[0001] La présente invention concerne les torches à plasma et, plus particulièrement, les
torches à plasma de grande puissance dont la longévité de l'une au moins des électrodes
est augmentée.
[0002] Les torches à plasma ou chalumeaux à plasma d'arc sont connus dans la technique.
Ce type de torche est constitué essentiellement de deux électrodes tubulaires et coaxiales,
une amont et une aval repérées par rapport au sens d'écoulement du plasma qui sont
séparées par une chambre. On établit un arc entre les électrodes et, simultanément,
on injecte un gaz plasmagène dans la chambre qui sépare les électrodes. L'arc qui
éclate entre les électrodes est entretenu et porte le gaz à très haute température
et l'ionise. A la sortie de l'une des électrodes, l'électrode aval, ce gaz est animé
d'une grande vitesse et le plasma qu'il constitue forme l'agent caloporteur.
[0003] Certains types de torche à plasma délivrent des puissances comprises entre 100 et
500 kW et celles auxquelles l'invention s'applique plus particulièrement peuvent produire
plusieurs mégawatts comme cela est nécessaire pour certaines applications industrielles
par exemple métallurgiques.
[0004] Dans ce type de torche à plasma, les électrodes sont des constituants consommables.
La longévité des électrodes est fonction de nombreux paramètres. Par exemple interviennent
la puissance de la torche et plus particulièrement la valeur du courant d'arc, la
nature du gaz plasmagène injecté car du fait de sa décomposition des réactions peuvent
avoir lieu avec les matériaux constitutifs des électrodes. La longévité des électrodes
est, aussi, fonction du service de la torche suivant que celui-ci est continu ou discontinu.
[0005] La longévité des électrodes peut varier de quelques dizaines d'heures pour des torches
de relativement petite puissance à plusieurs centaines d'heures pour celles de grande
puissance que concerne plus particulièrement l'invention.
[0006] Cette longévité, relativement brève, des électrodes est un inconvénient notable en
particulier en matière industrielle.
[0007] Pour tenter de remédier à cet inconvénient, on a proposé d'équiper ce type de torches
d'au moins une bobine de champ magnétique qui entoure localement de préférence l'électrode
amont, et d'alimenter celle-ci à l'aide de moyens qui permettent de maîtriser le déplacement
du pied amont de l'arc sur l'électrode amont de manière à lui faire décrire une course
longitudinale alternative à laquelle se superpose de préférence une oscillation ou
une vibration du pied d'arc pendant le balayage proprement dit.
[0008] Une solution de ce type est, par exemple, divulguée par le document FR 2 609 358.
Selon la solution proposée par ce document, on alimente la bobine de champ qui entoure
localement l'électrode amont à l'aide d'un circuit électrique particulier, qui lui
est propre et qui est alimenté en courant continu variable dont l'intensité change
par palier ou progressivement et dont l'intensité bénéficie en outre de préférence
d'une ondulation pulsatoire dont la fréquence est notablement plus grande que celle
de la variation du courant continu auquel elle se superpose. On conçoit que l'utilisation
d'un circuit électrique d'alimentation spécial, autonome pour la bobine de champ qui
s'ajoute au circuit d'alimentation principal nécessaire pour l'amorçage et l'entretien
de l'arc proprement dit, complique techniquement et accroît financièrement le coût,
de l'installation.
[0009] Le but de l'invention est de résoudre ce type de difficultés en faisant en sorte
que la maîtrise du déplacement d'au moins un pied d'arc, notamment du pied d'arc amont,
sur une électrode, notamment l'électrode amont, afin d'en régulariser l'usure et d'en
augmenter la longévité puisse être obtenue sans pour autant faire appel à un circuit
autonome, spécialisé pour l'alimentation d'au moins une bobine de champ qui entoure
localement l'une des électrodes, et de préférence l'électrode amont.
[0010] L'invention a pour objet un procédé pour régulariser l'usure afin d'en augmenter
la longévité, d'une électrode d'une torche à plasma constituée, entre autres, de deux
électrodes tubulaires coaxiales entre lesquelles s'établit un arc et qui sont séparées
par une chambre où est injecté un gaz plasmagène, d'au moins une bobine de champ magnétique
qui entoure localement une électrode de préférence l'électrode amont repérée par rapport
au sens d'écoulement du plasma, d'une alimentation électrique pour fournir de l'énergie
à l'arc et à la bobine, et de moyens pour maîtriser le déplacement du pied de l'arc
sur l'électrode de préférence le pied amont sur l'électrode amont de manière à lui
faire décrire une course longitudinale alternative au besoin vibratoire. Ce procédé
est caractérisé en ce qu'on utilise une alimentation électrique avec un circuit d'arc
et un circuit de bobine, on monte en série ce circuit d'arc et ce circuit de bobine,
on monte en dérivation sur cette bobine un hacheur composé d'au moins un condensateur
branché aux bornes de la bobine et d'au moins un interrupteur électronique qui peut
être placé éloigné de la bobine.
