[0001] La présente invention concerne un procédé de fabrication en continu de copolymère
bloc sous forme de résine vinylaromatique transparente résistant au choc ou d'élastomère
séquencé vinylaromatique consistant à polymériser anioniquement en continu en milieu
concentré un monomère vinylaromatique hydrocarboné dans un solvant aromatique hydrocarboné,
le milieu polymérique formé étant, toujours en continu, copolymérisé avec un diène
conjugué avant d'être traité par un composé polyfonctionnel possédant au moins deux
fonctions capables de réagir avec les fonctions terminales du copolymère.
[0002] La copolymérisation anionique, en particulier pour la fabrication de copolymère bloc
étoilé est connue et décrite dans de nombreux brevets dont un des plus représentatifs
est le US-A 3 639 517. Selon ce document la copolymérisation anionique s'effectue
en plusieurs étapes à des pressions suffisantes pour maintenir le milieu réactif fortement
liquide. Bien qu'il soit précisé que la copolymérisation puisse se faire en absence
de solvant, il est impossible de réaliser industriellement en phase sèche cette polymérisation
anionique. En phase sèche, pour obtenir un milieu liquide apte à la polymérisation
anionique, il est nécessaire de travailler à des températures supérieures à 180°C
qui dégradent très rapidement et de manière irréversible les sites actifs. En conséquence,
il serait nécessaire pour cette voie, d'utiliser des réacteurs à très faibles temps
de séjour, de l'ordre de quelques dizaines de secondes. Un tel système est trop risqué
du point de vue industriel.De Ce document il ressort que, pratiquement, la copolymérisation
anionique des monomères vinylaromatiques et diènes conjugués doit se faire en milieu
fortement dilué. C'est d'ailleurs le cas pour le procédé en continu décrit dans le
US-A 4 346 193. La copolymérisation anionique en milieu fortement dilué provoque,
outre l'inconvénient de la manipulation d'une grande quantité de solvant qui nécessite
des appareillages volumineux et des opérations complémentaires pour son élimination
finale, une plus forte dégradation des sites actifs dans les masses polymériques que
dans le cas d'une copolymérisation en milieu concentré.
[0003] Dans le FR-A 2 662 167 est décrit un procédé de fabrication de copolymères blocs
consistant à copolymériser anioniquement en milieu solvant dans une première étape
un monomère vinylaromatique hydrocarboné et dans une seconde étape un diène conjugué.
Le procédé est caractérisé en ce que dans la première étape le monomère vinylaromatique
hydrocarboné est polymérisé en solution dans un solvant aromatique hydrocarboné jusqu'à
l'obtention d'un milieu homogène de viscosité supérieure à 300 Pa.s à 20°C pour une
concentration dans le solvant aromatique hydrocarboné comprise entre 60 et 90 % en
poids. Le procédé est également caractérisé en ce que dans une deuxième étape, après
introduction de diène conjugué, la copolymérisation s'effectue jusqu'à l'obtention
d'un milieu homogène de viscosité supérieure à 300 Pa.s à 90°C pour une concentration
en copolymère dans le solvant aromatique hydrocarboné comprise entre 70 et 90 % en
poids.
[0004] Le procédé selon la présente invention, perfectionnement du procédé du FR-A 2 662
167 précédent, permet d'obtenir des produits de transparence régulière quelle que
soit la durée du cycle de fabrication du copolymère.
[0005] Selon le procédé, dans une batterie de réacteurs montés en série on alimente en continu
un premier réacteur en monomère vinylaromatique hydrocarboné, en solvant aromatique
hydrocarboné et en amorceur de polymérisation anionique de façon à fabriquer un polymère
vinylaromatique sous forme de séquences vivantes. Simultanément on fait passer en
continu dans un deuxième réacteur le polymère vinylaromatique formé de façon telle
qu'afin de conserver un volume constant dans le premier réacteur le débit de sortie
de la solution de polymère corresponde à la somme des débits d'entrée de chacun des
composants introduits, tout en alimentant de façon continue ce deuxième réacteur en
diène conjugué, et, éventuellement en solvant aromatique hydrocarboné, de façon à
former un copolymère bloc vivant. Simultanément on fait passer en continu dans un
troisième réacteur le copolymère bloc formé, de façon telle qu'afin de conserver un
volume constant dans le deuxième réacteur le débit de sortie de la solution de copolymère
corresponde à la somme des débits d'entrée de chacun des composants introduits, tout
en alimentant de façon continue ce troisième réacteur en composé polyfonctionnel possédant
au moins deux fonctions capables de réagir avec les fonctions terminales du copolymère.
