[0001] La présente invention concerne le problème de la détection d'un "homme à la mer",
c'est-à-dire du fait qu'une personne est tombée du bord d'un bateau.
[0002] Ce problème se pose depuis longtemps, et il a été partiellement résolu jusqu'à présent
par utilisation d'un dispositif préventif, appelé "harnais de sécurité" et fixé à
une "ligne de vie" tendue sur un bateau. Cependant, étant donné l'évolution des bateaux
et des techniques actuelles de navigation, ces harnais de sécurité gênent beaucoup
la manoeuvre et il est même parfois impossible de les utiliser.
[0003] On a donc mis au point des techniques de détection de la présence d'un homme à la
mer ou plutôt d'absence d'une personne à bord, qui n'ont pas d'effet préventif, mais
qui indiquent simplement qu'une personne est tombée à la mer, avec éventuellement
l'emplacement de la chute afin que les autres personnes restées à bord puissent revenir
à l'endroit où se trouve le naufragé.
[0004] Une première technique connue met en oeuvre une installation fonctionnant par perte
de portée d'un émetteur. Les brevets français n° 2 498 783 et 2 609 961 décrivent
des techniques très simples où des émetteurs mobiles émettent des signaux vers un
récepteur central unique qui permet la détection de la perte de portée. En outre,
le brevet des Etats-Unis d'Amérique n° 4 549 169 concerne une installation de surveillance.
Dans celle-ci, un émetteur principal crée un signal d'interrogation qui parvient à
des émetteurs-récepteurs qui peuvent être portés par des personnes placées au bord
de la mer, sur des navires, etc. Il s'agit d'une installation fonctionnant par perte
de portée d'un émetteur. Ce document décrit donc une installation dans laquelle l'émetteur
principal émet un signal dont l'intensité décroît comme le carré de la distance, et
les émetteurs renvoient un signal qui diminue lui aussi comme le carré de la distance
ou qui disparaît lorsque l'émetteur-récepteur est sous l'eau. L'inconvénient d'une
telle installation est que, par son principe même de fonctionnement, le signal détecté
varie comme le carré de la distance et ne présente donc pas une variation nette entre
le bord et l'eau entourant le bateau, permettant la fixation d'un seuil bien délimité.
En outre, les émetteurs posent des problèmes de directivité d'émission et de masquage
d'émission (mât, voiles mouillées) si bien qu'une telle installation n'est pas très
fiable. Elle peut permettre une détection longtemps après la chute d'une personne
à l'eau ou au contraire elle peut donner des fausses alarmes nombreuses.
[0005] Une seconde technique connue détecte l'immersion d'un émetteur dans l'eau. Dans ce
cas, les émissions peuvent être plus puissantes que dans l'installation précédente,
mais il est nécessaire que la présence d'eau ne soit détectée qu'à bon escient. Très
souvent, au cours de manoeuvres effectuées à l'avant du bateau, dans des conditions
qui sont favorables à la chute d'une personne à la mer, de l'eau parvient sur l'émetteur
et une fausse alarme est transmise.
[0006] Le problème des fausses alarmes est très important car il démobilise les personnes
qui surveillent le récepteur ; l'expérience montre que, en cas de fausses alarmes
qui sont nécessairement plus fréquentes que les véritables alarmes, l'équipage ne
réagit pas, si bien que la sécurité d'une telle installation est loin d'être suffisante.
[0007] Le brevet français n° 2 062 221 qui est très succinct, concerne un dispositif d'alarme
automatique fonctionnant en cas de chute à la mer d'un passager de bateau. Dans cette
installation, il n'existe aucun émetteur principal. Chaque passager est muni d'un
émetteur d'un signal permettant son identification. Ce signal est détecté par un récepteur
muni d'une antenne de réception. Ce brevet ne décrit aucunement une boucle métallique
utilisée pour l'émission d'un signal d'interrogation puisque la boucle n'est utilisée
que pour la réception. Une telle installation pose des problèmes de synchronisation
des émetteurs.
