[0001] L'invention concerne un écran cathodoluminescent pour tubes à rayons cathodiques
et particulièrement pour tubes à haute luminance, comme par exemple les tubes du type
dit "de projection".
[0002] L'invention a pour objet de montrer un écran cathodoluminescent agencé d'une manière
nouvelle qui permet, notamment de mieux concentrer la lumière émise par cet écran
sur des axes perpendiculaires à ce dernier, c'est-à-dire qui permet d'obtenir, à partir
de chaque point élémentaire d'image sur l'écran, une indicatrice d'émission plus concentrée
sur l'axe. L'un des buts principaux, dans le cadre de la technique des tubes du type
dit "de projection", est d'améliorer ainsi le rendement de captation, par l'optique
de projection, de la lumière émise par le tube.
[0003] Dans un tube à rayons cathodiques, l'écran cathodoluminescent comporte généralement
une dalle en verre servant de substrat, sur laquelle est réalisée au moins une couche
luminescente qui, le plus souvent, est constituée de grains de luminophores. Le tube
à rayons cathodiques contient une source d'électrons qui permet de produire un faisceau,
lequel faisceau est accéléré et focalisé avant de bombarder la couche de luminophores.
Sous l'effet de ce bombardement, les luminophores émettent de la lumière, et une image
lumineuse peut être formée sur la surface de l'écran en déviant le faisceau.
[0004] La résolution de l'image dépend notamment de la focalisation du faisceau, mais elle
dépend aussi des caractéristiques de l'écran cathodoluminescent, cet écran ayant également
des effets sur le rendement lumineux et la luminance en général.
[0005] La figure 1 montre partiellement et schématiquement par une vue en coupe, un écran
cathodoluminescent classique pour tubes à rayons cathodiques. Cet écran 1 comporte
une dalle de verre 2 formant un substrat. Le substrat 2 porte une couche 3 luminescente
formée par exemple d'une pluralité de grains de luminophores L1, L2, ..., Ln. Sur
la couche 3 de luminophores est déposée de manière classique, A l'opposé du substrat
2 c'est-à-dire vers l'intérieur du tube, une couche 4 en un matériau électriquement
conducteur, en aluminium par exemple, formant un film qui permet d'une part, d'appliquer
la tension accélératrice ainsi que d'écouler les charges, et d'autre part, de réfléchir
vers le substrat 2 c'est-à-dire vers l'utilisation, la lumière produite dans la couche
3 de luminophore ou couche luminescente.
[0006] Dans un tube à rayons cathodiques, le substrat 2 en verre a généralement une épaisseur
E de l'ordre de 6 à 7 millimètres, et son indice de réfraction n0 est de l'ordre de
1,5. Dans ces conditions, la lumière émise sous l'impact d'un faisceau d'électrons
(symbolisé par une flèche 13) par la couche 3 de luminophores, par un grain L1 par
exemple qui est en contact avec une face intérieure 5 du substrat 2, peut sortir par
une face 6 de ce dernier vers l'extérieur du tube, seulement pour sa part dont l'angle
d'incidence (dans le substrat 2) est inférieur aux angles limites Φ0, Φ0′ formés entre
des rayons R1, R1′ (qui représentent la réfraction limite) et un axe x normal au plan
de la face extérieure 6 du substrat 2. Ainsi pour la lumière émise à partir du grain
L1, qui se propage en direction de la face extérieure 6 vers l'utilisation et qui
n'est pas comprise dans les angles limites Φ0, Φ0′, cette lumière subit une réflexion
totale (comme illustré par le rayon R1) par laquelle elle est renvoyée vers la face
intérieure 5 du substrat 2, où elle est à nouveau réfléchie vers la face 6 opposée,
sauf si elle rencontre un grain luminophore en contact avec cette face intérieure
5 ; dans ce dernier cas, cette lumière peut être rediffusée vers l'utilisation comme
symbolisé par des flèches RD1, RD2, RD3. Ce phénomène, qui peut se renouveler plusieurs
fois, est à la base de la création d'un halo de grande dimension qui tend à dégrader
de manière importante le contraste d'images, et d'une autre façon, l'énergie lumineuse
du pic central, c'est-à-dire l'énergie lumineuse émise selon l'axe normal au plan
du substrat 2.
