[0001] La présente invention concerne un procédé de refroidissement d'un produit métallique
en cours de coulée continue destiné à réduire, voire éliminer la présence d'une importante
zone ségrégée dans la partie centrale du produit. Ce procédé est avantageusement applicable
à la coulée continue de produits en acier réputés difficilement coulables selon cette
technique, comme les aciers ayant un large intervalle de solidification, c'est-à-dire
par exemple ceux dont la teneur en carbone se situe entre 0,25 et 1,5% environ.
[0002] Pour la bonne compréhension de ce qui va suivre, on aura avantage à se représenter
le produit en cours de solidification comme la combinaison de trois corps concentriques,
à savoir : un anneau constitué par la croûte externe, ou peau, déjà solidifiée, enserrant
un autre anneau à l'état pâteux, lequel entoure le coeur liquide de métal en fusion.
Par état pâteux, on entend un état où le métal se trouve à une température comprise
entre le liquidus et le solidus, et où coexistent dans des proportions variables du
métal liquide et des cristaux solides. Au cours de l'extraction du produit, celui-ci
défile lentement le long de la machine en étant refroidi, de sorte que la solidification
progresse de la périphérie vers le centre. Le coeur liquide et l'anneau pâteux présentent
ainsi des profils coniques dont les pointes sont orientées vers le bas de la machine.
Les interfaces entre ces différents corps concentriques constituent, respectivement,
comme on a l'habitude de les désigner, les fronts de solidification finissante et
commençante. A un stade avancé de la solidification, le coeur liquide disparaît (fond
du puits de solidification commençante), et seuls subsistent une croûte solidifiée
et un coeur pâteux. A un stade ultérieur, la zone pâteuse disparaît à son tour (fermeture
du puits de solidification finissante) et le produit est complètement solidifié.
[0003] La solidification et le refroidissement du produit en cours de coulée sont normalement
assurés dans trois zones successives de la machine de coulée continue, à savoir, dans
le sens de progression du produit au cours de son extraction :
- la lingotière, où le métal liquide entre en contact avec des parois bonnes conductrices
de la chaleur et énergiquement refroidies par circulation d'eau. C'est dans cette
zone, dite de refroidissement primaire que débute la formation de la peau solidifiée
qui enserre le coeur liquide du produit, et que le produit prend sa forme définitive
;
- la zone dite de "refroidissement secondaire", qui débute juste en-dessous de la lingotière
et s'étend sur une longueur variable selon les conditions locales. Dans cette zone,
la peau solidifiée du produit en défilement est arrosée par un fluide refroidissant
(généralement de l'eau pulvérisée, ou un mélange-air eau), ce qui a pour effet d'accélérer
la progression des fronts de solidification commençante et finissante vers l'intérieur
du produit. Cependant, à l'endroit où cesse l'aspersion d'eau, la solidification complète
du produit n'est pas réalisée, et le coeur du produit demeure à l'état liquide ;
- et la portion de la machine qui fait suite à la zone de refroidissement secondaire.
Le produit en défilement n'y est plus arrosé et se refroidit de façon naturelle. C'est
dans cette zone que s'achève la solidification du coeur du produit.
[0004] Le refroidissement forcé du produit en lingotière et après sa sortie de la lingotière
procure une croissance rapide de l'épaisseur de peau solidifiée, afin de limiter les
risques de percée et d'augmenter sensiblement la vitesse d'extraction du produit,
dont dépend directement la productivité de la machine de coulée continue.
[0005] Par ailleurs, la solubilité dans le fer des éléments d'alliage, tels que le carbone,
est plus faible lorsque le fer est à l'état solide qu'à l'état liquide. Dans l'anneau
pâteux, il existe donc localement dans le liquide des différences de concentration,
par exemple en carbone.
Si, au sein de l'anneau pâteux, il y a mouvement du liquide enrichi en carbone cela
se traduit par la présence, au centre du produit complètement solidifié, de zones
dites "ségrégées", où la concentration en carbone (et/ou autres éléments ségrégants)
est sensiblement plus élevée que dans les autres régions. Les autres éléments d'alliage
ont un comportement analogue à celui du carbone, et l'emplacement des zones ségrégées
peut être déduit des tests appelés communément "empreintes Baumann" qui permettent
de repérer la répartition du soufre sur une section polie du produit. Ces zones ségrégées,
repérables également sur des attaques métallographiques, ont une influence néfaste
sur l'homogénéité des propriétés mécaniques du produit. C'est ainsi que la concentration
relativement plus importante en carbone au centre conduit à une dureté plus élevée
dans ces zones que dans le reste du produit après laminage.
