[0001] La présente invention concerne un dispositif de correction unidirectionnel d'au moins
un organe d'affichage horaire d'une pièce d'horlogerie, ledit organe d'affichage présentant
un élément circulaire pourvu de dents.
[0002] Des systèmes de correction unidirectionnel d'un organe d'affichage horaire sont connus.
Par exemple, le document EP-B-O 173 230 (US-A-4 634 287) décrit une pièce d'horlogerie
universelle comportant un anneau de quantième et un disque faisant un pas en vingt-quatre
heures. Selon qu'on tourne la tige de mise à l'heure dans un sens ou dans l'autre,
on corrige soit les indications données par l'anneau, soit les indications données
par le disque. Le mécanisme utilisé est un renvoi baladeur qui comporte une denture
et un pignon à trois dents. Si l'on actionne la tige dans un sens, le renvoi se met
dans une première position où la denture est en prise avec le disque. Si l'on actionne
la tige dans le sens opposé, le renvoi se met dans une seconde position où le pignon
est en prise avec l'anneau. Dans une telle construction plusieurs mobiles sont interposés
entre la tige de commande et l'indicateur horaire qu'il faut corriger, ce qui conduit
à une construction relativement compliquée et onéreuse.
[0003] Le document CH-A-607 556 a pour but de supprimer de tels mobiles et de corriger directement
un anneau de quantième à partir d'un pignon coulant coulissant sur la tige de mise
à l'heure. Pour cela, le pignon coulant présente une gorge annulaire dans laquelle
est monté à friction un ressort-fil entourant la gorge sur un peu plus des trois quarts
de sa périphérie. Une extrémité libre du ressortfil dépasse radialement la périphérie
du pignon coulant et sert directement de doigt d'entraînement pour avancer ou reculer
l'anneau de quantième en tournant la tige respectivement dans un sens ou dans l'autre.
Pour intéressante qu'elle soit, cette construction ne conduit pas à la solution que
propose la présente invention, à savoir un dispositif de correction unidirectionnel,
puisque le ressort-fil du document cité agit sur l'anneau de quantième dans les deux
sens de correction. C'est un dispositif bidirectionnel.
[0004] Le document CH-A-290 100 décrit un système de commande unidirectionnel pour le remontage
d'un réveil. Sur l'axe de la tige de remontage sont montées, l'une à la suite de l'autre,
deux douilles de même diamètre sur lesquelles est bobiné un ressort à boudin. L'une
des douilles est solidaire de la tige alors que l'autre est libre sur la même tige.
La douille libre est solidaire d'une roue dentée elle-même solidaire d'un ressort
de barillet. Quand la tige est entraînée en rotation dans un sens, le ressort à boudin
se resserre autour des deux douilles pour les coupler ensemble et remonter ainsi le
ressort de barillet. Quand la tige est entraînée en rotation dans l'autre sens, le
ressort à boudin se desserre et la douille libre n'est pas entraînée. Il s'agit cependant
là d'un système de couplage où le ressort à boudin ne peut agir que s'il enserre deux
éléments (deux douilles) placés l'un à côté de l'autre, ce qui n'a rien de commun
avec la présente invention où le ressort à boudin n'enserre qu'un seul élément (un
pignon coulant) et où ledit ressort présente une extrémité relevée qui entraîne un
second élément (un disque de quantième).
[0005] L'intérêt d'un système de correction unidirectionnel peut être vu dans l'économie
des moyens mis en oeuvre lorsqu'il s'agit de corriger toute une série d'indicateurs
horaires, comme cela est évoqué dans le premier document cité ci-dessus: quand on
tourne la tige dans un sens, on corrige les données d'un indicateur et quand on tourne
la tige dans l'autre sens, on corrige les données d'un autre indicateur. Un autre
intérêt peut être vu tout simplement par la simplification qu'il apporte au mécanisme
d'entraînement horaire de l'indicateur en question. On sait par exemple que ce mécanisme
d'entraînement peut poser des problèmes de bon fonctionnement si l'indicateur horaire
peut être corrigé manuellement dans les deux sens.