[0008] La solution de ce problème de l'homme à la mer nécessite donc un système totalement
automatique, ayant un taux de fausses alarmes pratiquement nul, et présentant une
recoupement très net d'un seuil en cas de chute d'une personne à la mer.
[0009] L'invention concerne une telle installation. Plus précisément, cette installation
est automatique car elle fonctionne en permanence, dès qu'un émetteur-récepteur est
porté par un membre d'équipage. Le taux de fausses alarmes est pratiquement nul, car
l'émetteur chargé de transmettre un signal d'interrogation a une forte puissance et
ce signal est nécessairement reçu par les émetteurs-récepteurs se trouvant à bord.
Enfin, la variation entre l'intérieur et l'extérieur du périmètre de protection est
très nette, car l'installation comporte une boucle à l'intérieur de laquelle le champ
est intense et à l'extérieur de laquelle il est très faible. La boucle délimite un
périmètre au niveau duquel la variation d'un signal est très nette.
[0010] Plus précisément, l'invention concerne une installation de détection automatique
et permanente de la sortie d'une personne du bord d'un bateau, du type qui comporte
un émetteur d'un signal d'interrogation, une antenne d'émission à laquelle est relié
l'émetteur, au moins un émetteur-récepteur interrogeable porté par ladite personne
au moins, et un détecteur des signaux de réponse provenant de l'émetteur-récepteur
au moins. Selon l'invention, l'antenne d'émission comporte une boucle conductrice
ayant une ou plusieurs spires et délimitant un périmètre de protection, la boucle
étant disposée approximativement dans un plan, et l'émetteur transmet à la boucle
un courant d'interrogation tel que, dans le plan de la boucle ou à son voisinage,
le champ d'interrogation est intense à l'intérieur de la boucle et est faible à l'extérieur
de celle-ci.
[0011] De préférence, l'émetteur fonctionne à basse fréquence, et chaque émetteur-récepteur
et le détecteur fonctionnent à haute fréquence.
[0012] Il est avantageux que l'installation comporte plusieurs émetteurs-récepteurs. Dans
ce cas, un premier mode de réalisation est tel que l'émetteur transmet un signal d'interrogation,
et chaque émetteur-récepteur transmet une réponse codée qui l'identifie. Ce codage
peut être un codage de fréquence ou de tout autre type, mais il s'agit de préférence
d'un codage par introduction d'un retard avant le signal de réponse, chaque retard
correspondant à l'identité d'un émetteur-récepteur.
[0013] Dans un autre mode de réalisation, l'émetteur peut émettre plusieurs interrogations
codées, destinées chacune à un seul émetteur-récepteur.
[0014] Il est avantageux que, lorsqu'un émetteur-récepteur est inutilisé, il soit relié
au détecteur afin qu'il inhibe la détection du signal de réponse correspondant. Il
est alors avantageux que l'émetteur-récepteur soit relié matériellement à un circuit
de recharge d'une batterie d'accumulateurs que peut comporter un tel émetteur-récepteur.
[0015] Dans une variante, un émetteur-récepteur au moins est muni d'un détecteur d'eau et
est destiné à émettre vers le détecteur un signal d'acquittement lorsque simultanément
et pendant une période prédéterminée, il ne reçoit plus le signal d'interrogation
et le détecteur d'eau qui lui est associé n'indique pas la présence d'eau.
[0016] La boucle peut être formée par une seule spire. Elle peut cependant comporter plusieurs
spires, lorsque cela est souhaitable pour l'intensité de l'émission.
[0017] La boucle peut être avantageusement placée au niveau du rail de fargue ou d'une filière,
habituellement présents dans un bateau. Cependant, dans un mode de réalisation particulièrement
avantageux, la boucle est directement incorporée à une coque de matière plastique,
cette incorporation étant réalisée de préférence lors de la fabrication de la coque.
[0018] Dans un mode de réalisation, la détection de la disparition d'une personne du bord
provoque la commande d'un système de direction du bateau, par exemple de la barre.