[0006] Ce phénomène est particulièrement marqué dans le cas des aciers très chargés en éléments
d'alliage, tels que ceux contenant 0,5 à 1,5 % de carbone et couramment appelés aciers
à large intervalle de solidification, comme la nuance d'acier à roulements 100 C6
par exemple. Une "empreinte Baumann" réalisée sur un échantillon du produit prélevé
selon l'axe longitudinal de celui-ci montrerait que les ségrégations se répartissent
autour de l'axe du produit suivant des "vés" dont les mécanismes de formation ne sont
d'ailleurs pas encore totalement élucidés.
[0007] On a tenté de résoudre ce problème par l'application d'un brassage électromagnétique
du métal dans la zone de solidification pâteuse de manière à forcer le liquide ségrégé
à se répartir sur une zone plus étendue. Mais ce faisant, on corrige en fait les effets
sans s'attaquer vraiment aux causes du phénomène. De plus, cette technique implique
l'acquisition d'au moins un inducteur de brassage, ainsi que des coûts de fonctionnement
non négligeables
[0008] Le but de la présente invention est de proposer une solution simple et économique
pour réduire, voire éliminer les zones fortement ségrégées dans le coeur des produits
coulés en continu, en s'attaquant à la cause même responsable de leur formation. Elle
peut s'ajouter ou se substituer à un brassage électromagnétique dans la zone de fin
de solidification pâteuse.
[0009] A cet effet, l'invention a pour objet un procédé de refroidissement d'un produit
métallique, notamment en acier, en cours de coulée continue, caractérisé en ce qu'on
réalise un refroidissement forcé du produit, alors que le produit se trouve en phase
de solidification pâteuse, ce refroidissement étant mené de manière que la contraction
thermique différentielle entre le coeur pâteux et la croûte déjà complètement solidifiée
qui l'enveloppe, provoque en permanence un effet de serrage du coeur par la croûte.
Ce refroidissement est mis en oeuvre dans une zone qui s'étend au moins entre l'endroit
où, en l'absence d'un tel refroidissement, la vitesse de refroidissement du coeur
pâteux du produit dépasserait celle de la surface du produit, et un endroit où le
comportement thermomécanique du coeur pâteux en cours de refroidissement est identique
à celui de la croûte extérieure solidifiée.
[0010] Comme on l'aura compris, l'invention consiste en fait à se servir de la croûte extérieure
solidifiée comme d'un étau qui accompagne la contraction du coeur lors du refroidissement.
Autrement dit, le diamètre intérieur de l'anneau formé par la croûte solidifiée doit
diminuer plus vite que ne diminuerait le diamètre du coeur pâteux si la croûte n'exerçait
aucune action sur le coeur. Cet étau est mis en action, par la thermique, simplement
au moyen d'un refroidissement accéléré de la surface du produit dans la partie basse
de la machine, là où habituellement on laissait le produit se refroidir naturellement.
[0011] On a indiqué plus haut que les causes de formation des "vés" ségrégés dans la partie
centrale du produit coulé n'étaient pas à ce jour parfaitement identifiées et expliquées.
[0012] Toutefois, l'hypothèse faite par les inventeurs comme étant la plus probable et qui
sous-tend la présente invention, peut être schématiquement exposée de la façon suivante.
[0013] Lors de la traversée de la zone de refroidissement secondaire, la peau du produit
se refroidit rapidement, alors que le coeur liquide demeure à une température presque
constante. Au passage du produit dans la zone de refroidissement naturel, le refroidissement
de la peau, qui n'est plus arrosée, devient beaucoup plus lent. D'autre part, compte
tenu de la longueur habituelle de la zone de refroidissement secondaire, c'est seulement
lorsque le produit est déjà largement engagé dans la zone de refroidissement naturel
que la température du coeur (qui se trouve alors dans l'état pâteux), tend à s'abaisser
sensiblement.
