[0001] La présente invention a essentiellement pour objet une membrane élastique imperméable.
[0002] Elle vise également un accumulateur hydropneumatique équipé de cette membrane et
utilisé par exemple dans les suspensions de véhicule automobile, lequel accumulateur
se présente généralement sous la forme d'une sphère séparée par la membrane en deux
chambres ou compartiments dont l'un contient un gaz tel que l'azote, et dont l'autre
contient un liquide.
[0003] On sait que les membranes pour accumulateur de pression doivent comporter des propriétés
à la fois de souplesse et d'imperméabilité de façon à permettre une bonne transmission
des pressions entre les deux compartiments contenant respectivement le liquide et
le gaz.
[0004] Il a déjà été proposé des membranes élastiques fabriquées à l'aide de matériaux différents,
et à cet égard, on pourra se reporter par exemple aux documents FR-A-2 443 622 et
FR-A-1 494 473.
[0005] Toutefois, les membranes connues et réalisées par exemple en un matériau thermoplastique
du genre polyuréthane présentent une imperméabilité au gaz qui est imparfaite, ce
qui se traduit, après quelques années d'utilisation sur un véhicule, par une chute
de la pression du gaz régnant à l'intérieur de la sphère équipée de la membrane, de
sorte que la sphère doit être remplacée pour conserver les caractéristiques recherchées.
[0006] D'un autre côté, on connaît des matériaux présentant une imperméabilité satisfaisante
aux gaz, tels que l'azote, mais la souplesse de la membrane devient alors non satisfaisante.
[0007] Aussi, la présente invention a pour but de remédier à ces inconvénients en proposant
une membrane pour sphères de suspension ou systèmes de freinage des véhicules, qui,
du fait de sa constitution particulière, présente un excellent compromis des propriétés
de souplesse, d'étanchéité au liquide, et d'imperméabilité aux gaz.
[0008] A cet effet, l'invention a pour objet une membrane élastique imperméable destinée
en particulier à équiper un accumulateur hydropneumatique et à être soumise d'un côté
à la pression d'un gaz et de l'autre côté à la pression d'un liquide, cette membrane
comportant en association au moins deux matériaux, et étant caractérisée par un premier
matériau conférant à la membrane l'élasticité requise et choisi parmi les polyuréthanes
thermoplastiques, les polyéthers blocs amides, les polyesters souples ou un mélange
quelconque de ceux-ci, et par un deuxième matériau noyé dans la masse du premier matériau
pour réaliser l'imperméabilité au gaz et choisi parmi un copolymère d'éthylène-alcool
vinylique, les polyamides, le polychlorure de vinylidène ou un mélange quelconque
de ceux-ci.
[0009] Ainsi, la membrane selon cette invention sera souple et flexible dans un intervalle
de températures pouvant aller de -35°C à +120°C, résistera au liquide hydraulique
minéral ou au liquide de frein utilisé sur le véhicule, et présentera avantageusement
une perméabilité quasiment nulle aux gaz, tels que notamment l'azote.
[0010] Suivant une autre caractéristique, la membrane selon cette invention résulte d'un
malaxage du polyuréthane thermoplastique précité et du copolymère d'éthylène-alcool
vinylique alcool précité, pour produire un polymère greffé selon la réaction

[0011] On précisera ici que dans cette membrane, la proportion du deuxième matériau tel
que l'éthylène-alcool vinylique par exemple par rapport au premier matériau tel que
le polyuréthane thermoplastique est comprise environ entre 5 et 20%.
[0012] Suivant un mode de réalisation de cette invention, la membrane se compose d'au moins
un film à base de polymère greffé précité ayant une épaisseur comprise entre environ
10 et 200 microns et pris en sandwich entre au moins deux couches du premier matériau
précité.
[0013] Le polymère greffé précité formant film résulte d'un malaxage du premier et du deuxième
matériaux précités suivant une proportion de 50 à 95% du deuxième matériau par rapport
au premier matériau.
[0014] Suivant un autre mode de réalisation, la membrane se compose d'au moins un film du
deuxième matériau précité pris en sandwich entre deux couches du premier matériau
précité.
[0015] Selon encore un autre mode de réalisation, le deuxième matériau précité, de préférence
constitué par un copolymère d'éthylène-alcool vinylique, est mélangé avec un troisième
matériau choisi parmi le polyamide 6, les polyéthers blocs amides, les terpolymères
d'éthylène, d'ester acrylique et d'anhydride maléique ou d'autres polymères du même
type jouant le rôle d'adhésif, dans une proportion de 5 à 20% par rapport au deuxième
matériau.
