[0001] La présente invention concerne un procédé et un dispositif de vapocraquage permettant
la conversion de coupes d'hydrocarbures pétroliers, en phase fluidisée de particules
caloporteuses et à haute température, en vue de la production d'oléfines et, en particulier,
d'oléfines comprenant de 2 à 4 atomes de carbone, de butadiène et de composés monoaromatiques,
tels que le benzène, ou pouvant être ramifiés, tels que le toluène, les xylènes, etc...
[0002] On sait que les procédés de craquage d'hydrocarbures sont utilisés de façon courante
dans les industries pétrolières et parapétrolières ; ils consistent à scinder, par
élévation de la température, des molécules d'hydrocarbures en molécules plus petites.
Il existe deux types de craquage, le craquage thermique et le craquage catalytique,
qui mettent en jeu soit la seule influence de la température, soit les sites actifs
d'un catalyseur.
[0003] Dans une unité de craquage thermique classique, la charge d'hydrocarbures est chauffée
progressivement dans un four tubulaire. La réaction de thermocraquage a lieu principalement
dans la partie des tubes recevant le maximum de flux de chaleur, où la température
est déterminée par la nature des hydrocarbures à craquer :
- pour les procédés dits de viscoréduction, dans lesquels seules les molécules les plus
lourdes sont scindées en molécules plus petites, la température de craquage est comprise
entre 450 et 600°C suivant les cas ;
- lorsque les molécules à thermocraquer sont des molécules plus légères telles que des
essences ou des gaz de pétrole liquéfiés (GPL) et que l'on cherche à produire des
oléfines légères et des composés monoaromatiques, la température nécessaire est bien
supérieure et généralement comprise entre 780 et 850°C, suivant le type de charge
à craquer, mais elle reste cependant limitée par les conditions de mise en oeuvre
du procédé et par la complexité de fonctionnement des fours, qui utilisent une énergie
annexe de chauffage.
[0004] L'obtention et le maintien des niveaux de température requis sont d'autant plus délicats
qu'il se dépose progressivement du coke indésirable sur les parois des tubes et que
le flux thermique est limité. De plus, la température de paroi plus élevée que celle
du procédé est la cause de la formation de coke et de produits de dégradation de type
gommes et composés acetyléniques. Le coke nuit à la qualité des échanges thermiques;
il entraîne un accroissement de la perte de charge à l'intérieur des tubes et une
augmentation de la température de peau imposant une contrainte mécanique excessive,
ce qui contribue à diminuer le taux de conversion de la charge d'hydrocarbures pénétrant
dans l'unité de thermocraquage et entraîne des arrêts périodiques pour décokage. Il
en résulte également, d'une part, que le procédé doit être modulaire, de façon à permettre
les opérations de décokage en marche, et, d'autre part, que les charges à traiter
doivent être "propres", de façon à ce que la durée des cycles entre deux décokages
ne soit pas trop courte. En pratique, ces charges sont limitées aux GPL, aux essences,
et à certains gazoles favorables ou hydrotraités.
[0005] De plus, le transfert de chaleur dans un tube n'est pas instantané et la réaction
de thermocraquage est très endothermique. Il se pose donc des problèmes de régulation
et de maintien de température et, par conséquent, de sélectivité, qui sont très difficiles
à résoudre.
[0006] Pour remédier à ces inconvénients et effectuer un craquage thermique d'hydrocarbures,
il a été proposé, depuis fort longtemps, d'utiliser la technique des lits fluidisés.
Ainsi, par exemple :
- le brevet US 3.074.878 (Esso) et la demande de brevet européen N° 26.674 (Stone) utilisent
un réacteur tubulaire à phase fluidisée à flux descendant de particules caloporteuses,
avec un court temps de contact, pour réaliser un craquage thermique de charges pétrolières,
grâce à un apport de chaleur fourni par la combustion du coke déposé sur les particules
caloporteuses;
- le brevet US 4.427.538 (Engelhard) utilise un réacteur tubulaire pour réaliser un
craquage à basse sévérité et une élimination des hydrocarbures les plus lourds contenus
dans une charge, à l'aide d'une réaction en phase fluidisée ascendante de particules
caloporteuses inertes.
[0007] Aucune de ces techniques n'est cependant susceptible de permettre, dans des conditions
industrielles satisfaisantes, la conversion simultanée en oléfines légères et en composés
monoaromatiques de plusieurs coupes d'hydrocarbures pétroliers telles que les GPL,
les essences pétrolières ou, à plus forte raison, les charges résiduelles fortement
contaminées.
[0008] En effet, pour thermocraquer les coupes d'hydrocarbures pétroliers qui comprennent
les paraffines légères telles que les butanes, le propane et surtout l'éthane, ainsi
que les coupes pétrolières telles que les essences, les naphtas et les gazoles, il
est nécessaire de maintenir la température de la réaction à un niveau très élevé,
généralement de l'ordre de 750 à 850°C, pendant une durée très courte, mais rigoureusement
contrôlée. Faute d'un contrôle précis du temps de séjour dans cette zone de température,
des molécules d'oléfines formées au cours de la conversion pourraient se polymériser
au détriment de la sélectivité globale de la réaction. Or, il s'avère que les systèmes
de séparation utilisés jusqu'à présent pour séparer les effluents réactionnels des
particules caloporteuses ne permettent généralement pas une séparation et une trempe
suffisamment rapides des effluents, de sorte que certaines molécules formées sont
susceptibles de continuer à réagir et à se polymériser
[0009] Il en résulte un risque constant de bouchage ou d'encrassement dans la zone de séparation
et de strippage, ainsi que dans les canalisations d'hydrocarbures effluents entre
ladite zone et celle de fractionnement.
[0010] Par ailleurs, le maintien en phase gazeuse, aux températures souhaitées pour le thermocraquage,
nécessite un apport de calories instantané et très important, en raison de l'endothermicité
élevée de la conversion thermique par vapocraquage et du fait qu'est injectée dans
la zone réactionnelle une quantité assez importante de vapeur destinée à abaisser
la pression partielle des hydrocarbures et à minimiser la production de coke. De plus,
dans le cas du vapocraquage des coupes d'hydrocarbures légers en oléfines et en composés
monoaromatiques, la quantité de coke déposée sur les particules caloporteuses serait
tout a fait insuffisante pour assurer l'équilibre thermique du système et nécessiterait
l'appoint systématique d'énergie externe.
[0011] Enfin, cet équilibre et le niveau des températures à atteindre imposent des températures
très élevées à la masse caloporteuse. Or, les difficultés technologiques liées en
partie à la métallurgie de l'équipement concerné ont fait que seules les techniques
les plus récentes permettent de fournir les quantités requises de particules caloporteuses
à la température élevée adéquate.
[0012] La présente invention vise à remédier à ces inconvénients en proposant un procédé
de conversion par vapocraquage à haute température de coupes d'hydrocarbures pétroliers
en oléfines telles que de l'éthylène, du propylène et des butènes, du butadiène et
des composés monoaromatiques, par introduction des dites coupes dans une phase fluidisée
diluée de particules caloporteuses et de vapeur d'eau à haute température, dans des
conditions réactionnelles de fluidisation, de température et de durée strictement
déterminées.
[0013] L'invention a également pour but de permettre une conversion satisfaisante, par craquage
des coupes introduites dans le réacteur, avec une sélectivité élevée en oléfines légères,
en butadiène et en composés monoaromatiques.
[0014] L'invention vise également à permettre un contrôle efficace des réactions de polymérisation
des produits de la réaction.
[0015] L'invention vise enfin à ne produire du coke qu'en quantité réduite, mais suffisante
pour satisfaire le bilan thermique de l'unité.
[0016] A cet effet, l'invention a pour objet un procédé de conversion par vapocraquage,
à haute température et en présence d'une phase fluidisée diluée de particules essentiellement
caloporteuses, d'une part, d'au moins une coupe d'hydrocarbures légère peu contaminée
par des métaux, dont la température d'ébullition est inférieure à environ 400°C et,
d'autre part, d'une charge d'hydrocarbures plus lourde, constituée essentiellement
de composés dont la température d'ébullition est supérieure à environ 400°C, ce procédé
comprenant une étape de mise en contact de ladite coupe, puis de ladite charge, de
façon étagée et à sévérité décroissante, avec des particules caloporteuses, catalytiques
ou non, dans un réacteur continu de type tubulaire à flux ascendant ou descendant,
une étape de séparation et de strippage permettant de séparer, d'une part, au moins
90% desdites particules, que l'on régènère ensuite de préférence par combustion du
coke déposé sur celles-ci avant de les recycler à plus haute température vers l'alimentation
dudit réacteur continu et, d'autre part, les hydrocarbures effluents, que l'on récupère
lors d'une étape de fractionnement par distillation, ce procédé étant caractérisé
en ce que au moins une fraction de la charge d'hydrocarbures plus lourde est injectée
entre ladite étape de séparation des particules et des hydrocarbures effluents et
celle de fractionnement, et en ce que l'on recycle dans la partie aval dudit réacteur
au moins une partie du résidu de ladite étape de fractionnement par distillation.
