[0001] L'invention concerne un procédé de délignification d'une pâte à papier chimique.
[0002] Il est connu d'appliquer aux pâtes à papier chimiques écrues obtenues par cuisson
de matières cellulosiques en présence de réactifs chimiques une séquence d'étapes
de traitement délignifiant et blanchissant impliquant la mise en oeuvre de produits
chimiques oxydants. La première étape d'une séquence classique de blanchiment de pâte
chimique a pour objectif de parfaire la délignification de la pâte écrue telle qu'elle
se présente après l'opération de cuisson. Cette première étape délignifiante est traditionnellement
réalisée en traitant la pâte écrue par du chlore en milieu acide ou par une association
chlore - dioxyde de chlore, en mélange ou en séquence, de façon à provoquer une réaction
avec la lignine résiduelle de la pâte et donner naissance à des chlorolignines qui
pourront être extraites de la pâte par solubilisation de ces chlorolignines en milieu
alcalin dans une étape de traitement ultérieure.
[0003] Pour des raisons diverses, il s'avère utile, dans certaines situations, de pouvoir
remplacer cette première étape délignifiante par un traitement qui ne fasse plus appel
à un réactif chloré.
[0004] On a déjà proposé de traiter une pâte kraft par une première étape à l'oxygène suivie
d'une étape à l'acide peracétique à 70 °C en présence d'acide diéthylènetriaminepentaacétique
(DTPA) (demande de brevet JP-55/94811 au nom de MITSUBISHI GAS CHEMICAL). Dans ce
procédé connu, la présence du stabilisant DTPA évite une dégradation importante des
chaînes de cellulose. Cependant, l'effet protecteur du stabilisant n'atteint pas encore
le niveau suffisant requis pour la production de pâtes de haute qualité.
[0005] L'invention vise à remédier aux inconvénients des procédés connus en fournissant
un procédé qui réalise une délignification efficace de la pâte chimique écrue qui
permette l'obtention de pâtes présentant de hautes qualités intrinsèques dans une
large gamme de température.
[0006] A cet effet, l'invention concerne un procédé pour l'amélioration de la sélectivité
de la délignification d'une pâte à papier chimique au moyen d'un peroxyacide organique
selon lequel on traite la pâte écrue provenant de l'opération de cuisson par une solution
aqueuse de ce peroxyacide organique en présence d'un stabilisant dudit peroxyacide
comprenant au moins un composé sélectionné parmi la classe des acides phosphoniques
et leurs sels.
[0007] Selon l'invention, par pâte à papier chimique, on entend désigner les pâtes ayant
déjà subi un traitement délignifiant en présence de réactifs chimiques tels que le
sulfure de sodium en milieu alcalin (cuisson kraft ou au sulfate), l'anhydride sulfureux
ou un sel métallique de l'acide sulfureux en milieu acide (cuisson au sulfite ou au
bisulfite). Selon l'invention, on entend également désigner par pâte à papier chimique,
les pâtes appelées dans la littérature "pâtes semi-chimiques" telles que celles où
la cuisson a été réalisée à l'aide d'un sel de l'acide sulfureux en milieu neutre
(cuisson au sulfite neutre encore appelée cuisson NSSC), de même que les pâtes obtenues
par des procédés utilisant des solvants, telles que les pâtes ORGANOSOLV, ALCELL
(R), ORGANOCELL
(R) et ASAM décrites dans Ullmann's Encyclopedia of Industrial Chemistry, 5th Edition,
Vol A18, 1991, pages 568 et 569.
[0008] L'invention s'adresse particulièrement aux pâtes ayant subi une cuisson kraft . Tous
les types de bois utilisés pour la production de pâtes chimiques conviennent pour
la mise en oeuvre du procédé de l'invention et, en particulier ceux utilisés pour
les pâtes kraft, à savoir les bois résineux comme, par exemple, les diverses espèces
de pins et de sapins et les bois feuillus comme, par exemple, le hêtre, le chêne,
l'eucalyptus et le charme.