[0016] Selon encore un autre mode de réalisation, la membrane se compose d'au moins un film
constitué par le deuxième matériau précité ou par un mélange des deuxième et troisième
matériaux précités, ledit film étant pris en sandwich entre au moins deux couches
d'un matériau choisi parmi un polyéther bloc amide modifié avec un caoutchouc de butadiène-styrène-acrylonitrile,
ou un mélange de polyuréthane et de polyéther blocs amides modifié avec un caoutchouc
de butadiène-styrène-acrylonitrile.
[0017] Suivant un mode de réalisation préféré, le copolymère d'éthylène-alcool vinylique
alcool est incorporé au polyuréthane lors de la polymérisation de celui-ci pour produire
le polymère greffé précité.
[0018] La membrane selon cette invention peut être obtenue par moulage de ce polymère greffé.
[0019] L'invention vise également un accumulateur hydropneumatique équipé d'une membrane
répondant à l'une quelconque des caractéristiques ci-dessus et présentant un gain
d'imperméabilité aux gaz considérable par rapport aux membranes connues, et cela sans
altérer les qualités indispensables de souplesse et de flexibilité de ladite membrane.
[0020] Mais d'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront mieux dans
la description détaillée qui suit et se réfère aux dessins annexés dans lesquels :
La figure 1 est une vue schématique et en coupe de la couche de polymère greffé faisant
partie intégrante de la membrane selon cette invention ; et
La figure 2 est une vue en coupe d'un mode de réalisation de membrane conforme à l'invention.
[0021] Suivant un exemple de réalisation, une membrane élastique et imperméable selon cette
invention se compose de deux matériaux différents et à savoir :
- un premier matériau servant de matrice et conférant à la membrane l'élasticité et
la souplesse recherchées, des possibilités aisées de montage et de gonflage dans la
sphère, ainsi qu'une bonne résistance chimique au liquide dans la sphère, lequel premier
matériau est choisi parmi les polyuréthanes thermoplastiques (TPU), les polyéthers
blocs amides (PEBA), les polyesters souples, ou un mélange ou coupage suivant diverses
proportions de deux ou plus des matériaux ci-dessus; et
- un deuxième matériau noyé dans la masse ou matrice formée par le premier matériau
et conférant à la membrane une excellente imperméabilité aux gaz, notamment à l'azote,
lequel deuxième matériau est choisi parmi un copolymère d'éthylène-alcool vinylique
(EVOH), les polyamides tels que ceux connus sous la dénomination PA6, PA6-6, PA11
ou PA12, le polychlorure de vinylidène (PVDC) ou un mélange quelconque de ceux-ci.
[0022] Suivant une réalisation préférée, la proportion du deuxième matériau par rapport
au premier matériau servant de matrice est comprise entre environ 5 et 20%. L'alliage
des premier et deuxième matériaux ci-dessus est réalisé par malaxage à une température
élevée et comprise par exemple entre 150 et 250°C. Ce malaxage peut être effectué
dans un mélangeur classique connu sous la dénomination BUSS couramment utilisé dans
l'industrie des matières thermoplastiques. Le malaxage peut être également effectué
directement dans la vis d'une presse classique à injecter les matières plastiques,
cette presse étant utilisée pour la fabrication de la membrane. Une trémie doseuse,
comme cela est connu, peut être associée à la presse pour assurer une proportion constante
du deuxième matériau par rapport au premier matériau constituant la matrice.
[0023] Pour réaliser une membrane destinée à équiper une sphère de suspension pour véhicule,
il est préférable d'utiliser comme premier matériau les polyuréthanes thermoplastiques
(TPU) et également des mélanges de polyuréthanes thermoplastiques et de polyéthers
blocs amides (TPU/PEBA), et comme deuxième matériau, le copolymère d'éthylène-alcool
vinylique (EVOH).
[0024] Lors du malaxage de ces deux matériaux pendant quelques minutes à 200°C par exemple,
il se produit une réaction chimique entre le polyuréthane thermoplastique et le copolymère
éthylène-alcool vinylique conduisant à la formation d'un polymère greffé, selon la
réaction suivante :

[0025] Plus précisément, le greffage est obtenu par réaction chimique des groupements hydroxyles
du copolymère d'éthylène-alcool vinylique sur les groupements isocyanates du polyuréthane
thermoplastique.
