[0001] L'invention est relative à un dispositif d'injection de combustible liquide dans
au moins une chambre de combustion pressurisée faisant partie d'un moteur à combustion
interne, dispositif qui comporte un organe de mise en pression du combustible liquide
à injecter, constitué par une première cavité, de volume variable, délimitée par une
première animé d'un volume alternatif à l'intérieur d'un cylindre,
laquelle première cavité communique d'une part avec des moyens de réserve de combustible
liquide à basse pression par l'intermédiaire d'un organe de commande établissant cycliquement
une telle communication en synchronisme avec le fonctionnement périodique dudit moteur
et d'autre part par l'intermédiaire d'un passage avec un injecteur constitué d'une
buse et d'une aiguille mobile, de révolution,
laquelle buse comporte une deuxième cavité, reliée au susdit passage et délimitée
latéralement par une paroi cylindrique de directrice circulaire et axialement par
une paroi partiellement conique formant siège et coaxiale à ladite paroi cylindrique,
et au moins un orifice d'injection débouchant dans la chambre de combustion, un espace
de faible volume ou "sac" étant disposé entre le susdit siège et le ou les orifices
d'injection,
laquelle aiguille comporte une partie cylindrique formant piston et capable de
coulisser avec un jeu de fonctionnement minimal à l'intérieur de la susdite paroi
cylindrique de la buse et une partie conique coopérant avec le susdit siège,
laquelle aiguille est agencée d'une part de façon à être maintenue, au repos, en
appui sur son siège par des moyens de rappel de façon à interrompre la communication
entre la deuxième cavité et le ou les orifices d'injection et d'autre part de façon
que sa section d'appui sur le siège, projetée sur un plan perpendiculaire à l'axe
de l'aiguille, soit inférieure à la section transversale de la partie cylindrique
formant piston de l'aiguille, la face libre de cette partie cylindrique de l'aiguille
délimitant une troisième cavité de volume variable qui communique avec un accumulateur
sous pression dudit combustible en constituant ainsi les susdits moyens de rappel,
le susdit accumulateur communiquant avec des moyens de mise sous pression sensiblement
constante, pour chaque régime de fonctionnement du moteur.
[0002] Un tel dispositif d'injection est décrit dans la demande de brevet français n° 91
02208 du 25 février 1991, non publiée avant la date de dépôt de la présente demande.
[0003] L'invention a pour but d'agencer le dispositif d'injection défini ci-dessus de façon
telle que la décompression de la première cavité ne se propage pas dans la deuxième
cavité en provoquant des "queues d'injection" à basse pression, génératrices de fumées
à l'échappement et de suie. Elle a également pour but d'agencer ce dispositif d'injection
de façon telle que l'aiguille retombe sur son siège de façon aussi douce que possible
à la fin de chaque période d'injection tout en préservant le niveau de pression de
combustible liquide qui est nécessaire à la pulvérisation et à la pénétration des
gouttelettes de combustible dans la chambre de combustion, en particulier vers la
fin de chaque période d'injection.
[0004] A cet effet, le dispositif d'injection conforme à l'invention est essentiellement
caractérisé en ce que la première cavité est séparée de la deuxième cavité par un
clapet uni-directionnel, de préférence à très faible déplacement volumique et à très
faible inertie, orienté de façon à permettre l'écoulement du combustible liquide de
la première cavité à la deuxième cavité et à interdire l'écoulement en sens inverse
et agencé de telle manière que sa fermeture, provoquée par la décompression de la
première cavité, n'entraîne pas une chute substentielle de la pression régnant dans
la deuxième cavité.
[0005] Conformément à un mode de réalisation avantageux, les susdits moyens de mise sous
pression sensiblement constante de l'accumulateur sont constitués par une alimentation
en combustible sous pression et par une communication avec les susdits moyens de réserve
de combustible liquide à basse pression par l'intermédiaire d'un orifice de fuite,
à section de passage variable, équipé de moyens de réglage agencés de manière à maintenir
le combustible liquide dans l'accumulateur à la susdite pression sensiblement constante.