[0019] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront mieux de la description
qui va suivre, faite en référence aux dessins annexés sur lesquels :
la figure 1 est une perspective d'un bateau de plaisance ayant une installation selon
l'invention
la figure 2 est un diagramme des temps illustrant une séquence d'émission dans un
mode de réalisation de l'invention ;
la figure 3 est un diagramme synoptique d'un émetteur utilisé dans une installation
selon l'invention ;
la figure 4 est un diagramme synoptique d'un émetteur-récepteur portatif destiné à
être utilisé avec l'émetteur de la figure 3 ; et
la figure 5 est un exemple de tableau de commande de l'appareil de la figure 3.
[0020] Dans un bateau de plaisance tel que représenté sur la figure 1, ayant une coque 10,
un pont 12 et un balcon avant 14, il faut que la différence entre la présence d'une
personne à l'intérieur de la coque 10 et sur le pont 12 soit distinguée de sa présence
en dehors du bateau, c'est-à-dire dans l'eau.
[0021] Un élément essentiel d'une installation selon l'invention est une boucle entourant
le périmètre à protéger et constituant une antenne d'émission. Dans ce cas, le périmètre
à protéger correspond à la périphérie de la coque. Ainsi, la boucle peut être avantageusement
formée au niveau du rail de fargue repéré par la référence 16. La boucle peut aussi
être formée au niveau d'une filière telle que 18. Il est nécessaire que la boucle
forme une spire qui peut être reliée au circuit de commande de l'installation, schématiquement
repéré par la référence 22. Etant donné les problèmes posés par la continuité électrique
que doit avoir la boucle, l'utilisation du rail de fargue et de filières existant
sur les bateaux n'est pas toujours très commode et il peut donc être plus avantageux
de disposer un fil spécial isolé le long du rail de fargue. Cependant, dans un mode
de réalisation particulièrement avantageux, la boucle est incorporée à la coque dans
le cas où celle-ci est formée de matière plastique, comme indiqué par la référence
20.
[0022] La boucle représentée sur la figure 1 est sensiblement disposée dans un plan. Dans
ce plan et à l'intérieur de la boucle, le champ électromagnétique est intense lorsqu'un
courant circule dans la boucle. Par contre, à l'extérieur de la boucle, le champ est
très faible. Le champ reste intense à une certaine distance au-dessus et au-dessous
du plan de la boucle, les lignes de force du champ s'écartant légèrement les unes
des autres. La boucle peut d'ailleurs être disposée avec une inclinaison plus ou moins
grande aux extrémités de la coque ou sur les côtés de manière que le champ créé s'évase
au niveau du balcon ou au niveau du tableau arrière et permette un certain élargissement
du volume de protection à proximité du plan de la boucle. Le fait important à noter
est que le champ est très intense à l'intérieur du périmètre de la boucle et est faible
à l'extérieur, dans le plan de la boucle. En conséquence, un émetteur-récepteur, lorsqu'il
est à l'intérieur du périmètre, détectera facilement une émission créant un champ
dans la boucle, mais ne la détectera que difficilement à l'extérieur de la boucle,
dans le plan de celle-ci.
[0023] Bien entendu, la coque et le pont doivent permettre la traversée du champ magnétique.
Ils ne doivent donc pas être formés d'un matériau conducteur, par exemple d'un métal.
[0024] L'installation comporte ensuite le circuit de commande 22 qui comprend un émetteur
destiné à créer le champ d'interrogation par circulation d'un courant dans la boucle,
un détecteur capable de détecter les signaux émis par chaque émetteur-récepteur, et
au moins un émetteur-récepteur porté par une personne se déplaçant à l'intérieur du
périmètre et pouvant éventuellement en sortir.
[0025] Le principe de l'émission d'un signal d'interrogation par l'émetteur, de la réception
de ce signal et de l'émission d'une réponse correspondante par des émetteurs- récepteurs,
puis de détection de leur réponse, est déjà connu dans divers domaines. Dans le cas
de l'installation selon l'invention, plusieurs réalisations sont possibles. Cependant,
deux d'entre elles sont particulièrement intéressantes.
