[0001] L'invention a pour objet un procédé de traitement de substrats à base d'aluminium
en vue de leur anodisation.
[0002] Elle vise également un bain mis en oeuvre dans ce procédé ainsi qu'un concentré pour
la préparation du bain.
[0003] Les substrats, c'est-à-dire les pièces et profilés à base d'aluminium, autrement
dit en aluminium ou en l'un de ses alliages, sont utilisés dans l'industrie et notamment
en application architecturale, en particulier pour la fabrication des huisseries.
[0004] Pour les protéger pendant leur utilisation, les susdites pièces et profilés peuvent
être peints ou être soumis à un traitement d'anodisation électrolytique de l'aluminium
en milieu acide.
[0005] A l'issue de ce traitement, lesdites pièces et profilés se trouvent protégés par
une couche d'oxyde Al₂O₃ formée artificiellement; selon le degré de protection souhaité
qui est fonction de l'utilisation des pièces à l'intérieur ou à l'extérieur, la couche
d'alumine peut être plus ou moins épaisse; son épaisseur est généralement comprise
entre 2 et 30 microns.
[0006] L'oxydation anodique ou anodisation constitue l'une des étapes d'une séquence comprenant
généralement:
- une étape de dégraissage généralement en milieu alcalin pour éliminer les souillures
organiques, étant toutefois noté que des dégraissages faisant intervenir l'acide phosphorique
sont parfois utilisés,
- une étape de rinçage à l'eau courante froide,
- une étape de traitement chimique de surface ou satinage pour gommer les défauts de
surface des pièces et pour conférer à l'aluminium un aspect généralement non brillant,
- une ou plusieurs étapes de rinçage en eau froide,
- une étape de blanchiment acide généralement à l'aide d'acide nitrique,
- une ou plusieurs étapes de rinçage en eau froide,
- l'oxydation anodique proprement dite, souvent réalisée dans le cas des applications
architecturales à l'aide d'une solution à base d'acide sulfurique,
- une ou plusieurs étapes de rinçage d'abord en eau courante puis en eau déminéralisée,
- une étape dite de colmatage servant à fermer les pores créés par l'oxydation anodique.
[0007] Les caractéristiques de la protection conférées aux substrats en aluminium dépendent
essentiellement de l'oxydation anodique et des étapes suivantes; par contre, l'apparence
du substrat dépend des étapes précédant l'oxydation anodique, ces étapes visant à
réaliser:
- la suppression des traits de filage liés au passage des profilés dans des filières
plus ou moins âgées,
- la suppression des zones de ségrégation cristalline, notamment dans le cas de profilés
creux,
- un aspect uniforme mat et reproductible en fin de traitement.
[0008] Pour ce faire, les étapes précédant l'oxydation anodique comprennent l'étape dite
de satinage produisant un décapage qui consiste en l'élimination de la couche superficielle
des substrats; dans la pratique, les pièces ou profilés traités sont décapés sur une
épaisseur d'environ 30 microns, ce qui correspond à une perte de poids d'environ 90
g/m².
[0009] Pour réaliser l'étape de satinage, on a déjà eu recours à des bains alcalins contenant
une base forte, NaOH ou KOH; on confère ainsi au substrat l'aspect mat recherché.
La brillance du substrat qui traduit l'état de "matité" obtenu et qui est mesurée
selon la norme ISO 7668, à 60°C, est comprise entre 35 et 70 après l'étape de satinage
et se situe entre 5 et 13 après l'oxydation anodique; plus le chiffre obtenu lors
de la mesure de la brillance est faible, plus la matité de la surface est élevée.
[0010] Dans le but d'uniformiser l'aspect mat de l'aluminium, il a été proposé d'utiliser
pour application architecturale des bains de satinage dits permanents (sans aucune
vidange des cuves) qui s'équilibrent à de fortes teneurs en soude libre (comprises
entre 80 et 120 g/l) et en aluminium (comprises entre 120 et 180 g/l). Ces bains sont
à une température comprise entre 50 et 70°C; les substrats y sont immergés pendant
une durée d'environ 15 à environ 25 minutes selon la matité recherchée.
