[0001] La présente invention concerne un procédé de traitement thermique des charges hydrocarbonées
et plus particulièrement des charges lourdes en présence de polysulfures d'hydrogène
et/ou de polysulfures organiques et de donneurs d'hydrogène. Elle est particulièrement
applicable à l'industrie du raffinage du pétrole et notamment aux procédés de conversion
thermique tels que viscoréduction et hydroviscoréduction non catalytique, c'est à
dire sans ajout de métaux ou composés de métaux ayant une action catalytique sur les
réactions qui se produisent lors du traitement thermique de la charge.
[0002] En d'autres termes, la présente invention s'applique aux procédés de traitement thermique
des charges d'hydrocarbures dans lesquels le rapport global H/C de la recette (des
effluents) n'est pas sensiblement différent de celui de la charge à traiter.
[0003] L'amélioration des procédés de traitement thermique utilisés dans l'industrie pétrolière,
notamment pour le raffinage des matières organiques fossiles riches en structures
polyaromatiques de haute masse, promoteurs de coke, tels que les pétroles lourds et
apparentés : schistes bitumeux, sables asphaltiques... et les résidus de raffinage,
implique un contrôle des processus de transformations radicalaires par la mise en
oeuvre de solvants ou additifs performants.
[0004] De nombreux travaux ont été consacrés à la mise en oeuvre de solvants donneurs d'hydrogène
(structures hydropolyaromatiques telles que la tétraline, le dihydroanthracène ou
des coupes pétrolières partiellement hydrogénées), capables d'inhiber efficacement
le développement des réactions radicalaires de polycondensation ou de polymérisation
en chaîne (US-A-2796386, US-A-4425224).
[0005] Toutefois, dans des conditions identiques, l'utilisation d'un donneur d'hydrogène
efficace entraîne une conversion en fractions légères plus modérée dès lors que l'on
élimine du milieu réactionnel des intermédiaires réactifs promoteurs des processus
de fragmentation des chaînes. Cet aspect du problème a conduit à l'association d'additifs
capables de réaliser ensemble la capture radicalaire et l'activation des fragmentations
des agrégats polymoléculaires présents dans ces fractions lourdes.
[0006] Différents travaux mentionnent l'effet de l'hydrogène sulfuré, présent lors des traitements
des coupes pétrolières riches en soufre, comme composé susceptible d'un double rôle
catalytique : d'une part, l'amélioration des cinétiques de transfert d'hydrogène donc
de l'efficacité de capture des radicaux libres ; d'autre part, l'activation de réactions
de fragmentation.
[0007] Le brevet Français FR-B-2555192 décrit en particulier l'utilisation de naphténate
de nickel comme additif anti-coke associé éventuellement à du diméthyldisulfure (DMDS).
Ce procédé permet de diminuer, à isoconversion, la quantité d'insolubles dans le xylène
(coke). On constate cependant que d'une part il se forme encore une quantité de coke
non négligeable et que d'autre part la conversion est fortement diminuée par rapport
à un traitement thermique effectué sans additif. On constate, par ailleurs, à la lecture
du Tableau de ce document, que l'addition supplémentaire de DMDS au naphténate de
nickel ne permet pas d'améliorer la conversion (rendement en 350 °C⁻) ni de réduire
la quantité de coke formé (insoluble au xylène) de façon significative. L'addition
de composés métalliques, à la charge, impose habituellement la nécessité d'un traitement
postérieur de l'effluent obtenu après le traitement thermique en vue de séparer et
éventuellement recycler ces composés, ce qui peut être un handicap important pour
le procédé.
[0008] Il est connu par ailleurs par le brevet EP-A-0.175.511, d'utiliser un composé soufré
comme le thiophénol en présence d'un diluant donneur d'hydrogène, ce dernier devant
être associé avec des composés ayant des propriétés se rapprochant de celles des hydrocarbures
aromatiques (le thiophénol par exemple). De plus, le thiophénol est un composé cher
qui grêverait l'économie de son procédé d'utilisation.
[0009] D'autres types d'activants ont été préconisés dans l'art antérieur, tels que les
générateurs de radicaux ; d'une façon générale, ces additifs présentent diverses insuffisances
réactionnelles, notamment :
- le domaine thermique de formation des espèces réactives est trop limité à partir de
générateurs tels que l'eau oxygénée, les hydroperoxydes et les peroxydes organiques.
Cette température, inférieure en général à 200 °C, conduit à une stabilité insuffisante
pour leur action efficace dans le milieu aux températures habituellement en vigueur.
- leur action consiste plutôt en une modification chimique préalable au traitement thermique
proprement dit ; de plus, une mauvaise sélectivité est observée du fait de la décomposition
souvent brutale et exothermique de ces composés.
[0010] L'invention a notamment pour objet de remédier aux inconvénients signalés ci-avant.
[0011] On a effet découvert, de manière surprenante, que l'on pouvait obtenir lors d'un
traitement thermique, non catalytique, d'une charge hydrocarbonée, une conversion
élevée en fractions plus légères liquides et facilement valorisables, (par exemple
en fuels industriels) et simultanément une nette diminution de la formation de coke,
tout en restant dans la gamme de température usuelle pour de tels traitements.
