[0001] L'invention concerne les échangeurs de chaleur et notamment ceux destinés à être
utilisés comme condenseurs dans des installations de climatisation pour véhicules
automobiles.
[0002] Les échangeurs de chaleur de ce type comprennent au moins une boîte à fluide reliée
à un faisceau de tubes et munie d'au moins une tubulure de raccordement servant à
l'entrée ou à la sortie d'un fluide, par exemple d'un fluide frigorigène dans le cas
d'un condenseur.
[0003] Dans de tels échangeurs de chaleur, il peut être prévu soit une seule boîte à fluide
raccordée à un faisceau de tubes en épingle ou en U, soit deux boîtes à fluide raccordées
respectivement aux deux extrémités d'un faisceau de tubes rectilignes.
[0004] L'invention concerne plus particulièrement une tubulure pour une boîte à fluide d'échangeur
de chaleur, cette tubulure comprenant un corps tubulaire cylindrique délimité par
une paroi métallique et prolongée par une extrémité tubulaire aplatie, obtenue par
déformation de la paroi et propre à être emmanchée dans une ouverture oblongue ménagée
au travers d'une paroi métallique de la boîte à fluide.
[0005] Elle concerne aussi une boîte à fluide munie d'une telle tubulure.
[0006] Les tubulures du type précité sont généralement raccordées à des boîtes à fluide
de faibles dimensions transversales, en particulier à des boîtes à fluide tubulaires,
telles que celles utilisées dans les condenseurs. De telles tubulures possèdent généralement
un corps cylindrique circulaire et elles sont le plus souvent raccordées à des boîtes
à fluide de forme cylindrique circulaire, dont le diamètre est voisin de celui du
corps des tubulures.
[0007] En aplatissant l'extrémité de la tubulure pour lui conférer une forme généralement
oblongue, on facilite son emmanchement dans une ouverture de forme oblongue ménagée
dans la paroi de la boîte à fluide, tout en permettant de choisir l'implantation et
l'orientation de la tubulure sur la boîte à fluide.
[0008] Dans les tubulures connues de ce type, la déformation de l'extrémité aplatie s'effectue
de façon progressive à partir du corps cylindrique, ce qui crée ainsi une zone de
transition, ou zone de déformation intermédiaire, dans laquelle la paroi de la tubulure
forme un épaulement arrondi.
[0009] Ceci est le cas en particulier dans l'échangeur de chaleur du document FR-A-2 249
299, bien que la boîte à fluide et la tubulure de cet échangeur de chaleur puissent
être réalisées en matière plastique, ce qui n'est pas le cas dans l'invention.
[0010] Il en résulte que, dans la zone de transition précitée, la tubulure ne peut conserver
une aussi bonne résistance à la pression du fluide que dans le corps de la tubulure.
[0011] De plus, cette zone de transition augmente l'encombrement en hauteur de la tubulure
du fait que le corps cylindrique de celle-ci se trouve obligatoirement rattaché à
une certaine distance de la paroi de la boîte à fluide, laquelle dépend du rayon de
courbure de l'épaulement arrondi.
[0012] L'invention a notamment pour but de surmonter les inconvénients précités.
[0013] Elle propose en conséquence une tubulure de raccordement du type mentionné en introduction,
qui comprend au moins une découpe de cisaillement qui est pratiquée dans l'épaisseur
de la paroi et qui s'étend sur une partie de la périphérie de la tubulure, dans une
région comprise entre le corps et l'extrémité aplatie, pour former une lèvre frontale
située du côté du corps et propre à prendre appui contre la paroi de la boîte à fluide
après emmanchement de l'extrémité aplatie de la tubulure dans l'ouverture oblongue
de la boîte à fluide.
[0014] Ainsi, au lieu d'avoir une zone de transition où la paroi de la tubulure se déforme
progressivement, comme c'était le cas dans la technique antérieure, la paroi de la
tubulure forme un décrochement brusque dans une région comprise entre le corps et
l'extrémité aplatie.
[0015] Ce décrochement brusque résulte de la découpe de cisaillement formant une lèvre d'appui
propre à s'appliquer contre la paroi de la boîte à fluide, après emmanchement de la
tubulure.
[0016] Il en résulte que la tubulure conserve la forme cylindrique de son corps et cela
jusqu'à la zone où se situe la découpe de cisaillement, ce qui permet de donner à
la tubulure une forme cylindrique sur toute sa longueur et d'améliorer ainsi sa tenue
à la pression.
[0017] En outre, du fait qu'il n'existe plus de zone de transition entre le corps cylindrique
et l'extrémité aplatie, l'encombrement en hauteur de la tubulure se trouve diminué.
