[0001] La présente invention concerne des papiers synthétiques réactivables à base de fibres
thermostables, de pulpe et liant thermostables. Elle concerne également des articles
composites contenant de tels papiers.
[0002] Selon la présente invention le terme "papier" désigne les articles non-tissés, sous
forme de feuilles, films, feutres et de manière générale toute structure fibreuse
cohérente ne faisant intervenir aucune opération textile telle que filage, tricotage,
tissage. Il désigne plus spécifiquement les articles à base de fibres textiles synthétiques
obtenus par voie humide ou papetière.
[0003] Un papier réactivable et thermostable tel que décrit dans le préambule de la revendication
1 est connu du EP-A-0 178 943.
[0004] On a essayé depuis longtemps de réaliser des structures fibreuses non-tissées à base
uniquement de fibres issues de polymères synthétiques pour conférer à ces structures
de bonnes caractéristiques mécaniques. Toutefois les procédés d'obtention du papier
sur les machines papetières habituelles, sont faciles à réaliser lorsqu'il s'agit
de fibres cellulosiques, mais moins lorsqu'il s'agit de fibres synthétiques. En effet
le caractère hydrophobe de celles-ci les rend difficiles à travailler car elles se
fibrillent mal et ont tendance à s'agglomérer, en formant des "paquets", rendant inutilisables
les produits ainsi obtenus. Pour pallier cet inconvénient, il a été essayé selon US-A-2
999 788 de préparer des particules de polymères synthétiques ou "fibrides" ayant une
structure particulière, utilisables avec des fibres à base de polymères synthétiques
pour la réalisation de structures fibreuses cohérentes par voie papetière. Mais la
préparation de telles fibrides, réalisée par précipitation en milieu cisaillé est
compliquée et onéreuse. Par ailleurs ces fibrides doivent rester en milieu aqueux
pour être utilisées directement. De ce fait elles ne peuvent être ni isolées ni transportées
aisément, ce qui en limite l'utilisation.
[0005] Selon le FR-A-2 163 383 il a également été essayé de préparer des articles non tissés
constitués par une nappe de fibres à base d'un matériau infusible ou présentant un
point de fusion supérieur à 180°C, les fibres étant liées entre elles au moyen d'un
liant polyamide-imide, utilisé en proportion de 5 à 150 % du poids de fibres sèches
mises en oeuvre. Mais de tels non-tissés sont obtenus par voie sèche, en l'occurence
par cardage, qui rend un tel procédé très onéreux et industriellement peu intéressant.
Par ailleurs l'imprégnation de la résine se fait en solution dans un solvant, ce qui
a pour conséquence des effets néfastes sur les caractéristiques des non-tissés.
[0006] Pour améliorer la faisabilité des nappes non-tissées il a également été essayé, selon
le FR-A-2 156 452 de préparer par voie humide des nappes non-tissées de fibres constituées
de matériau infusible ou présentant un point de fusion > 180°C, liées entre elles
par du polymère synthétique.
[0007] Si l'obtention de ces nappes peut, en théorie, être réalisée par voie papetière,
en pratique, leur réalisation industrielle n'est pas possible : en effet le mélange
fibres synthétiques-liant à base de résine ne possède aucune cohésion pour pouvoir
être manipulé et en particulier un tel mélange n'a pas la cohésion suffisante pour
pouvoir être préparé de manière dynamique, par exemple sur une machine papetière du
commerce; de telles nappes sont réalisables uniquement sur des appareils de laboratoire
du type "Formette Franck", c'est-à-dire de manière statique et en discontinu comme
cela ressort des exemples.
[0008] Il a maintenant été trouvé qu'il était possible de préparer facilement des papiers
à base de matériaux et fibres essentiellement synthétiques et résistant aux hautes
températures par voie papetière traditionnelle, de manière industrielle et économique.
[0009] La présente invention décrite dans la revendication 1 concerne plus particulièrement
des papiers réactivables, constitués de fibres liées entre elles au moyen d'un liant
fibreux et d'un liant chimique, les fibres étant des fibres minérales ou synthétiques
présentant une tenue thermique ≥ 180°C, le liant fibreux étant une pulpe de polyamide
ou polyester aromatique présentant une tenue thermique ≥ 180°C et un liant chimique
choisi dans le groupe constitué par un polyétherimide, un polyester aromatique et
au moins une résine polyimide obtenue à partir d'un N,N'bis-imide d'acide dicarboxylique
non saturé de formule générale :

dans laquelle :
- D représente un radical divalent contenant une double liaison carbone-carbone,
- A est un radical organique divalent possédant 2 à 30 atomes de carbone, et
- d'une polyamine de formule générale :
R(NH2)x (II)
dans laquelle :
- x est un nombre entier au moins égal à 2,
- R représente un radical organique de valence x,
la quantité de bis-imide étant de 0,55 à 25 moles par groupement molaire -NH
2 apporté par la polyamine (rapport R compris entre 1 et 50), la résine présentant
une granulométrie inférieure à 100 µm, et de préférence ≤ à 40 micronmètres ou même
≤ à 15 micronmètres, et étant encore à l'état de prépolymère possédant :
a) - un point de ramollissement compris entre 50 et 200 °C, de préférence compris
entre 90 et 150 °C,
b) - un taux de motifs NH2 libres pratiquement nul,
c) - un degré de réticulation mesuré par le taux de bis maléimide extractable exprimé
sous forme de double liaison n'ayant pas réagi pour 100 g de prépolymère, compris
entre 0,025 et 0,25.
De préférence la proportion pondérale de fibres dans le papier terminé est comprise
entre 45 et 85 %,
- la proportion de liant fibreux est comprise entre 5 et 20 %,
- la proportion de liant chimique est comprise entre 10 et 50 %, de préférence 10 à
35 %, la proportion totale de fibres, liant et résine étant de 100 % en poids.
[0010] Les papiers réactivables sont obtenus par introduction dans l'eau des différents
constituants du papier, les fibres, la pulpe, la résine sous forme de poudre et éventuellement
d'autres charges souhaitées, et mélange de ces produits dans tout appareil approprié
sous forte agitation, puis addition d'une solution d'un agent floculant sous légère
agitation dans le cas où le liant chimique se trouve sous forme de poudre, formation
d'une feuille papetière contenant les éléments ci-dessus, dont on élimine l'eau progressivement
par gravité puis sous vide, éventuellement essorage jusqu'à élimination de la majeure
partie de l'eau, séchage à une température comprise entre la température ambiante
et 100°C, densification de la feuille par tout moyen connu, et traitement thermique
à une température comprise entre 50 et 275°C pour faire évoluer la résine au niveau
de polycondensation désiré.
