DOMAINE TECHNIQUE DE L'INVENTION
[0001] L'invention concerne un procédé de construction des fours à chambres ouvertes, également
appelés "fours à feu tournant" ou "fours à avancement de feu" principalement destinés
à la cuisson des anodes carbonées pour la production d'aluminum par électrolyse selon
le procédé Hall-Héroult.
ETAT DE LA TECHNIQUE
[0002] Ce type de four comporte généralement deux travées parallèles dont la longueur totale
peut atteindre près de deux cents mètres. Chaque travée comporte une succession de
chambres, séparées par des murs transversaux et ouvertes à leur partie supérieure
pour permettre le chargement des anodes (ou autres blocs carbonés) crues et le déchargement
des anodes cuites refroidies. Chaque chambre comporte, disposées parallèlement au
grand axe du four, un ensemble de cloisons creuses, à parois relativement minces dans
lesquelles vont circuler les gaz chauds assurant la cuisson, ces cloisons alternant
avec des alvéoles dans lesquelles on empile les anodes à cuire qui sont noyées dans
une poussière carbonée (coke, anthracite, ou tout autre matériau de garnissage pulvérulent).
Il y a, par exemple de 16 à 74 chambres et par chambre 7 cloisons chauffantes séparant
6 alvéoles. Lors de la cuisson, la température maximale atteinte est de l'ordre de
1200°C.
[0003] Les chambres d'une travée sont contenues dans un cuvelage en béton formé d'un radier
horizontal et de deux voiles verticaux. Le béton est protégé de la température, côté
intérieur, par une isolation thermique. L'ensemble du four est abrité par un bâtiment
supportant les chemins de roulement des engins de manutention.
[0004] Généralement, lorsque le niveau de la nappe phréatique ne s'y oppose pas, les fours
sont enterrés ou semi-enterrés, ce qui simplifie l'exploitation, la manutention et
réduit les coûts d'investissement. Les parois de cuvelage en béton sont soumises à
trois types d'efforts:
― poussée horizontale sur les voiles par le réfractaire qui constitue les chambres,
de l'intérieur vers l'extérieur. Ces contraintes peuvent atteindre à la base des voiles
un niveau de 400 kN par mètre linéaire.
― poussée du terrain, du fait du remblaiement, en sens inverse de cette première poussée.
― effet "bilame" (dilatation différentielle) du radier enterré ou semi-enterré et
des voiles dû au gradient de température dans leur épaisseur.
[0005] Le remblaiement fait que les déformations échappent à l'observation directe et se
manifestent à la longue de façons différentes suivant le niveau et le type de remblaiement:
― dans les fours enterrés, il y a fléchissement des voiles vers l'intérieur du four,
ce qui gêne les manutentions d'anodes dans les alvéoles en déformant le réfractaire
par compression; dans ce cas, la poussée du terrain est prépondérante.
― dans les fours semi-enterrés la poussée du réfractaire l'emporte et les voiles fléchissent
vers l'extérieur; il en résulte une désorganisation du briquetage qui "s'épanouit"
dans l'espace agrandi et l'application d'une force plus ou moins grande sur le bâtiment
lorsque les voiles arrivent à son contact, notamment au niveau des poteaux supportant
la charpente métallique.
[0006] La présente invention se propose de remédier à cet état de fait.
OBJET DE L'INVENTION
[0007] L'objet de l'invention est donc un procédé de construction du cuvelage en béton d'un
four à chambres qui réduit très fortement les déformations dues aux dilatations thermiques
différentielles entre les différents éléments du four et aux poussées de toutes natures
qui s'exercent sur les parois.
[0008] De façon plus précise, l'invention consiste en un procédé de construction d'un four
à chambres ouvertes destiné à la cuisson de blocs carbonés, ce four étant constitué
d'une pluralité de chambres disposées en série sur une ou deux travées parallèles,
chaque chambre étant contenue dans un cuvelage indépendant en béton formé d'un radier
et de voiles latéraux en béton, caractérisé en ce que l'on dispose sur la face externe
de chaque voile une pluralité de contreforts verticaux que l'on met sous précontrainte
dans le sens vertical.
[0009] La précontrainte est appliquée au moyen d'au moins un câble d'acier fixé, aux deux
extrémités sur une plaque métallique venant en appui à la base et au sommet de chaque
contrefort.
[0010] De plus la partie supérieure des murs transversaux qui séparent les différentes chambres
du four, est maintenue à l'aide d'un tirant sur lequel on applique une tension réglable
comprise entre 0 et 200 kN.