[0014] La partie interne pâteuse du produit se refroidit alors plus rapidement que la couche
solide qui l'enveloppe et subit une plus forte contraction thermique. Les contraintes
mécaniques ainsi créées se libèrent par formation de fissures dans le bloc central
préalablement "pâteux", fissures dans lesquelles peut pénétrer par aspiration, du
liquide fortement ségrégé.
[0015] Ainsi, dans le produit complètement solidifié, les emplacements de ces fissures seront
repérés par leur concentration élevée en éléments d'alliage, conduisant aux défauts
cités plus haut.
[0016] Dans le cas des aciers fortement chargés en éléments d'alliage, tels que le carbone,
comme le 100 C6 par exemple, l'écart entre les températures de début et de fin de
solidification est relativement important, et la solidification pâteuse est donc susceptible
de s'effectuer sur une zone plus étendue que dans le cas des nuances peu alliées.
Ceci, joint à une plus grande sensibilité à la ségrégation des éléments entre les
phases liquide et solide, explique pourquoi les nuances alliées sont à ce point sujettes
à la formation de zones ségrégées dans la région axiale des produits coulés en continu.
Dans certains cas extrêmes, de tels défauts rendent impossible l'obtention de produit
finis d'une qualité suffisante, et imposent de devoir renoncer à les produire par
coulée continue.
[0017] On vient de voir rapidement comment l'invention, en provoquant une contraction thermique
de la croûte solide périphérique, contrecarre les vélléités du produit à former ces
fissures internes responsables des zones centrales fortement ségrégées. Toutefois
l'invention sera bien comprise et d'autres caractéristiques et avantages ressortiront
de la description détaillée suivante donnée en référence aux planches de dessins annexées,
sur lesquelles :
- la figure 1 représente schématiquement une installation de coulée continue courbe
de demi-produits en acier, de conception classique ;
- la figure 2 représente l'installation de la figure 1, modifiée selon l'invention par
adjonction d'une rampe de refroidissement dans la zone de fin de solidification, du
produit ;
- la figure 3 montre un cas d'évolution des vitesses de refroidissement de la surface
et du coeur du produit au cours de son défilement dans la partie inférieure de la
machine. Sont figurés les deux cas de l'absence et de la présence d'un dispositif
de refroidissement dans la zone de fin de solidification du produit.
[0018] La figure 1 est une coupe schématique longitudinale d'une installation classique
de coulée continue, et elle présente notamment le produit en cours de solidification.
Une poche, non représentée, alimente en acier liquide 1 un panier répartiteur 2. L'acier
liquide 1 s'écoule ensuite dans une ou plusieurs lingotières 3 aux parois en cuivre
ou alliage de cuivre énergiquement refroidies par eau. C'est dans chacune de ces lingotières
ou zones de refroidissement primaire Ⓧ que s'amorce par sa périphérie la solidification
d'un produit 4 qui prend ainsi sa section définitive. La lingotière montrée par la
figure 1 présente une courbure, et celle-ci se retrouve sur le produit. Le cas de
la lingotière droite donnant naissance à un produit droit est également rencontré
dans la pratique industrielle. Juste en-dessous de la lingotière 3 débute la zone
de refroidissement secondaire Ⓨ dans laquelle le produit 4 est arrosé sur une longueur
variable selon les machines par une rampe d'injecteurs 5. Ceux-ci projettent sur tout
le pourtour du produit un fluide refroidissant, généralement de l'eau pulvérisée ou
atomisée. Vient ensuite la zone de refroidissement naturel Ⓩ , où une machine classique
telle que celle schématisée ne comporte pas de moyens de refroidissement du produit.
Dans la partie inférieure de la machine se trouvent les moyens (non représentés) de
décintrage du produit, chargés de lui donner une forme droite, et des moyens (non
représentés) de tronçonnage du produit pour sa mise à longueur.
[0019] La figure 1 permet de distinguer plusieurs régions concentriques à l'intérieur du
produit en cours de coulée, correspondant à l'état physique de la matière qu'elles
renferment. Dans une section de produit située dans la partie supérieure de la machine
(par exemple dans la zone Y), on rencontre successivement trois régions. A coeur (région
6) le métal se trouve entièrement à l'état liquide ; la section de cette zone diminue
au fur et à mesure de la solidification du produit, et après le point de fermeture
du puits liquide 7, on ne trouve plus de métal liquide seul. Autour du coeur liquide
6, une région pâteuse 8, correspondant au métal en cours de solidification, renferme
à la fois du liquide et du solide. La proportion de ce dernier augmente à mesure que
la température diminue. Autour de la région pâteuse, la croûte 9 n'est constituée
que de métal solidifié. Au-delà du point de fermeture du puits de solidification finissante
10, cette région 9 recouvre l'ensemble du produit, dont la solidification est alors
achevée. La zone de l'installation qui s'étend entre le ménisque et le niveau correspondant
au point de fermeture du puits de solidification finissante 10 est appelée " longueur
métallurgique".
