[0001] Les développements récents dans le domaine des rectifieuses ont placé les concepteurs
devant des difficultés de différents ordres.
[0002] Les machines devenant de plus en plus puissantes, elles ont été équipées de façon
à pouvoir exécuter des opérations de plus en plus variées. C'est ainsi par exemple
que la tourelle porte-outils est souvent équipée à l'heure actuelle de deux, trois
ou même quatre outils de meulage qui peuvent intervenir successivement au cours de
chaque séquence d'opérations de rectifiage effectuée sur une pièce. La table porte-pièce
peut être pourvue d'un axe numérique de rotation permettant la rectification de surfaces
coniques intérieures ou extérieures, de formes généralement circulaires. Elle doit
donc pouvoir être orientée à volonté d'une façon précise. De plus, la machine est
souvent équipée de plusieurs outils de dressage, par exemple de plusieurs porte-diamants
de formes différentes et d'une molette tournante. Chacun de ces différents outils
est amené en position de travail lors de chaque opération de dressage effectuée sur
l'une ou l'autre des meules montées sur la tourelle porte-outils.
[0003] On se rend compte que ces équipements complexes tendent à compliquer et à rendre
délicate et longue toute opération de mise en train d'une rectifieuse en vue de l'exécution
des opérations de rectifiage sur une série de pièces identiques.
[0004] D'autre part, avec l'augmentation des vitesses de rotation des broches et de la complexité
de l'agencement des tourelles porte-outils, les risques encourus par les opérateurs
qui vérifient le positionnement exact des outils lors des opérations de dressage des
meules augmentent considérablement. Pour cette raison d'ailleurs, des prescriptions
ont été imposées aux fabricants concernant des dispositifs de sécurité à mettre en
oeuvre lors du fonctionnement des rectifieuses. Ces dernières doivent être équipées
de portes qui ne peuvent s'ouvrir sans que des mesures de sécurité aient été prises
et sans notamment que les broches rotatives aient été arrêtées.
[0005] Ces difficultés et d'autres encore ont donc poussé à la recherche de solutions. Or,
on s'est aperçu qu'il était possible de venir à bout des difficultés énoncées ci-dessus,
avec des moyens relativement simples, et la présente invention vise à définir de tels
moyens permettant notamment, dans la mise en train d'une séquence d'opérations de
rectifiage : de simplifier le travail de l'opérateur, de diminuer fortement le temps
de réglage, de dressage des meules et d'usinage jusqu'à l'obtention d'une première
pièce acceptable, d'augmenter la sécurité de l'opération.
[0006] Il est connu dans le domaine des rectifieuses travaillant de manière linéaire (DE-37
36 463) de fixer un support d'outils de dressage sur la table porte-pièce et un palpeur
solidaire du porte-outils. Ces moyens permettent de déterminer la position exacte
des outils de dressage et par conséquent de conduire en connaisance de cause des opérations
de dressage de la meule. Il est connu également, d'après le même document, de prévoir
un second palpeur dans une position fixe et de vérifier, au moyen de ce palpeur les
dimensions finales des pièces, ce qui permet de connaître de manière indirecte, l'usure
des outils de dressage. Toutefois, l'enseignement de ce document ne s'applique qu'à
des rectifieuses linéaies ayant une meule dont seule la surface cylindrique est active.
En outre, le document ne suggère pas des moyens permettant de commander automatiquement
une opération de dressage.
[0007] Le fascicule EP-0 281 835 décrit une tourelle de dressage dans laquelle plusieurs
outils de dressage sont montés radialement sur une tête, elle-même capable de pivoter
autour de son axe sur la tourelle. La tourelle est solidaire d'un bras basculant dont
la position de travail peut être contrôlée au moyen d'un palpeur coopérant avec une
surface de référence. Le contenu de ce fascicule n'indique cependant pas de moyens
pour réaliser une opération de dressage de manière entièrement automatique.
[0008] Le fascicule DE-3 524 690 se rapporte à la mesure des caractéristiques d'une meule
en forme de disque et en particulier à l'utilisation de palpeurs de type piézoélectrique
pour effectuer cette mesure.
