[0001] La présente invention concerne une charge pour lanceur électrothermique. Elle s'applique
à l'accélération de projectiles jusqu'à de très grandes vitesses.
[0002] Un lanceur électrothermique appartient à la catégorie des lanceurs qui utilisent
l'énergie électrique pour propulser des projectiles. On connaît essentiellement trois
types de lanceurs électriques :
- le lanceur à rails,
- le lanceur à induction, et
- le lanceur électrothermique auquel se rapporte la présente invention.
[0003] Dans un lanceur électrothermique, on forme et l'on chauffe un milieu approprié, grâce
à de l'énergie électrique qui est généralement fournie par un banc de condensateurs,
afin de propulser un projectile.
[0004] La catégorie des lanceurs électrothermiques se divise elle-même en deux grandes classes,
à savoir les lanceurs électrothermiques à décharge lente et les lanceurs électrothermiques
à décharge rapide.
[0005] Dans un lanceur électrothermique à décharge lente, le banc de condensateurs fournit
son énergie au milieu propulseur pendant toute la durée du parcours du projectile
à l'intérieur du lanceur.
[0006] Les lanceurs à décharge lente ont essentiellement été développés par la société américaine
J.C.DEVICES et les documents suivants s'y rapportent :
(1) article de R.L. BURTON et al. intitulé "EMET Technology for rail launchers", comptes
rendus de "3rd Symposium on electromagnetic launch technology", 21-24 avril 1986,
Austin Texas E.U.A.
(2) article intitulé "Plasma -pulse-accelerator", de Jürgen G.H. SALGE et al., Institut
Für Hochspannungstechnik, Technische Universität Braunschweig R.F.A. et de Wolfram
WITT, Rheinmetal GmbH, Düsseldorf R.F.A.
[0007] Dans un lanceur électrothermique à décharge rapide, l'énergie du banc de condensateurs
est transférée à une charge pendant un temps très court, de sorte que le projectile
n'a pas le temps de se déplacer pendant ce temps de transfert de l'énergie. Les lanceurs
à décharge rapide sont mentionnés dans le document suivant : (3) communication de
M. GUILLEMOT, A. NICOLAS et M. ROCHE, intitulée "Projectile Launching by an electrothermal
gun" et présentée au "4th Symposium on electromagnetic launch technology, Austin,
U.S.A., 19-21 avril 1988.
[0008] La présente invention concerne une charge pour lanceur électrothermique, qui est
adaptée aux lanceurs électrothermiques à décharge rapide et donc plus particulièrement
utilisable avec ces derniers.
[0009] Pour ce faire, il faut concevoir une charge qui permette une décharge rapide du banc
de condensateurs ainsi qu'un chauffage très fort du milieu propulseur au moyen d'une
haute tension.
[0010] La présente invention vise à résoudre ce problème.
[0011] De façon précise, elle a pour objet une charge pour lanceur électrothermique, cette
charge comprenant au moins un élément électriquement isolant, décomposable par pyrolyse
et, dans cet élément, une résistance électrique dont une extrémité est destinée à
être portée à une haute tension électrique par rapport à son autre extrémité afin
de chauffer la résistance et de provoquer ainsi une pyrolyse de l'élément, qui transforme
ce dernier en un milieu gazeux apte à propulser un projectile hors du lanceur, charge
caractérisée en ce que la résistance électrique forme un bobinage dans l'élément isolant,
en ce que les deux extrémités de ce bobinage sont éloignées l'une de l'autre, et en
ce que le bobinage est très faiblement inductif et réparti de façon sensiblement homogène
dans l'élément.
[0012] Par "bobinage très faiblement inductif", on entend un bobinage dont l'inductance
ne dépasse pas 20 nH environ, cette inductance étant par exemple de l'ordre de quelques
nanohenrys.
[0013] L'utilisation d'un bobinage très faiblement inductif permet la décharge rapide du
banc de condensateurs et ce, même si la résistance électrique en forme de bobinage
a, ce qui est préférable, une grande longueur, par exemple de l'ordre de 1 mètre.
[0014] L'éloignement l'une de l'autre des deux extrémités du bobinage contribue à éviter
les claquages entre les différentes parties ou spires de ce bobinage, ceci étant important
pour permettre l'utilisation d'une tension d'alimentation élevée de la résistance,
cette tension (de l'ordre de 30 kV par exemple) permettant de réaliser un chauffage
à très forte puissance de la résistance.