[0020] La figure 2 présente la machine de coulée continue de la figure 1 modifiée selon
l'invention. Les éléments communs avec la figure 1 sont repérés par les mêmes chiffres.
La différence entre les deux configurations réside dans l'adjonction à la machine
originale d'une deuxième rampe d'injecteurs 11, située dans la zone Ⓩ de la machine
où le produit achève sa solidification.
[0021] La figure 3 montre des exemples d'évolution de la vitesse V de refroidissement du
métal en surface et à coeur au fur et à mesure de l'avancement du produit dans la
zone Ⓩ de la machine où il achève sa solidification. Cet avancement est exprimée par
la distance D au ménisque, c'est-à-dire la surface du métal liquide en lingotière.
Les courbes ont été tracées à l'aide de modèles mathématiques similaires à ceux dont
disposent les utilisateurs de machines de coulée continue. Elles sont valables pour
les conditions de coulée suivantes :
- format du produit : billettes de section carrée, de 105 mm de côté,
- composition du produit : acier à 0,7 % de carbone,
- vitesse d'extraction du produit : 3,3 m/min.
[0022] Dans ces conditions la solidification complète du produit est réalisée à une distance
de 11,20 m du ménisque, marquée sur la figure par la ligne S.
[0023] Les courbes A et B correspondent au cas de la figure 1, où le produit, dans la partie
terminale de la machine, n'est soumis à aucun refroidissement forcé. La courbe A représente
la vitesse de refroidissement en surface du produit. Elle montre que cette vitesse
reste sensiblement constante (soit une perte de 0,5°C/s) sur toute la longueur de
la zone considérée. La courbe B représente la vitesse de refroidissement du coeur
pâteux du produit. Elle montre que, au début de la zone considérée, la température
du coeur pâteux reste pratiquement constante, comme la vitesse de refroidissement
apparaît proche de 0°C/s. Ce n'est qu'à partir d'une distance au ménisque d'environ
8 m que le refroidissement du coeur pâteux s'accélère de façon notable. A une distance
au ménisque de 9,5 m, la courbe B coupe la courbe A. Cela signifie qu'au-delà de ce
point, le coeur pâteux commence à perdre plus de 0,5 °C/s, et donc que la vitesse
de refroidissement du coeur pâteux commence à excéder la vitesse de refroidissement
de la surface du produit. Cela entraîne une contraction thermique du coeur plus forte
que celle de la surface, phénomène dont on a vu que, selon l'hypothèse faite par les
inventeurs, il était à l'origine des défauts sur le produit que l'invention a pour
but d'éviter.
[0024] Les courbes C et D correspondent au cas de la figure 2, où le produit, conformément
à l'invention, est soumis à un refroidissement forcé dans la zone Ⓩ de fin de solidification
au moyen de la rampe d'injecteurs 11. Ces courbes ont été tracées dans l'hypothèse
où le produit est arrosé, entre les distances au ménisque 8,40 m et 11,20 m, par de
l'eau à un débit de 12 m³ par heure et par m² de produit arrosé, ce débit étant réparti
de façon homogène sur l'ensemble de la zone d'arrosage. La distance au ménisque de
8,40 m a été choisie d'après les courbes A et B de la Figure 3, c'est-à-dire une distance
qui est inférieure à la distance de 9,50 m à laquelle, en l'absence d'une telle zone
d'arrosage (cas de la figure 1), la vitesse de refroidissement du coeur pâteux commence
à excéder la vitesse de refroidissement de la surface du produit. La courbe C représente,
lorsque le produit est arrosé selon l'invention, la vitesse de refroidissement de
la surface du produit, et la courbe D représente dans les mêmes conditions la vitesse
de refroidissement du coeur pâteux. En amont de la zone de refroidissement, ces courbes
se confondent respectivement avec les courbes A et B. Dès le début de la zone de refroidissement
forcé, le refroidissement de la surface s'accélère brusquement, pour atteindre 9°C/s
à la distance au ménisque 9 m. Ensuite, le refroidissement devient de plus en plus
lent, à cause de la détérioration progressive de la qualité des échanges thermiques
entre l'eau de refroidissement (dont le débit et la température sont constants) et
le produit (dont la température diminue au fur et à mesure qu'il progresse dans la
zone de refroidissement). Simultanément, le refroidissement forcé a pour conséquence
d'accélérer le refroidissement du coeur pâteux, mais cet effet ne se fait sentir que
tardivement (à partir de la distance au ménisque 10 m), et progressivement. En fin
de compte, ce n'est qu'à une distance au ménisque de 11 m, que la courbe D coupe la
courbe C. Cela signifie qu'à cette distance, le refroidissement du coeur pâteux devient
plus rapide que celui de la surface du produit. A ce niveau, le coeur pâteux a pratiquement
achevé de se solidifier, et son comportement thermomécanique est suffisamment proche
de celui de la croûte entièrement solidifiée pour que le phénomène de contraction
thermique différentielle soit négligeable, et que les "vés" ségrégés ne puissent être
formés.
