(19)
(11) EP 0 587 504 A1

(12) DEMANDE DE BREVET EUROPEEN

(43) Date de publication:
16.03.1994  Bulletin  1994/11

(21) Numéro de dépôt: 93402199.9

(22) Date de dépôt:  09.09.1993
(51) Int. Cl.5F41A 17/08
(84) Etats contractants désignés:
BE CH DE ES GB LI

(30) Priorité: 10.09.1992 FR 9210812

(71) Demandeur: GIAT Industries
F-78034 Versailles Cédex (FR)

(72) Inventeurs:
  • Boutet, Claude
    F-18000 Bourges (FR)
  • Grember, Eric
    F-18000 Bourges (FR)


(56) Documents cités: : 
   
       


    (54) Dispositif de déclenchement du tir d'une arme à feu à l'aide d'un détecteur infrarouge


    (57) L'invention a pour objet un dispositif de déclenchement du tir d'une arme (1) à feu de petit ou de moyen calibre. Il comprend une lunette d'observation (8), un détecteur infrarouge (14) délivrant un signal électrique, un ensemble électronique (21,26) de déclenchement commandant le tir et des moyens d'alimentation (17) en énergie électrique. Le moyen électronique (21) est associé à une mise à feu par percussion, à l'aide d'un électro-aimant (26) relié au percuteur de l'arme.
    Application au tir d'arme à feu sans intervention d'un tireur.




    Description


    [0001] La présente invention concerne un dispositif de déclenchement du tir d'une arme à feu, et plus généralement de toute arme à feu d'infanterie dont la visée est assurée par un tireur.

    [0002] Il est bien connu d'équiper une arme à l'aide de moyens de visée composés d'une hausse et d'un guidon, la ligne de visée ainsi définie est alors alignée sur la cible et le tireur peut déclencher le tir. La probabilité d'atteinte est reconnue comme étant relativement faible car elle est liée à plusieurs facteurs : la précision de l'arme, les conditions extérieures et la visée. Les deux premiers facteurs ont des effets relativement faibles car des solutions classiques bien connues peuvent être mises oeuvre pour améliorer la probabilité d'atteinte. Toutefois, le troisième facteur n'a jamais pu être pris en compte car il est lié au facteur humain bien que ses effets soient prépondérants. En effet, le fantassin moyen ou le tireur en phase de combat est animé de tremblements qui ne lui permettent pas de positionner son arme de manière stable par rapport à la cible. Il en résulte qu'en combat réel, le nombre moyen de cartouches tirées pour atteindre une cible est relativement grand. Cet inconvénient est aggravé encore par le dépointage de l'arme au moment où le tireur appuie sur la queue de détente pour déclencher le tir.

    [0003] On note ainsi des écarts de précision de l'ordre de 5 m pour un tir à 300 m. Il faut alors répéter le tir, ce qui augmente le risque pour le tireur d'être localisé.

    [0004] De plus, les imprécisions vont en augmentant lorsque la cible est mobile et la détermination du point visé ainsi que l'instant du tir, compte-tenu du temps de parcours de la balle, sont très aléatoires.

    [0005] Le but de l'invention est d'augmenter la probabilité d'atteinte d'une cible en faisant abstraction du facteur humain lors du départ du coup, en déclenchant le tir par la signature thermique de la cible.

    [0006] A cet effet, l'invention propose un dispositif de déclenchement du tir d'une arme à feu de petit ou de moyen calibre, caractérisé en ce qu'il comprend :
    • une lunette d'observation,
    • un détecteur infrarouge délivrant un signal électrique,
    • un ensemble électronique de traitement du signal délivré par le détecteur,
    • un moyen électronique de déclenchement commandant le tir, et
    • des moyens d'alimentation en énergie électrique.


    [0007] Le moyen électronique de déclenchement peut être associé à une mise à feu soit par percussion, à l'aide d'un électro-aimant relié au percuteur de l'arme, soit électrique et commandant directement la mise à feu de la munition.

    [0008] Selon une réalisation préférée, le dispositif de déclenchement du tir comprend une barrette de commande actionnée en translation d'une part par la détente de l'arme et d'autre part par l'électro-aimant, dans le cas d'une mise à feu par percussion.

    [0009] Selon une autre réalisation, le percuteur de l'arme est libéré par la barrette de commande.

    [0010] Le détecteur infrarouge est préférentiellement sensible dans la gamme 8-12µm et est placé au foyer de la lunette.