[0011] L'invention a aussi pour objet une torche à plasma, notamment pour la mise en oeuvre
du procédé indiqué auparavant, constituée entre autres, de deux électrodes tubulaires
coaxiales entre lesquelles s'établit un arc, d'une chambre qui sépare ces électrodes
et dans laquelle est injecté un gaz plasmagène, d'au moins une bobine de champ magnétique
qui entoure localement une électrode de préférence l'électrode amont repérée par rapport
au sens d'écoulement du plasma, d'une alimentation électrique pour fournir de l'énergie
à l'arc et à la bobine et des moyens pour maîtriser le déplacement du pied de l'arc
sur l'électrode de préférence le pied amont sur l'électrode amont de manière à lui
faire décrire une course longitudinale alternative, au besoin vibratoire, afin d'en
régulariser l'usure et d'en augmenter la longévité. Cette torche à plasma est remarquable
en ce que l'alimentation électrique comprend un circuit d'arc et un circuit de bobine,
en ce que ce circuit d'arc et ce circuit de bobine sont montés en série, et en ce
que ces moyens comprennent montés en dérivation sur la bobine au moins un hacheur
composé d'au moins un condensateur aux bornes de la bobine et d'au moins un interrupteur
électronique qui peut être placé éloigné de la bobine.
[0012] D'autres caractéristiques de l'invention ressortiront de la lecture de la description
et des revendications qui suivent, ainsi que de l'examen du dessin annexé, donné seulement
à titre d'exemple, où :
- la Figure 1 est une vue générale schématique simplifiée de l'installation électrique
d'une torche à plasma selon la technique antérieure du document cité;
- la Figure 2 est une vue partielle schématique d'un mode de réalisation d'une installation
selon l'invention;
- les Figures 3, 4, 5 et 6 sont des vues similaires à celle de la Figure 2 illustrant
le comportement et l'état de l'installation dans différentes phases de son fonctionnement
pour en faciliter la compréhension;
- la Figure 7 illustre la variation de l'intensité et de la tension dans certains composants
au cours du fonctionnement;
- la Figure 8 illustre la variation de l'intensité du courant dans la bobine en fonction
de la fréquence de fonctionnement du hacheur et
- la Figure 9 illustre une variante de réalisation d'une installation selon l'invention.
[0013] Les torches à plasma et les installations électriques destinées à leur alimentation
étant bien connues dans la technique, on ne décrira dans ce qui suit que ce qui concerne
directement ou indirectement l'invention. Pour le surplus, l'homme du métier puisera
dans les solutions classiques courantes à sa disposition pour faire face aux problèmes
particuliers auxquels il est confronté.
[0014] Dans ce qui suit, un même numéro de référence identifie toujours un élément homologue,
quel que soit le mode de réalisation ou sa variante d'exécution.
[0015] Pour la commodité de l'exposé, on décrira successivement chacun des constituants
de l'invention avant d'en exposer le fonctionnement et la construction, s'il y a lieu.
[0016] Comme cela est représenté schématiquement sur la Figure 1, une torche à plasma du
type auquel s'applique l'invention, désignée dans son ensemble par la référence 10,
comprend deux électrodes 11 et 12 tubulaires coaxiales entre lesquelles est établi
et entretenu un arc A. Une chambre 13 sépare les électrodes 11 et 12 et c'est dans
celle-ci qu'est injecté un gaz plasmagène. Au moins une bobine 14 de champ magnétique
entoure localement au moins l'une des électrodes, de préférence l'électrode amont
11 repérée par rapport au sens d'écoulement du plasma, comme illustré par une flèche.
[0017] Une alimentation électrique 20 fournit de l'énergie électrique à l'arc et à la bobine.