[0015] Selon un mode de réalisation particulier de la charge objet de l'invention, celle-ci
comprend en outre :
- une gai ne électriquement isolante pourvue d'un logement dans lequel est placé chaque
élément,
- une enveloppe électriquement conductrice qui contient la gaine, et
- une électrode qui est électriquement isolée de l'enveloppe et qui est destinée à
porter une extrémité du bobinage à la haute tension, l'autre extrémité du bobinage
étant portée à un potentiel de référence.
[0016] La charge objet de l'invention peut comprendre une pluralité d'éléments dans le logement
de la gaine électriquement isolante.
[0017] Selon un mode de réalisation préféré de la charge objet de l'invention, chaque élément
comprend au moins une feuille faite d'une matière électriquement isolante, décomposable
par pyrolyse, la résistance correspondant à cet élément se trouve sur cette feuille
et a sensiblement la forme d'une ligne en créneaux allongés suivant leur hauteur,
ligne dont les deux extrémités correspondent respectivement aux deux extrémités du
bobinage relatif à l'élément et sont respectivement placées en deux bords opposés
de la feuille, et cette feuille est roulée sur elle-même de telle façon que les deux
bords opposés se trouvent respectivement en les deux extrémités du rouleau ainsi obtenu.
[0018] Le bobinage qui en résulte est régulier et la dispersion de ce bobinage (et donc
de la résistance) dans l'élément électriquement isolant est sensiblement homogène
dans tout le volume de cet élément.
[0019] L'élément peut comprendre une pluralité de telles feuilles qui sont empilées de façon
que les résistances électriques correspondant respectivement auxdites feuilles soient
électriquement isolées les unes des autres, et qui sont roulées ensemble sur elles-mêmes
pour former un rouleau unique.
[0020] Chaque élément peut être fait d'une matière plastique électriquement isolante, décomposable
par pyrolyse et fortement hydrogénée.
[0021] Enfin, chaque résistance électrique peut être faite en un matériau métallique ou
en carbone.
[0022] La présente invention sera mieux comprise à la lecture de la description suivante,
d'exemples de réalisation donnés à titre purement indicatif et nullement limitatif,
en référence aux dessins annexés sur lesquels :
- la figure 1 est une vue schématique d'un mode de réalisation particulier de la charge
objet de la présente invention, en place dans un lanceur électrothermique à décharge
rapide,
- la figure 2 illustre schématiquement une feuille que comporte cette charge,
- la figure 3 montre cette feuille roulée sur elle-même,
- la figure 4 est vue en coupe schématique et partielle de la charge représentée sur
la figure 1, et
- la figure 5 est une vue en coupe schématique et partielle d'une autre charge conforme
à l'invention.
[0023] Sur la figure 1, on a représenté schématiquement un mode de réalisation particulier
de la charge objet de l'invention. Dans ce mode de réalisation particulier, la charge
2 comprend un élément 4 qui comporte une feuille roulée suivant l'axe X de la charge
et qui sera décrit par la suite. Cet élément 4 se trouve dans un logement 5 en forme
de cylindre de révolution d'axe X, dont est pourvue une gaine 6 électriquement isolante,
par exemple faite d'une matière plastique telle que le polyéthylène. La gaine isolante
6 est elle-même logée dans une enveloppe métallique 8 par exemple en laiton.
[0024] Le logement cylindrique 5 dans lequel se trouve l'élément 4 en forme de rouleau est
fermé, d'un côté de ce rouleau, par une rondelle métallique 10 par exemple en laiton.
Ce logement cylindrique est fermé, du côté opposé, par une mince feuille métallique
12, par exemple en laiton, qui est en contact par sa périphérie, avec l'enveloppe
métallique 8. Le projectile 14, destiné à être lancé au moyen du lanceur électrothermique
36 dans lequel est placée la charge 2, se trouve, avant son lancement, contre la feuille
mince 12. La base du projectile peut être fixée ou non à cette feuille mince 12. Le
projectile peut également être en contact avec l'enveloppe métallique 8. Ce projectile
14 peut être électriquement isolant ou conducteur.
[0025] En variante, il n'y a pas de feuille mince 12 et le projecti le 14 est électriquement
conducteur, par exemple métallique, ferme ledit côté opposé du logement 5 et peut
encore être en contact avec l'enveloppe métallique 8.
[0026] Une électrode 16 par exemple en laiton, qui s'étend suivant l'axe X et qui est gainée
par un isolateur coaxial 18 par exemple en polyéthylène, traverse la paroi de l'enveloppe
métallique 8, qui est en regard de la rondelle 10, de telle façon que l'électrode
16 soit en contact avec cette rondelle 10. L'isolateur 18 permet d'isoler électriquement
l'électrode 16 de l'enveloppe métallique 8.
