[0001] L'invention concerne un élément de fixation de ski alpin, destiné à retenir une chaussure
en appui sur un ski, et à la libérer en cas de sollicitation excessive.
[0002] Il est connu de retenir une chaussure en appui sur un ski au moyen d'un élément de
fixation avant et un élément de fixation arrière. Chaque élément de retenue présente
une mâchoire portée par un corps, qui est mobile contre la force de rappel exercée
par un ressort d'énergie, généralement un ressort de compression.
[0003] L'invention concerne plus particulièrement un élément de fixation avant. Habituellement,
l'élément de fixation avant réagit à une sollicitation latérale de l'extrémité avant
de la chaussure. Une telle sollicitation découle d'une sollicitation en torsion pure
sur la jambe du skieur.
[0004] Certains éléments de fixation réagissent également à une sollicitation verticale
vers le haut. Une telle sollicitation correspond à une chute vers l'arrière du skieur.
La demande de brevet européen publiée sous le numéro 102 868 décrit par exemple une
telle fixation.
[0005] D'autres fixations présentent un mécanisme de compensation qui réagit en cas de sollicitation
en torsion combinée à une chute vers l'avant du skieur. Un tel mécanisme est décrit
par exemple dans la demande de brevet allemand publiée sous le numéro 29 05 837. Ce
mécanisme comprend un plaque de support de la chaussure qui est mobile verticalement,
dont le mouvement provoqué par une pression verticale vers le bas de la chaussure
abaisse la force de rappel que le ressort exerce sur la mâchoire.
[0006] Un autre mécanisme est décrit dans la demande de brevet allemand publiée sous le
numéro 33 35 878. Ce mécanisme comprend aussi une plaque de support de la chaussure
qui est mobile verticalement et qui force la mâchoire à se déplacer dans le sens de
la libération de la chaussure.
[0007] De tels dispositifs compensent l'augmentation des frottements de la chaussure sur
ses appuis, que la composante vers l'avant de la chute induit. Ces mécanismes donnent
satisfaction tant que la composante latérale de la chute reste prépondérante par rapport
à la composante verticale.
[0008] Or, il arrive que dans le cas de certaines chutes dites "avant torsion", c'est à
dire avec une composante vers l'avant et une composante latérale, la composante latérale
ne soit pas suffisante pour provoquer le basculement latéral de la mâchoire. On assiste
alors à un vrillage de la chaussure qui se coince entre la mâchoire et sa plaque de
support. Les mécanismes de compensation actuellement connus ne sont pas suffisamment
actifs pour provoquer l'ouverture de la mâchoire. Il arrive que ces chutes soient
dangereuses, et causent des lésions en particulier au niveau des genoux du skieur.
[0009] Un des buts de l'invention est de proposer un élément de fixation qui libère la chaussure
notamment dans le cas d'une chute avant-torsion où la composante latérale est relativement
faible. Un autre but de l'invention est de proposer un élément de fixation qui soit
relativement simple à construire.
[0010] D'autres buts et avantages de l'invention apparaîtront au cours de la description
qui va suivre, cette description étant toutefois donnée à titre indicatif et non limitatif.
L'élément de fixation de ski alpin selon l'invention comprend :
- une embase reliée au ski,
- un corps monté sur l'embase,
- une mâchoire de retenue de la chaussure portée par le corps,
- la mâchoire comprenant deux ailes de retenue latérale de la chaussure et un serre-semelle
de retenue verticale,
- un ressort d'énergie logé dans le corps pour s'opposer élastiquement aux mouvements
d'ouverture de la mâchoire en réponse aux sollicitations de la chaussure,
- un plaque de support sur laquelle repose la semelle de chaussure.
[0011] Il est caractérisé par le fait que la plaque d'appui est mobile pour un mouvement
de roulis, et qu'il comprend un second circuit de basculement de la mâchoire provoquant
la libération de la chaussure, dont l'ouverture est commandée par le basculement en
roulis de la plaque de support de la chaussure.