[0009] Enfin, le fascicule GB-2 002 545 concerne plus particulièrement la conduite d'opérations
de rectifiage sur des surfaces cylindriques intérieures. Dans ce cas, les pièces sont
fixées dans la pince d'une broche tournante et la table sur laquelle la broche est
montée porte un outil de dressage de sorte que des déplacements de cette table perpendiculairement
à l'axe de la meule permettent de dresser celle-ci. L'opération est conduite en fonction
de données fournies par un instrument de mesure, sans qu'une automatisation de l'opération
de dressage soit envisagée.
[0010] Le but de la présente invention est de proposer un procédé et une machine au moyen
desquels il est possible de réaliser une opération de dressage de manière entièrement
automatique de sorte que les difficultés indiquées plus haut sont éliminées.
[0011] Sous un premier aspect, la présente invention a pour objet un procédé de mise en
train d'une rectifieuse équipée d'une table porte-pièce, d'un porte-outil portant
au moins outil de meulage, d'une tourelle de dressage sur laquelle sont montés un
ou plusieurs outils de dressage ayant une arête de dressage, et d'une commande numérique
comportant une mémoire, en vue d'opérations de rectifiage sur plusieurs surfaces différentes
d'une même pièce, caractérisé par les étapes suivantes:
on place un palpeur ayant au moins deux faces détectrices dans une position prédéterminée
sur le porte-outil,
on effectue une étape de prise de mesures dans laquelle on amène les faces détectrices
du palpeur dans des positions relatives prédéterminées par rapport à une ou plusieurs
arêtes de dressage du ou des outils de dressage et on enregistre dans la mémoire les
positions du porte-outil correspondant à chacune des dites positions relatives prédéterminées,
et après l'étape de prise de mesure, on utilise les enregistrements de positions
mis en mémoire pour particulariser un programme d'une opération de dressage automatique.
Dans une forme plus élaborée de mise en oeuvre de ce procédé, on utilise également
un second palpeur situé dans une position prédéterminée par rapport à une référence
de machine et au moyen de ce second palpeur, on prend des mesures de positions de
surfaces du ou des outils de meulage, de manière à pouvoir déterminer les dimensions
initiales des outils et programmer l'opération de dressage automatique en conséquence.
[0012] Sous un second aspect, l'objet de l'invention consiste en une rectifieuse comprenant
sur un socle une table porte-pièce, une tourelle de dressage et une tourelle porte-outils,
équipées respectivement d'une broche d'entraînement pour une pièce à usiner, d'au
moins un outil de dressage, et d'au moins un outil de meulage, ces tourelles étant
capables de déplacements relatifs au moins sur un des axes X et Z entre la tourelle
porte-outils d'une part et le porte-pièce et la tourelle de dressage d'autre part,
caractérisée en ce que la tourelle porte-outils et une autre partie de la machine
sont équipées respectivement d'un premier palpeur de positions et d'un solide de référence,
la commande numérique étant agencée pour l'exécution automatique d'une opération de
mise en train comportant une étape de prise de mesures au cours de laquelle ledit
palpeur est amené successivement dans des positions relatives prédéterminées par rapport
à au moins un des outils de dressage et par rapport à au moins une des surfaces du
solide de référence.
[0013] Les caractéristiques essentielles ainsi que certaines particularités optionnelles
du procédé de mise en train et de la machine définie ci-dessus sont décrits ci-après
à titre d'exemple en se référant au dessin annexé, dont
la fig. 1 est une vue en perspective schématique d'une rectifieuse équipée en vue
de la mise en oeuvre du procédé,
la fig. 2 est une vue en plan de dessus d'une rectifieuse d'un type différent de celui
de la fig. 1 également équipée pour la mise en oeuvre du procédé, et
la fig. 3 est une vue en coupe selon la ligne A-A de la fig. 2.
[0014] La rectifieuse représentée à la fig. 1 comporte les différents équipements principaux
suivants : un socle 1, une table porte-pièce 2, une tourelle porte-outils de meulage
3 et une tourelle de dressage 4. La table 2 porte une broche porte-pièce 5 entraînée
en rotation autour d'un axe horizontal. A cette broche est fixée une pièce à usiner
6. Un moteur 7 assure l'entraînement de la broche 5 en rotation. La table porte-pièce
2 est mobile sur le socle 1, d'une part autour d'un axe de rotation vertical (axe
B) et, d'autre part, par le fait qu'elle est montée sur une table mobile 8 se déplaçant
sur un axe parallèle à l'axe X. La table 8 pourrait aussi être fixe.
