[0001] La présente invention se rapporte aux récipients et à leur procédé de fabrication.
L'invention s'applique tout particulièrement aux récipients utilisés dans l'industrie
alimentaire, notamment aux boîtes de conserve ou aux "barquettes", mais elle s'applique
également à tout autre récipient destiné à contenir des ob- jects qui, après pasteurisation
ou stérilisation ou autre traitement thermique, doivent être préservés de tout danger
de souillure ou de contamination.
[0002] Le récipient suivant l'invention permet d'effectuer, directement dans le récipient
présenté aux consommateurs, une pasteurisation ou une stérilisation, sans transvasement
ni manipulation. Le procédé de fabrication du récipient ne nécessite qu'un équipement
relativement simple et sa mise en oeuvre lors du remplissage ne nécessite pas d'appareillage
spécial. L'intégrité des denrées contenues dans le récipient, notamment leur couleur,
est mieux préservée que jusqu'ici.
[0003] Le récipient, étanche aux gaz et contenant un contenu, suivant l'invention et caractérisé
en ce que sa partie supérieure délimite, avec un élément qui en est solidaire, un
logement de réception d'une substance solide, ayant un point de fusion compris entre
65°C et 150°C, qui communique avec l'intérieur du récipient par un premier orifice
et avec l'extérieur par un second orifice obturé par la substance solide.
[0004] Le récipient vide, donc avant garnissage puis chauffage, est caractérisé en ce que
sa partie supérieure délimite, avec un élément qui en est solidaire, un logement de
réception d'une substance solide, ayant un point de fusion compris entre 65°C et 150°C,
qui communique avec l'intérieur du récipient par un premier orifice et avec l'extérieur
par un second orifice dégagé par la substance solide.
[0005] Le procédé de fabrication de ce récipient consiste à faire en sorte qu'une substance
à point de fusion compris entre 65°C et 150°C se trouve dans un logement délimité
dans la partie supérieure d'un récipient et communiquant avec l'intérieur du récipient
par un premier orifice et avec l'extérieur par un second orifice, à chauffer le récipient
et son logement à une température au moins égale au point de fusion de la substance
pendant 5 à 90 minutes, puis à refroidir la substance à une température inférieure
à son point de fusion plus rapidement que le reste du récipient et son contenu, puis
à refroidir le reste du récipient et son contenu à une température inférieure ou égale
à la température ambiante.
[0006] Lorsque l'on chauffe le récipient et son logement à une température supérieure au
point de fusion de la substance, celle-ci fond et le contenu du récipient dégage des
gaz et de la vapeur, qui créent une surpression de l'intérieur du récipient par rapport
à l'extérieur. Cette surpression empêche la substance devenue liquide de pénétrer
à l'intérieur du récipient par le premier orifice et provoque le refoulement au moins
partiel de la substance dans le second orifice. La substance n'obture pas néanmoins,
à ce stade, le second orifice, en sorte que la vapeur d'eau et les gaz issus de l'intérieur
du récipient peuvent s'échapper par ce second orifice. Cela permet donc d'effectuer
une cuisson, une pasteurisation ou une stérilisation sans avoir à redouter une explosion
du récipient. Ce chauffage achevé, le refroidissement localisé rapide et précoce de
la substance, à une température inférieure à son point de fusion, alors que le reste
du récipient et son contenu restent sensiblement à la température à laquelle ils viennent
d'être portés, provoque la solidification rapide de la substance dans le logement
et dans le second orifice, une partie d'ailleurs de la substance formant même un bourrelet
de section transversale supérieure à celle du second orifice à la sortie de celui-ci,
de sorte que la substance est comme rivetée au récipient et en assure la parfaite
étanchéité. Lors du refroidissement du récipient et de son contenu à une température
inférieure ou égale à la température ambiante, par exemple à -4°C ou même, à une température
de surgélation, la substance solide reste en place dans le second orifice en continuant
à assurer l'étanchéité. Le récipient suivant l'invention et son procédé de fabrication
permettent donc d'obturer la boîte d'une manière étanche juste après que les gaz et
la vapeur d'eau, qui doivent s'en échapper, l'ont fait, et cela, automatiquement,
sans nécessiter quelle que manipulation que ce soit.