L'ensemble des constituants solides représentent une concentration comprise entre
0,5 et 5 % en poids.
[0011] Les fibres utilisées dans l'invention peuvent être choisies parmi les différentes
fibres présentant les propriétés énoncées précédemment. Plus précisément, il peut
s'agir de fibres inorganiques telles que les fibres de verre, les fibres de carbone,
les fibres d'oxyde d'aluminium et de zirconium, les fibres d'amiante, les fibres de
bore, il peut également s'agir de fibres provenant de polymères organiques parmi les
polymères qui conviennent particulièrement pour la fabrication des papiers selon l'invention,
devant supporter pendant de longues périodes des températures de 180 °C, de préférence
≥ 200°C, ou supérieures : on peut citer les polyamides-imides, tels que les polytrimellamide-imides
ou les polyamides issus de réactifs totalement aromatiques, ou les polyimides tels
que les polyimides obtenus selon le brevet européen 0 119 185, connus dans le commerce
sous la marque P84.
[0012] Les polytrimellamides-imides peuvent être définis comme comportant une pluralité
de motifs de formule :

et/ou à des motifs de formule :
-NH-Q-NH-CO-Z-CO- (IV)
dans lesquelles :
- le symbole Q représente un radical divalent comportant au moins un noyau benzénique,
- R2 représente un radical aromatique trivalent,
- Z représente un radical divalent, aromatique, aliphatique ou cycloaliphatique,
[0013] Les polyamides totalement aromatiques peuvent être définis comme constitués d'unités
récurrentes de formule :

dans laquelle les divers symboles Q identiques ou différents ont la signification
donnée précédemment et les symboles R
3, identiques ou différents, représentent un atome d'hydrogène ou un radical alcoyle
ayant de 1 à 4 atomes de carbone.
[0014] Il doit être entendu que l'on peut utiliser, dans la fabrication d'articles conformes
à l'invention, un seul type de fibres ou au contraire des mélanges de fibres. Ces
fibres ont généralement une longueur comprise entre 2 et 10 mm, de préférence 3 à
7 mm, et leur titre, exprimé en décitex est généralement compris entre 0,5 et 20.
Il est théoriquement possible d'utiliser des fibres de longueur supérieure à 10 mm,
mais en pratique des fibres plus longues s'enchevètrent, nécessitant une plus grande
quantité d'eau, ce qui rend le procédé plus lourd et plus compliqué.
[0015] Le liant fibreux utilisable selon la présente invention est issu d'un polymère de
tenue thermique supérieure ou égale à 180°C, de préférence ≥ 200°C, sous forme de
pulpe fortement fibrillée apportant la cohésion en phase humide. Le liant fibreux
se présente sous forme de fibres très courtes, de longueur pouvant varier par exemple
entre 0,1 et 5 mm, généralement de 0,1 à 2 mm. Les polymères utilisables pour la préparation
de la pulpe sont des polymères fibrillables à base de polyamides ou de polyesters
entièrment aromatiques. Par polyamides aromatiques, on entend les polyamides de formule
générale :
-NH-Q-NH-CO-Q-CO- (VI)
dans lesquelles toutes les liaisons sont coaxiales ou parallèles, avec Q = radical
divalent comportant au moins un noyau benzénique. Les polyamides aromatiques de type
polyparaphénylènetéréphtalamide conviennent particulièrement bien, par exemple celui
connu dans le commerce sous la marque "Twaron®" ; les polyesters totalement aromatiques,
cristallisés, se fibrillent également très bien et sont utilisables sous forme de
pulpe. Le liant fibreux peut se présenter sous forme de bourre ou de feutre contenant
encore une certaine proportion d'eau provenant de leur préparation.
[0016] La pulpe a été généralement obtenue à partir de fibres de longueur habituelle, battue
ou moulinée, de manière connue, pour lui donner un grand nombre de points d'accrochage
et augmenter ainsi sa surface spécifique. Parmi les fibres synthétiques, seules les
fibres très cristallisées peuvent être fibrillées c'est le cas de polyamides et polyesters
totalement aromatiques, mais d'autres polymères très cristallisés, sont scindables
suivant l'axe des fibres ou fibrillables.
[0017] Le liant chimique est choisi dans le groupe constitué par :
- un polyéther imide
- un polyester aromatique
- une résine thermodurcissable résistante aux contraintes thermiques obtenues par réaction
d'un N,N'-bis imide d'acide dicarboxylique non saturé de formule générale :

dans laquelle :
- D représente un radical divalent contenant une liaison double carbone-carbone et,
- A est un radical divalent possédant au moins 2 atomes de carbone, avec une diamine
biprimaire de formule générale :
H2N―B―NH2 (VIII)
dans laquelle B représente un radical divalent ne possédant pas plus de 30 atomes
de carbone.
[0018] Les symboles A et B peuvent être identiques ou différents et représenter un radical
alcoylène linéaire ou ramifié, ayant moins de 13 atomes de carbone, un radical cycloalcoylène
à 5 ou 6 atomes de carbone dans le cycle, un radical hétérocyclique contenant au moins
un des atomes 0, N et S, un radical benzénique ou aromatique polycyclique ; ces divers
radicaux peuvent en outre porter des substituants qui ne donnent pas de réactions
parasites dans les conditions opératoires. Les symboles A et B peuvent également comprendre
plusieurs radicaux benzéniques ou alicycliques reliés directement par un atome ou
groupement divalent tel que, par exemple, les atomes d'oxygène ou de soufre, les groupements
alcoylènes ayant de 1 à 3 atomes de carbone, les groupements -NR
4-, -P(O)R
3-, -N=N-,

-CO-O-, -SO
2-, -SiR
3R
4-, -CONH-,
-NY-CO-X-CO-NY-, -O-CO-X-CO-O-,

dans lesquels R
3, R
4 et Y représentent un radical alcoyle ayant de 1 à 4 atomes de carbone ou un radical
cycloalcoyle à 5 ou 6 atomes de carbone dans le cycle, benzénique ou aromatique polycyclique
et X représente un radical alcoylène linéaire ou ramifié ayant moins de 13 atomes
de carbone, un radical cycloalcoylène à 5 ou 6 atomes de carbone dans le cycle ou
un radical arylène mono- ou polycyclique.
