(57) L'invention a pour objet un procédé destiné à modifier ou à aromatiser la fumée primaire
ou secondaire des produits à fumer, tels que cigarettes, cigares et produits analogues
ainsi que le mélange destiné à être fumé, par exemple dans une pipe ou sous forme
d'une cigarette, en appliquant sur l'enveloppe de ces produits au moins une solution
des substances aromatisantes ou modificatrices qui sont transférées sur le produit
en phase vapeur dans l'atmosphère confinée de l'emballage de ces produits.
Selon l'invention, on utilise, comme solvant, un produit non volatil à la température
ambiante ayant une tension de vapeur inférieure à celle de la substance aromatique
à déposer.
[0001] La présente invention concerne un procédé destiné à modifier ou à aromatiser la fumée
primaire ou secondaire résultant de la combustion d'un ou plusieurs composants entrant
dans la composition de produits à fumer à base ou non de tabac, tels que cigarettes,
cigares et produits analogues ainsi que le mélange de composants, destiné à être fumé,
par exemple dans une pipe ou sous forme d'une cigarette, en appliquant sur l'enveloppe
de ces produits une solution des substances aromatisantes ou modificatrices qui sont
transférées sur le produit en phase vapeur dans l'atmosphère confinée de l'emballage
de ces produits.
[0002] Il faut comprendre par enveloppe, soit l'enveloppe du produit comme le papier du
boudin tabac de la cigarette ou la cape ou la sous-cape du cigare, soit le support
constituant l'emballage lui-même du produit à fumer c'est-à-dire l'étiquette ou étui
carton du paquet en contact direct avec le mélange à fumer ou le combiné aluminium
enveloppant en général les cigarettes.
[0003] On connaît déjà des procédés de ce type mais dans lesquels la substance aromatisante
est toujours le menthol fondu ou une solution alcoolique ou aqueuse.
[0004] L'invention vise à appliquer le procédé à toute substance aromatique ou modificatrice
désirée, volatile à la température ambiante, et à réaliser ainsi des produits à caractéristiques
gustatives différentes à partir d'un même mélange à fumer.
[0005] A titre d'exemple non limitatif de telles substances, on peut citer les extraits
d'épices tels que cannelle, noix de muscade, clou de girofle ; de fleurs, telles que
acacia, rose jasmin ; des extraits de fruits comme la limette, l'orange, la cerise,
l'abricot et des molécules aromatiques natures identiques ou non telles que la benzaldéhyde,
le menthol, l'anisol, la carvone, l'anéthol.
[0006] Pour obtenir le résultat recherché l'invention prévoit d'utiliser comme solvant un
produit non volatil à la température ambiante ayant une tension de vapeur inférieure
à celle de la substance aromatique à déposer.
[0007] De cette façon, la solution obtenue permet de maintenir les substance aromatiques
sous forme solvatée sur le papier jusqu'au moment de leur transfert de l'enveloppe
sur le produit à fumer dans l'atmosphère confinée.
[0008] De préférence le solvant aura une tension de vapeur inférieure à 10⁻¹ mm de Hg à
20 degrés C ou un point d'ébulllition supérieur à 180 degrés C.
[0009] On obtient de très bon résulats en employant comme solvant un produit hydroxylé ou
polyhydroxylé, seul ou en mélange par exemple :
- le propylène glycol ;
- le triethylène glycol ;
- le butylène glycol ;
- un polyéthylène glycol ;
- un polypropylène glycol.
[0010] D'une manière préférée, on choisira de déposer la solution par un procédé d'héliogravure.
Dans ce cas, on a constaté qu'on obtenait de bons résultats lorsque la viscosité de
la solution était supérieure à 20 centipoises.
[0011] Dans une variante de mise en oeuvre du procédé, on peut effectuer des dépôts de solutions
aromatiques ou modificatrices différentes, ces solutions étant ou non compatibles
entre elles. On peut alors notamment utiliser un procédé d'héliogravure dit en transfert
repéré consistant à déposer sur des surfaces limitées, contiguës ou non ou se recouvrant
éventuellement totalement ou partiellement, successivement deux ou plusieurs solutions.