[0011] Pour maintenir en solution les sels concentrés d'aluminium, on ajoute aux susdits
bains des complexants tels que le gluconate.
[0012] Pour augmenter la matité des pièces traitées sans augmenter l'épaisseur de décapage,
on a proposé d'ajouter dans le bain de satinage des dérivés azotés tels que par exemple
des nitrates; il se trouve toutefois que le dégagement d'hydrogène généré par la réaction
d'attaque de l'aluminium

rend le milieu très réducteur et entraîne la génération d'ammoniac à partir des nitrates,
d'où une pollution aérienne ainsi qu'une corrosion des installations. Cette technique
a donc été généralement abandonnée.
[0013] La protection de l'environnement impose, sur le plan mondial, que les rejets d'effluents
aussi bien aqueux que solides soient de plus en plus faibles; on essaie donc de recycler
les produits usés et de les régénérer ainsi que de valoriser les déchets non régénérables.
[0014] Pour ce qui concerne les rejets solides, les mises en décharge deviennent de plus
en plus difficiles du fait du remplissage de ces dernières et il s'avère donc nécessaire
de minimiser, dans le cadre de la préparation de surface de l'aluminium avant oxydation
anodique, les attaques chimiques liées au satinage afin de minimiser par la suite
les boues d'hydroxyde d'aluminium provenant de la neutralisation des effluents des
bains.
[0015] Pour réduire les quantités de boues, il a été proposé d'utiliser des bains sans ajout
de complexants organiques; l'avantage de ces bains est de faciliter la précipitation
d'hydroxyde d'aluminium et donc la régénération de la soude selon l'équation

la soude régénérée étant recyclée dans le bain de satinage.
[0016] Mais il est alors nécessaire de travailler avec des bains de satinage dilués (environ
10 g/l de soude libre et 12 g/l d'aluminium dissous), la réaction de précipitation
pouvant se faire dans une installation annexe; cependant, le risque de précipitation
d'Al(HO)₃ dans la cuve de travail reste grand, avec comme conséquence l'arrêt de la
production et le nettoyage de la cuve.
[0017] Il a également été proposé (demande de brevet européen N° 0 104 821) de réaliser
l'étape de satinage en ayant recours à un bain constitué par une solution aqueuse
diluée d'acide hexafluorophosphorique pouvant contenir de l'acide nitrique.
[0018] Toutefois, la matité des substrats ainsi traités est médiocre.
[0019] L'invention a donc pour but de fournir un procédé et un bain du genre en question
qui ne présentent pas les inconvénients inhérents à l'art antérieur et grâce auxquels
il est possible de conférer une excellente matité aux substrats traités.
[0020] Et la Société Demanderesse a eu le mérite de trouver que, d'une façon inattendue
et surprenante, il devenait possible d'obtenir des substrats présentant une matité
et un aspect excellents sans risque d'exploitation et tout en diminuant la quantité
de rejets alcalins (soude et aluminate) ainsi que l'épaisseur de décapage dès lors
que l'on a recours, pour l'étape de satinage, à un bain acide comprenant au moins
un dérivé fluoré du titane et/ou du zirconium et/ou du silicium ainsi qu'au moins
un acide du groupe comprenant les acides nitrique, sulfurique et phosphorique.
[0021] Il s'ensuit que le procédé conforme à l'invention de traitement de substrats à base
d'aluminium en vue de leur anodisation est caractérisé par le fait qu'il comporte
une étape de traitement de surface ou satinage mettant en oeuvre un bain acide comprenant
au moins un dérivé fluoré du titane et/ou du zirconium et/ou du silicium ainsi qu'au
moins un acide du groupe comprenant les acides nitrique, sulfurique et phosphorique.
