[0001] La présente invention est relative à un dispositif de traitement par anodisation
de pistons en alliage d'aluminium utilisés dans les moteurs à combustion interne.
[0002] On sait que, dans les moteurs à combustion interne, les parties des pistons situées
à proximité de la zone de combustion et plus particulièrement les têtes sont en contact
avec des gaz relativement chauds et donc soumises à de fortes contraintes thermiques
qui peuvent provoquer notamment des déformations ou des évolutions de la structure
métallurgique nuisibles au bon fonctionnement desdits moteurs.
[0003] Pour atténuer l'effet de ces contraintes, notamment dans le cas de pistons réalisés
en alliage d'aluminium, l'homme de l'art sait qu'il peut par exemple les traiter par
oxydation électrolytique ou anodisation de manière à développer à leur surface une
couche d'oxyde dite barrière thermique qui protégera le métal du piston de l'action
défavorable de la chaleur.
[0004] Cette anodisation est obtenue de manière classique par immersion du piston dans un
bain d'électrolyte et passage de courant électrique alternatif ou continu entre ledit
bain et ledit piston, ce dernier jouant le rôle d'anode dans le cas de l'utilisation
d'un courant continu.
[0005] Etant donné que c'est surtout la région de la tête qui doit être protégée, il paraît
inutile et anti-économique de procéder à l'anodisation complète du piston d'autant
que cette opération peut nuire à l'état de surface de certaines autres parties dudit
piston. C'est pourquoi avant de procéder à l'anodisation on place généralement sur
le piston des épargnes ou masques en cire ou en matière polymérique aux endroits où
on souhaite maintenir la surface dans son état initial.
[0006] Cette pratique exige une main d'oeuvre supplémentaire chargée d'abord de poser les
masques puis de les enlever soit par dissolution ou tout autre moyen et conduit à
une augmentation de la durée totale et du coût du traitement.
[0007] Par ailleurs, pour que la couche d'oxyde joue son rôle de barrière thermique avec
suffisamment d'efficacité, il faut que son épaisseur soit au moins égale à 50 µm d'où
la nécessité de mener l'anodisation jusqu'à l'établissement de fortes tensions anode-cathode.
Dans ces conditions, on risque de détériorer la couche par le phénomène de brûlure
qui est une dissolution accélérée et localisée de ladite couche sous l'effet d'une
concentration élevée des densités de courant en certains points et qui entraîne de
fortes élévations locales de température. Pour supprimer ce risque, on doit se limiter
à l'utilisation de densités de courant inférieures à 10 A/dm² et à prolonger de ce
fait la durée d'anodisation au-delà d'une demi-heure pour obtenir une épaisseur convenable
d'oxyde.
[0008] Il faut encore que cette couche présente une bonne tenue à la fatigue thermique et
qu'elle soit suffisamment dure afin de ne pas se disloquer lors du fonctionnement
du piston. Pour parvenir à ce résultat, il est connu de procéder après anodisation
à certains traitements tels qu'une compression de la couche comme cela est revendiqué
par exemple dans le brevet français 2 354 450.
[0009] Consciente des problèmes que pose l'obtention de pistons revêtus de barrières thermiques
convenables, la demanderesse a cherché et trouvé une solution qui supprime à la fois
l'utilisation des masques, les durées prolongées d'anodisation et qui confère à la
couche d'oxyde les propriétés requises et ce sans avoir recours à d'autres opérations
que l'anodisation proprement dite.
[0010] Cette solution consiste à mettre en oeuvre un dispositif de traitement par anodisation
de pistons en alliage d'aluminium utilisés dans les moteurs à combustion interne caractérisé
en ce que la surface latérale cylindrique dudit piston est reliée au pôle positif
d'une source de courant continu par au moins deux pièces appliquées symétriquement
sur ladite surface, qu'elle est équipée le long d'une directrice située à proximité
de la tête d'un déflecteur en matériau isolant de l'électricité dont le pourtour est
recourbé vers le bas, dont la surface côté tête est placée en regard d'une électrode
reliée au pôle négatif de la source de courant et percée d'au moins une ouverture
permettant le passage d'un flux régulé d'électrolyte d'anodisation dirigé vers la
tête et dont la surface en regard de ladite électrode est munie d'un joint souple
qui s'appuie sur la surface du piston.