[0012] L'aromatisation selon l'invention est simple à mettre en oeuvre, économe en matière
première, utilisable pour la fabrication de petites séries de produits ayant des notes
aromatiques différentes. Le transfert de l'arôme sur la matière du produit à fumer
se fait en phase gazeuse. Le fumage révèle des différences sensibles par rapport au
même produit sur lequel on a ajouté le même arôme par les procédés connus de l'art
antérieur (pulvérisation ou trempage à l'aide d'une solution ou d'une émulsion alcoolique
et/ou aqueuse).
[0013] A titre nullement limitatif, on donne ci-après quelques exemples de mise en oeuvre
de l'invention.
Exemple 1
[0014] On prépare 300 g de solution aromatique en solubilisant 40 g de menthol et 30 g de
vanilline dans 230 g d'anéthol.
[0015] La solution obtenue a une viscosité dynamique de 5 centipoises. On ajoute à cette
solution un mélange de 100 g, à poids égal, de deux polyéthylènes glycol de marque
Lutrol, fabriqués par BASF et référencés respectivement E 400 et E 1500.
[0016] On obtient 400 g d'une solution de viscosité égale à 20 centipoises.
[0017] On applique cette solution sur la mousseline d'un combiné aluminium par impression
héliogravure à raison de 3,5 g/m2. Le combiné enduit est immédiatement enroulé sous
forme de bobines prêtes à l'emploi sur machine de paquetage. Après trois mois de stockage
dans un emballage plastique étanche, on a confectionné des paquets avec ce combiné
et des cigarettes fabriquées avec un mélange blond non saucé.
[0018] Après une attente de quinze jours, les paquets ont été ouverts et les cigarettes
remises à un panel de dégustation. Globalement, l'arôme de la fumée a été jugé typé
dans la note anisée avec une saveur sucrée, fraîche et douce.
Exemple 2
[0019] On mélange 300 g d'essence de cannelle dans 100 g de solvants identiques à l'exemple
1. La solution obtenue est déposée par les mêmes moyens sur du papier à cigarette
de 25 g/m2 de grammage à raison de 2 g/m2. Les cigarettes, fabriquées avec ce papier
et un mélange de tabac blond sans sauce, sont soumises quelques jours aprés confection
à un panel de dégustateurs. L'arôme de la fumée est jugé typé dans la note épicée
cannelle avec une saveur douce et sucrée.
Exemple 3
[0020] On mélange 150 g d'oléorésine de café et 150 g d'un arôme café de la Société ARALCO.
Le mélange, qui a une viscosité de plus de 100 centipoises, est ajouté à 100 g de
propylène glycol. On obtient une solution développant 40 centipoises qui est déposée,
à raison de 8 g/m2, par impression héliogravure sur une bande de tabac reconstitué
de 120 m d'épaisseur, destinée à la confection de sous-capes de poupées de cigares.
Bien que la tripe ne soit pas initialement aromatisée, les experts jugent la fumée
de ces produits typée dans la noté café avec une légère amertume aromatique.
1. Procédé destiné à modifier ou à aromatiser la fumée primaire ou secondaire des produits
à fumer, tels que cigarettes, cigares et produits analogues ainsi que le mélange destiné
à être fumé, par exemple dans une pipe ou sous forme d'une cigarette, en appliquant
sur l'enveloppe de ces produits au moins une solution des substances aromatisantes
ou modificatrices qui sont transférées sur le produit en phase vapeur dans l'atmosphère
confinée de l'emballage de ces produits, caractérisé par le fait qu'on utilise, comme
solvant, un produit non volatil à la température ambiante ayant une tension de vapeur
inférieure à celle de la substance aromatique à déposer.
2. Procédé selon la revendication 1 dans lequel le solvant a une tension de vapeur inférieure
à 10⁻¹ mm Hg.
3. Procédé selon la revendication 1 ou 2 dans lequel le solvant a un point d'ébullition
supérieur à 180 degrés C.
4. Procédé selon la revendication 1 dans lequel le solvant est choisi parmi le propylène
glycol, triethylène glycol, butylène glycol, polyéthylène glycol et polypropylène
glycol.
5. Procédé selon la revendication 4 dans lequel le solvant est un mélange desdits produits.
6. Procédé selon l'une des revendication 1 à 5 dans lequel les solutions sont déposées
sur l'enveloppe du produit à fumer par héliogravure.
7. Procédé selon la revendication 5 dans lequel la viscosité des solutions est au moins
égale à 20 centipoises.