[0026] Ainsi, il se produit un greffage de la châine macromoléculaire du copolymère d'éthylène-alcool
vinylique sur la chaîne macromoléculaire du polyuréthane thermoplastique.
[0027] Cette réaction de greffage conduisant au polymère greffé a été mise en évidence par
les essais suivants.
1. Analyses thermogravimétriques (ATD/ATG)
[0028] Des analyses thermogravimétriques ont été effectuées respectivement sur :
- du polyuréthane thermoplastique (TPU) connu sous la dénomination commerciale DESMOPAN
385-BAYER, constituant le premier matériau ;
- du copolymère d'éthylène-alcool vinylique (EVOH), constituant le deuxième matériau
; et
- du polymère greffé résultant de la réaction du polyuréthane thermoplastique et du
copolymère d'éthylène-alcool vinylique ci-dessus dans les proportions respectives
de 90% et 10%.
[0029] Ces analyses mettent clairement en évidence que les pics caractéristiques du copolymère
d'éthylène-alcool vinylique, en particulier le pic correspondant au point de fusion
à 172°C, ont disparu à l'analyse du polymère greffé obtenu, ce qui prouve qu'il y
a bien eu réaction chimique entre le polyuréthane thermoplastique et le copolymère
d'éthylène-alcool vinylique.
2. Analyses par chromatographie en phase gazeuse
[0030] Les analyses par chromatographie en phase gazeuse, effectuées sur les mêmes matériaux
que précédemment, à savoir polyuréthane thermoplastique, copolymère d'éthylène-alcool
vinylique et polymère greffé, confirment les résultats de l'analyse thermogravimétrique,
à savoir que les pics caractéristiques du copolymère d'éthylène-alcool vinylique ne
se retrouvent pas dans le polymère greffé, ce qui confirme, une fois de plus, la réaction
de greffage.
3. Mesures de viscosité au rhéomètre capillaire
[0031] Des mesures de viscosité au rhéomètre capillaire ont été effectuées à deux températures
différentes, 200 et 220°C, et à quatre vitesses différentes de cisaillement, 200,
500, 1000 et 3000 s⁻¹, sur les mêmes matériaux que précédemment, à savoir polyuréthane
thermoplastique, copolymère d'éthylène-alcool vinylique et polymère greffé.
[0032] Les mesures de viscosité exprimées en kilo.Pascal.secondes (k.Pa.s), sont indiquées
dans le tableau suivant.
TABLEAU 1
| Température °C |
200°C |
220°C |
| Vitesse de cisaillement (S⁻¹) |
200 |
500 |
1000 |
3000 |
200 |
500 |
1000 |
3000 |
| Polyuréthane thermoplastique (TPU) |
2,98 |
1,05 |
0,54 |
0,19 |
1,17 |
0,52 |
0,16 |
0,06 |
| Copolymère éthylène-alcool vinylique (EVOH) |
1,01 |
0,50 |
0,31 |
0,15 |
0,43 |
0,30 |
0,21 |
0,12 |
| Polymère greffé (90% TPU + 10% EVOH) |
2,48 |
1,09 |
0,58 |
0,25 |
1,32 |
0,58 |
0,28 |
0,11 |
[0033] La viscosité de TPU et EVOH a été mesurée sur des granulés avant transformation,
tandis que celle du polymère greffé a été mesurée sur pièces, c'est-à-dire après transformation.
[0034] Il est bien connu que la transformation des matériaux thermoplastiques ne peut que
faire chuter la viscosité par suite de la rupture des chaînes macromoléculaires, cette
chute de viscosité étant en général de 5 à 15%.
[0035] Or on constate sur le tableau que le polymère greffé possède une viscosité plus élevée
surtout à 220°C, que celles de TPU et EVOH.
[0036] Ceci ne peut s'expliquer que par le greffage des chaînes macromoléculaires du copolymère
d'éthylène-alcool vinylique (EVOH) sur les chaînes macromoléculaires du polyuréthane
thermoplastique (TPU).
[0037] Ce greffage conduit à la création de nouvelles chaînes macromoléculaires plus longues
et constituant le polymère greffé d'où une viscosité plus élevée pour ce polymère
greffé, car il est bien connu que la viscosité des polymères est liée à la longueur
de leurs chaînes macromoléculaires.
[0038] Les demanderesses ont également effectué des mesures d'imperméabilité à l'azote (à
100°C) sur le polyuréthane thermoplastique et sur le polymère greffé résultant de
la réaction de 90% de polyuréthane thermoplastique et de 10% de copolymère d'éthylène-alcool
vinylique.