DESCRIPTION DE L'INVENTION
[0011] Les figures 1 à 6 illustrent l'invention.
· La figure 1 rappelle pour la bonne compréhension de l'invention, la structure des
chambres, des alvéoles et des murs transversaux.
· La figure 2 schématise la direction de la poussée principale selon que le four est
enterré (à droite de la figure) ou semi-enterré (à gauche de la figure).
· La figure 3 schématise en vue de dessus, complétée par une élévation 3A, et la figure
4 en coupe transversale, la structure d'un cuvelage de four selon l'invention.
· La figure 5 représente le renforcement, par mise sous précontrainte, des contreforts
des voiles.
· La figure 6 représente la mise sous tension par un tirant de la partie supérieure
des murs transversaux.
[0012] Sur la figure 1, on voit les cloisons 1 reliées à leur partie supérieure, par des
ajutages 2, à la pipe 3 elle-même raccordée au collecteur général 4. Les pipes d'aspiration
et de soufflage sont raccordées aux ouvreaux des chambres selon notre brevet FR 2535834.
Dans les alvéoles 5 sont disposées les anodes à cuire 6, visibles sur l'écorché de
la partie gauche de la figure 1.
[0013] Les chicanes 7 des cloisons chauffantes ont pour but d'allonger le trajet des gaz
chauds et d'homogénéiser la température dans la cloison. A la partie supérieure des
chambres, les ouvreaux 8 permettent la mise en place, en corrélation avec l'avancement
du feu, des pipes de soufflage, d'aspiration et des brûleurs. Les chambres successives
sont séparées par des murs transversaux 9. Les cloisons successives des différentes
chambres sont mises en communication par des ouvertures 10, situées à la partie supérieure
du mur transversal. Le grand axe du four est indiqué par la ligne XX′.
[0014] Sur la figure 2 qui est une coupe transversale très simplifiée, on a représenté,
en trait épaissi, les voiles en béton 11 qui constituent l'ossature du four, qui est
supportée par un radier 12 reposant sur des pieux 13 dont la profondeur dépend de
la nature du terrain T.
[0015] Sur les figures 3, 3A et 4, les voiles 11 ont été, selon l'invention, munis de contreforts
extérieurs 14, mis sous précontrainte.
[0016] Comme indiqué sur la figure 5, la mise sous précontrainte est effectuée par insertion
sur toute la hauteur du contrefort, de câbles de précontrainte 15, enrobés d'une gaine
protectrice 16, injectée après mise en tension des câbles, et boulonnés à leurs deux
extrémités sur des plaques 17, qui sont en appui sur les extrémités haute et basse
de chaque contrefort 14.
[0017] En complément de ce renforcement des voiles, on peut intervenir sur les murs transversaux
9. En effet, dans la conception classique des murs, ceux-ci sont munis à leur partie
supérieure d'ouvreaux 10A destinées au passage des registres qui permettent d'établir
ou d'interrompre la circulation des gaz de combustion dans les cloisons chauffantes
1 en fonction du cycle de chauffage.
[0018] Si l'on utilise un dispositif d'obturation mis en place à l'intérieur de la cloison
tel que par exemple l'obturateur déployable faisant l'objet de notre demande de brevet
français 87-08564 (FR-A-2616525), déposée le 9 Juin 1987, il est alors possible de
supprimer l'ouvreau de mur transversal 10 A et de réaliser la communication entre
les chambres par une ouverture 10A, qui ne constitue plus un point faible du mur,
et que l'on peut obturer grâce à l'obturateur déployable introduit par l'ouvreau 8A
le plus proche de la cloison correspondante.
[0019] Dans ces conditions, comme illustré sur la figure 6, il devient possible de mettre
sous tension la partie haute du mur 9, au moyen d'au moins un tirant 21 disposé horizontalement,
et ancré sur deux plaques d'acier 22 placées en appui sur les deux extrémités du mur
9.
[0020] La tension est ajustable entre 0 et 200 kN par ressort et/ou rondelle "Belleville",
ou tout autre moyen équivalent.
EXEMPLE DE MISE EN OEUVRE
[0021] L'invention a été mise en oeuvre lors de la reconstruction d'un four à chambres comportant
deux travées parallèles, avec une largeur totale de 25 mètres.
[0022] Les voiles latéraux 11 ont une hauteur de 5 mètres, une longueur de 10 mètres et
sont renforcés par 5 contreforts mis sous précontrainte comme indiqué sur la figure
5 au moyen de deux câbles en acier entourés d'une gaine métallique de protection.