[0007] Pour assurer que, lors du traitement thermique, tel que de la pasteurisation ou de
la stérilisation, les gaz puissent s'échapper par le second orifice, alors cependant
que celui-ci commence à être empli de la substance, il est très avantageux que le
second orifice ait une section transversale circulaire, en sorte que la substance
commence à en tapisser la paroi intérieure en amorçant sa sortie vers l'extérieur,
tout en laissant un passage pour les gaz et la vapeur d'eau. On obtient, à cet effet,
de bons résultats lorsque le second orifice a un diamètre compris entre 0,7 et 2 mm.
[0008] Comme substance, on utilise notamment une colle fusible en une quantité de 10 à 100
mg selon la température de traitement thermique correspondant à une pasteurisation
ou à une stérilisation ou à une cuisson. Comme colle fusible, on peut utiliser notamment
des colles Hot-melt alimentaires dans les viscosités ci-après.
[0009] On préfère que la substance ait une viscosité de 6 Pas à 200 Pas environ à la température
de cuisson. Elle est ainsi apte au mieux à tapisser le second orifice sans être expulsée
complètement du logement. Pour faciliter l'effet obtenu lors du refroidissement localisé
du logement, il vaut mieux que l'intervalle de température entre le point de fusion
et le point de ramollissement de la substance soit inférieur à 15°C et, de préférence,
supérieur à 7°C, en sorte que dès que la substance s'est refroidie sensiblement par
rapport au reste du récipient, elle prenne un état pâteux quasi-solide et ne puisse
pas tomber par le premier orifice et souiller le contenu du récipient, puisque la
pression qui règne dans celui-ci est encore suffisante pour repousser la substance.
La substance est, de préférence, de qualité alimentaire lorsque le récipient est destiné
à cette industrie. Le récipient peut être notamment une boîte de conserve, le logement
étant, de préférence, attenant au couvercle et notamment ménagé sur ou sous celui-ci,
ou une barquette, le logement pouvant être alors ménagé avantageusement sur un rebord
du corps de la barquette recouvert d'un film d'operculage. L'élément peut être rapporté
ou, le cas échéant, venir de moulage avec le récipient.
[0010] Au dessin annexé, donné uniquement à titre d'exemple :
- la figure 1 est une vue en coupe verticale d'une boîte de conserve métallique avec
logement obtenu par emboutissage d'une plaque métallique rapportée;
- les figures 2 et 3 sont des vues analogues de boîtes avec logement formé par emboutissage
du couvercle et plaque métallique plane, la boîte de la figure 2 étant emplie,
- la figure 4 est une vue à plus grande échelle du détail A de la figure 2, avant
emplissage de la boîte,
- la figure 5 est une vue en coupe verticale d'une barquette avant traitement thermique
de la préparation alimentaire;
- la figure 6 est une vue analogue de la barquette pendant le traitement thermique,
et
- la figure 7 est une vue analogue après le traitement thermique.
[0011] La boîte de conserve représentée à la figure 1 comporte un corps 3 fermé de manière
étanche par un couvercle 2. Le couvercle 2 délimite avec une plaquette 6 bombée un
logement 1 de réception de 25 mg d'une résine fusible 4 ayant un point de fusion de
110°C. Le logement 1 communique avec l'intérieur de la boîte par un premier orifice
7 ayant une section de 3 mm
2 et avec l'extérieur par un second orifice 8. Ce dernier a une section transversale
circulaire d'un diamètre de 1 mm. La viscosité de la substance 4 est de 10 Pas à 110°C.
[0012] Aux figures 2 et 4, le logement 1 est constitué par une partie du couvercle 2 emboutie
de manière à former un renflement et par une plaque plane 5.
[0013] A la figure 3, le logement 1 est formé par une déformation du couvercle par emboutissage
et par une plaque métallique 5. Une nervure 9, pratiquée dans le fond de la boîte
et correspondant à la partie du couvercle déformée par emboutissage, permet d'empiler
deux boîtes de conserve l'une sur l'autre.