[0039] Les résultats des mesures données dans le tableau 2 suivant montrent un gain de l'imperméabilité
à l'azote de l'ordre de 50%, ce qui permet de doubler la durée de vie des membranes
selon cette invention.
TABLEAU 2
| Matériau |
Perméabilité à l'azote à 100°C m².Pa⁻¹.s⁻¹ |
| Polyuréthane thermoplastique (DESMOPAN 385 de BAYER) |
145 |
| Polymère greffé |
76 |
[0040] Ce gain d'imperméabilité résulte de l'effet "labyrinthe" provoqué par le polymère
greffé formant des îlots dans la matrice de polyuréthane thermoplastique, comme on
le voit bien sur la figure 1.
[0041] Sur cette figure, on voit une membrane M constituée d'îlots 1 "imperméables" de copolymère
d'éthylène-alcool vinylique greffé sur la matrice constituée de polyuréthane thermoplastique.
Les îlots 1, comme on le voit bien sur la figure, sont allongés dans le sens de l'extrusion
de la membrane et la diffusion du gaz à travers celle-ci ne peut se faire qu'en contournant
ces îlots comme matérialisés par la flèche F. Autrement dit la longueur du trajet
à parcourir par les molécules de gaz est fortement augmentée, ce qui revient à augmenter
fictivement l'épaisseur de la membrane et donc à diminuer très fortement la perméabilité
de la membrane au gaz.
[0042] Suivant un autre mode de réalisation, illustré sur la figure 2, la membrane M se
compose d'au moins un film 2 en polymère greffé, comme expliqué précédemment, ce film
possédant une épaisseur comprise entre environ 10 et 200 microns et étant pris en
sandwich entre deux couches 3 du premier matériau précité, tel qu'un polyuréthane
thermoplastique.
[0043] La fabrication de la membrane visible sur la figure 2 peut s'effectuer en utilisant
une presse à injecter bi-matière, utilisée couramment dans l'industrie de transformation
des thermoplastiques.
[0044] Le polymère greffé constituant le film 2 peut être obtenu par malaxage de polyuréthane
thermoplastique par exemple et de copolymère d'éthylène-alcool vinylique (EVOH) suivant
une proportion de 50 à 95% de EVOH par rapport au polyuréthane thermoplastique.
[0045] Ce malaxage peut être effectué en quelques minutes à une température comprise entre
150 et 250°C, comme expliqué précédemment. Et le film 2, comme on le voit sur la figure
1, contient un grand nombre d'îlots imperméables formant une barrière aux gaz quasi-infranchissable.
La très faible épaisseur du film 2 incorporé entre les deux couches 3 est telle que
la membrane M, qui peut présenter une épaisseur totale de 2 à 4 mm n'est pas d'une
rigidité excessive et conserve toute sa souplesse.
[0046] Le gain d'imperméabilité de la membrane illustrée sur la figure 2 par rapport à une
membrane classique réalisée en polyuréthane est de l'ordre de 90%, ce qui revient
à multiplier par dix la durée de vie d'une telle membrane équipant par exemple des
sphères de supsension pour véhicule automobile.
[0047] Selon un autre mode de réalisation, le film imperméable 2 peut être tout simplement
constitué par le deuxième matériau mentionné au début de cette description, à savoir
un copolymère d'éthylène-alcool vinylique, un polyamide, le polychlorure de vinylidène
ou un mélange de deux ou plus de ces matériaux, tandis que les deux couches 3 entre
lesquelles est incorporé le film 2 sont constituées par le premier matériau mentionné
au début de cette description, à savoir polyuréthane thermoplastique, polyéthers blocs
amides, polyesters souples ou un mélange quelconque de ceux-ci.
[0048] Comme dans le mode de réalisation précédent, le film imperméable 2 est obtenu avec
une presse à injecter bi-matière utilisée couramment dans l'industrie de transformation
des thermoplastiques.
[0049] L'épaisseur de ce film peut, comme c'était le cas dans le mode de réalisation précédent,
avoir une épaisseur comprise entre 10 et 200 microns.
[0050] Avec une telle structure de membrane, le gain d'imperméabilité est très important,
c'est-à-dire de l'ordre de 90%, par rapport à une membrane classique réalisée en polyuréthane
seul.