[0015] La tourelle 3 comporte quatre outils de meulage 9, 10, 11 et 12 qui sont fixés sur
une table 13 portée par un système à coulisse. Celui-ci comporte, selon la fig. 1,
un coulisseau transversal 14 mobile selon l'axe X et un coulisseau longitudinal 15
mobile selon l'axe Z sur une glissière 16. En variante, le système à coulisse pourrait
comprendre uniquement l'axe Z (coulisseau 15 mobile sur glissière 16).
[0016] Enfin, l'unité de dressage 4 comporte un support 17 sur lequel peuvent être fixés
un ou plusieurs outils de dressage tournants ou fixes.
[0017] Pour permettre la mise en oeuvre du procédé, la machine représentée à la fig. 1 comporte
divers éléments dont une partie n'est pas représentée. Cette machine est une machine
à commande numérique, de sorte qu'un ordinateur équipé d'une mémoire et d'un dispositif
d'entrée de données est associé à la machine. D'autre part, sur la table 13 est fixé
un palpeur 18 avec une tête qui porte deux détecteurs ayant chacun une face détectrice
plane. Celles-ci sont orientées selon les axes X et Z, respectivement. Le palpeur
18 est donc capable d'émettre des signaux au moment où l'une ou l'autre de ses faces
détectrices bute sur un obstacle ou se trouve à une distance minimum prédéterminée,
de la pièce à détecter. Les signaux provoquent la mémorisation de la position de la
table 13 au moment où ils sont émis. Ils permettent de commander ladite table. Les
déplacements du palpeur sont commandés par l'intermédiaire des déplacements de la
table 13, c'est-à-dire par des manoeuvres des coulisseaux 15 et 14 supportant cette
table. Les positions de la table 13 sont repérées, dans l'ordinateur, par rapport
à une référence de machine qui peut être constituée par un solide de référence fixé
matériellement à un emplacement prédéterminé du socle 1 ou qui peut également être
simplement incorporé à la mémoire de la machine. Le palpeur 18, dont on voit à la
fig. 1 le support en forme de bras fixe, peut donc être déplacé dans tout l'espace
balayé par les déplacements des tables 14 et 15. Il peut en particulier prendre des
mesures de positions de deux faces de référence d'un solide 19 qui a la forme d'un
parallélépipède rectangle et qui est fixé au support de l'unité de dressage 17. Comme
on le voit à la fig. 1, les faces verticales du solide de référence 19 sont orientées
selon les axes X et Z. Comme la tête du palpeur 18 comprend deux détecteurs de positions
dont les surfaces planes verticales sont orientées dans les directions X et Z, ces
deux faces planes étant fixes l'une par rapport à l'autre, on peut, par un déplacement
de l'embase 13 dans le sens Z, amener la face Z du palpeur contre la face correspondante
du solide 19 et mesurer la position exacte de l'unité de dressage le long de l'axe
Z. Par une opération similaire, on peut également mesurer la position de l'unité de
dressage le long de l'axe X.
[0018] Un programme de mise en train peut donc comporter des instructions qui déplacent
la table 13 comme indiqué ci-dessus, et qui, de plus, amènent les faces X et Z des
détecteurs du palpeur 18 en contact avec des arêtes choisies sur les différents diamants.
Les valeurs de positions ainsi déterminées et mémorisées sont ensuite utilisées pour
déterminer les positions exactes des diamants par rapport à la référence de machine.
Comme d'une part les positions de la table 13 sont constamment référenciées par rapport
à la référence de machine et, d'autre part, on peut imposer aux meules des valeurs
de consigne pour leur diamètre et la position de leur face avant, des éléments suffisants
pour programmer une opération de dressage automatique sont réunis. Ces éléments sont
introduits dans le programme, après quoi la table 13 est déplacée de façon que chacune
des meules 9a, 10a, 11a et 12a viennent successivement en contact avec un diamant
mis en position de travail. Le diamètre d'usinage de chacune des meules ainsi qu'en
tout cas la position d'une des faces planes des meules peuvent être introduits comme
valeur de consigne dans le programme, les différentes opérations de dressage se déroulant
jusqu'à ce que les valeurs de consigne aient été atteintes. Ainsi, l'opération de
dressage peut s'effectuer en plusieurs phases successives jusqu'à ce que chacune des
meules ait atteint la forme et les dimensions de consigne. Dans cette forme de mise
en oeuvre du procédé, les axes sont positionnés en tenant compte du diamètre maximum
des meules et celles-ci sont déplacées jusqu'au contact avec les diamants.
