[0001] L'invention est relative à une montre-bracelet comportant une carrure métallique,
une platine sur laquelle est monté un mouvement pourvu d'un affichage de l'heure,
la platine étant venue d'une pièce avec la carrure pour former une platine carrure,
une glace et un fond rapportés respectivement sur les faces supérieure et inférieure
présentées par la carrure, des première et seconde garnitures étant interposées respectivement
entre la glace et la carrure et entre le fond et ladite carrure.
[0002] Une montre dans laquelle la platine et la carrure sont faites en une seule pièce,
est connue du document EP-A-0 216 223 (US-A-4 696 577). Dans cette montre, la platine
carrure est réalisée en laiton, matériau qui a l'avantage de se laisser facilement
usiner, mais qui est très sujet à l'oxydation. Pour prévenir cette oxydation, la
platine est recouverte d'une couche de nickel ou d'or dont l'épaisseur totale ne dépasse
généralement pas 2 m. Ceci est suffisant pour protéger le laiton, tout en modifiant
au minimum les cotes de la platine. Cette épaisseur n'est toutefois pas suffisante
pour protéger les parties exposées de la carrure soumise à de nombreuses agressions
ou contraintes telle sque des chocs ou des abrasions. Aussi l'invention décrite dans
le document cité proposet-elle de revêtir ces parties exposées, notamment la tranche
extérieure de la carrure, d'une couche de protection plus épaisse que l'épaisseur
de la couche recouvrant la platine. Ceci pose un problème de fabrication qui est
résolu par plusieurs opérations successives et qui consistent à revêtir la platine
d'une mince couche de protection, puis d'empiler plusieurs platines carrures l'une
sur l'autre et à revêtir les parties apparentes de cet assemblage d'une couche épaisse
de protection. Après désassemblage, chaque platine carrure présente une tranche résistant
aux sollicitations extérieures.
[0003] Le document EP-A-0 082 119 décrit une carrure de boîte de montre dont les faces latérales
sont protégées par une baguette de forme semicylindrique réalisée en corindon. La
baguette est collée dans une rainure de même forme fraisée dans la tranche de la carrure.
On remarquera cependant que cet arrangement n'a pas pour but de protéger une boîte
dont la platine et la carrure sont faites d'une seule pièce et sont recouvertes d'une
couche de protection d'épaisseur sensiblement constante comme c'est le cas dans la
présente invention. De plus les baguettes du document cité ne servent pas de moyens
de fixation d'un bracelet. On ne voit donc pas comment l'enseignement apporté par
ce document, combiné à celui apporté par le document précédemment cité pourrait suggérer
ce qui est revendiqué dans la présente invention.
[0004] Les constructions décrites dans les documents cités nécessitent des opérations longues,
compliquées et donc onéreuses. Pour s'en affranchir, la platine carrure composant
la montre-bracelet de la présente invention est caractérisée en ce qu'elle est entièrement
recouverte d'une couche de protection d'épaisseur sensiblement constante, en ce que
ladite platine carrure est portée par deux longerons fixés de part et d'autre de la
carrure et orientés dans le sens de la direction longitudinale du bracelet, lesdits
longerons s'étendant au-delà de l'espace occupé par la platine carrure pour servir
de moyens d'attache à un bracelet et en ce que lesdits longerons sont réalisés de
telle façon qu'ils présentent une plus grande résistance aux contraintes extérieures
que ladite platine carrure.
[0005] L'invention sera comprise maintenant à l'aide de la description qui va suivre et
qui donne, à titre d'exemple et à l'aide des dessins qui l'accompagnent, un mode de
réalisation dans lequel :
- la figure 1 est une vue en plan, avec arrachement partiel d'une montre-bracelet
selon l'invention,
- la figure 2 est une coupe de la montre-bracelet selon la ligne brisée II-II de la
figure 1, et
- la figure 3 représente, de manière agrandie, une partie de la coupe de la figure
2.