[0009] Selon une première variante de l'invention, le peroxyacide organique est habituellement
sélectionné parmi l'acide performique et les peroxyacides aliphatiques carboxyliques
comportant un seul groupement percarboxylique et une chaîne alkyle saturée linéaire
ou ramifiée de moins de 11 atomes de carbone. Les peroxyacides carboxyliques aliphatiques
à chaîne alkyle saturée linéaire comportant moins de 6 atomes de carbone sont préférés.
Des exemples de tels peroxyacides sont l'acide peracétique, l'acide perpropanoïque,
l'acide n-perbutanoïque et l'acide n-perpentanoïque. L'acide peracétique est particulièrement
préféré en raison de son efficacité et de la relative simplicité de ses méthodes de
préparation.
[0010] Dans une variante au procédé selon l'invention, le peroxyacide organique est sélectionné
parmi les diperoxyacides carboxyliques comportant une chaîne alkyle linéaire ou ramifiée
de moins de 16 atomes de carbone et deux groupements percarboxyliques substitués sur
des atomes de carbone situés en position alpha-omega l'un par rapport à l'autre. Des
exemples de tels peroxyacides sont l'acide 1,6-diperoxyhexanedioïque, l'acide 1,8-diperoxyoctanedioïque
et l'acide 1,10-diperoxydécanedioïque, et l'acide 1,12-diperoxydodécanedioïque.
[0011] Dans une autre variante au procédé selon l'invention, le peroxyacide organique est
sélectionné parmi les peroxyacides aromatiques comportant au moins un groupement percarboxylique
par noyau benzénique. De préférence, on choisira les peroxyacides aromatiques qui
ne comportent qu'un seul groupement percarboxylique par noyau benzénique. Un exemple
d'un tel acide est l'acide peroxybenzoïque.
[0012] Une autre variante au procédé selon l'invention consiste à choisir un peroxyacide
organique substitué par un ou plusieurs atomes d'halogène ou par tout autre substituant
fonctionnel organique. Par tout autre substituant fonctionnel organique, on entend
désigner un groupement fonctionnel tel que le groupement carbonyle (cétone, aldéhyde
ou acide carboxylique), le groupement alcool, les groupements contenant de l'azote
tels que les groupements nitrile, nitro, amine et amide, les groupements contenant
du soufre tels que les groupements sulfo et mercapto.
[0013] Le peroxyacide utilisé peut être une solution aqueuse commerciale comprenant au moins
10 % en poids de peroxyacide, à l'équilibre avec au moins 12 % en poids de l'acide
organique correspondant et au moins 1,5 % en poids de peroxyde d'hydrogène en présence
le plus souvent, d'une petite quantité de catalyseur sous la forme d'au moins 0,3
% en poids d'un acide fort, généralement un acide inorganique. Un exemple de composition
commerciale de peroxyacide organique qui convient bien est une solution aqueuse concentrée
d'acide peracétique comprenant environ 34 % en poids d'acide peracétique, environ
44 % en poids d'acide acétique, environ 5 % en poids de peroxyde d'hydrogène et environ
1 % en poids d'acide sulfurique. Il est aussi possible de préparer le peroxyacide
immédiatement avant son utilisation par réaction dans les conditions appropriées d'acide
acétique à 50 à 100 % en poids avec une solution aqueuse concentrée de peroxyde d'hydrogène
de 30 à 85 % en poids, en présence d'une petite quantité d'un acide inorganique comme
catalyseur.
[0014] Le peroxyacide peut indifféremment être mis en oeuvre à l'état d'une solution aqueuse
de peroxyacide ou encore sous forme d'un sel d'ammonium, de métal alcalin ou de métal
alcalinoterreux de ce peroxyacide.
[0015] Le traitement au peroxyacide selon l'invention peut s'effectuer dans une large gamme
de températures. En général, on effectuera le traitement au peroxyacide à une température
d'au moins 2 °C et, de préférence d'au moins 20 °C. De même, cette température ne
dépasse généralement pas 98 °C et, de préférence, pas 95 °C. Le procédé selon l'invention
est particulièrement bien adapté à l'utilisation de températures élevées, c'est-à-dire
d'au moins 50 °C et, de préférence, d'au moins 75 °C.
