[0001] L'invention est relative aux dispositifs destinés à ralentir dissuasivement la vitesse
des véhicules automobiles.
[0002] De tels dispositifs sont disposés sur la chaussée pour dissuader les conducteurs,
se rapprochant d'une zone piétonne ou dangereuse, d'aborder cette zone à grande vitesse.
[0003] Ces dispositifs sont soit constitués par un aménagement de la chaussée, formant ce
qui est couramment appelé un dos d'âne ou un gendarme allongé, soit composés de moyens
rapportés et fixés sur la chaussée.
[0004] L'état de la technique concernant ces derniers moyens est constitué par le brevet
U.S. 4 362 424 décrivant un dispositif composé d'un boudin transversal rempli, en
tout ou partie, par un fluide dont l'échappement, plus ou moins retardé en direction
d'une chambre complémentaire lors du passage des roues du véhicule, détermine la valeur
du choc transmis au véhicule. Il s'agit donc là d'un dispositif fonctionnant par dégonflage.
Si de tels dispositifs assurent bien leur fonction dissuasive, consistant en la menace
de secouer fortement le véhicule et le conducteur au-delà d'un certain seuil de vitesse,
ils présentent l'inconvénient, en ne se dégonflant pas totalement, même pour une faible
vitesse de passage, de soumettre à rude épreuve les amortisseurs et les organes de
direction du véhicule. Pour éviter cela, les conducteurs ralentissent bien en dessous
de la vitesse réglementaire, ce qui conduit à un freinage important et à un accroissement
de la consommation énergétique lors de l'accélération après l'obstacle.
[0005] On connait par le brevet U.S. 3 389 677 un dispositif composé d'un boudin transversal
aval se gonflant par l'air chassé de boudins longitudinaux lors du passage du véhicule
sur eux. Un tel dispositif qui utilise donc des moyens élastiques aptes à être déformés
par un fluide compressible, proportionnellement à la vitesse du véhicule, présente
l'inconvénient d'exiger pour être efficace des boudins longs et onéreux. De plus,
mettant en oeuvre des boudins élastiques et un fluide compressible, il a un temps
de fonctionnement long et procure des résultats d'autant plus aléatoires que le gonflage
du boudin transversal dépend de son débit de fuite dans un réservoir auxiliaire.
[0006] La présente invention a pour but de fournir un dispositif ralentisseur supprimant,
pour les véhicules ne dépassant pas la vitesse autorisée, tous les désagréments consécutifs
à son franchissement, mais réagissant rapidement en formant une excroissance ferme
engendrant un choc dissuasif sur les roues d'un véhicule l'abordant au-delà de la
vitesse autorisée, tout en reprenant rapidement son état au repos après passage sur
lui du véhicule.
[0007] Ce dispositif est du type composé de plusieurs conduits tubulaires longitudinaux
qui, parallèles entre eux et disposables sur une chaussée, parallèlement à la direction
de déplacement des véhicules, sont fermés à leur extrémité amont et communiquent par
leur extrémité aval avec une chambre transversale gonflable et élastique contenant
le même fluide qu'eux.
[0008] Selon l'invention, chacune des chambres gonflables, d'une part, est disposée dans
une enveloppe déformable, en matériau inextensible, formant une saillie transversale
ayant de plus grandes dimensions que la chambre gonflable lorsque cette dernière est
à l'état dégonglé, et, d'autre part, est remplie au moins à pression atmosphérique
par un fluide incompressible, remplissant également les conduits tubulaires, tandis
que, d'une part, ces conduits tubulaires sont réalisés dans un matériau déformable,
mais inextensible, et sont munis de couloirs pour transférer le fluide hors de la
zone de mise en pression par l'une des roues du véhicule, et de moyens contrôlant
le débit différentiel crée en direction de la chambre gonflable, de manière à accroître
ce débit proportionnellement à la vitesse du véhicule et que, d'autre part, un tapis
souple de protection et de roulement pour les véhicules recouvre la totalité des conduits
tubulaires longitudinaux et enveloppes transversales.