[0022] Selon un mode de réalisation avantageux du susdit procédé, l'étape de satinage mettant
en oeuvre le bain acide est suivie d'une étape de satinage léger complémentaire mettant
en oeuvre un bain alcalin, les conditions de ce satinage étant telles qu'il conduit
à un décapage d'au plus 40 g/m² d'aluminium.
[0023] Le bain conforme à l'invention pour le traitement de substrats à base d'aluminium
en vue de leur anodisation est caractérisé par le fait qu'il comprend au moins un
dérivé fluoré du titane et/ou du zirconium et/ou du silicium ainsi qu'au moins un
acide du groupe comprenant les acides nitrique, sulfurique et phosphorique.
[0024] Le concentré conforme à l'invention qui est propre à fournir par dilution avec de
l'eau le bain conforme à l'invention peut contenir le dérivé fluoré du titane et/ou
du zirconium et/ou du silicium en une concentration de produit commercial de 50 à
99,5% et l'acide du groupe comprenant les acides nitrique, sulfurique et phosphorique
à une concentration de produit commercial de 0,5 à 50%.
[0025] Les acides nitrique, sulfurique et phosphorique présentent l'avantage d'être présents
sur les lignes d'oxydation anodique dans les bains de dégraissage acide (H₃PO₄), de
blanchiment (HNO₃) et d'oxydation anodique (H₂SO₄); ils peuvent de plus être régénérés
à partir de ces bains par des procédés déjà connus (résines échangeuses d'ions par
exemple); on peut également les utiliser directement dans le bain de décapage acide
si leur taux de pollution le permet, ce qui est le cas dans le cadre de la présente
invention.
[0026] Tenant compte de cette possibilité de recyclage des acides nitrique, sulfurique ou
phosphorique, un concentré conforme à l'invention propre à fournir le bain conforme
à l'invention après dilution avec de l'eau et de l'acide recyclé peut comporter, outre
de l'eau, un dérivé fluoré du titane et/ou du zirconium et/ou du silicium à une concentration
en produit commercial comprise entre 50 et 99,5%.
[0027] Un tel concentré peut être dilué dans l'eau à une concentration comprise entre 1
pour mille et 10% pour constituer le bain prêt à l'emploi.
[0028] Selon un mode de réalisation du bain de satinage conforme à l'invention utilisé dans
le procédé conforme à l'invention, le dérivé fluoré du titane, du zirconium ou du
silicium est choisi dans le groupe comprenant les acides fluométalliques H₂TiF₆, H₂ZrF₆,
H₂SiF₆, ainsi que leurs sels alcalins ou d'ammonium.
[0029] Selon un autre mode de réalisation avantageux, le bain de décapage selon l'invention
comprend le dérivé fluoré du titane et/ou du zirconium et/ou du silicium à une concentration
d'au moins 1 g/l, et l'acide nitrique et/ou sulfurique et/ou phosphorique à une concentration
comprise entre 0,5 et 100 ml par litre de bain, exprimée en acide concentré du commerce.
[0030] Les susdites concentrations ainsi que la durée et la température de l'étape de satinage
sont ajustés de façon à obtenir un taux de décapage d'au moins 5 g/m² du substrat.
[0031] Pour optimiser l'étape de dégraissage ou éventuellement la supprimer, on peut ajouter
au bain de satinage ou au concentré des agents tensio-actifs non ioniques, anioniques
ou cationiques et des "tiers solvants".
[0032] Les agents tensio-actifs en question peuvent être choisis dans le groupe comprenant
les alkylphénols, les alcools et les amines polyalcoxylés, les alkyl-, alkylaryl-
et arylsulfates, les sulfonates, les phosphates et les ammoniums quaternaires.
[0033] Les tiers solvants peuvent par exemple être des glycols.
[0034] La température du bain de satinage est comprise entre 15°C et 80°C et, de préférence,
entre 20 et 60°C.
[0035] La durée pendant laquelle est maintenue l'action du bain, durée qui dépend de la
concentration et de la température et qui doit être suffisante pour aboutir à un décapage
d'au moins 5 g/m², est comprise entre 1 minute et 1 heure. Pour des raisons de productivité,
le temps de traitement en industrie n'excédera pas, de préférence, environ trente
minutes.