[0012] Selon une autre caractéristique de l'invention, l'un des éléments que sont l'embase,
le corps, les ailes ou le serre-semelle est relié à l'élément qui le porte ou sur
lequel il est monté par un moyen d'articulation et par un moyen de débrayage dont
l'ouverture est commandée par le basculement au roulis de la plaque de support de
la chaussure.
[0013] L'invention sera mieux comprise en se référant à la description ci-dessous et aux
dessins en annexe qui en font partie intégrante.
[0014] La figure 1 illustre en vue de côté et en coupe partielle un premier mode de mise
en oeuvre de l'invention.
[0015] La figure 2 est une vue de dessus de l'élément de fixation de la figure 1.
[0016] La figure 3 est une vue en coupe transversale de l'élément de fixation de la figure
1 au niveau de la plaque de support.
[0017] La figure 4 est une vue en coupe transversale de l'élément de fixation de la figure
1 au niveau de la liaison entre la plaque de support et l'embase.
[0018] La figure 5 représente en vue de dessus l'élément de la figure 1 suite à une ouverture
provoquée par le basculement au roulis de la plaque de support. Les figures 6a, 6b,
6c illustrent un mode préférentiel de réalisation de la liaison entre la plaque de
support et l'embase.
[0019] La figure 7 représente en vue de côté et en coupe partielle un élément de fixation
et illustre un autre mode de mise en oeuvre de l'invention.
[0020] La figure 8 représente en perspective éclatée l'élément de fixation de la figure
1.
[0021] La figure 9 illustre le fonctionnement de l'élément de fixation.
[0022] La figure 10 représente en vue de côté et en coupe partielle un élément de fixation
et illustre un autre mode de mise en oeuvre de l'invention.
[0023] La figure 11 est une vue de dessus en coupe partielle de l'élément de fixation de
la figure 10 au niveau du ressort d'énergie.
[0024] La figure 12 est une vue de dessus en coupe partielle de l'élément de fixation de
la figure 10 au niveau des biellettes de verrouillage des ailes.
[0025] La figure 13 est une vue en perspective éclatée du levier d'actionnement de la genouillère
et de la traverse qui le porte.
[0026] La figure 14 illustre le fonctionnement de l'élément de fixation de la figure 10.
[0027] La figure 1 représente un élément de fixation avant 1, qui est monté dans la zone
de montage 2 d'un ski 3. L'élément de fixation 1 est d'un type connu.
[0028] L'élément de fixation est de tout type approprié, et sa construction n'est pas limitative
pour le mode de réalisation illustré dans les figures 1 à 6. L'élément représenté
est un type de construction qui est par exemple décrit dans la demande de brevet français
publiée sous le numéro 2 517 214.
[0029] L'élément représenté dans la figure 1 présente une mâchoire 4 de retenue de l'avant
de la chaussure.
[0030] De façon connue, la mâchoire comprend deux ailes 5 et 6 de retenue latérale de la
chaussure. Elle comprend par ailleurs un serre-semelle de retenue verticale 7. La
mâchoire 4 est portée par un corps 8.
[0031] Dans l'exemple illustré, la mâchoire et le corps sont monoblocs. Ils sont montés
pivotants autour d'un pivot schématisé en 9, qui est solidaire d'une embase 10. L'élément
de fixation est relié au ski par l'intermédiaire de l'embase 10. Le corps et la mâchoire
peuvent pivoter au moins latéralement autour du pivot 9 contre la force de rappel
élastique opposée par un ressort 11 qui est logé dans le corps 8.
[0032] En se référant à la figure 1, l'embase 10 est reliée au ski par l'intermédiaire d'une
structure 12. La structure 12 est représentée en deux parties superposées, à savoir
une platine supérieure 13 et un socle inférieur 14, qui sont assemblées entre elles
par un pivot 15 d'axe vertical. Le socle inférieur et la platine supérieure peuvent
pivoter librement l'un par rapport à l'autre autour de ce pivot.