[0009] Lorsqu'un véhicule circule sur le dispositif, l'appui de ses roues sur le tapis supérieur
et sur les conduits tubulaires comprime certains de ces conduits en provoquant le
déplacement du fluide incompressible qu'ils contiennent. Grâce à la structure des
conduits, le fluide se divise dans les conduits sollicités en un débit d'échappement
ou de transfert, tendant à se répartir hors de la zone soumise à la pression, et en
un débit différentiel tendant à gonfler la chambre gonflable. Les proportions relatives
des deux débits dépendent des moyens de contrôle.
[0010] Lorsque le véhicule roule sur le dispositif à une vitesse inférieure au seuil de
limitation, le débit différentiel est faible et insuffisant pour gonfler la chambre,
de sorte que le véhicule peut déformer l'enveloppe déformable contenant la chambre
gonflable sans être soumis à une secousse dissuasive. Par contre, lorsque la vitesse
du véhicule dépasse le seuil de limitation, le débit différentiel est le plus important
et provoque le gonflement de la chambre à l'intérieur de l'enveloppe, enveloppe qui
forme ainsi un obstacle ayant la structure d'un pneumatique gonflé par une chambre
à air et une dureté d'autant plus importante que la pression de gonflage est élevée,
et donc que le véhicule roule vite.
[0011] La saillie, ainsi obtenue, a donc une rigidité variable procurant une dissuasion
adaptée à la vitesse du véhicule.
[0012] Dès que les roues quittent le dispositif, la pression exercée par elles sur le dispositif
disparait, les moyens sur les débits, respectivement transféré et différentiel, n'ont
plus d'effet et le fluide se répartit à nouveau dans les conduits, aidés en cela par
l'élasticité de la chambre qui se dégonfle et reprend son état initial.
[0013] Dans une forme d'exécution de l'invention, les moyens contrôlant le débit différentiel
et intervenant sur le débit transféré, sont constitués par des clapets coopérant avec
des ouvertures ménagées dans les parois latérales des conduits et constituant couloirs
de transfert latéral.
[0014] Dans une autre forme d'exécution, ces moyens sont constitués par la paroi supérieure
de chaque conduit tubulaire formant organe d'étranglement en coopérant avec le socle
du conduit, muni d'au moins une rainure de transfert du fluide.
[0015] D'autres caractéristiques et avantages ressortiront de la description qui suit en
référence au dessin schématique annexé, représentant à titre d'exemples non limitatifs
deux formes d'exécution de ce dispositif.
Figure 1 est une vue de côté en élévation avec coupe partielle d'une première forme
d'exécution du dispositif,
Figure 2 est une vue schématique en plan par dessus du socle de ce dispositif,
Figures 3, 4 et 5 sont des vues partielles en coupe transversale et à échelle agrandie
suivant, respectivement III-III, IV-IV et V-V de figure 2,
Figure 6 est une vue partielle en perspective du socle,
Figure 7 et une vue partielle en perspective par dessous de la membrane disposée sur
ce socle,
Figure 8 est une vue de côté en coupe transversale montrant schématiquement le fonctionnement
du dispositif.
Figure 9 est une vue en plan par dessus avec coupe partielle d'une deuxième forme
d'exécution du dispositif,
Figure 10 est une vue en coupe longitudinale suivant X-X de figure 9 montrant le dispositif
au repos,
Figure 11 est une vue partielle en perspective et en coupe suivant XI-XI de figure
10, montrant la section transversale des conduits,
Figure 12 est une vue en coupe transversale similaire à la figure 10 mais montrant
le dispositif en fonctionnement.
[0016] Dans la forme d'exécution des figures 1 à 8, le dispositif est composé d'un socle
1 sur lequel est fixée une membrane 2 recouverte par un tapis souple 3 servant d'interface
entre les pneumatiques des véhicules et cette membrane.