[0017] La ou les coupes d'hydrocarbures légères peu contaminées distillant à moins de 400°C,
pourront être avantageusement choisies dans le groupe constitué par les paraffines
légères telles que l'éthane, le propane et les butanes, et des hydrocarbures plus
lourds tels que les essences, les naphtas et les gazoles, voire certaines coupes à
point d'ébullition plus élevé, mais fortement paraffiniques ou naphthéniques, telles
que les paraffines ou gatsch ou les recycles d'hydrocarbures. Ces coupes d'hydrocarbures
peuvent provenir soit de différentes unités de la raffinerie, telles que les unités
de distillation atmosphérique, de viscoréduction, d'hydrocraquage, de fabrication
d'huiles ou d'oligomérisation des oléfines, soit des effluents de l'unité de conversion
elle-même. Ces diverses coupes peuvent en outre être injectées seules ou en combinaison
avec de la vapeur d'eau et éventuellement d'autres gaz de fluidisation tels que l'hydrogène
et des gaz légers.
[0018] De préférence, selon un mode de mise en oeuvre particulièrement avantageux, le vapocraquage
sera réalisé dans le réacteur continu en plusieurs zones de sévérité décroissante,
par injections successives en présence de vapeur d'eau et (ou) de fluides gazeux de
plusieurs coupes distinctes, la première coupe devant nécessairement avoir une température
d'ébullition inférieure à celle de la suivante. Ce profil de température est en effet
particulièrement avantageux pour optimiser la sélectivité des réactions mises en jeu.
On pourra, par exemple, injecter successivement une première coupe contenant principalement
de l'éthane, puis éventuellement du propane et du butane, puis, en phase liquide,
une coupe contenant des essences légères, puis éventuellement des naphtas ou des gazoles
et enfin la charge d'hydrocarbures plus lourde, ayant une température d'ébullition
supérieure à environ 400°C. Cette dernière pourra avantageusement être choisie dans
le groupe constitué par les résidus de distillation atmosphérique ou sous vide, les
brais de désasphaltage, les slurries catalytiques, ou des hydrocarbures synthétiques.
Ces charges peuvent donc être des charges très lourdes contenant des hydrocarbures
dont le point d'ébullition peut aller jusqu'à 750°C et plus, et dont la densité peut
varier entre 0 et 25° API. La quantité injectée de ces charges d'hydrocarbures lourds
pourra avantageusement, suivant le profil de température recherché et les besoins
du bilan thermique, représenter 0,25 à 4 fois la quantité de coupe légère injectée
en amont.
[0019] Dans sa configuration la plus élaborée, incluant des injections successives de coupes
de plus en plus lourdes, par exemple d'éthane ou de GPL (gaz de pétrole liquéfié),
puis d'essence ou de gazole et, enfin, de la charge plus lourde, du type résidu de
distillation, dans la zone du réacteur continu située en aval, le réacteur continu
comprendra donc, en fait, plusieurs zones réactionnelles distinctes, opérant successivement
dans des conditions de sévérité décroissante (décroissance de la température, de la
durée de contact avec la masse caloporteuse, de l'activité éventuellement catalytique
de la masse caloporteuse et du rapport entre le débit de cette masse et celui des
hydrocarbures) et adaptées à la nature des charges à traiter et des produits recherchés.
On pourra ainsi, par exemple, convertir par vapocraquage de l'éthane, en présence
de vapeur d'eau, dans la zone d'injection de particules caloporteuses où la température
est la plus élevée (de l'ordre de 850 à 950°C), c'est-à-dire dans la zone la plus
en amont du réacteur continu, puis utiliser la baisse de température qui résulte de
l'endothermicité de la réaction pour injecter à une température de l'ordre de 800
à 900°C une coupe de propane ou de butane, et ainsi de suite jusqu'à l'injection d'une
coupe intermédiaire d'hydrocarbures, telle qu'une coupe de type gazole ou une coupe
d'essences légères. On pourra enfin utiliser la nouvelle baisse de température qui
en résulte pour craquer la charge plus lourde, ainsi que les résidus les plus lourds
de la réaction de vapocraquage, par recyclage de tout ou partie du résidu de fractionnement
dans la partie aval du réacteur dans des conditions mieux adaptées à sa nature.
[0020] Au cours de ses nombreux travaux dans ce domaine, la Demanderesse a en effet observé
que, s'il est relativement aisé de contrôler les conditions de durée et de température
de réaction dans le réacteur en utilisant chaque zone d'injection comme zone de trempe
("quench") par rapport à la zone précédente, il n'en va pas de même dans la partie
de la zone réactionnelle qui précède immédiatement la séparation et le strippage des
particules caloporteuses. En effet, aux niveaux de température, toujours très élevés,
requis pour le vapocraquage, la séparation des hydrocarbures gazeux et des solides
doit être quasi-instantanée, de façon à préserver, d'une part, la production en oléfines
souhaitées, tout en minimisant la formation de coke ou de produits lourds par réaction
de polymérisation.
[0021] On était donc, jusqu'à présent, limité en matière de vapocraquage en lit fluidisé
au dilemme suivant :
- ou bien le système de séparation, généralement balistique, souvent constitué de cyclones,
est efficace et, dans ce cas, la durée de la séparation est trop longue pour pouvoir
optimiser la production et éviter le cokage et la formation de contaminants du type
acétylénique;
- ou bien le système de séparation est instantané mais moins efficace, avec cette fois
pour conséquence soit une perte excessive d'hydrocarbures par entraînement de ces
derniers dans la zone de régénération, soit un entraînement excessif des particules
solides avec les effluents gazeux et en particulier de fines, qu'il est très coûteux
d'isoler des distillats, ces derniers devenant alors difficiles à valoriser, avec
le risque de réactions secondaires indésirables, quand les particules solides ont
une certaine activité catalytique.
[0022] La présente invention vise à remédier aux problèmes liés à la formation de coke et
de produits de dégradation dans les conduites conduisant les effluents réactionnels
des unités de vapocraquage vers la zone de fractionnement de ces effluents. En effet,
pour pouvoir fractionner par distillation les hydrocarbures effluents des unités de
vapocraquage de type classique, la température de ceux-ci doit être abaissée très
fortement et surtout très rapidement, de façon à obtenir une température d'entrée
de tour de fractionnement inférieure au "point de rosée" de des effluents (c'est-à-dire
à une température à laquelle se condensent les fractions les plus lourdes). Or, au
cours de cet abaissement brutal de température, il est connu que les composés les
plus lourds produits par la réaction de vapocraquage tendent à se déposer sur la paroi
des conduites, ce qui entraîne des arrêts réguliers et coûteux des unités de vapocraquage
pour décokage de ces conduites.
[0023] La présente invention permet en outre de remédier aux inconvénients mentionnés ci-dessus,
dans la mesure où l'injection d'une majeure partie de la charge la plus lourde nécessaire
à l'équilibre thermique de la réaction de vapocraquage est réalisée après l'étape
de séparation d'au moins 90% des particules et des hydrocarbures et avant celle de
fractionnement par distillation.
[0024] Ce mode particulier d'injection de la charge permet de maîtriser complètement les
conditions de température et de durée de la réaction de vapocraquage pour les raisons
suivantes :
- l'effet de trempe nécessaire à l'arrêt instantané des réactions thermiques est assuré
par pulvérisation de la charge elle-même, qui se trouve par là même préchauffée, ce
qui, conjugué avec l'effet de dilution des effluents liquides condensés, permet de
désactiver efficacement tous les précurseurs de coke présents dans les effluents de
vapocraquage, par dissolution dans la charge pétrolière encore liquide (cet effet
de trempe peut éventuellement être complété avant l'étape de fractionnement, soit
par passage des hydrocarbures dans un échangeur thermique, soit par une nouvelle injection
d'eau, de vapeur ou de toute autre coupe d'hydrocarbures);
- les 0,01 à 10% et, de préférence 0,05 à 5%, de particules caloporteuses entraînées
dans les effluents du réacteur permettent à la fois un ramonage permanent des parois,
en les préservant ainsi de tout encrassement, et une absorption des gommes en cours
de formation dans les conduites de transfert des effluents vers la zone de fractionnement;
- le recycle des résidus de distillation dans la partie aval du réacteur permet non
seulement d'assurer l'équilibre thermique de l'unité et la transformation en oléfines
et monoaromatiques de charges lourdes jusqu'ici non utilisées en vapocraquage, mais
aussi la consommation des produits les plus lourds, souvent difficilement valorisables,
jusqu'à épuisement de ceux-ci.
[0025] La vaporisation étant alors quasi-instantanée et homogène, le recycle est ainsi préchauffé
à une température proche de son point de bulle et donc placé dans l'excellentes conditions
pour craquer très sélectivement.