[0033] L'embase 10 de l'élément de fixation 1 est assemblé solidairement à la platine supérieure
13, par tout moyen approprié, par exemple des vis schématisées par les traits mixtes
16.
[0034] Le socle inférieur 14 est quant à lui assemblé solidairement au ski 3, dans la zone
de montage 2 prévue pour l'élément de fixation avant, par tout moyen approprié, par
exemple des vis schématisées par les traits mixtes 17.
[0035] L'élément de fixation 1 comprend par ailleurs une plaque de support 20 de forme générale
rectangulaire, vue de dessus. La plaque de support est destinée à recevoir l'avant
de la semelle de chaussure. Dans l'exemple illustré, elle est revêtue d'une plaquette
de matériau anti-friction, par exemple du polytétrafluoroéthylène, pour faciliter
le glissement latéral de la semelle de chaussure.
[0036] La plaque de support 20 est montée oscillante autour d'un axe horizontal et longitudinal
21. Par exemple, ainsi que cela est visible dans la figure 3, l'axe de support 20
est porté par les oreilles 22 du socle inférieur 14. L'axe 21 est situé dans la partie
médiane de la plaque de support de telle façon que la plaque soit maintenue sensiblement
horizontale lorsque la chaussure est engagée dans l'élément de fixation sans contrainte.
[0037] La plaque de support 20 est par ailleurs maintenue et rappelée élastiquement dans
cette position nominale par deux ressorts 23 et 24 qui sont placés de chaque côté
de l'axe 21, de façon à exercer des effets antagonistes sur la plaque en prenant appui
sur la partie inférieure 14 du socle. De préférence, un moyen tel qu'un bouchon taraudé
25, 26 vissé dans la partie inférieure 14 permet de régler la compression initiale
des ressorts.
[0038] De préférence, des taquets 27 et 28 solidaires de la plaque de support coopèrent
avec des butées 29 et 30 de la partie inférieure du socle pour imiter l'amplitude
du mouvement d'oscillation de la plaque de support. Dans l'exemple illustré, les taquets
sont situés dans la partie inférieure de la plaque de support, en dessous des butées
du socle. Naturellement, toute autre disposition convient.
[0039] Vers l'avant, c'est à dire vers la platine supérieure 13 du socle, la plaque de support
20 présente deux ergots latéraux 31 et 32. Ces ergots sont situés à la hauteur du
bord arrière de la platine supérieure 13. Le bord arrière de la platine supérieure
13 se trouve ainsi engagé entre les ergots 31 et 32 lorsque la plaque de support 20
est en position nominale, si bien que la platine supérieure 13 se trouve immobilisée
dans l'axe du socle inférieur 14. Entre les ergots 31, 32, et les bords latéraux 33,
34 de la platine supérieure, il existe de préférence un jeu juste suffisant pour permettre
le mouvement d'oscillation de la plaque de support 20.
[0040] Sous les bords latéraux 33 et 34, il existe des dégagements 37 et 38 de volume suffisant
pour que, à la suite d'un mouvement de basculement au roulis de la plaque de support
20, l'un ou l'autre des ergots 31, 32 vienne s'y loger, libérant ainsi la platine
supérieure pour un mouvement de pivotement autour du pivot 15.
[0041] On a schématisé en 20a dans la figure 4 la position nominale de la plaque 20, dans
laquelle les ergots 31 et 32 maintiennent la platine supérieure 13 alignée avec l'embase
inférieure 14. En 20b, la plaque 20 est représentée dans une position basculée. Dans
cette position, l'ergot 32 se loge dans le dégagement 38, quittant ainsi sa position
d'appui contre le rebord latéral 34. La platine supérieure se trouve libérée pour
un mouvement de pivotement horizontal orienté du côté de l'ergot 32 qui s'est abaissé.
L'amplitude du pivotement de la platine par rapport à l'embase est suffisante pour
forcer la mâchoire à libérer la chaussure.