[0007] Une proportion importante de la lumière émise par la couche 3 de luminophore sort
à l'extérieur du tube c'est-à-dire du substrat 2, avec des angles d'incidence tels
qu'elle est perdue pour l'utilisation ; ceci particulièrement dans l'application à
la projection, où des rayons de lumière sortant du substrat 2, ne sont pas captés
dans une proportion importante par les moyens d'optique du système de projection.
[0008] La figure 2 illustre cette situation et montre à cet effet, l'avant d'un tube T à
rayons cathodiques classique comprenant un écran cathodoluminescent, tel que par exemple
l'écran 1 de la figure 1, et montre schématiquement la lentille 7 de l'optique d'un
dispositif de projection classique également. Sous l'impact en un point A du faisceau
d'électrons 13, une lumière est produite dont une partie est émise avec un angle d'incidence
égal ou supérieur à l'angle limite Φ0, comme illustré par le rayon limite R1. Cette
lumière peut subir de multiples réflexions ou être rediffusée vers l'utilisation selon
des rayons RD1, RD2, R3, de telle sorte que cette lumière qui est représentée par
le rayon limite R1 engendre le halo.
[0009] Dans l'exemple représenté à la figure 2, l'utilisation est constituée par la lentille
7 qui représente les moyens d'optique d'un système de projection. La lentille 7 à
une ouverture 8 centrée sur un axe 9 du tube T, l'axe 9 étant normal au plan de l'écran
1.
[0010] La lumière émise avec un angle d'incidence inférieur à l'angle limite Φ0 sort du
tube T, c'est-à-dire du substrat 2. Cette lumière est captée par l'utilisation seulement
pour sa part qui passe dans l'ouverture 8 de la lentille 7, comme illustré par un
rayon utile RU qui est émis à partir du point A. L'autre part de cette lumière est
symbolisée par un rayon RP sortant du tube T mais qui ne passe pas par l'ouverture
8, et qui est donc perdu pour l'utilisation, ce qui dégrade le rendement lumineux.
[0011] Il est à remarquer en outre que les rayons rediffusés vers l'utilisation et captés
par cette dernière peuvent avoir un effet néfaste, comme par exemple le rayon rediffusé
RD2 qui, bien que parallèle à l'axe 9, est rediffusé à partir d'un point différent
du point A et tend à détruire le contraste.
[0012] L'invention constitue une solution aux problèmes ci-dessus exposés, solution particulièrement
intéressante du fait notamment que l'invention est simple à mettre en oeuvre et, qu'elle
constitue par suite une solution peu onéreuse permettant notamment d'obtenir un gain
maximum de luminance, d'améliorer le contraste et de diminuer fortement le halo.
[0013] Selon l'invention, un écran cathodoluminescent pour tubes à rayons cathodiques, comportant
un substrat ayant une épaisseur donnée et un indice de réfraction donné, le substrat
portant une couche luminescente soumise à un bombardement électronique et produisant
une lumière sous l'effet dudit bombardement, caractérisé en ce qu'une couche intermédiaire
est disposée entre la couche luminescente et le substrat, la couche intermédiaire
ayant d'une part, une seconde épaisseur largement inférieure à l'épaisseur du substrat,
et ayant d'autre part un second indice de réfraction supérieur à l'indice de réfraction
du substrat.