[0051] Selon encore une autre variante, le film 2 est constitué par un copolymère d'éthylène-alcool
vinylique mélangé avec un autre matériau qui peut être le polyamide 6, des polyéthers
blocs amides, des terpolymères d'éthylène, d'ester acrylique et d'anhydride maléique,
ou d'autres polymères du même type jouant le rôle d'adhésif, et cela dans une proportion
de 5 a 20% par rapport au copolymère d'éthylène vinyl alcool.
[0052] Quant aux couches 3 entre lesquelles est incorporé le film 2, elles sont constituées
de polyuréthane thermoplastique.
[0053] L'adjonction d'un autre matériau tel que défini ci-dessus au copolymère d'éthylène-alcool
vinylique permet d'obtenir une excellente adhérisation du film 2 aux couches 3.
[0054] Pour fabriquer le film 2, on procède, comme indiqué dans les modes de réalisation
précédents, c'est-à-dire qu'on effectue un malaxage des matériaux pendant quelques
minutes entre 150 et 250°C. Puis, l'incorporation du film imperméable 2 entre les
couches 3 s'effectue avec une presse à injecter bi-matière d'un type connu en soi.
[0055] L'épaisseur du film 2 doit être relativement faible et telle que définie dans les
modes de réalisation précédents.
[0056] Là encore le gain d'imperméabilité de la membrane ainsi fabriquée est très important
par rapport aux membranes classiques réalisées à l'aide de polyuréthane thermoplastique
seul.
[0057] On décrira encore un autre mode de réalisation d'une membrane selon cette invention.
[0058] Ici, le film imperméable 2 peut être réalisé soit en le deuxième matériau cité au
début de cette description, c'est-à-dire copolymère d'éthylène-alcool vinylique, polyamide,
polychlorure de vinylidène ou mélange quelconque de ceux-ci, soit en un mélange de
ce matériau avec l'autre matériau cité précédemment, à savoir polyamide 6, polyéthers
blocs amides, terpolymère d'éthylène, d'ester acrylique et d'anhydride maléïque, ou
autre polymère du même type jouant le rôle d'adhésif.
[0059] Le film 2 est incorporé ici entre deux couches d'un matériau qui peut être soit un
polyéther blocs amides (PEBA) modifié avec un caoutchouc de butadiène-styrène-acrylonitrile
(NBR), soit un mélange de polyuréthane et d'un polyéther blocs amides modifié avec
un caoutchouc de butadiène-styrène-acrylonitrile, ce mélange pouvant se faire par
malaxage des deux matériaux pendant quelques minutes entre 150 et 250°C.
[0060] Comme c'était le cas dans les modes de réalisation précédents, l'incorporation du
film imperméable 2 se fait avec une presse à injecter bi-matière, l'épaisseur de ce
film étant telle que définie précédemment.
[0061] On obtient encore ici un gain d'imperméabilité très important par rapport aux membranes
classiques réalisées en polyuréthane thermoplastique seul.
[0062] On observera ici que les matériaux utilisés pour les couches 3 de la membrane M confèrent
à celle-ci des avantages supplémentaires qui sont une meilleure tenue à la température
élevée due à l'incorporation de caoutchouc de butadiène-styrène-acrylonitrile (NBR)
et une meilleure adhésion du film 2 aux couches 3 étant donné la présence de la phase
polyamide dans ces couches constituées en partie de polyéthers blocs amides.
[0063] Une telle membrane peut équiper des sphères de suspension devant résister à des températures
pouvant atteindre, en pointe, 130 ou 140°C.
[0064] Revenant au polymère greffé mentionné précédemment et constituant la membrane où
un film tel que 2, incorporé dans cette membrane, on observera ici que ce polymère
greffé peut être obtenu par incorporation du copolymère d'éthylène-alcool vinylique
au polyuréthane lors de, ou à la fin de l'opération de polymérisation du polyuréthane.
[0065] Ceci permet en quelque sorte d'obtenir ou de synthétiser le polymère greffé plus
directement que par seulement une opération de malaxage.
[0066] De cette façon, on peut obtenir, lors de la polymérisation, un polymère greffé qui
est lui-même un caoutchouc de polyuréthane malaxable sur lequel ont été greffées des
chaînes macromoléculaires de copolymère d'éthylène-alcool vinylique.
[0067] Ce matériau présente un gain d'imperméabilité aux gaz de 50% par rapport à un caoutchouc
de polyuréthane malaxable non greffé.
[0068] Comme expliqué précédemment à propos de la figure 1, ce gain d'imperméabilité est
obtenu par effet labryinthe dû aux îlots imperméables de copolymère d'éthylène-alcool
vinylique greffés.
