[0001] L'invention se rapporte à un dispositif pour l'identification de tubes dits paillettes
pour la conservation cryogénique de liquides biologiques, notamment cultures virales,
et comportant une enveloppe constituée d'un tronçon de tube en matériau transparent
approprié de diamètre courant régulier avec ses extrémités aplaties formant scellement
autogène de largeur supérieure au diamètre courant.
[0002] Le document de brevet FR-A-2 651 793 décrit un tube dit paillette pour la conservation
cryogénique d'échantillons biologiques, notamment culture virale, formé d'un tronçon
d'enveloppe tubulaire calibrée en matériau polymère sensiblement transparent, biologiquement
neutre, muni d'un scellement à chacune de ses deux extrémités et comportant, au voisinage
d'une première extrémité, un obturateur glissant comprenant un gel aqueux entre deux
tampons en matériau élastique poreux, qui se distingue de l'état de la technique en
ce que le matériau polymère est une résine ionomère, et les scellements d'extrémité
sont formés par soudage autogène du tube sur une étendue axiale déterminée.
[0003] Ces paillettes sont, grâce aux propriétés physiques des résines ionomères, notamment
leur comportement thermoplastique aux températures ambiante et supérieures, qui permet
un scellement par soudage autogène excellent, leur résistance aux chocs thermiques
entre la température ambiante et les températures cryogéniques, et leur absence de
fragilisation à ces températures, extrêmement fiables pour la conservation cryogénique
de liquides biologiques rares ou dangereux, tels que produits de génie génétique ou
virus.
[0004] Toutefois, il s'est avéré que les résines ionomères, et notamment celles dont les
propriétés à température cryogénique sont plus attrayantes, se prêtent moins bien
à l'impression que les matériaux utilisés pour la fabrication de paillettes de grande
diffusion (par exemple paillettes pour l'insémination artificielle des bovins ou ovins),
les composants des encres utilisées pour l'impression diffusant moins bien dans les
résines ionomères, conduisant à des caractères moins nets et plus sensibles à l'effacement.
[0005] En outre, même si ces composants d'encre diffusent moins bien dans les résines ionomères,
il existe des risques que la diffusion de solvants à travers la paroi mince (quelques
dixièmes de millimètres) vienne interférer avec le liquide biologique, ou que la diffusion
de solvant dans l'épaisseur de la paroi détériore les propriétés de la résine ionomère
aux températures cryogéniques.
[0006] Enfin, il apparaît souhaitable, dès lors que la rareté des échantillons de liquides
biologiques, ou leur dangerosité, conduisent à diminuer le nombre d'exemplaires de
paillettes contenant un même liquide biologique, d'améliorer la distinctivité des
paillettes pour réduire la fréquence des erreurs de choix. D'autant que la conservation
cryogénique a pour effet de recouvrir de givre les paillettes dès leur sortie de l'azote
liquide, et donc de rendre malaisée l'identification à partir des seules indications
imprimées.
[0007] Aussi l'invention propose un dispositif pour l'identification de tubes dits paillettes
utilisés pour la conservation cryogénique de liquides biologiques, notamment cultures
virales et comportant une enveloppe constituée d'un tronçon de tube en matériau transparent
approprié de diamètre courant régulier avec ses extrémités aplaties formant scellements
autogènes de largeur supérieure au diamètre courant, dispositif caractérisé en ce
qu'il consiste en une longueur de gaine en matière polymère formant support de signes
d'identification, enfilée sur le tronçon de tube entre les scellements d'extrémité
avec un diamètre intérieur inférieur à la largeur des scellements.
[0008] La longueur de gaine se trouve ainsi emprisonnée entre les deux scellements d'extrémité
de la paillette, sans possibilité de s'évader tant qu'une extrémité scellée n'aura
pas été tranchée.
[0009] Autrement dit, la gaine est mise en place en même temps que le contenu de la paillette
est enfermé, et ne peut quitter la paillette tant qu'on n'aura pas entrepris d'en
prélever le contenu en tranchant une extrémité.