[0036] Il est avantageux de prévoir, à la suite du décapage acide conforme à l'invention,
un décapage complémentaire alcalin léger réalisé selon un procédé en lui-même connu
et tel qu'il conduit à un décapage d'au plus 40 g/m² d'aluminium; on peut, par exemple,
avoir recours à un bain ayant une température comprise entre 40 et 70°C et contenant,
d'une part, entre 10 et 180 g/l d'aluminium (soit entre 30 et 550 g/l d'aluminate
de sodium), d'autre part, entre 10 et 150 g/l de soude libre et, d'autre part encore,
éventuellement des additifs ayant pour but de maintenir l'aluminium en solution dans
le cas des fortes teneurs, comme par exemple des complexants organiques tels que le
gluconate et le sorbitol.
[0037] Un tel additif qui est à base de gluconate peut être celui commercialisé par la Société
Demanderesse sous la marque PROGAL G 313 TA.
[0038] Le bain de décapage alcalin ainsi constitué est mis en oeuvre pendant un temps de
2 à 20 minutes sur les pièces sortant du bain de décapage acide.
[0039] L'invention pourra être encore mieux comprise à l'aide des exemples non limitatifs
ci-après et dans lesquels sont décrits des modes de réalisation avantageux de l'invention.
EXEMPLE 1
[0040] Des profilés en aluminium, référence 6063 selon la norme ISO 209, sont traités comme
suit:
- Etape 1 :
- Dégraissage sodique aqueux dans une solution aqueuse à 100 g/l d'IPRO 77 AP commercialisé
par la Société Demanderesse,
- Etape 2 :
- Rinçage froid à l'eau courante,
- Etape 3 :
- Décapage (satinage) acide (voir les 8 expériences comparatives dont les caractéristiques
résultent du Tableau I),
- Etape 4 :
- Rinçage froid à l'eau courante,
- Etape 5 :
- Décapage (satinage) alcalin avec un bain ayant les caractéristiques indiquées plus
loin,
- Etape 6 :
- Rinçage froid à l'eau courante,
- Etape 7 :
- Blanchiment nitrique dans un bain à 180 g/l d'acide nitrique concentré dans l'eau,
- Etape 8 :
- Rinçage froid à l'eau courante,
- Etape 9 :
- Oxydation anodique sulfurique dans un bain à 180 g/l d'acide sulfurique concentré
(température 18°C),
- Etape 10:
- Rinçage froid à l'eau courante,
- Etape 11:
- Rinçage dans de l'eau déminéralisée,
- Etape 12:
- Colmatage à l'eau déminéralisée chaude (98°C).
TABLEAU I
| Bain N° |
Composition chimique des bains de décapage |
| |
Produit fluoré |
Acide complémentaire |
| b1 |
H₂TiF₆ à 60% : 40 g/l |
H₂SO₄ à 98% = 3 ml |
| b2 |
H₂ZrF₆ à 45% : 68 g/l |
" |
| b3 |
H₂SiF₆ à 34% : 63 g/l |
" |
| b4 |
HF à 50% : 35,5 g/l |
" |
| b5 |
HPF₆ à 60% : 36 g/l |
" |
| b6 |
HBF₄ à 50% : 26 g/l |
" |
| b7 et b8 |
Eau pure |
- |
[0041] La température du bain de décapage acide est de 30°C.
[0042] Le temps de traitement est choisi pour avoir un décapage d'environ 25 g/m².
[0043] On a donc procédé à 8 expériences comparatives en utilisant successivement les bains
b1 et b8.
[0044] L'étape 5 met en oeuvre un bain de satinage permanent dont les caractéristiques sont:
- soude libre
- environ 100 g/l
- aluminium
- environ 140 g/l
- température
- 60°C.
[0045] Le temps de traitement dans ce bain et lorsque les bains de décapage acide sont ceux
appelés b1 à b6, est celui nécessaire pour avoir un taux de décapage d'environ 25
g/m².