[0026] En outre, les particules caloportrices entraînées peuvent être entièrement recyclées
et il est alors possible, sans pertes excessives de particules caloporteuses, de favoriser
la rapidité de la séparation entre les particules caloporteuses et les effluents gazeux,
même si cela doit se faire au détriment de l'efficacité de la séparation.
[0027] Selon un mode particulièrement avantageux de mise en oeuvre de la présente invention,
on assure un transfert thermique quasi instantané entre la charge d'hydrocarbures
plus lourde et les effluents de la réaction de vapocraquage en pulvérisant de façon
connue en soi (voir, à cet effet, le brevet européen N° 312 428) ladite charge à l'état
liquide. La qualité du transfert thermique étant liée à la surface d'échange entre
liquide et gaz, le ou les injecteurs seront adaptés pour permettre une pulvérisation
de la charge en gouttes de diamètre inférieur à 200 microns et, de préférence, à 100
microns. Lesdits injecteurs pourront avantageusement être équipés de chambres de mélange
permettant d'introduire avec la charge certaines quantités d'eau ou de vapeur, ou
d'autres coupes pétrolières. De plus, on pourra avantageusement introduire avec la
charge une quantité substantielle de résidu de fractionnement.
[0028] Par ailleurs, la qualité de la trempe sera optimum, dans la mesure où la température
des hydrocarbures entrant dans la zone de fractionnement et résultant de la dissolution
des effluents de vapocraquage dans la charge la plus lourde à vapocraquer sera au-dessous
du "point de rosée" de ces hydrocarbures.
[0029] Le transfert thermique ainsi effectué permet de ramener les hydrocarbures à une température
qui sera de préférence comprise entre 300 et 450°C en moins de 0,3 seconde et, de
préférence, en moins de 0,1 seconde.
[0030] En particulier, la charge d'hydrocarbures entrant dans la zone de fractionnement
aura une température inférieure de moins de 100°C et, de préférence, de moins de 50°C
à la température correspondant au "point de bulle" de ladite charge (c'est-à-dire
à une température où elle est à l'état liquide, mais à laquelle se forment les premières
bulles d'hydrocarbures gazeux).
[0031] Selon un mode également avantageux de mise en oeuvre de la présente invention, la
production d'oléfines et de composés monoaromatiques pourra être notablement augmentée
par une réutilisation judicieuse des hydrocarbures saturés produits pendant la réaction
: il suffira, à cet effet, de séparer de chacune des coupes C₂, C₃, C₄ et autres produites,
ces hydrocarbures saturés des oléfines et de recycler les hydrocarbures dans la zone
correspondante d'injection de la partie amont du réacteur précédemment décrite.
[0032] A titre de variante, il sera également possible d'utiliser par exemple le mélange
d'éthane et d'éthylène en provenance de la zone de fractionnement et d'envoyer ce
mélange dans un réacteur de trimérisation ou d'oligomérisation de l'éthylène, par
exemple du type décrit par l'art antérieur (se référer à cet effet aux brevets européens
N°12 685, 24 971, 215 609 ou au brevet américain N°4 605 807), pour récupérer, après
fractionnement des effluents :
- d'une part, l'éthane n'ayant pas réagi, qui sera recyclé à l'entrée de la partie amont
de la zone réactionnelle, conformément à la présente invention ;
- d'autre part, des essences légères résultant de ladite oligomérisation, qui pourront
pour leur part, être éventuellement recyclées avec d'autres essences dans la zone
de vapocraquage fonctionnant à plus basse sévérité, ce qui permet la production de
propylène et de butènes, si tel est le but recherché.
[0033] Un avantage supplémentaire découlant de la présente invention réside dans le fait
que l'hydrogène nécessairement produit par le vapocraquage dans la partie amont du
réacteur est susceptible de réagir dans les conditions réactionnelles de la partie
aval du réacteur, et, donc, d'améliorer la sélectivité des effluents de l'unité de
conversion en produits les mieux valorisés et éventuellement plus stables.
[0034] Comme il a été exposé plus haut, le dépôt de coke résultant du craquage thermique
ou catalytique devra, pour des raisons économiques, être minimisé, mais être néanmoins
suffisant pour assurer le bilan thermique dans les parties amont et aval du réacteur
tubulaire (à défaut, le bilan thermique peut être assuré grâce à l'introduction d'un
combustible d'appoint dans le régénérateur) ; aussi, au moins 50% et, de préférence,
80% en poids de la charge lourde devront de préférence avoir une température d'ébullition
supérieure a environ 400°C. Cette valeur d'environ 400°C étant liée principalement
au point de coupe des résidus de distillation, elle pourra bien entendu évoluer entre
300 et 550°C sans sortir du domaine de la présente invention.
[0035] On peut citer, parmi ces charges, les gazoles sous vide et les huiles hydrocarbonées
plus lourdes telles que des pétroles bruts, étêtés ou non, ainsi que les résidus de
distillation atmosphérique ou de distillation sous vide, les brais, émulsions de bitumes,
extraits aromatiques, slurries catalytiques, ou huiles synthétiques ou usées. Ces
charges peuvent, le cas échéant, avoir reçu un traitement préalable tel que, par exemple,
un hydrotraitement. Elles pourront, en particulier, contenir des fractions dont le
point d'ébullition peut aller jusqu'à 750°C et plus, pouvant contenir des pourcentages
élevés de produits asphalténiques, et présenter une teneur en carbone Conradson élevée
(10% et au-delà). Ces charges peuvent être diluées ou non par des coupes plus légères
conventionnelles, pouvant inclure des coupes d'hydrocarbures ayant déjà subi une opération
de craquage et qui sont recyclées, telles que des L.C.O. ("Light Cycle Oils"), dont
l'intervalle d'ébullition est généralement compris entre 160-220°C (début de coupe)
et 320-380°C (fin de coupe), des huiles lourdes de recyclage ou H.C.O. ("Heavy Cycle
Oils"), dont l'intervalle d'ébullition est généralement compris entre 300-380°C (début
de coupe) et 460-500°C (fin de coupe), ou même des résidus catalytiques (slurries)
dont une majeure fraction distille au-dessus de 500°C. Suivant un mode préféré de
mise en oeuvre de l'invention, les charges peuvent être avantageusement préchauffées
dans un domaine de température généralement compris entre 100 et 400°C, de préférence
proche du point de bulle, de façon à favoriser une vaporisation instantanée et homogène
lors de la mise en contact avec les grains de solide chauds.
[0036] On peut utiliser, pour mettre en oeuvre le procédé conforme à la présente invention,
des particules caloporteuses inertes de type connu en soi, telles que des microsphères
de kaolin ou de silicates ; on peut également utiliser toutes les classes de catalyseurs
ayant des capacités de craquage catalytique. Une classe particulièrement avantageuse
est constituée par les catalyseurs ayant des structures poreuses dans lesquelles des
molécules peuvent être mises en contact avec des sites actifs se trouvant dans les
pores ; dans cette classe, on trouve notamment les silicates ou les aluminosilicates.
En particulier, des catalyseurs comprenant des zéolites stables sont disponibles dans
le commerce avec des supports contenant une diversité d'oxydes métalliques et de combinaisons
desdits oxydes, notamment de la silice, de l'alumine, de la magnésie et des mélanges
de ces substances, ainsi que des mélanges des dits oxydes avec des argiles. La composition
catalytique peut naturellement contenir un ou plusieurs agents favorisant l'une ou
l'autre étape du procédé; le catalyseur pourra donc contenir, en particulier, des
agents favorisant la combustion du coke, lors de la régénération, ou contenir des
agents susceptibles de favoriser la cyclisation des oléfines en aromatiques et vice-versa,
si la production d'aromatiques devient un objectif prioritaire.
[0037] Etant donné les températures élevées ainsi que la pression opératoire (généralement
comprise entre 0,3 et 5 kg/cm²), et la courte durée du temps de séjour des hydrocarbures
dans la zone réactionnelle (de l'ordre de quelques centièmes à quelques dixièmes de
secondes), ainsi que les conditions de trempe et de recycle de la charge à vapocraquer
la mise en oeuvre du procédé nécessite un certain nombre de moyens spécifiques, qui
font partie intégrante de la présente invention.
