[0001] L'invention concerne un bain ainsi qu'un procédé pour déposer un revêtement flash
d'alliage fer-zinc sur un substrat en acier galvanisé allié, notamment une tôle en
acier galvanisé alliée, dite tôle "galvannealed".
[0002] Les tôles "galvanisées-alliées" sont des tôles en acier revêtues obtenues par immersion
de la tôle dans un pot de zinc en fusion et traitement thermique de la tôle revêtue.
A la suite du traitement thermique, une partie du fer du substrat diffuse dans la
couche de revêtement en zinc de sorte que celle-ci contienne après traitement de l'ordre
de 10% de fer. Ces tôles présentent cependant plusieurs inconvénients, le plus important
étant la production d'un phénomène de cratérisation lors de l'opération de cataphorèse
qui rend la tôle inapte à certaines utilisations comme l'industrie automobile où elle
a tendance à présenter une surface irrégulière après application de peinture.
[0003] Un autre inconvénient est que ces tôles présentent un coefficient de frottement élevé
aux hautes pressions d'emboutissage, ce qui les rend inaptes à d'autres utilisations.
[0004] Le moyen utilisé actuellement pour remédier à ces inconvénients consiste à appliquer
un revêtement d'un alliage de fer-zinc d'une épaisseur inférieure à 1 µm, appelé revêtement-flash.
[0005] Ces revêtements-flash sont déposés industriellement au moyen de bains contenant des
ions Fe²⁺ et Zn²⁺ en milieu sulfate, dans un système à anode insoluble.
[0006] Cependant le rendement de dépôt de tels bains est réduit par la formation d'ions
Fe³⁺.
[0007] Pour éviter la formation de ces ions Fe³⁺, diverses solutions ont été proposées.
[0008] JP-57/31504 décrit un bain d'électrodéposition de fer-zinc ayant la composition suivante
:
ZnSO₄, 7H₂ : 150 g/l
FeSO₄, 7H₂O : 300 g/l
(NH₄)₂ SO₄ : 30 g/l
le pH de ce bain étant de 1, 2.
[0009] La concentration en ions Fe³⁺ est contrôlée par passage du bain à travers un lit
garni de particules de zinc ou de fer.
[0010] Les bains connus de l'état de la technique présentent cependant l'inconvénient d'avoir
malgré tout des rendements insuffisants.
[0011] Or, pour augmenter le rendement, il serait logique d'accroître la tension d'électrolyse,
mais la Demanderesse s'est aperçue qu'un tel accroissement favorise l'apparition du
phénomène de cratérisation et est donc totalement inacceptable.
[0012] En outre, une tension d'électrolyse trop élevée est fort dispendieuse en énergie.
[0013] La présente invention a pour but de fournir un bain de revêtement électrolytique
d'un alliage fer-zinc destiné à procurer sur un substrat en acier galvanisé-allié,
un revêtement flash ayant une teneur élevée en fer et fournissant un rendement élevé.
[0014] Ce bain est caractérisé en ce qu'il est constitué d'un milieu aqueux qui comprend
de 60 à 120 g/l d'ions Fe²⁺ sous la forme de chlorures, de 20 à 60 g/l d'ions Zn²⁺
sous la forme de chlorures, de 200 à 280 g/l de KCl, de 0,5 à 10 g/l d'acide ascorbique
et de 0 à 2 g/l de KOH et a un pH d'environ 1,5 à environ 2,5, et de préférence d'environ
2.
[0015] L'utilisation d'ions chlorures dans le bain électrolytique permet d'augmenter la
conductivité dudit bain et donc d'accroître l'efficacité de la réaction d'électrolyse.
[0016] La présence de KCl favorise également la conductivité du bain électrolytique et permet
donc de diminuer le coût énergétique du dépôt du revêtement flash fer-zinc.
[0017] Par ailleurs, la présence de KOH a pour effet de diminuer l'agressivité du bain en
augmentant le pH, limitant ainsi l'agression de la tôle d'acier galvanisé-allié pendant
l'opération de revêtement.
[0018] Avantageusement, le rapport Fe²⁺/Fe²⁺ + Zn²⁺ est compris entre 60 et 80%, en poids.
[0019] L'invention a également pour objet un procédé de dépôt électrolytique d'un revêtement-flash
d'un alliage fer-zinc sur un substrat en acier galvanisé-allié, notamment une tôle
galvanisée-alliée, consistant à mettre en contact le substrat formant cathode avec
un bain électrolytique selon l'invention, avec une densité de courant comprise entre
20 et 200 A/dm², à une température comprise entre 55 et 65°C, dans un système à anode
soluble, pour obtenir un revêtement fer-zinc, ayant une teneur en fer supérieure à
60% en poids, de préférence d'environ 80% en poids.
[0020] Les tôles en acier galvanisé-allié ont un revêtement flash fer-zinc d'épaisseur comprise
entre 0,1 et 1 µm, et de préférence égale à 0,5 µm.
[0021] Avantageusement, la densité de courant est d'environ 100 A/dm².