[0012] La synergie observée lors de l'emploi concomitant de donneurs d'hydrogène et de polysulfures
d'hydrogène et/ou de polysulfures organiques permet en outre de réaliser des traitements
thermiques convertissants à des températures plus élevées et d'obtenir ainsi une plus
forte conversion en limitant efficacement la formation de coke et de gaz. Elle permet
également d'éviter avantageusement dans certains cas l'utilisation d'hydrogène moléculaire
dans les procédés de viscoréduction.
[0013] D'une manière générale, l'invention concerne un procédé de conversion thermique d'une
charge hydrocarbonée, par exemple d'une coupe pétrolière lourde, d'un résidu de raffinage,
ou d'un pétrole lourd dans lequel ladite charge est soumise à un traitement thermique,
ledit procédé étant caractérisé en ce que le traitement thermique est effectué en
présence d'au moins un polysulfure choisi dans le groupe formé par les polysulfures
d'hydrogène et les polysulfures organiques et d'au moins un compose donneur d'hydrogène.
[0014] Le polysulfure employé dans la présente invention est habituellement un composé de
formule (I) R¹ - (S)
n - R² dans laquelle R¹ et R², identiques ou différents représentent chacun un atome
d'hydrogène ou un radical hydrocarboné et n est un nombre compris entre 2 et 20, bornes
incluses et de préférence entre 2 et 8, bornes incluses.
[0015] Parmi les radicaux hydrocarbonés on peut citer, à titre d'exemple, les radicaux aliphatiques
saturés ou insaturés, linéaires ou ramifiés, les radicaux cycloaliphatiques et les
radicaux aryles. Dans la formule (I) ci-avant, R¹ et R² représentent indépendamment
l'un de l'autre un atome d'hydrogène, un radical alkyle linéaire ou ramifié, un radical
aryle, un radical aryle-alkyle (aralkyle) ou un radical cycloalkyle.
[0016] On emploie avantageusement des polysulfures de formule (I) dans laquelle l'un au
moins des radicaux R¹ et R² représente un radical hydrocarboné et de préférence ceux
dans lesquels R¹ et R², identiques ou différents, représentent chacun un radical aliphatique
saturé ou insaturé, linéaire ou ramifié ou un radical alicyclique. Les polysulfures
organiques de formule (I) particulièrement préférés sont ceux dans lesquels R¹ et
R², identiques ou différents, représentent chacun un radical alkyle ; ils sont dénommés
ci-après dialkyl-polysulfures.
[0017] A titre d'exemple de polysulfures organiques on peut citer les disulfures aliphatique
et/ou alicyclique et plus particulièrement les dialkyl-disulfures.
[0018] Les polysulfures organiques de formule (I) employés dans la présente invention ont
habituellement de 2 à 72 atomes de carbone et de préférence de 2 à 48 atomes de carbone
dans leur molécule.
[0019] Les dialkylpolysulfures employés ont avantageusement de 2 à 24 atomes de carbone
dans leur molécule et les polysulfures organiques de formule (I) dans laquelle R¹
et/ou R² représentent un radical cycloalkyle, ont avantageusement de 6 à 48 atomes
de carbone et de préférence de 10 à 32 atomes de carbone dans leur molécule.
[0020] A titre d'exemples spécifiques de polysulfures organiques, on peut citer le diméthyldisulfure
(DMDS), le diéthyldisulfure (DEDS), les dipropyldisulfures, les dibutyldisulfures,
en particulier le ditertiobutyldisulfure (DTBDS), le ditertiobutylpolysulfure (n =
5) et le ditertiododécylpolysulfure (n = 5) commercialisé par exemple par ELF AQUITAINE
sous le nom TPS 32, notamment parce qu'il contient environ 32 % en poids de soufre
et le ditertiononylpolysulfure (n = 5) commercialisé par exemple par ELF AQUITAINE
sous le nom TPS 37.
[0021] Les polysulfures hydrocarbonés peuvent résulter, de manière particulièrement avantageuse,
de l'oxydation, dans des conditions connues en soi, des mercaptans contenus dans des
coupes pétrolières LPG et essences avantageusement légères, (procédé Mérox attractif).
Ces coupes, une fois oxydées, peuvent être apportées à la charge devant être viscoréduite.
[0022] La quantité de polysulfure, employée dans la présente invention, exprimée en atome-gramme
de soufre pour 100 g de charge à traiter est habituellement de 0,01 à 1 atome-gramme
de soufre, de préférence de 0,05 à 0,5 atome-gramme de soufre et le plus souvent de
0,08 à 0,3 atome-gramme de soufre, ce qui correspond en poids de soufre par rapport
à la charge à : 0,32 % à 32 %, de préférence 1,6% à 16 % et le plus souvent 2,56 %
à 9,6 %.
[0023] A titre d'exemple de composés donneurs d'hydrogène, on peut citer les dérivés au
moins partiellement hydrogénés du naphtalène, de l'anthracène, du pyrène, du fluoranthène,
du benzoanthracène, du dibenzoanthracène, du coronène, du pérylène, du benzopyrène,
leurs analogues hétérocycliques azotés et leurs analogues substitués par au moins
un radical alkyle inférieur ayant par exemple de 1 à 10 atomes de carbone. On peut
également citer à titre d'exemple les coupes LCO (Light Cycle Oil) ou HCO (Heavy Cycle
Oil) telles que les coupes 180 - 365° C ou 320 - 500° C provenant par exemple du craquage
catalytique, les coupes LCO ou HCO au moins partiellement hydrogénées, et les coupes
polyaromatiques éventuellement au moins partiellement hydrogénées ; les coupes hydrocarbonées
employées comme donneur d'hydrogène sont habituellement celles qui contiennent au
moins 0,8 % en poids et de préférence au moins 1,25 % en poids d'hydrogène cessible
(ou transférable) telles que par exemple celles mentionnées dans le brevet US-A-4425224.
