[0001] La présente invention concerne une boîte pour fluide sous pression, du type emballage
perdu ou jetable, obtenue généralement par découpe et emboutissage de tôles d'acier
relativement minces, protégées contre la corrosion et l'oxydation, par exemple par
un revêtement d'étain ou autre.
[0002] Par "fluide sous pression", on entend tout corps ou mélange de corps, à l'état liquide
et/ou gazeux, et sous pression. Au rang de ces fluides, et à titre d'exemple, on peut
citer un gaz de pétrole liquéfié, à l'état pur ou en mélange, tel que du butane commercial,
présentant deux phases liquide et gazeuse, sous une pression supérieure à la pression
atmosphérique, et égale à la tension de vapeur du gaz liquéfié.
[0003] De manière générale, ces boîtes présentent un corps métallique à paroi cylindrique
pour l'essentiel, présentant à son extrémité inférieure une ouverture circulaire,
ainsi qu'un fond concave ou bombé, métallique, présentant en section diamétrale passant
par l'axe du corps la forme d'une voûte, et fermant l'ouverture circulaire précitée.
Le fond est solidarisé de manière étanche au corps par un cordon annulaire de liaison,
par exemple un bourrelet extérieur, reliant, d'une part la bordure du corps délimitant
l'ouverture circulaire, et d'autre part le pied droit du fond concave recouvrant
le bord droit du même corps.
[0004] A partir de cette définition générale, on peut ensuite distinguer :
- les cartouches perforables pour lesquelles la partie du corps cylindrique opposée
à l'ouverture circulaire est complétement fermée, sous la forme d'un dôme convexe,
en continuité avec la paroi cylindrique ; et le dôme supérieur convexe comporte en
son centre une zone destinée à la perforation, prenant par exemple la forme d'un cupule
sphérique en creux, pour coopérer de manière rigide et étanche avec un perforateur,
appartenant à un appareil d'utilisation, par exemple un réchaud de cuisson.
- les cartouches à valve, pour lesquelles la partie du corps opposée a l'ouverture
circulaire est fermée sous la forme d'un dôme convexe, en continuité avec la paroi
cylindrique ; mais le dôme supérieur convexe comporte en son centre une ouverture
axiale circulaire avec un bourrelet extérieur périphérique, fermée ou destinée à
être fermée de manière étanche par une valve de prélèvement de fluide sous pression,
notamment du type aérosol ; cette valve comporte en général une coupelle avec rebord
serti sur le bourrelet extérieur périphérique de l'ouverture axiale.
[0005] Tous ces récipients ou contenants sont bien connus par l'homme de métier, par exemple
sous forme de cartouches dites aérosol. Ils peuvent être remplis de différentes manières,
selon les machines ou équipements utilisés, par exemple :
- par l'ouverture circulaire du corps cylindrique disposé "tête en bas", avec sertissage
postérieur du fond concave,
- par l'ouverture axiale du corps, pour les cartouches à valve, avec sertissage postérieur
de la valve.
[0006] Bien entendu, l'invention concerne également les boîtes à gaz définies précédemment,
complétement fermées, et remplies avec le fluide sous pression.
[0007] A titre d'exemple non limitatif, mais représentatif de l'art antérieur, on se référera
à la figure 1, représentant de manière simplifiée et en coupe axiale, une cartouche
à valve contenant du butane commercial sous pression.
[0008] Comme déjà indiqué, outre la charge 1 de butane liquide déterminant un interface
2 entre ladite charge et le ciel gazeux 3, cette cartouche comporte :
- un corps métallique (4) à paroi cylindrique (4a) présentant à son extrémité inférieure
une ouverture circulaire (4b), et à son extrémité supérieure opposée, en continuité
avec la paroi (4a), un dôme convexe (4c) de fermeture ; ce dernier comporte une ouverture
axiale (4d) avec bourrelet (4e) annulaire et extérieur ;
- une valve de prélèvement (5), avec coupelle (6) sertie sur le bourrelet (4e), fermant
l'ouverture (4d) ; cette valve, du type "femelle" par exemple, comporte un clapet
(50) constituant la valve proprement dite ;
- un fond concave (7), métallique fermant l'ouverture circulaire (4b) du corps (4)
;
- un serti (8) rassemblant et la paroi du corps (4) et celle du fond (7), solidarisant
et reliant ces deux composants de manière étanche, sous la forme d'un bourrelet annulaire
commun et extérieur.