[0011] Dans cette invention, le piston est donc relié au pôle positif d'une source de courant
continu, par au moins deux pièces placées symétriquement par rapport à l'axe du piston
et appliquées contre sa surface latérale de manière à avoir une bonne répartition
du courant et à obtenir une couche anodisée homogène.
[0012] La surface latérale du piston est équipée d'un déflecteur, sorte de plat de préférence
circulaire et dont le pourtour est recourbé vers le bas suivant un profil adapté à
l'écoulement de l'électrolyte. Ce déflecteur s'appuie le long d'une directrice du
piston située le plus près possible de la tête et a pour fonction de faire écran à
tout passage d'électrolyte vers le haut du piston et ainsi à limiter l'effet d'anodisation
presque exclusivement à la tête.
[0013] Comme il n'est pas aisé de réaliser une étanchéité totale entre le déflecteur et
la surface latérale du piston, ni même de placer ce dernier au niveau de la tête,
il est préférable de le munir d'un joint d'étanchéité qui vient s'appuyer sur ladite
surface jusqu'au niveau de la tête.
[0014] La matière utilisée pour réaliser ce déflecteur peut être tout matériau isolant de
l'électricité susceptible d'être convenablement mis en forme.
[0015] En regard de la surface de ce déflecteur, côté tête, est placée une électrode ayant
de préférence une forme circulaire et dont le pourtour est légèrement recourbé vers
le bas. Cette électrode est reliée au pôle négatif de ladite source de courant et
percée de préférence en son centre par au moins une ouverture.
[0016] Au travers de cette ouverture passe un flux régulé d'électrolyte amené par une tuyauterie
d'alimentation et qui vient lécher la tête du piston et l'anodiser avant de s'échapper
par l'espace annulaire existant entre le déflecteur et l'électrode dans une direction
qui épouse le profil du d'alimentation éventuellement après avoir été refroidi. La
régulation du flux d'électrolyte peut être obtenue par tout moyen connu tel que pompe
volumétrique ou système d'alimentation sous pression hydrostatique constante.
[0017] Il est évident que les circuits en contact avec l'électrolyte sont réalisés en un
matériau inerte chimiquement vis-à-vis de ce dernier.
[0018] Un tel dispositif permet de remédier aux inconvénients cités plus haut. En effet,
d'une part, en raison de la présence du déflecteur et éventuellement du joint d'étanchéité,
seule la tête du piston est anodisée et il n'est donc nul besoin de recourir à des
masques ou épargnes.
[0019] D'autre part, le passage d'un flux régulé d'électrolyte vers la tête permet de réaliser
un régime hydrodynamique adapté aux dimensions de la surface à anodiser et assure
une grande vitesse d'évacuation des calories de sorte qu'on peut augmenter notablement
la densité de courant d'anodisation sans provoquer de "brûlure". De plus, la masse
quasi entière du piston étant à l'air libre sert de dissipateur de calories et contribue
également à la possibilité d'utilisation de fortes densités de courant.
[0020] Un tel dispositif conduit en outre à l'obtention de couches d'oxyde de forte épaisseur
pouvant dépasser 70 µm et ce en moins de 5 minutes et ces couches présentent naturellement,
c'est-à-dire sans aucun traitement ultérieur, une dureté et une résistance à la fatigue
convenables.
[0021] L'invention sera mieux comprise à l'aide de la figure ci-jointe qui représente le
dispositif en coupe axiale verticale.
On y distingue un piston 1 sur la paroi latérale duquel est fixé, au moyen des vis
2, l'alimentation 3 en courant reliée au pôle positif d'une source non représentée.