[0014] En interposant ainsi une telle couche intermédiaire, on crée une surface réfringente
au niveau des faces en contact de la couche intermédiaire et du substrat, surface
réfringente qui réfléchit totalement la lumière provenant de la couche luminescente
quand cette lumière arrive avec un angle d'incidence plus grand qu'un angle limite
Φl1 dont la valeur est déduite de celle des indices de réfraction du substrat et de
la couche intermédiaire. D'autre part, l'angle limite Φl1 est inférieur à un autre
angle limite Φ0 qui provoque une réflexion totale de la lumière à l'interface entre
le substrat et l'air dans des conditions semblables à celles qui ont déjà été mentionnées
dans le préambule pour expliquer les défauts de l'art antérieur, et qui conduisent
à provoquer un halo de grande dimension. Dans ces conditions, l'interposition de la
couche intermédiaire a pour effet de rediffuser une part très importante de la lumière,
au-delà de l'angle limite de réfraction Φl1, vers la couche cathodoluminescente, de
manière que cette lumière soit retransmise ou redistribuée vers l'extérieur du tube
c'est-à-dire vers l'utilisation, avec une indicatrice d'émission beaucoup plus concentrée
sur l'axe.
[0015] Le rendement de redistribution de la lumière peut être fortement favorisé par l'implantation
d'une monocouche compacte de grains fins, entre la couche intermédiaire et la couche
luminescente ou couche de luminophores.
[0016] L'invention sera mieux comprise à l'aide de la description qui suit, faite à titre
d'exemple non limitatif en référence aux figures annexées, parmi lesquelles :
- les figure 1 et 2 déjà décrites, montrent un écran cathodoluminescent de l'art antérieur
;
- la figure 3 est une vue schématique en coupe montrant un écran cathodoluminescent
conforme à l'invention ;
- la figure 4 montre schématiquement par une vue en coupe, une version préférée d'un
écran conforme à l'invention ;
- la figure 5 montre schématiquement par une vue en coupe, une variante de la version
de l'invention montrée à la figure 4.
[0017] La figure 3 montre partiellement un écran cathodoluminescent 10 selon l'invention,
destiné à former l'écran d'un tube à rayon cathodique. L'écran 10 comporte un substrat
11, constitué par exemple de manière classique par une dalle en verre ayant une épaisseur
E₁ de l'ordre de 6 à 7 millimètres. Le substrat 11 porte une couche luminescente 12
exposée à un faisceau d'électrons symbolisé par une flèche 13. Dans l'exemple non
limitatif de la description, la couche luminescente 12 est constituée de manière traditionnelle
par une pluralité de grains de luminophores L1, L2, ..., Ln. Une couche 4 conductrice,
en aluminium par exemple, est déposée sur la couche luminescente 12, pour notamment
réfléchir la lumière produite par la couche luminescente 12 vers l'utilisation c'est-à-dire
vers une face extérieure 14 du substrat 11, face extérieure qui elle est au contact
de l'air.
[0018] Selon une caractéristique de l'invention, une couche intermédiaire 15 est interposée
entre la couche luminescente 12 et le substrat 11. La couche intermédiaire 15 est
constituée par exemple en un matériau diélectrique, transparent à la lumière émise
par les grains luminophores L1 à Ln et ayant un indice de réfraction n1 supérieur
à l'indice de réfraction n0 (n0 sensiblement égal à 1,5) du substrat 11, et de préférence
très supérieur à cet indice de réfraction n0 du substrat (par exemple n0/n1 égal ou
inférieur à 0,75). Ainsi par exemple la couche intermédiaire 15 peut être réalisée
en oxyde de titane TiO2 ou encore en sulfure de zinc ZnS, de manière à présenter un
indice de réfraction n1 de l'ordre de 2,35.
[0019] D'autre part, selon une autre caractéristique de l'invention, la couche intermédiaire
15 a une épaisseur E2 largement inférieure à l'épaisseur E1 du substrat 11. Par rapport
au substrat 11, la couche intermédiaire 15 constitue une couche mince qui peut être
réalisée d'une manière simple et peu onéreuse par évaporation, ou encore par exemple
par une méthode au trempé d'alcoolate à partir d'un alcoolate de titane T
i(OC₂H₅)₄. Il est à remarquer que l'épaisseur E₂ de la couche intermédiaire 15 n'est
pas vraiment critique pour le fonctionnement, l'important étant qu'elle soit beaucoup
plus faible que l'épaisseur E1 du substrat 11 ; des résultats très satisfaisants ont
été obtenus avec des valeurs voisines du micromètre pour l'épaisseur E2 de la couche
intermédiaire 15. Il est à noter que sur les figures l'échelle des dimensions n'est
pas respectée.
