surface appartenant aux oeuvres vives d'une structure
flottante (B), le véhicule comprenant des ballasts (7) et un volume creux (4, 6) délimité
par une paroi (11) comportant un bord (12) qui épouse la surface de la structure flottante
(B), un joint d'étanchéité disposé sur les parties du bord (12) au-dessous du niveau
de l'eau, un système de pompage d'eau (20, 21) débouchant dans le volume creux, caractérisé
en ce que le véhicule est composé d'une partie inférieure horizontale allongée (1)
et d'une unique tourelle (2) juchée sur une zone longitudinale extrême de la partie
inférieure et solidaire de celle-ci, le bord et le joint (13) se trouvant à la fois
sur les deux parties et la tourelle étant au moins partiellement immergée pendant
les interventions.
2. Véhicule d'intervention selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il est flottant.
3. Véhicule d'intervention selon l'une quelconque des revendications 1 ou 2, caractérisé
en ce qu'il est muni d'appareils propulseurs (28).
4. Véhicule d'intervention selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé
en ce que le bord (12) est muni d'une pièce de raccordement amovible (33) adjacente
à la partie inférieure (1) et à la tourelle (2), le joint (13) étant partiellement
posé sur la pièce de raccordement (33).