[0006] Pour répondre à ces questions et pour éviter les inconvénients cités, le dispositif
de correction unidirectionnel de la présente invention est caractérisé en ce qu'il
comporte un élément cylindrique autour duquel est enroulé avec un léger serrage un
ressort à boudin dont une des extrémités est relevée radialement pour servir de doigt
susceptible d'entrer en contact avec une dent de l'élément circulaire et le faire
tourner quand ledit élément cylindrique est entraîné en rotation dans un sens pour
lequel la force exercée sur le doigt par la dent est dirigée dans une direction tendant
à enrouler le ressort à boudin autour de l'élément cylindrique et à le serrer autour
de lui, ledit élément circulaire restant immobile quand l'élément cylindrique est
entraîné en rotation dans un sens pour lequel la force exercée sur le doigt par la
dent est dirigée dans une direction tendant à ouvrir le ressort à boudin et à le libérer
dudit élément cylindrique.
[0007] L'invention sera expliquée maintenant à l'aide de la description qui suit, donnée
à titre d'exemple, et en s'aidant du dessin qui l'illustre et dans lequel:
- la figure 1 est une vue en plan du dispositif selon l'invention, tige et pignon coulant
étant représentés en position de mise à l'heure des indicateurs d'heure et de minute,
la tige étant disposée en seconde position tirée,
- la figure 2 est une coupe selon la ligne II-II de la figure 1,
- la figure 3 est une coupe selon la ligne II-II de la figure 1 en supposant la tige
et le pignon coulant en position neutre, la tige se trouvant en position poussée,
- la figure 4 est une coupe selon la ligne II-II de la figure 1 en supposant la tige
et le pignon coulant en position de correction de l'indicateur de quantième, la tige
se trouvant en première position tirée,
- la figure 5 est une coupe selon la ligne V-V de la figure 4,
- la figure 6 montre le déplacement du dispositif de la figure 5 dans le sens de la
flèche A,
- la figure 7 montre le déplacement du dispositif de la figure 5 dans le sens de la
flèche B.
[0008] Les figures 1 et 4 montrent un dispositif de correction unidirectionnel 1 apte à
corriger un organe d'affichage horaire présentant un élément circulaire 2 pourvu de
dents 3. Selon l'invention, le dispositif de correction 1 comporte un élément cylindrique
4 autour duquel est enroulé avec un léger serrage, un ressort à boudin 5. Une des
extrémités de ce ressort est relevée radialement pour servir de doigt de commande
6.
[0009] Comme on le voit sur la figure 6, ce doigt 6 est susceptible d'entrer en contact
avec une dent 3 de l'élément circulaire 2 et faire tourner cet élément dans le sens
de la flèche E quand l'élément cylindrique 4 est entraîné en rotation dans le sens
de la flèche A. En effet, la résistance présentée par la dent 3 à l'encontre du doigt
6 développe une force de réaction F1 qui tend à enrouler le ressort à boudin 5 autour
de l'élément cylindrique 4 et à le serrer autour de lui. On peut dire que le ressort
à boudin se vérouille autour de l'élément cylindrique dont il devient solidaire.
[0010] Si l'on considère maintenant la figure 7 et qu'on actionne l'élément cylindrique
4 dans le sens de la flèche B, c'est-à-dire dans le sens opposé à celui considéré
en figure 6, on voit que lorsque le doigt 6 appuie sur la dent 3, la force de réaction
F2 développée sur le doigt 6 a tendance à ouvrir le ressort à boudin 5 et à le libérer
de l'élément cylindrique 4, une telle situation étant symbolisée par l'espace 7 qu'on
a dessiné entre l'élément 4 et le ressort à boudin 5. Le ressort 5 patine alors sur
l'élément 4 et l'élément circulaire 2 reste immobile.
[0011] En conclusion de ce qui vient d'être dit, on a donc réalisé un système unidirectionnel
de correction puisque l'indicateur horaire 2 est avancé si le dispositif 1 est tourné
dans un sens, cet indicateur restant immobile si le dispositif est tourné dans le
sens inverse. Le principe de l'invention est très général et peut être très simplement
vérifié en introduisant sur une tige, un ressort à boudin dont le diamètre intérieur
est très légèrement inférieur au diamètre de la tige et dont une des extrémités est
relevée selon un rayon de la tige pour former un doigt de commande. Le dispositif
peut être mis à profit dans une pièce d'horlogerie notamment pour la correction manuelle
de divers indicateurs horaires. Il est clair cependant qu'il pourrait être utilisé
partout où une commande unidirectionnelle est souhaitée.