[0069] Le matériau précité qui, encore une fois, est un caoutchouc de polyuréthane malaxable
greffé de chaînes moléculaires de copolymère d'éthylène-alcool vinylique peut être
moulé pour réaliser une membrane de sphère à l'aide de techniques classiques.
[0070] L'avantage de cette membrane est sa tenue à la température élevée, par exemple de
l'ordre de 140°C.
[0071] Bien entendu, l'invention n'est nullement limitée aux modes de réalisation décrits
et illustrés qui n'ont été donnés qu'à titre d'exemple.
[0072] Au contraire, l'invention comprend tous les équivalents techniques des moyens décrits
ainsi que leurs combinaisons si celles-ci sont effectuées suivant son esprit.
1. Membrane élastique imperméable destinée en particulier à équiper un accumulateur
hydropneumatique et à être soumise d'un côté à la pression d'un gaz et de l'autre
côté à la pression d'un liquide, cette membrane comportant en association au moins
deux matériaux et étant caractérisée par un premier matériau conférant à la membrane
l'élasticité requise et choisi parmi les polyuréthanes thermoplastiques, les polyéthers
blocs amides, les polyesters souples ou un mélange quelconque de ceux-ci, et par un
deuxième matériau noyé dans la masse du premier matériau pour réaliser l'imperméabilité
au gaz et choisi parmi un copolymère d'éthylène-alcool vinylique, les polyamides,
le polychlorure de vinylidène ou un mélange quelconque de ceux-ci.
2. Membrane selon la revendication 1, caractérisée en ce qu'elle résulte d'un malaxage
de polyuréthane thermoplastique précité et du copolymère d'éthylène-alcool vinylique
précité pour produire un polymère greffé, selon la réaction :
3. Membrane selon la revendication 1 ou 2, caractérisée en ce que la proportion du
deuxième matériau tel que l'éthylène-alcool vinylique par exemple par rapport au premier
matériau tel que le polyuréthane thermoplastique par exemple est comprise entre environ
5 et 20%.
4. Membrane selon la revendication 1 ou 2, caractérisée en ce qu'elle se compose d'au
moins un film (2) à base de polymère greffé précité ayant une épaisseur comprise entre
environ 10 et 200 microns et pris en sandwich entre au moins deux couches (3) du premier
matériau précité.
5. Membrane selon la revendication 4, caractérisée en ce que le polymère greffé précité
formant film résulte d'un malaxage du premier et deuxième matériaux précités suivant
une proportion de 50 à 95% du deuxième matériau, par rapport au premier matériau.
6. Membrane selon la revendication 1, caractérisée en ce qu'elle se compose d'au moins
un film (2) du deuxième matériau précité pris en sandwich entre deux couches (3) du
premier matériau précité.
7. Membrane selon la revendication 6, caractérisée en ce que le deuxième matériau
précité, de préférence constitué par un copolymère d'éthylène-alcool vinylique, est
mélangé avec un troisième matériau choisi parmi le polyamide 6, les polyéthers blocs
amides, les terpolymères d'éthylène ou autres polymères du même type jouant le rôle
d'adhésif, d'ester acrylique et d'anhydride maléïque, dans une proportion de 5 à 20%
par rapport au deuxième matériau.
8. Membrane selon la revendication 1 ou 6, caractérisée en ce qu'elle se compose d'au
moins un film (2) constitué par le deuxième matériau précité ou par un mélange des
deuxième et troisième matériaux, ledit film étant pris en sandwich entre au moins
deux couches (3) d'un matériau choisi parmi un polyéther blocs amides modifié avec
un caoutchouc de butadiène-styrène-acrylonitrile, ou un mélange de polyuréthane et
de polyéther blocs amides modifié avec un caoutchouc de butadiène-styrène-acrylonitrile.
9. Membrane selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisée en ce que le copolymère
d'éthylène-alcool vinylique est incorporé au polyuréthane lors de la polymérisation
de celui-ci pour produire le polymère greffé précité.
10. Membrane selon la revendication 9, caractérisée en ce qu'elle est obtenue par
moulage du polymère greffé précité.
11. Accumulateur hydropneumatique, par exemple du type sphère dont la cavité interne
est subdivisée en deux chambres dont l'une contient un gaz et l'autre un liquide,
caractérisé en ce que les deux chambres sont séparées par une membrane (M) selon l'une
quelconque des revendications 1 à 10.