[0042] La figure 5 illustre ce mouvement de pivotement suite au basculement en roulis de
la plaque de support 20. Il faut remarquer que la platine 13 et donc la mâchoire 4
pivotent latéralement indépendamment du ressort de rappel 11. Ce mouvement latéral
se produit sans être soumis au contrôle de l'énergie de rappel. Une composante latérale
faible de la chaussure est suffisante pour entraîner latéralement la platine 13 par
la mâchoire 4. Ce mouvement ne peut toutefois se déclencher qu'après une sollicitation
en roulis qui force la plaque de support à basculer d'un côté ou de l'autre par rapport
à l'axe 21.
[0043] En d'autres termes, par son mouvement de basculement, la plaque de support commande
un second circuit d'ouverture latérale de la mâchoire, qui conduit à la libération
de la chaussure. Ce second circuit est indépendant du ressort principal de rappel
11, c'est à dire qu'il n'a aucune action directe ou indirecte sur lui.
[0044] Dans le mode de réalisation illustré, les ergots 31 et 32 se trouvent sur l'extérieur
des rebords 33 et 34 de la platine supérieure. Dans ce cas, de préférence, les ergots
et les rebords présentent chacun une rampe orientée de haut en bas et de l'intérieur
vers l'extérieur, de façon à assister la rotation de la platine 13 dès sa libération
au cas où la plaque de support revient ensuite à l'horizontale.
[0045] Les figures 6a, 6b, 6c, représentent partiellement la platine supérieure 13 et l'ergot
32 de la plaque de support 20 munies de telles rampes 40, 41.
[0046] La figure 6a représente ces deux éléments dans la position où l'ergot 32 retient
la platine 13. Dans la figure 6b, suite à un basculement en roulis de la plaque 20,
l'ergot 32 s'est effacé vers le bas, ce qui libère latéralement la platine 13. La
figure 6c illustre le cas où après s'être effacé, l'ergot 32 revient rapidement dans
sa position nominale, par exemple suite à la cessation du vrillage de la chaussure.
Dans ce cas, les deux rampes 40 et 41 viennent en appui l'une contre l'autre et exercent
par leur coopération un effet moteur sur le pivotement latéral de la platine 13. Ainsi,
le mouvement de libération de la chaussure se poursuit même si la plaque de support
revient dans sa position nominale.
[0047] La figure 7 illustre une variante de réalisation de l'invention, selon laquelle l'élément
de fixation 50 présente une embase 51 solidaire du ski. Dans l'exemple illustré, l'embase
a sensiblement une forme de U ouvert vers l'arrière où elle présente deux branches
51a et 51b.
[0048] L'embase est surmontée d'un pivot 52, sensiblement vertical. La mâchoire 53 et le
corps 54 sont monoblocs et pivotent autour du pivot 52, contre la force de rappel
élastique du ressort 55 qui est logé dans le corps. De façon connue, le ressort est
en appui, par exemple par l'intermédiaire d'un piston 56 contre une face d'appui 57
du pivot, qui force le ressort à se comprimer dès que le corps s'éloigne de sa position
centrée selon l'axe longitudinal du ski. Tout moyen approprié et par exemple un bouchon
fileté permet d'ajuster la compression initiale du corps.
[0049] Selon la figure 7, une vis 58 permet de régler en hauteur le corps, et donc la mâchoire.
Le corps se trouve en quelque sorte suspendu à la tête de la vis 58.
[0050] De l'autre côté de la face 57, le pivot présente une face d'appui 59 contre laquelle
porte le corps 54. Pour l'élément de fixation illustré dans la figure 7, la face 59
comprend deux lignes d'appui convergent vers un point situé au dessus de la surface
supérieure du ski. Au cours de sa rotation, le corps s'appuie sur l'une ou l'autre
de ces deux lignes d'appui. Le point de convergence des lignes d'appui est en fait
constitué par la tête de la vis 58.
[0051] Une telle construction est connue de l'homme du métier, par exemple d'après la demande
de brevet français publiée sous le numéro 2 517 214, toutefois, il faut noter qu'une
telle construction à deux lignes d'appui n'est pas limitative pour l'invention.