Selon une première solution, la susdite alimentation en combustible sous pression
est constituée par une communication qui est établie entre la première cavité et la
troisième cavité et sur laquelle sont interposés un clapet uni-directlonnel et un
orifice calibré montés en série. Selon une deuxième solution, la susdite alimentation
en combustible sous pression est constituée par une communication entre la deuxième
cavité et la troisième cavité et sur laquelle est interposé un orifice calibré.
[0006] On obtient ainsi un dispositif d'injection qui atteint bien le but défini ci-dessus,
ainsi qu'il sera expliqué ci-après à l'aide des dessins annexés.
[0007] La figure 1 de ces dessins représente schématiquement le mode de réalisation préféré
de l'art antérieur et tel que décrit dans la susdite demande de brevet français n°
91 02208 du 25 février 1991.
[0008] Les figures 2, 3 et 4 sont des schémas illustrant le fonctionnement et les inconvénients
d'un dispositif d'injection de type connu.
[0009] La figure 5 montre un détail de l'un des clapets uni-directionnels des figures 1
et 9.
[0010] Les figures 6, 7 et 8 sont des schémas illustrant le fonctionnement et les avantages
du dispositif d'injection conforme à l'invention et correspondant respectivement à
ceux des figures 2, 3 et 4.
[0011] Les figures 9 et 10 représentent schématiquement chacune un mode de réalisation préféré
de l'invention.
[0012] La figure 11 illustre, à plus grande échelle, une variante de l'aiguille des figures
9 et 10.
[0013] Tel qu'il est illustré à la figure 1, le dispositif d'injection est destiné à injecter
du combustible liquide dans une chambre de combustion pressurisée 1 d'un moteur à
combustion interne 2 dont le nombre de chambres 1 peut être déterminé à volonté.
[0014] Avant de décrire l'invention, on va rappeler à l'aide de la figure 1 l'état de la
technique tel qu'il ressort de la susdite demande de brevet français n° 91 02208.
Dans ce cas, le dispositif d'injection comporte un organe de mise en pression du combustible
liquide à injecter qui est constitué par une première cavité 3, de volume variable,
délimitée par un piston 4 animé d'un mouvement alternatif à l'intérieur d'un cylindre
5. La premlère cavité 3 communique d'une part avec des moyens de réserve de combustible
liquide à basse pression (ou réservoir) 6 par l'intermédiaire d'un organe de commande
(tel qu'un distributeur tournant) 7 établissant une telle communication en synchronisme
avec le fonctionnement du moteur 2 et, d'autre part, par l'intermédiaire d'un passage
8, avec un injecteur 9 constitué d'une buse 10 et d'une aiguille mobile 11 ayant une
forme de révolution. Cette buse 10 comporte une deuxième cavité 12 reliée au passage
8 et délimitée latéralement par une paroi cylindrique 13, de directrice circulaire,
et axialement par une paroi partiellement conique 14 formant sièqe et coaxiale à ladlte
paroi cylindrique 13. La buse 10 comporte aussi au moins un orifice d'injection 17
débouchant dans la chambre de combustlon 1. Un espace de faible volume ou "sac" 28
est disposé entre le siège 14 et le ou les orifices d'injection 17.
[0015] L'aiguille 11 comporte une partie cylindrique 15 formant piston et capable de coulisser,
avec un jeu de fonctionnement minimal, à l'intérieur de la paroi cylindrique 13 de
la buse 10 et une partie conique 16 coopérant avec le siège 14.
[0016] L'aiguille 11 est agencée de façon à être maintenue, au repos, en appui sur le siège
14 par des moyens de rappel qui seront décrits ci-après, de façon à interrompre la
communication entre la deuxlème cavité 12 et le ou les orifices d'injection 17. L'aiguille
11 est en outre aqencée à la façon d'un piston différentiel de telle sorte que sa
section d'appui sur le siège 14, projetée sur un plan perpendiculaire à l'axe X-X
de l'aiguille 11, soit inférleure à la section transversale de la partie cylindrique
15, formant piston, de l'aiguille 11. La face libre 18 de cette partie cylindrique
15, c'est-à-dire sa face éloignée de la partie conique 16, délimite une troisième
cavité 19, de volume variable, qui communique avec un accumulateur sous pression 20
dudit combustible liquide, en constituant ainsi les susdits moyens de rappel.