[0026] Dans la première réalisation, l'émetteur 22 émet un signal d'interrogation unique,
et chaque émetteur-récepteur détecte ce signal et émet une réponse codée qui est ensuite
détectée par le détecteur incorporé au circuit électronique 22. Les réponses des émetteurs-récepteurs
sont codées si bien que le circuit électronique 22 peut déterminer si tous les émetteurs-récepteurs
ont effectivement émis et quel est celui qui n'a pas émis éventuellement. Dans l'autre
mode de réalisation, le circuit de commande 22 a un émetteur qui interroge successivement
les différents émetteurs-récepteurs.
[0027] L'installation décrite plus en détail dans la suite correspond à la première réalisation
précitée, mais il s'agit simplement d'un exemple non limitatif.
[0028] Plus précisément, dans l'installation décrite et comme représenté sur la figure 2,
l'émetteur émet un signal d'interrogation représenté par la courbe a de la figure
2. Cette impulsion a une certaine durée to. Les émetteurs-récepteurs détectent ce
signal et transmettent chacun un signal de réponse de durée t8. Le premier émetteur-récepteur
émet son signal de réponse avec un retard t1 par rapport au signal d'interrogation,
comme l'indique la courbe b. De même, les autres émetteurs-récepteurs émettent chacun
un signal de réponse après un retard t2, t3, t4, t5 et t6, tous ces retards étant
différents, si bien que le détecteur peut faire la distinction entre les différents
émetteurs-récepteurs et peut notamment déterminer si tous les émetteurs-récepteurs
ont bien envoyé un signal de réponse. En outre, ces réponses, avantageusement sous
forme impulsion- nelle qui réduit la consommation d'énergie, peuvent indiquer de manière
codée en fréquence si l'accumulateur ou la pile a une tension convenable ou insuffisante.
[0029] Avant la description détaillée des éléments constituant l'installation, on peut noter
des avantages importants. D'abord, grâce à la variation très nette obtenue à l'aide
de la boucle, le signal d'interrogation peut être très puissant, si bien qu'il est
reçu certainement par tous les émetteurs-récepteurs présents dans le périmètre de
protection, même si une personne portant un émetteur-récepteur particulier se trouve
derrière une voile mouillée ou à proximité du mât. En conséquence, le taux de fausses
alarmes peut être extrêmement réduit. L'émission d'interrogation peut avoir une forte
puissance car l'émetteur est directement alimenté par les batteries d'accumulateurs
du bateau. Il est donc préférable que cette émission soit effectuée à basse fréquence.
Les émetteurs-récepteurs émettent de préférence à haute fréquence car leur consommation
est plus faible. Lorsque ces émetteurs-récepteurs fonctionnent sur batterie d'accumulateurs,
les batteries peuvent être automatiquement rechargées lorsque chaque émetteur-récepteur
est inutilisé, comme décrit dans la suite.
[0030] On considère maintenant plus en détail les différents éléments utilisés dans l'installation.
La figure 3 est un diagramme synoptique du circuit de commande 22 schématiquement
indiqué sur la figure 1. Ce circuit comprend essentiellement une unité centrale de
traitement 24, associée de manière classique à un clavier 26, à un écran 28 et éventuellement
à des diodes photoémissives 30, dans un but décrit dans la suite. Cet ensemble de
traitement commande l'émetteur à basse fréquence 32 qui alimente la boucle 20. La
boucle crée donc le champ d'interrogation.
[0031] Les signaux de réponse provenant des émetteurs-récepteurs sont captés par une antenne
34 et parviennent au détecteur 36 qui n'est autre qu'un récepteur à haute fréquence.