[0019] Le palpeur 18 peut également être utilisé pour mesurer et mettre en mémoire la position
d'une ou de plusieurs surfaces de la pièce 6. Ces données permettent ensuite de piloter
l'approche et la mise en oeuvre des outils lors de l'usinage de la première pièce
de la série. L'usinage de cette première pièce peut donc être accéléré. En effet,
les commandes d'outils peuvent se faire à vitesse accélérée jusqu'à faible distance
des surfaces qui doivent entrer en contact avec les outils ou avec le palpeur, le
reste du déplacement s'effectuant à vitesse lente.
[0020] La mise en mémoire de la position de la pièce fixée à la broche 5 peut être encore
d'une autre utilité. Elle permet en effet de connaître de manière absolue les déplacements
qu'il faut imprimer à la table 13 pour l'usinage d'une surface si cette surface est
usinée alors que la table porte-pièce 2 est placée dans une position oblique par rapport
à l'axe Z. En effet, la prise de mesures, au moyen du palpeur 18, d'une ou de plusieurs
surfaces de la pièce 6, permet de situer la position de ces surfaces par rapport au
centre de rotation de la table 2, et par conséquent de calculer la position correspondante
de ces surfaces après que la table a pivoté.
[0021] La mise en mémoire des positions des arêtes essentielles des diamants, par rapport
au solide de référence 19 grâce au palpeur 18, présente non seulement l'utilité de
permettre des opérations de dressage entièrement automatiques. Elle permet aussi une
répétition, en cours de route, de l'opération de prise de mesures sur les outils de
dressage. Ainsi, une éventuelle usure des diamants peut être décelée et on peut en
tenir compte dans les opérations intermédiaires de dressage des meules qu'on doit
effectuer au cours de l'usinage d'une série de pièces identiques. Des éventuelles
dérives de cote dues à l'usure des diamants sont évitées, et des séries d'un grand
nombre de pièces identiques peuvent être usinées avec précision, et cela de manière
entièrement automatique.
[0022] Les détecteurs du palpeur 18 sont des éléments connus en soi. Ainsi par exemple,
la surface plane du détecteur peut être une face d'une pastille solidaire d'un contact
électrique et supportée par un ressort en face d'un autre contact qui est fixe, le
tout de manière que la fermeture de l'interrupteur ait lieu dès que cette pastille
touche un corps étranger, ce qui provoque l'envoi d'un signal dans le circuit de détection.
Cependant, toute autre construction de détecteur peut être utilisée, y compris ceux
sans contact permettant de s'approcher d'outils de dressage tournants. Afin de pouvoir
travailler de manière complète, le palpeur 18 comportera au moins deux détecteurs,
dans certains cas même trois, dont deux sont orientés selon l'axe Z dans des sens
opposés et le troisième selon l'axe X.
[0023] D'autre part, dans une construction privilégiée du dispositif décrit, le palpeur
18 sera monté de façon éclipsable sur la table 13, le bras du support 18 étant téléscopique
ou pivotant, de façon à libérer, lors de l'usinage, l'espace qu'il occupe pendant
la mise en train et permettre que ces opérations d'usinage se déroulent librement.
[0024] En ce qui concerne les effets avantageux du procédé décrit, on peut en citer encore
d'autres que ceux qui ont été mentionnés jusqu'à maintenant. Ainsi notamment, comme
les positions des diamants et de la pièce ont été déterminées par le palpeur et mémorisées,
le programme de la commande numérique peut réaliser à tout instant un contrôle de
fonctionnement sur ces positions.
[0025] De plus, à partir des positions mémorisées, il est encore possible de réaliser un
contrôle de compatibilité anti-collision du programme d'usinage introduit dans la
commande numérique. Ce contrôle de compatibilité peut par exemple provoquer l'enclenchement
d'une alarme en cas de risque de mise en danger des outils ou de la pièce. On peut
également prévoir une visualisation graphique des risques de collision sur l'écran
de commande.
[0026] On décrira ci-après une autre forme d'exécution d'une rectifieuse permettant l'exécution
du programme de mise en train décrit. Mais avant de passer à la description de cette
autre forme d'exécution, on mentionnera que dans une variante de la forme d'exécution
de la fig. 1, le solide de référence 19 pourrait aussi être introduit dans l'équipage
rotatif des porte-diamants. Dans ce cas, ce solide de référence serait solidaire des
porte-diamants, mais pourrait être amené dans une position active par rotation de
l'équipage, chaque autre mouvement de rotation amenant en position active un outil
de dressage.