[0046] Ce temps n'est pas respecté pour les expériences témoin mettant en oeuvre les bains
b1 et b8:
. ainsi dans l'expérience mettant en oeuvre le bain b7, on maintient l'action du bain
alcalin de l'étape 5 pendant un temps suffisant pour obtenir un décapage d'environ
50 g/m², comparable au cumul des décapages acide et alcalin des expériences 1 à 6,
et
. dans l'expérience mettant en oeuvre le bain b8, on procède selon la pratique actuelle
sur les lignes d'oxydation anodique de l'aluminium, à savoir un satinage alcalin classique
d'environ 18 à 20 minutes qui se traduit par un décapage d'environ 80 à 90 g/m² d'aluminium.
[0047] Les résultats enregistrés sont rassemblés dans le Tableau II.
TABLEAU II
| Exp. No. |
Taux de décapage acid |
Taux de satinage alcalin |
Taux de décapage global |
Brillance après étape 8 |
Observation |
| 1 |
24 g/m² |
16 g/m² |
40 g/m² |
18 |
Aspect correct de l'aluminium |
| 2 |
30 g/m² |
17 g/m² |
47 g/m² |
28 |
Formation d'un dépôt noirâtre après présatinage qui s'élimine dans l'étape alcaline |
| 3 |
19 g/m² |
23 g/m² |
42 g/m² |
36 |
Aspect correct de l'aluminium |
| 4 |
26 g/m² |
20 g/m² |
46 g/m² |
68 |
Aspect correct de l'aluminium |
| 5 |
22 g/m² |
21 g/m² |
43 g/m² |
56 |
Formation d'un dépôt noirâtre après présatinage qui s'élimine dans l'étape alcaline |
| 6 |
20 g/m² |
21 g/m² |
41 g/m² |
30 |
Aspect correct de l'aluminium |
| 7 |
- |
51 g/m² |
59 g/m² |
53 |
Référence à taux de décapage comparable |
| 8 |
- |
86 g/m² |
86 g/m² |
40 |
Référence pratique actuelle |
[0048] On sait, et ce point est confirmé par les expériences mettant en oeuvre les bains
b7 et b8, qu'il suffit d'augmenter le taux de décapage dans le bain de satinage alcalin
pour diminuer la brillance.
[0049] Il résulte du Tableau II qu'avec un taux de décapage global compris entre 40 et 50
g/m² obtenu par mise en oeuvre d'un bain conforme à l'invention suivi par un bain
de satinage alcalin classique, la brillance mesurée selon la norme ISO 7668 (à 60°)
sur les profilés après blanchiment est inférieure à celle obtenue dans l'expérience
mettant en oeuvre le bain b8 (art antérieur) pour des taux de décapage classiques
de l'ordre de 80-90 g/m². L'aspect des pièces obtenues avec le procédé conforme à
l'invention est comparable, voire meilleur que celui des pièces obtenues avec le procédé
alcalin seul, et ceci pour un taux de décapage global inférieur de moitié. L'expérience
mettant en jeu le bain à base de HBF₄ (b6) qui donne également une meilleure brillance
doit être écartée car nécessitant un temps d'action incompatible avec une utilisation
industrielle, ce temps étant supérieur à 1 heure 10 minutes alors que l'ensemble des
expériences effectuées avec les bains b1 à b5 a été réalisé avec un trempage d'au
plus 40 minutes des pièces dans le bain de décapage acide.
[0050] Les bains à base de HF (b4) et de HPF₆ (b5) donnent des résultats médiocres.
EXEMPLE 2
[0051] Des profilés en aluminium série 6063 sont traités comme indiqué à l'exemple 1.
[0052] Pour l'étape 3, on utilise les bains b1 et b9 à b14 définis dans le Tableau III.