[0016] Généralement, on effectue le traitement avec le peroxyacide organique à pression
atmosphérique. La durée de ce traitement dépend de la température et de l'essence
du bois ayant servi à préparer la pâte, ainsi que de l'efficacité de la cuisson qui
a précédé. Des durées comprises entre environ 120 minutes et environ 360 minutes conviennent
bien.
[0017] Le pH de l'étape du traitement avec le peroxyacide peut se situer aussi bien dans
la gamme des pH acides que des pH alcalins. On préfère cependant les pH modérément
acides. En pratique, on préfère fixer le pH à une valeur d'au moins 3,5. Il conviendra
aussi le plus souvent de ne pas dépasser une valeur de pH de 6,5.
[0018] Le traitement selon l'invention peut se faire dans tout type d'appareillage approprié
pour le traitement de pâte à papier au moyen de réactifs acides. La cuve de rétention
de la pâte écrue présente dans toutes les installations de blanchiment et jouant le
rôle de réservoir tampon entre l'unité de cuisson du bois et l'unité de blanchiment
de la pâte convient particulièrement bien pour la réalisation du procédé selon l'invention.
La pâte peut ainsi y être traitée pendant son stockage sans nécessiter l'investissement
d'un appareil spécifique onéreux.
[0019] La consistance de la pâte dans l'étape de traitement par le peroxyacide organique
sera généralement choisie d'au moins 5 % de matières sèches et, de préférence, d'au
moins 10 % de matières sèches. Le plus souvent, la consistance ne dépassera pas 40
% de matières sèches et, de préférence, pas 30 %.
[0020] Dans le procédé selon l'invention, la quantité de peroxyacide organique utilisée
est choisie en fonction du taux de lignine résiduelle dans la pâte ainsi que de la
durée moyenne du traitement. Généralement, des quantités d'au moins 0,1 % et, de préférence
d'au moins 1 % en poids de peroxyacide par rapport à la pâte sèche conviennent bien.
Le plus souvent, on utilisera une quantité de peroxyacide ne dépassant pas 10 % en
poids par rapport à la pâte sèche et, de préférence, ne dépassant pas 5 % de ce poids.
[0021] Selon l'invention, le stabilisant mis en oeuvre appartient à la classe des acides
phosphoniques et leurs sels. De préférence, il sera sélectionné parmi l'acide 1-hydroxyéthylidène-1,1-diphosphonique
(HEDPA), l'acide éthylènediaminetétra(méthylènephosphonique) (EDTMPA), l'acide diéthylènetriaminepenta(méthylènephosphonique)
(DTMPA), l'acide triéthylènetétraminehexa(méthylènephosphonique) (TTHMPA), l'acide
pentaéthylènehexamineocta(méthylènephosphonique) (PHOMPA), l'acide cyclohexanediaminetétra(méthylènephosphonique)
(CDTMPA) et l'acide nitrilotri(méthylènephosphonique) (NTMPA). Le DTMPA et ses sels
ont donné d'excellents résultats.
[0022] Les quantités totales de stabilisant à mettre en oeuvre dépendent du type de bois
et du processus de cuisson utilisé. En règle générale, il est recommandé de mettre
en oeuvre une quantité de stabilisant d'au moins 0,05 % en poids par rapport à la
matière sèche et, de préférence, d'au moins 0,2 % en poids. Des quantités de stabilisant
ne dépassant pas 3 % en poids par rapport à la matière sèche et, de préférence ne
dépassant pas 2 % en poids sont généralement suffisantes.
[0023] Le traitement au peroxyacide organique selon l'invention peut aussi être effectué
en présence de plusieurs stabilisants comprenant au moins un acide phosphonique ou
l'un de ses sels et/ou du silicate de sodium. Il peut aussi s'avérer intéressant d'associer
à au moins un acide phosphonique et/ou au silicate de sodium un sel hydrosoluble de
magnésium tel que le sulfate de magnésium.