[0027] Les fig. 2 et 3 représentent une rectifieuse différente de celle de la fig. 1 et
dans laquelle les moyens permettant la mise en oeuvre du procédé de mise en train
décrit sont conçus en partie différemment. Aux fig. 2 et 3, les éléments de la rectifieuse
qui sont de même nature et jouent le même rôle que des éléments correspondants de
la rectifieuse de la fig. 1, sont désignés par les mêmes signes de référence. Ainsi,
on retrouve un socle 1, une table porte-pièce 2, une tourelle porte-outils 3 et une
tourelle de dressage 4. La table porte-pièce comporte aussi une broche 5 portant une
pièce 6. Elle est mobile en rotation autour d'un axe vertical 8.
[0028] La tourelle porte-outils 3 est supportée par une table 13. Elle peut également se
déplacer selon l'axe Z et selon l'axe X. Elle est équipée de quatre dispositifs de
meulage 9, 10, 11, 12 portant chacun une meule ayant une forme et des dimensions particulières.
Les axes de rotation des meules sont orientés soit selon l'axe Z, soit selon l'axe
X. Ils peuvent être orientables sur le plan X, Z. On voit également à la fig. 2 le
palpeur 18 dont la tête comporte trois détecteurs de position dont les surfaces sont
orientées pour l'un perpendiculairement à l'axe X et pour les deux autres perpendiculairement
à l'axe Z, l'un dans un sens, l'autre dans l'autre.
[0029] La tourelle de dressage présente ici une disposition particulière. Elle comporte
un socle 20 qui est monté sur un support longitudinal 21. On considère ici une tourelle
de dressage selon la fig. 2, qui est représentée avec trois bras. Celle-ci pourrait
toutefois avoir un nombre de bras plus important. Le socle 20 supporte un corps rotatif
d'axe horizontal 22, orienté parallèlement à l'axe Z. Les trois bras du corps 22 sont
désignés par 23, 24 et 25, le bras 23 étant, dans la position de la fig. 3, orienté
horizontalement au niveau de l'axe de la broche 5 et des outils de meulage 9 et 12.
Lorsque le bras 23 se trouve dans cette position, le bras 24 est orienté verticalement
vers le haut et le bras 25 verticalement vers le bas. Le dispositif de dressage comporte
donc une position de repos lorsque le corps 22 est orienté de façon que le bras 23
soit dirigé vers l'arrière de la machine. L'espace situé entre le corps 22 et l'axe
principal de la machine est alors entièrement libéré.
[0030] Le bras 23 constitue un second palpeur. En effet, à son extrémité sont montés trois
détecteurs, par exemple des détecteurs formés de pastilles à contact à ressort commandées
lorsque la surface extérieure plane d'une pastille touche l'objet à mesurer. Les surfaces
planes de ces pastilles sont orientées pour deux détecteurs selon l'axe Z l'une dans
un sens, l'autre dans l'autre, et pour la troisième selon l'axe X comme on le voit
à la vue en plan de la fig. 2. Le bras 24 porte un diamant, tandis que le bras 25
porte une molette diamantée entraînée en rotation par un moteur logé dans le bras
25. Dans cette disposition, on ne retrouve pas de solide de référence analogue au
solide 19 de la première forme d'exécution, mais la fonction de ce solide sera remplie
par les surfaces des détecteurs du bras 23, comme on va le voir ci-après. On notera
cependant que dans une variante, un solide de référence analogue à celui de 19 pourrait
également être fixé contre le support 20 ou sur un autre bras.
[0031] Les fonctions du palpeur 23 sont les suivantes : ce palpeur est destiné à permettre
de mémoriser des données relatives aux meules 9a, 10a, 11a et 12a, notamment leurs
dimensions effectives avant l'opération de dressage, de façon à permettre de conduire
avec précision cette opération.
