DOMAINE TECHNIQUE
[0001] La présente invention concerne les turbomachines et plus particulièrement les turboréacteurs
d'avion à double flux qui sont équipés de vannes de décharge.
ART ANTERIEUR ET PROBLEMES POSES
[0002] En référence à la figure 1, de façon classique, de tels turboréacteurs comportent
en amont dans le flux primaire, c'est-à-dire dans le canal interne 2, un compresseur
axial basse pression 3 amenant de l'air comprimé à une chambre de combustion 8 dans
laquelle l'air est mélangé à du carburant sous pression. Ce mélange est brûlé pour
donner en aval de la chambre 8 de l'énergie à une turbine axiale qui entraîne le compresseur
haute pression 4 et dont les gaz en sortie fournissent la poussée utile à la propulsion
de l'avion. De tels turboréacteurs ont une configuration totalement axiale. Ils absorbent
par leur entrée frontale non seulement l'air nécessaire à leur fonctionnement, mais
également, selon les conditions climatologiques, du sable, de l'eau, ces éléments
constituant plutôt une gêne pour le fonctionnement du turboréacteur.
[0003] C'est notamment le cas lorsque l'avion affronte un orage ou traverse un nuage dense
et de gros volume tel qu'un cumulus ou un cumulo-numbus. Des quantités importantes
d'eau sous forme de pluie ou de grêle pénètrent alors dans le compresseur. Si le moteur
est en régime de plein gaz, l'eau se trouve vaporisée immédiatement. Si elle pénètre
jusqu'à la chambre de combustion elle s'y trouve à l'état de vapeur suffisamment chaude
et est pulvérisée. Elle ne cause pas l'extinction de la chambre de combustion qui
est alors alimentée par un débit important de carburant. Par contre, ce n'est pas
le cas lorsque l'avion est en descente, par exemple lors d'une phase d'approche avant
atterrissage. En effet, dans ce cas le turboréacteur est au régime du ralenti, ce
qui entraîne un taux de compression et un débit de carburant faible. Si un débit d'eau
important ou des morceaux de glace atteignent alors la chambre de combustion, ils
peuvent provoquer l'extinction des brûleurs. On ajoute que les bougies d'allumage,
lorsqu'elles sont mouillées sont inopérantes lorsque l'extinction du moteur se produit.
Si le pilote n'est pas à même de quitter la zone de pluie critique, le ou les moteurs
peuvent alors être totalement arrêtés, avec les risques que cela comporte. Il s'agit
du mode commun d'extinction de tous les moteurs.
[0004] Afin d'éviter de tels ennuis, qui peuvent s'avérer catastrophiques, on sait éliminer
l'eau qui est entrée dans la chambre de combustion afin d'en éviter l'extinction.
On utilise à cet effet des vannes de décharge 1 qui ouvrent le canal interne 2 sur
le canal externe 6. Ces vannes sont placées entre le compresseur amont 3 et le compresseur
arrière 4. Comme le montre la flèche référencée 5, une partie du flux rentré dans
le compresseur amont 3 est dévié vers le canal externe 6. En conséquence, la masse
d'eau ou de glace susceptible de venir perturber sérieusement le fonctionnement du
turboréacteur est déviée.
[0005] Ces vannes de décharge 1 sont prévues à l'origine pour éviter le phénomène de "pompage"
du compresseur basse pression 3, lorsqu'on est obligé d'y faire passer un débit supérieur
à celui que pourra accepter le compresseur haute pression 4, situé en aval.
[0006] En référence à la figure 2, le fonctionnement habituel des vannes de décharge suit
la courbe représentée en traits forts sur cette figure. En abscisse est porté le régime
du moteur, en ordonnée est portée l'ouverture des vannes. Comme on le constate par
la courbe en trait fort, au démarrage du moteur, les vannes sont en position quasiment
ouverte. La loi de fermeture des vannes suit la courbe qui décroît d'une manière relativement
régulière, tout en faisant un palier juste avant le point repéré C. La courbe tangente
la ligne de fermeture des vannes au point D qui correspond à un régime de plein gaz.
[0007] Ce fonctionnement est mis en oeuvre sur les vannes de décharge par des moyens de
commande et des moyens de régulation hydromécaniques préprogrammés pour commander
l'ouverture et la fermeture des vannes selon cette courbe déterminée.
[0008] Le but de l'invention est de modifier la loi de fonctionnement de l'ouverture et
de la fermeture des vannes sans changer les équipements existant déjà sur les turboréacteurs,
notamment en ce qui concerne la commande de ces vannes de décharge. Cette modification
de la loi permettra une ouverture prolongée et plus conséquente des vannes de décharge
tant que le moteur n'a pas atteint un régime suffisant prédéterminé. Cette modification
théorique est représentée sur la figure 2 par la courbe en trait mixte allant du point
A au point D en passant par B et C lors d'un fonctionnement à régime croissant. Réciproquement,
l'objet même du brevet est de faire que sur réduction de régime dans des conditions
de forte humidité, les vannes de décharge passent très rapidement du point C au point
B pour éviter tout risque d'extinction du réacteur.
