[0001] L'invention est relative à un déclencheur électromagnétique, notamment pour un disjoncteur
électrique miniature à bas calibres, ayant un électro-aimant à percuteur comportant:
- une bobine d'excitation agencée coaxialement sur un fourreau isolant tubulaire, à
l'intérieur duquel est monté à coulissement un noyau ferromagnétique mobile coopérant
avec un noyau ferromagnétique fixe avec interposition d'un entrefer,
- une tige de déclenchement ayant une extrémité solidarisée au noyau mobile, et une
extrémité opposée équipée dudit percuteur,
- et une culasse de retour du flux magnétique, comprenant une première pièce ferromagnétique
servant de moyen de support à l'ensemble bobine et noyaux, la base de la première
pièce étant conformée en une corne de guidage d'arc, associée à la chambre d'extinction
d'arc adjacente.
[0002] Un disjoncteur miniature de bas calibres,par exemple inférieurs à 3A, comporte un
déclencheur thermique à bilame associée à un chauffeur, et un déclencheur électromagnétique
à bobine comprenant plusieurs dizaines de spires. En cas d'apparition d'un courant
de court-circuit, le disjoncteur se comporte comme un appareil limiteur, grâce à l'impédance
du pôle due à la présence du chauffeur et de la bobine. Cette impédance peut atteindre
quelques ohms, qui assure une limitation du courant de court-circuit à une valeur
approximative de 100A. Cet effet de limitation du courant s'effectue au détriment
du soufflage de l'arc initial vers la chambre d'extinction d'arc. Il en résulte une
stagnation de l'arc sur les contacts. D'autre part, le nombre élevé d'ampère-tours
de la bobine risque de provoquer une saturation magnétique de l'électro-aimant, malgré
la présence de la première pièce ferromagnétique de la culasse.
[0003] Un champ magnétique de fuite important est crée autour du déclencheur électromagnétique,
ce qui provoque un soufflage de l'arc vers une direction différente de celle de propagation
vers la chambre d'extinction d'arc. L'arc initial est alors entraîné vers le compartiment
de logement du mécanisme. Sur des disjoncteurs multipolaires, le risqua d'amorçages
entre pôles peut compromettre les performances de coupure.
[0004] Les déclencheurs électromagnétiques décrits dans les documents DE-A-2.138.381 et
FR-A-2.592.738, comportent chacun une culasse en deux parties, mais n'entourent que
partiellement la bobine. L'effet de blindage magnétique n'est pas parfait, et il subsiste
le risque d'un champ magnétique de fuite en présence d'un court-circuit dans un disjoncteur
à bas calibres.
[0005] L'objet de l'invention consiste à améliorer la structure d'un déclencheur électromagnétique
pour permettre le fonctionnement correct d'un disjoncteur à bas calibres.
[0006] Le déclencheur selon l'invention est caractérisé en ce que la culasse comporte une
deuxième pièce ferromagnétique fixée sur la première pièce de forme conjuguée pour
former un organe de blindage total, fermé de chaque côté, et agencé autour de l'ensemble
bobine et noyaux pour retarder la saturation magnétique dudit électro-aimant en cas
de détection d'un courant de court-circuit par le déclencheur électromagnétique, que
la base de la première pièce ferromagnétique comporte deux flasques latéraux et parallèles,
échelonnés le long de la direction axiale de la bobine en s'étendant perpendiculairement
aux parois du boîtier, et que la deuxième pièce ferromagnétique est formée par une
tôle pliée en U ayant une plaque parallèle à la corne d'arc de la première pièce,
et deux ailes transversales plaquées contre les parois internes opposées du boîtier,
l'assemblage des deux pièces de la culasse formant un parallélépipède droit enveloppant
ladite bobine.
[0007] L'adjonction sur la culasse de la deuxième pièce ferromagnétique provoque une diminution
de la réluctance de retour du flux magnétique, entraînant un décalage du point de
saturation magnétique. Les lignes de champ magnétique restent entièrement canalisées
dans le fer du circuit magnétique, ce qui supprime tout champ magnétique de fuite
à l'extérieur du déclencheur.
[0008] Cet état magnétique non saturé de l'électro-aimant subsiste lors de la propagation
normale de l'arc vers la chambre de coupure, dans laquelle s'opère l'extinction de
l'arc par l'effet de désionisation des séparateurs.
