[0001] L'invention concerne les tubes à rayons X et, plus particulièrement, une cathode
pour tube à rayons X.
[0002] Un tube à rayons X comporte, dans une enceinte sous vide, une cathode constituée
d'un filament chauffé qui émet des électrons et d'un dispositif de concentration adossé
au filament qui focalise les électrons émis sur une anode portée à un potentiel positif
par rapport à la cathode. Le point d'impact du faisceau d'électrons sur l'anode constitue
la source de rayonnement X sous la forme d'un faisceau.
[0003] L'évolution des systèmes d'imagerie à rayons X conduit à l'utilisation de tubes à
rayons X de plus en plus complexes de manière à obtenir les fonctions souhaitées.
C'est ainsi que l'on cherche à contrôler la géométrie du faisceau d'électrons qui
frappe l'anode pour obtenir un point d'impact de dimensions précises et présentant
une répartition énergétique aussi uniforme que possible.
[0004] Dans certaines applications, il est nécessaire d'obtenir des faisceaux de rayons
X qui ont des énergies différentes et/ou des incidences différentes; à cet effet,
la cathode peut présenter plusieurs filaments émetteurs dont il faut controler le
flux d'électrons en dimensions mais aussi en direction pour obtenir des points d'impact
précis du faisceau d'électrons sur l'anode.
[0005] Dans d'autres applications, il est nécessaire de modifier le débit du flux d'électrons
et éventuellement le bloquer par une électrode appelée grille.
[0006] Pour réaliser les fonctions qui viennent d'être énumérées, les cathodes ont des formes
géométriques compliquées et peuvent comporter plusieurs électrodes métalliques séparées
mécaniquement et isolées électriquement les unes des autres.
[0007] Dans le brevet français n
o 2538948 déposé le 3 décembre 1982 et intitulé : "TUBE A RAYONS X A BALAYAGE" ainsi
que dans la demande de brevet français n
o 89 03888 déposée le 24 mars 1989 et intitulée : "TUBE A RAYONS X A BALAYAGE AVEC
PLAQUES DE DEFLEXION", la demanderesse a décrit des cathodes de tubes à rayons X qui
sont réalisées à l'aide d'électrodes multiples dont la fabrication et l'assemblage
sont difficiles et d'un prix de revient élevé.
[0008] Un but de la présente invention est donc de réaliser une cathode pour tube à rayons
X à électrodes multiples ou non dont la fabrication soit simple et d'un prix de revient
réduit.
[0009] L'invention se rapporte à une cathode pour tube à rayons X comportant au moins un
filament émetteur d'électrons, caractérisée en ce qu'elle comprend un corps principal
qui est réalisé en un matériau isolant, des électrodes métalliques qui sont disposées
en des endroits déterminés dudit corps principal et isolées les unes des autres grâce
au matériau isolant du corps principal et des conducteurs électriques traversant ledit
corps principal pour alimenter ledit filament et appliquer des tensions de polarisation
auxdites électrodes métalliques.
[0010] Le corps principal est réalisé en une céramique telle que l'alumine et les électrodes
sont en molybdène, manganèse ou tungstène ou un alliage de ces métaux.
[0011] D'autres caractéristiques et avantages de la présente invention apparaîtront à la
lecture de la description suivante d'un exemple particulier de réalisation, ladite
description étant faite en relation avec les dessins joints dans lesquels :
- la figure 1 est une vue en perspective cavalière d'un exemple, de réalisation selon
l'invention d'une cathode de tube à rayons X, et
- la figure 2 est une vue en coupe suivant la ligne II-II de la figure 1.
[0012] Les cathodes de l'art antérieur, notamment celles décrites dans les demandes de brevets
français précitées, comportent toujours une partie métallique qui sert d'électrode
portée à un potentiel négatif pour éloigner les électrons émis par un filament chauffé
et de support audit filament et à d'autres électrodes. Ces autres électrodes sont
également métalliques et doivent être isolées électriquement de cette partie métallique
de support et l'une par rapport à l'autre.
[0013] L'invention propose une cathode dont le corps principal est en un matériau isolant
sur lequel sont réalisées les différentes électrodes, l'isolation entre les différentes
électrodes étant obtenue par le matériau isolant du corps principal.
[0014] Plus précisément, le corps principal 10 est, par exemple, un bloc d'alumine qui est
convenablement usiné pour obtenir la forme représentée sur les figures 1 et 2, c'est-à-dire
un cylindre de révolution dont la partie diamétrale 9 est creusée en forme de marches
d'escalier référencées 12 et 13 d'un côté et 14,15 de l'autre. Les électrodes sont
obtenues par des dépôts métalliques qui sont disposés à des endroits précis de la
surface du corps principal, notamment sur le faces verticales et horizontales des
marches d'escalier 12,13,14 et 15. Par exemple, toute la superficie de la face horizontale
des marches d'escalier 12 et 14 est recouverte d'un dépôt métallique référencé respectivement
16 et 18. Par ailleurs, pour les marches d'escalier 13 et 15, c'est toute la surface
de la face verticale qui est recouverte d'un dépôt métallique référencé 17 et 19 selon
la marche concernée.
