[0001] La présente invention concerne un dispositif pour équiper l'extrémité d'exutoire
d'un tuyau de siphonnage de drain en vue de permettre à ce tuyau de siphonnage de
fonctionner en permanence ou par intermittence à un débit supérieur à un débit critique
minimal déterminé par les conditions régnant sur le site.
[0002] Le brevet FR 593 203 et la demande de brevet EP 0 230 918 proposent un dispositif
de drainage par siphonnage susceptible de fonctionner en permanence et de façon autonome
sans risque de désamorçage et ne nécessitant donc pas d'interventions répétées ni
de surveillance systématique . Quoique donnant entière satisfaction dans la très
grande majorité des situations rencontrées sur le terrain, il s'avère cependant que
le fonctionnement de ce dispositif, dans certaines circonstances, est tributaire
d'une sujétion : l'eau pompée par siphonnage comporte une proportion non négligeable
de gaz dissous. Quand l'eau monte dans le tuyau formant siphon, sa pression diminue
et une partie du gaz se dégage et engendre la formation de bulles. Ces bulles sont
entrainées par le courant d'eau tant que celui-ci est assez fort. Par contre, en-dessous
d'un certain débit minimal dit critique dans ce que suit, les bulles ne sont plus
entrainées par le courant d'eau, elles remontent toutes au point haut du siphon, s'y
rejoignent et créent une bulle unique par coalescence.
[0003] On note ici un comportement très différent entre des tuyaux de diamètre intérieur
supérieur à environ 10 mm et ceux de diamètre inférieur à environ 6 mm.
[0004] Dans ce dernier cas, lorsque le débit critique est atteint, les bulles occupant toute
la section du tuyau de siphonnage, celui-ci s'arrête de débiter. La poursuite de l'alimentation
du forage dans lequel est placé le drain se traduit alors par une augmentation du
niveau de l'eau dans ce drain et donc, de la charge hydrostatique. Celle-ci pousse
la bulle unique qui s'est accumulée au point haut et, quand le charge est suffisante
pour pouvoir complètement expulser cette bulle unique, le tuyau faisant siphon se
remet à débiter normalement jusqu'à une nouvelle phase éventuelle d'arrêt, quand le
débit critique est à nouveau atteint.
[0005] Pour les tuyaux de diamètre supérieur à environ 10 mm, la bulle qui stagne au point
haut du siphon n'occupe pas, elle, au départ, toute la section du tuyau et laisse
passer pendant un certain temps un certain débit d'eau, jusqu'à ce que, par coalescence,
elle soit suffisamment importante pour arrêter l'écoulement. Ici aussi, on assiste
alors à une augmentation de la charge hydrostatique dans le forage jusqu'à ce que
cette charge soit suffisante pour expulser la bulle et permettre la reprise du débit.
[0006] Cette charge importante nécessaire à l'expulsion de la bulle peut cependant, dans
certaines situations, être sinon inacceptable, du moins indésirable. Comme déjà évoqué
dans les documents cités plus haut, on tente de remédier à cet inconvénient en équipant
le drain de plusieurs tuyaux de siphonnage, de diamètres différents, montés en parallèle
et qui pourront débiter simultanément ou à tour de rôle selon les conditions momentanées.
Cette solution conduit donc à des installations qui peuvent être, du fait que plusieurs
tuyaux de siphonnage sont impliqués,relativement compliquées et encombrantes et donc
onéreuses.
[0007] C'est cet inconvénient de l'état de la technique actuellement connu que la présente
invention vise à surmonter en proposant un dispositif susceptible de fonctionner en
permanence et de façon autonome sans risque de désamorçage, sans apport d'énergie
extérieure, ne nécessitant pas d'interventions répétées ni de surveillance systèmatique,et
permettant l'arrêt automatique du fonctionnement du tuyau de siphonnage quand le débit
s'abaisse pour atteindre le débit critique,et le redémarrage automatique du siphonnage
pour une charge hydrostatique prédéterminée dans le site à drainer.
[0008] Les caractéristiques de l'invention qui font l'objet des revendications et certains
avantages apparaitront à la lumière de la description qui suit et pour l'intelligence
de laquelle on se réfèrera aux dessins dont :
- la figure 1 illustre en coupe schématique une installation de drainage équipée d'un
dispositif selon l'invention,
- la figure 2 est un détail agrandi de la figure 1, représentant plus particulièrement
le dispositif selon l'invention.
[0009] Dans ce qui suit, l'invention est exposée en prenant l'exemple du drainage d'un versant
sur un site en dévers où le terrain est susceptible de glisser, le drain étant placé
dans un forage. Il est clair que cet exemple n'est nullement limitatif et que l'invention
peut trouver son application dans bien d'autres cas, selon la spécificité des sites,
comme cela apparaitra à l'homme du métier.