[0052] En se référant à la figure 7, le pivot 52 est construit en deux parties, une âme
centrale 60, et une bague périphérique 61. L'âme centrale 60 est solidaire de l'embase
51, elle est sensiblement cylindrique de révolution, et s'étend sensiblement selon
une direction verticale. La bague 61 est prévue pour s'emboîter et pivoter librement
autour de l'âme 60, au moins sur une amplitude angulaire définie, de part et d'autre
d'une position nominale correspondant à la position du corps alignée sur l'axe longitudinal
du ski. La bague 61 porte sur sa face avant la face d'appui 57 contre laquelle le
piston 56 porte sous l'effet de la compression du ressort 55. La bague 61 porte en
outre sur sa face arrière les lignes d'appui 59 sur lesquelles le corps polie en position
centrée et au cours de ses mouvements de basculement. De cette façon, comme la bague
est libre de pivoter par rapport à l'âme 60, le corps et la mâchoire de l'élément
de fixation peuvent pivoter avec la bague 61 de façon libre, et non plus contre la
force de rappel du ressort 55.
[0053] La bague est toutefois reliée à l'âme du pivot par un verrou 62 qui la maintient
dans sa position nominale, c'est à dire correspondant à la position du corps alignée
avec l'axe longitudinal du ski.
[0054] Le verrou 62, selon la figure 7, est constitué par une barrette coulissante selon
une direction sensiblement longitudinale et horizontale. La barrette 62 est guidée
dans un logement 63 situé à la base de l'âme 60, et vers l'avant, elle est engagée
dans un orifice 65 de la bague 61. Vers l'arrière, elle débouche entre les branches
51a et 51b de l'embase.
[0055] Tant que la barrette est engagée dans l'orifice 65 de la bague 61, la bague est liée
de façon solidaire à l'âme du pivot, et la rotation du corps induit une compression
du ressort 55.
[0056] Le mouvement de la barrette de sa position de verrouillage de la bague 61 à sa position
de déverrouillage est commandé par un basculeur 67 dont une branche 68 approximativement
verticale est engagée dans une encoche 69 de la barrette 62, et une autre branche
70 est orientée vers l'arrière, de façon oblique. Le basculeur 67 est logé entre les
deux branches 51a et 51b de l'embase. Il est par exemple lié à un axe 72 autour duquel
il pivote. L'axe 72 est maintenu par ses extrémités dans les branches 51a et 51b de
l'embase.
[0057] Une pédale de support 73 est située en arrière du basculeur. La pédale est destinée
à supporter l'extrémité avant de la chaussure. Elle peut pivoter pour un mouvement
de roulis, et vers l'avant elle présente une languette 74 qui est en appui sur la
branche 70 du basculeur. Pour tout mouvement de roulis de part ou d'autre de sa position
horizontale, la languette 74 appuie sur la branche 70 du basculeur, ce qui entraîne
le basculeur en rotation autour de son axe 72, d'où un mouvement longitudinal de la
barrette 62 dans le sens d'un déverrouillage de la bague 61.
[0058] Dans l'exemple représenté, la plaque de support 73 est située au-dessus d'un clinquant
75 qui s'étend sous la plaque et en partie sous l'embase 51. Un barreau 77 de matériau
relativement dur est situé entre la plaque 73 et le clinquant 75. Ce barreau est situé
au niveau de la partie médiane de la plaque, selon une direction longitudinale. Il
forme une sorte de chamière longitudinale sur laquelle la plaque 73 s'appuie, et par
rapport à laquelle elle oscille latéralement. Comme dans le cas précédent, le mouvement
d'oscillation de la plaque peut être contrarié ou maîtrisé par tout moyen approprié,
par exemple des ressorts à boudin situés de chaque côté du barreau 77.
[0059] Vers l'avant, au niveau de la languette et de la branche 70 du basculeur 67, un bloc
de matériau élastiquement déformable 78 assure le rappel élastique de la plaque 73,
du basculeur 67 et de la barrette 62 en position de verrouillage. Naturellement, tout
autre moyen de rappel élastique convient, par exemple un ressort à fil.