Simultanément on fait passer en continu la masse visqueuse homogène de copolymère
dans un quatrième réacteur, dans lequel la température se trouve être supérieure à
celle d'ébullition du solvant aromatique hydrocarboné, de façon telle, qu'afin de
conserver un volume constant dans le troisième réacteur le débit de sortie de la masse
visqueuse corresponde à la somme des débits d'entrée de chacun des composants introduits.
Ce réacteur est habituellement un dégazeur flash constitué d'un préchauffeur tubulaire
encastré dans une chambre de dévolatilisation de forme cylindrique de 30 litres. Il
peut fonctionner à des températures de 180 à 250°C et des pressions de 10 à 1000 mbars,
préférentiellement de 200 à 220°C et 700 à 1000 mbars. En sortie du quatrième réacteur
le copolymère récupéré en continu sous forme de masse fondue peut encore contenir
des traces de solvant qui peuvent être éliminées de façon classique par extrusion
dégazage ou encore par traitement à la vapeur du copolymère sous forme de granulés.
[0006] Le premier réacteur est alimenté en continu en monomère vinylaromatique hydrocarboné
et en solvant aromatique hydrocarboné, de préférence en mélange, dans des proportions
de 50 à 90 % en poids de monomère pour 10 à 50 % en poids de solvant. Simultanément
on alimente le réacteur en initiateur de polymérisation anionique de façon telle qu'il
se trouve toujours en quantité suffisante pour assurer un taux de conversion d'au
moins 95 % du monomère et mieux d'au moins 99 %. Le rapport du débit de monomère vinylaromatique
en grammes par heure sur le débit d'initiateur de polymérisation anionique en moles
par heure pour une conversion totale du monomère est calculé en fonction de la masse
moléculaire moyenne (Mn) du polymère que l'on souhaite obtenir. Habituellement l'initiateur
de polymérisation anionique est introduit en continu simultanément au monomère vinylaromatique
hydrocarboné. Lorsque les débits de monomère et d'initiateur sont parfaitement simultanés
on obtient un polymère de type monomodal. Toutefois dans le cas où est souhaité l'obtention
d'un polymère bimodal ou même polymodal l'initiateur de polymérisation anionique est
introduit de façon intermittente dans le réacteur par injections successives dans
des intervalles de temps donnés qui sont fonction de la quantité d'initiateur introduite
à chaque injection par rapport à la quantité de monomère introduite en continu pendant
la période d'injection à injection.
[0007] Dans ce type de polymérisation en continu le rapport de monomère sur initiateur est
habituellement de 10000 à 150000 en g/mole et de préférence de 10000 à 100000 en g/mole.
[0008] Le milieu réactionnel est polymérisé dans un réacteur vertical parfaitement agité
du type CSTR (continuous stirred tank reactor) à une température de 50°C à 110°C et
de préférence de 70 à 90°C sous une pression maximum de 1 bar, une viscosité de 200
à 500 Pa.s du milieu réactionnel étant maintenue sensiblement constante. Le temps
de séjour moyen des éléments réactionnels dans le réacteur entre leur entrée et leur
sortie est habituellement de 1/2 à 3 heures de façon à ce que le taux de conversion
du monomère vinylaromatique soit d'au moins 95 % et mieux d'au moins 99 %.