[0019] Le radical D dérivé d'un anhydride éthylénique de formule générale :

qui peut être par exemple l'anhydride maléique, l'anhydride citraconique, l'anhydride
tétrahydrophtalique, l'anhydride itaconique ainsi que les produits de réaction de
Diels-Alder entre un cyclodiène et l'un de ces anhydrides.
[0020] Parmi les N,N'-bis-imides (I) utilisables, on peut citer :
- le N,N'-éthylène-bis-imide maléique,
- le N,N'-hexaméthylène-bis-imide maléique,
- le N,N'-métaphénylène-bis-imide maléique,
- le N,N'-4,4'-diphénylméthane-bis-imide maléique,
- le N,N'-4,4'-diphényléther-bis-imide maléique,
- le N,N'-4,4'-diphénylsulfone-bis-imide maléique,
- le N,N'-4,4'-dicyclohexylméthane-bis-imide maléique,
- le N,N'-α-α'-4,4'-diméthylène cyclohexane-bis-imide maléique,
- le N,N'-métaxylylène-bis-imide maléique,
- le N,N'-4,4'-diphénylcyclohexane-bis-imide maléique.
[0021] Comme exemples de diamines (II) utilisables, on peut citer :
- le diamino-4,4'-dicyclohexylméthane,
- le diamino-1,4'-cyclohexane,
- la diamino-2,6 pyridine,
- la métaphénylènediamine,
- la paraphénylènediamine,
- le diamino-4,4'diphénylméthane,
- le bis(amino-4 phényl)-2,2 propane,
- la benzidine,
- l'oxyde de diamino-4,4'phényle,
- le sulfure de diamino-4,4' phényle,
- le sulfure de diamino-4,4' diphényle,
- la diamino-4,4'-diphénylsulfone,
- le bis-(amino-4 phényl)diphénylsilane,
- l'oxyde de bis(amino-4 phényl) méthylphosphine,
- l'oxyde de bis(amino-3 phényl)méthylphosphine,
- l'oxyde de bis(amino-4 phényl) phénylphosphine,
- la bis(amino-4 phényl)phénylamine,
- le diamino-1,5 naphtalène,
- la métaxylylène diamine,
- la paraxylylène diamine,
- le bis(paraaminophényl)-1,1 phtalane,
- l'hexaméthylène diamine.
[0022] Les quantités de N,N'-bis imide et de diamine sont choisies de façon que le rapport
:

soit au moins égal à 1 ; par ailleurs on préfère généralement qu'il soit inférieur
à 50.
[0023] Selon la présente invention on utilise de préférence une résine polyimide issue de
la réaction entre un bis-maléimide comme le N,N'-4,4'-diphénylméthane bis-maléimide
et une diamine primaire comme le diamino-4,4' diphénylméthane.
[0024] La résine polyimide est utilisée sous forme de poudre de faible granulométrie ; généralement
≤ 100 µm et de préférence ≤ 40 µm et même ≤ à 15 µm pour obtenir une bonne homogénéité
finale du papier. Elle doit se retrouver dans le papier terminé au stade de prépolymère
non totalement réticulée. Le prépolymère a généralement un point de ramollissement
compris entre 50 et 200°C généralement entre 90 et 150°C.
Il possède en outre
- un degré de réticulation mesuré par le taux de bis-maléimide extractible exprimé sous
forme de double liaison n'ayant pas réagi pour 100 g de prépolymère compris entre
0,025 et 0,25,
- un taux d'amines libres pratiquement nul.
[0025] Il est généralement mis en oeuvre sous forme de poudre sèche ou dispersion en milieu
aqueux.
[0026] Pour des raisons économiques, la résine polyimide est avantageusement associée à
une résine époxy de type bisphénol A, à raison de 0 à 100 % et de préférence 25 à
75 % de résine polyimide soit 0 à 75 % de résine époxy, de préférence 25 à 75 % en
poids.
[0027] Le terme papier réactivable sous-entend un produit dans lequel la résine est incomplètement
polymérisée tout en possédant une cohésion suffisante pour l'obtention de papier proprement
dit.
[0028] Lorsque le liant chimique est un polyéther imide ou un polyester aromatique, il est
de préférence utilisé sous forme de fibres pour favoriser l'accrochage avec les autres
fibres et la pulpe, en évitant ainsi l'étape de floculation.
[0029] Il est possible également d'utiliser un mélange de polyéther imide ou de polyester
aromatique et de résine polyimide dans les proportions désirées.
[0030] Les polyéther imides sont des polymères à haute performance. Parmi ceux-ci on peut
utiliser par exemple le produit commercialisé sous la marque ULTEM 1010 par la Société
General Electric Plastics, qui se présente sous forme de fibres.
[0031] Par polyester aromatique on entend les polyesters totalement aromatiques qui sont
des polymères à cristaux liquides caractérisés par des chaînes polymères droites issus
généralement d'au moins un diacide aromatique tel que l'acide téréphtalique et d'au
moins un diphénol. Ils possèdent d'excellentes propriétés mécaniques unidirectionnelles.
Parmi les produits utilisables on peut citer par exemple le produit connu dans le
commerce sous la marque XYDAR de la Société Dartco Manufacturing, ou de marque Rhodester
C.L. de la Société Rhône-Poulenc.
[0032] De préférence on utilise la résine polyimide.
[0033] Un tel papier peut entrer dans la composition de nombreux articles composites et
en particulier être associé à d'autres éléments constitutifs par exemple dans un but
d'isolation et réactivé "in-situ" jusqu'à polymérisation totale. La réactivité du
papier est fonction de l'avancement du liant polymère, cet avancement pouvant être
également réalisé en sortie de machine papetière par traitement thermique jusqu'au
niveau désiré pour l'usage.
[0034] Le papier réactivable selon l'invention peut être utilisé pour de nombreuses applications,
qui sont fonction de certains éléments essentiels tels que, la formulation, le taux
d'avancement de la résine.