[0009] Par référence à la figure 2, représentant de manière simplifiée et éclatée à grande
échelle, et en coupe diamétrale, à la fois le serti et les parties adjacentes du corps
(4) et du fond (7), la structure du serti se présente comme suit :
- le fond (7) affecte de manière générale la forme d'une voûte ;
- la bordure du corps (4) délimitant l'ouverture circulaire (4b) est conformée à la
manière d'un crochet d'ancrage (4f) tourné vers l'extérieur, et comprenant deux branches,
à savoir respectivement un bord droit (4g) et un rebord extérieur (4h) parallèle à
la paroi cylindrique (4a) du corps ; ces deux branches sont séparées par une partie
courbe (4i)
- le fond concave (7) présente successivement, de l'intérieur vers l'extérieur de
la boîte, un arc intérieur circulaire (7a) symétrique par rapport à l'axe (9) du corps,
un pied droit (7b) intérieur, recouvrant le bord droit (4g) du corps (4), et un crochet
extérieur (7c) retourné et engagé dans le crochet d'ancrage (4f) de la bordure circulaire
du corps (4) ; ce crochet (7c) est relié au pied droit par une partie courbe (7d)
homologue de la partie courbe (4i) ; ce crochet (7c) ayant la forme d'une épingle
à cheveux comporte deux branches droites, parallèles au rebord extérieur (4h), l'une
(7e) extérieure au crochet (4f) et l'autre (7f) intérieure à ce dernier ; ces deux
branches (7e) et (7f) sont reliées par une partie courbe (7g).
[0010] S'agissant de récipients à paroi mince, et comportant une charge sous pression inflammable,
les cartouches décrites précédemment doivent être sûres, et en particulier résister
à la pression. C'est notamment pour cette raison que l'on retient un fond concave,
ayant une bonne résistance mécanique intrinsèque à la pression, tout en étant susceptible
de se retourner sous l'effet d'une pression plus élevée, dans une conformation convexe
augmentant le volume de la cartouche.
[0011] A cet égard, et sous l'effet d'une pression interne croissante, on peut distinguer
et caractériser une telle cartouche par deux seuils de pression.
[0012] Le premier est relatif à la pression de première déformation permanente (donc irréversible
ou définitive) et visible ; ce seuil est encore appelé pression d'épreuve. A ce seuil
de pression, tout ou partie de la cartouche (corps plus fond essentiellement) subit
une déformation non élastique, augmentant le volume interne de la cartouche, mais
n'altérant pas son étanchéité globale. Passé ce seuil de pression, la même déformation
se poursuit ou d'autres déformations apparaissent, jusqu'à "épuisement" de toutes
les possibilités locales ou globales de déformation de la cartouche, mais toujours
en préservant l'étanchéité de cette dernière.
[0013] Le second seuil est relatif à la pression d'éclatement de la cartouche, à laquelle
cette dernière perd son étanchéité et donc fuit.
[0014] Plus les pressions d'épreuve et d'éclatement d'une cartouche sont élevées, meilleure
est la sécurité de stockage, de transport, et d'utilisation d'une telle cartouche.
Tels sont également les principes techniques retenus dans différents pays, par les
règlementations respectivement applicables en matière de sécurité à ces emballages
perdus, puisque de manière générale pour lesdits pays :
- la pression d'épreuve (Pep) doit être au moins égale à la tension de vapeur du gaz
à une température T, multipliée par un coefficient x ;
- la pression d'éclatement (Pec) doit être au moins égale à cette même tension de
vapeur, multipliée par un coefficient y ;
- x est compris entre 1,5 et 1, 55, et y est compris entre 1,8 et 1,9 ;
- la température T retenue est comprise entre 50° C et 55° C.
[0015] Ceci étant, par référence à la figure 3, éclatée en six figures partielles (3e à
3f), la Demanderesse a établi qu'une cartouche telle que décrite par référence aux
figures 1 et 2 pouvait être parfaitement conforme aux règlementations applicables
en matière de sécurité, tout en montrant les caractéristiques secondaires explicitées
ci-après.
[0016] Selon le graphe d'épreuve hydraulique de la figure 3a, on augmente la pression hydraulique
à l'intérieur d'une cartouche telle que représentée aux figures 1 et 2, et on observe
à la fois l'évolution dans le temps de la pression interne, et les déformations du
serti (8) et/ou du fond concave (7).
[0017] Au départ, selon la figure 3b, le serti (8) a la forme représentée de manière éclatée
à la figure 2.
[0018] Pendant la phase 1, la pression augmente rapidement jusqu'au point A, correspondant
à la pression d'épreuve (Pep). A cette pression, on constate une première déformation
locale, et en tout cas dissymétrique, consistant soit en un glissement du pied droit
(7b) du fond (7) par rapport au bord droit (4g) du corps, selon la figure 3c, soit
en un bossage convexe apparaissant dans la partie en arc (7a) de la voûte (7), selon
la figure 3d. La pression d'épreuve ainsi déterminée est supérieure à
x fois la pression de vapeur du butane commercial à la température T, par exemple 3,
1 bars, selon la règlementation applicable.