[0009] Le monomère vinylaromatique hydrocarboné utilisable dans cette étape de polymérisation
contient de préférence de 8 à 18 atomes de carbone par molécule. Ce peut être par
exemple le styrène, le 3-méthylstyrène, le 4-n-propylstyrène, le 4-cyclohexylstyrène,
seuls ou en mélanges.
[0010] Afin d'obtenir un milieu visqueux homogène, il est recommandé d'utiliser comme solvant
de l'éthylbenzène ou encore du toluène.
[0011] L'initiateur de polymérisation anionique peut être de façon classique un composé
du lithium. Cet initiateur est décrit, en particulier, dans le US-A 3 317 918, le
plus courant étant le n-butyllithium. Il peut être envoyé dans le réacteur en solution
de préférence dans le solvant de polymérisation.
[0012] Au moyen d'un système de pompage classique, à un débit tel que le volume du milieu
réactionnel reste constant dans le réacteur la solution visqueuse de polymère vivant
formé est transporté en continu dans un deuxième réacteur alimenté simultanément en
continu en diène conjugué. le réacteur de type CSTR ou encore de type tubulaire en
écoulement piston PTFR (plug flow tubular reactor) est alimenté en diène conjugué
à un débit adapté à celui du polymère vivant en fonction de la composition finale
désirée du copolymère à former. De façon générale le rapport de débit de diène conjugué
par rapport au polymère vinylaromatique vivant est compris entre 0,1 et 9. La température
dans le milieu de copolymérisation est compris entre 70 et 120°C et de préférence
entre 70 et 100°C sous une pression de 1 à 10 bars, une viscosité de 500 à 5000 Pa.s
et mieux de 500 à 2000 Pa.s du milieu réactionnel étant maintenue sensiblement constante.
Le temps de séjour moyen des éléments réactionnels dans le réacteur entre leur entrée
et leur sortie est habituellement de 1 à 3 heures de façon à ce que le taux de conversion
en copolymère soit d'au moins 95 % et mieux d'au moins 99 %.
[0013] Le diène conjugué peut être envoyé seul dans le réacteur, mais il peut également
être en solution dans un solvant tel l'éthylbenzène ou le toluène, tout en prenant
la précaution que cette solution permette de conserver dans le réacteur la viscosité
minimum requise.
[0014] Le diène conjugué utilisable dans cette deuxième étape possède habituellement de
4 à 12 atomes de carbone dans sa molécule. Ce peut être par exemple le 1,3-butadiène,
l'isoprène, le 2,3-diméthyl-1,3-butadiène.
[0015] Le copolymère vivant finalement obtenu contient habituellement de 10 à 90 parties
de motifs de diène conjugué pour 90 à 10 parties de motifs de monomère vinylaromatique
hydrocarboné.
[0016] Au moyen de système de pompage classique, à un débit tel que le volume du milieu
réactionnel reste constant dans le réacteur, la solution visqueuse de copolymère vivant
formé est transportée en continu dans un troisième réacteur alimenté simultanément
en continu en agent de couplage. Cette réaction de couplage s'effectue dans un réacteur
agité du type CSTR ou PFTR d'un volume utile dans un rapport de 0,5 à 3 du volume
du réacteur de polymérisation du monomère vinylaromatique de la première étape. La
quantité d'agent de couplage introduite est fonction de la quantité d'initiateur de
polymérisation anionique introduite dans la première étape, sachant que pour au moins
une fonction active de l'agent de couplage correspond une fonction active de l'amorceur
de polymérisation anionique. Dans le cas où dans la première étape l'initiateur de
polymérisation anionique est introduit de façon intermittente par injections périodiques
dans le réacteur, pour que l'agent de couplage remplisse parfaitement son rôle, il
est recommandé que la masse de solution copolymérique contenue dans ce troisième réacteur
contienne au moins la quantité de copolymère formé pendant une période d'injection
à injection d'initiateur de polymérisation anionique.