[0024] Comme exemples spécifiques de composés donneur d'hydrogène on peut citer le tétrahydronaphtalène
ou tétraline (TN), les dihydroanthracènes, les tétrahydroanthracènes, les dihydrobenzoanthracènes
et les dihydrodibenzoanthracènes. La quantité de donneur d'hydrogène employée est
habituellement de 10 à 400 % en poids, de préférence de 30 à 200 % en poids et le
plus souvent de 40 à 150 % en poids par rapport au poids de la charge à traiter.
[0025] L'effet de synergie de l'action du polysulfure et du donneur d'hydrogène est particulièrement
important lorsque la quantité de polysulfure employée exprimée en pour-cent poids
de soufre par rapport à la charge à traiter est de 2,56 à 9, 6 % et que la quantité
de donneur d'hydrogène est de 30 à 200 % en poids et plus particulièrement de 40 à
150 % en poids par rapport à la charge à traiter.
[0026] L'invention s'applique à divers traitements thermiques de charges hydrocarbonées
ayant habituellement une viscosité comprise entre environ 600 et 70 000 mPa x s à
100 °C et le plus souvent entre environ 1000 et 30 000 mPa x s à 100 °C. L'invention
s'applique en particulier à la viscoréduction et à l'hydroviscoréduction de résidus
de distillation, par exemple de résidus de distillation sous vide (RSV) ou de distillation
atmosphérique. La viscoréduction est habituellement effectuée à des températures d'environ
350 à 500 °C, de préférence d'environ 380 à 450 °C et le plus souvent d'environ 410
à 450 °C et l'hydroviscoréduction à des températures du même ordre de grandeur.
[0027] La pression totale est habituellement d'environ 1 MPa à 20 MPa aux températures de
traitement et le temps de séjour est habituellement d'environ 1 minute à 3 heures.
[0028] Dans le cas de la viscoréduction, le traitement thermique est habituellement effectué
sous atmosphère inerte par exemple sous argon, hélium ou azote ou sous atmosphère
de vapeur d'eau ou d'un mélange de vapeur d'eau et de gaz inerte.
[0029] Dans le cas de l'hydroviscoréduction le traitement thermique est effectué en présence
d'hydrogène, de préférence sensiblement pur ou d'un mélange d'hydrogène sensiblement
pur et de gaz inerte, bien qu'il soit également possible d'utiliser de l'hydrogène
industriel contenant par exemple moins d'environ 5 % en volume d'hydrogène sulfuré
et de préférence moins d'environ 2,5 % en volume d'hydrogène sulfuré.
[0030] L'invention concerne également une composition pour la mise en oeuvre du procédé
selon la présente invention, comprenant d'une part au moins un polysulfure tel que
défini ci-avant et d'autre part au moins un composé donneur d'hydrogène.
[0031] Le rapport pondéral du donneur d'hydrogène par rapport au polysulfure dans ladite
composition est habituellement d'environ 0,3 : 1 à 1250 : 1, de préférence d'environ
1,87 : 1 à 125 : 1 et le plus souvent d'environ 4,2 : 1 à 58,6 : 1.
[0032] La proportion pondérale de la composition introduite dans la charge devant subir
le traitement thermique est habituellement d'environ 10,3 à 432 parties pour 100 parties
de la charge à traiter consistant, par exemple, en une fraction lourde de pétrole,
de préférence d'environ 31,6 à 216 parties pour 100 parties de ladite charge et le
plus souvent d'environ 42,6 à 159,6 parties pour 100 parties de ladite charge.
[0033] Les exemples suivants illustrent l'invention et ne doivent en aucune manière être
considérés comme limitatifs.
EXEMPLES 1 à 16
[0034] Les exemples 1, 2, 3, 7, 9, 10, 11, et 15 sont donnés à titre comparatif et ne font
pas partie de l'invention.
[0035] Les exemples 1 à 16 ont été réalisés en discontinu (batch). Les exemples 1 à 8 concernent
la viscoréduction, d'un résidu sous vide, effectuée sous argon et les exemples 9 à
16 concernent l'hydroviscoréduction, effectuée en présence d'hydrogène sensiblement
pur, de la même charge.
[0036] La charge hydrocarbonée utilisée dans les exemples est un résidu sous vide (RSV)
500 °C⁺ d'origine SAFANIYA dont les caractéristiques sont données dans le Tableau
1 ci-après.

[0037] Le résidu sous vide non traité et la fraction liquide résultant de la viscoréduction
ou de l'hydroviscoréduction ont été analysés par pyroanalyse. Cette méthode comprend
les étapes suivantes :
- on chauffe l'échantillon sous atmosphère inerte jusqu'à une température T1, puis après
un palier à la température T1, on chauffe l'échantillon jusqu'à une température T2
que l'on maintient un certain temps. On réalise une combustion des effluents de chauffage
par un mélange de gaz (Hélium + 3 % d'oxygène en volume (He + 3 % O₂)) en présence
d'un catalyseur d'oxydation (CuO) ; les composés d'oxydation, notamment CO₂, sont
détectés par exemple par un détecteur à infrarouge ; et
- le résidu restant après chauffage en atmosphère inerte est à son tour oxydé avec le
même mélange (He + 3 % O₂) jusqu'à une température T3 et, après passage sur un catalyseur
CuO, les composés d'oxydation du résidu (carbone résiduel) sont détectés par le même
type de détecteur et les signaux traités par un calculateur.