[0027] L'élément 4 comporte une feuille 20 de forme rectangulaire (figure 2), faite d'une
matière plastique électriquement isolante, décomposable par pyrolyse. Sur une face
de cette feuille se trouve une résistance électrique 22 ayant sensiblement la forme
d'une ligne en créneaux dont la base est proche d'un bord 24 de la feuille 20 et qui
sont allongés suivant leur hauteur, le sommet des créneaux étant proche du bord opposé
26 de la feuille 20.
[0028] Les extrémités 23 et 25 de la résistance 22 sont plus larges que le reste de celle-ci
et se trouvent respectivement aux deux coins de la feuille qui correspondent aux bords
24 de cette feuille.
[0029] Sur la figure 3, on voit que la feuille 20 est roulée sur elle-même de façon à obtenir
un rouleau dont l'axe est parallèle au bord 24 de la feuille. Le rouleau ainsi obtenu
est, comme on l'a déjà indiqué, placé dans le logement 5 prévu dans la gaine 6. La
longueur de ce logement est telle que les extrémités de la résistance 22 soient alors
respectivement en contact avec la rondelle 10 et la feuille mince 12 ou, lorsqu'il
n'y a pas de feuille mince 12, avec la rondelle 10 et le projectile 14 (électriquement
conducteur dans ce cas).
[0030] Pour ce faire, il est préférable que les extrémités 23 et 25 de la résistance soient
respectivement sur les deux autres bords 27 et 28 de la feuille. Cependant, si les
extrémités de la résistance ne sont pas exactement sur les bords 27 et 28 mais en
sont très proches, la charge fonctionne tout de même, du fait de claquages se produisant
entre la rondelle 10 et l'extrémité correspondante de la résistance et entre la feuille
mince 12 (ou le projecti le 14 s'il n'y a pas de feuille mince 12) et l'autre extrémité
de la résistance lorsque l'électrode 16 est portée à une haute tension par rapport
à l'enveloppe métallique 8 (et au projectile 14 si celui-ci est conducteur).
[0031] L'élément 4 en forme de rouleau est vu en coupe sur la figure 4 dans son logement
5.
[0032] La résistance 22 peut être formée par dépôt d'un métal ou de carbone sur la feuille
20. Cette dernière peut être faite d'un matériau choisi dans le groupe comprenant
: le mylar (marque déposée), le kapton (marque déposée), le polyéthylène ou le polychlorure
de vinyle.
[0033] La feuille 20 munie de sa résistance 22 peut être également obtenue à partir d'une
feuille qui est faite de l'un des matériaux précédents et recouverte d'une couche
métallique que l'on grave de façon à obtenir la résistance 22 en forme de créneaux.
[0034] A titre purement indicatif et nullement limitatif, la feuille 20 a une épaisseur
de l'ordre de 1mm et l'on forme sur cette feuille une dizaine de créneaux. Les dimensions
de la feuille dépendent du diamètre intérieur du tube du lanceur avec lequel la charge
comportant cette feuille est destinée à être utilisée. A titre d'exemple, pour un
lanceur dont le tube a un diamètre intérieur de 9mm, on peut utiliser une feuille
rectangulaire de 20cm de long et de 5cm de large.
[0035] On notera que la forme en créneaux de la résistance 22 confère à celle-ci une inductance
très faible et permet par ailleurs de répartir régulièrement les potentiels et donc
d'obtenir la meilleure isolation électrique possible.
[0036] On notera également que la structure de l'élément 4 représenté sur la figure 3 permet
au "contact" thermique entre la feuille électriquement isolante et la résistance d'être
bien contrôlé et reproductible.
[0037] On voit sur la figure 3 que, si nécessaire, une ou plusieurs feuilles supplémentaires
30, 32 peuvent être utilisées. Chaque feuille supplémentaire est faite de la même
matière que la feuille 20 et porte une résistance en créneaux comme la feuille 20.
Ces feuilles 20, 30, 32 sont empilées et roulées ensemble de façon à obtenir un rouleau
unique, chaque résistance ayant une extrémité située en l'une des extrémités de ce
rouleau et une autre extrémité située en l'autre extrémité du rouleau.
[0038] En variante, si nécessaire, on peut utiliser, au lieu d'une ou plusieurs feuilles
supplémentaires munies de résistances, une ou plusieurs feuilles identiques à la feuille
20 mais non pourvues de résistances, toutes ces feuilles étant superposées et roulées
ensemble.