TABLEAU III
| Bain N° |
Composition chimique des bains de décapage |
| |
Produit fluoré |
Acide complémentaire |
| b1 |
H₂TiF₆ à 60%=25 ml/l |
H₂SO₄ à 98% = 5,4 g/l |
| b9 |
" |
HCl à 35% =11,5 g/l |
| b10 |
" |
HNO₃ à 60% =11,5 g/l |
| b11 |
" |
H₃PO₄ à 75% = 7,2 g/l |
| b12 |
" |
acide oxalique = 7,1 g/l |
| b13 |
" |
acide sulfamique = 10,7 g/l |
| b14 |
" |
acide citrique =10,5 g/l |
[0053] Les bains b1 et b9 à b14 sont mis en oeuvre à 30°C et pendant le temps nécessaire
pour provoquer sur les pièces traitées une perte de poids de l'ordre de 25 g/m². Ces
bains sont utilisés respectivement pour réaliser les expériences 1 et 9 à 14 dont
les résultats sont réunis dans le Tableau IV.
TABLEAU IV
| Exp. No. |
Taux de décapage acide |
Taux de satinage alcalin |
Taux de décapage global |
Brillance après étape 8 |
Observation |
| 1 |
24 g/m² |
16 g/m² |
40 g/m² |
18 |
|
| 9 |
27 g/m² |
23 g/m² |
50 g/m² |
24 |
Aspect piqué de la surface de l'aluminium |
| 10 |
17 g/m² |
27 g/m² |
44 g/m² |
12 |
|
| 11 |
22 g/m² |
26 g/m² |
48 g/m² |
26 |
|
| 12 |
30 g/m² |
27 g/m² |
57 g/m² |
47 |
|
| 13 |
25 g/m² |
26 g/m² |
51 g/m² |
58 |
|
| 14 |
25 g/m² |
25 g/m² |
50 g/m² |
51 |
|
[0054] La plus grande efficacité est obtenue avec les bains à base des acides sulfurique,
nitrique et phosphorique. L'acide chlorhydrique induit des défauts d'aspect.
[0055] Les acides organiques n'apportent pas, dans les conditions décrites ci-dessus, une
amélioration sensible de la matité.
EXEMPLE 3
[0056] On traite des profilés en aluminium série 6063 en procédant comme à l'exemple 1,
mais en faisant varier dans l'étape 3 la concentration en fluorotitanate de potassium
K₂TiF₆ ainsi que la température et en examinant l'influence de ces variations sur
la vitesse de décapage des pièces en aluminium.
[0057] On a déterminé le temps nécessaire pour obtenir un taux de décapage d'environ 24
g/m² pour chacune des concentrations en K₂TiF₆ et pour chacune des températures retenues,
la concentration en acide sulfurique à 98% étant de 3 ml/l.
[0058] Les résultats sont réunis dans le Tableau V.
TABLEAU V
| K₂TiF₆ |
Température |
Temps nécessaire pour avoir un taux de décapage d'environ 24 g/m² |
| 0,9 g/l |
30°C |
400 minutes |
| 60°C |
66 minutes |
|
| 80°C |
26 minutes |
|
| 22 g/l |
20°C |
29 minutes |
| 30°C |
15 minutes |
|
| 40°C |
8 minutes |
|
| 60°C |
3 minutes |
|
| 80°C |
1 minute |
|
| 57 g/l |
20°C |
18 minutes |
| 30°C |
6 minutes |
|
| 60°C |
1 minute |
|
| 88 g/l |
20°C |
6 minutes |
| 30°C |
1 minute |
|
[0059] A l'examen du Tableau V, il apparaît que la vitesse de décapage de l'aluminium dépend
à la fois de la concentration en K₂TiF₆ et de la température. Un bon compromis pour
une utilisation industrielle du procédé conforme à l'invention est une concentration
en K₂TiF₆ comprise entre 22 et 57 ml/l et une température comprise entre 20 et 40°C.
[0060] Le temps de traitement se trouve alors compris entre six minutes et environ trente
minutes, temps facilement gérable sur une ligne de production.
EXEMPLE 4
[0061] On traite des profilés en aluminium en procédant comme à l'exemple 1, à l'exception
des étapes 5, 6, 7 et 8 qui sont omises.