[0038] Le profil de température de chauffage illustré par la Figure 1 est le suivant :
VA = VC = 20 °C/minute ; VE = 150 °C/minute
tA = 11 minutes, tB = 10 minutes, tC = 14 minutes, tD = 10 minutes,
tE = 2 minutes et tF = 10 minutes.
[0039] Le point P1 correspond au n-alcane étalon chauffé dans les mêmes conditions et dont
le point d'ébullition est d'environ 500°C. A partir du point P2 s'effectue la combustion
du résidu riche en carbone. Un étalonnage est également effectué à l'aide d'un pétrole
brut dont on connait la distillation simulée.
[0040] Le pyrogramme obtenu (Figure 2) délivre la concentration en CO₂ en fonction du temps
et de la température du four. On peut ainsi facilement fractionner le pyrogramme par
intégration du signal entre des valeurs de température choisies par exemple selon
les fractions ci-dessous. Dans le cas du résidu sous vide non traité les pourcentages
des diverses fractions sont indiqués ci-après :

[0041] La fraction F2 représente la fraction 500 °C à fin de distillation (FD).
[0042] Par étalonnage de la réponse du détecteur il est facile d'obtenir les poids de carbone
correspondant aux fractions ci-dessus. De la même manière, les pourcentages et poids
d'hydrogène et de soufre contenus dans l'échantilon sont obtenus en simultanéité avec
ceux du carbone.
[0043] L'analyse centésimale des charges soumises à hydroviscoréduction montre que la somme
des poids de C, H et S est toujours supérieure ou égale à 95 %. Par conséquent la
simple addition de ces poids permet d'obtenir avec suffisamment de précision les pourcentages
respectifs réels des diverses fractions ci-dessus de la fraction liquide.
[0044] Cette méthode d'analyse est utilisée pour tous les exemples 1 à 16.
[0045] Les concentrations en poids de polysulfures sont telles que le taux de soufre introduit
par rapport à la charge à traiter est égal à 0,2 atome-gramme de soufre pour 100 g
de RSV SAFANIYA dans les exemples 3 à 6,8,11 à 12B et 16.
[0046] La charge pétrolière (RSV SAFANIYA) après un léger chauffage (100 -120 °C) pour la
rendre moins visqueuse, est introduite dans le réacteur qui est un autoclave en acier
inox dans le cas des exemples 1 à 16. L'ensemble est constamment agité. Les additifs
éventuels sont ajoutés après refroidissement.
[0047] Tous les exemples 1 à 16 de viscoréduction et d'hydroviscoréduction ont été réalisés
sous une pression initiale (à 20 °C) de 5 MPa, à forte sévérité, à 430 °C pendant
15 minutes, après un temps de montée à la température du traitement thermique de 25
minutes environ.
[0048] Les concentrations choisies à titre d'exemple en diluant donneur d'hydrogène (DDH)
sont telles que le rapport pondéral RSV/DDH soit égal à 1.
[0049] En présence simultanément de DDH et de polysulfure, les concentrations pondérales
de chacun de ses additifs par rapport au RSV sont identiques à celles utilisées avec
les additifs seuls.
[0050] Après le traitement de viscoréduction ou d'hydroviscoréduction, on obtient généralement
un système susceptible d'être polyphasique :
- une phase solide, le coke,
- une phase liquide contenant une partie des produits initiaux ou des produits de craquage,
et
- une phase gazeuse.
[0051] Les produits liquides et le coke éventuel sont recueillis directement ou par dissolution
dans le benzène, cette opération étant suivie d'une évaporation ; les gaz ne sont
pas récupérés mais sont calculés par différence entre les quantités introduites et
recueillies.
[0052] Le coke est défini comme étant la partie insoluble dans le benzène chaud. Un dosage
est effectué pour chaque essai. La quantité de liquide est calculée après détermination
du taux de coke.
[0053] Les taux de gaz, liquide et coke sont exprimés par rapport au pétrole seul ou par
rapport au mélange pétrole + DDH, après déduction des additifs polysulfurés le cas
échéant. On suppose donc implicitement que l'additif, même s'il subit des modifications
importantes pendant la pyrolyse, peut être récupéré majoritairement dans la fraction
liquide (cas par exemple de la tétraline, du LCO et du diphényldisulfure) ou dans
la phase gazeuse (cas du diméthyldisulfure).
[0054] A titre d'exemple le calcul de la conversion globale est détaillé ci-après dans le
cas de l'exemple 12. Ce calcul tient compte de la conversion complète du DMDS en une
fraction gazeuse (H₂S + CH₄) déductible du poids de la fraction gazeuse totale obtenue
après le traitement d'hydroviscoréduction.
[0055] La charge soumise à l'hydroviscoréduction comprend 47,6 g de RSV SAFANIYA, 47,6 g
de tétraline et 4,8 g de DMDS, soit 100 g de matière brute soumise au traitement thermique.
[0056] Après traitement on isole 0,7 g de coke (insoluble au benzène de la fraction liquide)
et 94,2 g de fraction liquide globale. Par différence à 100 g on déduit le poids de
la fraction gazeuse globale soit 5,1 g. Le gaz est composé de H₂S et CH₄ provenant
du DMDS soit 4,8 g, par conséquent le poids de la fraction gazeuse formée à partir
du RSV est de 0,3 g.