[0017] Le piston de pompe 4 peut recevoir son mouvement alternatif soit, comme le montre
schématiquement la figure 1, d'une came rotative 21 entraînée en synchronisme avec
le moteur 2, contre l'action d'un ressort de rappel 22, soit de moyens hydrauliques
dont un exemple est décrit dans le document FR-A-2.326.588, soit de tous autres moyens
équivalents. La came 21 peut agir sur le piston 4 soit directement (comme représenté
schématiquement à la figure 1), soit plus généralement par l'intermédiaire d'un culbuteur
(non représenté).
[0018] La première cavité 3 communique avec la troisième cavité 19 par l'intermédiaire d'un
orifice calibré 41 et d'un clapet uni-directionnel (ou anti-retour) 30 montés en série
et le susdit accumulateur 20 communique avec les susdits moyens de réserve de combustible
liquide à basse pression 6 par l'intermédiaire d'un orifice de fuite 25, à section
de passage variable, équipé de moyens de réglage 26 agencés de manière à maintenir
la pression du combustible liquide dans l'accumulateur 20 à une valeur sensiblement
constante, pour chaque régime de fonctionnement du moteur 2. Comme le montre la figure
9, le clapet uni-directionnel 30 peut être constitué d'une bille soumise à l'action
d'un ressort de rappel 27 et il est de toute façon agencé pour autoriser le combustible
liquide refoulé par le piston 4 à atteindre la troisième cavité 19 et l'accumulateur
20 et pour l'empêcher de revenir en sens inverse.
[0019] Des moyens de mise en pression externe 43 alimentés par le réservoir basse pression
6 peuvent communiquer grâce au conduit 42 avec le susdit accumulateur 20.
[0020] Les moyens de rappel de l'aiguille 11 sur son siège 14 comportent de préférence en
outre un ressort mécanique 29 dimensionné pour permettre le fonctionnement du dispositif
lors de la mise en marche du moteur 2, alors que la pression du combustible liquide
n'est pas encore établie dans l'accumulateur 20.
[0021] Les moyens de réglaqe 26 sont de préférence sensibles à au moins un paramètre de
fonctionnenment Pr du moteur 2 et agencés de façon à asservir à ce paramètre de fonctionnement
la pression sensiblement constante régnant dans l'accumulateur 20.
[0022] Par ailleurs, la deuxième cavité 12 communique directement avec la première cavité
3, I'orifice calibré 41 et le clapet uni-directionnel 30 n'étant pas interposés sur
le conduit 8 reliant la première cavité 3 à la deuxième cavité 12 mais sur un conduit
35 dérivé en 34 du passage 8 et aboutissant à l'accumulateur 20 qu'il relie en outre
à la troisième cavité 19.
[0023] Le dispositif d'injection qui vient d'être décrit jusqu'ici est conforme à la susdite
demande de brevet français n° 91 02208. On va en rappeler ci-après le fonctionnement.
[0024] Lorsque l'aiguille 11 est en appui sur son siège 14, elle est soumise, dans le sens
de la fermeture, à la pression régnant dans la troisième cavité 19 et agissant sur
la totalité de la section de sa partie cylindrique 15 et, dans le sens de l'ouverture,
à la pression régnant dans la deuxième cavité 12, sur la différence entre la section
de la partie cylindrique 15 et sa section d'appui sur le siège 14. Lors de chaque
course de refoulement du piston 4, l'orifice de décharge 46 de la pompe 3, 4 est fermé
par le distributeur tournant 7 et la pression transmise par le passage 8 dans la deuxième
cavité 12 augmente jusqu'à ce que son action sur l'aiguille 11 devienne prépondérante
et que l'aiguille 11 s'écarte de son siège 14, ce qui permet à une partie du combustible
liquide sous pression admis dans la deuxième cavité 12 d'atteindre par le sac 28 le
ou les orifices 17 et d'être injectée dans la chambre de combustion 1. L'effet différentiel
de l'aiguille 11 amène celle-ci en butée de pleine ouverture. Lorsque l'organe de
commande 7 rétablit la communication entre la premlère cavité 3 et les moyens de réserve
de combustible liquide à basse pression 6, la pression régnant dans la deuxième cavité
12 chute et permet à la pression régnant dans la troisième cavité 19 de rappeler l'aiguille
11 sur son siège 14. Plus précisément, lorsque la pression d'injection tombe au-dessous
de la pression de fermeture de l'aiguille 11 (cette pression de fermeture étant inférieure
à la pression d'ouverture, en raison de l'effet différentiell , l'aiguille 11 amorce
sa retombée. L'injection s'arrête lorsque l'aiguille 11 retombe sur son siège 14,
l'effet différentiel évitant dans une certaine mesure le rebondissement de l'aiguille.