[0020] Dans ces conditions, quand un électron pénètre dans la couche luminescente 12, et
engendre dans cette dernière des photons p1, p2 (symbolisés par leur trajectoire),
ces photons ne peuvent traverser la surface réfringente formée par l'interface couche
intermédiaire-substrat 15-11 que si les angles Φ1, Φ2 que présente leur trajectoire
par rapport à un axe x normal à la surface réfringente 15-11, sont inférieurs à l'angle
limite Φl1 dont la valeur est donnée par les indices de réfraction n0 et n1 (cet angle
limite Φl1 étant dans l'exemple de l'ordre de 38°). En conséquence dans l'exemple
représenté, la trajectoire du premier photon p1 est telle qu'elle présente un angle
Φ1 inférieur à l'angle limite Φl1, ce qui lui permet de traverser l'interface couche
intermédiaire-substrat 15-11, puis de sortir du substrat 11 par la face extérieure
14 de ce dernier si sa trajectoire forme, avec un axe x normal à la face extérieure
14, un angle Φ1′ plus petit qu'un angle limite Φ0 donné par les indices du substrat
11 et de l'air; l'angle limite Φ0 dans le substrat 11 ayant une valeur semblable à
celle mentionnée dans le préambule, à savoir de l'ordre de 43° (la face extérieure
14 représente une surface réfringente formée à l'interface du substrat 11 et de l'air).
[0021] En supposant que la trajectoire, du second photon p2 présente, par rapport à l'axe
normal x, un angle égal ou supérieur à l'angle limite Φl1 à l'interface couche intermédiaire-substrat
15-11, ce second photon p2 est réfléchi en un point repéré c de cette interface, vers
la couche luminescente 12 et, s'il rencontre un grain de luminophore L1 à Ln en contact
avec une face supérieure 16 de la couche intermédiaire 15, en un point f par exemple,
ce photon p2 est rediffusé en direction du substrat 11 dans lequel il peut pénétrer
ou non selon que son angle d'incidence est inférieur ou non à l'angle limite Φl1.
[0022] Ainsi, si le photon p2 rencontre un luminophore au point f, ce photon peut être redistribué
vers le substrat 11, c'est-à-dire vers l'extérieur comme symbolisé par des flèches
repérées RD ; mais s'il n'y a pas de luminophores au point f, le second p2 est réfléchi
en direction de l'interface 15-11 avec un angle supérieur à l'angle limite Φl1, de
telle sorte que ce photon sera à nouveau réfléchi par l'interface 15-11 en direction
de la couche luminescente 12.
[0023] Si l'on considère une distance D2, formée entre le point f qui marque le retour du
second photon p2 à la face supérieure 16 de la couche intermédiaire 15, et un point
O où cette face supérieure 16 est en contact avec le premier luminophore L1, point
O qui marque le point où a été émis ce second photon p2 dans la couche intermédiaire
15, on constate que pour une épaisseur E2 de la couche intermédiaire 15 de l'ordre
de 1 micromètre, et pour un angle limite Φl1 donné par les indices de réfraction n0
et n1 qui dans l'exemple ont pour valeur respectivement 2,35 et 1,5, cette distance
D2 est de l'ordre de 2 micromètres. Ceci montre que tous les photons qui pénètrent
dans la couche intermédiaire 15 avec un angle d'incidence supérieur à l'angle limite
Φl1 auront la possibilité d'être redistribués vers le substrat 11, c'est-à-dire en
direction de l'utilisation, à une distance D2 latérale de 16 micromètres du point
où ils ont été émis, alors que dans l'art antérieur les photons qui pénètrent dans
le substrat selon des angles plus grands que l'angle limite Φ0, sont éventuellement
redistribués vers l'utilisation à une distance latérale de plusieurs millimètres du
point où ils auront pénétrés dans le substrat.