[0018] Selon une autre caractéristique de l'invention, la tubulure de raccordement comprend
au moins une découpe de cisaillement qui est pratiquée, au moins en partie, sur une
profondeur supérieure à l'épaisseur de la paroi, de manière à ménager une fente formée
par un décrochement de la paroi.
[0019] En variante, la tubulure de raccordement comprend au moins une découpe de cisaillement
qui est pratiquée sur une profondeur inférieure à l'épaisseur de la paroi. Il en résulte
ainsi un décrochement de la paroi, sans formation de fente comme précédemment.
[0020] L'invention s'applique en particulier à une tubulure de raccordement dans laquelle
l'extrémité aplatie comporte deux tronçons de paroi plans et opposés.
[0021] Conformément à l'invention, la tubulure comprend alors deux découpes de cisaillement
pratiquées respectivement à proximité des deux tronçons de paroi.
[0022] De façon avantageuse, la lèvre frontale formée par la découpe de cisaillement possède
un profil propre à épouser la forme de la paroi de la boîte à fluide, après emmanchement
de la tubulure. Il en résulte une coopération de forme entre la tubulure et la boîte
à fluide qui facilite ensuite leur raccordement.
[0023] Dans une forme de réalisation préférée de l'invention, le corps de la tubulure est
cylindrique circulaire.
[0024] Sous un autre aspect, l'invention concerne une boîte à fluide d'échangeur de chaleur
comportant une paroi métallique munie d'une ouverture oblongue, cette boîte à fluide
étant munie d'une tubulure de raccordement, dont l'extrémité aplatie est emmanchée
dans l'ouverture oblongue précitée de manière que la lèvre frontale de la ou chaque
découpe de cisaillement vienne en butée contre la paroi de la boîte à fluide.
[0025] Avantageusement, la paroi métallique est à génératrices parallèles et l'ouverture
oblongue possède une grande dimension qui s'étend dans une direction sensiblement
parallèle aux génératrices.
[0026] Selon une autre caractéristique de l'invention, la paroi métallique de la boîte à
fluide est de forme cylindrique circulaire.
[0027] Dans une forme de réalisation préférée de l'invention, la tubulure de raccordement
est assemblée à la boîte à fluide par soudage ou par brasage.
[0028] Dans la description qui suit, faite seulement à titre d'exemple, on se réfère au
dessin annexé, sur lequel :
- la figure 1 est une vue en perspective d'une tubulure de raccordement selon l'invention
;
- la figure 2 est une vue d'extrémité de la tubulure de raccordement de la figure 1,
vue du côté de l'extrémité aplatie ;
- la figure 3 est une vue partielle de dessus de la tubulure de raccordement des figures
1 et 2 ;
- la figure 4 est une vue en coupe selon la ligne IV-IV de la figure 3, montrant le
raccordement de la tubulure à une boîte à fluide d'échangeur de chaleur, représentée
en trait interrompu ;
- la figure 5 est une vue en coupe longitudinale d'une tubulure de raccordement selon
l'invention, raccordée à une paroi plane d'une boîte à fluide ; et
- la figure 6 est une vue analogue à celle de la figure 5 montrant, à des fins de comparaison,
le raccordement d'une tubulure de raccordement selon la technique antérieure à une
même paroi plane.
[0029] On se réfère tout d'abord aux figures 1 à 4 qui représentent une tubulure de raccordement
10 selon l'invention qui comprend un corps tubulaire cylindrique 12 qui, dans l'exemple,
est de configuration cylindrique circulaire, d'axe X-X (figures 2 et 4). Le corps
12 est délimité par une paroi métallique 14, par exemple en cuivre ou en aluminium,
possédant une épaisseur e (figure 4). Le corps 12 possède une première extrémité 16
qui, dans l'exemple, est droite mais qui pourrait être coudée, le cas échéant.
[0030] Du côté opposé à l'extrémité 16, le corps 12 se prolonge par une extrémité tubulaire
aplatie 18, obtenue par déformation de la paroi 14.
[0031] Dans l'exemple, l'extrémité 18 possède une section droite oblongue, de forme sensiblement
rectangulaire, délimitée par deux tronçons de paroi 20, parallèles entre eux et s'étendant
sur une longueur L₁ et par deux tronçons de paroi 22, parallèles entre eux et s'étendant
sur une longueur L₂, inférieure à L₁ (figures 1 et 2). Les tronçons de parois 20 se
raccordent perpendiculairement aux tronçons de parois 22 par des bords arrondis 24.
[0032] Dans l'exemple, la longueur externe L₁ de l'extrémité aplatie 18 est sensiblement
égale au diamètre externe D du corps 12 et la longueur externe L₂ est sensiblement
inférieure à D-2e. L'extrémité aplatie 18 forme ainsi un cadre de forme générale rectangulaire
dont les génératrices sont parallèles à l'axe X-X.