[0017] Le socle 1, réalisé en matériau déformable mais inextensible, et par exemple en caoutchouc
armé, comprend, comme montré figures 2 et 6, plusieurs rangées d'alvéoles 7-7a ouvertes
vers le haut, délimitées par des nervures 6 formant un quadrillage. Chacune de ces
nervures 6, qui constitue une cloison de séparation entre deux alvéoles 7, comporte
au moins une ouverture permettant la communication entre ces alvéoles, et en particulier
des ouvertures longitudinales 20 et des ouvertures latérales 22.
[0018] Comme le montre la figure 2, chacune des ouvertures 20 et 22 est destinée à coopérer
avec un clapet, respectivement, limiteur de débit 4 et unidirectionnel 5.
[0019] Pour réduire l'épaisseur du socle sans perturber le fonctionnement des clapets, chacune
des ouvertures 20 et 22 est associée à un évidement réalisé dans le fond de l'alvéole,
référencé respectivement 23 pour les ouvertures 20 et 24 pour les ouvertures latérales
22. Il est bien évident que ces évidements ne traversent pas le fond du socle.
[0020] Comme le montre, plus particulièrement, la figure 6, le fond du socle peut comporter
au dessous de chacune des alvéoles 7, des évidements 25 qui l'assouplissent localement.
[0021] La membrane 2, représentée plus en détails à la figure 7, est constituée par une
nappe en matière déformable mais inextensible présentant une faible épaisseur. Cette
membrane est liée au socle 2 par collage sur les nervures 6 ou, comme représenté figure
3, par des languettes 17 à tenons 17a s'encliquetant dans des rainures en T 10 ménagées
dans les nervures 6. La figure 7 met en évidence que ces languettes sont disposées
dans les intervalles entre les volets 9 et 13 constituant les clapets 4 et 5. Les
languettes, de même que les volets 9 et 13, peuvent venir de moulage avec la membrane
2, mais peuvent aussi être rapportées par collage sur celle-ci. Dans ces conditions,
et comme montré à la figure 7, chacun d'eux comporte une base large 9a-l3a améliorant
sa fixation sur la membrane et rigidifiant sa position par rapport à cette dernière.
Lorsque la membrane est mise en place sur le socle 2, elle est recouverte par le tapis
3 qui est lié, au moins par ses bords, aux bords du socle 1.
[0022] La figure 4, montrant plus en détails la structure d'un clapet 4 limiteur de débit,
met en évidence que le volet souple 9, constituant le clapet proprement dit, est disposé
dans une ouverture latérale 22, plonge dans un logement 8 ménagé au fond de l'évidement
24. Les faces latérales 11 et 12 de ce logement 8 constituent des faces de butée qui
limitent les déplacements du volet 9 et forment une sorte de siège.
[0023] Quant aux clapets unidirectionnels 5 représentés à la figure 5, leurs volets souples
13, disposés transversalement dans une ouverture longitudinale 20, plongent dans un
évidement 26 ménagé dans le fond de l'évidement 23. Ce logement comporte une face
de butée 27 qui constitue siège en coopérant avec le volet 13. Il est à noter que
tous les clapets 5 sont disposés de la même façon et de manière à ne laisser passer
le fluide que dans le sens de la flèche 28 correspondant au sens de déplacement du
véhicule sur le dispositif. La figure 5 met en évidence que l'extrémité inférieure
de la patte 13 constituant clapet, est à distance du fond du logement 26, pour former
avec ce dernier un canal laissant passer le fluide, et comporte dans sa zone de fixation
à la membrane 2, une réduction d'épaisseur 13b lui donnant une plus grande élasticité
que les volets 9 des clapets 4.La section de passage des clapets latéraux 4 est plus
grande que celle du clapet unidirectionnel 5 associé à la même alvéole.