[0017] Cette opération de couplage peut s'effectuer à une température de 90 à 120°C. La
réaction de couplage est pratiquement immédiate entre les fonctions actives de l'agent
de couplage et les fonctions réactives terminales du copolymère. L'agent de couplage
est un composé polyfonctionnel possédant au moins deux fonctions actives capables
de réagir avec les fonctions terminales du copolymère vivant. Le composé polyfonctionnel
possède cependant de préférence au moins trois fonctions réactives de façon à former
des copolymères branchés en étoile. Ces composés polyfonctionnels sont décrits dans
le US-A 3 281 383, ce sont par exemple des polyépoxydes tels que les huiles de lin
ou de soja époxydées, ou encore les polyimines, les polyisocyanates, les polyaldéhydes,
les polyhalogénures, les esters et polyesters comme l'acétate d'éthyle ou l'adipate
de diéthyle. Cet agent de couplage peut être injecté en solution dans un solvant tel
que l'éthylbenzène ou le toluène.
[0018] Au moyen de système de pompage classique, à un débit tel que le volume du milieu
copolymérique reste constant dans le réacteur, la solution de copolymère est transportée
dans un préchauffeur tubulaire vertical communiquant avec une chambre de dévolatilisation
dans laquelle les conditions de température et de pression se trouvent être favorables
à l'évaporation flash du solvant aromatique hydrocarboné. Cette opération peut s'effectuer
à une température de 180 à 250°C. Le produit dégazé obtenu fondu en fond de chambre
est transporté à l'extérieur vers un équipement de granulation, à un débit tel que
la masse visqueuse dans le quatrième réacteur reste constante en volume.
[0019] Les milieux visqueux homogènes dans les réacteurs se présentent en une seule phase
exempte de toute précipitation de matière. Les viscosités inférieures ou égales à
500 Pa.s peuvent être mesurées au moyen d'un appareil RHEOMAT 30 de type COUETTE,
fonctionnant en écoulement permanent. Cet appareil est équipé d'un cellule de mesure
DC50, dite autoclave. Ce type d'appareil est conforme à la norme NF-T51-211. Les viscosités
supérieures ou égales à 500 Pa.s peuvent être mesurées au moyen d'un rhéomètre capillaire
GOETTFERT (RHEOGRAPH 2002) avec un capillaire de 0,5 mm de diamètre et de 30 mm de
longueur, le capteur de pression étant sous 290 bars et la vitesse de cisaillement
de 10 à 1000 s⁻¹. Ces viscosités sont mesurées sous atmosphère inerte.
[0020] Dans la Figure annexée est schématisé l'ensemble de l'appareillage du procédé selon
l'invention. Dans le réacteur A est polymérisé le monomère vinylaromatique arrivant
par la tubulure 1, en présence de l'initiateur de polymérisation anionique arrivant
par la tubulure 2. La polymérisation s'effectuant en présence de solvant, ce dernier
arrive soit par la tubulure 1 en mélange avec le monomère soit séparément par la tubulure
3. La solution polymérique est transportée par la tubulure 4 au moyen d'une pompe
5 dans le réacteur B de copolymérisation dans lequel arrive également le diène conjugué
par la tubulure 6 et éventuellement un autre monomère par la tubulure 7. Par la tubulure
9 au moyen de la pompe 8 la solution copolymérique est transportée dans le réacteur
C dans lequel arrive par la tubulure 10 l'agent de couplage. Au moyen de la pompe
11 la solution de copolymère est envoyée à travers la tubulure 12 dans le surchauffeur
dégazeur D après incorporation d'agent de terminaison de chaines, et, éventuellement,
d'antioxydant par les tubulures 13 et 14. Au moyen de la pompe 15 le copolymère est
envoyé vers l'extérieur sous forme de joncs, refroidis à l'eau et granulés.
[0021] Dans le cadre de l'invention, il est également possible de modifier l'appareillage
pour fabriquer des polymères vinylaromatiques de structures différentes avant de les
copolymériser avec le diène conjugué. Pour cela il est possible de monter en série
entre le réacteur A et le réacteur B au moins un deuxième réacteur A' (non représenté),
lui-même alimenté non seulement en solution polymérique du réacteur A mais encore
en monomère vinylaromatique et en initiateur de polymérisation anionique, la nouvelle
solution polymérique formée étant envoyée dans le réacteur B.