[0015] Ces dépôts métalliques 16 à 19, formant électrodes, sont polarisés à des potentiels
appropriés par l'intermédiaire de conducteurs électriques 20 à 23 qui traversent le
corps principal 10 et émergent sur les faces horizontales des marches d'escalier.
Dans le cas des marches 12 et 14 les conducteurs 20 et 22 viennent directement abuter
sur les dépôts métalliques 16 et 18 auxquels ils sont connectés. Dans le cas des marches
13 et 15, les conducteurs 21 et 23 sont connectés aux dépôts métalliques 17 et 19
par l'intermédiaire de languettes métalliques 24 et 25 qui sont disposées sur les
faces horizontales des marches 13 et 15 et sont connectées électriquement aux dépôts
métalliques 17 et 19.
[0016] Le ou les filaments de cathode (référence 26) sont disposés de manière classique
dans le puits diamétral de manière à dépasser le niveau des dépôts métalliques 16
et 18. Leur alimentation électrique est obtenue par l'intermédiaire de conducteurs
(référence 27) qui traversent le corps principal 10.
[0017] Les dépôts métalliques 16 à 19 ainsi que les languettes métalliques 24 et 25 peuvent
être obtenus de différentes manières, notamment, par dépôt en couches minces sur le
substrat d'alumine du corps principal, ledit substrat étant convenablement dopé pour
permettre l'accrochage des couches minces. Les dopants peuvent être des métaux, tels
que le molybdène et le manganèse, qui sont déposés en couches liquides aux endroits
des électrodes puis l'ensemble est chauffé pour obtenir le dopage de la couche superficielle
du corps 10.
[0018] Le matériau des dépôts métalliques doit s'accrocher à l'alumine du corps principal
10 et résister aux hautes températures. Les matériaux appropriés seront, par exemple,
le molybdène, le manganèse, le tungstène, ou un alliage de deux de ces matériaux entre
eux ou avec d'autres métaux. Le dépôt peut être obtenu par évaporation sous vide,
par sublimation des métaux, par bombardement ionique, par torche à plasma.
[0019] On a indiqué que le corps principal 10 était en alumine. La pureté de l'alumine est
de l'ordre de 95% à 97%, ce qui est une qualité courante. L'alumine peut être remplacé
par une autre céramique.
[0020] Avec une cathode pour tube à rayons X réalisée selon la présente invention, la précision
géométrique de la position des électrodes est détérminée par celle de l'usinage du
corps principal qui peut être très grande et reproductible. Par rapport aux cathodes
de l'art antérieur, on élimine ainsi les opérations de montage dont la précision dépend
de la dextérité des opérateurs et dont la reproductibilité n'est pas constante au
cours du temps et d'un opérateur à l'autre. Il en résulte, en outre, un coût de fabrication
plus faible que celui des cathodes de l'art antérieur.
[0021] Par l'utilisation d'un corps principal 10 d'une seule pièce, on évite les effets
des différentiels de dilatation entre les différents éléments, notamment, les électrodes
séparées des cathodes de l'art antérieur. Il en résulte que les déformations sont
très faibles.
[0022] Enfin, comme le corps principal 10 est isolant, les conducteurs électriques (27)
d'alimentation du filament 26 et de polarisation (21 à 23) des électrodes 16 à 19,
traversent ledit corps sans gaine autour des conducteurs 21 à 23 et 27 simplifie la
fabrication des cathodes et abaisse leur prix de revient.
1. Cathode de tube à rayons X comportant au moins un filament (26) émetteur d'électrons,
caractérisée en ce qu'elle comprend un corps principal (10) qui est réalisé en un
matériau isolant, des électrodes métalliques (16 à 19) qui sont disposées en des endroits
déterminés dudit corps principal et isolées les unes des autres grâce au matériau
isolant du corps principal et des conducteurs électriques (21 à 23) traversant ledit
corps principal (10) pour alimenter ledit filament (26) et appliquer des tensions
de polarisation auxdites électrodes métalliques (16 à 19).
2. Cathode selon la revendication 1, caractérisée en ce que le matériau isolant est
une céramique.
3. Cathode selon la revendication 1, caractérisée en ce que le matériau isolant est
de l'alumine.
4. Cathode selon la revendication 1, 2 ou 3, caractérisée en ce que le matériau isolant
du corps principal est dopé en éléments métalliques, au moins aux endroits des électrodes
métalliques, de manière à permettre l'accrochage desdites électrodes;
5. Cathode selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en
ce que le métal des électrodes métalliques (16 à 19) est choisi dans le groupe comportant
le molybdène, le manganèse, le tungstène.
6. Tube à rayons X caractérisé en ce qu'il comporte une cathode selon l'une quelconque
des revendications précédentes 1 à 5.