[0024] Chaque rangée d'alvéoles 7 forme avec la membrane intermédiaire 2 un conduit tubulaire
désignée, rexpectivement par A, B, C et D à la figure 2. Chaque conduit communique
par une ouverture 29 avec la dernière alvéole 7a de chaque rangée ne comportant, par
ailleurs, aucune autre ouverture dans ses parois. Chaque alvéole 7a est fermée dans
sa partie supérieure par la membrane 2 qui comporte, àcet endroit, une partie en forme
2a constituant une saillie, déformable mais inextensible. Les saillies 2a sont alignées
transversalement à la direction de circulation de la chaussée et sont disposées dans
un tunnel 3a ménagé dans le tapis 3. Le logement 31, formé par chaque alvéole 7a et
partie 2a de la membrane, contient une chambre gonflable 30 dont le conduit 32 est
connecté à l'ouverture 29 communiquant avec l'avant dernière alvéole de la rangée.
La chambre 30 est réalisée en matériau extensible élastiquement. Elle est remplie,
comme le conduit tubulaire avec lequel elle communique, par un fluide incompressible,
tel que l'eau, sous une pression au moins égale à la pression atmosphérique. Dans
son état rempli et dégonflé, elle occupe un volume dont les dimensions sont inférieures
à celles des dimensions du logement interne 31 délimité par l'alvéole 7a et la partie
2a de la membrane.
[0025] En fonctionnement, le dispositif ralentisseur est disposé soit directement sur la
chaussée, soit dans un évidement, ménagé dans celle-ci, ayant une profondeur telle
que la face supérieure du tapis 3 soit au niveau de ladite chaussée. Par ailleurs,
le dispositif est orienté de manière que les conduits soient parallèles au sens de
circulation et que tous les clapets unidirectionnels 5 laissent passer le fluide dans
le sens de circulation des véhicules, représenté par la flèche 28 aux figures 2 et
5.
[0026] Un tel dispositif fonctionne suivant le principe d'une pompe hydrostatique utilisant
l'énergie du véhicule qui le franchit. Plus précisément, lorsqu'un véhicule pénètre
sur le dispositif, chacun des pneumatiques de ses roues il prend appui, en largeur,
sur au moins une rangée longitudinale d'alvéoles 7. Le poids et l'énergie du véhicule
sont donc instantanément communiqués, par le tapis 3 et par la membrane 2, au liquide
contenu dans les alvéoles 7 de la rangée. Si la vitesse du véhicule est plus faible
que la vitesse réglementée, l'eau chassée d'une alvéole passe, par les clapets latéraux
4 et les clapets longitudinaux 5, en contournant par le bas leurs volets 9 et 13 et
en passant, sans grande perte de charge, par les évidements et logements correspondants.
L'eau ainsi chassée d'une alvéole transite vers les alvéoles latérales pour revenir
dans l'alvéole de départ aussitôt que le pneumatique est passé à l'alvéole suivante
de la même rangée.
[0027] Il apparait ici que le déplacement du véhicule a une vitesse inférieure à la vitesse
limite, engendre un débit important de transfert entre alvéoles et un débit différentiel
de gonflage de la chambre 20 qui est insuffisant pour gonfler cette chambre, de sorte
que la saillie formée en aval de la rangée conserve sa possibilité de déformation,
c'est à dire ne produit aucun effet susceptible de s'opposer à l'avancement du véhicule
en engendrant un choc.
[0028] Si la vitesse du véhicule est plus grande que la vitesse limite, le débit d'eau chassé
par chaque alvéole atteint le seuil critique dans les clapets latéraux limiteurs de
débit 4, c'est à dire provoque l'inclinaison des volets 9 dans le sens du courant
jusqu'à leur contact avec les parois 11 ou 12 du logement 8, et provoque la fermeture,
au moins partielle, de ce clapet. Le débit de transfert est ainsi réduit tandis qu'est
augmenté le débit différentiel de gonflage, accru, par ailleurs, par la fermeture
des clapets unidirectionnels 5 disposés en amont de l'alvéole soumise à la pression
de la roue. Il en résulte que l'eau ne peut quitter l'alvéole sollicitée qu'en empruntant
le clapet unidirectionnel 5, alors ouvert et disposé en avant d'elle, pour aller en
direction de la dernière alvéole 7a et dans la chambre 30. Ce transfert s'effectue,
sucessivement d'alvéole en alvéole, au fur et à mesure que le véhicule avance sur
les alvéoles et cela jusqu'à la dernière alvéole 7a de la rangée et la chambre 30.