[0038] L'invention concerne donc également un dispositif de vapocraquage, par conversion
par contact direct, en phase fluidisée de particules caloporteuses et à haute température,
de charges d'hydrocarbures pétroliers comprenant, d'une part, au moins une coupe légère
peu contaminée par des métaux, dont la température d'ébullition est inférieure à environ
400°C et, d'autre part, une charge d'hydrocarbures plus lourds constituée essentiellement
de composés dont la température d'ébullition est supérieure à 400°C, ce dispositif
comprenant un réacteur continu de mise en contact à haute température de coupes pétrolières
avec des particules caloporteuses, catalytiques ou non, le réacteur continu étant
de type tubulaire à flux essentiellement ascendant ou descendant, des moyens en particulier
balistiques aptes à effectuer la séparation d'au moins 90% des dites particules et
des hydrocarbures craqués, des moyens de strippage des particules séparées, des moyens
de régénération dans des conditions de combustion du coke déposé sur ces particules
par de l'air ou de la vapeur d'eau, et des moyens de recyclage des particules régénérées
à l'alimentation du dit réacteur, ainsi que des moyens de fractionnement des effluents
gazeux par distillation, ledit dispositif étant caractérisé en ce qu'il comporte,
d'une part, entre lesdits moyens de séparation et lesdits moyens de fractionnement,
des moyens d'injection d'une fraction de ladite charge d'hydrocarbures plus lourde
dans les effluents et, d'autre part, des moyens de recycle et d'injection d'une partie
au moins du résidu de distillation en phase liquide, mais à une température proche
de son point de bulle, dans la section aval du réacteur.
[0039] Ce dispositif pourra comprendre des moyens pour injecter successivement dans le réacteur,
d'amont en aval, des gaz légers comprenant de l'éthane, puis éventuellement, du propane
et/ou des butanes, en quantité telle que la température du mélange avec les particules
caloporteuses soit supérieure à 800°C et, de préférence, à 825°C, puis des coupes
d'hydrocarbures telles que des essences légères et/ou éventuellement des naphtas et
des gazoles, en quantité telle que la température du mélange résultant, immédiatement
en aval du point d'injection, soit supérieure à 750°C et, de préférence, à 800°C,
enfin, dans la partie aval du réacteur, sous forme de fines gouttelettes liquides
de diamètre moyen de préférence inférieur à 100 microns, la ou les charges d'hydrocarbures
plus lourds.
[0040] De même que les injecteurs de charge dans les effluents, les injecteurs des résidus
de fractionnement recyclés dans la partie aval du réacteur continu seront adaptés
pour Permettre une pulvérisation de la charge en gouttes de diamètre inférieur à 200
microns et, de préférence, inférieur à 100 microns. Ils seront de préférence du type
venturi à col large (voir brevet européen n° 312 428) pour limiter autant que possible
les problèmes d'attrition liés à la présence des particules caloportrices recyclées.
[0041] En outre, certains types de dispositifs de séparation des effluents du vapocraquage
ayant pour but de limiter la durée du transfert des effluents vers la zone de fractionnement
par distillation pourront plus avantageusement être utilisés conformément à la présente
invention. En particulier, lorsque le réacteur fonctionnera en mode ascendant ("riser"),
du fait de la production d'une grande quantité d'hydrocarbures gazeux, les particules
caloporteuses atteindront la zone réactionnelle à des vitesses élevées (comprises
entre 20 et 200 m/s et, de préférence, entre 40 et 100 m/s), et l'on pourra donc utiliser
éventuellement un simple dispositif de séparation par centrifugation. L'utilisation
généralement coûteuse de systèmes cycloniques pourra ainsi être évitée.
[0042] De même, lorsque le réacteur fonctionne en mode descendant ("dropper"), les particules
caloporteuses seront collectées dans une enceinte disposée à la base du dropper, où
elles seront strippées après avoir été séparées des effluents de vapocraquage par
simple effet balistique.
[0043] Les dessins annexés, qui n'ont pas de caractère limitatif, illustrent différents
modes de mise en oeuvre de l'invention. Sur ces dessins :
La figure 1 illustre l'application de l'invention à un ensemble de vapocraquage en
lit fluidisé à colonne ascendante ou "riser" et à une seule chambre de régénération
à haute température des particules caloporteuses, convenant en particulier à la régénération
de masses de contact; dans cette application, le dispositif de séparation balistique
est muni d'un simple dispositif centrifuge de séparation balistique ;
Les figures 2 et 3 illustrent l'application de l'invention à un ensemble de vapocraquage
à zone réactionnelle essentiellement descendante ("dropper").
[0044] Le dispositif de vapocraquage en phase fluidisée ascendante représenté schématiquement
sur la figure 1 comprend une colonne 1 de réaction, dite élévateur de charge, ou "riser".
Celui-ci est alimenté à sa base, par la ligne 2, en particules caloporteuses régénérées,
en quantité déterminée par exemple par l'ouverture ou la fermeture d'une vanne 3.
Les particules régénérées sont fluidisées par injection à la base du riser, à l'aide
d'un diffuseur 5, de vapeur arrivant par la ligne 4, ou tout autre flux gazeux approprié.
[0045] Une première ligne 6 alimente ici un diffuseur 7, permettant d'injecter dans la partie
amont du réacteur un gaz léger saturé tel que de l'éthane. Une coupe, qui est ici
une coupe de propane, mais qui pourrait aussi bien être une coupe de butane ou un
mélange des deux, peut ensuite être injectée de façon identique par la ligne 8 à l'aide
du diffuseur 9. Une coupe d'essence ou de gazole peut enfin être ici vaporisée à l'aide
d'un injecteur 11 alimenté par la ligne 10. Une charge de résidu de distillation provenant
par la ligne 14 de la zone de fractionnement 12 est introduite, éventuellement en
mélange avec un peu de charge fraîche alimentée par la ligne 40, à l'aide d'un injecteur
13, dans la partie aval du réacteur, dans des conditions de température proches du
point de bulle dudit résidu, afin d'en faciliter une vaporisation instantanée et homogène.
[0046] La colonne 1 débouche à son sommet dans une enceinte 15, qui lui est par exemple
concentrique et dans laquelle s'effectuent, d'une part, grâce au séparateur balistique
16, la séparation entre les effluents réactionnels et les particules caloporteuses
et, d'autre part, le strippage des particules cokées. Les hydrocarbures effluents
sont évacués du système centrifuge 16 par la ligne d'évacuation 17, dans laquelle
la charge froide arrivant par la ligne 18 est pulvérisée à l'aide des injecteurs 19,
tandis que au moins 90% des particules caloporteuses redescendent vers la base de
l'enceinte 15, où une ligne 20 alimente en gaz de strippage, généralement de la vapeur
d'eau, des diffuseurs 21, régulièrement disposés à la base de l'enceinte 15.
[0047] L'effet de trempe des effluents de la réaction de vapocraquage, provoqué en 17 par
le contact direct entre les gouttelettes de la charge fraîche et lesdits effluents,
est ici renforcé du fait de l'injection par la ligne 50 d'un recycle de résidu de
la distillation effectuée dans la zone de fractionnement 12. Le résidu de distillation
peut être refroidi par passage dans un échangeur thermique 51 et les calories ainsi
récupérées pourront servir à former de la vapeur d'eau pour l'ensemble de l'installation,
sans qu'il soit nécessaire d'avoir recours à une trempe complémentaire, comme c'est
le cas avec les procédés conventionnels. En outre, la présence d'une faible quantité
de grains ou de fines du solide caloporteur dans les effluents du réacteur permet
non seulement un ramonage efficace des parois, mais constitue également un moyen d'adsorption
des précurseurs de gommes et de dépôts de coke. A cet effet, il est possible de modifier
la teneur en particules circulant dans la ligne 17 en prévoyant un injecteur de particules
fraîches arrivant par la ligne 53.
[0048] Les particules caloporteuses strippées à la base de l'enceinte 15 sont évacuées vers
un régénérateur 22, par l'intermédiaire d'un conduit 23, sur lequel est prévue ici
une vanne de régulation 24. Le régénérateur 22 représenté sur cette figure ne comporte
qu'une seule zone de combustion du coke déposé sur les particules caloporteuses en
présence d'oxygène ou de vapeur d'eau. Cette régénération est réalisée de façon telle
qu'une grande partie de la chaleur dégagée par la combustion du coke soit transférée
aux particules pour leur permettre d'atteindre les températures élevées nécessaires
à la réaction dans la zone 1. Le coke déposé sur les particules est ainsi éliminé,
à l'aide d'air injecté à la base du régénérateur par une ligne 25, qui alimente le
diffuseur 26. Eventuellement, pour ajuster la température au niveau thermique souhaité,
du combustible additionnel peut être injecté. Le gaz de régénération est séparé des
particules caloporteuses entraînées dans le cyclone 27, d'où le gaz de régénération
est évacué par une ligne 28, tandis que les particules caloporteuses régénérées et
chaudes sont extraites du régérateur, d'où elles sont recyclées par le conduit 2 à
l'alimentation de l'élévateur ou riser 1.