[0033] Conformément à l'invention, l'extrémité aplatie 18 est obtenue, au moins en partie,
par une action de cisaillement appliquée à la paroi 14 de la tubulure, suivant une
direction sensiblement perpendiculaire à l'axe X-X et dans une région déterminée comprise
entre le corps 12 et l'extrémité aplatie 18.
[0034] Dans l'exemple, la tubulure comprend deux découpes de cisaillement 26 pratiquées
dans l'épaisseur e de la paroi 14, dans des régions opposées de cette dernière, le
cisaillement étant effectué suivant deux directions voisines de la perpendiculaire
à l'axe X-X. Les découpes 26 sont effectuées sur une profondeur maximale sensiblement
égale à 2e et donc supérieure à l'épaisseur de la paroi 14.
[0035] Chacune des découpes de cisaillement 26 forme une lèvre frontale 28 qui est située
du côté du corps 12 et qui présente une forme générale en arc-de-cercle, de configuration
non plane (figures 1 à 4).
[0036] Comme chacune des découpes 26 possède une profondeur maximale supérieure à l'épaisseur
de la paroi 14, il se forme entre chaque lèvre 28 et le tronçon de paroi 20 adjacente
une fente 30 qui est visible sur les figures 1, 2 et 4. La paroi 14 du corps 12 forme
ainsi deux décrochements situés dans des régions diamétralement opposées et aboutissant
aux deux tronçons de paroi 20.
[0037] Les quatre bords arrondis 24 de l'extrémité aplatie 18 sont en saillie par rapport
à la paroi externe du corps 12. On obtient aussi, du fait de l'action de cisaillement,
quatre chanfreins 32, raccordant respectivement les bords 24 à l'extérieur du corps
12 et quatre chanfreins 34, raccordant respectivement l'intérieur des bords 24 avec
l'intérieur du corps 12.
[0038] Comme montré sur la figure 4, à laquelle on se réfère maintenant, l'extrémité aplatie
18 de la tubulure 10 est destinée à être emmanchée dans une boîte à fluide 36 d'échangeur
de chaleur, représentée en trait interrompu. Dans l'exemple, la boîte à fluide 36
est délimitée par une paroi métallique 38 de forme cylindrique circulaire dont les
génératrices s'étendent perpendiculairement à la feuille du papier. Dans la paroi
38, est ménagée une ouverture oblongue 40 ayant un contour intérieur de forme homologue
à celle du contour extérieur de l'extrémité aplatie 18 pour permettre une coopération
de forme. L'ouverture 40 possède ainsi une forme générale oblongue rectangulaire dont
la petite dimension s'étend dans le plan du dessin et dont la grande dimension s'étend
perpendiculairement au plan du dessin, c'est-à-dire parallèlement aux génératrices
de la paroi 38.
[0039] Dans l'exemple, la boîte à fluide 36 fait partie d'un échangeur de chaleur et est
raccordée aux tubes 42 d'un faisceau. Chaque tube 42 s'étend suivant une direction
Y-Y, non parallèle à X-X, et possède une première extrémité 44 introduite dans une
ouverture de forme homologue ménagée dans la paroi 38. Chaque tube présente une extrémité
opposée (non représentée) destinée à être reçue dans une boîte à fluide analogue.
[0040] Comme le montre la figure 4, chacune des deux lèvres frontales 28 de la tubulure
10 vient en appui contre la paroi métallique 38 de la boîte à fluide 36 pour former
ainsi butée à l'emmanchement. Comme indiqué précédemment, chacune des lèvres frontales
28 possède une forme en arc-de-cercle non plan, comme on le comprend mieux sur la
figure 3. La forme non plane de l'arc-de-cercle est choisie de telle sorte que chaque
lèvre 28 possède un profil propre à épouser la forme de la paroi 38 après emmanchement
de l'extrémité aplatie 18 dans l'ouverture 40.
[0041] Après emmanchement, la tubulure 10 est assemblée de façon définitive à la boîte à
fluide 36 par brasage ou par soudage, de manière à procurer un métal d'apport en fusion
venant combler les espaces libres entre la tubulure 10 et l'ouverture 40. On comprend,
d'après la figure 4, que la tubulure 10 peut être disposée suivant un emplacement
et avec une orientation choisis par rapport à la paroi 38 de la tubulure 36.
[0042] Comme montré à la figure 5, l'extrémité aplatie 18 de la tubulure 10 est ici engagée
dans une ouverture 46 ménagée au travers d'une paroi plane 48 d'une boîte à fluide.
Etant donné que l'extrémité aplatie la résulte d'une action de découpe par cisaillement,
l'encombrement de la tubulure correspond à la hauteur H₁ du corps 12.