[0062] Le bain de décapage acide (étape 3) utilisé est constitué par le bain bl décrit dans
l'exemple 1. Sa température de travail est de 30°C et le temps de trempage est de
15 minutes.
[0063] La matité des profilés, mesurée après l'étape 4 suivant la norme ISO 7668 (à 60°)
est de 22; cette matité est comparable à celle obtenue dans les expériences effectuées
avec les bains b1 à b3 de l'exemple 1 et nettement améliorée par rapport à celle obtenue
dans les expériences effectuées avec les bains b7 et b8 témoins de l'exemple 1.
[0064] De plus, la matité, mesurée suivant la même méthode à l'issue de l'étape 12, est
de 5, c'est-à-dire nettement améliorée par rapport à la matité mesurée dans les mêmes
conditions suivant l'expérience 8 de l'exemple 1 et qui se situe industriellement
à 12-15.
1. Procédé de traitement de substrats à base d'aluminium en vue de leur anodisation,
caractérisé par le fait qu'il comporte une étape de traitement de surface ou satinage
mettant en oeuvre un bain acide comprenant au moins un dérivé fluoré du titane et/ou
du zirconium et/ou du silicium ainsi qu'au moins un acide du groupe comprenant les
acides nitrique, sulfurique et phosphorique.
2. Bain de satinage pour le traitement de substrats à base d'aluminium en vue de leur
anodisation, caractérisé par le fait qu'il comprend au moins un dérivé fluoré du titane
et/ou du zirconium et/ou du silicium ainsi qu'au moins un acide du groupe comprenant
les acides nitrique, sulfurique et phosphorique.
3. Concentré propre à fournir par dilution avec de l'eau le bain selon la revendication
2, caractérisé par le fait qu'il contient un dérivé fluoré du titane et/ou du zirconium
et/ou du silicium en une concentration en produit commercial de 50 à 99,5% et un acide
du groupe comprenant les acides nitrique, sulfurique et phosphorique à une concentration
en produit commercial de 0,5 à 50%.
4. Concentré propre à fournir, par dilution avec de l'eau et l'un des acides nitrique,
sulfurique et phosphorique, le bain selon la revendication 2, caractérisé par le fait
qu'il contient un dérivé fluoré du titane et/ou du zirconium et/ou du silicium à une
concentration en produit commercial comprise entre 50 et 99,5%.
5. Procédé selon la revendication 1, caractérisé par le fait que la température du bain
de satinage est comprise entre 15 et 80°C, de préférence entre 20 et 60°C et que la
durée pendant laquelle est maintenue l'action du bain est comprise entre 1 minute
et 1 heure, de préférence inférieure à environ trente minutes.
6. Procédé selon l'une des revendications 1 ou 5, caractérisé par le fait que l'étape
de satinage mettant en oeuvre le bain acide est suivie d'une étape de satinage complémentaire
alcalin léger mettant en oeuvre un bain alcalin peu concentré.
7. Bain de satinage selon la revendication 2 et destiné à être mis en oeuvre dans le
procédé selon l'une des revendications 1, 5 ou 6, caractérisé par le fait que le dérivé
fluoré du titane, du zirconium ou du silicium est choisi dans le groupe comprenant
les acides fluométalliques H₂TiF₆, H₂ZrF₆, H₂SiF₆, ainsi que leurs sels alcalins ou
d'ammonium.
8. Bain selon la revendication 7, caractérisé par le fait qu'il comprend le dérivé fluoré
du titane et/ou du zirconium et/ou du silicium à une concentration d'au moins 1 g/l,
et l'acide nitrique et/ou sulfurique et/ou phosphorique à une concentration comprise
entre 0,5 et 100 ml par litre de bain, exprimée en acide concentré du commerce.
9. Bain selon l'une des revendications 2, 7 ou 8, caractérisé par le fait qu'il comprend
des agents tensioactifs non ioniques, anioniques, cationiques et des tiers solvants.