[0012] On va maintenant donner un exemple d'application de l'invention à un dispositif de
correction d'un anneau de quantième portant des indications de dates, lesquelles apparaissent
à travers un guichet percé dans un cadran.
[0013] Si l'on se reporte aux figures 1 et 2, on s'aperçoit que l'élément cylindrique 4
autour duquel est enroulé le ressort à boudin 5, est porté par un pignon coulant 8,
coopérant avec une tige de mise à l'heure 9. Le mouvement relatif de la tige 9 par
rapport au pignon coulant 8 est assuré par un mécanisme connu par ailleurs, et comportant
notamment une tirette 10 et une bascule 11. Le pignon coulant comprend une denture
de chant 12 en prise ici avec un renvoi 13, ce dernier engrenant avec une roue de
minuterie 14. La tige 9 est sortie au maximum et occupe une seconde position tirée
qui permet la mise à l'heure des aiguilles d'heure et de minute de la pièce d'horlogerie.
Le doigt 6 du ressort à boudin 5 n'est pas engagé dans la denture 3 de l'élément circulaire
2 qui est ici un anneau de quantième à denture intérieure bien connu de l'état de
l'art.
[0014] La figure 4 montre une tige 9 occupant une première position tirée qui permet la
correction de l'anneau de quantième 2. Pour cela le doigt 6 du ressort à boudin 5
est engagé dans la denture 3 de l'anneau. Cette situation est aussi représentée en
figure 5 qui est une coupe selon la ligne V-V de la figure 4.
[0015] A partir de la situation montrée en figure 5, si l'on tourne le dispositif de correction
1 dans le sens de la flèche A, le dos 15 du doigt 6 viendra heurter la dent 3 sur
son flanc 16 et entraînera ladite dent jusqu'à ce qu'elle atteigne la position illustrée
en figure 6 et cela grâce au principe de serrage du ressort à boudin expliqué plus
haut. A partir de ce moment l'anneau 2 n'aura pas encore progressé d'un pas entier
mais, dans la construction adoptée ici, aura parcouru environ les trois quarts du
chemin. Comme cela apparaît en figure 1 la dent 3 se sera déplacée en 3', le reste
du parcours, de 3' à 3'' étant accompli grâce à la présence d'un sautoir 17.
[0016] De même, à partir de la situation montrée en figure 5, si l'on tourne le dispositif
1 dans le sens de la flèche B, le front 18 du doigt 6 viendra heurter la dent 3 sur
son flanc 19 comme cela est représenté en figure 7. Dans ce cas le ressort 5 s'ouvre
et l'anneau reste immobile comme expliqué plus haut.
[0017] La figure 3 montre la tige 9 en position neutre, poussée. Ici aucune correction ne
s'opère car le doigt 6 n'est pas engagé dans la denture 3 de l'anneau 2 et la denture
12 du pignon coulant 8 n'engrène pas avec le renvoi 13.
[0018] La figure 3 permettra d'expliquer aussi la façon dont est exécuté le pignon coulant
8. Celui-ci est réalisé en deux parties chassées l'une dans l'autre. La première partie
comporte un moyeu 20 dans lequel coulisse un carré 21 terminant la tige 9. La première
partie porte encore un flasque 22 préférablement fait d'une pièce avec le moyeu. La
seconde partie comporte le pignon denté 24 proprement dit portant la denture de chant
12. Ce pignon est prolongé par un col 23 qui forme l'élément cylindrique 4, qui porte
à son tour le ressort à boudin 5. La figure 3 montre que le diamètre extérieur du
col 23 est plus petit que le diamètre du pignon denté 24 et du flasque 22 de sorte
que le ressort à boudin 5 est maintenu en place axialement entre les deux parties
formant le pignon coulant. Cette construction par chassage est surtout intéressante
pour permettre le montage du ressort à boudin 5 qui est glissé sur le col 23 avant
que les deux parties en question soient assemblées.