[0010] La longueur de gaine peut être choisie en un matériau qui accepte l'impression de
façon excellente et qui, en outre, est susceptible par son aspect propre, de constituer
des éléments d'identification. Et il n'y a pas de risque que les composants d'encre
d'impression disposés sur la gaine viennent migrer dans le matériau de paillettes.
[0011] Les signes d'identification peuvent comporter des caractères imprimés, une coloration
de la matière de gaine, ou même un rapport de longueur entre paillette et gaine.
[0012] En disposition préférée, le diamètre de gaine étant suffisant en soi pour permettre
un coulissement sous son propre poids, la gaine est déformée à une extrémité pour
serrer élastiquement le tube en au moins deux points diamétralement opposés. L'enfilage
de la gaine reste ainsi aisé, avant les scellements d'extrémité, mais, une fois passée
l'extrémité déformée, la gaine restera à une position fixée sur la paillette. On conçoit
que l'identification d'une paillette deviendrait malaisée si la longueur de gaine
pouvait librement coulisser le long de la paillette, et glisser ainsi vers l'extrémité
inférieure de la paillette lors de l'introduction de celle-ci dans le vase cryogénique,
nécessairement par la partie supérieure du vase.
[0013] Des caractéristiques secondaires et des avantages de l'invention ressortiront d'ailleurs
de la description qui va suivre à titre d'exemple, en référence aux dessins annexés
dans lesquels:
La figure 1A représente une paillette avant remplissage;
La figure 1B représente une gaine d'identification selon l'invention;
La figure 2 représente une paillette remplie et scellée, et munie d'une gaine d'identification;
La figure 3 représente, en vue perspective, un détail de l'arrêt de la gaine sur la
paillette;
La figure 4 est une vue en bout du montage de la gaine sur la paillette.
[0014] Selon le mode de réalisation choisi et représenté sur les figures, un tube ou paillette
1 se présente à l'origine, comme représenté figure 1A, sous la forme d'un tronçon
de tube calibré, c'est-à-dire d'un diamètre extérieur courant régulier, ouvert à ses
deux extrémités 1
a et 1
b, et constitué d'un résine ionomère comme décrit dans le document FR-A-2 651 793.
A proximité de l'extrémité 1
a est disposé un obturateur glissant tel que décrit dans le document FR-A-995 878 du
20 septembre 1948. Cet obturateur est constitué d'une dose de poudre susceptible de
se gélifier au contact d'un liquide aqueux, entre deux tampons poreux.
[0015] On a préparé une longueur de gaine 3 (figure 1B) avec un diamètre intérieur 30 (voir
figure 4) supérieur au diamètre extérieur 10 de la paillette 1, cette longueur correspond
approximativement au tiers de celle de la paillette 1. La gaine 3 est en matériau
thermoplastique facilement extrudable, tel qu'un poly(chlorure de vinyle) et coloré
dans la masse. Comme on le voit mieux sur le figures 3 et 4, la gaine 3 a été, à une
extrémité 3
a, ovalisée par étirement selon un grand axe 31 de façon à présenter un petit axe 32
qui, à l'état libre (figure 1B), est légèrement plus faible que le diamètre extérieur
10 de la paillette 1.
[0016] Immédiatement avant le remplissage de la paillette 1, la longueur de gaine 3 d'une
couleur choisie, a été munie, par impression sur sa surface périphérique, de données
d'identification du liquide biologique dont la paillette 1 correspondante doit être
remplie; la couleur de la gaine constitue un élément d'identification, qui vient s'ajouter
aux données imprimées, afin de permettre ultérieurement le prélèvement hors des vases
de conservation cryogéniques au premier coup d'oeil, sous réserve d'une vérification
des données imprimées, bien entendu.
[0017] Après impression, la longueur de gaine 3 est enfilée par son extrémité opposée à
l'extrémité ovalisée 3
a, en laissant dépasser l'extrémité de la paillette 1
b d'au moins 1 centimètre.
[0018] Puis la paillette 1, munie de sa gaine d'identification, est portée sur une machine
de remplissage, qui y fait pénétrer, par aspiration par l'extrémité 1
a à travers l'obturateur 2, le liquide biologique que la paillette est destinée à contenir.
Comme il est connu, le liquide biologique atteignant l'obturateur provoque la gélification
de la poudre et l'étanchéité de l'obturateur.
