[0001] La présente invention a pour objet une chaussure de ski comprenant un chausson intérieur
de confort et des moyens auxiliaires de calage d'au moins une partie du pied, ces
moyens étant ajustables de l'extérieur.
[0002] Pour un bon guidage du ski, il est essentiel que le pied du skieur soit parfaitement
maintenu dans la chaussure. Il doit en outre également être maintenu en place lors
de la flexion de la jambe vers l'avant, flexion qui a tendance à soulever le talon.
A cet effet des moyens auxiliaires de maintien du talon et de l'avant pied ont déjà
été proposés.
[0003] En ce qui concerne le calage du talon on a déjà proposer d'amincir la chaussure
dans des zones situées entre les malléoles, le talon et le tendon d'Achille et d'exercer
sur ces zones amincies une pression au moyen de deux organes d'appui reliés par une
boucle permettant d'exercer une pression variable sur les zones amincies et par là
sur le chausson intérieur. Une telle chaussure est décrite dans le brevet FR-2 334
315. Les moyens utilisés sont relativement complexes et encombrants. Ils nécessitent
en outre des amincissements de la coque de la chaussure en un endroit fortement sollicité
et qui réduisent sa rigidité et la rendent fragile. Compte tenu de ces inconvénients,
certains constructeurs se sont détournés d'une telle solution pour adopter un système
de cales amovibles montées entre la paroi de la tige de la chaussure et le rembourrage
fixé sur cette tige, comme décrit et représenté dans la demande de brevet FR-2 608
384.
[0004] De telles cales ne sont toutefois pas immédiatement ajustables, par l'utilisateur,
de l'extérieur de la chaussure.
[0005] Il est également connu, dans une chaussure à chaussage par l'arrière comprenant un
bas de coque sur lequel est articulé une demi-tige arrière, de bloquer le talon au
moyen d'un dispositif à vis agissant sur une languette solidaire du bas de coque (FR
2 562 395). La pression s'exerçant centralement sur le talon d'Achille, elle est forcément
limitée. Le brevet AT-385 185 propose également d'utiliser un dispositif à vis dirigé
sur le tendon d'Achille mais agissant sur des languettes par l'intermédiaire de deux
bras. Le dispositif occupe un volume considérable dans la chaussure. Les deux dispositifs
mentionnés ci-dessus ne permettent en outre pas d'ajuster différemment les deux côtés
du talon.
[0006] Il est également connu de maintenir ou de caler l'avant-pied au moyen d'une tige
filetée entraînable en rotation de l'extérieur et coopérant avec un écrou solidaire
d'une sangle s'étendant sur une partie du pourtour de l'avant-pied (FR 2 548 877,
FR 2 547 487 et FR 2 608 903). La tige filetée peut également coopérer avec deux écrous
respectivement solidaires de deux sangles ou de deux plaques d'appui (FR 2 469 885
et FR 2 381 483). Ces dispositifs sont relativement compliqués et ne garantissent
pas une immobilisation du pied dans la chaussure ou alors seulement contre l'une des
parois latérales intérieures de la coque de la chaussure. Ces dispositifs sont en
outre sensibles au gel.
[0007] Reprenant l'idée d'un calage réglable immédiatement de l'extérieur de la chaussure,
la présente invention a pour but de réaliser ce calage par des moyens aussi simples
que possible, peu sensibles au gel, à réglage continu et permettant un ajustage différencié
des deux côtés du talon, respectivement de l'avant-pied, lorsqu'ils sont présents
de chaque côté de la chaussure.
[0008] La chaussure selon l'invention est caractérisée par le fait que les moyens auxiliaires
de calage sont constitués par au moins une came montée rotativement entre la chaussure
et le chausson et solidaires d'un pivot traversant la chaussure et muni à l'extérieur,
d'un moyen permettant son entraînement en rotation.
[0009] Selon une forme d'exécution appliquée à une chaussure à coque en matière synthétique
et comprenant un bas de coque destiné à entourer le pied et le talon et muni, à l'arrière,
d'une languette relativement souple s'étendant vers le haut, et une tige en deux
parties, dont une partie postérieure est articulée sur le bas de coque, les cames
sont montées sur la partie postérieure de la tige et agissent sur la languette du
bas de coque.
[0010] Les moyens d'entraînement sont constitués par exemple par une fente de vis permettant
d'entraîner les cames en rotation au moyen d'une pièce de monnaie.
[0011] Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, une forme d'exécution de l'invention.
La figure 1 est une vue en perspective de l'arrière d'une chaussure avec un arrachement
montrant une des cames.
La figure 2 représente schématiquement le bas de coque et le chausson intérieur, sans
la tige.
La figure 3 est une vue en coupe axiale à travers la came représentée à la figure
1.
La figure 4 est une vue en perspective d'une chaussure munie de cames de calage sur
l'avant-pied.
La figure 5 est une vue en coupe transversale selon V-V de la figure 4.
