[0001] La présente invention a pour objet un scellé infalsifiable destiné notamment aux
conteneurs de tous types, tels que wagons, remorques, citernes, conteneurs maritimes
ou analogues.
[0002] On connaît déjà des scellés, tels celui décrit dans la demande de brevet français
88/05781, constitués d'une pièce mâle s'encliquetant dans une pièce femelle, la solidarisation
de ces deux pièces réalisées en métal étant assurée par un ressort en U solidaire
de l'extrémité de la pièce mâle dont les branches, après l'introduction dans la pièce
femelle, se déploient dans une cavité intérieure ménagée dans cette dernière.
[0003] Ce type de scellé présente toutefois l'inconvénient de ne pas être totalement infalsifiable
: il est en effet possible, avant que la pièce mâle soit introduite dans la pièce
femelle, d'en couper l'extrémité servant à l'encliquetage puis de resolidariser les
morceaux au moyen de colle, enfin d'assembler pièce mâle et pièce femelle en donnant
l'illusion d'un scellé inviolé, la reconstitution au moyen de colle n'étant pas visible
du fait de l'opacité de la pièce femelle. Il suffit ensuite de décoller puis de recoller
les morceaux au gré d'intrusions dans le conteneur apparemment protégé.
[0004] On connaît également d'autres scellés infalsifiables, tels ceux décrits dans la demande
de brevet français 89/11947 et son certificat d'addition 90/00772, au nom du demandeur.
Ces scellés sont constitués d'un bloc de matière plastique transparente dans lequel
est noyée l'extrémité d'un câble en acier, l'autre extrémité comportant un moyen de
fixation de type harpon que l'on introduit dans un orifice de forme adaptée pratiqué
dans ledit bloc.
[0005] Une effraction par extraction du câble hors du bloc a pour conséquence la détérioration
des moyens de maintien de l'extrémité du câble dans le bloc, et cette détérioration
est visible de l'extérieur du fait de la transparence de la matière employée pour
réaliser ledit bloc.
[0006] Ces scellés, qui sont réellement infalsifiables, présentent néanmoins l'inconvénient
d'être d'un coût de fabrication relativement élevé.
[0007] La présente invention permet de remédier à cet inconvénient en proposant un scellé
infalsifiable d'un coût de fabrication moindre.
[0008] Le scellé objet de la présente invention comporte deux parties, une partie mâle et
une partie femelle.
[0009] La partie mâle du scellé selon l'invention est constituée d'une tige dont l'une des
extrémités est en forme de harpon et dont l'autre présente un moyen de blocage. Cette
tige est réalisée en une matière plastique qui présente la particularité de ne pas
pouvoir être recollée après sectionnement, telle qu'un polypropylène.
[0010] La partie femelle du scellé selon l'invention est un bloc de matière plastique transparente
dans lequel est pratiqué un orifice prolongé par une cavité apte à recevoir et à maintenir
l'extrémité en forme de harpon de la partie mâle et à l'empêcher d'en sortir autrement
qu'en détériorant ladite partie en forme de harpon ou en cassant la tige.
[0011] Conformément à l'invention, ladite tige n'est pas de section ronde, mais comporte
un méplat et la cavité du bloc femelle est de même section, de manière que ladite
tige ne puisse être introduite dans ledit bloc femelle que d'une seule façon et qu'elle
ne puisse y tourner, ce qui empêche son extraction.
[0012] Le méplat de la tige peut avantageusement être utilisé comme support d'un numéro
qui peut être reporté sur le bloc femelle, interdisant toute falsification, le numéro
du bloc femelle devant correspondre à celui lu par transparence sur la tige.
[0013] Le numéro inscrit sur le bloc femelle peut l'être par marquage à chaud à l'intérieur,
ce qui lui confère l'avantage d'être inaccessible, donc infalsifiable.