[0022] Le substrat en acier galvanisé-allié est par exemple une tôle en acier galvanisée-alliée,
dite tôle "galvannealed" dont la vitesse de défilement dans le bain électrolytique
est de manière avantageuse d'environ 20 à environ 200 m/min, de préférence 100 m/min.
[0023] L'anode soluble est de préférence constituée de fer, mais peut également consister
en zinc, par exemple sous la forme de lingot, feuille, particules ou poudre, ou toute
autre forme appropriée.
[0024] L'acide ascorbique a pour fonction de contrôler la quantité d'ions Fe³⁺ qui se forment,
en réduisant les ions Fe³⁺ en ions Fe²⁺ selon l'équation :

[0025] On donnera ci-après un exemple de réalisation du procédé selon l'invention.
EXEMPLE 1 :
[0026] Composition du bain :
- Fe²⁺ (sous la forme FeCl₂) : 84 g/l
- Zn²⁺ (sous la forme ZnCl₂) : 36 g/l
- KCl : 250 g/l
- acide ascorbique : 5 g/l
- KOH : 0,5 g/l
- H₂O : équilibre
[0027] Le pH du bain est d'environ 2.
[0028] On dépose un revêtement-flash d'un alliage fer-zinc sur une tôle "galvannealed" comportant
un revêtement zinc-fer à 10% en fer avec un poids de couche de 50 g/m².
[0029] Le revêtement-flash selon l'invention est réalisé avec une anode en fer, la tôle
à revêtir formant cathode.
[0030] La température du bain est de 60°C.
[0031] La densité de courant est de 100 A/dm².
[0032] La vitesse de défilement de la bande en acier est de 100 m/min.
[0033] Le revêtement flash obtenu a une épaisseur de 0,5 µm avec un pourcentage en fer de
80%. Le rendement du dépôt est de 90%.
[0034] La Demanderesse a montré de manière surprenante et inattendue dans les essais qui
suivent que le procédé de l'invention utilisant un bain électrolytique particulier
pour déposer un revêtement flash fer-zinc sur une tôle d'acier galvanisé-allié procurait
à la tôle d'acier galvanisé-allié ainsi revêtue, d'une part une grande facilité de
mise en forme, et d'autre part une amélioration de son aspect après mise en peinture
par la suppression du phénomène de cratérisation aux tensions de cataphorèse couramment
utilisées.
[0035] La suppression de ce phénomène de cratérisation apporte une plus grande souplesse,
par exemple aux carrossiers automobiles, qui peuvent ainsi notamment augmenter les
tensions de cataphorèse pour accroître la productivité, sans risquer de détériorer
l'aspect de la tôle revêtue après mise en peinture.
Essai 1
[0036] Cet essai vise à illustrer, à travers un test de frottement, la facilité de mise
en oeuvre d'une tôle d'acier galvanisé-allié revêtue d'un revêtement flash fer-zinc
selon le procédé de l'invention.
[0037] L'essai est réalisé sur deux échantillons de tôle d'acier galvanisé-allié notés ①
et ② , dont le revêtement formé d'alliage fer-zinc est obtenu de manière classique
par immersion de ladite tôle dans un pot de zinc en fusion et par traitement thermique
de la tôle ainsi revêtue.
[0038] Le revêtement ainsi formé d'alliage fer-zinc a une teneur en fer voisine de 10% et
a pour les deux échantillons une épaisseur de l'ordre de 8 µm, l'épaisseur du substrat
métallique constitué par la tôle d'acier galvanisé-allié ayant une épaisseur de l'ordre
de 0,7 mm.
[0039] Chaque échantillon mesure 40 cm de long sur 4 cm de large.
[0040] L'échantillon ② est mis en contact avec un bain de revêtement électrolytique selon
la présente invention et dont la composition est la suivante :
EXEMPLE 2 :
[0041]
- Fe²⁺ (sous la forme FeCl₂) : 96 g/l
- Zn²⁺ (sous la forme ZnCl₂) : 24 g/l
- KCl : 220 g/l
- acide ascorbique : 5 g/l
- KOH : 2,8 g/l
- H₂O : équilibre
[0042] Le pH du bain est d'environ 2.
[0043] Le revêtement-flash selon l'invention est réalisé avec une anode en fer, dans les
conditions suivantes :
- température du bain : 60°C
- densité de courant : 80 A/dm²
- vitesse de défilement de l'échantillon : 100 m/min
et a une épaisseur de 0,5 µm avec un pourcentage en fer de 91%.
[0044] Le test de frottement consiste à placer chacun des échantillons verticalement entre
un outil et un vérin, par exemple hydraulique, qui applique sur l'échantillon une
pression variable correspondant à la pression d'emboutissage habituellement utilisée,
tandis que l'échantillon est tiré verticalement vers le haut à vitesse constante égale
à 0,1 m/min et avec une force proportionnelle à la pression d'emboutissage.
[0045] Préalablement à la mise en oeuvre de cet essai, on lubrifie les différentes pièces
en contact au moyen d'une huile de type SHELL 2769E.
