[0001] La présente invention concerne un joint de dilatation pour dallage en béton, et plus
particulièrement un joint constitué par un profilé creux en matière plastique ayant
une section en forme de T renversé.
[0002] Un tel joint de dilatation est connu et a été décrit dans le brevet FR 2 292 907
déposé le 27 novembre 1974. Comme le montre la figure 1, qui est une vue en coupe
d'un joint connu de ce type, le joint 10 comprend une partie inférieure 12 formant
embase d'où fait saillie verticalement une partie 14 formant règle ayant des parois
latérales 14a, 14b convergeant l'une vers l'autre en direction de l'arête supérieure
16 du joint. Les parois latérales 14a, 14b présentent du côté extérieur des nervures
longitudinales 18a, 18b destinées notamment à permettre l'accrochage du béton à ces
parois.
[0003] De la sorte, le joint 10 constitue à la fois :
- un élément de coffrage perdu mis en place sur la surface de support du dallage,
avant coulée du béton, et qui reste ensuite à demeure dans le dallage,
- une règle pour la mise à niveau et le compactage du béton coulé, par exemple au
moyen d'une règle vibrante prenant appui sur l'arête supérieure du joint, et
- un joint de dilatation qui, grâce à la capacité de déformation de ses parois latérales,
est apte à suivre les mouvements de dilatation et contraction du béton adhérant à
ces parois.
[0004] Avec le joint 10 de l'art antérieur décrit ci-avant, le passage de la règle vibrante,
ou d'un appareil analogue, sur l'arête du joint, lors du compactage et de la mise
à niveau du béton, provoque un affaissement du joint en raison de sa déformabilité.
Lorsque le joint retrouve ensuite sa forme initiale par son élasticité, il entraîne
le béton accroché aux parois latérales 14a, 14b, comme le montre schématiquement la
figure 2. Il en résulte la formation d'une ondulation du béton le long du joint.
[0005] Pour éviter cet inconvénient, la résistance aux efforts verticaux peut être améliorée
en prévoyant, dans l'embase 12, des entretoises de renfort 12a, 12b situées dans le
prolongement des parois latérales 14a, 14b, comme le montre la figure 3. Le joint
10 n'est plus déformé verticalement lors du passage de la règle vibrante. Toutefois,
il s'avère que l'arête supérieure du joint est souvent maculée, voir recouverte de
béton après la mise à niveau de celui-ci. Il est alors nécessaire de dégager l'arête
supérieure du joint faute de quoi, après la prise du béton, il se forme en surface
une fissure qui, même si elle est située au niveau du joint, ne suit pas nécessairement
la ligne droite définie par l'arête du joint et produit un effet tout à fait inesthétique.
[0006] Aussi, la présente invention a-t-elle pour but de perfectionner les joints de l'art
antérieur décrits ci-avant pour obtenir des lignes de joints parfaitement rectilignes
et sans ondulations du béton, sans nécessiter d'opération supplémentaire telle que
le nettoyage ou dégagement des arêtes des joints après mise à niveau du béton.
[0007] Ce but est atteint au moyen d'un joint de dilatation du type décrit plus haut et
dans lequel, conformément à l'invention, les parois latérales présentent, à leur partie
supérieure, des zones d'affaiblissement longitudinales propres à conférer au joint
une capacité de déformation verticale élastique à sa partie supérieure.
[0008] Les zones d'affaiblissement sont formées à un niveau égal ou supérieur à celui des
nervures extérieures les plus proches de l'arête du joint.
[0009] Ainsi, lors du passage de la règle vibrante sur l'arête, une déformation verticale
du joint est autorisée de façon limitée, dans la partie supérieure de celui-ci. Le
retour du joint à sa forme initiale ne s'accompagne pas d'un entraînement du béton
accroché aux nervures extérieures des parois latérales puisque la déformation verticale
du joint n'affecte pas la partie de celui-ci portant ces nervures. De plus, le retour
du joint à sa forme initiale se traduit par un léger relèvement de l'arête après
le pas sage de la règle vibrante, ce qui permet un dégagement automatique de cette
arête et la formation d'un joint propre et parfaitement rectiligne.
[0010] Les zones d'affaiblissement peuvent avoir la forme d'entailles longitudinales formées
du côté intérieur des parois latérales du joint.
[0011] L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description faite ci-après, à
titre indicatif mais non limitatif, en référence aux dessins annexés, sur lesquels
:
- les figures 1, 2, 3, déjà décrites, illustrent des joints de dilatation de l'art
antérieur,
- la figure 4 est une vue en coupe transversale d'un mode de réalisation d'un joint
conforme à l'invention, et
- la figure 5 est une vue en coupe transversale d'un autre mode de réalisation d'un
joint conforme à l'invention.
[0012] De la même façon que le joint 10 de la figure 3, le joint 20 illustré par la figure
4 est constitué par un profilé creux ayant une section en T renversé. Le joint 20
est formé en une seule pièce par extrusion d'une matière plastique telle que du PVC.