[0060] La plaque de support est quant à elle maintenue par tout moyen approprié, et par
exemple par un retour central 76 du clinquant 75 et/ou par collage du barreau 77 sous
la plaque et sur le clinquant.
[0061] L'élément de fixation fonctionne de la façon suivante. En position nominale la plaque
de support 73 est horizontale. La barrette 62 verrouille la bague 61 en position nominale.
Le corps de la fixation peut pivoter latéralement contre la force de rappel élastique
du ressort 55. La plaque 73 ne peut pas s'abaisser verticalement, ou pas suffisamment
pour déverrouiller la barrette 62.
[0062] Dans le cas d'une chute avant-torsion mettant la chaussure en vrillage, la plaque
73 bascule sur le côté. La languette 74 appuie par l'un de ses côtés sur la branche
70 du basculeur, l'entraîne en rotation, d'où un coulissement vers l'arrière de la
barrette 62. Si le coulissement est suffisant, la barrette libère la bague 61, et
le corps 54 peut tourner librement du côté où l'entraîne la chaussure, jusque la libération
de celle-ci. Le ressort 55, s'il était comprimé, se détend.
[0063] La figure 9 illustre cette phase de fonctionnement de l'élément de fixation.
[0064] Le corps est ensuite ramené dans sa position initiale par une simple manipulation.
La barrette 62 reprend automatiquement sa position de verrouillage de la bague 61.
[0065] Selon une variante d'exécution de ce mode de réalisation, l'axe de révolution de
la bague 60 est légèrement incliné de bas en haut et d'arrière en avant. De ce fait,
en cas de pivotement libre autour de la bague, la mâchoire s'élève en pivotant, ce
qui donne à la semelle plus d'espace et facilite sa libération.
[0066] La figure 10 illustre une autre variante de réalisation de l'invention. Selon cette
variante, la fixation 80 présente une embase 81 reliée de façon solidaire, et un corps
81 qui est immobile par rapport à l'embase, au moins dans un plan horizontal.
[0067] La mâchoire comprend deux ailes 83 et 84. Dans l'exemple illustré, le serre-semelle
est en deux parties intégrées dans chacune des ailes. Les ailes sont reliées au corps
par deux bras 85 et 86 articulés par rapport à l'embase. Elles sont en outre reliées
entre elles par une traverse 87. Les bras 85, 86, la traverse 87 et les ailes sont
articulées au niveau de chaque extrémité de la traverse autour de deux axes 90, 91.
Les bras et la traverse forment avec l'embase une construction une sorte de quadrilatère
articulé déformable. La traverse 87 porte vers l'avant une rampe 95 contre laquelle
s'appuie un galet 96 repoussé par un ressort 97.
[0068] Les ailes 83 et 84 sont par ailleurs maintenues fermées en position de maintien de
la chaussure par deux biellettes 93 et 94 articulées à la manière d'une genouillère.
Les biellettes sont reliées aux ailes par des axes d'articulation situés en avant
des axes 90 et 91.
[0069] En position normale, la genouillère formée par les deux biellettes est maintenue
en position normalement fermée, et le point central de la genouillère est maintenu
en appui contre une traverse inférieure 98 qui relie les axes 90 et 91 parallèlement
à la traverse 87, mais à un niveau inférieur. En outre, les ailes 83 et 84 présentent
vers l'intérieur un retour 99 et 100, qui, en position normale, prend appui contre
la traverse 87. En position normalement fermée de la genouillère formée par les deux
biellettes, ces retours empêchent une aile de s'ouvrir en prenant appui sur l'autre.
[0070] Les deux biellettes 93 et 94 présentent vers l'extérieur chacune un renvoi, 101,
102 qui est orienté sensiblement vers l'avant à angle droit. Entre les deux renvois,
le long de l'axe longitudinal médian de l'élément de fixation se trouve un plot central
105 solidaire de l'embase 81. Au cours de la pratique du ski, sous les sollicitations
de la chaussure, la mâchoire se décale latéralement. Dès qu'un renvoi 101, 102 vient
porter sur le pot central 105, la genouillère formée par les biellettes 93 et 94 s'ouvre,
ce qui débloque les deux ailes 83 et 84, permettant ainsi leur ouverture et la libération
de la chaussure.