[0057] La fraction liquide pétrolière est constituée de tétraline et des effluents issus
de l'hydroviscoréduction du RSV qui représentent donc 94,2 - 47,6 = 46,6 g.
[0058] La conversion (Y), donnée dans les tableaux ci-après, est calculée à l'aide de la
formule suivante :

[0059] La recette est constituée par l'intégralité des produits issus de la viscoréduction
ou de l'hydroviscoréduction (gaz + liquide + solide (coke)).
[0060] Le pourcentage 500 °C⁺ (% 500 °C⁺) de la recette contient donc la fraction 500 °C⁺
liquide de la partie liquide de la recette et éventuellement le coke formé lors du
traitement thermique.
[0061] Le pourcentage 500 °C⁻ (% 500 °C⁻) de la recette contient les gaz formés et la fraction
500 °C⁻ liquide de la partie liquide de la recette.
[0062] Si l'on désigne par G, L et C respectivement le pourcentage de gaz, de liquide et
de coke de la recette (G + L + C = 100 % de la recette) la conversion Y s'exprime
alors par la formule suivante :

[0063] L'analyse de la partie liquide de la recette est effectuée par pyroanalyse comme
expliqué ci-avant.
[0064] Pour effectuer les calculs, il s'agit donc de convertir les différents pourcentages
pondéraux en pourcentages de carbone. La différence entre le poids usuel et le poids
de carbone est faible lorsque l'additif introduit contient une forte proportion de
carbone (cas de la tétraline : teneur en carbone : 90,91 %) mais elle ne l'est plus
lorsque l'on introduit un additif comme par exemple le diméthyldisulfure (DMDS : teneur
en carbone 25,0 %).
[0065] La composition en carbone de la charge de départ est ainsi calculée en déduisant
le polysulfure introduit (cas de l'exemple 12 : DMDS) :
RSV = 47,6 % x 83,27 % = 39,64
Tétraline (TN) = 47, 6 % x 90,91 % = 43,27
soit une répartition en % poids de carbone pour la charge de :
RSV = 39,64/(39,64 + 43,27) = 47,8 %
TN = 43,27/(39,64 + 43,27)= 52,2 %.
[0066] La distribution en fractions 500 °C⁻, 500 °C⁺ distillable, et carbone résiduel du
RSV non traité, analysé par pyroanalyse et exprimé en % poids de carbone est de :
500 °C⁻ : 6 %
500 °C⁺ distillable (FD) : 78 %
Carbone résiduel (R) = 16 %.
[0067] La distribution de la charge en % poids de carbone dans le cas de l'exemple 12 est
donc :
500 °C⁻ = 52,2 + 47,8 x 6 % = 55,1 %
500 °C⁺ (FD) = 47,8 x 78 % = 37,3 %
R = 47,8 x 16 = 7,6 %.
[0069] L'analyse de la partie liquide de la recette, dont les fractions représentent 100
% par pyroanalyse, donne les résultats suivants :
500 °C⁻ = 78,8 %
500 °C⁺ (FD) = 15,1 %
Carbone résiduel (R) = 6,1 %.
[0070] La conversion (Y) de la fraction 500 °C⁺ de la charge, dans le cas de l'exemple 12,
en fraction 500 °C⁻ est donc de :

Y = 51,7 %
[0071] Le Tableau 2 résume les résultats des exemples 1 à 8 effectués sous une pression
initiale d'argon de 5 MPa à 430 °C (viscoréduction).
[0072] Le Tableau 3 résume les résultats des exemples 9 à 16 effectués sous une pression
initiale d'hydrogène de 5 MPa à 430 °C (hydroviscoréduction).
[0073] Le Tableau 4 donne les caractéristiques d'un LCO non hydrogéné provenant du craquage
catalytique utilisé comme donneur d'hydrogène dans les exemples 7, 8, 15 et 16.
[0074] Le tableau 5 compare à une faible température de conversion l'action du thiophénol
et l'action du diméthyldisulfure en présence de donneur d'hydrogène.
[0075] On constate à la lecture des résultats présentés dans les Tableaux 2 et 3 que l'association
d'un polysulfure organique DMDS et d'un donneur d'hydrogène (TN ou LCO) permet d'obtenir
(exemples 4, 8, 12 et 16) des quantités de coke très voisines de celles obtenues avec
la tétraline comme seul additif (exemples 2 et 10) mais en ayant une conversion bien
plus élevée (13 et 18 points de plus, respectivement dans le cas de l'exemple 2 comparé
à l'exemple 4 et de l'exemple 10 comparé à l'exemple 12).
[0076] Les exemples 12 A et 12 B font apparaître que le ditertiobutylpentasulfure donne
en association avec la tetraline un résultat sensiblement similaire à celui de l'exemple
12, avec quelques points de conversion en moins.
[0077] Les exemples 12 C et 12 D sont donnés à titre comparatif et montrent que l'exemple
12 selon l'invention donne de meilleurs résultats que l'exemple 12 D selon l'art antérieur
en présence de diméthyldisulfure seul et de naphténate de molybdène comme catalyseur.