[0018] Selon la technique antérieure, par exemple celle exposée dans le document précité,
cette installation électrique 20 comprend deux circuits distincts autonomes : un circuit
21 plus particulièrement destiné à alimenter l'arc et que l'on peut qualifier de circuit
principal de puissance, et un circuit 22 plus particulièrement destiné à alimenter
la bobine et que l'on peut qualifier par exemple de circuit auxiliaire.
[0019] Comme on le voit, le circuit d'arc 21 comprend, entre autres, un transformateur 210
par exemple de 2,5 MVA à quatre secondaires qui sont munis chacun d'un redresseur
211 particulier triphasé par exemple du type pont de Graetz à thyristors. Deux de
ces secondaires sont par exemple couplés en étoile et deux autres couplés en triangle.
Ce circuit comprend toujours une inductance de lissage 212. Ce circuit comprend aussi
comme il est habituel des protections, des sectionneurs et disjoncteurs dont le rôle
est classique et sur lequel on ne s'étendra pas.
[0020] Le circuit de bobine 22 comprend, entre autres, un transformateur 220 particulier
par exemple de 100 kVA installés et son propre redresseur 221 par exemple un pont
de Graetz tri ou hexaphasé à thyristors et diodes et au besoin une inductance de lissage.
[0021] Selon la technique antérieure, c'est ce circuit 22 spécifique qui délivre l'intensité,
à la valeur de consigne, du courant qui alimente la bobine 14 afin de maîtriser le
déplacement du pied d'arc amont.
[0022] Comme on le voit sur la Figure 2, selon l'invention, l'alimentation électrique 20
comprend maintenant un circuit d'arc 21 et un circuit de bobine 22 qui sont montés
en série, c'est-à-dire qui ne sont plus ni distincts ni autonomes.
[0023] Selon l'invention, les moyens 30 pour maîtriser le déplacement du pied de l'arc sur
l'électrode de manière à lui faire décrire une course longitudinale alternative au
besoin vibratoire afin d'en régulariser l'usure et en augmenter la longévité, comprennent,
montés en dérivation sur la bobine 14 au moins un hacheur composé d'au moins un condensateur
31 et d'au moins un interrupteur électronique 32 dont il y a lieu de noter qu'il est
placé éloigné physiquement de la bobine pour les raisons qui apparaîtront par la suite.
Comme on le voit sur la Figure 2, selon l'invention, un tel hacheur 32 comprend au
moins un interrupteur fait d'un thyristor principal 321 et d'une diode de récupération
322;
[0024] Ce hacheur 32 comprend au moins un interrupteur fait d'un thyristor principal 321,
d'une diode de récupération 322 et d'un circuit de désamorçage du thyristor principal
avec un montage résonant. Ce montage résonant a une fréquence limite de fonctionnement
déterminée par la capacité du condensateur 31 et l'impédance en particulier l'inductance
des câbles de liaison 323 connectant la bobine 14 aux interrupteurs électroniques
lorsque le hacheur fonctionne.
[0025] S'il y a lieu, un circuit 33 d'aide à la commutation est monté en parallèle sur l'interrupteur
fait du thyristor principal 321 et de la diode de récupération 322. Ce circuit 33
comprend de préférence une résistance R₃ et un condensateur C₃ en série.
[0026] Selon une variante de réalisation illustrée en Figure 9, le hacheur peut être composé
d'une batterie de condensateurs 31, d'au moins un thyristor GTO (Gate Turn Off) 321
commandable à l'enchenchement et à l'ouverture et d'au moins une diode 322. L'ensemble
du hacheur peut dans ce cas être éloigné de la bobine. Dans cette variante, le thyristor
GTO peut être remplacé par un thyristor classique équipé d'un circuit auxiliaire d'extinction.
[0027] L'alimentation de l'arc à quatre secondaires, deux en série et deux en parallèle,
permet selon les couplages adoptés de délivrer 500, 1000 ou 2000 A sous 4 000, 2 000
ou 1 000 V. On relèvera toutefois qu'en condition normale de fonctionnement, en particulier
pour des installations industrielles, l'arc est alimenté avec un courant d'intensité
d'environ 1000 A et que grâce à l'invention il est possible de dévier une partie réglable
de ce courant dans la bobine de manière à pouvoir maîtriser les déplacements du pied
d'arc notamment du pied d'arc amont.
[0028] Pour les raisons que l'on comprendra par la suite, le choix du transformateur, des
redresseurs et de l'inductance de lissage permet d'obtenir un courant continu avec
une ondulation résiduelle à une fréquence multiple de celle du réseau. Dans certains
cas, on tire parti de cette ondulation résiduelle pour faire vibrer sur lui-même le
pied d'arc pendant son balayage longitudinal alternatif de l'électrode.