[0024] Il peut être intéressant, en variante, de faire précéder le traitement par le peroxyacide
organique par au moins un lavage ou une étape de prétraitement décontaminant au moyen
d'une solution aqueuse acide. Ce lavage ou cette étape a pour but d'extraire de la
pâte les impuretés présentes sous forme d'ions métalliques qui sont nuisibles au bon
déroulement des opérations de blanchiment et/ou de délignification. Tous les acides
inorganiques ou organiques utilisés en solution aqueuse, seuls ou en mélange conviennent.
Les acides forts inorganiques tels que, par exemple, l'acide sulfurique ou l'acide
chlorhydrique conviennent bien.
[0025] Il est avantageux que le lavage ou le prétraitement décontaminant acide soit en outre
réalisé en présence d'un agent complexant des ions métalliques. A cette fin, des mélanges
des acides forts inorganiques cités plus haut avec des acides organiques de la classe
des acides aminopolycarboxyliques ou aminopolyphosphoniques ou leurs sels de métaux
alcalins conviennent particulièrement bien. Des exemples d'acides aminopolycarboxyliques
adéquats sont l'acide diéthylènetriaminepentaacétique, l'acide éthylènediaminetétraacétique
(EDTA), l'acide cyclohexanediaminetétraacétique (CDTA) et l'acide nitrilotriacétique
(NTA). L'acide diéthylènetriaminepentaacétique (DTPA) est préféré. Des exemples d'acides
aminopolyphosphoniques sont l'acide diéthylènetriaminepenta(méthylènephosphonique)
(DTMPA), l'acide éthylènediaminetétra(méthylènephosphonique) (EDTMPA), l'acide cyclohexanediaminetétra(méthylènephosphonique)
(CDTMPA) et l'acide nitrilotri(méthylènephosphonique). Le DTMPA est préféré. Les quantités
d'agent complexant à mettre en oeuvre dépendent de l'efficacité de l'agent complexant
sélectionné et de la teneur en métaux de la pâte à traiter. En pratique, on met généralement
en oeuvre au moins 0,01 % en poids d'agent complexant par rapport à la pâte sèche
et, le plus souvent, au moins 0,05 %. De même, on ne dépasse généralement pas 1 %
en poids d'agent complexant par rapport à la pâte sèche et, le plus souvent, pas 0,25
%.
[0026] Les conditions opératoires du prétraitement décontaminant acide ne sont pas critiques.
Elles doivent être déterminées dans chaque cas particulier en fonction du type de
pâte à papier et de l'appareillage dans lequel s'effectue le traitement. D'une manière
générale, il convient de fixer le choix de l'acide et la quantité mise en oeuvre pour
imposer au milieu un pH inférieur à 7, par exemple compris entre environ 1 et environ
6,5. Des pH spécialement avantageux sont ceux compris entre environ 3,0 et environ
6,0. La température et la pression ne sont pas critiques, la température ambiante
et la pression atmosphérique convenant généralement bien. La durée du prétraitement
peut varier dans de larges proportions selon le type d'équipement utilisé, le choix
de l'acide, la température et la pression, par exemple de 15 minutes environ à plusieurs
heures.
[0027] Il peut aussi être intéressant, dans certaines circonstances particulières dépendant
de l'essence du bois utilisé et du type de cuisson mis en oeuvre pour préparer la
pâte, d'intercaler entre l'opération de cuisson et le traitement au peroxyacide une
ou plusieurs étapes supplémentaires de délignification de la pâte au moyen de réactifs
chimiques. Par délignification au moyen de réactifs chimiques, on entend désigner
aussi bien des réactifs non oxydants tels qu'un réactif alcalin comme l'hydroxyde
ou le carbonate de sodium, de magnésium ou de calcium que des réactifs oxydants en
milieu acide tels que le chlore, le dioxyde de chlore, l'ozone, un peroxyacide inorganique
tel que l'acide peroxymonosulfurique, le peroxyde d'hydrogène en milieu acide, et
des réactifs oxydants en milieu alcalin tels que le peroxyde d'hydrogène en milieu
alcalin, l'hypochlorite de sodium ou de calcium, l'oxygène moléculaire ou l'ozone.