RESUME DE L'INVENTION
[0009] L'objet principal de l'invention est, à cet effet, un dispositif de commande de l'ouverture
et de la fermeture des vannes de décharge dans un turboréacteur à double flux, par
des moyens moteur, des moyens de commande et un système de régulation pour actionner
les vannes selon une courbe de fonctionnement déterminée, et comprenant un renvoi
à leviers relié d'une part à une vanne et d'autre part à un câble de retour relié
lui-même au système de régulation des moyens de commande.
[0010] Selon l'invention, on prévoit des moyens pour supprimer l'action du câble de retour,
tant que les vannes ont une ouverture supérieure à une valeur déterminée, pour que
les moyens de commande n'actionnent pas ces vannes selon ladite courbe, tant qu'elles
sont ouvertes au-dessus de la valeur déterminée.
[0011] Dans une réalisation principale de l'invention, le câble de retour est solidaire
d'un levier pour commander ce câble de retour et sur lequel est en appui temporaire
une patte d'entraînement dont le déplacement vis-à-vis du levier est proportionnel
aux mouvements d'ouverture et de fermeture des vannes.
[0012] Dans ce cas, le renvoi à leviers comprend au préalable une tringle fixée d'une part
à la vanne et d'autre part à l'extrémité d'une manivelle montée tournante autour d'un
axe de rotation, cette manivelle est solidaire en rotation de la patte d'entraînement
qui pivote autour de l'axe pour décrire un arc de cercle et entraîner le câble de
retour en s'appuyant sur le levier.
[0013] De préférence, le levier est monté libre en rotation autour de l'axe et la tête est
montée libre en rotation dans une articulation de l'extrémité du câble de retour.
[0014] Pour compléter ce dispositif, puisque le câble de retour est constamment soumis à
une force de rappel, la levier peut être équipé d'un crochet dont l'extrémité vient
en appui sur une butée de câble, réglable en translation et dont la position détermine
ladite valeur déterminée d'ouverture des vannes, ce qui permet un réglage de l'ouverture
des vannes à faible régime.
LISTE DES FIGURES
[0015] L'invention et ses caractéristiques techniques seront mieux comprises à la lecture
de la description qui suit, accompagnée de plusieurs figures représentant respectivement
:
- figure 1, déjà décrite, la localisation des vannes de décharge dans un turboréacteur
à double flux ;
- figure 2, les deux lois de fonctionnement des vannes de décharge selon l'art antérieur
et selon l'invention ;
- figure 3, le dispositif selon l'invention par rapport à l'ouverture d'une vanne de
décharge ;
- figure 4, le dispositif selon l'invention en détail ;
- figures 5A, 5B et 5C, trois positions de fonctionnement du dispositif selon l'invention.
DESCRIPTION DETAILLEE D'UNE REALISATION DE L'INVENTION
[0016] Pendant le démarrage du turboréacteur, jusqu'à un point de fonctionnement de ce dernier
qui peut être réglable, l'ouverture des vannes est maximale. Ceci correspond au segment
horizontal A-B de la courbe de la figure 2. Les points B et C ont une abscisse correspondant
au point de fonctionnement du turboréacteur à partir duquel l'ouverture des vannes
peut être décidée. Ce point de fonctionnement réglable peut être par exemple de 40
% du régime de rotation maximal du corps basse pression du turboréacteur. Bien entendu
d'autres valeurs pourraient être choisies.
[0017] Le deuxième segment B-C vertical de cette courbe symbolise donc le début de la fermeture
des vannes pendant que le moteur tourne à un régime constant. Le point C symbolise
une ouverture des vannes qui est la même que pour la loi de fermeture traditionnelle
et pour le même point de fonctionnement déterminé. A partir de ce point C, les vannes
peuvent reprendre le cycle de fermeture de l'ancienne loi. Cette dernière partie est
symbolisée par la partie C-D de la courbe mixte commune avec la courbe représentant
la loi traditionnelle de fermeture selon l'art antérieur.
[0018] On comprend que, lors de la traversée de nuages denses ou de grêle par l'avion, une
quantité supplémentaire d'eau sera dégagée vers le flux secondaire, si le régime du
turboréacteur est inférieur au régime symbolisé par les points B et C. Cette quantité
supplémentaire d'eau évacuée correspond à la superficie de la surface comprise entre
la courbe de l'art antérieur et les trois points A, B, et C. La marge d'extinction
de la chambre de combustion est donc augmentée.