[0014] Le scellé selon l'invention permet de relier par exemple les deux portes d'un container
comportant chacune une patte percée d'un orifice, les deux pattes et les deux orifices
étant disposés en regard : la tige mâle est introduite dans ces deux orifices et son
extrémité est enfoncée dans le-bloc femelle, en sorte que la tige mâle ne peut être
extraite desdits orifices desdites pattes, étant bloquée d'un côté par le bloc femelle
et de l'autre par le moyen de blocage, qui peut être constitué d'un renflement d'extrémité
qui sert de butée.
[0015] Le prix de revient d'un tel scellé est inférieur à celui des scellés connus, puisqu'il
ne nécessite que la fabrication par moulage du bloc femelle d'une part et de la tige
mâle d'autre part. Il n'est donc pas nécessaire de réaliser des opérations d'usinage
et de sertissage, comme c'est le cas pour les scellés connus.
[0016] Les avantages et les caractéristiques de la présente invention ressortiront plus
clairement de la description qui suit et qui se rapporte au dessin annexé, lequel
en représente quelques modes de réalisation non limitatifs.
[0017] Dans le dessin annexé :
- la figure 1 représente une vue en plan des deux parties d'un scellé selon l'invention,
avant solidarisation.
- la figure 2 représente une vue en plan d'une variante de réalisation du scellé selon
l'invention.
- la figure 3 représente une vue en plan d'une autre variante de réalisation du scellé
selon l'invention.
- la figure 4 représente une vue en plan d'une autre variante de réalisation du scellé
selon l'invention, positionné sur un support de scellé représenté partiellement.
[0018] Si on se réfère d'abord à la figure 1 on peut voir que le scellé 1 selon l'invention
comporte une partie femelle 2 et une partie mâle 3.
[0019] La partie mâle 3 est constituée d'une tige 30 en matière plastique présentant à une
extrémité un renflement 31 et à l'autre extrémité 32 deux ailettes 33 et 34 en forme
de harpon. Ces ailettes 33 et 34 sont suffisamment souples pour pouvoir, sous l'effet
d'une pression bilatérale, se rabattre dans des logements, respectivement 33′ et 34′,
constitués par un amincissement de la tige 30, de manière à adopter le gabarit de
cette dernière sur le reste de sa longueur. Par contre ces ailettes 33 et 34 sont
cassables à l'écartement.
[0020] La pièce femelle 2 est constituée d'un bloc parallélépipédique 20 en matière plastique
transparente dans une face duquel est pratiquée une ouverture 21 prolongée par une
cavité 22 aux dimensions de la tige 30, et dont la partie extrême 23 présente une
forme adaptée à loger l'extrémité 32 en forme de harpon de la tige 30, présentant
à cet effet deux bords 24 et 25 en regard, sensiblement perpendiculaires à l'axe de
la cavité tubulaire 22.
[0021] Ainsi lorsque la tige 30 est introduite dans la cavité 22 par son extrémité 32, les
ailettes 33 et 34 se replient dans les logements 33′ et 34′ pour se déployer dans
l'extrémité 23, venant en appui sur les bords 24 et 25 en cas de tentative de retrait
de la tige 30, et se détériorant de façon visible si l'on poursuit ladite tentative
de retrait.
[0022] Le scellé comporte un second moyen de visualisation d'une tentative d'effraction,
constitué d'une part par deux ergots 26′ et 27′ disposés dans deux chambres 26 et
27 en regard situées sensiblement au milieu de la cavité 22, les ergots 26′, 27′ se
prolongeant jusque dans la cavité 22, et d'autre part par une entaille périphérique
35 pratiquée dans la tige 30 à une distance de son extrémité 32 telle que, lorsque
la tige 30 est introduite dans la cavité 22, les extrémités des ergots 26′ et 27′
se positionnent dans l'entaille périphérique 35, une tentative de retrait de la tige
30 du bloc 20 ayant pour conséquence la détérioration, également visible, des ergots
26′ et 27′.