Il est aussi possible de combiner dans une seule étape de traitement deux ou plusieurs
de ces réactifs.
[0028] Dans une variante au procédé selon l'invention, on peut, si l'on désire obtenir de
hauts niveaux de blancheur, faire suivre le traitement avec un peroxyacide par une
séquence d'étapes de blanchiment traditionnelles au moyen de réactifs chimiques impliquant
ou non des réactifs chlorés. Des exemples de telles étapes sont les suivantes : étapes
à l'oxygène gazeux ou à l'ozone, étapes au peroxyde d'hydrogène alcalin en présence
ou non d'oxygène gazeux, étapes au dioxyde de chlore ou à l'hypochlorite de sodium,
extractions alcalines à la soude caustique.
[0029] Selon une variante préférée au procédé selon l'invention, on fait suivre le traitement
au peroxyacide par une étape de blanchiment au peroxyde d'hydrogène en milieu alcalin.
Cette étape au peroxyde d'hydrogène en milieu alcalin peut avantageusement s'effectuer
en utilisant le peroxyde d'hydrogène qui accompagne généralement le peroxyacide :
à l'issue du traitement avec le peroxyacide, on additionne un alcali à la pâte et
on procède ensuite au blanchiment au peroxyde d'hydrogène, sans effectuer de lavage
intermédiaire entre les étapes au peroxyacide et au peroxyde d'hydrogène alcalin.
Si nécessaire, on fera l'appoint d'une quantité supplémentaire de peroxyde d'hydrogène
de façon à atteindre la quantité totale requise pour réaliser un blanchiment efficace.
[0030] Le procédé conforme à l'invention s'applique à la délignification et au blanchiment
de toute espèce de pâte chimique. Il convient bien pour délignifier et blanchir les
pâtes kraft et les pâtes au sulfite. Il est particulièrement bien adapté au traitement
des pâtes kraft.
[0031] Les exemples qui suivent sont donnés dans le but d'illustrer l'invention, sans pour
autant en limiter sa portée.
Exemples 1R et 2R (non conformes à l'invention)
[0032] Un échantillon de pâte de feuillus ayant subi une cuisson kraft (blancheur initiale
33,7 °ISO mesurée selon la norme ISO 2470, indice kappa 12,4 mesuré selon la norme
SCAN C1-59 et degré de polymérisation 1370 exprimé en nombre d'unités glucosiques
et mesuré selon la norme SCAN C15-62) a été délignifiée au moyen d'une séquence en
deux étapes comportant une première étape à l'acide peracétique (Paa) et une deuxième
étape d'extraction alcaline avec de l'hydroxyde de sodium. La pâte a été lavée à l'eau
déminéralisée entre les deux étapes.
[0033] L'acide peracétique utilisé était une solution aqueuse à l'équilibre contenant 240
g/l de CH₃CO₃H, 420 g/l de CH₃COOH, 100 g/l de H₂O₂ et 7 g/l de H₂SO₄.
[0034] Après délignification, on a effectué sur la pâte traitée les déterminations de blancheur,
d'indice kappa et de degré de polymérisation.