[0010] Le drain représenté à la figure 1 est vertical, mais toute inclinaison par rapport
à la verticale donnant une pénétration descendante du drain vers l'amont est possible
sans que le fonctionnement de principe en soit changé. Le drain représenté est placé
dans un forage, mais comme dit plus haut, pourrait aussi bien être battu, vibré ou
lancé, selon les techniques connues. Il est constitué par un premier tube 1, par exemple
en matériau plastique approprié à cette utilisation. Le tube 1 comporte sur la partie
de sa longueur recoupant les arrivées d'eau, une partie munie de perforations et formant
crépine, et représentant par sa fonction le drain proprement dit. A son extrémité
inférieure, il est de préférence fermé par un bouchon de pied 2 évitant les remontées
de matériaux par le fond du drain. Entre le tube 1 et les parois latérales du forage,
peut être en outre placé un matériau faisant filtre 3. A l'intérieur du drain donc
du tube 1, est placé un second tube, par exemple en matériau plastique approprié à
cette utilisation. Ce tube comporte sur une partie de sa longueur une partie 4 munie
de perforations et formant crépine, éventuellement protégée par un deuxième filtre
(non représenté). A son extrémité inférieure, le second tube est fermé, et ses parois
sont pleines pour former une cuvette ou réservoir 5. Il est en outre surmonté par
une partie tubulaire à parois pleines 6, terminée en partie haute, par exemple par
un dispositif comportant au moins une sortie latérale sensiblement radiale, et avantageusement,
selon la pratique des chantiers en fonction des conditions spécifiques du site, quatre
sorties radiales disposées en croix 7 pour permettre l'accès et le support mécanique
pour la sortie adéquate d'un tuyau de siphonnage 11. Cette partie sommitale est avantageusement
placée dans un regard de visite. De ce regard de visite, part une canalisation 9,
par exemple en matériau plastique approprié, maintenue dans un cheminement hors influence
climatique, jusqu'à un regard dit regard d'exutoire 10. Dans le second tube 6, le
tuyau de siphonnage 11 plonge en permanence par son extrémité inférieure 12 dans la
cuvette 5 du second tube monté à l'intérieur de la partie crépinée 4 et de la partie
pleine 6 de ce second tube pour en ressortir par un des conduits latéraux de la partie
sommitale 7 et, après une section intermédiaire éventuelle qui peut être proche de
l'horizontale, redescendre à travers une canalisation 9 de préférence hors influence
climatique, vers un exutoire à son extrémité située, en altitude, au niveau du bord
supérieur de la cuvette 5 pour que le siphonnage puisse jouer sans que cette cuvette
5 ne puisse jamais être vidée par l'effet di siphon.
[0011] Cependant, pour éviter les inconvénients dus à l'émergence et la coalescence de bulles
au point haut du tuyau de siphonnage 11, problèmes évoqués dans l'introduction de
la présente description, il est fair appel aux dispositions ci-après exposées.
[0012] L'extrémité 13 du tuyau de siphonnage 11 peut être, comme prévu dans l'état de la
technique déjà évoqué plus haut, disposée dans un regard d'exutoire 10.Selon l'invention,
l'extrémité 13 du tuyau de siphon nage il est au niveau du bord supérieur de la cuvette
5 et est branchée soit directement, soit de préférence par un raccord tournant 19
sur un tube rigide 14. Ce tube rigide 14 peut tourner autour d'un axe horizontal 15
porté par un support 20 par l'effet d'un contrepoids 16, la course de ce tube étant
limitée vers le haut et vers le bas, par une butée haute 17 et une butée basse 18.
L'amorçage du siphon peut se faire par injection d'eau par l'extrémité du tube rigide
14, jusqu'à purge complète du tuyau de siphonnage 11 de son air et position de l'eau
dans le drain à au moins un mètre au-dessus de l'horizontale passant par l'extrémité
13 du tuyau de siphonnage 11. L'arrêt de l'injection d'eau et la charge de l'eau dans
le drain par rapport à l'extrémité 13 du siphon provoque le fonctionnement du dispositif
de drainage Avantageusement, l'extrémité 13 du tuyau de siphonnage 11 avant son accès
au niveau de l'axe de rotation 15 est munie d'une partie souple en U favorisant les
déplacements libres vers le haut et vers le bas du tuyau rigide 14. Le poids de l'eau
dans le tube rigide 14 étant moteur par rapport au contrepoids 16, ce tube vient se
placer contre la butée inférieure 18. Le siphon débite alors à un débit supérieur
au débit critique évoqué plus haut.
Lorsque le débit baisse et atteint la valeur critique, le courant dans le tube rigide
14 se met en écoulement à surface libre et par un bon équilibrage, le contrepoids
16 déséquilibre le tube 14 quand celui-ci est pratiquement vide d'eau. Celui-ci se
lève et vient en butée contre la butée supérieure 17. Le siphon arrête alors de débiter.