[0023] Le bloc 20 comporte un emplacement 28 sur lequel peut être apposé un numéro, et la
tige 30 comporte un méplat 36 sur lequel peut être apposé le même numéro, ce méplat
36 étant visible par transparence lorsque la tige 30 est introduite dans la cavité
22.
[0024] Le méplat 36 a une autre fonction, celle d'empêcher la tige 30 de tourner dans la
cavité 22, laquelle n'est pas de section ronde mais comporte également un méplat (non
visible sur la figure).
[0025] Un élargissement 29 non anguleux est également pratiqué dans la cavité 22 entre les
logements 26 et 27 et l'ouverture 21, en vue de permettre la solidarisation provisoire
de la pièce mâle 3 et de la pièce femelle 2, par introduction partielle de l'extrémité
21 de la tige 30 dans la cavité 22, les ailettes 33 et 34 se déployant alors dans
l'élargissement 29.
[0026] La tige 30 est ainsi provisoirement bloquée dans le bloc 20, mais peut en être extraite,
du fait que l'élargissement 29 est arrondi, les ailettes 33 et 34 pouvant rentrer
dans les logements 33′ et 34′ lors de l'extraction.
[0027] La pièce mâle 3 et la pièce femelle 2 qui portent le même numéro peuvent être appairées
et conditionnées de cette façon.
[0028] Si on se réfère maintenant à la figure 2 on peut voir que dans un autre mode de réalisation
du scellé selon l'invention, la pièce femelle 2 comporte deux ouvertures 210 et 211,
pratiquées dans deux côtés opposés d'un bloc parallélépipédique 200 et de façon décalée,
chacune de ces ouvertures 210 et 211 étant prolongée par une cavité, respectivement
220 et 221, semblable à la cavité 22 du bloc 20 décrit précédemment.
[0029] La partie mâle 3 est constituée de deux tiges 300 et 301 semblables à la tige 30
et qui s'assemblent au bloc 200 de la même manière que la tige 30 au bloc 20.
[0030] Cet autre mode de réalisation du scellé selon l'invention permet notamment de sceller
les portes d'un container munies d'un support de scellé tel que celui décrit dans
la demande de brevet français 91/05438 au nom du demandeur.
[0031] Si on se réfère à la figure 3 on peut voir que la pièce femelle 2 peut comporter
deux ouvertures 212 et 213, pratiquées côte-à-côte sur un même côté d'un bloc 201
et ouvrant chacune sur une cavité, respectivement 222 et 223, tandis que la pièce
mâle 3 est constituée d'un câble 5 à chaque extrémité duquel est solidarisée une pièce
50 semblable à la partie antérieure de la tige 30 de la figure 1. Ce câble 5, qui
est de relativement grande longueur, permet notamment de sceller les portes d'un container
ou d'un semi-remorque en le faisant passer successivement dans plusieurs orifices
avant d'en introduire les extrémités dans le bloc 201.
[0032] Si on se réfère maintenant à la figure 4 on peut voir un support de scellé 6 tel
que celui décrit dans la demande de brevet français 91/05438, comportant d'une part
deux pattes 60 et 61 disposées parallèlement l'une par rapport à l'autre et solidarisées
à la traverse arrière basse 66 d'un conteneur ou d'une remorque, chacune étant percée
de deux orifices, respectivement 600, 601 et 610, 611, et comportant d'autre part
un fer plat 62 solidarisé à un battant 63 du contenant à sceller et un fer plat 64
solidarisé à l'autre battant 65, ces fers plats comportant chacun deux orifices, respectivement
620, 621 et 640, 641. Lorsque les battants sont fermés le fer plat 62, respectivement
64 est parallèle à la patte 60, respectivement 61, et les orifices 620, 621, 640 et
641 sont en regard respectivement des orifices 600, 601, 610 et 611.
[0033] Le scellé permettant de réunir les deux pattes 60 et 61 est constitué de l'association
du bloc 200 représenté à la figure 2 avec la pièce mâle 3, représentée à la figure
3.