- En fonction de leur formulation :
[0035] Un papier contenant seulement la quantité de résine nécessaire pour combler la porosité
des fibres aura une fonction de "papier espaceur" à intercaler entre deux pièces à
isoler électriquement ; un papier très riche en résine et donc susceptible de fluer
à chaud aura une fonction de "papier réservoir" dont l'excès de résine comblera les
vides entre les éléments à isoler.
[0036] Ce type de papier pourra avoir un rôle de "papier réactif" jouant le rôle de durcisseur
(du fait des fonctions amines secondaires et tertiaires qu'il contient vis-à-vis d'un
apport "in-situ" de résine époxyde dans le cas d'une technique complémentaire d'isolement
dite "à la goutte"). Dans ce cas le prépolymère mis en oeuvre dans la phase papetière
sera essentiellement un prépolymère polyimide.
- En fonction de leur taux d'avancement :
[0037] Un papier très avancé sera relativement rigide et utilisable en isolation pour la
fermeture d'encoches.
[0038] Un papier faiblement avancé sera souple et utilisable en thermoformage.
[0039] Un papier moyennement avancé aura sous pression un léger fluage et sera de ce fait
utilisable pour la réalisation de complexes (par exemple papier + film) sans apport
complémentaire de résine.
[0040] L'état d'avancement variable permet également le thermosoudage notamment dans le
cas d'isolation par guipage.
[0041] Par ailleurs, dans l'optique d'une gestion de stock de produits intermédiaires au
niveau de l'utilisation, le papier réactivable selon l'invention présente des avantages
importants :
- par la disponibilité de "papier de base" à faible avancement, susceptible de recevoir
un avancement complémentaire varié par l'utilisateur, en fonction de l'usage final,
- par le complexage de grammages de base pour disposer des divers grammages nécessaires.
[0042] Naturellement, les caractéristiques mécaniques du papier sont dépendantes du taux
d'avancement de la résine. Plus celle-ci sera proche de son taux de réticulation final,
meilleures seront les caractéristiques. Pour améliorer certaines propriétés, des adjuvants
ou charges peuvent également être utilisés dans des proportions diverses selon les
propriétés désirées ; par exemple du mica peut être introduit pour augmenter encore
les propriétés diélectriques de tels papiers ; les papiers selon l'invention possèdent,
outre de bonnes propriétés diélectriques, de bonnes propriétés mécaniques dépendant
du taux d'avancement de la résine, en particulier une résistance élevée à la traction.
Les bonnes caractéristiques que présentent les papiers selon l'invention proviennent
pour une grande part d'une structure fine très régulière et homogène attestant de
la très bonne répartition des différents constituants. Cette bonne homogénéité provient
d'un ensemble d'éléments sélectionnés, tels que la proportion des différentes matières
premières, la nature et la longueur des fibres utilisées ainsi que du liant fibreux,
la granulométrie de la résine, ainsi que le mode de préparation, comme on le verra
ultérieurement.
[0043] La préparation des papiers selon l'invention est réalisée par voie humide ou papetière.
Selon cette technique on incorpore directement l'ensemble des matériaux de départ,
y compris les charges dans un appareil approprié appelé "pile" par les papetiers.
Les matières premières présentes dans les proportions et sous la forme indiquée ci-dessus,
sont introduites à l'état divisé pour favoriser l'obtention d'une bonne dispersion.
Elles sont mélangées en présence d'eau sous forte agitation. Il est également possible
à ce stade d'ajouter du sulfate d'aluminium en solution pour favoriser la dispersion.
Dans la "pile" le taux de produit sec est à environ 1,5 % ; lorsque le mélange est
devenu homogène il est généralement transféré dans un appareil de stockage appelé
"cuvier" dans lequel la pâte obtenue est stockée sous faible agitation ; puis dans
le cas où le liant chimique est sous forme de poudre, la pâte est additionnée d'un
système floculant, toujours sous légère agitation. Celui-ci comprend d'une part du
sulfate d'alumine et d'autre part un floculant. Parmi les floculants, un floculant
cationique à base d'acrylamide connu dans le commerce sous la marque PRAESTOL 611
BC de STOCKHAUSEN, qui présente une bonne efficacité.
[0044] Le système floculant assure une fixation physique des particules de résine sur les
fibres, ce qui permet, si on le souhaite, d'utiliser une granulométrie très faible
de particules de résine et d'obtenir ainsi des papiers très homogènes. Si l'on souhaite
améliorer encore la floculation, la granulométrie des particules de résine peut être
aussi faible que 15 µm ou moins, mais peut aussi être plus forte (jusqu'à 50 ou 10
µm). Mais jusque là il était difficile d'utiliser des particules de résines aussi
faibles que 15 µ ou moins car les particules de résine n'étaient que très peu retenues
par les fibres, même avec une granulométrie beaucoup plus importante, de sorte qu'une
grande proportion de la résine était éliminée avec l'eau. C'était le cas du procédé
selon le FR -A- 2 156 452. La pâte est ensuite reprise par tout moyen connu pour alimenter
la table de répartition d'une machine papetière traditionnelle. A son arrivée sur
la table de répartition, la pâte homogène, contenant une forte teneur en eau s'étale
régulièrement tandis que l'eau s'élimine progressivement par gravité d'abord puis
de manière forcée, par aspiration, par exemple au moyen d'un dispositif produisant
du vide.
[0045] Le feutre ainsi obtenu est essoré jusqu'à l'élimination de la majeure partie de l'eau,
puis après avoir été décollé de la toile sans fin, séché à une température comprise
entre l'ambiance et 110°C, puis densifié par tout moyen connu par exemple par calandrage
à froid ou à chaud, à une température comprise entre la température ambiante et 150°C
ou par pressage à chaud. Il est possible de réaliser plusieurs passages sur l'appareil
de densification de manière à obtenir la densité souhaitée, généralement comprise
entre 0,5 et 1 ou même plus selon les caractéristiques mécaniques désirées. Les papiers
ainsi obtenus subissent ensuite un traitement thermique à une température comprise
entre 50 et 275°C pour faire évoluer la résine au niveau de polycondensation désiré,
qui est fonction de leur utilisation ultérieure. Dans le cas où l'on utilise un polyester
totalement aromatique ou un polyéther imide le traitement thermique est réalisé à
une température proche du point de fusion pour assurer la cohésion des fibres. On
peut aussi travailler en une seule étape en réalisant un calendrage à des températures
élevées pouvant aller jusqu'à 300°C. Les exemples qui suivent sont donnés à titre
indicatif.