[0025] L'exemple décrit ci-dessus n'est, bien sûr, pas limitatif. Une figure similaire à
la figure 3 peut être tracée pour toute machine de coulée continue, sur laquelle serait
coulé un produit donné dans des conditions définies.
[0026] On considère que, au-delà de l'endroit où la fraction solide du coeur pâteux du produit
atteint 90 %, il est inutile de poursuivre l'arrosage. Dans certains cas, il est même
suffisant de n'arroser que jusqu'à une fraction solide de 60 %.
[0027] Il est conseillé de poursuivre le refroidissement forcé du produit jusqu'à environ
1 m au-delà du point de fin de solidification déterminé par le calcul. C'est dans
cet esprit que sur la figure 3, la rampe de refroidissement 11 est représentée comme
se prolongeant au-delà du point 10. De même, l'incertitude de calcul sur la détermination
du point d'intersection entre les courbes A et B de la figure 3 est de ± 1 m environ.
Le choix du point où débute le refroidissement forcé doit tenir compte de cette incertitude.
Il est donc conseillé de placer les premiers injecteurs de la rampe 11 à au moins
1 m en amont dudit point d'intersection, ce qui a été fait dans l'exemple numérique
de la figure 3, comme expliqué précédemment. Mais il faut également s'assurer que
cet avancement du début du refroidissement ne provoque pas un croisement prématuré
des courbes C et D de la figure 3, c'est-à-dire qui aurait lieu en un point où la
fraction solide du coeur pâteux serait inférieure à 60 % au moins.
[0028] Les débits d'eau de refroidissement recommandés sont de l'ordre de 8 à 15 m³/h et
par m² de métal arrosé. Préférentiellement, on choisit un débit de 12 m³/m².h.
[0029] Ce procédé est aisément adaptable à toutes les machines de coulée continue destinées
à la fabrication de produits en acier. Il est plus spécialement conçu pour la coulée
de nuances d'acier contenant environ de 0,25 à 1,5 % de carbone.
[0030] Une variante de ce procédé consisterait à concevoir la rampe de refroidissement 11
de facon que le débit de fluide refroidissant varie entre le début et la fin de la
zone de refroidissement. La valeur du débit global moyen sur l'ensemble de la zone
serait inchangée par rapport à la configuration décrite précédemment. De cette façon,
il serait possible de mieux contrôler le flux de chaleur extrait du produit le long
de la zone de refroidissement, dans le but d'atténuer la diminution, visible sur la
figure 3, de la vitessse de refroidissement en surface du produit. Ainsi, on augmenterait
la probabilité d'avoir jusqu'à l'extrême fin de la solidification un refroidissement
à coeur moins rapide qu'en peau.
