[0001] La présente invention concerne un procédé de construction d'un ouvrage d'art, en
particulier d'un pont à passage supérieur, ainsi que l'ouvrage d'art ainsi réalisé
et les blocs de parement pour la mise en oeuvre du procédé.
[0002] Les ouvrages d'art tels que ponts à passage supérieur connus dans l'état de la technique
comportent des remblais en terre dont la surface extérieure forme avec l'horizontale
une pente au plus égale à 45°. Un angle supérieur entrainerait une dégradation rapide
due au ruissellement des eaux et à l'érosion naturelle.
[0003] De tels remblais impliquent une emprise importante de l'ouvrage sur les terrains
environnants et imposent une augmentation de la portée du tablier. Par ailleurs, les
remblais connus dans l'état de la technique ne peuvent en aucun cas, supporter la
charge, même partielle, d'un tablier, et il est nécessaire de réaliser un appui (voile,
pieu etc) supportant l'extrémité du tablier.
[0004] La présente invention a pour objet un procédé de construction permettant de diminuer
la portée du tablier ainsi que l'emprise de l'ouvrage d'art sur les terrains environnants.
[0005] Par conséquent, le coût économique de la réalisation d'un tel ouvrage d'art est sensiblement
réduit. En outre, le procédé permet de réaliser un remblai partiellement ou voire
totalement porteur.
[0006] L'invention concerne plus particulièrement un procédé de construction d'un ouvrage
d'art, en particulier d'un pont à passage supérieur comportant au moins un remblai
de terre recouvert de parements extérieurs, consistant à réaliser des couches successives
constituées chacune par une bordure extérieure de blocs de parement, certains au moins
de ces blocs de parement pouvant être associés à des nappes de géotextile associés
vers l'intérieur, dans la terre de remplissage.
[0007] Les nappes de géotextile associées aux blocs de parement assurent un ancrage desdits
blocs s'opposant à la pression exercée par la masse de terre du remblai.
[0008] Il est ainsi possible de réaliser des remblais à pente plus importante sans risque
de dégradation. La distance entre les pieds de remblais opposés étant généralement
déterminée par la largeur de la route enjambée par l'ouvrage d'art, une pente plus
importante permet de réduire la portée du tablier ainsi que l'emprise de l'ouvrage
d'art sur les terrains adjacents.
[0009] Selon un mode de réalisation avantageux, les nappes de géotextile sont coincées entre
les surfaces adjacentes de deux blocs superposés, et le tablier de l'ouvrage d'art
est soutenu au moins partiellement par la couche supérieure du remblai. La pression
exercée par le tablier améliore le blocage des nappes de géotextile entre deux couches
de blocs de parement et donc renforce l'ancrage desdites couches de parement.
[0010] Suivant un mode de réalisation préféré, on décale successivement vers l'intérieur
les bordures des blocs de parement de façon à ce que la pente du remblai forme un
angle supérieur à 50° par rapport à l'horizontale.
[0011] Selon un mode de réalisation préféré, les nappes de géotextile mises en oeuvre sont
constituées par un matériau non tissé renforcé par des fibres de haute résistance
mécanique. Les matériaux non tissés assurent un drainage des eaux infiltrées. Les
fibres de haute résistance mécanique évitent la déchirure des matériaux non tissés
drainants et assurent une résistance optimale à la contrainte résultant des forces
exercées par la terre du remblai sur les blocs de parement extérieurs.
[0012] Selon une variante, des nappes de géotextile mises en oeuvre, sont constituées par
un tissu de fibres hydrophiles d'une part, et de fibres de haute résistance d'autre
part.
[0013] Selon un mode préférentiel, les nappes de géotextile forment un angle négatif avec
le plan horizontal. Las nappes s'abaissent ainsi en s'éloignant des blocs de parement
et améliorent l'effet drainant ainsi que la répartition des tensions régnant à l'intérieur
du remblai.
[0014] La présente invention concerne également un bloc de parement pour la mise en oeuvre
du procédé de construction d'un ouvrage d'art, en particulier d'un pont à passage
supérieur, comportant sur l'une des faces horizontales, au moins une cannelure sensiblement
parallèle à la face extérieure et sur la face opposée au moins une nervure complémentaire.
La nappe de géotextile étant coincée entre les surfaces horizontales adjacentes de
deux blocs superposés, les cannelures et nervures améliorent le coincement et par
conséquent, l'ancrage des blocs de parement.
[0015] De préférence, la nervure et la cannelure sont décalées par rapport à la surface
extérieure du bloc. Ce décalage assure la formation d'un remblai dont la pente extérieure
est déterminée.
[0016] Selon un mode de réalisation avantageux, le bloc de parement comporte dans sa partie
arrière au moins une cavité ouverte vers le haut. Cette cavité est remplie de terre
lors de la constitution du remblai. De telles pierres sont en particulier connues
sous le nom commercial de LOFFEL et permettent accessoirement la culture de végétaux
recouvrant les blocs extérieurs de parement. Il en résulte une amélioration de l'effet
esthétique.
[0017] La présente invention concerne également un ouvrage d'art, en particulier un pont
à passage supérieur comportant au moins un remblai de terre revêtu d'un empilement
de bordures de blocs de parement raccordées à des nappes de géotextile s'étendant
vers l'intérieur dudit remblai, le tablier s'appuyant au moins partiellement sur la
surface supérieure du remblai.