[0019] La figure 3 représente d'une part en bas de la figure une vanne de décharge 1, telle
qu'elle a été décrite sur la figure 1 et, en haut de la figure le dispositif de commande
selon l'invention.
[0020] La vanne de décharge 1 a été représentée ouverte, de manière à laisser passer une
certaine partie 5 du flux du canal primaire 2 vers le canal secondaire 3. Les moyens
de commande 30 sont reliés au dispositif de commande par un tracé en trait fort et
mixte symbolisant une tringle 14 dont les deux extrémités sont représentées. Ces moyens
de commande 30 pilotent un dispositif d'actionnement 7 de la vanne de décharge 1 par
l'intermédiaire de moyens moteur 40. Les mouvements du dispositif d'actionnement 7
de la vanne provoquent simultanément le déplacement en translation horizontale de
la tringle 14. Celle-ci entraîne de manière connue une manivelle 15, 18 en rotation
autour d'un axe 20. La deuxième partie 18 de la manivelle est reliée par une articulation
à l'extrémité d'un câble de retour 10. Ce dernier est relié au moyen de régulation
du système de commande des vannes de décharge 1. Son rôle est de signaler la position
d'ouverture réelle des vannes de décharge 1. En effet, il est commandé par une partie
d'une vanne de décharge 1 par l'intermédiaire de la tringle 14. Il constitue donc
un élément de la boucle d'asservissement de la commande des vannes de décharge 1.
[0021] Le dispositif de commande selon l'invention est principalement constitué d'un renvoi
de leviers comprenant des pièces intervenant au niveau de la transmission de ce mouvement
de retour entre la tringle 14 et le câble de retour 10. Le principe consiste à interrompre
le mouvement de translation du câble de retour 10 tant que les vannes sont ouvertes,
c'est-à-dire dans la zone correspondant au trajet A à C de la courbe de la figure
2. Il s'agit donc d'immobiliser le câble de retour 10. A cet effet, des éléments principaux
de la réalisation décrite sont constitués par une patte d'entraînement 22 solidaire
de la manivelle 15, 18, d'un levier 19 solidaire de la tête du câble de retour 10
et d'une butée de câble 17 immobilisant le câble de retour 10 pendant la période de
grande ouverture des vannes de décharge 1. Le fonctionnement du dispositif sera décrit
en détail en regard de la figure 4. Néanmoins, on peut résumer ce dernier en signalant
que le câble de retour 10 est immobilisé en translation par !a butée de câble 17 quelle
que soit la position de la manivelle 15, 18 au début de l'ouverture, tant que la patte
d'entraînement 22 n'est pas en contact avec le levier 19 solidaire du câble de retour
10. Par la suite, la rotation de la manivelle 15, 18 entraîne le câble en translation.
[0022] En référence à la figure 4, la position d'ouverture complète des vannes correspondant
aux points A et B de la courbe de la figure 2 est repérée par les mêmes lettres A
et B. La tringle 14 est rentrée sur la droite. La manivelle constituée d'un premier
levier 15 et d'un deuxième levier de commande 18, solidaires entre eux autour d'un
axe de rotation 20, est orientée vers le bas, l'extrémité du levier 15 étant tirée
par la tringle 14. Dans cette position, on constate que le deuxième levier 18 n'est
pas en contact en rotation avec le levier 19 solidaire du câble de retour 10. Ce levier
19 est en fait, dans la réalisation décrite ici, monté libre en rotation autour de
l'axe horizontal 20 et autour de la tête d'articulation 26 du câble de retour 10.
En effet, celui-ci est maintenu à une hauteur suffisante par une butée de câble réglable
23 qui est fixe par rapport à tout le dispositif et qui maintient ce levier 19 à une
hauteur déterminée au moyen d'un crochet 21 solidaire de ce levier 19. Le crochet
21 vient en effet par son extrémité prendre appui sur la butée 23. Le câble de retour
10 est ainsi maintenu à une hauteur désirée. Ceci signifie que tant que la manivelle
15, 18 n'a pas pris une orientation angulaire vers la gauche suffisante pour entraîner
en rotation le levier 19 par son appui d'entraînement 22, le câble de retour est immobilisé
dans la position définie par la butée de câble 23.
[0023] Comme le montrent les figures 5A et 5B, lorsqu'il s'agit de commencer la fermeture
des vannes de décharge, c'est-à-dire de procéder à une phase correspondant aux segments
B, C de la figure 2, la tringle 14 pousse le levier 15 de la manivelle. L'orientation
de celle-ci change jusqu'au moment où la patte d'entraînement 22 solidaire du deuxième
levier 18 vient au contact du levier 19. On se trouve alors au point C de la figure
2. La figure 5A correspond à la position de vanne ouverte et la figure 5B correspond
audit point C de commutation.