[0039] Sur la figure 5, on a représenté schématiquement et partiellement en coupe une charge
conforme à l'invention, dans laquelle on utilise non pas un seul élément 4 mais une
pluralité d'éléments 4 en forme de rouleaux, qui sont parallèles les uns aux autres
et placés dans le logement 5 de la gaine, parallèlement à l'axe X, les résistances
correspondant à ces rouleaux étant a lors montées en parallèle.
[0040] Dans une variante non représentée, la charge peut comporter non pas un seul élément
4 mais une pluralité d'éléments 4 en forme de rouleaux, disposés les uns à la suite
des autres suivant l'axe X dans le logement de la gaine 6. Bien entendu, ces rouleaux
sont alors agencés les uns par rapport aux autres de façon que les résistances électriques
correspondant à ces rouleaux soient montées en série entre la rondelle 10 et la feuille
mince 12 (ou le projectile 14 s'il n'y a pas de feuille 12).
[0041] La charge objet de la présente invention est utilisable sur tous les lanceurs électrothermiques
à décharge rapide.
[0042] Sur la figure 1, on a représenté schématiquement un lanceur de ce type qui porte
la référence 36. Ce dernier a la forme d'un tube et son extrémité avant est bien entendu
ouverte, tandis que son extrémité arrière est fermée par un couvercle de fermeture
38 qui y est vissé après avoir introduit la charge 2 dans une chambre 37a prévue à
cet effet dans le lanceur, à l'arrière de celui-ci. Lorsque le projectile est solidaire
de la charge 2, il est donc mis en place dans le lanceur en même temps que cette charge
et lorsqu'il n'en est pas solidaire, il peut être mis en place dans le lanceur par
l'arrière de celui-ci, avant la charge bien entendu, ou par l'avant (ouvert) du tube
37 du lanceur 36.
[0043] Le couverc le de fermeture 38 est alésé en son centre pour laisser un espace suffisant
pour une électrode 40 appelée "contact électrique". Ce contact électrique 40 traverse
le couvercle de fermeture 38 de part en part et en est séparé par un joint électriquement
isolant 39.
[0044] Une extrémité 39a du contact 40 débouche dans la chambre 37a.
[0045] L'autre extrémité 39b du contact 40 est électriquement isolée de la surface extérieure
du lanceur et électriquement reliée à une borne d'une alimentation électrique 42 par
l'intermédiaire d'un interrupteur rapide à gaz 44.
[0046] Cette alimentation électrique 42 comporte un banc de condensateurs, apte à stocker
sous forme électrique une énergie de l'ordre de 8 kJ.
[0047] Lorsque le couvercle est vissé dans la partie arrière du lanceur 36, l'extrémité
39b du contact électrique 40 est pressée contre l'électrode 16.
[0048] La borne de l'alimentation 42 qui est électriquement reliée par l'intermédiaire de
l'interrupteur 44 au contact 40 est destinée à être portée à une haute tension, de
l'ordre de 30 kV par exemple, par rapport à la masse. L'autre borne de l'alimentation
42 est mise à la masse. Le couvercle 38 et le reste du lanceur sont métalliques et
sont également mis à la masse. En conséquence, l'enveloppe métallique 8, qui, comme
le projectile, est en contact avec le lanceur, est aussi à la masse et il en est de
même pour le projectile lorsque ce dernier est conducteur.
[0049] Ainsi, lorsque l'interrupteur 44 est fermé, une extrémité de la résistance 22 est
très rapidement portée à la haute tension par rapport à son autre extrémité et le
banc de condensateurs se décharge très rapidement à travers cette résistance. Cette
dernière est alors chauffée à très haute température, par exemple de l'ordre de 10
000 à 30 000°C. La matière plastique fortement hydrogénée qui constitue la feuille
20 est ainsi très rapidement décomposée par pyrolyse et se transforme en un gaz (et
même, si la température est suffisante, en un plasma) dont la détente est utilisée
pour lancer le projectile 14.
[0050] Les qualités isolantes de la matière plastique fortement hydrogénée sont mises à
profit dans la charge pour réaliser la nécessaire isolation électrique entre les différentes
parties de la résistance qui est pour ainsi dire intimement mêlée à la matière plastique.
Cette isolation électrique se maintient malgré la très haute température atteinte
par la résistance du fait de la grande rapidité du chauffage (quelques microsecondes).
Mais, rapidement, la température s'homogénéise dans la charge, la résistance se mélange
à la matière plastique isolante et l'ensemble devient gazeux et forme le milieu propulseur.
Celui-ci est essentiellement constitué d'hydrogène et de carbone, d'où un gaz de faible
masse atomique constituant un excellent milieu propulseur.