Cette dernière est soumise à un afflux d'eau qui provoque son gonflage dans le logement
31. La chambre épouse la forme interne de ce logement, et rigidifie la partie 2a de
la membrane et localement le tunnel 3a. Elle provoque la formation d'une saillie 33
d'autant plus résistante et rigide que la pression, donc la vitesse du véhicule est
élevée.
[0029] Dès que le véhicule a quitté le dispositif ralentisseur, les clapets 4 et 5 s'ouvrent
et les alvéoles gonflées se vidangent dans les alvéoles latérales par les clapets
4, aidée en cela par l'élasticité de la chambre élastique 30, alors en extension.
[0030] Dans une variante de réalisation, les ouvertures longitudinales 20 ménagées dans
le socle 1 ne comportent pas de clapets unidirectionnels 4 afin de permettre la circulation
dans les deux sens sur le dispositif. Cette configuration résoud l'éventualité où
un véhicule passerait sur la ligne médiane de la chaussée pour rouler sur le dispositif
ralentisseur réservé à l'autre sens de circulation.
[0031] Il ressort donc que ce dispositif, peu encombrant, remplit bien son rôle de dissuasion,
mais uniquement lorsque les véhicules l'abordant sont à une vitesse supérieure à la
vitesse réglementée.
[0032] Il est évident que l'adaptation du tapis à la vitesse limite est effectuée par le
choix des matériaux constituant les volets des clapets, mais aussi par le choix des
sections de passage de ces divers clapets, et par la nature et notamment la viscosité
du fluide utilisé, qui peut être de l'eau ou tout autre produit liquide.La forme d'exécution
décrite en référence aux figures 9 à 12 se différencie de la précédente par le fait
que les conduits tubulaires sont réels et que les moyens contrôlant le débit différentiel
de gonflage sont constitués par la paroi supérieure de chaque conduit formant un étranglement.
[0033] Chaque conduit tubulaire 35 est disposé parallèlement à ses voisins et à la direction
de déplacement des véhicules, entre un socle 36 et un tapis supérieur 37. Tous ces
éléments sont réalisés dans des matériaux déformables, mais inextensibles, armés ou
non. Chaque conduit 35 est composé d'un fond 38 et d'une paroi supérieure cambrée
et déformable 39. Le fond 38 comporte longitudinalement au moins une, et en l'occurence
deux rainures 40. L'extrémité aval du conduit est fermée et son extrémité amont est
munie d'une ouverture 42 dans laquelle est engagée l'extrémité d'un conduit 43 d'une
chambre gonflable 44. Le conduit 43 traverse par une ouverture appropriée la paroi
d'une enveloppe tubulaire 45, de section semi-circulaire avec fond plat, réalisée
dans un matériau déformable et inextensible. Cette enveloppe est disposée transversalement
à l'extrémité aval des conduits 35, en alignement avec les autres enveloppes, dans
un tunnel 37a formé à l'extrémité aval du tapis 37.
[0034] Chaque conduit 35 et chambre 44 correspondante sont remplis par un fluide incompressible,
tel que de l'eau, à une pression au moins égale à la pression atmosphérique. A l'état
dégonglé, comme montré figure 10, la chambre occupe un volume inférieur à celui interne
de l'enveloppe 45.