Cette alimentation est solidaire du déflecteur 4 muni d'un joint souple 5. En regard
de la tête 6 à anodiser est placée une électrode 7 percée en son centre de plusieurs
ouvertures 8 à travers lesquelles passe un flux d'électrolyte 9 amené par la tuyauterie
10 reliée à un moyen de propulsion non représenté permettant d'assurer une alimentation
régulière.
[0022] L'invention peut être illustrée à l'aide de l'exemple d'application suivant :
Sur la paroi latérale d'un piston en alliage d'aluminium du type AS12UN (c'est-à-dire
contenant en poids environ 12 % de silicium, 1 % de cuivre et 1 % de nickel comme
éléments principaux d'addition), on a fixé une alimentation en courant continu reliée
au pôle positif d'une source. Cette alimentation était solidaire d'un déflecteur ajusté
à la paroi du piston. Une électrode en titane mûnie de trous était placée à 5 cm de
la tête et reliée à une tuyauterie dans laquelle circulait l'électrolyte contenant
180 g/l de H₂SO₄ à 5° C. On a fait passer une densité de courant de 50 A/dm² pendant
3 minutes et obtenu une couche d'oxyde d'épaisseur 65 µm ne présentant aucune trace
de brûlure. Différentes mesures ont alors été effectuées sur le piston. On a noté
d'abord que la couche avait une dureté comprise entre 200 et 300 HV. Ce piston a ensuite
été soumis à des essais de fatigue thermique dont le cycle est indiqué ci-dessous
:
- passage de - 20° C à 350° C en 15 s.
- refroidissement air, 15 s.
- refroidissement eau, 15 s.
- séchage air, 15 s.
[0023] Les essais ont été conduits jusqu 'à 6000 cycles. Après 1000 cycles, une légère porosité
apparaissait. Mais ce n'est qu'après 5000 cycles que la couche commençait à se déliter.
Des criques sont apparues à 6000 cycles, mais leur profondeur (0,5 mm) est moindre
que dans un procédé conventionnel.
[0024] Pour augmenter la dureté de la couche, des essais ont été repris dans les mêmes conditions
et avec le même dispositif que précédemment, mais l'électrolyte avait la composition
suivante :
- H₂SO₄
- 180 g/l
- H₂C₂O₄ (acide oxalique)
- 10 g/l
et sa température était de 0°C.
[0025] Après anodisation à la même densité de courant, on a obtenu en moins de 5 min., une
couche dont l'épaisseur est supérieure à 60 µm. Sa résistance en fatigue thermique
était comparable à celle obtenue dans l'exemple précédent. Mais la dureté était supérieure
à 400 HV, valeur qui est jugée suffisante pour l'application considérée.
1. Vorrichtung zur Anodisierungsbehandlung von Kolben (1) aus Aluminiumlegierung, die
in Verbrennungsmotoren verwendet werden,
dadurch gekennzeichnet,
daß die zylindrische Seitenoberfläche des Kolbens an den positiven Pol (3) einer Gleichstromquelle
durch wenigstens zwei symmetrisch auf dieser Oberfläche angebrachte Bauteile angeschlossen
ist und daß sie längs einer in der Nähe des Kopfes liegenden Leitlinie mit einer Ablenkplatte
(4) aus elektrisch isolierendem Material, deren Umfang nach unten gekrümmt ist, ausgerüstet
ist, deren kopfseitige Oberfläche gegenüber einer an den negativen Pol der Stromquelle
angeschlossenen Elektrode (7) angeordnet ist, die von wenigstens einer Öffnung (8),
die den Durchlaß eines regulierten, zum Kopf gerichteten Anodisierungselektrolytstroms
(9) zum Kopf ermöglicht, durchbohrt ist, und deren der Elektrode gegenüberliegende
Oberfläche mit einer schmiegsamen Dichtung (5) versehen ist, die sich an die Oberfläche
des Kolbens anlegt.