[0022] Il est encore également possible de monter en parallèle plusieurs systèmes de réacteur
A pour fabriquer différents types de polymères servant à alimenter séparément le réacteur
B.
[0023] Les exemples suivants illustrent l'invention sans toutefois la limiter.
EXEMPLE 1 COMPARATIF
[0024] Dans un réacteur vertical parfaitement agité de 30 litres en acier inoxydable équipé
d'une régulation de température et d'un agitateur du type double ruban couplé à un
moteur de 0,55 kw, sont chargés, après une purge à l'azote et plusieurs lavages avec
une solution de n.BuLi dans l'éthylbenzène, 3000 g d'éthylbenzène sec et 9,6 g de
n.BuLi.
[0025] 250 g de styrène sont introduits en moins de 5 minutes à une température comprise
entre 20 et 30°C. La température s'élève à une valeur voisine de 50°C. Cette période
d'amorçage n'excède pas 20 minutes. Sont alors introduits en continu 5000 g de styrène
dans un temps inférieur à 2 heures. En à temps inférieur à 30 minutes la température
s'élève à 70°C.
[0026] Cette température est maintenue pendant cette première étape de polymérisation du
styrène. Lorsque la viscosité du milieu mesurée à 20°C atteint sensiblement 500 Pa.s
sont introduits 1750 g de butadiène liquide. La température s'élève à environ 90°C
et est maintenue à cette valeur pendant la polymérisation du butadiène.
[0027] La pression dans le réacteur est de 7 bars. Lorsque la viscosité du milieu, mesurée
à 90°C atteint sensiblement 580 Pa.s, 38 g d'huile de soja époxydée (ESTABEX 2307
® ) sont introduits dans le réacteur, la température restant maintenue à 90°C pendant
environ 30 minutes.
[0028] Le copolymère est ensuite dégazé en une seule étape flash dans un système classique
constitué d'un préchauffeur tubulaire encastré dans une chambre de dévolatilisation.
Cette opération est réalisée à 200°C à une pression de 700 mbars et permet de générer
des granulés d'une résine transparente dont la teneur résiduelle en solvant est comprise
entre 1 et 2%. Ce solvant résiduel peut être éliminé par dégazage, soit par extrusion
sous vide soit par étuvage des granulés sous vide, environ 100°C sous 15 mbars, ou
encore par extraction (stripping) à l'eau sur les granulés. La teneur résiduelle finale
en solvant est inférieure à 300 ppm.
[0029] Les masses moléculaires déterminées à partir des courbes GPC (chromatographie par
perméation de gel ou gel perméation chromatography) pour les produits de chacune des
étapes sont données dans le tableau suivant :
| |
Mw |
Mn |
I |
| PS |
42 000 |
35 000 |
1.2 |
| SB |
60 000 |
46 000 |
1.3 |
| SB* |
122 000 |
72 000 |
1.7 |
- Mw =
- Masse moléculaire moyenne en poids
- Mn =
- Masse moléculaire moyenne en nombre
- I =
- Mw/Mn
- PS=
- Polystyrène de la première étape
- SB =
- Copolymère de la seconde étape
- SB* =
- Copolymère après traitement avec l'huile de soja époxy dée
[0030] Le copolymère de la seconde étape se présente sous la forme d'un seul pic (monomodal)
comme le prévoit le modèle.
[0031] L'opération est répétée dix fois consécutives sans lavage du réacteur entre chaque
opération. La quantité de granulés récupérés au terme de l'ensemble est de 67.5 Kg.
Après chaque opération, on indique la transparence par une mesure de Haze réalisée
avec un spectrocolorimètre COLORQUEST selon la norme ASTM D1003:
| Op.N° |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
6 |
7 |
8 |
9 |
10 |
| % Haze |
5 |
6 |
6 |
7 |
7 |
8 |
9 |
11 |
13 |
15 |
[0032] L'augmentation de l'indice de voile (Haze) atteste d'une détoriation de la transparence.