[0032] Avec la rectifieuse des fig. 2 et 3, le procédé de mise en train débute comme décrit
à propos de la fig. 1, par une prise de mesures de positions des arêtes déterminantes
des outils de dressage. La table 13 est donc déplacée de manière que les surfaces
détectrices du palpeur 18 viennent en contact avec le solide de référence et avec
chacun des outils portés par la tourelle 20. Dans le cas où c'est le palpeur 23 qui
joue le rôle du solide de référence, les détecteurs équipant le palpeur 23 seront
des éléments dont la force d'actionnement sera un multiple de la force nécessaire
pour actionner le palpeur 18. Ces détecteurs peuvent donc jouer le rôle du solide
de référence pour le palpeur 18. Une fois que le palpeur 18 a repéré les positions
des outils de dressage, et éventuellement celle de la pièce, le programme comporte
une étape de mesure des dimensions réelles des meules. La table 13 est déplacée selon
les axes X et Z, de manière que certaines surfaces caractéristiques des outils 9a,
10a, 11a et 12a viennent en contact avec les surfaces de détection du palpeur 23.
Ces surfaces caractéristiques seront la surface cylindrique et par exemple la face
avant pour une meule cylindrique. Dans le cas d'une meule conique, comme par exemple
la meule 12a, le repérage des surfaces s'effectuera sur la face avant et sur le plus
grand diamètre. Les données obtenues seront mémorisées en valeurs relatives, c'est-à-dire
sous forme de cotes de position par rapport à la référence machine. Pour cela, on
utilisera les données obtenues par le palpeur 18 au préalable, sur les positions des
surfaces de détection du palpeur 23.
[0033] On notera encore que dans la variante décrite ici dans laquelle on utilise un deuxième
palpeur sous la forme du palpeur 23, pour déterminer les dimensions des meules avant
le dressage, le positionnement d'une meule sur le palpeur est déterminé en fonction
de la forme de la meule. C'est le point le plus haut du profil qui intervient pour
le palpage du diamètre de l'outil de meulage et le point le plus en avant pour le
palpage de face. Avec certaines meules de forme spéciale, il est possible que l'établissement
du programme nécessite d'entrer d'autres valeurs dans l'ordinateur. Toutefois, les
moyens décrits ici permettent sans grosses difficultés d'effectuer toutes les opérations
de manière automatique sans complication exagérée. Il est possible de mesurer les
cotes entre les divers diamants montés sur le dispositif de dressage avec une très
grande précision.
[0034] Dans certains cas où l'un ou l'autre des outils montés sur l'embase 13 est un outil
de meulage, comme une meule diamantée dont les caractéristiques ne permettent pas,
et ne nécessitent pas, un dressage, les prises de mesures effectuées par le second
palpeur 23 ne seront utilisées que pour déterminer la position effective de cet outil.
Lors du dressage automatique, cet outil n'est pas amené en contact avec les diamants.
En revanche, les données de position relevées peuvent être utilisées pour conduire
l'opération de rectifiage sur la pièce.
[0035] Comme on l'a vu sur la base des deux exemples précédents, le procédé de mise en train
automatique peut être mis en oeuvre dans des conditions très variées. Il peut être
mis en oeuvre non seulement sur des rectifieuses dont la tourelle porte-outils est
mobile selon X et Z par rapport au porte-pièce et à la tourelle de dressage, mais
également dans le cas de rectifieuses dans lesquelles la tourelle porte-outils n'est
mobile que dans une direction, par exemple l'axe Z, et c'est la table porte-pièce
et la tourelle de dressage qui peuvent être déplacées dans le sens X.
1. Procédé de mise en train d'une rectifieuse équipée d'une table porte-pièce, d'un porte-outil
portant au moins un outil de meulage, d'une tourelle de dressage sur laquelle sont
montés un ou plusieurs outils de dressage ayant une arête de dressage, et d'une commande
numérique comportant une mémoire, en vue d'opérations de rectifiage sur plusieurs
surfaces différentes d'une même pièce, caractérisé par les étapes suivantes:
on place un palpeur ayant au moins deux faces détectrices dans une position prédéterminée
sur le porte-outil,
on effectue une étape de prise de mesures dans laquelle on amène les faces détectrices
du palpeur dans des positions relatives prédéterminées par rapport à une ou plusieurs
arêtes de dressage du ou des outils de dressage et on enregistre dans la mémoire les
positions du porte-outil correspondant à chacune des dites positions relatives prédéterminées,
et après l'étape de prise de mesure, on utilise les enregistrements de positions
mis en mémoire pour particulariser un programme d'une opération de dressage automatique.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'étape de prise de mesures
comporte des déplacements relatifs du palpeur vers un solide de référence associé
à la tourelle de dressage et vers chacun des outils de dressage.
3. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que, dans l'étape de prise de
mesures, un second palpeur, situé dans une position fixe et prédéterminée par rapport
à une référence de machine, prend des mesures de positions de surfaces d'un ou des
outils de meulage, ces mesures sont utilisées pour déterminer des dimensions initiales
du ou des outils de meulage, et ces dimensions initiales sont également utilisées
pour particulariser le programme de dressage.
4. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il comporte une étape de préparation
au rectifiage dans laquelle le palpeur associé au porte-outil prend au moins une mesure
de position d'une surface de la pièce et cette mesure est enregistrée dans la mémoire
pour particulariser un programme de rectifiage.
5. Procédé selon la revendication 4, appliqué à une rectifieuse dans laquelle un axe
numérique angulaire est associé à la table porte-pièce, caractérisé en ce que la ou
les mesures de positions de surfaces de la pièce sont utilisées pour déterminer la
position relative de la pièce par rapport au centre de rotation de la table porte-pièce,
et par conséquent, les positions de la pièce après tout mouvement angulaire de la
table porte-pièce.
6. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'au moins une partie des opérations
effectuées au cours de l'étape de prise de mesures sont répétées au cours de l'usinage
d'une série de pièces identiques et les mesures sont utilisées pour corriger le dit
programme de dressage en tenant compte d'une usure des outils de dressage déterminée
au moyen desdites mesures prises de façon répétées.
7. Procédé selon la revendication 3, appliqué à une rectifieuse comportant un outil de
meulage dont les caractéristiques ne permettent pas un dressage, caractérisé en ce
que les mesures de positions de surface de cet outil sont utilisées uniquement pour
déterminer la position de l'outil.
8. Rectifieuse à commande numérique comprenant sur un socle une table porte-pièce, une
tourelle de dressage et une tourelle porte-outils, équipées respectivement d'une broche
d'entraînement pour une pièce à usiner, d'au moins un outil de dressage, et d'au moins
un outil de meulage, ces tourelles étant capables de déplacements relatifs au moins
sur un des axes X et Z entre la tourelle porte-outils d'une part et le porte-pièce
et la tourelle de dressage d'autre part, caractérisée en ce que la tourelle porte-outils
et une autre partie de la machine sont équipées respectivement d'un premier palpeur
de positions et d'un solide de référence, la commande numérique étant agencée pour
l'exécution automatique d'une opération de mise en train comportant une étape de prise
de mesures au cours de laquelle ledit palpeur est amené successivement dans des positions
relatives prédéterminées par rapport à au moins un des outils de dressage et par rapport
à au moins une des surfaces du solide de référence.
9. Rectifieuse selon la revendication 8, caractérisée en ce que la tourelle de dressage
est équipée d'un second palpeur dont les positions relatives par rapport aux outils
de dressage sont mémorisées, les déplacements relatifs de la tourelle porte-outils,
par rapport à la tourelle de dressage, permettant des prises de mesures de positions
sur une ou plusieurs surfaces de chaque outil de meulage par ledit second palpeur.
10. Rectifieuse selon les revendications 8 ou 9, caractérisée en ce que chaque palpeur
comporte au moins deux détecteurs présentant une face détectrice plane, et en ce que
ces faces sont orientées par paires selon les axes X et Z, les deux faces de chaque
paire étant fixes l'une par rapport à l'autre.
11. Rectifieuse selon la revendication 10, caractérisée en ce qu'au moins un palpeur comporte
un troisième détecteur dont la face détectrice est orientée selon l'axe Z et placée
de manière à pouvoir effectuer une mesure de position d'une face arrière d'un outil
de dressage ou de meulage.
12. Rectifieuse selon la revendication 10 ou la revendication 11, caractérisée en ce que
lesdites faces détectrices du second palpeur jouent le rôle des surfaces du solide
de référence.
13. Rectifieuse selon la revendication 8, caractérisée en ce que le premier palpeur est
porté par un bras et monté de manière éclipsable sur la tourelle porte-outils.
14. Rectifieuse selon la revendication 9, caractérisée en ce que le second palpeur est
solidaire d'un bras faisant partie d'un équipage tournant, comportant en outre un
ou plusieurs outils de dressage et monté autour d'un axe sur la tourelle de dressage.