Si l'alimentation naturelle du drain permet une montée de l'eau, celle-ci va s'accompagner,
par une montée de l'eau dans le tube rigide 14 , le poids de l'eau contenu dans ce
tube 14 va être moteur par rapport au contrepoids 16 et faire baisser ce tube 14 jusqu'à
venir en butée sur la butée inférieure 18. Pour un bon calage des butées inférieure
18 et supérieure 17, et selon la longueur du tube rigide 14, le déséquilibre va se
produire pour une charge suffisante dans le drain permettant le débit au-delà du débit
critique jusqu'à une nouvelle période éventuelle d'arrêt. Après amorçace tel que décrit
ci-dessus, l'eau pénétrant dans le drain, à la pression atmosphérique, comporte une
certaine proportion de gaz dissous. Quand l'eau monte dans le tuyau de siphonnage
11, sa pression diminue, et des bulles de gaz apparaissent. Tant que la vitesse d'écoulement
est suffisante, ces bulles sont évacuées par le courant d'eau. Par contre, au débit
critique, les bulles ne sont plus évacuées. En même temps que le tube rigide d'extrémité
14 se vide, les bulles du tuyau de siphonnage 11 montent toutes dans la zone du point
haut. Si une charge se manifeste dans le drain, celle-ci va se traduire par une montée
d'eau en parallèle dans le tube 14 et provoquer le basculement de celui-ci. Après
basculement du tube 14, la nouvelle charge hydraulique entre le niveau d'eau dans
le drain et l'extrémité inférieure du tube d'extrémité 14, va produire dans le tuyau
de siphonnage 11 un écoulement turbulent qui va entrainer la bulle stationnaire dans
la zone de point haut de ce tuyau de siphonnage 11. On s'attache à ce que le volume
d'eau évacué du drain par le tuyau de siphonnage 11 pendant le débit à régime turbulent
soit supérieur au volume de ce tuyau de siphonnage 11 pour purger ce tuyau de toutes
ses bulles.
[0013] De ce qui précède, il est clair que l'extrémité 12 du tuyau de siphonnage 11 étant
constamment immergée dans la cuvette 5 qui ne peut jamais se vider, le siphon ne peut
en aucun cas se désamorcer de ce côté, même lorsqu'il n'y a plus d'eau dans le forage,
par exemple en période sèche, le niveaux d'eau restant toujours au moins au niveau
du bord supérieur de la cuvette 5. Dans ce cas, le siphon ne sera évidemment plus
actif puisqu'il n'y aura plus d'eau à drainer; mais dès que de nouvelles infiltrations
se produiront dans le drain et permettront par le charge induite la montée de l'eau
dans le tube rigide d'extrémité 14, puis son basculement, alors le tuyau de siphonnage
11 redeviendra actif. Le problème d'entrée d'air par l'extrémité du tube rigide d'extrémité
14 n'est pas à craindre puisque quand elle se produit, elle est attendue pour provoquer
la remontée de ce tube 14, basculant autour de l'axe 15. On notera que la technique
qui vient d'être décrite permet de mettre en oeuvre les drains de façon isolée ou
en parallèle vers un exutoire commun ou différents exutoires, ces montages pouvant
être combinés de toute manière localement appropriée, y compris en coopération avec
d'autres systèmes de drainage. De plus, pour un drain, il peut être mis en oeuvre
plusieurs tuyaux de siphonnage de diamètres différents, chaque tuyau étant associé
à une cuvette 5 individualisée et un tube 14 individualisé, la géométrie du système
étant adaptée aux débits à extraire et donc, à la configuration des sites aquifères.
1.- Dispositif pour équiper l'extrémité d'exutoire (13) d'un tuyau de siphonnage (11)
d'un drain, l'autre extrémité (12) de ce tuyau de siphonnage (11) plongeant en permanence
dans une cuvette (5) que présente en sa partie inférieure un tube (4, 5, 6) disposé
dans le drain et abritant le tuyau de siphonnage (11), le bord supérieur de la cuvette
(5) étant en altitude au niveau de l'extrémité d'exutoire (13), caractérisé par le
fair qu'il comporte un tube rigide (14) branché sur l'extrémité d'exutoire (13) du
tuyau de siphonnage(11) tournant autour d'un axe horizontal (15), monté sur un support
(20) placé au niveau de l'extrémité d'exutoire (13) et coopérant avec un contrepoids
(16) pour assurer à l'extrémité libre du tube rigide (14) respectivement une position
haute (17) quand celui-ci ne débite pas, et une position basse (18) quand celui-ci
débite.
2.- Dispositif selon la revendication 1, caractérisé par le fait que le tuyau de siphonnage
(11) comporte juste avant son extrémité d'exutoire (13) une partie souple formant
un "U" se plaçant en dessous de l'extrémité d'exutoire (13).
3.- Dispositif selon la revendication 1 ou la revendication 2, caractérisé par le
fait que les positions extrêmes de l'extrémité libre du tube rigide (14) sont déterminées
respectivement par une butée haute (17) et une butée basse (18).
4.- Dispositif selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé par le
fait que le branchement du tube rigide (14) sur l'extrémité d'exutoire (13) se fait
par un raccord tournant (19).
5.- Dispositif selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé par le
fait qu'il est disposé dans un exutoire accessible par un regard de visite (10).