[0006] La montre présentée aux figures comporte une platine carrure 10 faite d'une pièce
et comportant une partie formant platine 20 et une partie formant carrure 18.
[0007] La carrure 18 est de forme annulaire et entoure entièrement la platine 20. La carrure
18 comporte une face supérieure 22 sur laquelle s'appuie une glace 12. Entre la glace
12 et la face 22 est interposée une garniture d'étanchéité 30, logée dans une gorge
28. Comme on le voit sur la figure 2, la face 22 est cachée au regard par une métallisation
6 apposée sous la glace 12. La glace est fixée sur la face supérieure de la carrure
par collage par exemple et recouvre entièrement la face supérieure de la carrure.
De façon analogue, la carrure 18 comporte une face inférieure 24 sur laquelle s'appuie
un fond 14. Entre le fond 14 et la face 24 est interposée une garniture d'étanchéité
34, logée dans une gorge 32. Le fond est fixé sur la face inférieure de la carrure
au moyen de plusieurs vis 3, par exemple, et recouvre entièrement la face inférieure
de la carrure.
[0008] L'invention n'est pas limitée aux dispositions décrites pour la glace et le fond.
La carrure 18 pourrait être équipée d'un rebord annulaire dépassant ses faces supérieure
et inférieure et la glace et la carrure pourraient être chassées dans les logements
ainsi formés avec interposition de joints d'étanchéité.
[0009] Les figures 1 et 2 montrent encore que la carrure 18 présente des faces latérales
26 et 26a. Dans la montre-bracelet prise en exemple, la configuration de la montre
est rectangulaire, les faces latérales 26 sont celles qui s'étendent dans la direction
6h - 12h et les faces latérales 26a sont celles qui s'étendent dans la direction 3h
- 9h.
[0010] La platine 20 comporte des noyures 52 qui définissent des dégagements, dans lesquels
sont logés différents composants de la montre. Parmi ces composants, on peut relever
les moyens d'affichage formés d'aiguilles 54, ainsi que les pièces constituant les
moyens d'entraînement, de commande et de correction des moyens d'affichage, représentés
schématiquement en 58.
[0011] Si, pour certaines de ces noyures, la précision peut être relativement faible, pour
d'autres, telles que la noyure 52a (figure 3), qui comporte un trou 52b, la précision
exigée est beaucoup plus grande. Ceci est dû au fait que le trou 52b, qui tient lieu
de pivotement à un mobile 58a, doit avoir un diamètre et une position parfaitement
définis pour garantir un bon engrènement des différents mobiles de la montre.
[0012] Aussi, pour réaliser une platine métallique dans laquelle même les tolérances les
plus serrées sont respectées, et dont la surface est protégée, on recouvre cette dernière
au moyen d'une couche 60 d'un matériau noble ou passivable, tel que l'or ou le nickel,
dont l'épaisseur est comprise entre 0,5 et 3 µm, typiquement de 2 µm.
[0013] Selon une caractéristique importante de la présente invention, la platine carrure
10 formée de la platine 20 et de la carrure 18, est entièrement recouverte de la couche
de protection 60 dont l'épaisseur est sensiblement constante, cette couche recouvrant
également les faces latérales 26, 26a de la carrure 18 (voir figure 3). Ainsi, contrairement
à ce qui est proposé dans le document EP-A-0 216 223, la platine carrure ne subit
qu'un seul traitement de recouvrement, ce qui réduit considérablement le temps de
fabrication.
[0014] Cependant, si la couche de protection 60 est amplement suffisante pour conserver
l'aspect de la platine 20, qui est protégée des agressions extérieures par la glace
12 et le fond 14, elle n'est pas du tout appropriée pour protéger les faces latérales
26, qui sont soumises à des agressions physiques telles que l'abrasion ou les chocs.