[0031] D'autre part, on a remarqué qu'une bonne homogénéité du coeur du produit sur lequel
on allait appliquer le procédé était favorable à la reproductibilité des bons résultats
métallurgiques recherchés. On a pu constater que cette homogénéité pouvait avantageusement
être obtenue par une mise en mouvement du coeur liquide dans la zone du refroidissement
secondaire, ou même en lingotière. Cette mise en mouvement peut être favorablement
obtenue à l'aide de moyens électromagnétiques de brassage, désormais largement connus
dans'le domaine de la coulée continue. Ces moyens peuvent être constitués par des
inducteurs polyphasés annulaires disposés autour du produit coulé et produisant un
champ magnétique tournant autour de l'axe de coulée, ou par des inducteurs polyphasés
de structure plane produisant un champ glissant, parallèlement à l'axe de coulée ou
perpendiculairement à ce dernier. La littérature abonde désormais à propos de ce type
de brassage. Pour plus de détails, on pourra se reporter si on le souhaite aux documents
suivants : le brevet français 2 315 344 pour le brassage par champ tournant en lingotière,
le brevet français 2 211 304 concernant le brassage par champ tournant dans la zone
du refroidissement secondaire, le brevet luxembourgeois 67 753 concernant le brassage
à l'aide d'inducteurs produisant un champ glissant perpendiculairement à l'axe de
coulée dans la zone du refroidissement secondaire. Les enseignements de ces différents
documents sont inclus par référence dans la présente description.
[0032] Il va de soi que l'invention ne se limite pas aux exemples décrits, mais s'étend
à de multiples variantes ou équivalents dans la mesure où sont respectées les caractéristiques
évoquées dans les revendications jointes. En particulier, le procédé selon l'invention
peut s'appliquer à des machines de coulée continue verticales, droites ou courbes,
de même qu'aux machines de coulée continue horizontale, de même encore qu'aux installations
existantes ou à venir pour la coulée continue directe de produits de faible épaisseur.
[0033] D'autre part l'invention ne s'applique pas limitativement aux demi-produits sidérurgiques,
mais étend son domaine d'application à tout produit métallurgique coulé en continu,
ou susceptible de l'être.
[0034] De même encore, l'invention s'applique indifféremment à tout produit métallurgique
coulé en continu que que soit son format : blooms, billettes ou brames, notamment
celles destinées au refendage pour former des blooms.
1. Procédé de refroidissement d'un produit métallique (4), notamment en acier, en cours
de coulée continue, caractérisé en ce qu'on réalise un refroidissement forcé du produit
(4) lorsque celui-ci se trouve à coeur en phase de solidification pâteuse, ledit refroidissement
étant mené de manière que la contraction thermique différentielle entre le coeur pâteux
(8) et la croûte extérieure déjà complètement solidifiée (9) provoque en permanence
un effet de serrage du coeur (8) par la croûte (9), et étant mis en oeuvre dans une
zone qui s'étend le long de la machine de coulée au moins entre l'endroit où, en l'absence
d'un tel refroidissement, la vitesse de refroidissement du coeur pâteux (8) du produit
(4) dépasserait celle de la surface du produit (4), et un endroit où le comportement
thermomécanique du coeur pâteux (8) en cours de refroidissement est identique à celui
de la croûte extérieure solidifiée (9).
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on maintient le refroidissement
de façon que l'effet de serrage du coeur pâteux (8) par la croûte solidifiée (9) se
poursuive jusqu'à un point où la proportion de matière solide au sein du coeur pâteux
(8) est au moins de 60 %.
3. Procédé selon les revendications 1 ou 2, caractérisé en ce que l'on effectue le refroidissement
forcé par projection d'un fluide refroidissant sur la surface du produit coulé (4),
tel que de l'eau.
4. Procédé selon la revendication 3, caractérisé en ce que l'on effectue le refroidissement
avec de l'eau sous un débit moyen compris entre 8 et 15 m³ par heure et par m² de
produit arrosé.
5. Procédé selon la revendication 4, caractérisé en ce que l'on choisit pour ledit débit
moyen une valeur d'environ 12 m³ par heure et par m² de produit arrosé.
6. Procédé selon la revendication 3, caractérisé en ce que le débit de fluide refroidissant
varie entre le début et la fin de la zone de refroidissement.
7. Procédé selon les revendications 1, 2, ou 3, caractérisé en ce que l'on applique à
la coulée de produits en acier dont la teneur pondérale en carbone est de l'ordre
de 0,25 à 1,5 %.
8. Procédé selon les revendications 1, 2, ou 3, caractérisé en ce que, simultanément,
on réalise une mise en mouvement du coeur liquide (6) du produit (4) à l'aide de moyens
de brassage.
9. Procédé selon la revendication 8, caractérisé en ce que lesdits moyens de brassage
sont constitués par au moins un inducteur à champ électromagnétique mobile.