[0029] Grâce à l'invention, la solution retenue permet de maintenir le hacheur 32 physiquement
loin de la bobine 14 ce qui permet de s'affranchir des difficultés qui naîtraient
autrement de l'impédance et en particulier de l'inductance répartie des câbles de
liaison 323 qui engendre à la commutation des surtensions importantes gênantes. Selon
la solution de l'invention, on met à profit cette inductance et c'est cette inductance
répartie des câbles de liaison qui est utilisée pour constituer un montage à résonance
servant pour la commande de l'interrupteur.
[0030] On décrira maintenant le fonctionnement de l'installation selon l'invention dans
ses diverses phases.
[0031] Dans la suite on désigne par :
- L₁ et R₁
- l'inductance et :a résistance, respectivement de la bobine 14
- C₁
- la capacité du condensateur 31
- L₂ et R₂
- l'inductance et la résistance, respectivement des câbles de liaison 323.
[0032] Initialement, on supposera que l'alimentation délivre un courant I d'intensité constante
et que la présence du circuit d'aide à la commutation 33 sur lequel on reviendra par
la suite, peut être négligée. L'état initial de l'installation correspond alors à
celui qui est schématisé sur la Figure 3. Le courant I étant établi dans la bobine
14, la tension à ses bornes est celle U
c1 du condensateur 31 et la tension aux bornes du thyristor 321 est positive. On a la
relation : U
c1 = R₁I. A l'instant t = t₀, le thyristor est enclenché et celui-ci demeure conducteur
pendant la durée t₀ à t₁. L'état de l'installation est alors celui qui est schématisé
sur la Figure 4.
[0033] Le condensateur 31 entre en oscillation de par l'impédance répartie des câbles de
liaison 323 essentiellement inductive L₂ et résistive R₂. Le condensateur et les câbles
utilisés sont donc équivalents à un circuit RLC série dans lequel la tension et l'intensité
du courant u
c1 et i
L1 ont des variations sinusoïdales amorties. Le courant dans la bobine diminue lentement
car l'impédance répartie des câbles de liaison est plus petite que celle de la bobine.
Le thyristor 321 est donc traversé par un courant sinusoïdal auquel se superpose la
valeur du courant dévié de la bobine. Cette phase s'achève lorsque le courant dans
le thyristor s'annule à l'instant t = t₁, instant où la tension aux bornes du condensateur
est négative et maximale. Le thyristor se bloque "naturellement". L'état de l'installation
devient alors celui qui est schématisé sur la Figure 5.
[0034] Pendant la phase qui s'écoule de l'instant t₁ à l'instant t₂ la diode 322 est conductrice.
Le circuit oscillant R₂C₁L₂ constitué par le condensateur et les câbles de liaison
effectue une deuxième demi-oscillation pour tenter de revenir dans les conditions
initiales de tension u
c1 et d'intensité i
L1 avec des variations quasi-sinusoïdales. La différence entre l'intensité I du courant
délivré par l'installation et celle i
L1 de celui qui circule dans la bobine, s'ajoute à l'intensité i
L2 du courant dans les câbles de liaison. Quant ce courant i
L2 repasse par 0 à l'instant t = t₂, la tension u
c1 aux bornes du condensateur retrouve une valeur positive et maximale, mais un peu
inférieure à sa valeur initiale R₁I du fait des amortissements résultants de la résistance
R₂ des câbles de liaison. La diode 322 se bloque. L'état de l'installation devient
alors celui qui est schématisé sur la Figure 6.
[0035] Pendant la durée qui s'écoule de l'instant t₂ à l'instant t₃, le condensateur se
charge et l'on se trouve dans une situation similaire à celle de la situation initiale
illustrée sur la Figure 3, en observant toutefois que l'intensité i
L1 du courant qui circule dans la bobine n'est plus l'intensité I du courant délivré
par l'installation. En principe, la charge du condensateur C₁ est une charge sinusoïdale
amortie qui devrait permettre de retrouver la situation i
L1 = I et u
c1 = R₁I. Toutefois, selon l'invention on commande à ce moment le thyristor 321 hacheur
32 suffisamment tôt pour qu'on puisse admettre que le courant i
L1 est pratiquement resté inchangé; le condensateur C₁ se charge donc avec un courant
d'intensité I - i
L1 que l'on peut considérer comme constant.