[0025] Le clapet uni-directionnel 30 maintient la pression dans l'accumulateur 20 lors de
la course d'aspiration du piston 4 (ou lors de la mise de la première cavité 3 à la
décharge par l'organe de commande 7) et empêche alors l'accumulateur 20 de se vider
par intermédiaire du passage 8 et d'interférer ainsi avec le fonctionnement décrit
ci-dessus de l'aiguille 11. Par la simple action des moyens de réglage 26, la valeur
constante P
RH à laquelle est maintenue la pression dans l'accumulateur 20 peut être adaptée aux
conditions de fonctionnement du moteur 2. En particulier, elle permet d'ajuster automatiquement,
pendant le fonctionnement du moteur 2, la valeur de la pression du combustible liquide
dans la deuxième cavité 12, en amont du ou des orifices d'injection 17, en fonction
de la valeur de la pression gazeuse, régnant dans la chambre de combustion 1 en aval
dudit ou desdits orifices 17, de façon à maintenir des conditions optimales de pulvérisation
et de pénétration du combustible liquide injecté dans la chambre de combustion 1,
tout au moins pendant la majeure partie de la course de l'aiguille 11.
[0026] La réglementation sur les émissions de polluants à l'échappement des moteurs Diesel
devient de plus en plus sévère, en particulier pour ce qui concerne les émissions
de fumées, de particules et d'hydrocarbures imbrûlés.
[0027] Dans un moteur Diesel, la combustion est réalisée de façon non homogène. En effet,
les gouttelettes de combustible liquide finement pulvérisé sont mélangées dans la
chambre de combustion à l'air qui y est échauffé par compression adiabatique, soit
directement (pluralité de jets de combustible dans un milieu calme : chambre non turbulente)
, soit indirectement (nombre limité de jets dans un milieu animé de mouvements intenses
: chambre turbulente).
[0028] Le combustible vaporisé s'enflamme spontanément dès que les conditions requises de
pression et de température sont atteintes. La réaction se développe de façon très
rapide en provoquant des échauffements locaux intenses et en faisant se décomposer
le combustible pulvérisé, jusqu'au cracking entraînant la formation de suies. La plupart
des suies ainsi produites pendant la première partie de la période de combustlon sont
progressivement brûlées et elles n'altèrent donc pas (ou peu) la composition des gaz
d'échappement. En revanche, les particules de suies produites à la fin de la période
de combustion sont beaucoup plus gênantes car le temps disponible pour leur recombustion
est évidemment plus court. De plus, en raison de la course descendante du piston,
les conditions thermodynamiques (pression et température) dans la chambre de combustion
sont alors moins favorables à la poursuite de la réaction. De ce point de vue, il
est clair que la fin de la période d'injection est beaucoup plus critique que le début
de cette même période.