10. Procédé selon la revendication 9, caractérisé en ce qu'on utilise un inducteur entourant
le produit coulé (4) et générant un champ magnétique tournant autour de l'axe de coulée.
11. Procédé selon la revendication 9, caractérisé en ce qu'on utilise un inducteur de
structure plane produisant un champ glissant au sein du produit coulé.
12. Installation de coulée continue de produits métalliques (4), notamment en acier, telle
que, des moyens (11) de refroidissement du produit sont disposés dans la portion terminale
de la longueur métallurgique, dans une zone qui s'étend le long de la machine de coulée
au moins entre l'endroit où, en l'absence de tels moyens de refroidissement, la vitesse
de refroidissement du coeur pâteux (8) du produit (4) dépasserait celle de la surface
du produit (4), et un endroit où le comportement thermomécanique du coeur pâteux (8)
en cours de refroidissement est identique à celui de la croûte extérieure solidifiée
(9).
13. Installation de coulée continue selon la revendication 12, caractérisée en ce que
lesdits moyens (11) de refroidissement sont constitués par des rampes d'arrosage projetant
sur la surface du produit coulé (4) un fluide de refroidissement.
1. Verfahren zur Kühlung eines metallischen Produktes (4), insbesondere aus Stahl, während
des Stranggießens, dadurch gekennzeichnet, daß eine verstärkte Kühlung des Produktes
(4) durchgeführt wird, während sich dessen Kern in einem pastösen Erstarrungszustand
befindet, wobei die Kühlung derart erfolgt, daß die differentielle thermische Kontraktion
zwischen dem pastösen Kern (8) und der äußeren bereits vollständig erstarrten Gußhaut
(9) einen permanenten Einklemmeffekt des Kerns (8) durch die Gußhaut (9) bewirkt und
wobei sie in einem Bereich erfolgt, der sich entlang der Stranggußanlage erstreckt
wenigstens zwischen der Stelle, an der in Abwesenheit einer derartigen Kühlung die
Abkühlgeschwindigkeit des Kerns (8) des Produktes (4) diejenige der Oberfläche des
Produktes (4) übersteigt und einer Stelle, an der das thermomechanische Verhalten
des pastösen Kerns (8) während des Abkühlens identisch ist mit demjenigen der erstarrten
äußeren Gußhaut (9).
2. Verfahren nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß die Kühlung derart aufrechterhalten
wird, daß der Einklemmeffekt des pastösen Kerns (8) durch die erstarrte Gußhaut (9)
andauert bis zu einem Punkt, an dem der Anteil von erstarrter Materie innerhalb des
pastösen Kerns (8) wenigstens 60 % beträgt.
3. Verfahren nach Ansprüchen 1 oder 2, dadurch gekennzeichnet, daß die verstärkte Kühlung
durch Aufsprühen eines Kühlfluids, wie z.B. Wasser, auf die Oberfläche des gegossenen
Produktes (4) erfolgt.
4. Verfahren nach Anspruch 3, dadurch gekennzeichnet, daß die Kühlung mit einer mittleren
Wasserleistung erfolgt zwischen 8 und 15 m³ pro Stunde und pro m² besprühten Produkts.
5. Verfahren nach Anspruch 4, dadurch gekennzeichnet, daß der Wert der mittleren Leistung
zu ungefähr 12 m³ pro Stunde und pro m² besprühten Produkts gewählt wird.
6. Verfahren nach Anspruch 3, dadurch gekennzeichnet, daß die Kühlfluidleistung zwischen
dem Beginn und dem Ende der Kühlzone variiert.
7. Verfahren nach Ansprüchen 1, 2 oder 3, dadurch gekennzeichnet, daß es auf das Gießen
von Stahlprodukten angewandt wird, dessen Gewichtsanteil an Kohlenstoff in der Größenordnung
von 0,25 bis 1,5 % liegt.
8. Verfahren nach Ansprüchen 1, 2 oder 3, dadurch gekennzeichnet, daß gleichzeitig eine
Bewegung des flüssigen Kerns (6) des Produktes (4) mittels einer Rühranordnung bewirkt
wird.
9. Verfahren nach Anspruch 8, dadurch gekennzeichnet, daß die Rühranordnung aus wenigstens
einem Induktor mit beweglichem elektromagnetischen Feld besteht.