[0071] Une telle fixation est par exemple décrite dans la demande de brevet français publiée
sous le numéro 2 656 808. Toutefois, cette construction n'est décrite qu'à titre d'illustration,
et n'est pas limitative pour l'invention.
[0072] L'ouverture de la genouillère peut aussi être commandée par un second circuit. Ce
circuit comprend un lever 110 à deux branches, qui est articulé autour d'un axe transversal
porté par la traverse inférieure 98. La branche supérieure 111 du levier est en appui
contre l'articulation centrale de la genouillère. L'autre branche 112 s'étend vers
le bas, et elle est mue par un ensemble constitué par un basculeur 115 et un plaque
de support 116 mobile au roulis du même type que le basculeur 67 et la plaque de support
73 précédents.
[0073] Le basculeur présente une branche approximativement verticale 117 dont la largeur
est suffisante pour actionner le levier 110 au moins lorsque la mâchoire se trouve
au voisinage de sa position centrée.
[0074] L'autre branche oblique 118 du basculeur est actionnée par la languette 120 de la
plaque de support 116. Comme dans le cas précédent, la plaque de support 116 est mobile
pour un mouvement de roulis, par exemple au moyen d'un barreau central et longitudinal
119 qui la porte. Une telle construction a déjà été décrite avec le mode de réalisation
précédent, et ne sera pas décrite de nouveau en détail.
[0075] Le fonctionnement de cet élément de fixation est le suivant. En marche normale, la
chaussure sollicite la mâchoire, ce qui provoque son déplacement latéral. Si l'amplitude
de déplacement est excessive, l'un des renvois 101, 102 provoque l'ouverture de la
genouillère d'où il résulte une ouverture des ailes et la libération de la chaussure.
[0076] Cependant, si la chaussure sollicite la plaque de support au roulis, le basculeur
115 actionne le levier 110, ce qui provoque l'ouverture de la genouillère, l'ouverture
des ailes et la libération de la chaussure, même si le déplacement latéral de la mâchoire
est nul ou faible.
[0077] La figure 14 montre illustre une telle phase du fonctionnement de cet élément de
fixation.
[0078] Le retour en position de repos de la genouillère se fait par tout moyen approprié,
et par exemple par un petit ressort à spirale 122 situé au niveau de l'articulation
de la genouillère, agissant sur chacun des leviers, et un bloc de matériau élastiquement
déformable 123 situé sous la languette de la plaque de support et sous la branche
oblique du basculeur.
[0079] Ainsi, il ressort des différents modes de réalisation qui ont été décrits que selon
l'invention, un second circuit d'ouverture de la mâchoire et de libération de la chaussure
est activé par le basculement en roulis de la plaque de support de la chaussure. Ce
second circuit provoque un déverrouillage entre un élément que sont l'embase, le corps
ou la mâchoire, et l'élément qui le porte, c'est à dire un socle, l'embase, le corps,
respectivement.
[0080] Le second circuit est indépendant du circuit élastique de rappel de la mâchoire,
c'est à dire qu'il n'a pas d'action directe ou indirecte sur le ressort de rappel
de la mâchoire.
[0081] Naturellement, la présente description n'est donnée qu'à titre indicatif, et l'on
pourrait adopter d'autres mises en oeuvre de l'invention sans pour autant sortir du
cadre de celle-ci.