[0036] A l'instant t = t₃ on réenclenche le thyristor 321 pour décrire un nouveau cycle
de fonctionnement.
[0037] On voit donc qu'il est ainsi possible de diminuer progressivement l'intensité du
courant de la bobine 14 en modifiant la fréquence de commande du thyristor 321 du
hacheur 32.
[0038] Pour une fréquence donnée, l'intensité instantanée i
L1 de la bobine se stabilise autour d'une valeur en oscillant à la fréquence de commande
du thyristor. On observera que l'amplitude de cette oscillation est petite devant
la valeur de l'intensité du courant total circulant dans la bobine. En régime permanent,
on peut donc reprendre les mêmes séquences du processus de fonctionnement en considérant
l'intensité I
L1 du courant dans la bobine constante. Dans cette situation, on a une variation sinusoïdale
de l'intensité du courant thyristor (321)-diode (322) pendant la durée t₀ à t₂ avec
une composante continue superposée égale à I - I
L1, et on a une croissance linéaire de la tension u
c1 aux bornes du condensateur pendant la durée qui va de l'instant t₂ à l'instant t₃
du fait de la charge de ce condensateur par le courant d'intensité I - I
L1.
[0039] On observera qu'en cas d'extinction de l'arc, le courant dans la bobine peut se dissiper
dans la diode 322 de l'interrupteur du hacheur jusqu'à extinction.
[0040] On observera aussi que la fréquence f₀ de résonance qui est déterminée par la capacité
C₁ du condensateur 31 et l'inductance L₂ des câbles de liaison 323 fixe une valeur
que ne doit pas dépasser la fréquence f de commande du thyristor 321. En effet, si
la commande de l'interrupteur a lieu à une fréquence f supérieure à la fréquence f₀
limite indiquée précédemment, ce thyristor resterait en permanence conducteur et pour
pouvoir bloquer ce thyristor et revenir à un fonctionnement normal du hacheur il faudrait
alors arrêter la source de courant. En pratique, cette fréquence f n'est pas la valeur
limite réelle à ne pas dépasser. En effet, pour ne pas avoir de réenclenchement inopiné
du thyristor, il faut respecter certaines conditions, entre autres la nécessité d'appliquer
à ses bornes une tension négative pendant une durée suffisante, au moins égale à la
durée t
q de désamorçage de l'interrupteur, or cette durée est fonction de l'intensité du courant
dévié, puisque ce courant vient se superposer à l'alternance sinusoïdale et aussi
à l'amortissement du circuit. Il existe donc une fréquence limite qui physiquement
est inférieure à la valeur de la fréquence limite théorique f₀.
[0041] L'exposé qui précède montre que l'installation électrique selon l'invention fonctionne
selon deux régimes différents successifs, l'un se déroulant au cours du fonctionnement
du hacheur et l'autre se déroulant comme si ce dernier n'existait pas.
[0042] Pour le premier régime pour lequel le hacheur est en fonctionnement, des développements
mathématiques classiques des équations régissant les circuits montrent que les seuls
paramètres importants significatifs sont la capacité C₁ du condenseur 31, la résistance
R₁ et l'inductance L₁ de la bobine 14 de même que la résistance R₂ et l'inductance
L₂ des câbles de liaison 323 et montrent aussi que seules importent les conditions
initiales du régime. On peut ainsi déduire l'intensité i
L2 du courant dans l'interrupteur et la tension u
c1 aux bornes du condensateur. Ce régime est celui qui prévaut de l'instant t₀ à l'instant
t₂ auquel l'interrupteur se bloque. Cet arrêt à l'instant t₂ se produit lorsque l'intensité
i
L2 dans les câbles de liaison s'annule avec une pente positive. On connaît alors à cet
instant t₂ la tension u
c1 (t₂) aux bornes du condensateur et l'intensité i
L1 (t₂) du courant dans la bobine.
[0043] Pour le second régime, des développements mathématiques classiques montrent alors
que le hacheur étant arrêté, on se trouve en présence d'un circuit oscillant LRC série
dont les paramètres sont la capacité C₁ du condensateur 31 et la résistance R₁ et
l'inductance L₁ de la bobine 14. Ce régime se termine à l'instant t₃ égal à l'inverse
de la fréquence de commande du thyristor. A la remise en marche de l'installation,
correspondant au premier régime indiqué auparavant les conditions initiales sont celles
de l'intensité i
L3 (t₃) du courant circulant dans la bobine 14 et la tension u
C1 (t₃) aux bornes du condensateur 31.