[0035] Lorsqu'une roue 11 de véhicule circule longitudinalement sur l'une des conduits,
elle abaisse localement le niveau du tapis 37 et celui de la paroi supérieure 39 du
conduit qui constitue alors organe d'étranglement, en réduisant la section du conduit
à une valeur égale à la somme des sections des canaux de transfert formés par les
rainures 40. Le conduit est donc parcouru par un débit de transfert dirigé vers son
extrémité amont et par un débit différentiel dirigé vers son extrémité aval dont la
valeur est d'autant plus grande que le véhicule a une vitesse importante, c'est à
dire que la zone d'étranglement se déplace rapidement dans le sens de la flèche 28
et génère un débit instantané et une pression élevée.
[0036] Ainsi, comme dans la forme d'exécution précédente, pour une vitesse du véhicule supérieure
à la vitesse réglementée, la chambre 44 se gonfle à l'intérieur de l'enveloppe 45
et forme un obstacle d'autant plus rigide que la vitesse est élevée et constitue une
saillie offrant une résistance au passage des roues et générant un choc, à la façon
d'un cassis.
[0037] Dans ce dispositif, où le seuil de gonflage dépend de la section transversale des
rainures 40 du fond des conduits 35, la valeur de ce seuil est déterminée constructivement
par la section des rainures et la faculté de déformation de la paroi supérieure 39
du conduit.
[0038] Il faut noter que dans les deux formes d'exécution, et à la différence des dispositifs
de l'art antérieur, la rigidité de la saillie ne dépend pas d'un débit de fuite affectant
cette saillie, mais d'un débit différentiel d'alimentation de la saillie, dont la
valeur dépend d'un débit de fuite ou de transfert s'effectuant en amont de cette saillie.
De plus, les organes formant pompe sont réalisés en matériaux déformables, mais inextensibles,
et collaborent avec un fluide incompressible, afin d'utiliser exclusivement l'onde
de pression pour le gonflage de la chambre, sans gonflage des conduits, et obtenir
des résultats réguliers. Grâce à cela, le retour à la normal du dispositif, après
passage du véhicule, s'effectue très rapidement sans conservation de pression dans
les chambres gonflables, ce qui garantit la fiabilité de la dissuasion. Il est évident
que pour parvenir à ce résultat, les canaux de communication entre les conduits tubulaires
et les chambres gonflables respectives ont des sections déterminées pour ne pas constituer
des étranglements freinant le gonflage ou le dégonflage.
[0039] Bien entendu, chacun des conduits A ou 35 a une flargeur au plus égale à la moitié
de la largeur d'un pneumatique de roue et est séparée transversalement de ses voisins
par une distance inférieure à sa propre largeur afin que chaque roue roule au moins
sur un conduit.
1. Dispositif de réduction dissuasive de la vitesse d'un véhicule du type composé
de plusieurs conduits tubulaires longitudinaux, parallèles entre eux et à la direction
du trafic routier, ayant chacun leur extrémité amont fermée et leur extrémité aval
en communication avec une chambre gonflable, contenant le même fluide qu'eux et apte
à former une saillie offrant une résistance d'autant plus importante au passage des
roues du véhicule que la vitesse de celui-ci est élevée, caractérisé en ce que chacune
des chambres gonflables (30-44), d'une part, est disposée dans une enveloppe déformable
(2a-45), en matériau inextensible, formant une saillie transversale ayant de plus
grandes dimensions que la chambre gonflable lorsque cette dernière est à l'état dégonflé,
et, d'autre part, est remplie, au moins à pression atmosphérique, par un fluide incompressible,
remplissant également les conduits tubulaires (A-37), tandis que, d'une part, ces
conduits tubulaires (2a-45) sont réalisés dans un matériau déformable mais inextensible
et sont munis de couloirs (20-22-40) pour transférer le fluide hors de la zone de
mise en pression par l'une des roues du véhicule, et de moyens (4-5-39) contrôlant
le débit différentiel crée en direction de la chambre gonflable (30-44), de manière
à accroître ce débit proportionnellement à la vitesse du véhicule, et que, d'autre
part, un tapis souple (3-37), de protection et de roulement pour les véhicules, recouvre
la totalité des conduits tubulaires longitudinaux et enveloppes transversales.