[0049] Par ailleurs, après la trempe par injection de la charge en 19, les effluents de
la réaction et la charge introduite en 19 sont conduits par la ligne 17 dans le dispositif
de fractionnement schématiquement représenté en 12, permettant de séparer :
- par la ligne 29, les gaz légers lesquels peuvent être ensuite traités dans un autre
dispositif de fractionnement des gaz, également schématique, permettant, de façon
connue en soi, de séparer en particulier de l'éthane par la ligne 30, et du propane
par la ligne 31;
- par la ligne 36, une coupe d'essence, dont l'intervalle d'ébullition s'étend généralement
de la coupe C₅ jusque vers 200-220°C;
- par la ligne 37, une coupe de type gazole, dont l'intervalle d'ébullition s'étend
généralement depuis 160-220°C (début de coupe) jusque vers 320-400°C (fin de coupe);
- et, enfin, par la ligne 14, une fraction de la coupe de résidu de distillation, qui
contient les produits les plus lourds en provenance tant de la charge que des effluents
réactionnels et des quantités relativement importantes de fines (ce résidu, a un point
d'ébullition compris entre 300 et 550°C et généralement de l'ordre de 400°C).
[0050] Une partie de ce résidu de fractionnement est donc injectée en 13 dans le réacteur
de vapocraquage, conformément à la présente invention ; suivant les cas et après récupération
de la chaleur par passage dans l'échangeur 51, une autre partie peut être soit recyclée
pour la trempe, par la ligne 50, en mélange avec la charge à vapocraquer, soit soutirée
du dispositif par la ligne de purge 52.
[0051] En outre, l'éthane, le propane, la coupe d'essence, issus de ce dispositif de fractionnement
peuvent être recyclés dans la section réactionnelle par les lignes 30, 31, 36, puis
6, 8 et 10, tandis que les oléfines en C₂, C₃ produites par vapocraquage sont isolées
respectivement par les lignes 33 et 34.
[0052] Un avantage essentiel de ce dispositif de vapocraquage en phase fluidisée réside
dans le fait qu'une bonne utilisation du profil de température dans la zone réactionnelle
1 permet de craquer sélectivement plusieurs coupes pétrolières. En particulier:
- dans la zone d'introduction des particules caloporteuses, où règne une température
maximale de l'ordre de 800°C et plus, la vapeur peut être introduite par la ligne
4, ainsi que l'éthane par la ligne 6, provenant soit du dispositif de fractionnement
par la ligne 31, soit d'une autre unité de la raffinerie;
- étant donné la forte demande d'énergie de cette réaction (3 à 6 fois plus élevée que
dans une réaction de craquage catalytique), la température de la zone réactionnelle
décroît sensiblement, et il est alors possible d'injecter en aval des hydrocarbures
saturés plus lourds, tels que le propane (en 8) ou le butane (en 11) ou encore des
essences légères (en 11) ou des naphtas, avec appoint éventuel de vapeur d'eau par
les lignes 38, 39 et 40.
[0053] Des systèmes de régulation, 41 à 44, peuvent en outre permettre, de façon connue
en soi, de moduler les quantités injectées dans la zone réactionnelle, pour maintenir
les profils de température souhaités grâce à des sondes de températures placées à
cet effet dans lesdites zones.
[0054] On notera que, par rapport à un vapocraquage de type conventionnel, toute l'énergie
nécessaire à la réaction est apportée en une seule fois par la masse caloporteuse,
au moment du mélange avec les charges, c'est-à-dire au début de la réaction. La température
atteint donc son maximum à ce moment là et décroît ensuite sous l'effet de l'endothermicité
des réactions, provoquant ainsi un effet naturel de trempe progressive et donc de
sévérité décroissante, contrairement aux procédés conventionnels.
[0055] Le profil de température qui en résulte, joint au temps de réaction extrêmement bref
permis par ce dispositif, conduit à une sélectivité de la réaction significativement
supérieure à celle obtenue avec les procédés traditionnels et à l'élimination du coke
ou des goudrons formés sur les parois, où la température de peau est plus élevée.
[0056] Les dispositifs de vapocraquage en phase fluidisée représentés sur les figures 2
et 3 sont des variantes de celui de la figure 1, dans lesquelles la zone réactionnelle
fonctionne cette fois en mode descendant. Le réacteur sera donc appelé "dropper",
par référence au terme anglais. Les parties de ce dispositif identiques à celles de
la figure 1 y sont désignées par les mêmes chiffres de références, affectés de l'indice
' pour la figure 2 et de l'indice '' pour la figure 3.
[0057] Selon la figure 2, on utilise un type différent de régénérateur, susceptible de mieux
résister aux températures élevées requises par le vapocraquage. Les fumées de régénération
sortent de l'unité en 28' après passage dans un cyclone 27' externe à la chambre de
régénération 22'. Afin de permettre de placer le puits de soutirage 54' des particules
caloporteuses régénérées au-dessus du dropper, la chambre de régénération 22' est
située dans la partie supérieure de l'unité, et les particules à régénérer provenant
de la zone de strippage par la ligne 23' doivent être transportées par une colonne
ascendante 55'. Ce transport est réalisé par fluidisation avec un gaz diffusé en 26'
par la ligne 25'. Au cours de ce transport, une combustion primaire du coke déposé
sur les particules de catalyseur peut avoir lieu dans des conditions connues en soi
avec un gaz de fluidisation contenant de l'air ou de l'oxygène. Les particules du
catalyseur et le gaz de fluidisation sont alors séparés balistiquement grâce au dispositif
56' et les particules du catalyseur sont régénérées de façon connue en soi dans la
chambre 22', où les particules sont brûlées à contre-courant du flux d'oxygène amené
par la ligne 45' au diffuseur 46'.
[0058] Les particules régénérées du catalyseur peuvent être introduites sans pertes thermiques
dans la partie amont du réacteur 1' en quantité déterminée par le débit du diffuseur
57' ; l'homogénéité de la répartition des grains est assurée par un dispositif de
type connu en soi et non représenté ici. A la sortie du dropper 1', les particules
plongent directement dans la zone fluidisée dense de strippage 15', tandis que les
vapeurs d'hydrocarbures ainsi que la vapeur de strippage provenant du diffuseur 21'
alimenté par la ligne 20' et les hydrocarbures strippés sont évacués de façon pratiquement
instantanée par la ligne 17', où elles sont immédiatement trempées par dissolution
dans la charge lourde qui entre dans l'unité par la ligne 18'.
[0059] Dans la variante de la figure 3, afin de permettre un fonctionnement en mode dropper
sans nécessiter une surélévation coûteuse de la zone de régénération 22'', les particules
régénérées et chaudes provenant de la ligne 2'' sont d'abord transportées à l'intérieur
d'une colonne ascendante 58'' par injection d'un fluide tel que de la vapeur d'eau
arrivant par la ligne 4''. Après passage dans les deux coudes 59'' et 60'', à angle
droit, les particules se déversent de façon homogène dans le dropper 1'', où sont
par exemple injectés successivement, en 7'' et 8'', de l'éthane et des essences. Puis,
la trempe des effluents est réalisée par la charge lourde en 19'', et le résidu de
distillation de la zone de fractionnement 12'' est injecté en 13'' à une température
proche de son point de bulle.
[0060] A la sortie du dropper, les particules sont strippées et quittent la zone 15'' par
la ligne 23'', en bas de laquelle une injection de fluide, tel que de la vapeur d'eau
ou de l'air, permet de les transférer par la ligne 55'' vers la chambre de régénération
22''. Dans celle-ci, un dispositif de séparation balistique 56'' permet de les déverser
dans la zone de combustion en lit fluidisé.
EXEMPLE
[0061] Cet exemple montre les avantages d'un dispositif conforme à la présente invention,
du type représenté sur la figure 3. Les essais ont été réalisés à partir d'éthane,
d'une coupe d'essence (coupe straight-run) et de deux charges A et B, qui sont respectivement
un résidu de distillation atmosphérique et un résidu de distillation sous vide d'un
brut de type SHENGLI.
[0062] Les charges présentent les caractéristiques suivantes:
| |
ESSENCE |
CHARGE A |
CHARGE B |
| - densité (à 15°C) |
|
0,675 |
0,955 |
0,985 |
| - % en volume distillé |
à 50°C |
20 |
- |
- |
| à 70°C |
70 |
- |
- |
| à 100°C |
99 |
- |
- |
| - % en poids distillé |
à 450°C |
- |
20 |
- |
| à 550°C |
- |
45 |
10 |
| à 650°C |
- |
70 |
55 |
| - P/N/A (% en poids) |
77/17/6 |
- |
- |
| - H₂ (% en poids) |
15,4 |
12,1 |
11,7 |
| - S (% en poids) |
- |
1,0 |
1,3 |
| - Azote total (% en poids) |
- |
0,6 |
0,8 |
| - Carbone (% en poids) |
- |
8,1 |
14,2 |
| - Ni + V (ppm) |
- |
40 |
70 |
[0063] On utilise comme particules caloporteuses des particules de masse de contact composées
de microsphères, principalement de kaolin, de surface spécifique d'environ 10 m²/g,
de diamètre moyen d'environ 70 microns. Les injecteurs de charge dans la zone de trempe
et dans le réacteur sont du type décrit dans la demande de brevet européen N° 312
428.