[0029] Par ailleurs, en raison de l'effet différentiel créé comme il a été rappelé ci-dessus,
par l'appui de l'aiquille 11 sur son siège 14, l'ouverture de l'aiguille 11 se produit
à pression élevée et ne pose donc pas de problème particulier en ce qui concerne la
qualité de la pulvérisation, L'aiguille 11 une fois écartée de son siège 14, la pression
d'injection s'établit sur toute la surface inférieure de l'aiguille 11 (c'est-à-dire
sa surface située à droite de la figure 1), en amont du ou des orifices d'injection
17. Le processus d'injection se termine par la retombée de l'aiguille 11 sur son siège
14, provoquée par la mise en communication du cylindre (ou première cavité) 3 de la
pompe d'injection 3, 4 avec les moyens de réserve 6 à basse pression, par l'intermédiaire
de l'orifice de décharge 46.
[0030] A ce stade, il se produit un dilemme bien connu des spécialistes de l'injection :
- Si la chute de la pression est plus rapide que la retombée de l'aiguille 11, les derniers
instants de l'injection se produlront dans de très mauvaises conditions. En effet,
la faible différence de pression entre l'amont et l'aval du ou des orifices d'injection
17 entraînera la formation de grosses gouttes dans la chambre 1, sans vitesse d'injection.
La combustion incomplète de cette "queue d'injection" provoquera la formation de fumées,
particules et imbrûlés.
- On sera tenté de raccourcir la durée de la retombée de l'aiguille 11 sur son siège
14 pour minimiser cette production tardive de polluants, mais on sera alors confronté
au problème de la durée de vie de l'injecteur, de l'intégrlté du contact entre l'aiguille
11 et le siège 14 et de la fragilisation du nez de l'injecteur (affaibli par la présence
des orifices d'injection 17). Dans la susdlte demande de brevet français n° 91 02208,
un dispositif amortisseur a été prévu pour atténuer les chocs de l'aiguille 11 sur
son siège 14 mais, malgré ses avantages, cette solution a pour effet d'allonger la
durée de la retombée de l'aiguille 11 et on retrouve alors l'inconvénient précédent.
[0031] Les schémas des figures 2 à 4 illustrent les phénomènes qui viennent d'être décrits.
Sur la même échelle des temps t en abscisses :
- la figure 2 montre l'évolution de la section de fuite SD de l'orifice de décharge 46 ;
- la figure 3, l'évolution de la pression d'injection P (en bars), Po et Pf correspondant
respectivement à la pression d'ouverture et à la pression de fermeture de l'aiguille
11 ;
- la figure 4, la levée "1" de l'aiguille 11.
[0032] Aux figures 3 et 4, les courbes en trait plein correspondent à une aiguille 11 lente
(amortie ou à forte inertie), la majeure partie de la retombée de l'aiguille s'effectuant
avec une pression d'injection très faible (qénéralement inférieure à 200 bars), d'où
fumées et imbrûlés et reflux de gaz, de la chambre 1 à l'injecteur. A ces mêmes figures,
les courbes en trait interrompu correspondent à une aiguille rapide (légère, à faible
inertie, ou non amortie), la fermeture de l'aiguille s'effectuant avec une pression
d'injection élevée (généralement supérieure à 200 bars), d'où chocs sur le siège 14
et fragilisation.
[0033] Cela étant, conformément à l'invention telle que représentée schématiquement sur
la figure 9, la première cavité 3 (c'est-à-dire la cavité délimitée par le piston
4 de l'organe de mise en pression) est séparée de la deuxième cavité 12 (c'est-à-dire
la cavité située dans la buse 10 en amont du siège 14 de l'aiguille 11) par le susdit
clapet uni-directionnel ou clapet anti-retour 30, de préférence à très faible déplacement
volumique et très faible inertie, orienté de façon à permettre l'écoulement du combustible
liquide, de la première cavité 3 à la deuxième cavité 12, et à interdire l'écoulement
en sens inverse. Alors que le clapet uni-directionnel 30 est représenté à la figure
9 comme étant du même type qu'à la figure 1, il est plus avantageusement constitué,
comme montré à la figure 5, par un organe obturateur mobile 31, à tête tronconique,
sollicité par un ressort 32. De toute façon, on appelle "déplacement volumique" du
clapet uni-directionnel 30 le volume déplacé par le clapet entre sa position de pleine
ouverture et sa position de fermeture, c'est-à-dlre le produit de la course du clapet
par la section transversale de son siège 33.