10. Verfahren nach Anspruch 9, dadurch gekennzeichnet, daß ein Induktor verwendet wird,
welcher das gegossene Produkt (4) umgibt und ein sich um die Gießachse drehendes magnetisches
Feld erzeugt.
11. Verfahren nach Anspruch 9, dadurch gekennzeichnet, daß ein Induktor mit ebenem Aufbau
verwendet wird, der innerhalb des gegossenen Produktes ein Gleitfeld erzeugt.
12. Vorrichtung zum Stranggießen metallischer Produkte (4), insbesondere aus Stahl, bei
der eine Kühlanordnung (11) für das Produkt im Endbereich der metallurgischen Länge
angeordnet ist in einer Zone, welche sich entlang der Gießvorrichtung erstreckt, wenigstens
zwischen einer Stelle, an der bei Abwesenheit einer derartigen Kühlanordnung die Abkühlgeschwindigkeit
des pastösen Kerns (8) des Produktes (4) diejenige der Oberfläche des Produkts (4)
übersteigen würde und einer Stelle, an der das thermomechanische Verhalten des pastösen
Kerns (8) während des Abkühlens identisch ist mit demjenigen der erstarrten äußeren
Gußhaut (9).
13. Vorrichtung zur Stranggießen nach Anspruch 12, dadurch gekennzeichnet, daß die Kühlanordnung
(11) aus Sprühdüsen besteht, welche auf die Oberfläche des gegossenen Produktes (4)
ein Kühlfluid aufsprühen.
1. Process for cooling a metal product (4), in particular made of steel, during continuous
casting, characterised in that forced cooling of the product (4) is performed when,
at the core, the product is in a phase of pasty solidification, the said cooling being
conducted so that the differential thermal contraction between the pasty core (8)
and the already completely solidified shell (9) surrounding it permanently gives rise
to a squeezing effect of the core (8) by the shell (9) and being implemented in a
zone extending along the casting machine at least between the point where, in the
absence of such cooling, the speed of cooling of the pasty core (8) of the product
(4) would exceed that of the surface of the product (4) and a point where the thermomechanical
behaviour of the pasty core (8) during cooling is identical to that of the solidified
outer shell (9).
2. Process according to Claim 1, characterised in that the cooling is maintained so that
the effect of squeezing the pasty core (8) by the solidified shell (9) is continued
up to a point where the proportion of solid material within the pasty core (8) is
at least 60%.
3. Process according to Claims 1 or 2, characterised in that the forced cooling is performed
by spraying a cooling fluid, such as water, onto the surface of the cast product (4).
4. Process according to Claim 3, characterised in that the cooling is performed with
water at a mean flow rate of between 8 and 15 m³ per hour and per m² of sprayed product.
5. Process according to Claim 4, characterised in that a value of approximately 12 m³
per hour and per m² of sprayed product is chosen for the said mean flow rate.
6. Process according to Claim 3, characterised in that the flow rate of cooling fluid
varies between the start and the finish of the cooling zone.
7. Process according to Claims 1, 2, or 3, characterised in that it is applied to the
casting of products made of steel whose content of carbon by weight is of the order
of 0.25 to 1.5%.
8. Process according to Claims 1, 2, or 3, characterised in that, simultaneously, the
liquid core (6) of the product (4)is stirred.with the aid of agitation means.
9. Process according to Claim 8, characterised in that the said agitation means consist
of at least one inductor with a movable electromagnetic field.
10. Process according to Claim 9, characterised in that use is made of an inductor surrounding
the cast product (4) and generating a magnetic field rotating about the casting axis.
11. Process according to Claim 9, characterised in that use is made of an inductor of
plane structure producing a sliding field within the cast product.
12. Installation for the continuous casting of metallic products (4), particularly made
of steel, such that means (11) for cooling the product are arranged in the end portion
of the metallurgical length, in a zone extending along the casting machine at least
between the location where, in the absence of such cooling means, the speed of cooling
of the pasty core (8) of the product (4) would exceed that of the surface of the product
(4), and a location where the thermomechanical behaviour of the pasty core (8) during
cooling is identical to that of the solidified shell (9).
13. Installation for continuous casting according to Claim 12, characterised in that the
said cooling means (11) consist of spraying ramps spraying a cooling fluid onto the
surface of the cast product (4).