[0019] Selon une caractéristique de l'invention, le ressort à boudin 5 est enroulé avec
un léger serrage autour de l'élément cylindrique 4. Ce serrage est obtenu en fournissant
un ressort dont le diamètre intérieur est légèrement inférieur au diamètre de l'élément
cylindrique. Dans la construction montrée en exemple à la figure 3, le diamètre extérieur
du col 23 est de 3,6 mm alors que le diamètre du ressort à boudin 5 est de 3,5 mm
avant montage sur le col.
[0020] On notera encore que le couple de verrouillage du ressort à boudin sur l'élément
cylindrique dépend du nombre de spires composant le ressort et, dans une certaine
mesure, du diamètre du fil utilisé pour confectionner le ressort. Un ressort réalisé
avec du fil de 0,15 mm et comportant trois spires a donné d'excellents résultats.
[0021] Le dispositif de correction selon l'invention agissant de manière unidirectionnelle,
il est possible de concevoir un dispositif double qui, pour une position tirée de
la tige, corrige deux indicateurs horaires différents indiquant par exemple, l'un
le quantième et l'autre le jour de la semaine et cela suivant le sens de rotation
de la tige. Il suffit pour cela de disposer de deux ressorts à boudin, l'un enroulé
dans un sens et corrigeant le quantième et l'autre enroulé dans l'autre sens et corrigeant
le jour de la semaine.
1. Dispositif de correction unidirectionnel (1) d'au moins un organe d'affichage horaire
d'une pièce d'horlogerie, ledit organe d'affichage présentant un élément circulaire
(2) pourvu de dents (3), caractérisé par le fait que ledit dispositif de correction
comporte un élément cylindrique (4) autour duquel est enroulé avec un léger serrage
un ressort à boudin (5) dont une des extrémités est relevée radialement pour servir
de doigt (6) susceptible d'entrer en contact avec une dent de l'élément circulaire
et le faire tourner quand ledit élément cylindrique est entraîné en rotation dans
un sens (A) pour lequel la force (F1) exercée sur le doigt par la dent est dirigée
dans une direction tendant à enrouler le ressort à boudin autour de l'élément cylindrique
et à le serrer autour de lui, ledit élément circulaire restant immobile quand l'élément
cylindrique est entraîné en rotation dans un sens (B) pour lequel la force (F2) exercée
sur le doigt par la dent est dirigée dans une direction tendant à ouvrir le ressort
à boudin et à le libérer dudit élément cylindrique.
2. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé par le fait que l'élément cylindrique
est porté par un pignon coulant (8) coopérant avec une tige de mise à l'heure (9),
le mouvement relatif de la tige par rapport au pignon coulant étant assuré par un
mécanisme comportant notamment une tirette (10) et une bascule (11).
3. Dispositif selon la revendication 2, caractérisé par le fait que la tige (9) peut
être positionnée axialement au moins dans une position tirée par rapport à une position
de repos poussée, la position tirée engageant le doigt (6) du ressort à boudin (5)
dans la denture (3) de l'élément circulaire.
4. Dispositif selon la revendication 2, caractérisé par le fait que le pignon coulant
(8) est réalisé en deux parties chassées l'une dans l'autre, la première partie comportant
un moyeu (20) dans lequel coulisse la tige (9) et un flasque (22) fait d'une pièce
avec le moyeu, la seconde partie comportant le pignon denté proprement dit (24) prolongé
par un col (23) formant ledit élément cylindrique, le diamètre extérieur dudit col
étant plus petit que le diamètre dudit pignon denté et dudit flasque pour permettre
le montage dudit ressort à boudin (5) et le maintenir axialement en place quand lesdites
deux parties sont chassées l'une dans l'autre.
5. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé par le fait que l'élément circulaire
(2) est un anneau pourvu d'une denture intérieure (3) sur laquelle agit ledit doigt
(6), ledit anneau portant des indications de dates visibles à travers un guichet.
6. Dispositif selon la revendication 5, caractérisé par le fait qu'un sautoir (17) coopère
avec ladite denture intérieure (3) pour achever la rotation de l'anneau (2) une fois
que la dent sur laquelle agit le doigt n'est plus entraîné par ledit doigt.
7. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé par le fait que le ressort à boudin
(5) compte au moins trois spires.