[0018] Selon un mode de réalisation avantageux, le remblai de terre conforme à la présente
invention est raccordé à un remblai de terre à pente inférieure à 50° de type connu
par un remblai de raccordement conforme à la présente invention et présentant une
pente décroissant jusqu'à la pente formée par le remblai de terre de type connu. Ce
remblai de raccordement permet de supprimer les ruptures de pentes néfastes tant pour
la sécurité que pour la visibilité des véhicules circulant sur le passage inférieur.
[0019] La présente invention sera mieux comprise en s'appuyant sur la figure unique représentant
une vue en coupe d'un ouvrage d'art conforme à la présente invention.
[0020] La figure unique représente un ouvrage d'art comportant un passage inférieur (1)
et un passage supérieur (2). Le remblai (3) est constitué par une succession de couches
bordées par des bordures de parement (4) et de terre (5). Les blocs de parement présentent
à la surface inférieure (6) horizontale, une cannelure (7) s'étendant sensiblement
parallèlement à la surface extérieure (8) dudit bloc (4). La surface supérieure (9)
horizontale comporte une nervure (10) de profil complémentaire à la cannelure (7).
Les nappes de géotextile (11) sont bloquées entre deux surfaces horizontales adjacentes
de blocs de parement (4), et sont en particulier maintenues grâce aux nervures (10)
s'emboitant dans les cannelures (7). Les nappes de géotextile (11) forment avec un
plan horizontal un angle faible. Le tablier (12)exerce sur la couche supérieure du
remblai une force verticale renforçant le maintien des nappes de géotextile (11) par
les blocs de parement (4). Dans l'exemple décrit, le tablier (12) est maintenu partiellement
par le remblai (3) et partiellement par un pieu (13).
[0021] La longueur des nappes de géotextile correspond sensiblement à la hauteur de l'ouvrage
et dépend essentiellement de la nature du terrain, des conditions du sol, de la portée
de la base de l'ouvrage.
[0022] Bien entendu l'invention n'est pas limitée au mode de réalisation décrit et représenté
ici, mais on peut y apporter de nombreuses modifications sans pour cela sortir du
cadre de l'invention.
1) Procédé de construction d'un ouvrage d'art, en particulier d'un pont à passage
supérieur, comportant au moins un remblai de terre recouvert d'un parement extérieur,
caractérisé en que l'on réalise des couches successives constituées par une bordure
extérieure de blocs (4) de parement, certains au moins desdits blocs de parement étant
raccordés à des nappes (11) en matière géotextile s'étendant vers l'intérieur dans
la terre de remplissage (5).
2) Procédé de construction d'un ouvrage d'art, en particulier d'un pont à passage
supérieur selon la revendication 1, caractérisé en ce que les nappes de géotextile
(11) sont coincées entre les surfaces adjacentes horizontales (6,9) de deux blocs
(4) de parement superposés et en ce que le tablier (2) de l'ouvrage d'art est soutenu
au moins partiellement par la couche supérieure du remblai (3).
3) Procédé de construction d'un ouvrage d'art, en particulier d'un pont à passage
suupérieur selon l'une quelconque des revendications 1 à 2, caractérisé en ce que
l'on décale successivement vers l'intérieur des bordures de blocs de parement (4)
de façon à ce que la pente du remblai forme un angle supérieur à 50° par rapport à
l'horizontal.
4) Procédé de construction d'un ouvrage d'art, en particulier d'un pont à passage
supérieur selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que les
nappes de géotextile (11) sont constituées d'un matériau tissé renforcé par des fibres
de haute résistance mécanique.
5) Procédé de construction d'un ouvrage d'art, en particulier d'un pont à passage
supérieur selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que les
nappes de géotextile sont constituées d'un tissu de fibres hydrophiles d'une part
et de fibres de haute résistance mécanique d'autre part.
6) Procédé de construction d'un ouvrage d'art, en particulier d'un pont à passage
supérieur selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que les
nappes de matériau géotextile (11) s'abaissent vers l'intérieur de la terre de remplissage
(5).
7) Bloc de parement pour la mise en oeuvre du procédé de construction d'un ouvrage
d'art, en particulier d'un port à passage supérieur conforme aux revendications précédentes,
caractérisé en ce qu'il comporte sur l'une de ses faces horizontales (6,9) au moins
une cannelure (7) sensiblement parallèle à la face extérieure (8) et sur la face opposée
(6,9) au moins une nervure (10) complémentaire.
8) Bloc de parement selon la revendication 7, caractérisé en ce que la nervure (10)
et la cannelure (7) sont décalées par rapport à la surface extérieure (8) dudit bloc.
9) Bloc de parement selon l'une quelconque des revendications 7 à 8, caractérisé en
ce qu'il comporte à sa partie arrière au moins une cavité ouverte vers le haut.
10) Ouvrage d'art, en particulier pont à passage supérieur, caractérisé en ce qu'il
comporte au moins un remblai de terre revêtu d'un empilement de bordures de blocs
(4) de parement raccordés à des nappes (11) de géotextile s'étendant vers l'intérieur
dudit remblai (3), le tablier s'appuyant au moins partiellement sur la surface supérieure
du remblai.
11) Ouvrage d'art selon la revendication 10, caractérisé en ce qu'il comporte un remblai
raccordé à un remblai de terre de type connu par un remblai constitué par un empilement
constitué par un empilement de bordures de blocs (4) de parement associés à des nappes
de géotextile (11) s'étendant vers l'intérieur dudit remblai, la pente dudit remblai
de raccordement décroissant progressivement pour atteindre la valeur de la pente du
remblai de type connu.