[0078] Ces résultats montrent bien l'intérêt de l'association d'un donneur d'hydrogène et
d'un polysulfure organique qui permet lors de la conversion thermique de garder l'avantage
obtenu par addition du donneur d'hydrogène à la charge (formation de coke réduite,
voir exemples 2 et 10, tout en conservant la majeure partie de l'avantage obtenu par
addition de polysulfure (conversion élevée) sans en avoir l'inconvénient (formation
de coke très élevée, voir exemples 3 et 11).
EXEMPLES 17 à 21
[0080] Les exemples 17 à 21 illustrent une conversion effectuée sur le même résidu Safaniya
sous pression d'hydrogène 5 MPa initiale à 390° C pendant 15 minutes. Une étude comparative
est réalisée entre le thiophénol (art antérieur), le diméthyldisulfure et le ditertiobutylpentasulfure
(X) en présence de tétrahydronaphtalène (TN) et présentée dans le tableau 5 où les
symboles sont les mêmes que ceux utilisés dans les tableaux précédents. L'association
tétraline-polysulfures selon l'invention donne de meilleurs résultats.

EXEMPLES 22 à 25
[0081] Les exemples 22 à 25 ont été réalisés dans un micropilote, sous une pression de 10
MPa d'hydrogène sensiblement pur, en continu, dans les conditions suivantes :
Température : 450 °C
Temps de séjour de la charge : 1 heure
Débit d'hydrogène : 1,1 l/minute à température et pression normales
Débit de charge liquide : 5 ml/minute.
[0082] La charge utilisée est la même que celle employée dans les exemples 1 à 21. La méthode
d'analyse utilisée dans les exemples 22 à 25 est la même que celle utilisée dans les
exemples 1 à 21.
[0083] Les concentrations en poids de polysulfures sont telles que le taux de soufre introduit
par rapport à la charge à traiter est égal à 0,2 atome-gramme de soufre pour 100 g
de RSV SAFANIYA dans l'exemple 19 et à 0,1 atome-gramme de soufre dans les exemples
23 et 25.
[0084] Les résultats obtenus sont présentés dans le Tableau 6 ci-après, ils confirment les
résultats obtenus en batch dans les exemples 1 à 21 et montrent l'avantage obtenu
par l'association de polysulfure et de donneur d'hydrogène permettant l'augmentation
de la conversion par rapport au cas de l'utilisation d'un donneur d'hydrogène seul.

1 - Procédé de conversion thermique d'une charge hydrocarbonée caractérisé en ce que
l'on soumet la dite charge à un traitement thermique en présence d'au moins un polysulfure
choisi dans le groupe formé par les polysulfures d'hydrogène, les polysulfures aliphatiques
et les polysulfures alicycliques et d'au moins un donneur d'hydrogène, choisi dans
le groupe formé par les dérivés au moins partiellement hydrogénés du naphtalène, de
l'anthracène, du pyrène, du fluoranthène, du benzoanthracène, du dibenzoanthracène,
du coronène, du perylène, du benzopyrène, de leurs dérivés analogues hétérocycliques,
de leurs dérivés analogues substitués par au moins un radical alkyle inférieur, les
coupes LCO et/ou HCO, les coupes LCO et/ou HCO au moins partiellement hydrogénées,
les coupes polyaromatiques et les coupes polyaromatiques au moins partiellement hydrogénées.
2 - Procédé selon la revendication 1 dans lequel le polysulfure est un composé de
formule (I) R¹ - (S)n - R² dans laquelle R¹ et R² identiques ou différents, représentent chacun un atome
d'hydrogène, ou un radical hydrocarboné aliphatique saturé ou insaturé, linéaire ou
ramifié ou un radical hydrocarboné alicyclique et n est un nombre compris entre 2
et 20, bornes incluses.
3 - Procédé selon la revendication 1 ou 2 dans lequel le polysulfure comprend de 2
à 72 atomes de carbone dans sa molécule.
4 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 3 dans lequel le polysulfure est un
disulfure aliphatique et/ou alicyclique.
5 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 4 dans lequel le polysulfure est un
dialkyldisulfure ayant de 2 à 48 atomes de carbone dans sa molécule.
6 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 4 dans lequel le polysulfure est choisi
dans le groupe formé par le diméthyldisulfure, le diethyldisulfure, les dipropyldisulfures,
les dibutyldisulfures, le ditertiododécyl polysulfure (n = 5), le ditertiononyl polysulfure
(n = 5) et le ditertiobutylpolysulfure (n = 5).
7 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 6 dans lequel les polysulfures résultent
de l'oxydation des mercaptans contenus dans des coupes pétrolières LPG et essence.
8 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 7 dans lequel la quantité de polysulfure
mise en jeu est de 0,32 % à 32 % en poids de soufre par rapport à la charge à traiter.
9 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 8 dans lequel les coupes hydrocarbonées
contiennent au moins 0,8% en poids d'hydrogène susceptible d'être donné.
10 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 9 dans lequel le donneur d'hydrogène
est choisi dans le groupe formé par le tetrahydronaphtalène, les dihydroanthracènes,
les tetrahydroanthracènes les dihydrobenzoanthracènes, les dihydrodibenzoanthracènes
et une coupe LCO (180 - 365 °C).
11 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 10 dans lequel la quantité de donneur
d'hydrogène mise en jeu est de 10 à 400 % en poids par rapport à la charge à traiter.
12 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 11 caractérisé en ce que ledit traitement
thermique consiste en une viscoréduction ou en une hydroviscoréduction.