[0012] La chaussure représentée est une chaussure à coque comprenant un bas de coque 1
en matière synthétique relativement rigide entourant le pied et le talon et une tige
articulée sur ce bas de coque 1, tige comportant une partie antérieure 2 et une partie
postérieure 3, ces deux parties étant articulées sur le bas de coque en deux points
opposés dont l'un, 4, est visible sur le dessin. Ce type de chaussure, à chaussage
par l'arrière, est bien connu en soi. La partie postérieure 3 de la tige est munie
d'un rembourrage 5 coopérant avec un chausson intérieur 6 pour assurer le confort
du pied. Comme ceci est mieux visible à la figure 2, le chausson 6 est muni à l'arrière
d'une poche 7 dans laquelle s'engage une languette 8 relativement souple solidaire
du bas de coque 1 par une partie rétrécie 9 permettant à la languette de fléchir vers
l'avant et vers l'arrière et de prendre une courbure plus ou moins prononcée.
[0013] Sur la partie postérieure 3 de la tige, dans deux zones situées au-dessus du talon,
de chaque côté de la chaussure et de part et d'autre de la partie de la tige destinée
à venir en face du tendon d'Achille du skieur, sont disposées deux cames 10 dont l'une
est visible sur le dessin. Les zones du pied concernées sont donc les zones délimitées
par les malléoles, le talon et le tendon d'Achille. Chaque came 10 est solidaire
d'un pivot 11 traversant la paroi de la partie postérieure 3 de la tige et munie à
l'extérieur d'une tête 12 présentant une fente de vis 13 pour son entraînement au
moyen d'une pièce de monnaie ou d'un tournevis. La came 10 présente un bossage 14
s'étendant sur environ la moitié du disque 15 constituant la base de la came et centré
sur l'axe du pivot 11. La came pourrait cependant avoir une forme différente. Elle
pourrait par exemple avoir la forme d'une came cloche telle que connue en mécanique.
L'essentiel est que lors de la rotation de la came, celle-ci vienne repousser progressivement
vers l'intérieur le côté de la languette 8 qui vient donc se refermer de chaque
côté du tendon d'Achille. Il est ainsi possible de caler parfaitement le talon.
[0014] La faible pente circonférentielle de la came suffit en principe à empêcher que la
réaction de la languette 8 sur la came entraîne cette dernière en rotation. Toutefois,
il est possible de prévoir un système de crantage pour maintenir la came dans la position
choisie.
[0015] L'invention a été décrite dans le cas d'une chaussure à chaussage par l'arrière,
mais le système de cames décrit peut être monté sur tout type de chaussure à tige
articulée ou non.
[0016] Dans le cas d'une chaussure ne présentant pas la languette 8, les cames pourraient
agir directement sur le chausson ou sur le rembourrage solidaire de la partie arrière
de la tige. Les cames pourraient être montées sur un bas de coque. Les cames pourraient
être entraînées en rotation par tout autre moyen qu'une fente de vis.
[0017] Les cames peuvent être en métal ou en plastique dur. Une ou deux cames analogues
aux cames décrites ci-dessus pourraient être également utilisées pour caler l'avant-pied.
Un exemple est représenté aux figures 4 et 5. La chaussure représentée est équipée
de deux cames 16 et 17 montées sur la coque 1, de part et d'autre du plan vertical
médian de cette coque. Les cames agissent sur une plaque flexible 18 montée entre
la coque 1 et le chausson de confort 6, qui a pour fonction de répartir la pression
des cames. Cette plaque 18 est constituée soit par le prolongement d'un répartiteur
de pression recouvrant le cou-de-pied pour la répartition de la pression d'un câble,
soit par une plaque particulière qui peut être fixée par son extrémité dans la région
du bout du pied. L'action des cames 16 et 17 permet non seulement de caler le pied
dans la chaussure mais aussi de positionner l'axe du pied de façon optimale pour la
conduite du ski.
1. Chaussure de ski comprenant un chausson intérieur de confort (6) et des moyens
auxiliaires de calage d'au moins une partie du pied, ces moyens étant ajustables de
l'extérieur, caractérisée par le fait que les moyens auxiliaires de calage sont constitués
par au moins une came (10) montée rotativement entre la chaussure et le chausson et
solidaire d'un pivot (11) traversant la chaussure et muni, à l'extérieur, d'un moyen
(13) permettant son entraînement en rotation.
2. Chaussure selon la revendication 1, caractérisée par le fait qu'elle comprend deux
cames montées de part et d'autre de la partie de la chaussure destinée à venir en
face du tendon d'Achille.
3. Chaussure selon la revendication 2, en matière synthétique, comprenant un bas
de coque (1) destiné à entourer le pied et le talon et muni, à l'arrière, d'une languette
(8) relativement souple s'étendant vers le haut, et une tige en deux parties (2, 3)
dont une partie postérieure (3) est articulée sur le bas de coque, caractérisée par
le fait que les cames (10) sont montées sur la partie postérieure (3) de la tige
et agissent sur la dite languette (8).
4. Chaussure de ski à coque selon la revendication 1, 2 ou 3, caractérisée par le
fait qu'elle comprend deux cames montées sur la coque, de chaque côté de l'avantpied
et un élément répartiteur de pression disposé entre les cames et le chausson (6).