Le circuit de commande traite les signaux reçus et détermine si tous les émetteurs-récepteurs
en service ont effectivement envoyé un signal. Lorsqu'un signal de réponse d'un émetteur-récepteur
ou plusieurs signaux successifs de réponse d'un tel émetteur-récepteur manquent, l'ensemble
de traitement peut transmettre un signal d'alarme à une sortie 38, par exemple une
sortie série RS232, ce signal étant destiné à un autre appareil, par exemple un appareil
connu du type "homme à la mer" destiné à calculer les coordonnées du bateau au moment
de la chute d'un homme à la mer. Le signal d'alarme peut aussi être utilisé pour de
nombreuses autres opérations telles que largage d'une bouée, etc. Par ailleurs, l'unité
centrale 24 commence avantageusement à compter le temps qui s'écoule à partir du moment
où le signal de réponse d'un émetteur-récepteur a disparu, car il est très important,
pour le secours d'un naufragé, de connaître exactement le temps qui s'est écoulé depuis
que ce naufragé est tombé à la mer.
[0032] Il peut être avantageux, surtout dans le cas d'un navigateur solitaire, que le signal
d'alarme commande un système de direction du bateau. Par exemple, le signal d'alarme
peut être utilisé pour la commande d'un pilote automatique afin qu'il tourne au maximum
la barre à bâbord ou à tribord et mette en panne le bateau.
[0033] On note aussi sur la figure 3 la présence d'une alimentation 40, comportant en général
les batteries d'accumulateurs du bateau, et d'un chargeur 42, utilisé pour la recharge
des alimentations, sous forme de batteries d'accumulateurs, des émetteurs-récepteurs
qu'on considère maintenant en référence à la figure 4.
[0034] Sur la figure 4, la référence 44 désigne le détecteur basse fréquence, associé à
un amplificateur, qui capte le signal d'interrogation. Un circuit détecteur de fréquence
46 et un circuit monostable 48 commandent l'émission par un circuit émetteur- codeur
50 d'un signal en réponse au signal d'interrogation. Ce signal est codé, par exemple
par détermination du retard compris entre la réception du signal à basse fréquence
et l'émission, comme décrit précédemment en référence à la figure 2.
[0035] Bien entendu, l'émetteur-récepteur comporte en outre une pile ou une batterie d'accumulateurs
52, par exemple au nickel-cadmium de 9 V, qui peut être légère et peu encombrante
; la batterie d'accumulateurs est reliée à un circuit 54 de régulation qui alimente
le circuit détecteur basse fréquence 44. En outre, l'appareil comporte un connecteur
56, par exemple à quatre broches, permettant la connexion de l'appareil comme décrit
plus en détail dans la suite. Ce connecteur est relié à un codeur analogique 58 indiquant
l'identité de l'émetteur-récepteur et utilisé comme décrit dans la suite du présent
mémoire. Le codage des différents émetteurs-récepteurs peut être simplement réalisé
par sélection d'une résistance ou pose d'un cavalier. En outre, un circuit 60 détecte
le niveau de charge et peut comporter des diodes photoémissives.
[0036] Lorsqu'un émetteur-récepteur tel que représenté sur la figure 4 est inutilisé, il
est raccordé, par son connecteur 56, à une fiche associée au circuit de la figure
3 et repérée par la référence 62 sur la figure 5. Il est avantageux que, dans ce cas,
l'émetteur-récepteur soit placé dans un boîtier formant cage de Faraday qui rend l'émetteur-récepteur
insensible au signal d'interrogation. La figure 5 représente l'aspect du circuit de
commande 22, décrit en référence à la figure 3. Le clavier 28 comporte un certain
nombre de touches numérotées de 1 à 6 et d'autres touches telles que 64 à 74 de marche-arrêt,
changement de voie, inhibition d'alarme, test des diodes photoémissives, initialisation,
test de batterie, test d'alarme et éventuellement inhibition d'un ou plusieurs émetteurs-récepteurs.