13 - Composition utilisable pour la mise en oeuvre du procédé selon l'une des revendications
1 à 12 caractérisée en ce qu'elle comprend d'une part au moins un polysulfure choisi
dans le groupe formé par les polysulfures d'hydrogène et les polysulfures hydrocarbonés
aliphatiques ou alicycliques et d'autre part au moins un composé donneur d'hydrogène,
choisi dans groupe formé par les dérivés au moins partiellement hydrogénés du naphtalène,
de l'anthracène, du pyrène, du fluoranthène, du benzoanthracène, du dibenzoanthracène,
du coronène, du perylène, du benzopyrène, de leurs dérivés analogues hétérocycliques,
de leurs dérivés analogues susbtitués par au moins un radical alkyle inférieur, les
coupes LCO et/ou HCO, les coupes LCO et/ou HCO au moins partiellement hydrogénées,
les coupes polyaromatiques et les coupes polyaromatiques au moins partiellement hydrogénées,
lesdites coupes pouvant contenir au moins 0,8% d'hydrogène susceptible d'être donné.
14 - Composition selon la revendication 13 dans laquelle le polysulfure est un dialkyldisulfure
ayant de 2 à 48 atomes de carbone dans sa molécule.
15 - Composition selon la revendication 13 ou 14 dans laquelle le rapport pondéral
du composé donneur d'hydrogène au polysulfure est d'environ 0,3:1 à 1250:1.
1. Verfahren zur thermischen Umwandlung einer Kohlenwasserstoff-Beschickung, dadurch
gekennzeichnet, daß man diese Beschickung einer thermischen Behandlung unterzieht
in Gegenwart mindestens eines Polysulfids, ausgewählt aus der Gruppe, die besteht
aus den Polyschwefelwasserstoffen, den aliphhatischen Polysulfiden und den alicyclischen
Polysulfiden, und mindestens einem Wasserstoff-Donor, ausgewählt aus der Gruppe, die
besteht aus den mindestens teilweise hydrierten Derivaten von Naphthalin, Anthracen,
Pyren, Fluoranthen, Benzoanthracen, Dibenzoanthracen, Coronen, Perylen, Benzopyren,
ihren analogen heterocyclischen Derivaten, ihren analogen Derivaten, die durch mindestens
einen niederen Alkylrest substituiert sind, den LCOund/oder HCO-Fraktionen, den mindestens
teilweise hydrierten LCO- und/oder HCO-Fraktionen, den polyaromatischen Fraktionen
und den mindestens teilweise hydrierten polyaromatischen Fraktionen.
2. Verfahren nach Anspruch 1, in dem das Polysulfid eine Verbindung der Formel R¹-(S)n-R² (I) ist, in der R¹ und R², die gleich oder verschieden sind, jeweils ein Wasserstoffatom
oder einen gesättigten oder ungesättigten, linearen oder verzweigten aliphatischen
Kohlenwasserstoffrest oder einen alicyclischen Kohlenwasserstoffrest und n eine Zahl
zwischen 2 und 20 (die Grenzwerte eingeschlossen) bedeuten.
3. Verfahren nach Anspruch 1 oder 2, in dem das Polysulfid in seinem Molekül 2 bis 72
Atome umfaßt.
4. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 3, in dem das Polysulfid ein aliphatisches
und/oder alicyclisches Disulfid ist.
5. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 4, in dem das Polysulfid ein Dialkyldisulfid
mit 2 bis 48 Kohlenstoffatomen in seinem Molekül ist.
6. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 4, in dem das Polysulfid ausgewählt wird
aus der Gruppe, die besteht aus dem Dimethyldisulfid, dem Diethyldisulfid, den Dipropyldisulfiden,
den Dibutyldisulfiden, dem Di-tert-dodecylpolysulfid (n = 5), dem Di-tert-nonylpolysulfid
(n = 5) und dem Di-tert-butylpolysulfid (n = 5).
7. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 6, in dem die Polysulfide resultieren aus
der Oxidation der Mercaptane, die in LPG- und Benzin-Erdölfraktionen enthalten sind.
8. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 7, in dem die eingesetzte Polysulfidmenge
0,32 bis 32 Gew.-% Schwefel, bezogen auf die zu behandelnde Beschickung, beträgt.
9. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 8, in dem die Kohlenwasserstofffraktionen
mindestens 0,8 Gew.-% Wasserstoff enthalten, der abgegeben werden kann.
10. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 9, in dem der Wasserstoff-Donor ausgewählt
wird aus der Gruppe, die besteht aus dem Tetrahydronaphthalin, den Dihydroanthracenen,
den Tetrahydroanthracenen, den Dihydrobenzoanthracenen, den Dihydrodibenzoanthracenen
und einer LCO-Fraktion (180-365°C).
11. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 10, in dem die eingesetzte Menge des Wasserstoff-Donors
10 bis 400 Gew.-%, bezogen auf die zu behandelnde Beschickung, beträgt.
12. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 11, dadurch gekennzeichnet, daß die thermische
Behandlung besteht aus einem Visbreaking (Herabsetzung der Viskosität durch thermisches
Cracken) oder aus einem Hydrovisbreaking.