EXEMPLE 1
[0046] Dans une pile papetière contenant 2000 l d'eau sont introduits sous forte agitation
les différents constituants :
- 7 kg de résine bismaléimide, connue dans le commerce sous la marque Kerimid 613 sous
forme de poudre de granulométrie 15 µm,
- 4 kg de pulpe à base de polyamide aromatique : polyparaphénylène téréphtalamide connu
dans le commerce sous la marque Twaron® 1097 sous forme de bourre dont la longueur
des fibres est comprise entre 0,1 et 1 mm environ,
- 20 kg de fibres polyamides-imides décrites dans le FR -A- 2 079 785 de longueur 4
mm de titre 2,2 dtex, connues dans le commerce sous la marque Kermel.
[0047] Du fait de l'humidité des divers constituants la composition pondérale du mélange
est la suivante :
- 62,3 % Kermel
- 24,5 % Kerimid 613 (de point de ramollissement de 85 °C environ, avec un taux d'amines
libres pratiquement nul, un taux de bismaléimide extractible : 0,20)
- 13,2 % Twaron® 1097.
[0048] Le taux de sec dans la pile est de l'ordre de 1,5 %.
[0049] 2 litres d'une solution de sulfate d'alumine à 10 % sont également introduits. Lorsque
le mélange est bien homogène, il est transféré dans le cuvier.
[0050] Dans le cuvier, la pâte faiblement agitée est reprise par une roue à godets pour
alimenter la table de répartition d'une machine papetière. Juste avant son arrivée
au niveau de la table de répartition, donc dans une zone non agitée, où le mouvement
de matière n'est dû qu'à son écoulement, il est introduit une solution aqueuse de
floculant (connu dans le commerce sous la marque "PRAESTOL 611 BC de STOCKHAUSEN)
qui favorise la fixation de la poudre de K 613 sur les fibres.
[0051] A partir de la table de répartition, la pâte est transférée sur une toile sans fin
qui constitue la machine de mise en forme. Sur la première partie, la matière sèche
portée par un taux élevé d'eau se répartit de manière homogène tandis que l'eau, par
gravité s'échappe à travers la toile.
[0052] La pâte égouttée passe ensuite sur des caissons à vide qui améliorent l'élimination
de l'eau, et enfin sous un cylindre, qui par légère pression densifie la pâte humide.
[0053] Le papier ainsi formé est décollé de la toile sans fin, et dirigé sur un four de
séchage, ventilé avec de l'air à 100-110°C.
[0054] Après séchage le papier formé a un grammage de 136 g/m2.
[0055] Ce papier peut être calandré à chaud jusqu'à 280°C. Par exemple à 270°C son épaisseur
après calandrage est de 175 µm, sa densité de 0,750 g/cm
3 et sa résistance à la traction de 66 N/cm. Dans le cas d'un calandrage à température
ambiante le même produit a une épaisseur de 199 µm et une densité de 0,66 g/cm3 ;
la résistance traction est alors de 7,5 N/cm.
EXEMPLES 2 A 4 :
[0056] De la manière indiquée dans l'exemple 1, les compositions suivantes sont mises en
oeuvre :
| |
2 |
3 |
4 |
| Fibres KERMEL % |
86,4 |
75 |
65,4 |
| Pulpe TWARON® % |
4,5 |
8,3 |
11,5 |
| Résine KERIMID 613 |
9,1 |
16,7 |
23,1 |
[0057] Après séchage les papiers obtenus sont pressés à chaud dans les conditions suivantes
:
- Température : 270 °C
- Pression : 25 bars
- Durée : 1 minute
[0058] Les caractéristiques des papiers pressés à chaud sont les suivantes :
| |
2 |
3 |
4 |
| Grammage g/m2 |
119 |
122 |
130 |
| Epaisseur µm |
191 |
173 |
174 |
| Densité kg/m3 |
623 |
705 |
749 |
| Résistance N/cm |
42,3 |
57,3 |
66,1 |
| Allongement % |
3,9 |
4,6 |
4,4 |
EXEMPLES 5 A 7 :
[0059] Une autre série d'essais de compositions :
| |
5 |
6 |
7 |
| Fibres KERMEL % |
62 |
54,5 |
46,5 |
| Pulpe TWARON® % |
13 |
15,5 |
18,5 |
| Résine KERIMID 613 |
25 |
30 |
35 |
a été pressée à 270 °C pendant 1 minute, mais avec une pression de 60 bars.
[0060] Les caractéristiques des papiers résultants sont les suivantes :
| |
5 |
6 |
7 |
| Grammage g/m2 |
143 |
133 |
140 |
| Epaisseur µm |
158 |
140 |
144 |
| Densité kg/m3 |
908 |
952 |
973 |
| Résistance Traction sens marche |
104 |
107 |
98 |
| N/cm sens travers |
49 |
40 |
44 |
| Allongement % sens marche |
4,5 |
4,1 |
3,8 |
| " % sens travers |
2,8 |
2,1 |
2,4 |
EXEMPLES 8 A 10 :
[0061] A partir des compositions suivantes :
| |
8 |
9 |
10 |
| Split Mica % |
60 |
60 |
53 |
| Fibres KERMEL % |
25 |
25 |
18 |
| Pulpe TWARON® % |
5 |
5 |
9 |
| Résine KERIMID 613 |
10 |
5 |
20 |
| Résine Epoxy Bisphénol A 6099 de Ciba Geigy % |
0 |
5 |
0 |
et par un pressage réalisé à 260 °C pendant 1 minute sous 25 bars les papiers résultants
ont les caractéristiques suivantes :
| |
8 |
9 |
10 |
| Grammage g/cm2 |
154 |
157 |
151 |
| Epaisseur µm |
171 |
156 |
140 |
| Densité kg/m3 |
898 |
1 011 |
1 088 |
| Résistance N/cm |
27 |
60 |
57 |
| Allongement % |
1,75 |
3,82 |
3,77 |
[0062] Les caractéristiques mécaniques des papiers réactivables obtenus selon les exemples
1 à 10, ne sont pas les caractéristiques finales susceptibles d'être atteintes, elles
seront augmentées par tout traitement thermique ultérieur, lors de l'utilisation en
ambiance chaude du papier.