[0034] Le bloc 200 est placé entre les deux pattes 60 et 61, l'ouverture 210 étant en regard
de l'orifice 600, et l'ouverture 211 en regard de l'orifice 611.
[0035] L'extrémité 50 du câble 5 est introduite successivement dans les orifices 620 et
600 puis dans l'ouverture 210 pour être bloquée dans la cavité 220. L'autre extrémité
50 du câble 5 est introduite successivement dans les orifices 621, 601, 610, 640,
641, 611 et enfin bloquée dans la cavité 221.
[0036] Ainsi le scellé est protégé d'une part par les pattes 60 et 61 et d'autre-part par
le câble 5 qui plaque le bloc 200 contre le container, le câble 5 étant de longueur
adéquate.
[0037] Dans ce mode de réalisation il n'est pas nécessaire que le câble 5 comporte deux
extrémités 50 et 51 encliquetables dans le bloc femelle 200, l'une des deux pouvant
être sertie d'origine dans ledit bloc femelle.
[0038] Il va de soi que la présente invention ne saurait être limitée à la description qui
précède et qui est susceptible de subir un certain nombre de modifications sans pour
autant sortir du cadre de l'invention.
1) Scellé infalsifiable destiné notamment aux conteneurs de tous types, tels que wagons,
remorques, citernes, conteneurs maritimes ou analogues, du type comprenant un bloc
en matière transparente dans lequel est pratiquée une cavité apte à recevoir une pièce
en forme de harpon, dont le retrait entraine sa détérioration, caractérisé en ce qu'il
comporte une partie mâle (3) et une partie femelle (2), la partie mâle (3) étant constituée
d'une tige (30) réalisée en une matière plastique non recollable après sectionnement,
présentant à l'une de ses extrémités un moyen de blocage (31), et à l'autre (32) deux
ailettes (33, 34) en forme de harpon, souples à la compression et cassables à l'écartement,
la partie femelle (2) étant constituée d'un bloc (20) en matière plastique transparente
dans lequel est pratiquée une cavité tubulaire (22) dont l'extrémité (23) est de forme
adaptée à recevoir l'extrémité (32) de la pièce mâle (3) de manière que les ailettes
(33, 34) de celle-ci puissent s'y déployer en interdisant le retrait de ladite tige
(30) sauf à détériorer lesdites ailettes (33, 34).
2) Scellé selon la revendication 1 caractérisé en ce que la tige (30) comporte un méplat
(36), sur lequel peut être apposé un numéro d'identification identique à celui apposé
dans le bloc (20), ledit méplat (36) étant positionné sur la partie de la tige (30)
s'introduisant dans la partie femelle (2).
3) Scellé selon la revendication 1 ou la revendication 2, caractérisé en ce que la cavité
tubulaire (22) comporte à proximité de son embouchure (21) un espace (29) aux parois
arrondies permettant le déploiement des ailettes (33, 34) de l'extrémité (32) de la
tige (30) lorsque celle-ci y est introduite partiellement, autorisant une solidarisation
provisoire de la pièce mâle (3) à la pièce femelle (2).
4) Scellé selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que le
moyen de blocage (31) de la tige (30) consiste en un renflement.
5) Scellé selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que la
partie femelle (2) est constituée d'un bloc (200) comportant deux ouvertures (210,
211) pratiquées dans deux faces opposées et ouvrant chacune sur une cavité tubulaire
(220, 221) apte à recevoir l'une des deux tiges (300,301) constituant la partie mâle
(3).
6) Scellé selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que la
partie femelle (3) est constituée d'un bloc (201) comportant deux ouvertures (212,
213) pratiquées dans une même face dudit bloc (201), et ouvrant chacune sur une cavité
tubulaire (222, 223) dans chacune desquelles peut être introduite l'une des extrémités
d'un câble (5) comprenant chacune une tige (500) semblable à la partie antérieure
de la tige (30).