[0009] D'autres avantages et caractéristiques ressortiront plus clairement de la description
qui va suivre d'un mode de réalisation de l'invention, donné à titre d'exemple non
limitatif, et représenté aux dessins annexés, dans lesquels:
- la figure 1 est une vue en élévation partiellement arrachée d'un disjoncteur, équipé
d'un déclencheur selon l'invention;
- la figure 2 montre une vue éclatée en perspective du déclencheur électromagnétique;
- la figure 3 représente une vue en coupe selon la ligne III-III de la figure 1.
[0010] Sur les figures, un pôle d'un disjoncteur 10 électrique miniature pour bas calibres,
notamment inférieurs à quelques ampères, comporte un boîtier 12 isolant moulé renfermant
une chambre 14 d'extinction d'arc, un contact fixe 16, un contact mobile 18 porté
par un bras de contact 20 actionné par un mécanisme 22 de commande, un déclencheur
électromagnétique 24 à percuteur 26 sensible à des courants de court-circuit, un déclencheur
thermique 28 sensible à des courants de surcharge, et une manette 30 de commande manuelle.
[0011] Le mécanisme 22 de commande est décrit en détail dans le brevet français FR-2.616.583
de la demanderesse, mais il est entendu que tout autre type de mécanisme peut être
utilisé.Le mécanisme 22 est piloté manuellememt par la manette 30, et automatiquement
par les deux déclencheurs 28,24.
[0012] La chambre 14 d'extinction d'arc est formée par un empilage de séparateurs métalliques
de désionisation encadré dans le sens de la hauteur sur la figure 1, par une corne
d'arc supérieure 32 et une corne d'arc inférieure 34.
[0013] La partie antérieure de la corne d'arc inférieure 34 est agencée selon une boucle
36 dont l'extrémité 38 à l'opposé de la chambre 14, sert d'organe de support au pied
41 de la bilame 40 du déclencheur thermique 28. Un élément chauffeur 42 est enroulé
autour de la bilame 40 pour permettre la détection de courants de surcharge de faibles
intensités, par exemple inférieures ou égales à 2 Ampères. Le pied 41 de le bilame
40 est relié électriquement à l'une des bornes (non représentée) par un conducteur
44, et l'extrémité opposée du chauffeur 42 est connectée électriquement au bras de
contact 20 par une tresse 46 souple.
[0014] Le déclencheur électromagnétique 24 occupe toute la largeur du boîtier 12 au-dessus
de la chambre 14, et comporte un électro-aimant à noyau mobile 48 et à seuil de déclenchement
réglable, tel que décrit à titre d'exemple dans le document EP-A-378.030 de la demanderesse.Une
bobine 50 d'excitation de forme cylindrique est montée coaxialement sur un fourreau
52 isolant tubulaire, à l'intérieur duquel se déplace à translation le noyau mobile
48 coopérant avec un noyau fixe 54. Une tige de déclenchement 56 traverse un alésage
58 axial de noyau fixe 54, et est accouplé, par exemple par encliquetage, à un téton
57 du noyau mobile 48. L'extrémité de la tige 56 située à l'opposé du téton 57 est
conformée en percuteur 26 destiné à coopérer avec le levier de déclenchement du mécanisme
22 pour assurer le déverrouillage de l'accrochage, et l'ouverture automatique des
contacts 16,18 du pôle. Les deux noyaux 48,54 sont réalisés en matériau ferromagnétique,
notamment de l'acier.
[0015] L'ensemble bobine 50 d'excitation et noyaux 48,54 est positionné à l'intérieur d'une
culasse 60 en matériau ferromagnétique, assurant un blindage total du déclencheur
électromagnétique 24.
[0016] La culasse 60 est constituée par l'assemblage de deux pièces 62,64 conjuguées en
forme de U. La première pièce inférieure 62 sert de support à l'ensemble bobine 50
et noyaux 48,54, et comporte deux flasques 66,68 latéraux et parallèles, solidarisés
à une base confondue avec la corne d'arc supérieure 32 de la chambre d'extinction
d'arc 14. Les flasques 66,68 latéraux sont échelonnés le long de la direction axiale
du fourreau 52, en s'étendant perpendiculairement à la corne d'arc 32. Une portion
de la jonction entre la corne 32 et le flasque 68 porte un rebord 70 saillant, auquel
peut être fixé par soudage le contact fixe 16. Le noyau fixe 54 est solidarisé au
flasque 68 situé du côté du rebord 70, tandis que le noyau mobile 48 se déplace à
translation au droit du flasque 66 opposé. L'une des extrémités 72 de la bobine 50,
est soudée au flasque 68 en liaison électrique avec le contact fixe 16. L'autre extrémité
74 de la bobine 50 est connectée électriquement à une borne (non représentée) du boîtier
12, située à l'opposé de celle associée au conducteur 44 de branchement du déclencheur
thermique 28.