    [0011] Selon encore une autre réalisation, l'ensemble électronique de traitement comporte notamment un amplificateur, un filtre suivi d'un comparateur, le signal délivré étant caractéristique d'un type de cible présélectionné.

    [0012] Selon encore une autre réalisation, la lunette est fixée en dessous de l'arme et en avant de la poignée de celle-ci.

    [0013] Selon encore une autre réalisation, l'ensemble électronique de traitement, le moyen électronique de déclenchement et les moyens d'alimentation en énergie électrique sont intégrés dans le corps de la lunette à l'opposé de la fenêtre d'entrée de ladite lunette.

    [0014] Selon encore une autre réalisation, la détente est munie de deux crans, le premier cran permettant l'activation de l'ensemble électronique de traitement, le second cran permettant la commande directe du tir de l'arme.

    [0015] L'avantage principal de l'invention réside dans le fait que le dispositif élimine le facteur humain lors du départ du coup car le tir est déclenché par la signature thermique de la cible. On utilise alors les caractéristiques infrarouges des cibles. Ainsi, le fantassin est une cible relativement chaude par rapport au milieu ambiant et la détection de la cible permet de déclencher automatiquement le tir.

    [0016] Un autre avantage réside dans le fait que le tir normal de l'arme n'est pas supprimé par le dispositif selon l'invention.

    [0017] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront à la lumière de la description d'un mode de réalisation donné à titre d'exemple en relation avec les dessins annexés dans lesquels :
    • la figure 1 représente une coupe longitudinale d'une arme équipée du dispositif selon l'invention, et
    • la figure 2 illustre un exemple de réalisation des moyens électrique et électronique qui équipent le dispositif selon l'invention.


    [0018] L'arme 1 représentée sur la figure 1 comporte de façon connue un canon 2 prolongé par une chambre 3 dans laquelle la munition 4 est introduite soit automatiquement, soit manuellement par des moyens non représentés, un support de visée 5 monté au-dessus de l'arme et une poignée 6 protégeant la détente 7.

    [0019] Selon l'invention, on prévoit une lunette 8, par exemple de type "CASSEGRAIN" ayant un champ de 30 cm à 300 m. Cette lunette est fixée par exemple au canon 2 de l'arme par des pattes 9 soudées ou des brides. On s'arrange pour que l'axe du canon ou axe du tir, l'axe de visée et l'axe optique de la lunette soient simblotés. La lunette 8 comporte une fenêtre d'entrée 10 portant un miroir concave 11. Cette fenêtre placée à l'entrée n'a pas de fonction optique et sert de protection aux éléments internes, et de moyen de fixation du miroir 11. Un second miroir concave 12 est fixé à l'intérieur du corps de la lunette avec un diamètre sensiblement équivalent au diamètre interne dudit corps. Le miroir 12 est muni en son centre d'une ouverture 13 recevant un détecteur infrarouge 14 sensible dans la gamme 8-12 µm. Ainsi, les rayons lumineux 15 pénètrent dans la lunette, se réfléchissent une première fois sur le miroir concave 14, puis sur le miroir concave 11 qui les concentre sur le détecteur 14 placé au foyer du miroir 12. La paroi de base 16 de la lunette sert de support aux autres moyens du dispositif selon l'invention. Les moyens d'alimentation en énergie électrique sont constitués par au moins une pile 17 dont la base est en appui sur la paroi 16 et qui est maintenue en place par une languette 18 liée à une plaque 19 elle-même solidaire de la paroi 16. Sur la plaque 19, on fixe un ensemble électronique 20 et un moyen électronique 21 de déclenchement. Ces éléments sont représentés schématiquement sous forme de blocs.

    [0020] Le signal délivré par le moyen 21 est envoyé sur un interrupteur 22 solidaire d'un support 23 fixé à la paroi 16.

    [0021] Dans l'exemple de réalisation décrit, la mise à feu est réalisée par percussion. Pour cela, la détente 7 est reliée à une barrette de commande 24 qui libère à une extrémité, de façon connue et non représentée, le percuteur de l'arme. Selon l'invention, la barrette 24 est prolongée à son extrémité par une paroi latérale 25 destinée à coopérer avec un électro-aimant 26, fixé également sur la paroi 16. Pour cela, la tige de commande 27 de l'électro-aimant, soumise à l'action du ressort 28, est en prise à une extrémité sur la paroi latérale 25 et de l'autre, est solidaire d'une tige 29 portant à son extrémité libre une came 30 en prise sur l'interrupteur 22.