[0044] Il suffit alors de procéder par itération jusqu'à la stabilisation du courant dans
le bobine pour une fréquence de commande donnée.
[0045] On a utilisé ce qui précède avec une torche à plasma de 2 MW dont l'alimentation
était assurée à l'aide de câbles de liaison dont l'inductance était de l'ordre de
20 µH et en utilisant un condensateur de capacité 400 µF. Pour une telle réalisation,
la fréquence propre de fonctionnement du hacheur était de 1780 Hz. La résistance et
l'inductance de la bobine étaient de l'ordre de 70 m Ω et 4 mH respectivement. Le
hacheur fait de diode et de thyristor devant supporter des pointes de courant dont
l'intensité peut atteindre 3000 A environ sous des tensions de l'ordre de 500 V, on
a utilisé plusieurs interrupteurs selon l'invention montés en parallèle afin de tenir
compte des aptitudes des composants du commerce. Pour la construction pratique, on
a utilisé des thyristors-diodes portant la référence CSR 447 sur le catalogue de la
société BROWN-BOVERI.
[0046] Lorsqu'on monte plusieurs interrupteurs du type thyristor-diode en parallèle, comme
indiqué précédemment, il faut faire en sorte que l'un deux ne s'amorce pas plus vite
qu'un autre sans quoi celui amorcé le premier serait traversé par la totalité du courant
et serait donc détruit. Pour éviter cet inconvénient, on place en série avec chaque
thyristor un circuit régulateur d'amorçage fait d'une petite inductance ou self chargée
de ralentir et de repartir indépendamment des autres interrupteurs, la montée en courant
dans celui-ci. De la sorte, on maîtrise les fronts de montée de l'intensité du courant
à l'amorçage et on peut éviter les inconvénients résultant des dissymétries. Pour
la réalisation pratique précédente, on a utilisé des selfs dont l'inductance était
comprise entre 5 et 15 µH environ.
[0047] Pour éviter les effets parasites qui se produisent à l'amorçage des thyristors des
interrupteurs, il faut contrôler le front de la montée en intensité du courant afin
d'avoir une conduction répartie équitablement; il faut de même contrôler le blocage
des diodes qui résultent de la montée de la tension aux bornes du condensateur. Pour
cela, on utilise un circuit de protection ou d'aide à la commutation 33 placé en parallèle
sur l'interrupteur du hacheur 32 comme cela ressort du schéma de la Figure 2. Ce circuit
33 est de préférence du type RC avec une résistance R₃ et un condensateur C₃ en série.
On a utilisé par exemple des résistances R₃ dont la valeur est comprise entre 5 et
10 Ω environ et des condensateurs C₃ dont la capacité est comprise entre 0,2 µF et
1,7 µF.
[0048] Afin d'obtenir un bon enclenchement des thyristors 321, il est nécessaire de bien
contrôler le courant de gâchette de ceux-ci. Il faut, dans un premier temps, que la
gâchette soit soumise à une pointe d'intensité de courant à montée rapide puis, ensuite,
que l'intensité de ce courant soit maintenue à une valeur inférieure. Les montages
qui permettent d'obtenir une telle commande sont connus dans la technique, c'est pourquoi
on ne s'appesantira pas sur ce point. Avec la réalisation pratique adoptée, l'intensité
du courant de gâchette a atteint une valeur de 3,5 A avec une croissance au démarrage
de 2,5 A/µs environ et a été ensuite stabilisée à 0,6 A environ jusqu'à la fin de
la commande.
[0049] La valeur de l'intensité dans la bobine est comparée à une valeur de consigne à l'aide
d'un circuit de régulation classique connu par exemple en boucle fermée avec contre
réaction. Un type de solution est par exemple proposé dans le document précité.
[0050] De ce qui précède, on comprend tous les avantages qui résultent de l'invention puisque
l'alimentation de la bobine qui permet de maîtriser le déplacement du pied de l'arc
sur l'électrode ne nécessite plus l'utilisation d'un circuit autonome avec son alimentation
propre.