EXEMPLE 2
[0033] Un réacteur vertical A parfaitement agité de 10 litres en acier inoxydable équipé
d'une régulation de température et d'un agitateur du type double ruban couplé à un
moteur de 0,55 Kw, est alimenté d'une part en mélange styrène-éthylbenzène à 64 %
en poids de styrène avec un débit constant du mélange de 7,8 kg/h et d'autre part
en n-butyllithium (n-BuLi) sous forme d'une solution à 1,6 mole/l⁻¹ dans l'éthylbenzène
à un débit constant de 11 g/h de n-BuLi. Le volume réactionnel dans le réacteur est
fixé à 8,7 litres de manière à fixer un temps de séjour moyen des réactifs de 1 heure.
La température de la réaction est maintenue à 70°C. La viscosité est maintenue dans
le milieu à 300 Pa.s.
[0034] Le taux de conversion du styrène est sensiblement de 100 %. Les caractéristiques
moléculaires du polystyrène déterminées par GPC sont données dans le tableau suivant
:
| |
Mw |
Mn |
I |
| PS obtenu |
67 000 |
32 000 |
2.1 |
| PS du Modèle Théorique |
60 000 |
30 000 |
2.0 |
[0035] Le polystyrène présente un seul pic large I = 2.1 dont les caractéristiques sont
très proches de la distribution la plus probable que prévoit le modèle.
[0036] Au moyen d'une pompe à engrenage est prélevé en continu à la base du réacteur A le
mélange visqueux polystyrénique en quantité telle que le volume reste constant dans
ledit réacteur et envoyé dans le réacteur B qui reçoit simultanément en continu à
un débit constant de 1670 g/h du butadiène liquide. Le réacteur B de 30 litres est
pour le reste identique au réacteur A. Le volume réactionnel dans B est maintenu constant
à 12 litres de manière à fixer un temps de séjour moyen des réactifs de 1 heure. La
température du milieu est maintenue à 77,3°C pour une pression de 2 bars absolus.
La viscosité du milieu est maintenue à 690 Pa.s. Toujours au moyen d'une pompe à engrenage
le mélange visqueux prélevé en continu est envoyé dans le réacteur C qui reçoit simultanément
en continu à un débit constant 38,6 g/h de l'huile de soja époxydée (ESTABEX 2307).
Le réacteur C est identique au réacteur B. Le volume réactionnel dans C est également
maintenu constant à 12 litres.
[0037] Le copolymère couplé est ensuite antioxydé par un mélange IRGANOX 1076 ® -trinononylphénylphosphite
en proportion de 1/2 à raison de 75 g/h du mélange avant d'être dégazé en continu
dans les conditions identiques à celles de l'exemple 1.
| |
Mw |
Mn |
I |
| SB |
102 000 |
54 000 |
1.9 |
| SB* |
154 000 |
82 000 |
1.9 |
- SB =
- copolymère de la deuxième étape
- SB* =
- copolymère après traitement avec l'huile de soja époxy dée.
[0038] Chaque distribution de masses se présente sous forme d'un seul pic.
[0039] Un lot de granulés est prélevé toutes les heures pendant 10 heures pour mesurer la
transparence. Son évolution au cours du temps est donnée dans le tableau suivant :
| Temps (h) |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
6 |
8 |
9 |
10 |
| % Haze |
6 |
5 |
5 |
6 |
7 |
5 |
5 |
6 |
6 |
[0040] Elle est constante à une valeur de l'ordre de 6 ce qui montre l'intérêt du procédé
continu pour produire un état stationnaire des propriétés de transparence.
EXEMPLE 3
[0041] Cet exemple est identique à l'exemple 2 à l'exception prés que le n-BuLi est injecté
par intermittence à raison de 110 g/h pendant 12 minutes toutes les deux heures après
la fin de l'injection précédente, et, que les temps de séjour dans les réacteurs B
et C sont de 2 heures au lieu de 1 heure.