[0064] Les conditions des deux essais effectués successivement avec la charge A, puis la
charge B, sont les suivantes (extrapolées pour 100 t/H de charge totale):

[0065] Après récupération des effluents de la réaction de vapocraquage, on analyse la nature
de ces effluents. Les résultats d'analyse(en % en poids), qui sont rassemblés ci-après,
démontrent à eux seuls les avantages de la présente invention par rapport aux procédés
de type conventionnel:
| |
CHARGE A |
CHARGE B |
| H₂S + NH₃ |
0,90 |
0,80 |
| H₂ |
0,90 |
0,70 |
| C₁ |
7,90 |
9,70 |
| C₂ |
5,60 |
5,90 |
| C₂ (oléfiniques) |
20,50 |
25,30 |
| C₃ |
0,5 |
0,60 |
| C₃ (oléfiniques) |
11,00 |
11,00 |
| C₄ (oléfiniques) |
3,20 |
3,10 |
| C₄ (dioléfiniques) |
2,80 |
3,10 |
| C₅ -220°C |
13,90 |
14,80 |
| 220 - 360°C |
14,40 |
7,80 |
| >360°C |
4,9 |
3,70 |
| Coke |
13,50 |
13,50 |
[0066] On constate donc, sur cet exemple, que l'invention présente de nombreux avantages
sur les procédés de vapocraquage utilisés jusqu'à présent. En effet, avec des rendements
en oléfines au moins équivalents à ceux des unités les plus performantes, il permet
:
- Une utilisation dans la charge de résidus de distillation jusqu'ici exclus du vapocraquage;
- Une flexibilité opératoire inégalée (débit, nature des charges, etc...);
- Et un fonctionnement continu (sans arrêt pour décokage) et sans appoint d'énergie
(puisque la production de coke permet de satisfaire au bilan thermique de l'unité).
1. Procédé de conversion par vapocraquage, à haute température et en présence d'une phase
fluidisée diluée de particules essentiellement caloporteuses, d'une part, d'au moins
une coupe d'hydrocarbures légère, peu contaminée par des métaux, dont la température
d'ébullition est inférieure à environ 400°C et, d'autre part, d'une charge d'hydrocarbures
plus lourde, constituée essentiellement de composés dont la température d'ébullition
est supérieure à environ 400°C, ce procédé comprenant une étape de mise en contact
de ladite coupe puis de ladite charge, de façon étagée et à des conditions de sévérité
décroissante, avec des particules caloporteuses, catalytiques ou non, dans un réacteur
continu de type tubulaire à flux ascendant ou descendant, une étape de séparation
et de strippage permettant de séparer, d'une part, au moins 90% desdites particules,
que l'on régénère ensuite de préférence par réaction du coke déposé sur celles-ci
avant de les recycler à plus haute température vers l'alimentation dudit réacteur
continu et, d'autre part, les hydrocarbures effluents, que l'on récupère lors d'une
étape de fractionnement par distillation, ce procédé étant caractérisé en ce que au
moins une fraction de la charge d'hydrocarbures plus lourde est injectée entre ladite
étape de séparation des particules et des hydrocarbures effluents et celle de fractionnement,
et en ce que l'on recycle dans la partie aval dudit réacteur au moins une partie du
résidu de ladite étape de fractionnement par distillation.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que la charge d'hydrocarbures
plus lourde est injectée à l'état liquide par pulvérisation en gouttes de diamètre
inférieur à 200 microns et de préférence inférieur à 100 microns.
3. Procédé selon l'une des revendications 1 et 2, caractérisé en ce que les effluents
de la réaction de vapocraquage sont ramenés par injection de la charge plus lourde
à une température inférieure au point de rosée.
4. Procédé selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que les hydrocarbures
entrant dans la zone de fractionnement contiennent entre 0,01 et 10% en poids et,
de préférence, entre 0,05 et 5% en poids de particules caloporteuses.
5. Procédé selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que, préalablement
à l'étape de fractionnement par distillation des effluents de la réaction de vapocraquage,
ces effluents sont ramenés à une température comprise de préférence entre 300 et 450°C.
6. Procédé selon l'une des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que les effluents
de la zone de vapocraquage sont ramenés à l'état liquide à une température comprise
entre 300 et 450°C en moins de 0,3 seconde et, de préférence, en moins de 0,1 seconde.
7. Procédé selon l'une des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que la charge d'hydrocarbures
plus lourde est choisie dans le groupe constitué par les résidus de distillation atmosphérique
ou sous vide, les slurries catalytiques, les brais de désasphaltage, ou les huiles
synthétiques ou usées.
8. Procédé selon l'une des revendication 1 à 7, caractérisé en ce que la fraction du
résidu de distillation recyclée dans le réacteur est à une température supérieure
de moins de 100°C et, de préférence, de moins de 50°C à la température de point de
bulle de cette coupe.
9. Procédé selon l'une des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que ladite charge
lourde liquide est constituée au moins en partie par une fraction au moins du résidu
de distillation de ladite étape de fractionnement.
10. Procédé selon la revendication 9, caractérisé en ce que le résidu de distillation
de ladite étape de fractionnement est refroidi par échange thermique à sa sortie de
la tour de fractionnement.
11. Procédé selon l'une des revendications 1 à 10, caractérisé en ce que la ou les coupes
légères d'hydrocarbures sont choisies dans le groupe comprenant les paraffines légères
telles que l'éthane, le propane, les butanes, et les essences, les naphtas et les
gazoles.
12. Procédé selon la revendication 11 comprenant l'injection d'une pluralité de coupes
légères d'hydrocarbures dans la partie amont du réacteur, caractérisé en ce que cette
injection est effectuée de façon étagée par ordre de sévérité décroissante desdites
coupes.
13. Procédé selon la revendication 12, caractérisé en ce que l'on injecte successivement
dans le réacteur, d'amont en aval, des gaz légers comprenant de l'éthane, puis, éventuellement,
du propane et des butanes, en une quantité telle que la température du mélange avec
les particules caloporteuses reste supérieure à 800°C et, de préférence, à 825°C,
puis des coupes d'hydrocarbures telles que des essences légères, et/ou éventuellement
des naphtas ou des gazoles, en quantité telle que la température du mélange immédiatement
en aval soit supérieure à 750°C et, de préférence, à 800°C, et enfin une fraction
du résidu de distillation pour ramener la température réactionnelle à une température
comprise entre 650 et 750°C.
14. Procédé selon l'une des revendications 1 à 13, caractérisé en ce que l'on recycle
au réacteur une partie au moins de l'éthane et/ou du propane et/ou du butane produits
par vapocraquage.
15. Procédé selon l'une des revendications 1 à 14, caractérisé en ce que la pression opératoire
de la zone réactionnelle est comprise entre 0,3 et 5 kg/cm².
16. Dispositif de vapocraquage, par conversion par contact direct, en phase fluidisée
de particules caloporteuses et à haute température, de charges d'hydrocarbures pétroliers
comprenant, d'une part, au moins une coupe légère peu contaminée par des métaux, dont
la température d'ébullition est inférieure à environ 400°C et, d'autre part, une charge
d'hydrocarbures plus lourds constituée essentiellement de composés dont la température
d'ébullition est supérieure à 400°C, ce dispositif comprenant un réacteur continu
(1) de mise en contact à haute température de coupes pétrolières avec des particules
caloporteuses, catalytiques ou non, le réacteur continu (1) étant de type tubulaire
à flux essentiellement ascendant ou descendant, des moyens en particulier balistiques
(16) aptes à effectuer la séparation d'au moins 90% des dites particules et des hydrocarbures
craqués, des moyens (20,21) de strippage des particules séparées, des moyens (22)
de régénération dans des conditions de combustion du coke déposé sur ces particules
par de l'air ou de la vapeur d'eau, et des moyens (2) de recyclage des particules
régénérées à l'alimentation du dit réacteur (1), ainsi que des moyens (12) de fractionnement
des effluents gazeux par distillation, ledit dispositif étant caractérisé en ce qu'il
comporte, d'une part, entre lesdits moyens de séparation (16) et lesdits moyens de
fractionnement (12), des moyens d'injection (18,19) d'une fraction de ladite charge
d'hydrocarbures plus lourde dans les effluents et, d'autre part, des moyens de recycle
(14) et d'injection (13) d'une partie au moins du résidu de distillation en phase
liquide, mais à une température proche de son point de bulle, dans la section aval
du réacteur (1).
17. Dispositif selon la revendication 16, caractérisé en ce que lesdits moyens d'injection
(18,19;14,13) de ladite charge d'hydrocarbures la plus lourde entre les moyens de
séparation balistique (16) et les moyens de fractionnement (12), d'une part, et dans
la section aval du réacteur (1), d'autre part, sont alimentés à partir du résidu issu
des moyens (12) de fractionnement par distillation des effluents de la zone réactionnelle.