[0017] La deuxième pièce 64 supérieure de la culasse 60 comporte une tôle pliée en U ayant
une plaque 76 s'étendant parallèlement à la corne d'arc 32 avec interposition de la
bobine 50. La plaque 76 est prolongée par deux ailes 78,80 transversales plaquées
respectivement contre les parois internes opposées du boîtier 12, et venant en aboutement
par leurs extrémités avec les faces longitudinales opposées de la corne d'arc 32.
La largeur des ailes 78,80 et de la plaque 76 de la deuxième pièce 84 correspond à
l'intervalle axial séparant les deux flasques 66,68 de la première pièce 62.
[0018] L'adjonction de la deuxième pièce 64 sur le première pièce 62 complémentaire permet
d'obtenir une culasse 60 ferromagnétique fermée de chaque côté, autorisant un blindage
total du déclencheur électromagnétique 24.
[0019] La présence de la deuxième pièce 64 dans la culasse 60 permet une augmentation de
la section de retour du circuit magnétique, entraînant une diminution de la réluctance
de retour du flux magnétique. Il en découle un retard du point de saturation du circuit
magnétique du déclencheur 24 lors de l'apparition d'un courant de court-circuit dans
le pôle. Tout le champ magnétique reste ainsi canalisé dans le fer du circuit magnétique
jusqu'au soufflage de l'arc vers la chambre d'extinction 14 par l'action des gaz de
retour. L'absence de champ magnétique de fuite à l'extérieur du déclencheur électromagnétique
24 évite toute déviation du sens de soufflage de l'arc, notamment vers le compartiment
du mécanisme. Sur des appareils multipolaires, tout amorçage entre pôles accolés est
ainsi exclu.
[0020] Il est évident que la forme et la constitution de la culasse 60 de blindage peuvent
être modifiées sans sortir du cadre de l'invention.
1. Déclencheur électromagnétique, notamment pour un disjoncteur électrique miniature
à bas calibres, ayant un électro-aimant à percuteur (26) comportant:
- une bobine (50) d'excitation agencée coaxialement sur un fourreau (52) isolant tubulaire,
à l'intérieur duquel est monté à coulissement un noyau ferromagnétique mobile (48)
coopérant avec un noyau ferromagnétique fixe (54) avec interposition d'un entrefer,
- une tige de déclenchement (56) ayant une extrémité solidarisée au noyau mobile (48),
et une extrémité opposée équipée dudit percuteur (26),
- et une culasse (60) de retour du flux magnétique, comprenant une première pièce
(62) ferromagnétique servant de moyen de support à l'ensemble bobine (50) et noyaux(48,54),
la base de la première pièce (62) étant conformée en une corne (32) de guidage d'arc,
associée à la chambre d'extinction d'arc (14) adjacente,
caractérisé en ce que la culasse (60) comporte une deuxième pièce (64) ferromagnétique
fixée sur la première pièce (62) de forme conjuguée pour former un organe de blindage
total, fermé de chaque côté,et agencé autour de l'ensemble bobine (50) et noyaux (48,54)
pour retarder la saturation magnétique dudit électro-aimant en cas de détection d'un
courant de court-circuit par le déclencheur électromagnétique (24); que la base de
la première pièce (62) ferromagnétique comporte deux flasques (66,68) latéraux et
parallèles, échelonnés le long de la direction axiale de la bobine (50) en s'étendant
perpendiculairement aux parois du boîtier (12), et que la deuxième pièce (64) ferromagnétique
est formée par une tôle pliée en U ayant une plaque (76) parallèle à la corne d'arc
(32) de la première pièce (32), et deux ailes (78,80) transversales plaquées contre
les parois internes opposées du boîtier (12), l'assemblage des deux pièces (62,64)
de la culasse (60) formant un parallélépipède droit enveloppant ladite bobine (50).
2. Déclencheur électromagnétique selon la revendication 1, caractérisé en ce que la largeur
des ailes (78,80) et de la plaque (76) de la deuxième pièce (64) correspond à l'intervalle
axial séparant les deux flasques (66,68) de la première pièce (62).
3. Déclencheur électromagnétique selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que
la bobine (50) est connectée électriquement en série avec un déclencheur thermique
(28) à bilame (40) entourée par un chauffeur (42).