[0035] Les conditions opératoires ont été les suivantes :
| 1e étape : étape à l'acide peracétique (étape Paa) : |
| teneur en CH₃CO₃H, g/100g pâte sèche : |
1,0 |
| teneur en DTPA 40 % ou en EDTA 100 %, g/100g pâte sèche : |
0,5 |
| température, degrés C : |
90 |
| durée, min : |
240 |
| consistance, % en poids de matière sèche : |
10 |
| 2e étape : étape à l'hydroxyde de Na (étape E) : |
| teneur en NaOH, g/100g pâte sèche : |
2,0 |
| température, degrés C : |
90 |
| durée, min : |
45 |
| consistance, % en poids de matière sèche : |
10 |
[0036] Les résultats obtenus sont donnés au tableau qui suit :
| Exemple No |
Nature du stabilisant |
pH étape init. |
Paa fin. |
Blancheur finale °ISO |
Indice kappa final |
DP final |
| 1R |
DTPA |
4,35 |
4,20 |
48,0 |
7,73 |
750 |
| 2R |
EDTA |
4,35 |
4,30 |
48,9 |
7,46 |
740 |
Exemple 3 : (conforme à l'invention)
[0037] On a reproduit les exemple 1R et 2R, en remplaçant le stabilisant DTPA ou EDTA par
0,5 g du sel heptasodique de l'acide diéthylènetriaminepenta(méthylènephosphonique)
(DTMPNa₇) pour 100 g de pâte sèche.
[0038] Les résultats obtenus ont été :
| Exemple No |
Nature du stabilisant |
pH étape init. |
Paa fin. |
Blancheur finale °ISO |
Indice kappa final |
DP final |
| 3 |
DTMPNa₇ |
4,35 |
4,40 |
48,2 |
7,63 |
1250 |
Exemple 4 : (conforme à l'invention)
[0039] Une pâte de résineux ayant subi une cuisson kraft de blancheur 30,5 °ISO, d'indice
kappa 26,7 et de degré de polymérisation de 1510 a été blanchie au moyen d'une séquence
totalement exempte de réactifs chlorés en 4 étapes 0 Q P Paa dans les conditions opératoires
suivantes :
| 1e étape : étape à l'oxygène ( 0 ) |
| pression, bar : |
5,5 |
| teneur en NaOH, g/100 g pâte sèche : |
4,0 |
| teneur en MgSO₄.7H₂O, g/100 g pâte sèche : |
0,5 |
| température, degrés C : |
120 |
| durée, min : |
60 |
| consistance, % en poids de matière sèche : |
14 |
| 2e étape : étape avec un acide séquestrant |
| teneur en DTPA 40 %, g/100 g de pâte sèche: |
0,5 |
| H₂SO₄ pour pH initial de : |
5,00 |
| température, degrés C : |
55 |
| durée, min : |
30 |
| consistance, % en poids de matière sèche : |
4,0 |
| 3e étape : étape à l'H₂O₂ ( P ) |
| teneur en H₂O₂, g/100 g de pâte sèche : |
2,0 |
| teneur en NaOH, g/100 g de pâte sèche : |
1,5 |
| température, degrés C : |
90 |
| durée, min : |
120 |
| consistance, % en poids de matière sèche : |
10 |
| 4e étape : étape à l'acide peracétique ( Paa ) |
| teneur en Paa, g/100 g de pâte sèche : |
3,0 |
| teneur en DTMPNa₇, g/100 g de pâte sèche: |
0,5 |
| température, degrés C : |
90 |
| durée, min : |
240 |
| consistance, % en poids de matière sèche : |
10 |
[0040] Les résultats obtenus ont été les suivants :
| Exemple No |
Nature du stabilisant |
pH étape Paa |
Blancheur finale °ISO |
Indice kappa final |
DP final |
| |
|
init. |
fin. |
|
|
|
| 4 |
DTMPNa₇ |
3,6 |
3,4 |
68,8 |
4,61 |
1070 |
Exemples 5R, 6R et 7R (non conformes à l'invention) et 8, 9 et 10 (conformes à l'invention)
[0041] Un échantillon de pâte kraft de résineux (blancheur initiale 30,5 °ISO mesurée selon
la norme ISO 2470, indice kappa 26,7 mesuré selon la norme SCAN C1-59 et degré de
polymérisation 1510 exprimé en nombre d'unités glucosiques et mesuré selon la norme
SCAN C15-62) a été délignifiée au moyen d'une séquence en deux étapes comportant une
première étape à l'acide peracétique (Paa) et une deuxième étape d'extraction alcaline
avec de l'hydroxyde de sodium. La pâte a été lavée à l'eau déminéralisée entre les
deux étapes.