[0013] Le joint 20 comprend une embase 22 sensiblement horizontale destinée à être posée
sur une surface sur laquelle un dallage en béton doit être réalisé. De la zone médiane
de l'embase 22 fait saillie verticalement une partie 24 formant règle dont les parois
latérales sont légèrement inclinées par rapport à la verticale en convergeant vers
l'arête 26 du joint.
[0014] Du côté extérieur, les parois latérales 24a, 24b présentent des nervures longitudinales
28a, 28b. Ces nervures participent au renforcement des parois 24a, 24b et ont également
pour fonction de permettre un accrochage du béton aux parois latérales du joint 20
de part et d'autre de celui-ci. A cet effet, les nervures 28a, 28b présentent un profil
approprié, par exemple en L ou, comme montré sur la figure 4, en T ou en queue d'aronde.
Dans l'exemple illustré, les nervures formées sur chaque paroi sont au nombre de 3
régulièrement espacées. Bien entendu, le nombre des nervures sur chaque paroi pourra
être différent de 3, tout en étant au moins égal à 2, et l'espacement entre les nervures
pourra être non régulier.
[0015] La résistance du joint à l'écrasement sous l'effet d'efforts exercés latéralement
sur les parois 24a, 24b est renforcée au moyen d'entretoises longitudinales internes
joignant horizontalement ces parois. Ces entretoises sont par exemple au nombre de
deux ou trois. Sur la figure 4, deux entretoises sont montrées, l'une 32a à la base
de la partie 24 et l'autre 32b sensiblement dans la partie médiane de celle-ci.
[0016] D'autres entretoises de renforcement 22a, 22b sont prévues dans l'embase 22, dans
le prolongement des parois 24a, 24b, pour accroître la résistance du joint à l'écrasement
sous l'effet d'efforts exercés verticalement.
[0017] Conformément à l'invention, des zones d'affaiblissement, ici constituées par des
entailles ou rainures longitudinales 34a, 34b, sont formées dans les parois 24a, 24b
à leur partie supérieure. Les entailles 34a, 34b sont au nombre de deux, une dans
chaque paroi, sont formées du côté intérieur des parois, et sont situées au niveau
des nervures 28a, 28b les plus proches de l'arête 26. Les entailles 34a, 34b ont une
profondeur au moins égale à l'épaisseur des parois 24a, 24b. La disposition de ces
entailles au niveau de nervures 28a, 28b permet de tirer profit de la surépaisseur
des parois 24a, 24b due à la présence de ces nervures. Notamment en vue de réserver
la place nécessaire aux entailles, les nervures 28a, 28b les plus proches de l'arête
26 peuvent avoir une forme différente de celle des autres nervures 28a, 28b.
[0018] Les entailles 34a, 34b permettent un léger affaissement de l'arête 26 sous l'effet
d'un effort vertical s'exerçant sur celle-ci. La déformation du joint est limitée
à sa partie supérieure au-dessus du niveau des entailles, et n'affecte pas le reste
du joint. L'élasticité du matériau constitutif du joint permet un retour de celui-ci
à sa forme initiale lorsque l'effort vertical cesse d'être exercé.
[0019] La figure 4 montre à échelle agrandie le détail du profil de l'une (28a) des deux
nervures 28a, 28b les plus proches de l'arête. La paroi extérieure 28a₂ de cette nervure
28a se raccorde à la paroi 24a, d'une part, du côté supérieur, par une partie inclinée
28α₁ a formant chanfrein et, d'autre part, du côté inférieur par une partie d'accrochage
28a₃ à profil en L renversé. La paroi 28a₂, qui délimite le fond de l'entaille 34a,
a une épaisseur inférieure à celle de la paroi 24a, créant ainsi un point critique
ou point faible favorisant la déformation du joint au niveau de l'entaille. La partie
supérieure en forme de chanfrein 28a₁ empêche que le joint, en reprenant sa forme
d'origine, entraîne du béton.
[0020] La figure 5 illustre un autre mode de réalisation d'un joint de dilatation conforme
à l'invention.
[0021] Le joint 40 montré à la figure 5 diffère de celui de la figure 4 essentiellement
dans la forme des zones d'affaiblissement.
[0022] En effet, le joint 40 a une section en T renversé avec une embase 42 de laquelle
fait saillie une partie 44 formant règle et ayant des parois latérales 44a, 44b munies
de nervures longitudinales 48a, 48b destinées notamment à permettre l'accrochage
du béton. Des entretoises longitudinales internes 52a, 52b renforcent la résistance
du joint à l'écrasement sous l'effet d'efforts exercés latéralement, tandis que des
entretoises internes 42a, 42b, situées dans le prolongement des parois 44a, 44b, renforcent
la résistance à l'écrasement sous l'effet d'efforts exercés verticalement.
[0023] Les zones d'affaiblissement consistent en des entailles longitudinales 54a, 54b formées
dans les parois latérales 44a, 44b, sur toute l'épaisseur de celles-ci, au voisinage
de l'arête supérieure 46 du joint. Du côté extérieur du joint, les bords de chaque
entaille 54a, 54b sont reliés l'un à l'autre par une partie 56a, 56b à section transversale
en forme de C.