[0034] On voit donc qu'à la figure 9, le conduit 35 n'est pas dérivé du passage 8, contrairement
à la figure 1, mais part de la troisième cavité 19, ce qui fait bien ressortir le
changement de place du clapet uni-directionnel 30. Par ailleurs, l'orifice calibré
41 faisant communiquer la première cavité 3 avec la troisième cavité 19 est situé
en aval du clapet uni-directionnel 30 et interposé sur un passage 40 faisant communiquer
la deuxième cavité 12 et la troisième cavité 19. Selon le mode de réalisation de la
figure 9, le passage 40 et l'orifice calibré 41 traversent la partie cylindrique 15
de l'aiguille 11.
[0035] A l'ouverture de l'aiguille 11, le fonctionnement est le même que celui qui a été
décrit ci-dessus, le clapet 30 s'ouvrant en n'opposant pratiquement pas de résistance
à l'écoulement du combustible liquide. A la fermeture, la position, choisie conformément
à l'invention, du clapet 30 modifie le fonctionnement d'une manière originale et imprévue,
ainsi qu'il va être expliqué.
[0036] Lorsque le distributeur tournant 7 dégage l'orifice de décharge 46 de la pompe 3,
4 en mettant le cylindre 3 en communication avec le circuit de combustible liquide
à basse pression 6, la présence du clapet 30 empêche la pression dans la cavité 12
de l'injecteur de chuter. La pression dans le sac 28 de l'injecteur (sous l'aiguille
11) va diminuer progressivement au rythme de l'injection qui continue tant que la
pression dans le sac 28 est supérieure à la pression régnant dans la chambre de combustion
1. La différence de pression de part et d'autre de l'aiguille 11 va de ce fait augmenter
progressivement, ce qui va accélérer l'aiguille 11 vers le siège 14. Lorsque l'aiguille
11 est proche du siège 14, le laminage du combustible liquide entre le siège 14 et
la partie conique 16 de l'aiguille 11, fait chuter la pression dans le sac 28. En
même temps, la pression régnant dans la cavité 12 va s'élever, du fait de l'inertie
de l'aiguille 11, et va remonter jusqu'à rattraper l'effet différentiel (pression
d'ouverture supérieure à la pression de fermeture).
[0037] En conséquence, l'atterrissage de l'aiguille 11 sur son siège 14 se fera en douceur
alors qu'en même temps, la pression d'injection se maintient ou même s'élève dans
la phase finale de l'atterrissage. En définitive, le but que l'on s'était fixé est
bien atteint, comme le montrent les figures 6 à 8 qui sont relatives à la construction
conforme à l'invention et qui correspondent respectivement aux figures 2 à 4. A la
figure 7, les courbes A en pointillé, B en tirets et C en trait plein montrent les
variations, en fonction du temps, de la pression dans l'injecteur (cavité 12), dans
le sac 28 et dans la pompe 3, 4 respectivement, la pression dans la chambre 1 étant
représentée par la droite D.
[0038] Dans le mode de réalisation préféré, tel que représenté schématiquement à la figure
9, la deuxième cavité 12 communique avec la troisième cavité 19 par le passage 40
sur lequel est interposé l'orifice calibré 41. Ce passage peut être aménagé dans le
corps de l'aiguille tel que représenté à la figure 9. Il peut être aménagé aussi bien
dans le corps de la buse 10.
[0039] L'orifice calibré peut même se confondre avec le jeu d'aiguille existant entre le
diamètre extérieur de la partie cylindrique 15 de l'aiguille 11 et le diamètre intérieur
de la paroi cylindrique 13 de la buse 10 comme il sera expliqué ci-après en regard
de la figure 11. Dans ce cas, l'orifice calibré 41 se confond avec le passage 40.
La tolérance de l'aiguille 11 peut de ce fait être moins serrée, ce qui évitera l'apairage
de l'aiguille 11 avec sa buse 10 et réduira le coût du matériel d'injection.
[0040] Dans une solution telle que représentée à la figure 10, une seconde communication
est établle en parallèle entre la première cavité 3 et la deuxième cavité 19, un deuxième
orifice calibré 44 étant disposé en série avec un deuxième clapet uni-directionnel
45 sur un conduit 35 dérivé en 34 du passage 8, comme dans le cas de la figure 1.