[0019] Pendant la phase 2, la pression diminue tout d'abord brutalement, puis oscille au
gré des nouvelles déformations locales ou globales de la paroi de la cartouche, en
passant par le retournement complet du fond (8) selon la figure (3e). A la fin de
la phase 2, toutes les possibilités de déformation locale ayant été "épuisées", la
pression interne augmente à nouveau vers le point B, correspondant à la pression d'
éclatement de la cartouche, par déroulement et dissociation du serti (8) selon la
figure (3f). La pression d'éclatement ainsi déterminée est supérieure à
y fois la pression de vapeur du butane commercial à la température T, par exemple 2,8
bars, selon la règlementation applicable.
[0020] Selon le descriptif expérimental précédent, on observe que tout en satisfaisant la
règlementation en vigueur, et en manifestant diverses déformations avant d'éclater,
la pression d'épreuve (Pep) est supérieure à la pression d'éclatement (Pec).
[0021] Cette supériorité peut orienter l'excès de pression dans la cartouche préférentiellement
vers l'éclatement de cette dernière, dans certains cas marginaux, par exemple lorsque
le fond présente une certaine résistance au retournement.
[0022] Soucieuse de dépasser le seuil de sécurité prévu par les règlementations en vigueur,
la présente invention a recherché quels étaient les moyens d'assurer la supériorité
de la pression d'éclatement de la cartouche, à savoir (Pec), par rapport à la pression
d'épreuve de cette dernière, à savoir (Pep), et ce de manière à assurer et sécuriser
la chronologie décrite par référence à la figure 3, c'est-à-dire un éclatement succédant
toujours à une ou plusieurs déformations étanches de la cartouche.
[0023] Une première voie de résolution du problème ainsi posé a consisté à considérer que
si la pression d'épreuve excédait la pression d'éclatement, c'était parce que le fond
concave présentait une trop forte résistance au retournement. On a donc cherché à
affaiblir le fond concave, de manière à améliorer sa déformabilité vers l'extérieur.
[0024] Une première solution consistant à utiliser une tôle en acier relativement mou doit
être écartée, car le fond se retourne alors beaucoup trop tôt.
[0025] Une deuxième solution consistant à utiliser une tôle relativement plus mince doit
être également écartée, car le sertissage implique la mise en oeuvre de tôles d'épaisseur
minimum.
[0026] Une troisième solution consistant à diminuer la concavité, c'est-à-dire à augmenter
le rayon de courbure du fond doit être également écartée, car elle diminue ou supprime
la possibilité d'empiler les cartouches les unes sur les autres d'une part, et elle
limite voire annule l'augmentation du volume de sécurité apportée par le retournement
du fond concave, d'autre part.
[0027] C'est alors que, toujours pour résoudre le même problème technique, la présente
invention a considéré une autre voie de résolution, en soi inventive, et pouvant être
formulée de la manière suivante. Si la pression d'éclatement demeure moins importante
que la pression d'épreuve, c'est parce que, conformément à la figure 2, le pied droit
(7b) de la voûte (7) du fond concave, céde ou glisse trop facilement par rapport au
bord droit (4g) du corps (4). Ce glissement est en outre favorisé par la trajectoire
dégageante des outils actuels d'emboutissage, laissant la pression interne agir à
la manière d'un "coin" entre les portions (4g) et (7b).
[0028] Partant de ce constat, l'invention a recherché tous moyens permettant de diminuer
ou gêner les possibilités de glissement du fond par rapport au corps cylindrique
de la boîte à gaz.
[0029] De manière générale, selon l'invention, et par référence à la figure 4 en section
diamétrale, on a trouvé qu'une zone de recouvrement entre le pied droit (7b) du fond
concave (7) et le bord droit (4g) du corps cylindrique (4), s'étendant en hauteur
d'un niveau inférieur correspondant au cordon (8) annulaire de liaison, à un niveau
supérieur situé au-dessus dudit cordon, conduit à un bon appui de la voûte (7a,7b)
sur le corps (4), empêchant tout éclatement ou fuite éventuel pendant la ou les déformations
visibles de la boîte à gaz, sous l'effet de la pression interne.
[0030] La solution, selon l'invention, se matérialise par une zone de recouvrement s'étendant
en hauteur d'un niveau inférieur situé à la base du serti (8) a un niveau supérieur
situé au-dessus de ce dernier.