Pour résoudre ce problème, une autre caractéristique importante de la présente invention
propose de porter la platine carrure par deux longerons ou brancards 1 fixés de part
et d'autre de la carrure 18 et orientés dans le sens de la direction longitudinale
du bracelet attaché à la montre, ces longerons s'étendant au-delà de l'espace occupé
par la platine carrure pour servir de moyen d'attache à un bracelet 16. Ainsi ces
longerons vont protéger les faces latérales 26 de la platine carrure 10 et ce sont
eux qui seront soumis aux agressions extérieures dont on a parlé plus haut. Pour résister
à ces agressions, une autre caractéristique de l'invention prévoit de réaliser les
longerons de telle façon qu'ils présentent une plus grande résistance aux agents extérieurs
que la platine carrure proprement dite.
[0015] Les figures montrent comment les longerons 1 sont disposés par rapport à la platine
carrure. En particulier, la figure 1 montre deux longerons 1 orientés dans le sens
6h - 12h et disposés de part et d'autre de la carrure 18. Dans la version présentée,
ils sont vissés au moyen de vis 4 disposées selon des axes 5 dans la carrure 18. Mais
d'autres versions sont possibles comme cela sera dit plus loin. Les longerons 1 dépassent
à 6h et à 12h de la boîte de montre de telle sorte qu'on peut les utiliser pour attacher
à la montre le bracelet 16 et cela au moyen de barrettes à ressort 2, par exemple.
On fera remarquer que les faces latérales 26a apparentes sur les figures 1 et 2, recouvertes
seulement de la couche de protection 60 revêtant la platine carrure, ne sont pas ou
peu sollicitées par des contraintes extérieures, protégées qu'elles sont par la présence
du bracelet 16. Il n'est donc pas besoin de protéger ces faces plus qu'elles ne le
sont déjà par la couche 60.
[0016] On a dit ci-dessus que les longerons sont réalisés de façon à présenter une résistance
plus élevée que celle présentée par la platine carrure. Pour parvenir à ce but, plusieurs
solutions sont possibles.
[0017] Une première solution consiste à réaliser les longerons en métal, de préférence en
laiton et à recouvrir ce laiton d'une couche 61 de métal plus épaisse que celle utilisée
pour recouvrir la platine carrure. La figure 3 montre que le longeron 1 est entièrement
revêtu d'une couche de protection 61. Cette couche est faite d'un matériau chimiquement
plus inerte que le laiton et plus résistant aux agressions physiques que la couche
60. Ce matériau peut être du chrome, de l'or, du titane, de l'aluminium ou du carbure
ou du nitrure d'un métal choisi parmi le titane, le vanadium, le tungstène, ou encore
une couche de matériau organique telle qu'une peinture ou du caoutchouc. Lorsque la
couche 61 est en un de ces métaux ou composés métalliques, son épaisseur est avantageusement
comprise entre 5 µm et 30 µm, typiquement de 10 µm. Elle confère aux zones exposées
une résistance bien supérieure à celle que l'on peut attendre d'une pièce en laiton,
même protégée au moyen de la couche 60 de nickel ou d'or, comme c'est le cas de la
platine carrure.
[0018] Les longerons peuvent être vissés, rivés, soudés ou encore collés sur la platine
carrure. Si les longerons sont soudés, on choisira de préférence un revêtement 61
identique en nature à la couche 60 recouvrant la platine carrure. Si les longerons
sont vissés sur la platine carrure, on choisira au moins des recouvrements 60 et 61
compatibles l'un avec l'autre, c'est-à-dire ne présentant pas de couple électrique
par exemple.
[0019] Les longerons 1 peuvent être réalisés en un autre matériau que le laiton. En choisissant
de l'aluminium par exemple, on pourra l'anodiser, ce qui permet d'obtenir une couche
mince très résistante qui, de surcroît, peut être colorée.
[0020] Les longerons pourraient aussi être obtenus par compactage de poudres, opération
suivie d'un frittage.