1. Elément de fixation de ski alpin comprenant :
- une embase (10, 51, 81) reliée au ski,
- un corps (8, 54, 82) monté sur l'embase,
- une mâchoire (4, 53, 83) de retenue de la chaussure portée par le corps,
- la mâchoire comprenant deux ailes de retenue latérale de la chaussure (5, 6, 83,
84) et un serresemelle de retenue verticale,
- un ressort d'énergie (11, 55, 97) logé dans le corps pour s'opposer élastiquement
aux mouvements d'ouverture de la mâchoire en réponse aux sollicitations de la chaussure,
- un plaque de support (20, 73, 116) sur laquelle repose la semelle de chaussure,
caractérisée par le fait que la plaque de support (20, 73, 116) est mobile pour
un mouvement de roulis, et qu'un second circuit de basculement de la mâchoire provoquant
la libération de la chaussure est commandée par le basculement en roulis de la plaque
de support de la chaussure.
2. Elément de fixation selon la revendication 1, caractérisé par le fait que l'un des
éléments que sont l'embase (10), le corps (54), les ailes (83, 84), est relié à l'élément
qui le porte ou sur lequel il est monté (12, 52, 82) par un moyen d'articulation (13,
14, 15, 61, 62, 90, 91) et par un moyen de débrayage (33, 34, 62, 93, 94, 110) dont
l'ouverture est commandée par le basculement au roulis de la plaque de support (20,
73, 116) de la chaussure.
3. Elément de fixation selon la revendication 2, caractérisé par le fait que l'embase
(13, 10) est reliée au ski par l'intermédiaire d'un socle (14) solidaire du ski, que
le socle porte un pivot (15) sensiblement vertical autour duquel l'embase est montée
pivotante, et qu'un verrou (31, 32, 33, 34) commandé par le basculement au roulis
de la plaque de support retient l'embase (13, 10) dans l'axe du socle (14).
4. Elément de fixation selon la revendication 3, caractérisé par le fait que la pédale
de support (20) est articulée en rotation autour d'un axe horizontal et longitudinal
médian (21) et qu'elle présente du côté de l'embase deux ergots (31, 32) entre lesquels
I'embase est engagée, que l'angle de basculement au roulis de la plaque et la hauteur
de chevauchement entre les ergots et les bords latéraux de l'embase sont déterminés
pour que les ergots libèrent l'embase (13, 10) après un basculement d'amplitude définie
de la pédale de support.
5. Elément de fixation selon la revendication 4, caractérisé par le fait que deux ressorts
(23, 24) exercent sur la plaque de support (20) une poussée verticale vers le haut
de chaque côté de son axe d'articulation horizontal et longitudinal médian (21).
6. Elément de fixation selon la revendication 2, caractérisé par le fait que l'embase
porte un pivot (52), que le pivot comprend une bague (61) montée pivotante autour
d'une âme (60) solidaire de l'embase (51), que le ressort (55) prend appui contre
la bague (61), qu'un verrou (62) immobilise la bague sur l'âme (60), et qu'une liaison
relie la plaque de support (73) au verrou (62) pour débrayer la bague par rapport
à l'âme du pivot lors d'un basculement au roulis excessif de la plaque de support
de la chaussure.
7. Elément de fixation selon la revendication 6, caractérisé par le fait que la verrou
est une barrette (62) guidée au coulissement dans un orifice longitudinal (62) de
l'embase, dont une extrémité en saillie s'engage dans un logement (65) de la bague.
8. Elément de fixation selon la revendication 7, caractérisé par le fait que la barrette
(62) est àctionnée par un basculeur (67) à deux branches, l'une (68) connectée à la
barrette (62) et l'autre recevant en appui une extrémité de la plaque de support (73).
9. Elément de fixation selon la revendication 2, caractérisé par le fait que la mâchoire
comprend deux ailes (83, 84) mobiles par articulation autour d'axes (90, 91), et que
les ailes sont maintenues en position de retenue de la chaussure par un verrou dont
l'ouverture est commandée par le basculement au roulis de la plaque de support (116).
10. Elément de fixation selon la revendication 9, caractérisé par le fait que le verrou
comprend deux biellettes (93, 94) articulées à la manière d'une genouillère, et un
levier articulé actionnant la genouillère en position d'ouverture à la suit d'un basculement
au roulis de la plaque de support (116).