[0043] On comprendra que l'on peut ainsi garder une forme proche du cylindre à la tubulure
sur toute sa longueur, ce qui permet une bonne tenue à la pression, comme déjà indiqué.
[0044] On se réfère maintenant à la figure 6 qui montre, à des fins de comparaison, une
tubulure de raccordement 50, selon l'art antérieur, comprenant un corps cylindrique
52 raccordé à une extrémité aplatie 54 par l'intermédiaire d'une zone de transition
56, dans laquelle la paroi de la tubulure forme un épaulement arrondi.
[0045] Du fait de l'existence de cette zone de transition, la tubulure présente, pour un
corps 52 de même hauteur H₁ que le corps 12 de la figure 5, un encombrement total
H₂ supérieur à H₁. Dans l'exemple, cette hauteur H₂ est égale à H₁ + h, la valeur
h représentant la hauteur de la zone de transition déjà citée, qui, elle, peut varier
en tenant compte de la variation de la limite élastique du matériau constitutif.
[0046] L'invention trouve une application à la mise en place de tubulures de raccordement
sur des boîtes à fluide d'échangeur de chaleur, en particulier des boîtes à fluide
faisant partie de condenseurs pour les installations de climatisation de véhicules
automobiles.
1. - Tubulure de raccordement pour une boîte à fluide d'échangeur de chaleur, comprenant
un corps tubulaire cylindrique (12) délimité par une paroi métallique (14) et prolongé
par une extrémité tubulaire aplatie (18) obtenue par déformation de la paroi (14)
et propre à être emmanchée dans une ouverture oblongue (40) ménagée dans une paroi
métallique (38) de la boite à fluide (36), caractérisée en ce que la tubulure de raccordement
(10) comprend au moins une découpe de cisaillement (26) qui est pratiquée dans l'épaisseur
de la paroi (14) et qui s'étend sur une partie de la périphérie de la tubulure, dans
une région comprise entre le corps et l'extrémité aplatie, pour former une lèvre frontale
(28), située du côté du corps (12) et propre à prendre appui contre la paroi (38)
de la boîte à fluide (36) après emmanchement de l'extrémité aplatie (18) de la tubulure
(10) dans l'ouverture oblongue (40) de la boîte à fluide (36).
2. - Tubulure de raccordement selon la revendication 1, caractérisée en ce qu'elle comprend
au moins une découpe de cisaillement (26) pratiquée, au moins en partie, sur une profondeur
supérieure à l'épaisseur (e) de la paroi (40), de manière à ménager une fente (30)
dans un décrochement de la paroi.
3. - Tubulure de raccordement selon la revendication 1, caractérisée en ce qu'elle comprend
au moins une découpe de cisaillement (26) pratiquée sur une profondeur inférieure
à l'épaisseur (e) de la paroi (40).
4. - Tubulure de raccordement selon l'une des revendications 1 à 3, dans laquelle l'extrémité
aplatie (18) comporte deux tronçons de paroi plans et opposés (20), caractérisée en
ce qu'elle comprend deux découpes de cisaillement (26) pratiquées respectivement à
proximité des deux tronçons de paroi (20).
5. - Tubulure de raccordement selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisée en ce
que la lèvre frontale (28) formée par la découpe de cisaillement (26) possède un profil
propre à épouser la forme de la paroi (38) de la boîte à fluide (36) après emmanchement
de la tubulure.
6. - Tubulure de raccordement selon l'une des revendications 1 à 5, caractérisée en ce
que le corps (12) de la tubulure (10) est cylindrique circulaire.
7. - Boîte à fluide d'échangeur de chaleur comportant une paroi métallique (38) dans laquelle
est ménagée une ouverture oblongue (40), caractérisée en ce qu'elle est munie d'une
tubulure de raccordement (10) selon l'une des revendications 1 à 6, dont l'extrémité
aplatie (18) est emmanchée dans l'ouverture oblongue (40) de manière que la lèvre
frontale (28) de la découpe de cisaillement vienne en butée contre la paroi (38) de
la boîte à fluide (36).
8. - Boîte à fluide selon la revendication 7, caractérisée en ce que sa paroi métallique
(38) est à génératrices parallèles et en ce que l'ouverture oblongue (40) possède
une grande dimension qui s'étend dans une direction sensiblement parallèle aux génératrices.
9. - Boîte à fluide selon la revendication 8, caractérisée en ce que la paroi métallique
(38) est de forme cylindrique circulaire.
10. - Boîte à fluide selon l'une des revendications 7 à 9, caractérisée en ce que la tubulure
de raccordement (10) est assemblée à la boite à fluide (36) par soudage ou par brasage.