[0024] A partir de cet instant, et en référence aux figures 5B et 5C, la fermeture des vannes
conduit la tringle 14 à continuer sa translation vers la gauche comme l'indique la
flèche et à entraîner en rotation le levier 19 autour de l'axe 20. Le crochet 21 qui
lui est solidaire se décolle de la butée 23 et le câble de retour est entraîné vers
le haut. Cette opération correspond au dernier segment C, D de la figure 2 et le câble
de retour 10 a le même rôle que dans le cas de l'art antérieur. La figure 5C correspond
à la position de vanne fermée ou point D de la figure 2.
[0025] On constate ainsi qu'il est possible de modifier le système d'asservissement existant
déjà dans l'art antérieur (la tringle 14, la manivelle 15, 18 et le câble de retour
10) en ajoutant simplement quelques modifications. Elles sont constituées par l'ajout
de l'appui d'entraînement 22 du levier 19 et de son crochet 21 et de la butée de câble
23.
[0026] Il est également avantageux de pouvoir régler le point C de la figure 2 à partir
duquel, lors d'une fermeture des vannes de décharge, le câble de retour 10 reprend
son rôle initial. Ce réglage peut être obtenu en rendant réglable la position de la
butée de câble 23. Dans ce but, elle est fixée à un support 17 qui est monté coulissant
le long d'un bâti du turboréacteur 27 et dont la position est réglable grâce à une
vis de réglage 25.
[0027] Bien entendu, la forme et l'agencement des différents éléments décrits sur cette
figure et collaborant au fait que l'action du câble retour 10 est interrompue lorsque
les vannes sont en position ouverte, ne sont qu'un exemple de réalisation. Le concept
inventif de l'invention réside dans le fait d'immobiliser le câble de retour 10 dans
une position déterminée, lorsque les vannes de décharge sont en position ouverte.
La réalisation décrite par cette figure 4 n'est qu'un exemple de réalisation adapté
à certains turboréacteurs existant déjà et utilisant une boucle d'asservissement mise
en oeuvre par une tringle 14 et un câble de retour 10.
[0028] L'avantage principal recherché et obtenu avec le dispositif de commande selon l'invention
est d'améliorer les conditions de fonctionnement du moteur en atmosphère humide (traversée
de gros orages, grêle, neige) et surtout d'éviter les extinctions de la chambre de
combustion qui entraînent l'arrêt du moteur.
1. Dispositif de commande de l'ouverture et de la fermeture de vannes de décharge (1)
dans un turboréacteur à double flux par des moyens moteur (40) et des moyens de commande
et de régulation (30) pour actionner les vannes (1) selon une courbe déterminée, comprenant
un renvoi à leviers relié d'une part à une vanne (1) et d'autre part à un câble de
retour (10) relié lui-même aux moyens de commande et de régulation (30), caractérisé
en ce qu'il comprend des moyens pour supprimer l'action du câble de retour (10), tant
que les vannes (1) ont une ouverture supérieure à une valeur déterminée, pour que
les moyens de commande et de régulation (30) n'actionnent pas les vannes (1) selon
ladite courbe déterminée tant que les vannes (1) sont ouvertes au-dessus de ladite
valeur.
2. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que, dans le renvoi à leviers,
le câble de retour (10) est solidaire d'un levier (19) pour commander le câble de
retour (10) et sur lequel est en appui temporaire une patte d'entraînement (22) dont
le déplacement vis-à-vis du levier (19) est proportionnel aux mouvements d'ouverture
et de fermeture des vannes (1), une butée de câble (23) étant prévue pour empêcher
le câble de retour (10) d'être constamment en appui sur la patte d'entraînement (22).
3. Dispositif selon la revendication 2, dans lequel le renvoi à leviers comprend en outre
une tringle (14) fixée d'une part à la vanne (1) et d'autre part à l'extrémité d'une
manivelle (15, 18), montée tournante autour d'un axe (20), caractérisé en ce que la
patte d'entraînement (22) est solidaire en rotation de la manivelle (15, 18) qui pivote
autour de l'axe (20) décrit un arc de cercle et entraîne le câble de retour (10) en
s'appuyant sur le levier (19).
4. Dispositif selon la revendication 3, caractérisé en ce que le levier (19) est monté
libre en rotation autour de l'axe (20) et dont la tête est montée libre en rotation
dans une articulation (26) de l'extrémité du câble de retour (10).
5. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 2 à 4, le câble de retour (10)
étant constamment soumis à une force de rappel, caractérisé en ce que le levier est
équipé d'un crochet dont l'extrémité vient en appui sur une butée de câble (23) réglable
en translation pour que sa position détermine ladite valeur déterminée.