2. Dispositif selon la revendication 1 caractérisé en ce que les conduits tubulaires
(A, B, C) sont constitués, d'une part, par des rangées d'alvéoles (7) qui, réalisées
dans un socle (1) en matériau souple mais inextensible, sont délimitées par des nervures
(6), munies d'ouvertures latérales (22) de transfert et longitudinales (20) de communication
entre alvéoles, et d'autre part, par une membrane intermédiaire (2), en matériau déformable
mais inextensible, liée aux nervures (6) du socle (1) en obturant de manière étanche
chacune des alvéoles (7-7a) pour former des chambres (31) contenant le fluide incompressible,
tandis que chacune des alvéoles aval (7a), de chaque rangée d'alvéoles, ne comporte
qu'une ouverture (29), de communication avec l'avant dernière alvéole, et contient,
avec une zone en forme (2a) de la membrane (2), une chambre gonflable (30) communiquant
seule avec l'ouverture (29), et qu'au moins les ouvertures latérales (22) des alvéoles
(7) sont munies de moyens (4) de réglage de débit organisant les transferts latéraux
du fluide entre alvéoles.
3. Dispositif selon l'ensemble des revendications 1 et 2, caractérisé en ce qu'il
comprend également des clapets unidirectionnels 5 disposés dans les ouvertures longitudinales
20 de chaque alvéole 7 et aptes à emp̂echer tous transferts longitudinaux du fluide
dans le sens opposé au sens d'avancement du véhicule.
4. Dispositif selon l'ensemble des revendications 1 et 3 caractérisé en ce que les
clapets limiteurs de débit 4 et/ou unidirectionnels 5 sont fixés sur la membrane intermédiaire
2.
5. Dispositif selon l'ensemble des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que chacun
des clapets 4 et 5 est constitué par un volet 9-13 en matériau élastique solidaire,
avec possibilité de pivotement, d'une base de rigidification 9a-l3a liée à la membrane
intermédiaire 2.
6. Dispositif selon l'ensemble des revendications 1 et 2 et l'une quelconque des revendications
3 à 5, caractérisé en ce que la membrane intermédiaire (2) est solidaire, dans les
intervalles entre clapets, de languettes 17 à tenons l7a s'encliquetant dans des rainures
en T 10 ménagées dans les rainures 6 du socle 1.
7. Dispositif selon l'ensemble des revendications 2 et 3, caractérisé en ce que les
clapets limiteurs de débit (4) de chaque alvéole (7) ont une section de passage plus
grande que celle du clapet unidirectionnel 5 affecté à la même alvéole.
8. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que chacun des conduits
tubulaires (35) est composé d'un socle 38 comportant au moins une rainure longitudinale
(40), constituant couloir de transfert lorsque le véhicule roule sur le dispositif,
et d'une paroi supérieure (39), cambrée et déformable, apte à venir en contact avec
le socle (38) et constituant moyens de limitation du débit transféré vers l'aval.
9. Dispositif selon l'ensemble des revendications 1 et 8, caractérisé en ce que chaque
enveloppe déformable et inextensible (45) est constituée par un tronçon tubulaire,
de section semi-circulaire à base plane, comportant localement un alésage pour le
passage du conduit (43) reliant la chambre gonflable (44) au conduit tubulaire (35)
correspondant, et est disposée, en alignement avec les autres enveloppes déformables,
dans un tunnel transversal 37a formé dans le tapis souple (37) de protection.
10. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 1, 2 et 8, caractérisé en
ce que chacun des conduits tubulaires (35) a une largeur au plus égale à la moitié
de la largeur d'un pneumatique et est espacé des conduits juxtaposés d'une valeur
inférieure à la moitié de la largeur d'un pneumatique de roue du véhicule.