[0031] Préférentiellement, la hauteur de la zone de recouvrement étant exprimée par le rapport
entre (Cf. figure 4) la hauteur interne (c) du pied droit (7b) et la hauteur externe
(s) du serti, on a déterminé que ce rapport devait être au moins égal pour obtenir
le résultat recherché. En dessous de cette valeur, on obtient en effet, ou une grande
proximité entre les pressions d'épreuve et d'éclatement, ou l'infériorité de la seconde
par rapport à la première.
[0032] Par référence à la figure 5, similaire à la figure 3, mais pour une cartouche selon
l'invention, on obtient un graphe d'épreuve hydraulique présentant les caractéristiques
suivantes :
- la pression Pec est effectivement supérieure à la pression Pep,
- la déformation étanche du fond concerne principalement l'arc (7a) du fond, à l'exclusion
du serti (8) ; cf. figure 5c ;
- l'éclatement intervient après cette déformation complète ; cf. figure 5d.
[0033] L'invention apporte en outre les avantages déterminants suivants.
[0034] Elle ne modifie pas les autres caractéristiques de construction de la cartouche,
telles que l'épaisseur des tôles métalliques mises en oeuvre.
[0035] La pression d'épreuve ou de première déformation visible demeure relativement inchangée.
[0036] Seule la pression d'éclatement est relativement augmentée par rapport à la pression
d'épreuve, ce qui signifie qu'on accroît notablement la sécurité d'utilisation d'une
telle cartouche. De ce point de vue, et s'agissant de cartouches de butane, on peut
alors envisager avec sécurité des remplissages de mélanges butane-propane présentant
des tensions de vapeur relativement plus élevées, dits "butane dopé".
1) Boîte pour fluide sous pression, du type emballage perdu ou jetable tel que cartouche
perforable ou cartouche à valve, comprenant un corps métallique (4) à paroi cylindrique
(4a) relativement mince, présentant à une extrémité une ouverture (4b) circulaire,
un fond (7) concave métallique présentant en section diamétrale la forme d'une voûte,
et fermant l'ouverture circulaire, le fond étant solidarisé de manière étanche au
corps par un serti annulaire de liaison entre, d'une part la bordure du corps délimitant
l'ouverture circulaire, et d'autre part le pied droit (7b) du fond concave, recouvrant
le bord droit (4g) du corps (4), ledit serti ayant la forme d'un bourrelet extérieur,
dont une coupe diamétrale montre la structure suivante :
- la bordure du corps est conformée à la manière d'un crochet d'ancrage (4f) tourné
vers l'extérieur
- le fond concave (7) présente successivement de l'intérieur vers l'extérieur de la
boîte, un arc intérieur (7) symétrique par rapport à l'axe (9) du corps, le pied droit
(7b) intérieur, et un crochet extérieur (7c) retourné et engagé dans le crochet d'ancrage
(4f) de la bordure circulaire
- la zone de recouvrement entre le pied droit (7b) du fond concave (7) et le bord
droit (4g) du corps cylindrique (4) s'étendant en hauteur à partir d'un niveau inférieur
situé à la base du serti
caractérisée en ce que le bord droit (4g) s'étend en hauteur jusqu'à un niveau supérieur
situé au-dessus du serti (8).
2) Boîte selon la revendication 2, caractérisée en ce que la hauteur de recouvrement
entre le pied droit (7b) du fond concave (7) et le bord droit (4g) du corps cylindrique
(4), exprimée par le rapport entre la hauteur interne (c) dudit pied droit et la hauteur
externe (s) du serti annulaire, est au moins égale à 1,7.
3) Boîte selon l'une quelconque des revendications 1 et 2, du type cartouche perforable,
caractérisée en ce que la partie du corps opposée à l'ouverture circulaire est fermée
en continuité avec la paroi cyclindrique, et se présente à la manière d'un dôme convexe
délimitant en son centre une zone de perforation.
4) Boîte selon l'une quelconque des revendications 1 à 2, du type cartouche à valve,
caractérisée en ce que la partie du corps (4) opposée à l'ouverture circulaire (4b)
est fermée (4c) en continuité avec la paroi cylindrique (4a), et présente en son centre
une autre ouverture (4d) fermée ou destiné à être fermée par une valve (5) de prélèvement
du fluide sous pression, notamment du type valve aérosol.
5) Boîte selon la revendication 3, caractérisée en ce qu'elle contient un fluide
(1) sous pression, par exemple un gaz de pétrole liquéfié sous pression.
6) Boîte selon la revendication 4, fermée par une valve, caractérisée en ce qu elle
contient un fluide sous pression, par exemple un gaz de pétrole liquéfié sous pression.