1 - Procédé pour régulariser l'usure afin d'en augmenter la longévité, d'une électrode
d'une torche à plasma constituée, entre autres, de deux électrodes tubulaires coaxiales
entre lesquelles s'établit un arc et qui sont séparées par une chambre où est injecté
un gaz plasmagène, d'au moins une bobine de champ magnétique qui entoure localement
une électrode de préférence l'électrode amont repérée par rapport au sens d'écoulement
du plasma, d'une alimentation électrique pour fournir de l'énergie à l'arc et à la
bobine, et de moyens pour maîtriser le déplacement du pied de l'arc sur l'électrode
de manière à lui faire décrire une course longitudinale alternative au besoin vibratoire,
caractérisé en ce qu'on utilise une alimentation électrique avec un circuit d'arc
et un circuit de bobine, on monte en série ce circuit d'arc et ce circuit de bobine,
on monte en dérivation sur cette bobine un condensateur et au moins un hacheur composé
d'au moins un condensateur et d'au moins un interrupteur électronique de puissance,
qui peut être placé éloigné de la bobine.
2 - Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on utilise dans des interrupteurs
à thyristors et diodes avec un montage résonant.
3 - Torche à plasma (10), notamment pour la mise en oeuvre d'un procédé conforme à l'une
quelconque des revendications 1 et 2, constituée, entre autres, de deux électrodes
(11, 12) tubulaires coaxiales entre lesquelles s'établit un arc, d'une chambre (13)
qui sépare ces électrodes (11, 12) et dans laquelle est injecté un gaz plasmagène,
d'au moins une bobine (14) de champ magnétique qui entoure localement une électrode
de préférence l'électrode amont (11) repérée par rapport au sens d'écoulement du plasma,
d'une alimentation électrique (20) pour fournir de l'énergie à l'arc et à la bobine,
et des moyens (30) pour maîtriser le déplacement du pied de l'arc sur l'électrode
de manière à lui faire décrire une course longitudinale alternative, au besoin vibratoire,
afin d'en régulariser l'usure et d'en augmenter la longévité, caractérisée en ce que
l'alimentation électrique (20) comprend un circuit d'arc (21) et un circuit de bobine
(22), en ce que ce circuit d'arc (21) et ce circuit de bobine (22) sont montés en
série, en ce que ces moyens (30) comprennent montés en dérivation sur la bobine (14)
au moins un hacheur composé d'au moins un condensateur (31) et d'au moins un interrupteur
électronique de puissance (32) placé éloigné de la bobine.
4 - Torche selon la revendication 3, caractérisée en ce que le hacheur (32) comprend
au moins un interrupteur fait d'un thyristor principal (321), d'une diode de récupération
(322) et d'un circuit de désamorçage du thyristor principal (321).
5 - Torche selon la revendication 3, caractérisée en ce que le hacheur (32) comprend
au moins un interrupteur fait d'un thyristor principal (321), d'une diode de récupération
(322) et d'un circuit de désamorçage du thyristor principal (321) avec un montage
résonant.
6 - Torche selon l'une quelconque des revendications 3 à 5, caractérisée en ce qu'elle
comprend un hacheur composé d'une batterie de condensateurs (31) et de plusieurs ensembles
thyristors-diodes (32) montés en parallèle.
7 - Torche selon l'une quelconque des revendications 4 à 6, caractérisée en ce qu'elle
comprend un circuit (33) d'aide à la commutation monté en parallèle sur l'interrupteur
fait du thyristor principal (321) et de la diode de récupération (322).
8 - Torche selon l'une quelconque des revendications 4 à 7, caractérisée en ce que le
montage résonant a une fréquence limite de fonctionnement déterminée par la capacité
(C₁) du condensateur (31) et l'impédance (R₂, L₂) des câbles de liaison (323) connectant
la bobine (14) à l'alimentation électrique (20), lorsque la hacheur fonctionne.
9 - Torche selon l'une quelconque des revendications 7 ou 8, caractérisée en ce que le
circuit d'aide à la commutation (33) comprend une résistance (R₃) au besoin connectée
en série à un condensateur (C₃).
10 - Torche selon l'une quelconque des revendications 6 à 9, caractérisée en ce qu'elle
comprend un circuit régulateur d'amorçage.
11 - Torche selon la revendication 10, caractérisée en ce que le circuit régulateur d'amorçage
comprend une petite inductance montée en série avec chaque thyristor (321) d'un hacheur
(32).
12 - Torche selon la revendication 3, caractérisée en ce que le hacheur (32) comprend
au moins un thyristor GTO (Gate Turn Off) commandable à l'enclenchement et à l'ouverture.