[0051] On précise que la feuille mince 12 a une épaisseur suffisamment faible, par exemple
de l'ordre de 0,5 mm, pour que la quasi-totalité de l'énergie résultant de la détente
du milieu propulseur serve à la propulsion du projectile 14.
[0052] Dans une variante de réalisation, la rondelle 10 est supprimée et le côté correspondant
du logement 5 est fermé par l'électrode 16 et par l'isolateur 18. L'électrode 16 est
alors en contact avec l'extrémité de la résistance, qui se trouve dudit côté, ou est
très proche de cette extrémité de sorte qu'un claquage se produit entre elles lorsque
l'électrode est portée à la haute tension. Dans cette variante, de préférence, l'électrode
a des dimensions transversales sensiblement égales au diamètre du logement 5, ou la
feuille 20 est enroulée de façon que les extrémités 23 et 25 de la résistance 22 se
trouvent sensiblement sur l'axe X (alors que dans le cas de la figure 3, ces extrémités
23 et 25 sont à la périphérie du rouleau obtenu).
[0053] Les pressions et les températures atteintes avec un lanceur électrothermique à décharge
rapide sont beaucoup plus élevées que celles que l'on obtient avec les charges à poudre
classiques. Il en résulte la possibilité d'obtenir à la fois un meilleur rendement
(rapport de l'énergie cinétique du projectile à l'énergie mise en oeuvre pour propulser
celui-ci, c'est-à-dire l'énergie emmagasinée dans le banc de condensateurs, dans le
cas du lanceur électrothermique représenté sur la figure 1) et des vitesses plus élevées,
d'où l'intérêt du lanceur électrothermique à décharge rapide, notamment vis-à-vis
d'un lanceur à poudre classique.
[0054] La charge décrite en référence aux figures 1 à 5 est particulièrement bien adaptée
à un tel lanceur électrothermique à décharge rapide et elle a un bon rendement.
1. Charge pour lanceur électrothermique, cette charge (2) comprenant au moins un élément
électriquement isolant (4), décomposable par pyrolyse et, dans cet élément, une résistance
électrique (22) dont une extrémité est destinée à être portée à une haute tension
électrique par rapport à son autre extrémité afin de chauffer la résistance et de
provoquer ainsi une pyrolyse de l'élément (4), qui transforme ce dernier en un milieu
gazeux apte à propulser un projectile (14) hors du lanceur, charge caractérisée en
ce que la résistance électrique (22) forme un bobinage dans l'élément isolant (4),
en ce que les deux extrémités de ce bobinage sont éloignées l'une de l'autre, et en
ce que le bobinage est très faiblement inductif et réparti de façon sensiblement homogène
dans l'élément (4).
2. Charge selon la revendication 1, caractérisée en ce qu'elle comprend en outre :
- une gaine électriquement isolante (6), pourvue d'un logement (5) dans lequel est
placé chaque élément (4),
- une enveloppe électriquement conductrice (8) qui contient la gaine (6), et
- une électrode (16) qui est électriquement isolée de l'enveloppe (8) et qui est destinée
à porter une extrémité du bobinage à la haute tension, l'autre extrémité du bobinage
étant portée à un potentiel de référence.
3. Charge selon la revendication 2, caractérisée en ce qu'elle comprend une pluralité
d'éléments (4) dans le logement (5) de la gaine électriquement isolante (6).
4. Charge selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisée en ce que
chaque élément (4) comprend au moins une feuille (20) faite d'une matière électriquement
isolante, décomposable par pyrolyse, en ce que la résistance (22) correspondant à
cet élément se trouve sur cette feuille et a sensiblement la forme d'une ligne en
créneaux allongés suivant leur hauteur, ligne dont les deux extrémités correspondent
respectivement aux deux extrémités du bobinage relatif à l'élément et sont respectivement
placées en deux bords opposés (27, 28) de la feuille (20), et en ce que cette feuille
est roulée sur elle-même de telle façon que les deux bords opposés (27, 28) se trouvent
respectivement en les deux extrémités du rouleau ainsi obtenu.
5. Charge selon la revendication 4, caractérisée en ce que l'élément (4) comprend
une pluralité de feuilles (20, 30, 32) qui sont empilées de façon que les résistances
électriques (22) correspondant respectivement auxdites feuilles soient électriquement
isolées les unes des autres, et qui sont roulées ensemble sur elles-mêmes pour former
un rouleau unique.
6. Charge selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisée en ce que
chaque élément (4) est fait d'une matière plastique électriquement isolante, décomposable
par pyrolyse et fortement hydrogénée.
7. Charge selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisée en ce que
chaque résistance électrique (22) est fait en un matériau métallique ou en carbone.