EXEMPLE 11 - avec polyester aromatique (cristaux liquides)
[0063] Dans une pile papetière contenant 2000 l d'eau sont introduits sous forte agitation
les différents constituants :
- 3,5 kg de résine époxy solide, 6099 de Ciba-Geigy sous forme de poudre de granulométrie
< 50 µm
- 3,5 kg de résine bismaléimide, connue dans le commerce sous la marque Kerimid 613
sous forme de poudre de granulométrie 15 µm,
- 2,1 kg de pulpe à base de polyester aromatique connu dans le commerce sous la marque
Rhodester® CL de Rhône-Poulenc sous forme de bourre dont la longueur des fibres est
comprise entre 0,1 et 1 mm environ,
- 21 kg de fibres polyamides-imides décrites dans le FR-A-2 079 785 de longueur 4 mm
de titre 2,2 dtex, connues dans le commerce sous la marque Kermel®.
[0064] La composition pondérale du mélange est la suivante :
- 69,75 % Kermel
- 11,60 % Kerimid 613 (de point de ramollissement de 85 °C environ, avec un taux d'amines
libres pratiquement nul, un taux de bismaléimide extractible : 0,20)
- 11,60 % de résine époxy 6099
- 7 % de Rhodester CL sous forme de pulpe.
[0065] Le taux de sec dans la pile est de l'ordre de 1,5 %, réduit à 0,5 % par ajout d'eau
lorsque la dispersion est jugée suffisante.
[0066] 2 litres d'une solution de sulfate d'alumine à 10 % sont également introduits. Lorsque
le mélange est bien homogène, il est transféré dans le château de pâte.
[0067] Depuis le château de pâte, la pâte faiblement agitée s'écoule par gravité pour alimenter
la table de répartition d'une machine papetière. Juste avant son arrivée au niveau
de la table de répartition, donc dans une zone non agitée, où le mouvement de matière
n'est dû qu'à son écoulement, il est introduit une solution aqueuse de floculant (connu
dans le commerce sous la marque "PRAESTOL 611 BC de STOCKHAUSEN) qui favorise la fixation
des résines en poudre sur les fibres.
[0068] A partir de la table de répartition, la pâte est transférée sur une toile sans fin
qui constitue la machine de mise en forme. Sur la première partie, la matière sèche
portée par un taux élevé d'eau se répartit de manière homogène tandis que l'eau, par
gravité s'échappe à travers la toile.
[0069] La pâte égouttée passe ensuite sur des caissons à vide qui améliorent l'élimination
de l'eau, et enfin sous un cylindre, qui par légère pression densifie la pâte humide.
[0070] Le papier ainsi formé est décollé de la toile sans fin, et séché sur cylindres à
100°C - 140°C.
[0071] Après séchage le papier formé a une densité de 0,640 g/m3.
[0072] Ce papier peut être calandré à chaud. Par exemple à 270°C son épaisseur après calandrage
est de 138 µm, sa densité de 0,970 g/cm
3 et sa résistance à la traction de 105 N/cm pour un papier de grammage 134 g/m2. Dans
le cas d'un calandrage à 295°C le même produit (grammage 132 g/m2) a une épaisseur
de 137 µm et une densité de 0,962 g/cm3 ; la résistance traction est alors de 104
N/cm.
EXEMPLE 12
[0073] Dans une pile papetière contenant 2000 l d'eau sont introduits sous forte agitation
les différents constituants :
- 6,9 kg de fibres PEI 6 mm, filées par la société AKZO à partir de PEI ULTEM de General
Electrics,
- 2,1 kg de pulpe à base de polyamide aromatique : polyparaphénylène téréphtalamide
connu dans le commerce sous la marque Twaron 1097 sous forme de bourre dont la longueur
des fibres est comprise entre 0,1 et 1 mm environ,
- 21 kg de fibres polyamides-imides décrites dans le FR-A-2 079 785 de longueur 4 mm
de titre 2,2 dtex, connues dans le commerce sous la marque Kermel.
[0074] La composition pondérale du mélange est la suivante :
- 70 % Kermel
- 23 % de fibres PEI
- 7 % Twaron 1097.
[0075] Le taux de sec dans la pile est de l'ordre de 1,5 %. Il est réduit à 0,5 % par adjonction
d'eau lorsque la dispersion est jugée suffisante.
[0076] Lorsque le mélange est bien homogène, il est transféré dans le château de château
de pâte.
[0077] Depuis le château de pâte, la pâte faiblement agitée s'écoule par gravité pour alimenter
la table de répartition d'une machine papetière.
[0078] A partir de la table de répartition, la pâte est transférée sur une toile sans fin
qui constitue la machine de mise en forme. Sur la première partie, la matière sèche
portée par un taux élevé d'eau se répartit de manière homogène tandis que l'eau, par
gravité s'échappe à travers la toile.
[0079] La pâte égouttée passe ensuite sur des caissons à vide qui améliorent l'élimination
de l'eau, et enfin sous un cylindre, qui par légère pression densifie la pâte humide.
[0080] Le papier ainsi formé est décollé de la toile sans fin, et séché sur 2 cylindres
de diamètre 2,5 m à 100°C - 140°C.
[0081] Après séchage le papier formé a une densité de 125 g/m3.
[0082] Ce papier peut être calandré à chaud. Par exemple à 270°C son épaisseur après calandrage
est de 186 µm, sa densité de 0,665 g/cm
3 et sa résistance à la traction de 90 N/cm. Dans le cas d'un calandrage à 295°C le
même produit a une épaisseur de 154 µm et une densité de 0,812 g/cm3 ; la résistance
traction est alors de 97,5 N/cm.