18. Dispositif selon l'une des revendications 16 et 17, caractérisé en ce qu'il comprend
des moyens (7, 9, 11) pour injecter successivement dans le réacteur, d'amont en aval,
des gaz légers comprenant de l'éthane, puis éventuellement, du propane et/ou des butanes,
en quantité telle que la température du mélange avec les particules caloporteuses
soit supérieure à 800°C et, de préférence, à 825°C, puis des coupes d'hydrocarbures
telles que des essences légères et/ou éventuellement des naphtas et des gazoles, en
quantité telle que la température du mélange résultant, immédiatement en aval du point
d'injection, soit supérieure à 750°C et, de préférence, à 800°C, enfin, dans la partie
aval du réacteur, sous forme de fines gouttelettes liquides de diamètre moyen de préférence
inférieur à 100 microns, la ou les charges d'hydrocarbures plus lourds.
19. Dispositif selon l'une des revendications 16 à 18, caractérisé en ce qu'il comprend
des moyens d'injection (53) de grains de particules caloporteuses fraîches dans les
effluents de vapocraquage.
1. A process for the conversion by steam cracking, at high temperature and in the presence
of a dilute fluidised phase of substantially heat-conducting particles, on the one
hand, of at least one light hydrocarbon fraction which has low contamination by metals
and the boiling temperature of which is lower than about 400°C and, on the other hand,
of a heavier hydrocarbon charge composed substantially of compounds having a boiling
temperature which is higher than about 400°C, said process comprising a stage for
bringing said fraction and then said charge, by stages and under conditions of decreasing
severity, into contact with the heat-conducting particles, which are catalytic or
non-catalytic, in a continuous reactor of tubular type with ascending or descending
flow, a separation and stripping stage making it possible to separate, on the one
hand, at least 90% of said particles, which are then regenerated preferably by reaction
of the coke deposited on them before recycling them at a higher temperature to the
feed of said continuous reactor and, on the other hand, the effluent hydrocarbons
which are recovered during a fractional distillation stage, said process being characterised
in that at least one fraction of the heavier hydrocarbon charge is injected between
said stage for the separation of the particles and the effluent hydrocarbons and the
fractionating stage, and in that at least one portion of the residue of said fractional
distillation stage is recycled into the downstream part of said reactor.
2. A process according to claim 1, characterised in that the heavier hydrocarbon charge
is injected in a liquid state by atomisation in the form of droplets of a diameter
of less than 200 microns and, preferably, less than 100 microns.
3. A process according to either of claims 1 and 2, characterised in that the effluents
of the steam-cracking reaction are brought to a temperature below the condensation
point by injection of the heavier charge.
4. A process according to any one of claims 1 to 3, characterised in that the hydrocarbons
entering the fractionating zone contain between 0.01 and 10% by weight and, preferably,
between 0.05 and 5% by weight of heat-conducting particles.
5. A process according to any one of claims 1 to 4, characterised in that, prior to the
stage for fractional distillation of the effluents of the steam-cracking reaction,
said effluents are brought to a temperature of preferably between 300 and 450°C.
6. A process according to any one of claims 1 to 5, characterised in that the effluents
from the steam-cracking zone are brought to the liquid state at a temperature of between
300 and 450°C in less than 0.3 of a second and, preferably, in less than 0.1 of a
second.
7. A process according to any one of claims 1 to 6, characterised in that the heavier
hydrocarbon charge is selected from the group comprising the residues of atmospheric
or vacuum distillation, catalytic slurries, pitches from deasphalting or synthetic
or used oils.
8. A process according to any one of claims 1 to 7, characterised in that the fraction
of the distillation residue recycled into the reactor is at a temperature which is
less than 100°C and, preferably, less than 50°C higher than the bubble point of this
fraction.
9. A process according to any one of claims 1 to 8, characterised in that said heavy
liquid charge is composed at least partly of at least one fraction of the distillation
residue of said fractionating stage.
10. A process according to claim 9, characterised in that the distillation residue of
said fractionating stage is cooled by heat exchange at its outlet from the fractionating
column.
11. A process according to any one of claims 1 to 10, characterised in that the light
hydrocarbon fraction or fractions are selected from the group comprising the light
paraffins, such as ethane, propane, the butanes and motor fuels, the naphthas and
gas oils.
12. A process according to claim 11 comprising injecting a plurality of light hydrocarbon
fractions into the upstream part of the reactor, characterised in that said injection
is carried out by stages in decreasing order of severity of said fractions.
13. A process according to claim 12, characterised in that there are successively injected
into the reactor, from upstream to downstream, light gases comprising ethane then,
optionally, propane and butanes, in a quantity such that the temperature of the mixture
with the heat-conducting particles remains above 800°C and, preferably, above 825°C,
then hydrocarbon fractions, such as light motor fuels and/or, optionally, naphthas
or gas oils in a quantity such that the temperature of the mixture immediately downstream
is above 750°C and, preferably, above 800°C and, finally, a fraction of the distillation
residue so as to bring the reaction temperature to a temperature of between 650 and
750°C.
14. A process according to any one of claims 1 to 13, characterised in that at least one
part of the ethane and/or propane and/or butane produced by steam cracking are recycled
to the reactor.
15. A process according to any one of claims 1 to 14, characterised in that the operating
pressure of the reaction zone is between 0.3 and 5 kg/cm².
16. An apparatus for the steam cracking, by conversion by direct contact, in the fluidised
phase, of heat-conducting particles and at high temperature, of petroleum hydrocarbon
charges comprising, on the one hand, at least one light fraction which has low contamination
by metals and the boiling temperature of which is lower than about 400°C and, on the
other hand, a charge of heavier hydrocarbons composed substantially of compounds having
a boiling temperature which is higher than 400°C, said apparatus comprising a continuous
reactor (1) for bringing petroleum fractions into contact at high temperature with
heat-conducting particles, which are catalytic or non-catalytic, the continuous reactor
(1) being of tubular type with substantially ascending or descending flow, means (16),
in particular ballistic, adapted to effect the separation of at least 90% of said
particles and cracked hydrocarbons, means (20,21) for stripping the separated particles,
means (22) for regenerating under combustion conditions the coke deposited on said
particles by air or steam, and means (2) for recycling the regenerated particles to
the feed of said reactor (1), and also means (12) for the fractional distillation
of the gaseous effluents, said apparatus being characterised in that it comprises,
on the one hand, between said separating means (16) and said fractionating means (12),
means (18, 19) for injecting a fraction of said heavier hydrocarbon charge into the
effluents and, on the other hand, means (14) for recycling and means (13) for injecting
at least one part of the distillation residue in the liquid phase, but at a temperature
close to its bubble point, into the downstream section of the reactor (1).
17. An apparatus according to claim 16, characterised in that said injection means (18,19;
14,13) for said heaviest hydrocarbon charge between the ballistic separation means
(16) and the fractionating means (12), on the one hand, and in the downstream section
of the reactor (1), on the other hand, are supplied from the residue originating from
the means (12) for the fractional distillation of the effluents from the reaction
zone.
18. An apparatus according to either of claims 16 and 17, characterised in that it comprises
means (7,9,11) for injecting successively into the reactor, from upstream to downstream,
light gases comprising ethane then, optionally, propane and/or butanes, in a quantity
such that the temperature of the mixture with the heat-conducting particles is above
800°C and, preferably, above 825°C, then hydrocarbon fractions, such as light motor
fuels and/or, optionally, naphthas and gas oils in a quantity such that the temperature
of the resultant mixture, immediately downstream of the injection point, is above
750°C and, preferably, above 800°C, finally, into the downstream part of the reactor,
in the form of fine liquid droplets of a mean diameter of preferably less than 100
microns, the heavier hydrocarbon charges.
19. An apparatus according to any one of claims 16 to 18, characterised in that it comprises
means (53) for injecting grains of fresh heat-conducting particles into the steam-cracking
effluents.
1. Verfahren zur Umwandlung mindestens einer durch Metalle wenig verunreinigten leichten
Kohlenwasserstofffraktion mit einer Siedetemperatur unter etwa 400oC einerseits und einer im wesentlichen aus Verbindungen mit einer Siedetemperatur
über etwa 400oC bestehenden schwereren Kohlenwasserstoffcharge andererseits durch Dampfkracken bei
hoher Temperatur und in Gegenwart einer verdünnten Wirbelschicht im wesentlichen wärmeführender
Teilchen, wobei ein Schritt vorgesehen ist, um die Fraktion und dann die Charge stufenweise
und unter Bedingungen abnehmender Härte mit den katalytischen oder nicht katalytischen
wärmeführenden Teilchen in einem kontinuierlichen Reaktor vom rohrförmigen Typ mit
steigender oder fallender Strömung in Berührung zu bringen, und ein Trenn- und Strippschritt,
welcher es ermöglicht, einerseits wenigstens 90 % der Teilchen, die anschließend vorzugsweise
durch Reaktion des auf ihnen abgelagerten Kokses vor ihrer Rückführung mit höherer
Temperatur zur Speisung des kontinuierlichen Reaktors regeneriert werden, und andererseits
die abgehenden Kohlenwasserstoffe, die während eines Schrittes zum Fraktionieren durch
Destillation gewonnen werden, zu trennen, dadurch gekennzeichnet, daß mindestens ein Teil der schwereren Kohlenwasserstoffcharge zwischen dem Schritt
zur Trennung der Teilchen und der abgehenden Kohlenwasserstoffe und dem Fraktionierschritt
eingespritzt wird und daß wenigstens ein Teil des Rückstandes des Schrittes zum Fraktionieren
durch Destillation in den stromabwärts gelegenen Teil des Reaktors rückgeführt wird.