Ces touches commandent donc les différentes opérations de l'unité centrale de traitement
24 sans qu'il soit nécessaire de décrire en détail ces fonctions puisqu'elles apparaissent
clairement. Des diodes photoémissives 76 sont associées à chaque émetteur-récepteur,
et indiquent l'état de charge de la batterie de l'émetteur-récepteur lorsque son connecteur
56 est relié à la fiche correspondante 62 du circuit 22 représenté sur la figure 5.
[0037] Selon une caractéristique avantageuse, lorsque l'émetteur-récepteur est relié à la
fiche 62 de la figure 5, il inhibe le canal correspondant d'interrogation si bien
que l'unité centrale 24 ne tient pas compte de l'absence de réponse de cet émetteur-récepteur
qui est mis en mode inactif. Dans une variante, un émetteur-récepteur peut être mis
en mode inactif, par transmission d'un signal d'acquittement reconnu par l'unité centrale.
[0038] Le connecteur 56 permet la recharge de la batterie, jusqu'au niveau déterminé comme
optimal et correspondant à une autonomie de plusieurs heures, par exemple 10 h, ou
même un jour ou deux à l'émetteur-récepteur de la figure 4. De cette manière, chaque
émetteur-récepteur est toujours en état de marche, bien entendu à condition qu'il
soit remis en place sur le panneau du circuit 22 lorsqu'il est inutilisé.
[0039] L'unité 24 de traitement du circuit 22 connaît l'état de charge des émetteurs-récepteurs
puisqu'elle sait à quel moment chaque émetteur-récepteur a été retiré du connecteur
correspondant. Cette unité centrale peut donc indiquer de toute manière convenable
qu'un émetteur-récepteur ne doit pas être pris en compte parce que sa batterie est
épuisée, par exemple par affichage d'un signal sur les diodes photoémissives 78 ou
par transmission d'un signal à un autre appareillage, par l'intermédiaire de la sortie
série ou connecteur 38. Dans une variante, l'état de charge des batteries des émetteurs-récepteurs
en cours d'utilisation est indiqué au circuit 22 par codage en fréquence de la réponse.
[0040] On note sur la figure 5 que les fiches 62 sont groupées par colonnes de trois. On
peut ainsi ajouter à l'appareil des colonnes de trois fiches, permettant une extension
du nombre d'émetteurs-récepteurs de l'installation par groupe de trois.
[0041] L'appareil décrit précédemment est donc réalisé d'une manière telle que le circuit
de commande suit constamment tous les émetteurs-récepteurs, qu'ils soient en cours
d'utilisation ou inutilisés. Ainsi, selon une caractéristique avantageuse, la prise
en compte d'un émetteur-récepteur n'est assurée qu'après la détection d'un certain
nombre de réponses, par exemple quatre ; de cette manière, une alarme n'est pas indiquée
lorsqu'un signal fortuit (parasite) correspondant à l'émission d'un émetteur-récepteur
qui n'est pas en cours d'utilisation a été reçu puis a disparu. En outre, pour qu'une
alarme ne soit pas indiquée après la disparition fortuite d'une seule réponse d'un
émetteur-récepteur, la réponse peut être testée plusieurs fois rapidement, par exemple
quatre fois en quelques secondes, avant déclenchement de l'alarme. L'alarme n'est
validée que si la réponse a effectivement disparu les quatre fois.
[0042] Ainsi, le circuit de commande transmet un signal d'alarme uniquement lorsqu'un émetteur-récepteur
disparaît du périmètre protégé, c'est-à-dire quitte le bord du navire. Comme l'émission
d'interrogation est très puissante et comme les émetteurs-récepteurs ont une grande
portée, bien supérieure à la dimension du périmètre protégé du bateau, tous les échanges
de signaux sont très fiables dans le domaine protégé et le taux de fausses alarmes
est pratiquement nul.