[0019] Après le remplissage, les extrémités 1
a et 1
b sont scellées par serrage entre des mâchoires planes parallèles chauffées. Les extrémités,
soudées, sont formées en spatules 1
c et 1
d, dont la largeur, perpendiculairement à l'axe de la paillette excède le diamètre
intérieur 30, et même le grand axe 31 de l'extrémité ovalisée 3
a de la longueur de gaine 3. Celui-ci sera donc emprisonné entre les extrémités scellées
1
c et 1
d de la paillette, tant que l'on n'aura pas tranché une extrémité pour récupérer le
contenu de la paillette.
[0020] On notera que la gaine peut sans inconvénients posséder, aux températures cryogéniques,
des propriétés moins favorables que les résines ionomères, puisqu'elle n'est soumise
à aucune contrainte mécanique, et qu'elle ne joue aucun rôle dans la conservation
fiable. Même une fêlure de la gaine est sans conséquences.
[0021] On aura compris que l'ovalisation 3
a de la longueur de gaine 3 est destinée à éviter le coulissement de la gaine 3 le
long de la paillette 1, pour que cette gaine avec ses données d'identification reste
bien visible pendant le stockage aux températures cryogéniques, sans que pour autant
la mise en place de la gaine 3 autour de la paillette 1 soit difficile. Il va de soi
que l'immobilisation de la gaine 3 sur la paillette 1 pourrait être obtenue de toute
façon qui provoque un serrage localisé de la gaine, portant sur la paillette par au
moins deux points diamétralement opposés. En fait, l'immobilisation de la gaine 3
sur la paillette n'est pas strictement indispensable pour l'identification, si celle-ci
est facilitée par l'immobilisation de la gaine.
[0022] Par ailleurs, la longueur de gaine 3 enfilée sur la paillette n'est limitée impérativement
que par la nécessité de laisser nues les extrémités 1
a et 1
b de la paillette pour permettre le scellement. Toutefois, il est utile de ménager
au moins des longueurs nues de paillette au voisinage des extrémités pour faciliter
l'utilisation de crémaillères de transport au remplissage, et permettre un tranchage
des extrémités pour la récupération des contenus. En outre, il s'avérera préférable
qu'au moins la moitié de la longueur de paillette 1 reste nue pour permettre une inspection
visuelle du contenu. Mais une longueur de gaine 3 inférieure au quart de la longueur
de paillette 1 risque de laisser une place insuffisante pour l'impression de données
d'identification.
[0023] Ces considérations confirment que l'invention n'est pas limitée aux exemples décrits,
mais en embrasse toutes les variantes d'exécution dans le cadre des revendications.
1. Dispositif pour l'identification de tubes dits paillettes utilisés pour la conservation
cryogénique de liquides biologiques, notamment cultures virales et comportant une
enveloppe (1) constituée d'un tronçon de tube en matériau transparent approprié de
diamètre courant (10) régulier avec ses extrémités (1c, 1d) aplaties formant scellements autogènes de largeur supérieure au diamètre courant,
dispositif caractérisé en ce qu'il consiste en une longueur de gaine (3) en matière
polymère formant support de signes d'identification, enfilée sur le tronçon de tube
(1) entre les scellements d'extrémité (1c, 1d) avec un diamètre intérieur (30) inférieur à la largeur des scellements (1c, 1d).
2. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que les signes d'identification
comprennent des caractères imprimés sur la gaine (3).
3. Dispositif selon l'une des revendications 1 et 2, caractérisé en ce que les signes
d'identification comprennent une coloration de la matière de gaine (3).
4. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que
la longueur de gaine (3) est inférieure à la moitié de celle du tronçon de tube (1).
5. Dispositif selon la revendication 4, caractérisé en ce que la longueur de gaine (3)
est supérieure au quart de celle du tronçon de tube (1).
6. Dispositif selon une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que le
diamètre intérieur (30) de gaine (3) étant suffisant en soi pour permettre un coulissement
sur le tube (1) sous son propre poids, la gaine (3) est déformée à une extrémité pour
serrer élastiquement le tube (1) en au moins deux points diamétralement opposés.