[0042] En fonctionnement continu les milieux réactionnels n'atteignent jamais un état stationnaire
mais passent par des états transitoires qui se reproduisent exactement toutes les
deux heures. Pour comparer avec les autres exemples des prélèvements aux différentes
étapes ont été réalisés toutes les dix minutes sur deux heures mélangés à parts égales
et analysés.
[0043] Les résultats en distribution de masses moléculaires sont donnés dans le tableau
suivant :
| |
Mw |
Mn |
I |
| PS |
86 000 |
33 000 |
2.6 |
| SB |
100 000 |
55 000 |
1.8 |
| SB* |
154 000 |
78 000 |
1.9 |
[0044] Les distributions obtenues pour le PS et le SB sont bimodales avant le couplage.
[0045] Les transparences obtenues avec les granulés de SB* collectés toutes les deux heures
sont les suivantes :
| Temps (h) |
2 |
4 |
6 |
8 |
10 |
| % Haze |
6 |
7 |
7 |
7.5 |
6 |
1. Procédé de fabrication en continu de copolymère bloc sous forme de résine vinylaromatique
transparente résistant au choc ou d'élastomère séquencé vinylaromatique consistant
à alimenter en continu
a) un premier réacteur en monomère vinylaromatique hydrocarboné, en solvant aromatique
hydrocarboné et en initiateur de polymérisation anionique, le rapport du monomère
au solvant étant tel que la viscosité du milieu est maintenu entre 200 et 500 Pa.s
pour une concentration en monomère de 50 à 90 % en poids pour 10 à 50 % en poids de
solvant et le rapport de monomère sur initiateur étant de 10000 à 150000 g/mole,
b) un deuxième réacteur d'une part en solution visqueuse de polymère vivant, le monomère
vinylaromatique ayant un taux de conversion d'au moins 95 %, à un débit tel que le
volume du premier réacteur reste constant et d'autre part en diène conjugué de façon
que le rapport de débit de diène conjugué par rapport au polymère vinylaromatique
vivant soit compris entre 0,1 et 9 et que la viscosité du milieu réactionnel soit
maintenue sensiblement constante de 500 à 2000 Pa.s,
c) un troisième réacteur d'une part en solution visqueuse de copolymère vivant au
taux de conversion d'au moins 95 % à un débit tel que le volume du deuxième réacteur
reste constant, et, d'autre part en agent de couplage en quantité fonction de la quantité
d'initiateur de polymérisation anionique initiale sachant que pour au moins une fonction
active de l'agent de couplage correspond une fonction active de l'amorceur de polymérisation
anionique.
2. Procédé selon la revendication 1 caractérisé en ce que l'initiateur de polymérisation
anionique est introduit de façon intermittente par injections successives dans des
intervalles de temps donnés qui sont fonction de la quantité d'initiateur introduit
à chaque injection par rapport à la quantité de monomère introduite en continu pendant
la période d'injection à injection.
3. Procédé selon l'une des revendications 1 ou 2 caractérisé en ce que la température
de polymérisation du monomère vinylaromatique est de 50°C à 110°C pour une pression
maximum de 1 bar, la température dans le milieu de copolymérisation étant compris
entre 70 et 120°C pour une pression de 1 à 10 bars.
4. Procédé selon l'une des revendications 1 à 3 caractérisé en ce que le copolymère vivant
contient de 10 à 90 parties de motifs de diène conjugué pour 90 à 10 parties de motifs
de monomère vinylaromatique hydrocarboné.
5. Procédé selon l'une des revendications 2 à 4 caractérisé en ce que la masse de solution
copolymérique contenue dans le troisième réacteur contient au moins la quantité de
copolymère formé pendant une période d'injection à injection d'initiateur de polymérisation
anionique.
6. Procédé selon l'une des revendications 1 à 5 caractérisé en ce que l'agent de couplage
est un composé polyfonctionnel possédant au moins deux fonctions actives capables
de réagir avec les fonctions terminales du copolymère vivant.