[0024] Sous l'effet d'un effort vertical s'exerçant sur l'arête 46, les bords de chaque
entaille se rapprochent l'un de l'autre, jusqu'à venir éventuellement en contact mutuel,
en raison de la capacité de déformation élastique des parties 56a, 56b. Du côté supérieur,
chaque partie 56a, 56b à section en C est de préférence raccordée à la paroi latérale
du joint de façon à éviter que le joint, en reprenant sa forme d'origine après déformation
verticale, n'entraîne du béton vers le haut.
[0025] La réalisation d'un dallage en béton au moyen de joints conformes à l'invention comprend
les étapes suivantes.
[0026] Des joints sont disposés pour former un quadrillage sur la surface support du dallage.
Les embases des joints sont posées sur des plots en béton frais de manière que les
arêtes des joints se situent dans un même plan horizontal correspondant à la surface
supérieure du dallage à réaliser. Les joints sont découpés aisément à la scie aux
longueurs voulues. Deux joints placés bout à bout peuvent être réunis au moyen d'un
fer à béton introduit dans la partie supérieure de chacun d'entre eux. Un joint est
raccordé perpendiculairement à un autre en place en sciant son extrémité en biais
afin que son embase vienne buter contre celle en place et que les sommets des joints
soient au même niveau.
[0027] Le béton est coulé entre les joints mis en place puis est compacté et mis à niveau
au moyen d'une règle vibrante, ou autre appareil analogue, prenant appui sur les arêtes
supérieures des joints et provoquant un léger affaissement de ces arêtes en raison
de la présence des entailles.
[0028] Après passage de la règle vibrante, les arêtes des joints retrouvent leur position
initiale. La formation des entailles au voisinage de l'arête du joint, au plus bas
au niveau des nervures extérieures les plus proches de l'arête, fait que le retour
de l'arête à sa position initiale ne s'accompagne pas d'un relèvement du béton accroché
aux parois latérales et, par conséquent, ne provoque pas la formation d'une ondulation
du béton. Par ailleurs, le relèvement de l'arête après passage de la règle vibrante
permet le dégagement de l'arête et la formation d'une ligne de joint nette et rectiligne.
[0029] Les joints restent ensuite à demeure dans le dallage réalisé. La capacité de déformation
des parois latérales permet de suivre les mouvements de dilatation et contraction
du béton adhé rant à ces parois grâce aux nervures extérieures dont elles sont munies.
[0030] On notera enfin que l'intérieur des joints peut être utilisé pour le passage de
câbles à l'intérieur du dallage.
1. Joint de dilatation pour dallage en béton constitué par un profilé creux en matière
plastique ayant une section en forme de T renversé, avec une partie inférieure (22
; 42) formant embase d'où fait saillie verticalement une partie (24 ; 44) formant
règle ayant des parois latérales (24a, 24b ; 44a, 44b) convergeant l'une vers l'autre
en direction de l'arête supérieure (26 ; 46) du joint (20 ; 40), lesdites parois latérales
présentant du côté extérieur des nervures longitudinales (28a, 28b ; 48a, 48b) destinées
notamment à permettre l'accrochage du béton à ces parois, de sorte que le joint peut
constituer à la fois un élément de coffrage perdu pour la coulée du béton, une règle
pour la mise à niveau du béton coulé, et un joint de dilatation pouvant, par sa capacité
de déformation, suivre les dilatations et contractions du béton accroché aux parois
latérales,
caractérisé en ce que les parois latérales (24a, 24b ; 44a, 44b) du joint présentent,
à leur partie supérieure, des zones d'affaiblissement longitudinales (34a, 34b ;
54a, 54b) propres à conférer au joint une capacité de déformation verticale élastique
à sa partie supérieure.
2. Joint selon la revendication 1, caractérisé en ce que les zones d'affaiblissement
(34a, 34b ; 54a, 54b) sont formées à un niveau égal ou supérieur à celui des nervures
extérieures (28a, 28b ; 48a, 48b) les plus proches de l'arête (26) du joint.
3. Joint selon l'une quelconque des revendications 1 ou 2, caractérisé en ce que des
entretoises de renforcement (22a, 22b ; 42a, 42b) sont disposées dans l'embase (22,
42) dans le prolongement des parois latérales (24a, 24b ; 44a, 44b) du joint.
4. Joint selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que les
zones d'affaiblissement sont des entailles (34a, 34b) formées, du côté intérieur des
parois latérales (24a, 24b), au niveau des nervures extérieures les plus proches
de l'arête du joint, et ces nervures se raccordent aux parois latérales (24a,24b)
du joint, du côté supérieur, par des parties inclinées (28a₁) en forme de chanfrein.
5. Joint selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que les
zones d'affaiblissement sont des entailles (54a, 54b) formées dans les parois latérales
(44a, 44b) du joint, les bords de chaque entaille étant reliés l'un à l'autre, du
côté extérieur des parois latérales, par une partie (56a, 56b) déformable élastiquement
en direction verticale.