[0041] Ainsi qu'il a été exposé dans ce qui précède, l'orifice calibré 41, tel que représenté
aux figures 9 et 10, peut se confondre avec le jeu existant entre le diamètre extérieur
de la partie cylindrique 15 de l'aiguille 11 et le diamètre intérleur de la paroi
cylindrique 13 de la buse 10. Dans ce cas notamment et comme représenté à la figure
11, la communication entre la deuxième cavlté 12 et la troisième cavité 19 sur le
circuit de laquelle est interposé l'orifice calibré 41 comporte également des moyens
obturateurs susceptibles d'interrompre cette communication lorsque l'aiguille 11 est
en appui sur son siège 14 et de rétablir cette communication lorsque ladite aiguille
11 est écartée de son siège 14. A cet effet, la partie cylindrique 15 de l'aiguille
11 est avantageusement munie d'au moins une rainure longitudinale 23 pouvant aller,
d'un coté, jusqu'à la partie conique 16 de l'aiguille 11 mais arretée, de l'autre
côté, par un épaulement 24. Ainsi, lorsque l'aiguille 11 est sur son siège 14 (comme
représenté à la figure 11), I'épaulement 24 isole les cavités 12 et 19 l'une de l'autre
tandis que, lorsque l'aiguille 11 commence a s'écarter de son siège 14, la ou les
rainures 23 font communiquer les cavités 12 et 19 l'une avec l'autre.
[0042] Lorsque le moteur fonctionne à très faible vitesse (notamment lors du démarrage),
le présence de la communication entre la deuxième cavité 12 et la troisième cavité
19 peut empêcher la pression dans la deuxième cavité 12 de s'élever au-dessus de la
valeur de la pression permettant l'ouverture de l'aiguille 11 (et supérieure à la
pression dans la troisième cavité 19; du fait de l'effet différentiel de l'aiguille
11 en appui sur son siège 14). Il est donc préférable, grâce à la rainure 23, de n'établir
cette communication entre la deuxième cavité 12 et la troisième cavlté 19 que lorsque
l'aiguille 11 est soulevée de son siège 14.
[0043] Bien que l'invention ait été décrite dans son application à un moteur monocylindrique,
il va de soi qu'elle peut être appliquée avec autant d'intérêt à un moteur possédant
au moins deux cylindres ou chambres de combustion 1. Dans ce cas, il va de soi que,
comme indiqué dans la susdite demande de brevet français n° 91 02208, l'accumulateur
20 pourra préférablement être unique et communiquer avec les troisièmes cavités propres
à chaque injecteur. Plus précisément dans ce cas, chaque chambre de travail 1 est
équipée d'un dispositif d'injection de combustible conforme à l'invention, mais l'accumulateur
20 est commun à tous les dispositifs d'injection.