1. Papiers réactivables constitués de fibres liées entre elles au moyen d'un liant fibreux
et d'un liant chimique, les fibres étant des fibres minérales ou synthétiques présentant
une tenue thermique ≥ 180°C, le liant fibreux étant une pulpe de polyamide ou polyester
totalement aromatique présentant une tenue thermique ≥ 180°C, caractérisé en ce qu'il
est susceptible d'être obtenu par un procédé consistant à:
- introduire dans de l'eau et à l'état divisé. les fibres minérales ou synthétiques,
le liant fibreux sous forme de pulpe et le liant chimique sous forme d'une poudre,
le liant chimique comprenant une résine obtenue à partir d'un N,N'bis-imide d'acide
dicarboxylique non saturé, de formule générale :

dans laquelle :
- D représente un radical divalent contenant une double liaison carbone-carbone,
- A est un radical organique divalent possédant 2 à 30 atomes de carbone, et
- d'une polyamine de formule générale :
R(NH2)x (II)
dans laquelle :
- x est un nombre entier au moins égal à 2,
- R représente un radical organique de valence x,
la quantité de bis-imide étant de 0,55 à 25 moles par groupement molaire -NH
2 apporté par la polyamine, (rapport R compris entre 1 et 50), la résine présentant
une granulométrie inférieure à 100 microns, et étant encore à l'état prépolymère possédant
:
a) - un point de ramollissement compris entre 50 et 200°C,
b) - un taux de motifs NH2 libres pratiquement nul,
c) un degré de réticulation mesuré par le taux de bis-maléimide extractable exprimé
sous forme de double liaison n'ayant pas réagi pour 100 g de prépolymère, compris
entre 0,025 et 0.25
- à mélanger les produits précités sous forte agitation,
- puis à ajouter une solution d'un agent floculant sous légère agitation,
- à former une feuille papetière
- à éliminer l'eau progressivement par gravité puis sous vide,
- à, éventuellement, essorer jusqu'à élimination de la majeure partie de l'eau,
- à sécher ladite feuille à une température comprise entre la température ambiante
et 110°C,
- à densifier la feuille,
- et à traiter thermiquement la feuille séchée à une température comprise entre 50
et 275°C pour faire évoluer la résine au niveau de polycondensation désirée.
2. Papiers selon la revendication 1, caractérisés en ce que le liant chimique peut comprendre
un polyétherimide et/ou un polyester aromatique.
3. Papiers selon la revendication 1 ou 2, caractérisés par le fait qu'ils comportent
:
- une proportion pondérale de fibres dans le papier terminé comprise entre 45 et 85
%,
- une proportion de liant fibreux compnse entre 5 et 20 %,
- une proportion de liant chimique comprise entre 10 et 50 %, et la proportion pondérale
totale étant de 100 %.
4. Papiers selon la revendication 1, caractérisés en ce que les fibres utilisées sont
à base de polyamide-imide.
5. Papiers selon la revendication 1, caractérisés en ce que les fibres utilisées sont
à base de polyamide aromatique.
6. Papiers selon la revendication 1, caractérisés en ce que les fibres utilisées ont
une longueur comprise entre 2 et 10 mm.
7. Papiers selon la revendication 1, caractérisés en ce que le liant fibreux est une
pulpe à base de polyparaphènylène téréphtalamide.
8. Papiers selon la revendication 1, caracténsés en ce que le liant chimique est une
résine issue de la réaction du N,N'-4,4-diphénylméthane bis-imide maléique et de bis-amino(4-phényl)
méthane.
9. Papiers selon la revendication 1, caracténsés en ce que la granulométrie de la résine
est inférieure ou égale à 40 micronmètres.
10. Papiers selon la revendication 1, caractérisés en ce que la granulométrie de la résine
est inférieure ou égale à 15 micronmètres.
11. Papiers selon la revendication 1, caractérisés en ce que la résine polyimide est utilisée
conjointement avec une résine époxy, à raison de au plus 75 % en poids de résine époxy
par rapport à la masse totale du liant chimique.
12. Papiers selon les revendications 1 et 10, caracténsés par le fait que la résine époxy
est présente à raison de 25 à 75 % en poids du poids de liant chimique.
13. Papiers selon la revendication 1, caractérisés en ce que du mica est introduit sous
forme de charge.
14. Articles composites contenant des papiers selon la revendication 1.
1. Reaktivierbare Papiere, bestehend aus Fasern, die untereinander mit Hilfe eines faserförmigen
Bindemittels und eines chemischen Bindemittels verbunden sind, wobei die genannten
Fasern mineralische oder synthetische Fasern mit einer thermischen Beständigkeit ≥
180 °C sind und das faserförmige Bindemittel eine vollständig aromatische Pulpe von
Polyamid oder Polyester mit einer thermischen Beständigkeit ≥ 180 °C ist, dadurch
gekennzeichnet, daß sie geeignet sind, durch ein Verfahren erhalten zu werden, bestehend
aus:
- Eintragen in Wasser von mineralischen oder synthetischen Fasern in verteiltem Zustand,
faserförmigem Bindemittel in Form von Pulpe und chemischem Bindemittel in Form von
Pulver, wobei das chemische Bindemittel ein Harz umfaßt, erhalten ausgehend von einem
N,N'-Bis-Imid einer ungesättigten Dicarbonsäure der allgemeinen Formel (I)

in der
- D einen divalenten Rest mit einer Kohlenstoff-Kohlenstoff-Doppelbindung darstellt,
- A ein divalenter organischer Rest mit 2 bis 30 Kohlenstoffatomen ist, und
- einem Polyamin der allgemeinen Formel (II)
R(NH2)x (II)
in der
- x eine ganze Zahl von mindestens gleich 2 ist,
- R einen organischen Rest der Valenz x darstellt,
wobei die Menge an Bis-Imid 0,55 Mol bis 25 Mol pro molare Gruppe -NH2 beträgt, die durch das Polyamin eingebracht wird (Verhältnis R zwischen 1 und 50),
das Harz eine Granulometrie von unter 100 Mikrometer aufweist und noch im Zustand eines Prepolymers vorliegt, das besitzt:
a) - einen Erweichungspunkt zwischen 50 °C und 200 °C,
b) - einen Gehalt an freien Strukturen NH2 von praktisch null,
c) einen Vernetzungsgrad, gemessen durch den Gehalt an extra- hierbarem Bis-Maleimid,
ausgedrückt in Form von nicht reagiercer Doppelbindung pro 100 g Prepolymer, zwischen
0,025 und 0,25,
- Vermischen der vorstehend genannten Produkte unter kräftigem Rühren,
- anschließend Zugabe der Lösung eines Flockungsmittels unter leichtem Rühren,
- Bilden eines Papierbogens,
- schrittweise Entfernung des Wassers durch die Schwerkraft und anschließend unter
Vakuum,
- gegebenenfalls Zentrifugieren bis zur Entfernung des überwiegenden Teils des Wassers,
- Trocknen des genannten Bogens bei einer Temperatur zwischen der Umgebungstemperatur
und 110 °C,
- verdichten des Bogens, und
- thermische Behandlung des getrockneten Bogens bei einer Temperatur zwischen 50 °C
und 275 °C, um das Harz bis zum Niveau der gewünschten Polykondensation zu entwickeln.