[0024] Aussi, pour une même probabilité dans les deux cas qu'un photon rencontre un grain
luminophore qui assure sa redistribution vers l'extérieur, la configuration de l'invention
induit cette redistribution beaucoup plus près du point où la lumière a été émise.
En conséquence on supprime l'intensité du halo à grande distance, et en combinant
ceci au fait que dans la couche intermédiaire 15 on augmente la quantité de lumière
qui subit une réflexion totale, on obtient une indicatrice d'émission plus concentrée
sur l'axe que dans l'art antérieur, c'est-à-dire qu'on renforce l'intensité de la
lumière émise selon l'axe normal au plan du substrat 11.
[0025] La figure 4 illustre une version préférée de l'invention, dans laquelle on améliore
le rendement de redistribution de la lumière qui a été réfléchie par l'interface couche
intermédiaire-substrat 15-11.
[0026] A cet effet, une couche diffusante 20 est disposée entre la couche intermédiaire
15 et la couche luminescente 12 ou couche de luminophores.
[0027] La couche diffusante 20 est constituée par des grains fins G1, G2, ..., GN qui forment
une monocouche compacte, et qui permettent d'améliorer fortement la collection de
lumière après la réflexion totale par l'interface 15-11. En effet, plus les grains
G1 à GN sont fins et rapprochés, et plus les points de contacts sont nombreux pour
la récupération de lumière au-dessus de la couche intermédiaire 15.
[0028] Par le terme "grains fins" nous entendrons définir des grains dont le diamètre moyen
est inférieur au diamètre moyen de grains luminophores L1 à Ln de la couche luminescente
12. Les grains G1 à GN peuvent avoir un diamètre moyen de l'ordre par exemple de 1
micromètre, et selon une autre caractéristique de l'invention, ils peuvent être formés
de manière avantageuse, eux mêmes par des grains luminophores d'une même nature que
les grains luminophores de la couche luminescente 12, de manière à participer eux
aussi à la production de lumière.
[0029] Il est à noter que par le terme monocouche, nous entendons définir une couche dont
l'épaisseur comprend un unique grain, ceci pour toute la surface de la couche (même
si en pratique il peut subsister localement quelques exceptions à cette règle sans
trop dégrader la resolution).
[0030] L'écran 10 de l'invention peut comporter en outre, une couche de liaison 22 qui est
à la fois en contact avec la face supérieure 16 de la couche intermédiaire 15, et
en contact avec les grains G1 à GN de la monocouche diffusante 20. La couche de liaison
22 permet d'améliorer la collection de lumière en évitant par sa présence, que les
rayons lumineux ne subissent une réflexion totale au niveau de la face supérieure
16 de la couche intermédiaire 15, quand ces rayons lumineux atteignent cette face
supérieure 16 en un point situé entre deux grains G1 à GN voisins, comme il est illustré
sur la figure 3 à titre d'exemple par un troisième photon p3. A cet effet, la couche
de liaison 22 à un indice de réfraction n2 plus grand ou égal à l'indice de réfraction
n1 de la couche intermédiaire 15. Dans cet esprit, la couche de liaison 22 peut constituer
une couche diélectrique réalisée par exemple en oxyde de titane TiO2 par une même
méthode que la couche intermédiaire 15.
[0031] En supposant que les grains G1 à GN de la couche diffusante 20 soient également des
grains luminophores, le photon p3 peut être émis dans la couche intermédiaire 15 par
un grain G2 par exemple de la couche diffusante 20. Le photon p3 subit une réflexion
au niveau de l'interface couche intermédiaire-substrat 15-11, réflexion qui le renvoie
vers la face supérieure 16. En l'absence de la couche de liaison 22, le photon p3
serait réfléchi en un point O2 de cette face supérieure 16, comme il est représenté
par une flèche en traits pointillés repérée p3′, sauf bien entendu si le point O2
se trouve suffisamment proche d'un grain G1 à GN pour que le phénomène d'ondes évanescentes
puisse se manifester, et permette au photon p3 de sortir de la couche intermédiaire
15 et de pénétrer dans le grain. Avec la présence de la couche de liaison 22, le photon
p3, même s'il arrive à la face supérieure 16 en un point de cette dernière relativement
éloignée d'un grain, ce photon p3 sort de la couche intermédiaire 15, et la couche
de liaison 22 capte ce photon et le canalise vers un troisième grain G3 par exemple
où il est diffusé vers l'extérieur.