[0023] La force de précontrainte appliquée a été fixée à 600 kN par câble. La partie supérieure
des murs transversaux a été mise sous tension au moyen d'un tirant métallique 21 réglé
de telle manière que la force maximum qui s'exerce lors du passage du feu soit égale
à 140 kN. Après un an de fonctionnement ininterrompu, on a constaté que l'amplitude
maximale de déplacement du voile en partie haute lors du passage du feu ne dépassait
pas 25 mm.
1. Procédé de construction d'un four à chambres ouvertes destiné à la cuisson de blocs
carbonés, ce four étant constitué d'une pluralité de chambres disposées en série sur
une ou deux travées parallèles, chaque chambre étant contenue dans un cuvelage indépendant
en béton formé d'un radier 12 et de voiles latéraux 11 en béton, caractérisé en ce
que l'on dispose sur la face externe de chaque voile 11 une pluralité de contreforts
verticaux 14 que l'on met sous précontrainte dans le sens vertical.
2. Procédé selon revendication 1, caractérisé en ce que la précontrainte est appliquée
au moyen d'au moins un câble d'acier 15 fixé, aux deux extrémités, sur une plaque
métallique 17 venant en appui à la base et au sommet de chaque contrefort 14.
3. Procédé, selon revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que l'on utilise un dispositif
d'obturation inséré à l'intérieur de la cloison dont on a supprimé les ouvreaux 10,
et que l'on applique à la partie supérieure des murs 9 une force réglable comprise
entre 0 et 200 kN.
4. Procédé, selon revendication 3, caractérisé en ce que la mise sous tension des
parties supérieures des murs transversaux est réalisée au moyen d'au moins un tirant
métallique 21 disposé horizontalement et soumis à tension ajustable.
1. Verfahren zur Konstruktion eines Ofens mit offenen Kammern zum Ausbacken von Kohlenstoffblöcken,
welcher Ofen aus einer Mehrzahl von in Reihe auf einem oder zwei parallelen Feldern
angeordneten Kammern zusammengesetzt ist, wobei jede Kammer in einem unabhängigen
Schacht aus Beton enthalten ist, der aus einer Sohle (12) und Seitenwänden (11) aus
Beton gebildet wird, dadurch gekennzeichnet, daß man auf der Außenfläche jeder Seitenwand (11) eine Mehrzahl von vertikalen Verstärkungspfeilern
(14) anordnet, die man unter Vorspannung in der Vertikalrichtung setzt.
2. Verfahren nach dem Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß die Vorspannung mittels
wenigstens eines Stahlkabels (15) zur Einwirkung gebracht wird, das an den beiden
Enden an einer Metallplatte (17) befestigt ist, die in Anlage an die Basis und die
Oberseite jedes Verstärkungspfeilers (14) kommt.
3. Verfahren nach Anspruch 1 oder 2, dadurch gekennzeichnet, daß man eine Verschlußeinrichtung
verwendet, die in das Innere der Trennwand eingesetzt ist, deren Arbeitslöcher (10)
beseitigt sind, und, daß man auf den oberen Teil der Mauern (9) eine regulierbare
Kraft im Bereich von 0 bis 200 kN einwirken läßt.
4. Verfahren nach Anspruch 3, dadurch gekennzeichnet, daß das Setzen der oberen Teile
der Quermauern unter Spannung mittels wenigstens einer Metallspannstange (21) erfolgt,
die horizontal angeordnet und einstellbarer Spannung ausgesetzt wird.
1. A process for constructing a furnace with open chambers, which is intended for
baking carbonaceous blocks and which comprise a plurality of chambers disposed in
series in one or two parallel bank, each chamber being contained in an independent
concrete casing structure formed by a floor (12) and lateral wall portions (11) of
concrete, characterised in that disposed on the external face of each wall portion
(11) is a plurality of vertical buttresses (14) which are prestressed in the vertical
direction.
2. A process according to claim 1 characterised in that the prestressing is applied
by means of at least one steel cable (15) fixed at the two ends to a metal plate (17)
which bears against the base and the top of each buttress (14).
3. A process according to claim 1 or claim 2 characterised by using a closure device
which is inserted within the partition, the openings (10) of which have been omitted,
and by applying to the upper part of the walls (9) an adjustable force of between
0 and 200 kN.
4. A process according to claim 3 characterised in that the upper parts of the transverse
walls are put under tension by means of at least one metal the member (21) which is
disposed horizontally and which is subjected to an adjustable tension.