2. Verfahren nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß die schwerere Kohlenwasserstoffcharge in flüssigem Zustand durch Zerstäubung
in Tropfen mit einem Durchmesser kleiner als 200 Mikron, vorzugsweise kleiner als
100 Mikron, eingespritzt wird.
3. Verfahren nach Anspruch 1 oder 2, dadurch gekennzeichnet, daß die abgehenden Produkte der Dampfkrackreaktion durch Einspritzen der schwereren
Charge auf eine Temperatur unter dem Taupunkt gebracht werden.
4. Verfahren nach Anspruch 1, 2 oder 3, dadurch gekennzeichnet, daß die in die Fraktionierzone eintretenden Kohlenwasserstoffe zwischen 0,01 und
10 Gewichtsprozent, vorzugsweise zwischen 0,05 und 5 Gewichtsprozent, wärmeführende
Teilchen enthalten.
5. Verfahren nach Anspruch 1, 2, 3 oder 4, dadurch gekennzeichnet, daß die abgehenden Produkte der Dampfkrackreaktion vor dem Schritt zu ihrer Fraktionierung
durch Destillation auf eine Temperatur vorzugsweise zwischen 300 und 450oC gebracht werden.
6. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 5, dadurch gekennzeichnet, daß die von der Dampfkrackzone abgehenden Produkte in flüssigen Zustand auf eine
Temperatur zwischen 300 und 450oC in weniger als 0,3 Sekunde, vorzugsweise in weniger als 0,1 Sekunde, gebracht werden.
7. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 6, dadurch gekennzeichnet, daß die schwerere Kohlenwasserstoffcharge aus der Gruppe ausgewählt wird, welche
aus den Rückständen der Destillation bei Atmosphärendruck bzw. bei Unterdruck, den
katalytischen Schlämmen, den Entasphaltierungspechen, den synthetischen Ölen und den
Altölen besteht.
8. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 7, dadurch gekennzeichnet, daß der in den Reaktor rückgeführte Teil des Destillationsrückstandes sich auf einer
Temperatur befindet, welche um weniger als 100oC, vorzugsweise um weniger als 50oC, über der Blasenpunkttemperatur des Teils liegt.
9. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 8, dadurch gekennzeichnet, daß die flüssige schwere Charge wenigstens teilweise aus wenigstens einem Teil des
Destillationsrückstandes des Fraktionierschrittes besteht.
10. Verfahren nach Anspruch 9, dadurch gekennzeichnet, daß der Destillationsrückstand des Fraktionierschrittes durch Wärmeaustausch beim
Verlassen der Fraktionierkolonne abgekühlt wird.
11. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 10, dadurch gekennzeichnet, daß die leichte Kohlenwasserstofffraktion bzw. die leichten Kohlenwasserstofffraktionen
aus der Gruppe ausgewählt wird bzw. werden, welche aus den leichten Paraffinen, wei
Äthan, Propan, den Butanen, und den Benzinen, den Naphthas und den Gasölen besteht.
12. Verfahren nach Anspruch 11, wobei mehrere leichte Kohlenwasserstofffraktionen in den
stromaufwärts gelegenen Teil des Reaktors eingespritzt werden, dadurch gekennzeichnet, daß das Einspritzen stufenweise im Sinne abnehmender Härte der Fraktionen erfolgt.
13. Verfahren nach Anspruch 12, dadurch gekennzeichnet, daß in den Reaktor von stromaufwärts nach stromabwärts nacheinander leichte Gase,
welche Äthan umfassen, und dann gegebenenfalls Propan und Butane, in einer solchen
Menge, daß die Temperatur der Mischung mit den wärmeführenden Teilchen über 800oC, vorzugsweise über 825oC, bleibt, dann Kohlenwasserstofffraktionen, wie leichte Benzine und/oder gegebenenfalls
Naphthas oder Gasöle, in einer solchen Menge, daß die Temperatur der Mischung unmittelbar
stromabwärts über 750oC, vorzugsweise über 800oC, liegt, und schließlich ein Teil des Destillationsrückstandes eingespritzt werden,
um durch letzteres die Reaktionstemperatur auf eine Temperatur zwischen 650 und 750oC zu bringen.
14. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 13, dadurch gekennzeichnet, daß wenigstens ein Teil des durch Dampfkracken erzeugten Äthans und/oder Propans
und/oder Butans zum Reaktor rückgeführt wird.
15. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 14, dadurch gekennzeichnet, daß der Arbeitsdruck der Reaktionszone zwischen 0,3 und 5 kg/cm² liegt.
16. Einrichtung zur Umwandlung von Erdölkohlenwasserstoffchargen, welche einerseits mindestens
eine durch Metalle wenig verunreinigte leichte Fraktion mit einer Siedetemperatur
unter etwa 400oC und andererseits eine im wesentlichen aus Verbindungen mit einer Siedetemperatur
über 400oC bestehende Charge schwererer Kohlenwasserstoffe umfassen, durch Dampfkracken infolge
direkter Berührung mit einer Wirbelschicht wärmeführender Teilchen bei hoher Temperatur,
wobei ein kontinuierlicher Reaktor (1) vom rohrförmigen Typ mit im wesentlichen steigender
oder fallender Strömung vorgesehen ist, um Erdölfraktionen mit katalytischen oder
nicht katalytischen wärmeführenden Teilchen bei hoher Temperatur in Berührung zu bringen,
ferner Mittel (16), insbesondere solche ballistischer Art, welche zur Abtrennung von
Wenigstens 90 % der Teilchen aus den gekrackten Kohlenwasserstoffen in der Lage sind,
Mittel (20, 21) zum Strippen der abgetrennten Teilchen, Mittel (22) zum Regenerieren
unter Bedingungen, bei denen der auf den Teilchen abgelagerte Koks mit Luft oder Wasserdampf
verbrennt, Mittel (2) zum Rückführen der regenerierten Teilchen zur Speisung des Reaktors
(1) und Mittel (12) zum Fraktionieren der abgehenden gasförmigen Produkte durch Destillation,
dadurch gekennzeichnet, daß einerseits zwischen den Abtrennmitteln (16) und den Fraktioniermitteln (12)
Mittel (18, 19) zum Einspritzen eines Teils der schwereren Kohlenwasserstoffcharge
in die abgehenden Produkte und andererseits Mittel (14, 13) zum Rückführen und Einspritzen
wenigstens eines Teils des Destillationsrückstandes in flüssiger Phase, jedoch mit
einer Temperatur in der Nähe seines Blasenpunktes, in den stromabwärts gelegenen Abschnitt
des Reaktors (1) vorgesehen sind.
17. Einrichtung nach Anspruch 16, dadurch gekennzeichnet, daß die Mittel (18, 19; 14, 13) zum Einspritzen der schwersten Kohlenwasserstoffcharge
zwischen den ballistischen Abtrennmitteln (16) und den Fraktioniermitteln (12) einerseits
und in den stromabwärts gelegenen Abschnitt des Reaktors (1) andererseits auf der
Grundlage des von den Mitteln (12) zum Fraktionieren der von der Reaktionszone abgehenden
Produkte durch Destillation stammenden Rückstandes gespeist werden.
18. Einrichtung nach Anspruch 16 oder 17, gekennzeichnet durch Mittel (7, 9, 11, 13), um in den Reaktor von stromaufwärts nach stromabwärts
nacheinander leichte Gase, welche Äthan umfassen, und dann gegebenenfalls Propan und/oder
Butane, in solcher Menge, daß die Temperatur der Mischung mit den wärmeführenden Teilchen
über 800oC, vorzugsweise über 825oC, liegt, dann Kohlenwasserstofffraktionen, wie leichte Benzine und/oder gegebenenfalls
Naphthas und Gasöle, in solcher Menge, daß die Temperatur der resultierenden Mischung
unmittelbar stromabwärts von der Einspritzstelle über 750oC, vorzugsweise über 800oC, liegt, und schließlich die schwerere Kohlenwasserstoffcharge oder die schwereren
Kohlenwasserstoffchargen in Form kleiner flüssiger Tröpfchen mit einem mittleren Durchmesser
vorzugsweise kleiner als 100 Mikron in den stromabwärts gelegenen Teil des Reaktors
einzuspritzen.
19. Einrichtung nach Anspruch 16, 17 oder 18, gekennzeichnet durch Mittel (53) zum Einspritzen von frischen körnigen wärmeführenden Teilchen in
die vom Dampfkracken abgehenden Produkte.