1. Dispositif d'injection de combustible liquide dans au moins une chambre de combustion
pressurisée (1) faisant partie d'un moteur à combustion interne (2), dispositif qui
comporte un organe de mise en pression du combustible liquide à injecter, constitué
par une première cavité (3), de volume variable, délimitée par un piston (4) animé
d'un mouvement alternatif à l'intérieur d'un cylindre (5),
laquelle première cavité (3) communique d'une part avec des moyens de réserve de
combustible liquide à basse pression (6) par l'intermédiaire d'un organe de commande
(7) établissant cycliquement une telle communication en synchronisme avec le fonctionnement
périodique dudit moteur (2) et d'autre part par l'intermédiaire d'un passage (8) avec
un injecteur (9) constitué d'une buse (10) et d'une aiguille mobile (11), de révolution,
laquelle buse (10) comporte une deuxième cavité (12), reliée au susdit passage
(8) et délimitée latéralement par une paroi cylindrique (13) de directrice circulaire
et axialement par une paroi partiellement conique formant siège (14) et coaxiale à
ladite paroi cylindrique (13), et au moins un orifice d'injection débouchant dans
la chambre de combustion (1), un espace de faible volume ou "sac" (28) étant disposé
entre le susdit siège (14) et le ou les orifices d'injection (17),
laquelle aiguille (11) comporte une partie cylindrique (15) formant piston et capable
de coulisser avec un jeu de fonctionnement minimal à l'intérieur de la susdite paroi
cylindrique (13) de la buse (10) et une partie conique (16) coopérant avec le susdit
siège (14),
laquelle aiguille (11) est agencée d'une part de façon à être maintenue, au repos,
en appui sur son siège (14) par des moyens de rappel de façon à interrompre la communication
entre la deuxième cavité (12) et le ou les orifices d'injection (17) et d'autre part
de façon que sa section d'appui sur le siège (14), projetée sur un plan perpendiculaire
à l'axe (X-X) de l'aiguille (11), soit inférieure à la section transversale de la
partie cylindrique (15) formant piston de l'aiguille (11), la face libre (18) de cette
partie cylindrique (15) de l'aiguille (11) délimitant une troisième cavité (19) de
volume variable qui communique avec un accumulateur sous pression (20) dudit combustible
en constituant ainsi les susdits moyens de rappel,
le susdit accumulateur (20) communiquant avec des moyens de mise sous pression
sensiblement constante, pour chaque régime de fonctionnement du moteur,
caractérisé en ce que la première cavité (3) est séparée de la deuxième cavité
(12) par un clapet uni-directionnel (30), de préférence à très faible déplacement
volumigue et à très faible inertie, orienté de façon à permettre l'écoulement du combustible
liquide de la première cavité (3) à la deuxième cavité (12) et à interdire l'écoulement
en sens inverse et agencé de telle manière que sa fermeture, provoquée par la décompression
de la première cavité (3), n'entraîne pas une chute substantielle de la pression régnant
dans la deuxième cavité (12).
2. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que les susdlts moyens de mise
sous pression sensiblement constante de l'accumulateur (20) sont constitués par une
alimentation en combustible sous pression et par une communication avec les susdits
moyens de réserve de combustible liquide à basse pression par l'intermédiaire d'un
orifice de fuite, à section de passage variable, équipé de moyens de réglage agencés
de manière à maintenir le combustible liquide dans l'accumulateur (20) à la susdite
pression sensiblement constante.
3. Dispositif selon la revendication 2, caractérisé en ce que la susdite alimentation
en combustible sous pression est constituée par une communication qui est établie
entre la première cavité (3) et la troisième cavité (19) et sur laquelle sont interposés
un clapet uni-directionnel et un orifice calibré montés en série.
4. Dispositif selon la revendication 2, caractérisé en ce que la susdite alimentation
en combustible sous pression est constituée par une communication entre la deuxième
cavité (12) et la troisième cavité (19) et sur laquelle est interposé un orifice calibré.
5. Dispositif selon la revendication 4, caractérisé en ce que le susdit orifice calibré
est constitué par le susdit jeu de fonctionnement entre le diamètre extérieur de la
partie cylindrique (15) de l'aiguille (11) et le diamètre intérieur de la paroi cylindrique
(13) de la buse (10).
6. Dispositif selon la revendication 4, caractérisé en ce que la communication entre
la deuxième cavité (12) et la troisième cavité (19) sur le circuit de laquelle est
interposé l'orifice calibré (41) comporte également des moyens obturateurs (23,24)
susceptibles d'interrompre cette communication lorsque l'aiguille (11) est en appui
sur son siège (14) et de rétablir cette communication lorsque ladite aiguille (11)
est écartée de son siège (14).
7. Moteur à combustion interne, caractérisé en ce qu'il est équipé d'un dispositif d'injection
de combustible liquide selon l'une quelconque des revendications 1 à 6.
8. Moteur à combustion interne comportant au moins deux chambres de combustion (1), caractérisé
en ce que chacune de ces chambres de combustion (1) est équipée d'un dispositif d'injection
de combustible liquide selon l'une quelconque des revendications 1 à 6 et en ce que
le susdit accumulateur (20) est commun à tous les dispositifs d'injection.