[0014] Les figures 5 à 7 représentent une barquette. Elle comprend une valve fusible formée
d'un logement 11 perforé en partie basse et pratiqué dans le rebord horizontal 13
de la barquette 12, avantageusement dans un angle ou sur le côté. Ce siège reçoit
de fabrication une goutte de résine fusible 14, avantageusement dans un angle ou sur
le côté, qui se solicite. Lorsqu'elle fond, elle laisse passer les gaz 15 indésirables
ainsi que l'air chaud dilaté et la vapeur d'eau qui s'échappent au moment de la cuisson
en raison de la surpression qui se crée à l'intérieur de la barquette durant la cuisson.
[0015] La barquette après son remplissage de produits alimentaires 16 disposés crus avec
leurs ingrédients, est operculée par un film 17 ou un couvercle soudé sur son pourtour.
Des petits canaux 18 sont aménagés dans l'épaisseur du matériau composant la barquette
12 de façon à mettre en communication, après scellage du film 17, le volume intérieurde
la barquette avec le logement 11 de la valve fusible.
[0016] Ainsi durant la phase de cuisson, l'air, la vapeur d'eau et les gaz 15 peuvent s'échapper
par lesdits canaux et par le logement perforé, l'orifice du logement 11 mettant l'intérieur
de la barquette 12 en communication avec l'extérieur lorsque la goutte de résine est
à l'état liquide (figure 6).
[0017] Dès la fin de la cuisson et le début du refroidissement, la résine fusible se fige
à nouveau provoquant ainsi la fermeture de la valve fusible (figure 3), empêchant
ainsi l'air extérieur de pénétrer dans la barquette.
[0018] Le vide créé dans la barquette 12 par différence de température ajoute aux qualités
de préservation des produits alimentaires, qui sont à l'abri des risques d'oxydation.
C'est ainsi par exemple que les couleurs des légumes verts sont parfaitement conservées.
1. Récipient vide, caractérisé en ce que la partie supérieure (2) délimite, avec un
élément (5) qui en est solidaire, un logement (1) de réception d'une substance (4)
solide, ayant un point de fusion compris entre 65°C et 150°C, qui communique avec
l'intérieur du récipient par un premier orifice (7), et avec l'extérieur par un second
orifice (8).
2. Récipient étanche aux gaz et contenant un contenu, caractérisé en ce que la partie
supérieure (2) délimite, avec un élément (5) qui en est solidaire, un logement (1)
de récipient d'une substance (6) solide ayant un point de fusion compris entre 65°C
et 150°C, qui communique avec l'intérieur du récipient par un premier orifice (7),
et avec l'extérieur par un second orifice (8) obturé par la substance solide.
3. Récipient suivant la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que le second orifice
(8) a une section transversale circulaire.
4. Récipient suivant la revendication 3, caractérisé en ce que le second orifice (8)
a un diamètre compris entre 0,7 et 2 mm.
5. Récipient suivant l'une des revendications 2 à 4, caractérisé en ce que la substance
forme, à la sortie du second orifice (8), un bourrelet de section transversale supérieure
à celle du second orifice (8).
6. Récipient à couvercle suivant l'une des revendications précédentes, caractérisé
en ce que le logement est attenant au couvercle (2).
7. Récipient suivant l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que la
substance est présente dans le logement en une quantité de 10 à 100 mg.
8. Récipient suivant l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que la
substance a une viscosité de 6 Pas à 200 Pas au point de fusion.
9. Récipient suivant l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'intervalle
de température entre le point de fusion et le point de ramollissement de la substance
est inférieur à 15°C et, de préférence, inférieur à 7°C.
10. Récipient suivant l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que
la substance est une colle fusible de qualité alimentaire.
11. Procédé de fabrication d'un récipient suivant l'une des revendications précédentes,
caractérisé en ce qu'il consiste à faire en sorte qu'une substance à point de fusion
comprise entre 65 et 150°C se trouve dans un logement délimité dans la partie supérieure
d'un récipient et communiquant avec l'intérieur du récipient par un premier orifice,
et avec l'extérieur par un second orifice, à chauffer le récipient et son logement
à une température au moins égale au point de fusion de la substance pendant 5 à 90
minutes, puis à refroidir la substance à une température inférieure à son point de
fusion plus rapidement que le reste du récipient et son contenu, puis à refroidir
le reste du récipient et son contenu à une température inférieure ou égale à la température
ambiante.