[0032] La couche de liaison 22 permet aussi d'assurer une fonction de jonction thermique
particulièrement intéressante dans l'application à la projection, fonction qui est
utile également si les grains G1 à GN de la monocouche diffusante 20 sont des grains
de luminophores.
[0033] La figure 5 montre une autre version de l'invention qui permet de renforcer l'effet
obtenu par l'interposition de la couche intermédiaire 15.
[0034] Dans cette nouvelle version de l'invention, une seconde couche intermédiaire 25 est
disposée entre le substrat 11 et la première couche intermédiaire 15.
[0035] Selon une caractéristique de l'invention, cette seconde couche intermédiaire 25 a
un indice de réfraction n3 inférieur à l'indice de réfraction n0 du substrat 11. D'autre
part, cette seconde couche intermédiaire 25 a une épaisseur E3 du même ordre de grandeur
que l'épaisseur E2 de la première couche intermédiaire 15, c'est-à-dire voisine de
1 micromètre ; mais il est à noter que cette épaisseur E3 n'est pas critique, l'important
étant qu'elle soit très petite devant l'épaisseur E1 du substrat 11. La seconde couche
intermédiaire 25 peut être réalisée par exemple en fluorure de magnésium MgF2 dont
l'indice de réfraction n3 est de l'ordre de 1,35, par une méthode classique d'évaporation.
[0036] Cette nouvelle configuration permet de diminuer la valeur de l'angle limite Φl1 dans
la première couche intermédiaire 15. Ainsi par exemple, pour reprendre les mêmes éléments
que dans l'exemple dans la figure 3, l'angle limite Φ1 au-delà duquel le photon p2
est réfléchi vers la face supérieure 16 de la première couche intermédiaire 15, cet
angle limite à une valeur inférieure dans le cas de cette nouvelle version de l'invention
que dans le cas représenté à la figure 3. En effet en supposant que la seconde couche
intermédiaire 25 soit en fluorure de magnésium MgF2, la nouvelle valeur de l'angle
limite Φl1 est de l'ordre de 35°, Ceci est dû au fait que la différence d'indice de
réfraction entre l'indice n1 de la première couche intermédiaire 15 et l'indice n3
de la seconde couche intermédiaire 25 est plus importante que la différence d'indice
entre la couche intermédiaire 15 et le substrat 11 montrés à la figure 3. Comme il
a été dit plus haut, ceci renforce les effets produits par la couche intermédiaire
15, et permet d'augmenter au maximum l'indicatrice d'émission lumineuse et d'obtenir
ainsi le gain maximum de luminance par une concentration de l'angle (non représenté)
de l'indicatrice lumineuse.
[0037] Il est possible d'obtenir, pour la seconde couche intermédiaire 25, un indice de
réfraction n3 encore plus faible, si cette seconde couche intermédiaire 25 est constituée
d'une couche microporeuse. Ainsi par exemple, la seconde couche intermédiaire 25 peut
être une couche microporeuse d'oxyde de silicium SiO2 dont l'indice de réfraction
peut être voisin de 1,25, ce qui permet d'obtenir un angle limite Φl1 encore plus
faible de l'ordre de 32°. Cette seconde couche intermédiaire formée d'une couche poreuse
d'oxyde de silicium peut être déposée sur le substrat 11 d'une manière en elle-même
classique par exemple par une méthode d'ultracentrifugation dont la mise en oeuvre
est aisée, ou encore par un procédé de densification par voie humide qui conduit à
obtenir un dépôt dont le degré de porosité dépend des conditions de mise en oeuvre.