13. Zusammensetzung, die zur Durchführung des Verfahrens nach einem der Ansprüche 1 bis
12 verwendbar ist, dadurch gekennzeichnet, daß sie umfaßt einerseits mindestens ein
Polysulfid, ausgewählt aus der Gruppe, die besteht aus den Polyschwefelwasserstoffen
und den aliphatischen oder alicyclischen Polysulfiden, und andererseits mindestens
eine Wasserstoffdonor-Verbindung, ausgewählt aus der Gruppe, die besteht aus den mindestens
teilweise hydrierten Derivaten von Naphthalin, Anthracen, Pyren, Fluoranthen, Benzoanthracen,
Dibenzoanthracen, Coronen, Perylen, Benzopyren, ihren analogen heterocyclischen Derivaten,
ihren analogen Derivaten, die durch mindestens einen niederen Alkylrest substituiert
sind, den LCO- und/oder HCO-Fraktionen, den mindestens teilweise hydrierten LCO- und/oder
HCO-Fraktionen, den polyaromatischen Fraktionen und den mindestens teilweise hydrierten
polyaromatischen Fraktionen, wobei diese Fraktionen mindestens 0,8 % Wasserstoff enthalten
können, der abgegeben werden kann.
14. Zusammensetzung nach Anspruch 13, in dem das Polysulfid ein Dialkyldisulfid mit 2
bis 48 Kohlenstoffatomen in seinem Molekül ist.
15. Zusammensetzung nach Anspruch 13 oder 14, in dem das Gewichtsverhältnis zwischen der
Wasserstoffdonorverbindung und dem Polysulfid etwa 0,3:1 bis 1250:1 beträgt.
1. A process for the thermal conversion of a hydrocarbon charge characterised in that
said charge is subjected to a heat treatment in the presence of at least one polysulphide
selected from the group formed by hydrogen polysulphides, aliphatic polysulphides
and alicyclic polysulphides, and at least one hydrogen donor selected from the group
formed by at least partially hydrogenated derivatives of naphthalene, anthracene,
pyrene, fluoranthene, benzoanthracene, dibenzoanthracene, coronene, perylene, benzopyrene,
their analogue heterocyclic derivatives, their analogue derivatives which are substituted
by at least one lower alkyl radical, LCO and/or HCO cuts, at least partially hydrogenated
LCO and/or HCO cuts, polyaromatic cuts and at least partially hydrogenated polyaromatic
cuts.
2. A process according to claim 1 wherein the polysulphide is a compound of the formula
(I) R¹ - (S)n - R² in which R¹ and R² which are identical or different each represent a hydrogen
atom or a branched or straight chain saturated or unsaturated aliphatic hydrocarbon
radical or an alicyclic hydrocarbon radical, and n is a number between 2 and 20 inclusive.
3. A process according to claim 1 or claim 2 wherein the polysulphide comprises from
2 to 72 carbon atoms in its molecule.
4. A process according to one of claims 1 to 3 wherein the polysulphide is an aliphatic
and/or alicyclic disulphide.
5. A process according to one of claims 1 to 4 wherein the polysulphide is a dialkyl
disulphide having from 2 to 48 carbon atoms in its molecule.
6. A process according to one of claims 1 to 4 wherein the polysulphide is selected from
the group formed by dimethyldisulphide, diethyldisulphide, dipropyldisulphides, dibutyldisulphides,
ditertiododecyclpolysulphide (n = 5), ditertiononylpolysulphide (n = 5) and ditertiobutylpolysulphide
(n = 5).
7. A process according to one of claims 1 to 6 wherein the polysulphides result from
the oxidation of mercaptans contained in LPG petroleum cuts and gasoline.
8. A process according to one of claims 1 to 7 wherein the amount of polysulphide used
is from 0.32% to 32% by weight of sulphur with respect to the charge to be treated.
9. A process according to one of claims 1 to 8 wherein the hydrocarbon cuts contain at
least 0.8% by weight of hydrogen which is capable of being given.
10. A process according to one of claims 1 to 9 wherein the hydrogen donor is selected
from the group formed by tetrahydronaphthalene, dihydroanthracenes, tetrahydroanthracenes,
dihydrobenzoanthracenes, dihydrodibenzoanthracenes and an LCO cut (180 - 365 °C).
11. A process according to one of claims 1 to 10 wherein the amount of hydrogen donor
used is from 10 to 400% by weight with respect to the charge to be treated.
12. A process according to one of claims 1 to 11 characterised in that said heat treatment
comprises viscoreduction or hydroviscoreduction.
13. A composition which can be used for carrying out the process according to one of claim
1 to 12 characterised in that it comprises on the one hand at least one polysulphide
selected from the group formed by hydrogen polysulphides and aliphatic or alicyclic
hydrocarbon polysulphides and on the other hand at least one hydrogen donor compound
selected from the group formed by the at least partially hydrogenated derivatives
of naphthalene, anthracene, pyrene, fluoranthene, benzoanthracene, dibenzoanthracene,
coronene, perylene, benzopyrene, their analogue heterocyclic derivatives, their analogue
derivatives which are substituted by at least one lower alkyl radical, LCO and/or
HCO cuts, at least partially hydrogenated LCO and/or HCO cuts, polyaromatic cuts and
at least partially hydrogenated polyaromatic cuts, which cuts may contain at least
0.8% of hydrogen which is capable of being given.
14. A composition according to claim 13 wherein the polysulphide is a dialkyl disulphide
having from 2 to 48 carbon atoms in its molecule.
15. A composition according to claim 13 or claim 14 wherein the weight ratio of the hydrogen
donor compound to the polysulphide is about 0.3:1 to 1250:1.