[0042] L'acide peracétique utilisé était une solution aqueuse à l'équilibre contenant 240
g/l de CH₃CO₃H, 420 g/l de CH₃COOH, 100 g/l de H₂O₂ et 7 g/l de H₂SO₄.
[0043] Après délignification, on a effectué sur la pâte traitée les déterminations de blancheur,
d'indice kappa et de degré de polymérisation.
[0044] Les conditions opératoires ont été les suivantes :
| Réactifs : |
| Exemple No. |
Etape 1 |
Etape 2 |
| |
teneur en CH₃CO₃H g/100g p.s. |
teneur en DTMPNa₇ g/100g p.s. |
teneur en silicate 36°Bé g/100g p.s. |
teneur en MgSO₄.7H₂O g/100g p.s. |
teneur en NaOH g/100g p.s. |
| 5R |
3 |
0 |
3 |
0 |
2 |
| 6R |
3 |
0 |
0 |
1 |
2 |
| 7R |
3 |
0 |
3 |
1 |
2 |
| 8 |
3 |
0,5 |
3 |
0 |
2 |
| 9 |
3 |
0,5 |
0 |
1 |
2 |
| 10 |
3 |
0,5 |
3 |
1 |
2 |
où DTMPNa₇ symbolise le sel heptasodique de l'acide diéthylènetriaminepenta(méthylènephosphonique).
Dans tous les exemples 5R, 6R et 7R et 8, 9 et 10, on a réalisé les mêmes conditions
opératoires qui suivent :
| |
Etape 1 |
Etape 2 |
| - température, °C : |
90 |
90 |
| - durée, min : |
240 |
45 |
| - consistance, % en poids de matière sèche : |
10 |
10 |
[0045] Après traitement, on a effectué sur la pâte les déterminations de blancheur, d'indice
kappa et de degré de polymérisation.
[0046] Les résultats obtenus ont été les suivants :
| Exemple No. |
Blancheur finale, °ISO |
Indice kappa final |
DP final |
| 5R |
38,1 |
13,8 |
820 |
| 6R |
38,1 |
13,3 |
870 |
| 7R |
37,9 |
13,4 |
630 |
| 8 |
40,7 |
14,4 |
1350 |
| 9 |
40,5 |
14,6 |
1380 |
| 10 |
41,4 |
14,4 |
1360 |
1. Procédé pour l'amélioration de la sélectivité de la délignification d'une pâte à papier
chimique au moyen d'un peroxyacide organique selon lequel on traite la pâte écrue
provenant de l'opération de cuisson par une solution aqueuse de ce peroxyacide organique
en présence d'un stabilisant dudit peroxyacide, caractérisé en ce que le stabilisant
comprend au moins un composé sélectionné parmi la classe des acides phosphoniques
et leurs sels.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le peroxyacide organique est
de l'acide peracétique.
3. Procédé selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que le traitement au peroxyacide
organique est effectué à une température comprise entre 50 et 98 °C.
4. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que l'acide
phosphonique est l'acide diéthylènetriaminepenta(méthylènephosphonique).
5. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que le
stabilisant comprend en outre du silicate de sodium.
6. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que le
stabilisant du peroxyacide est une association d'un acide phosphonique ou l'un de
ses sels avec un sel hydrosoluble de magnésium.
7. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que l'on
réalise avant le traitement au peroxyacide organique au moins une opération de lavage
ou une étape de traitement avec une solution aqueuse acide.
8. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, caractérisé en ce que l'on
intercale entre l'opération de cuisson et le traitement au peroxyacide une ou plusieurs
étapes de délignification de la pâte au moyen de réactifs chimiques.
9. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que l'on
fait suivre le traitement au peroxyacide par une étape de blanchiment au peroxyde
d'hydrogène en milieu alcalin.
10. Application du procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 9 à la délignification
et au blanchiment des pâtes kraft, des pâtes au sulfite et des pâtes obtenues par
des procédés de cuisson utilisant des solvants.