[0038] Il est à noter que la nature des matériaux susceptibles de former les différentes
couches, à savoir la première couche intermédiaire 15, la seconde couche intermédiaire
25, la couche diffusante 20, la couche de liaison 22, la nature de ces matériaux est
indiquée à titre d'exemple nullement limitatif, et d'autres matériaux peuvent être
choisis notamment en fonction de la couleur de la lumière. Ainsi par exemple, les
couches dont l'indice de réfraction est élevé peuvent être TiO2, ZnS, Ta2O5, CeO2,
Fe2O3 (n = 2,6), ce dernier étant particulièrement intéressant dans le cas de la gamme
de couleur orange-rouge. L'utilisation de tels matériaux, suivant le concept de l'invention,
permet d'obtenir des gains de luminance de l'ordre de 40 % , pour le vert et le bleu
notamment, et supérieur à 40 % pour le rouge dans le cas de l'utilisation de Fe2O3.
1 - Ecran cathodoluminescent pour tubes à rayons cathodiques, comportant un substrat
(11) ayant une épaisseur (E₁)donnée et un indice de réfraction donné, le substrat
(11) portant une couche luminescente (12) soumise à un bombardement électronique et
produisant une lumière sous l'effet dudit bombardement, caractérisé en ce qu'une couche
intermédiaire (15) est disposée entre la couche luminescente (12) et le substrat (11),
la couche intermédiaire (15) ayant d'une part, une seconde épaisseur (E₂) largement
inférieure à l'épaisseur (E₁) du substrat (11), et ayant d'autre part un second indice
de réfraction supérieur à l'indice de réfraction du substrat (11).
2 - Ecran cathodoluminescent selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il comporte
une couche diffusante (20) formée d'une pluralité de grains fins (G1 à GN), la couche
diffusante (20) étant interposée entre la couche luminescente (12) et la couche intermédiaire
(15).
3 - Ecran cathodoluminescent selon la revendication 2, caractérisé en ce que la couche
diffusante est une monocouche.
4 - Ecran cathodoluminescent selon l'une des revendications 2 ou 3, caractérisé en
ce que les grains (G1 à GN) sont des grains de luminophores.
5 - Ecran cathodoluminescent selon l'une quelconque des revendications 2 ou 3 ou 4,
caractérisé en ce qu'il comporte en outre une couche de liaison (22) formée sur une
face supérieure (16) de la couche intermédiaire (15) opposée au substrat (11), les
grains (G1 à GN) de la couche diffusante (20) étant partiellement enrobés dans ladite
couche de liaison (22), la couche de liaison ayant un indice de réfraction dont la
valeur est égale ou supérieure à celle de l'indice de réfraction de la couche intermédiaire
(15).
6 - Ecran cathodoluminescent selon l'une des revendications précédentes, caractérisé
en ce qu une seconde couche intermédiaire (25) est disposée entre la première couche
intermédiaire (15) et le substrat (11), la seconde couche intermédiaire (25) ayant
un indice de réfraction de valeur inférieure à la valeur de l'indice de réfraction
du substrat (11).
7 - Ecran cathodoluminescent selon la revendication 6, caractérisé en ce que la deuxième
couche intermédiaire (25) est constituée par une couche microporeuse.
8 - Ecran cathodoluminescent selon la revendication 7 caractérisé en ce que la seconde
couche intermédiaire (25) est formée d'une couche microporeuse d'oxyde de silicium
SiO2.
9 - Ecran cathodoluminescent selon la revendication 6, caractérisé en ce que la seconde
couche intermédiaire est du fluorure de magnésium MgF2.
10 - Ecran cathodoluminescent selon la revendication 1 , caractérisé en ce que la
première couche intermédiaire (15) est en oxyde de titane TiO2.
11 - Ecran cathodoluminescent selon la revendication 1 , caractérisé en ce que la
première couche intermédiaire (15) est un sulfure de zinc ZnS.
12 - Ecran cathodoluminescent selon l'une des revendications précédentes, caractérisé
en ce que le rapport de l'indice de réfraction (n0) du substrat (11) à l'indice de
réfraction (n1) de la première couche intermédiaire (15) est égal ou inférieur à 0,75
(n0/n1 égal ou plus petit que 0,75).