[0021] Les dépôts de couches métalliques ou de composés métalliques indiquées plus haut
peuvent être faits par voie galvanique ou encore par CVD ou PVD. On pourra aussi choisir
des teintes contrastées entre la platine carrure et les longerons pour obtenir, par
exemple, une esthétique bicolore. On rappellera que l'intérêt premier de l'invention
réside dans le fait que la platine carrure et les longerons étant des composants distincts,
ils peuvent être de ce fait recouverts indépendamment l'un de l'autre, en une seule
opération pour chacun d'eux, et cela avant leur assemblage. On évite ainsi les opérations
d'épargne mises en oeuvre pour réaliser la platine carrure décrite dans le document
cité plus haut.
[0022] Les figures 2 et 3 montrent que la hauteur des longerons 1 est sensiblement égale
à l'épaisseur hors-tout de la montre. Si la glace 12 est en saphir et qu'elle recouvre
entièrement la face supérieure 22 de la carrure 18, la hauteur des longerons pourrait
être limitée à l'épaisseur de la carrure prise entre ses faces supérieure et inférieure,
ce qui permettrait d'alléger la construction.
[0023] Si l'objet principal de la présente invention est de protéger une platine carrure
au moyen de longerons faits pour résister aux agressions extérieures, on comprendra
qu'on peut profiter de la présence de ces longerons pour améliorer l'apparence esthétique
de la montre. Ces longerons, montrés comme deux parallélépipèdes allongés sur les
figures, peuvent se présenter sous d'autres formes, moins raides, que celles illustrées.
Ils peuvent ainsi s'harmoniser avec la platine carrure choisie, être par exemple incurvés
si cette platine carrure était ronde, ou encore être décorés de toute sorte de façon.
1. Montre-bracelet comportant une carrure métallique (18), une platine (20) sur laquelle
est monté un mouvement pourvu d'un affichage (54) de l'heure, la platine étant venue
d'une pièce avec la carrure pour former une platine carrure (10), une glace (12) et
un fond (14) rapportés respectivement sur les faces supérieure (22) et inférieure
(24) présentées par la carrure, des première (30) et seconde (34) garnitures étant
interposées respectivement entre la glace et la carrure et entre le fond et ladite
carrure, caractérisée par le fait que la platine carrure (10) est entièrement recouverte
d'une couche de protection (60) d'épaisseur sensiblement constante, que ladite platine
carrure est portée par deux longerons (1) fixés de part et d'autre de la carrure et
orientés dans le sens de la direction longitudinale du bracelet, lesdits longerons
s'étendant au-delà de l'espace occupé par la platine carrure pour servir de moyens
d'attache à un bracelet (16) et que lesdits longerons sont réalisés de telle façon
qu'ils présentent une plus grande résistance aux contraintes extérieures que ladite
platine carrure.
2. Montre-bracelet selon la revendication 1, caractérisée par le fait que la platine
carrure (10) est en laiton recouvert d'une couche de métal (60) choisi parmi l'or
et le nickel, l'épaisseur de ladite couche étant comprise entre 0,5 et 3 µm.
3. Montre-bracelet selon la revendication 1, caractérisée par le fait que les longerons
(1) sont faits en métal.
4. Montre-bracelet selon la revendication 3, caractérisée par le fait que les longerons
(1) sont en laiton recouvert d'une couche de métal (61) choisi parmi l'or, le chrome,
le titane et l'aluminium, l'épaisseur de ladite couche étant supérieure à 5 µm.
5. Montre-bracelet selon la revendication 3, caractérisée par le fait que les longerons
(1) sont en aluminium anodisé.
6. Montre-bracelet selon la revendication 1, caractérisée par le fait que les longerons
(1) sont obtenus par compactage de poudres, ledit compactage étant suivi d'un frittage.
7. Montre-bracelet selon la revendication 1, caractérisée par le fait que les longerons
(1) sont vissés sur la platine carrure.
8. Montre-bracelet selon la revendication 1, caractérisée par le fait que les longerons
(1) sont rivés sur la platine carrure.
9. Montre-bracelet selon la revendication 1, caractérisée par le fait que les longerons
(1) sont soudés sur la platine carrure.
10. Montre-bracelet selon la revendication 1, caractérisée par le fait que les longerons
(1) sont collés sur la platine carrure