    [0022] Sur la figure 2, on a représenté l'ensemble électronique 20 qui comprend essentiellement le détecteur 14, un pré-amplificateur 32, un filtre 33, un amplificateur 34 et un comparateur 35 dont le rôle est de délivrer le signal de commande de mise à feu.

    [0023] Le moyen électronique 21 de déclenchement comprend un convertisseur 36 d'élévation de la tension continue délivrée par la pile 37, un condensateur 38 d'alimentation du convertisseur 36 et un thyristor 39 de déclenchement.

    [0024] Le fonctionnement est le suivant : le tireur prend sa visée en balayant latéralement la cible et actionne la détente 7 au premier cran. Le système est alors activé et le passage de la cible dans le champ de la lunette 8 induit un signal électrique sur le détecteur 14. Celui-ci est envoyé par les conducteurs 31 vers l'ensemble électronique 20 qui, après traitement, envoie un ordre à l'électro-aimant 26 actionnant par l'intermédiaire de sa tige 27 la barrette 24. Cette dernière déclenche alors le tir en libérant le percuteur de l'arme.

    [0025] Bien entendu, l'arme peut tirer soit en rafale, soit au coup par coup puisque ces fonctions ne sont pas supprimées. D'autre part, l'arme peut être utilisée par un tir direct sans attendre la commande par la détection, il suffit pour cela d'appuyer à fond sur la détente en atteignant le deuxième cran. Un second interrupteur (non représenté) peut être prévu pour mettre hors service le dispositif selon l'invention.

    [0026] On notera que c'est la différence de signature thermique entre le fond et la cible qui entraîne le déclenchement du système. Ainsi, une différence de 2 ou 3 degrés suffit pour déclencher le tir.

    [0027] Une variante de l'invention peut être facilement adoptée dans le cas où il s'agit d'une arme à mise à feu électrique. Dans ce cas, l'électro-aimant 26 et l'interrupteur 22 sont supprimés et remplacés par un circuit électronique de puissance connecté au moyen électronique 21, qui envoie directement le signal de mise à feu au système d'initiation électrique propre de l'arme.

    [0028] Une autre variante peut être envisagée pour le combat de nuit par exemple. Il serait alors intéressant, compte tenu que la cible n'est pas visible, que le tireur conserve la maîtrise du tir, mais soit averti par un moyen visuel ou sonore de la présence d'une cible chaude. Il suffit pour cela de rajouter au dispositif un interrupteur de déconnexion du circuit de puissance et par exemple un transducteur piézo-électrique qui donnera un signal sonore.


    Revendications

    1. Dispositif de déclenchement du tir d'une arme (1) à feu de petit ou de moyen calibre, caractérisé en ce qu'il comprend :

    - une lunette d'observation (8),

    - un détecteur infrarouge (14) délivrant un signal électrique,

    - un ensemble électronique de traitement (20) du signal délivré par le détecteur,

    - un moyen électronique (21,26) de déclenchement commandant le tir et

    - des moyens d'alimentation (17) en énergie électrique.


     
    2. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que le moyen électronique (21) est associé à une mise à feu par percussion, à l'aide d'un électro-aimant (26) relié au percuteur de l'arme.
     
    3. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que le moyen électronique (21) est associé à une mise à feu électrique, commandant directement la mise à feu de la munition.
     
    4. Dispositif selon la revendication 2, caractérisé en ce qu'il comprend une barrette de commande (24) actionnée en translation d'une part par la détente (7) et d'autre part par l'électro-aimant (26).
     
    5. Dispositif selon la revendication 4, caractérisé en ce que le percuteur de l'arme est libéré par la barrette de commande (24).
     
    6. Dispositif selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que le détecteur (14) est sensible dans la gamme 8-12 µm et est placé au foyer de la lunette (8).
     
    7. Dispositif selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'ensemble électronique de traitement (20) comporte notamment un amplificateur, un filtre (33) suivi d'un comparateur (35), le signal délivré étant caractéristique d'un type de cible présélectionné.
     
    8. Dispositif selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que la lunette (8) est fixée en dessous de l'arme et en avant de la poignée (6) de celle-ci.
     
    9. Dispositif selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'ensemble électronique de traitement (20), le moyen électronique (21,26) de déclenchement et les moyens d'alimentation (17) en énergie électrique sont intégrés dans le corps de la lunette (8) à l'opposé de la fenêtre d'entrée (10) de ladite lunette.
     
    10. Dispositif selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que la détente (7) est munie de deux crans, le premier cran permettant l'activation de l'ensemble électronique (20) de traitement, le second cran permettant la commande directe du tir de l'arme.
     




    Dessins










    Rapport de recherche