[0046] Pour chaque échantillon, on mesure à chaque pression d'emboutissage le coefficient
de frottement entre ledit échantillon et l'outil, et les résultats obtenus sont consignés
sur les figures 1 et 2 annexées.
[0047] Sur la figure 1, on distingue très nettement l'augmentation du coefficient de frottement
qui est préjudiciable à une mise en forme de la tôle d'acier galvanisé-allié, la valeur
du coefficient de frottement étant maximale et égale à 0,1959 pour une pression d'emboutissage
égale à 703 bars.
[0048] Au contraire, la figure 2 montre clairement qu'une tôle d'acier galvanisé-allié revêtue
d'un flash fer-zinc est parfaitement adaptée à la mise en forme, étant donné que pour
une pression d'emboutissage de 700 bars, le coefficient de frottement n'est que de
0,1083.
Essai 2
[0049] Cet essai a pour but de montrer la résistance à la cratérisation de tôles d'acier
galvanisé-allié revêtues d'un flash fer-zinc selon l'invention lors de l'opération
de cataphorèse.
[0050] L'essai est effectué sur deux échantillons de tôle d'acier galvanisé-allié notés
① et ② tels que décrits dans l'essai 1.
[0051] Chacun des échantillons est soumis à une cataphorèse de type PPG CORONA BLACK ED
3002 permettant d'appliquer une première couche de peinture d'épaisseur environ égale
à 15 µm, qui subit ultérieurement une cuisson.
[0052] L'essai consiste à appliquer différentes tensions électriques à l'électrolyte lors
de l'opération de cataphorèse et à relever pour chaque tension appliquée aux deux
échantillons le nombre de piqûres par cm² de surface.
[0053] Les résultats de cet essai sont consignés dans le tableau suivant et montrent que
pour une tôle d'acier galvanisé-allié, le phénomène de cratérisation apparaît pour
une tension de cataphorèse de l'ordre de 220 V, alors que pour une tôle d'acier galvanisé-allié
revêtue d'un flash fer-zinc selon l'invention, ce phénomène n'apparaît que pour une
tension de cataphorèse de 260 V.

1. Bain électrolytique de dépôt d'un revêtement-flash, d'un alliage fer-zinc sur un substrat
en acier galvanisé-allié, caractérisé en ce qu'il est constitué d'un milieu aqueux
qui comprend de 60 à 120 g/l d'ions Fe²⁺ sous la forme de chlorure de 20 à 60 g/l
d'ions Zn²⁺ sous la forme de chlorure, de 200 à 280 g/l de KCl, de 0,5 à 10 g/l d'acide
ascorbique et de 0 à 2 g/l de KOH et a un pH d'environ 1,5 à environ 2,5.
2. Bain électrolytique selon la revendication 1, caractérisé en ce que le pH est d'environ
2.
3. Bain électrolytique selon la revendication 1, caractérisé en ce que le rapport des
ions Fe²⁺ sur la somme des ions Fe²⁺ et Zn²⁺ est compris entre 60 et 80%, en poids.
4. Bain électrolytique selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en
ce qu'il a la composition suivante :
- Fe²⁺ (sous la forme FeCl₂) : 84 g/l
- Zn²⁺ (sous la forme ZnCl₂) : 36 g/l
- KCl : 250 g/l
- acide ascorbique : 5 g/l
- KOH : 0,5 g/l
- H₂O : équilibre,
le pH du bain étant d'environ 2.
5. Procédé de dépôt électrolytique d'un revêtement d'un alliage fer-zinc sur un substrat
en acier galvanisé-allié, caractérisé en ce qu'il consiste à mettre en contact le
substrat formant cathode avec un bain de revêtement électrolytique tel que défini
dans l'une des revendications 1 à 4, avec une densité de courant comprise 20 et 200
A/dm², à une température comprise entre 55 et 65°C, dans un système à anode soluble,
pour obtenir un revêtement fer-zinc, ayant une teneur en fer supérieure à 60% en poids,
de préférence d'environ 80% en poids.
6. Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce que l'on dépose un revêtement
d'un alliage fer-zinc comprenant une teneur en fer d'environ 80% poids.
7. Procédé selon la revendication 5 ou 6, caractérisé en ce que la densité de courant
est d'environ 100 A/dm².
8. Procédé selon la revendication 7, caractérisé en ce que le substrat est une tôle en
acier galvanisé-allié et en ce que la vitesse de défilement de la tôle dans le bain
est d'environ 20 à environ 200 m/min, de préférence de 100 m/min.
9. Tôle d'acier galvanisé-allié revêtue par le procédé selon l'une des revendications
5 à 8, caractérisée en ce que le revêtement flash d'alliage fer-zinc a une teneur
en fer supérieure à 60% en poids, et de préférence égale à 80% en poids.
10. Tôle d'acier galvanisé-allié revêtue selon la revendication 9, caractérisée en ce
que le revêtement flash d'alliage fer-zinc a une épaisseur comprise entre 0,1 et 1
µm, et de préférence égale à 0,5 µm.