[0043] Dans certaines circonstances, par exemple au départ ou à l'arrivée d'une course,
il peut être souhaitable que la sortie du périmètre protégé d'un émetteur-récepteur
ne soit considérée comme l'indication d'un homme à la mer que si un contact avec l'eau
est détecté simultanément. Dans ce cas, chaque émetteur-récepteur comporte en outre
un détecteur d'eau. Si un émetteur-récepteur ne reçoit pas le signal d'interrogation
pendant un certain temps et simultanément ne détecte pas le présence d'eau, il envoie
un signal d'acquittement que l'unité centrale reconnaît comme une mise à l'état inactif
de cet émetteur-récepteur. Aucune alarme n'est donnée. Dès que l'émetteur-récepteur
rentre dans le périmètre, il est remis automatiquement en circuit car il détecte le
signal d'interrogation et y répond.
[0044] Bien qu'on ait décrit l'invention en référence aux bateaux de plaisance de petite
taille, du fait de l'acuité du problème posé dans leur cas par un homme à la mer,
elle s'applique à des unités de toute taille, dans la mesure où la boucle permet la
création d'un champ d'émission bien délimité.
[0045] Bien qu'on ait indiqué que la boucle était disposée approximativement dans un plan,
elle peut comporter une ou plusieurs spires disposées dans plusieurs plans. De plus,
le terme "plan" désigne aussi des surfaces plus ou moins courbes, par exemple la surface
sur laquelle se trouve un rail de fargue.
1. Installation de détection automatique et permanente de la sortie d'une personne
du bord d'un bateau, du type qui comporte :
- un émetteur (32) d'un signal d'interrogation,
- une antenne d'émission (20) à laquelle est relié l'émetteur,
- au moins un émetteur-récepteur interrogeable porté par ladite personne au moins
et destiné à émettre un signal de réponse, et
- un détecteur (36) des signaux de réponse de l'émetteur-récepteur au moins,
caractérisée en ce que
- l'antenne d'émission comporte une boucle conductrice (20) ayant au moins une spire
et délimitant un périmètre de protection, approximativement dans un plan, et
- l'émetteur (32) transmet à la boucle (20) un courant d'interrogation tel que, dans
le plan de la boucle ou à son voisinage, le champ d'interrogation est intense à l'intérieur
de la boucle et est faible à l'extérieur de celle-ci.
2. Installation selon la revendication 1, caractérisée en ce que l'émetteur (32) travaille
à basse fréquence, et chaque émetteur-récepteur émet un signal à haute fréquence.
3. Installation selon l'une des revendications 1 et 2, caractérisée en ce que la boucle
(20) a une seule spire.
4. Installation selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée
en ce que la boucle (20) est disposée à proximité du rail de fargue.
5. Installation selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisée en ce
que la boucle (20) est incorporée à la coque.
6. Installation selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée
en ce qu'elle comprend plusieurs émetteurs-récepteurs, et en ce que l'émetteur (32)
émet un signal périodique d'interrogation et chaque émetteur-récepteur émet un signal
codé de réponse qui l'identifie.
7. Installation selon la revendication 6, caractérisée en ce que le codage de la réponse
d'un émetteur-récepteur est constitué par un retard de son émission par rapport à
la réception du signal de l'émetteur (32).
8. Installation selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée
en ce qu elle comporte plusieurs émetteurs-récepteurs, et l'émetteur (32) transmet
successivement plusieurs signaux codés d'interrogation successive des différents émetteurs-récepteurs.
9. Installation selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée
en ce qu'elle comporte plusieurs émetteurs-récepteurs, et dans laquelle, lorsqu'il
est inutilisé, un émetteur-récepteur est relié matériellement au détecteur (36) afin
qu'il inhibe la détection de l'absence de réponse correspondant à cet émetteur-récepteur,
et provoque, en même temps que l'inhibition de la détection, une recharge d'une alimentation
qui lui est incorporée.
10. Installation selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée
en ce qu'un émetteur-récepteur au moins est muni d'un détecteur d'eau et est destiné
à émettre vers le détecteur un signal d'acquittement lorsque simultanément et pendant
une période prédéterminée, il ne reçoit plus le signal d'interrogation et le détecteur
d'eau qui lui est associé n'indique pas la présence d'eau.