2. Papiere nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß das chemische Bindemittel ein
Polyetherimid und/oder einen aromatischen Polyester umfassen kann.
3. Papiere nach Anspruch 1 oder 2, dadurch gekennzeichnet, daß sie umfassen:
- einen gewichtsmäßigen Anteil von Fasern in dem fertigen Papier zwischen 45 % und
85 %,
- einen Anteil von faserförmigem Bindemittel zwischen 5 % und 20 %,
- einen Anteil von chemischem Bindemittel zwischen 10 % und 50 %, wobei das gesamte
Gewichtsverhältnis 100 % beträgt.
4. Papiere nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß die verwendeten Fasern auf Polyamid-Imid
basieren.
5. Papiere nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß die verwendeten Fasern auf aromatischem
Polyamid basieren.
6. Papiere nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß die verwendeten Fasern eine Länge
zwischen 2 mm und 10 mm besitzen.
7. Papiere nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß das faserförmige Bindemittel
eine Pulpe auf der Basis von Polyparaphenylen-terephthalamid ist.
8. Papiere nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß das chemische Bindemittel ein
Harz ist, das aus der Reaktion von N,N'-4,4-Diphenylmethan-bis-maleinsäure-imid und
Bis-Amino-(4-phenyl)methan stammt.
9. Papiere nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß die Granulometrie des Harzes
niedriger als oder gleich 40 Mikrometer beträgt.
10. Papiere nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß die Granulometrie des Harzes
niedriger als oder gleich 15 Mikrometer beträgt
11. Papiere nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß das Polyimid-Harz gemeinsam mit
einem Epoxyharz in einem Verhältnis von höchstens 75 Gew.-% Epoxyharz verwendet wird,
bezogen auf die Gesamtmasse des chemischen Bindemittels.
12. Papiere nach Anspruch 1 und 10, dadurch gekennzeichnet, daß das Epoxyharz in einem
Verhältnis von 25 Gew.-% bis 75 Gew.-% des Gewichtes des chemischen Bindemittels vorliegt.
13. Papiere nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß Glimmer in Form von Füllstoff
eingetragen wird.
14. Komposit-Artikel, enthaltend Papiere nach Anspruch 1.
1. Reactivable papers consisting of fibres bonded to each other by means of a fibrous
binder and of a chemical binder, the fibres being inorganic or synthetic fibres exhibiting
a heat resistance ≥ 180°C, the fibrous binder being a pulp of wholly aromatic polyamide
or polyester exhibiting a heat resistance ≥ 180°C, characterized in that it is capable
of being obtained by a process consisting:
- in introducing into water and in the divided state the inorganic or synthetic fibres,
the fibrous binder in the form of a pulp and the chemical binder in the form of a
powder, the chemical binder comprising a resin obtained from an N,N'-bisimide of unsaturated
dicarboxylic acid, of general formula:

in which:
- D denotes a divalent radical containing a carboncarbon double bond,
- A is a divalent organic radical containing 2 to 30 carbon atoms, and
- from a polyamine of general formula:
R(NH2)x (II)
in which:
- x is an integer equal to at least 2,
- R denotes an organic radical of valency x,
the quantity of bisimide being from 0.55 to 25 moles per -NH
2 molar group contributed by the polyamine, (ratio R of between 1 and 50), the resin
exhibiting a particle size smaller than 100 microns and being still in the prepolymer
state which has:
a) - a softening point of between 50 and 200°C,
b) - a free NH2 unit content which is practically nil,
c) - a degree of crosslinking, measured as the extractable bismaleimide content expressed
in the form of unreacted double bond per 100 g of prepolymer, of between 0.025 and
0.25,
- in mixing the abovementioned products with energetic agitation,
- in then adding a solution of a flocculating agent with gentle agitation,
- in forming a paper sheet,
- in progressively removing the water by gravity and then under vacuum,
- in optionally draining until most of the water has been removed,
- in drying the said sheet at a temperature between ambient temperature and 110°C,
- in densifying the sheet,
- and in heat treating the dried sheet at a temperature of between 50 and 275°C to
modify the resin to the degree of polycondensation desired.
2. Papers according to Claim 1, characterized in that the chemical binder can comprise
a polyetherimide and/or an aromatic polyester.
3. Papers according to Claim 1 or 2, characterized in that they comprise:
- a weight proportion of fibres in the finished paper of between 45 and 85%,
- a proportion of fibrous binder of between 5 and 20%,
- a proportion of chemical binder of between 10 and 50% and the total weight proportion
being 100%.
4. Papers according to Claim 1, characterized in that the fibres employed are based on
polyamide-imide.
5. Papers according to Claim 1, characterized in that the fibres employed are based on
aromatic polyamide.
6. Papers according to Claim 1, characterized in that the fibres employed have a length
of between 2 and 10 mm.
7. Papers according to Claim 1, characterized in that the fibrous binder is a pulp based
on poly-paraphenylene terephthalamide.
8. Papers according to Claim 1, characterized in that the chemical binder is a resin
produced by the reaction of N,N'-4,4-diphenylmethanebismaleimide and of bisamino (4-phenyl)methane.
9. Papers according to Claim 1, characterized in that the particle size of the resin
is smaller than or equal to 40 micrometres.
10. Papers according to Claim 1, characterized in that the particle size of the resin
is smaller than or equal to 15 micrometres.
11. Papers according to Claim 1, characterized in that the polyimide resin is employed
jointly with an epoxy resin, in a proportion of not more than 75% by weight of epoxy
resin relative to the total mass of the chemical binder.
12. Papers according to Claims 1 and 10, characterized in that the epoxy resin is present
in a proportion of 25 to 75% by weight of the weight of chemical binder.
13. Papers according to Claim 1, characterized in that mica is introduced in the form
of filler.
14. Composite articles containing papers according to Claim 1.