[0001] La présente invention concerne un perfectionnement apporté aux dispositifs pour le
traitement thermique de fils en mouvement, notamment le traitement thermique de fils
afin de leur conférer certaines propriétés de retrait et/ou voluminosité et/ou élasticité.
[0002] Dans tous les procédés de transformation de fils exigeant un traitement thermique,
le principal problème qui se pose est celui de la transmission calorifique rapide,
la chaleur devant monter régulièrement à coeur et de la même manière sur toute la
longueur du fil. En effet, comme on le sait, la température du traitement et sa régularité
ont une très grande influence sur les qualités du fil.
[0003] Il est bien connu que le traitement thermique varie en fonction de la matière traitée,
du titre du fil et de sa vitesse de passage à l'intérieur du four. Ainsi, on conçoit
aisément que l'on atteindra plus rapidement le coeur d'un fil fin que celui d'un titre
important. De même, on sait que l'on ne peut pas porter un fil au dessus d'une certaine
température plafond, sous peine de le dégrader. Par suite, cette question d'échange
thermique étant très importante dans le domaine de la texturation, de très nombreuses
solutions ont été envisagées pour le résoudre, ces solutions faisant appel aux trois
grands principes d'échange thermique, à savoir la convexion, la radiation, la conduction
(contact direct avec la surface chauffante).
[0004] Outre ce problème d'une bonne transmission calorifique se pose également celui de
maintenir le fil sous une tension déterminée, fonction du traitement qui est effectué.
Ainsi, par exemple dans le cas d'une opération d'étirage, éventuellement combinée
à une opération de texturation, il est nécessaire que le fil soit maintenu sous une
tension maximale alors qu'en revanche, lorsque l'on souhaite réaliser une rétraction
du fil, la tension doit être réduite. Enfin, se pose également le problème de l'augmentation
des vitesses de production sur une machine textile, qui est passée de quelques dizaines
de mètres par minute il y a une trentaine d'années à mille mètres, voire même plus,
actuellement et qui a eu pour conséquence de conduire à des installations très encombrantes
des fours devenant de plus en plus long et pouvant atteindre jusqu'à deux mètres.
[0005] Parmi les différentes solutions proposées pour obtenir une très bonne régularité
dans la transmission calorifique et également faciliter les problèmes de régulation
de température de position à position sur une machine afin que l'ensemble de la production
soit homogène, il a été envisagé depuis fort longtemps de réaliser des traitements
thermiques que l'on pourrait qualifier de "séquentiels", en réalisant des fours sur
la longueur duquel se succèdent plusieurs zones distinctes de traitement thermique.
Parmi ces solutions, on peut citer celle faisant l'objet du brevet français n° 1 204
634 (correspondant au brevet US 3,015,872) dans laquelle on réalise à l'intérieur
d'un même four, deux traitements successifs, l'un pendant lequel le fil est soumis
à une température considérablement supérieure à celle de la température normale à
laquelle il doit être porté, et ce pendant une durée telle qu'il ne soit pas endommagé,
cette première phase étant suivie d'un traitement d'équilibre à une température portant
le fil à une température conventionnelle.
[0006] Une telle solution, utilisée industriellement dès 1953 sur les machines commercialisées
par la Société HOBOURN AERO COMPONENTS Ltd, sous la référence "HOBOURN - E.P.1", qui
est séduisante par le fait qu'elle permet de diminuer considérablement la longueur
des fours pour une vitesse de défilement donnée a cependant été abandonnée depuis
fort longtemps par les constructeurs de matériels textiles, ce qui peut s'expliquer
par le fait qu'elle nécessitait des appareillages de conception complexe, difficiles
à mettre en oeuvre.
[0007] Or, on a trouvé, et c'est ce qui fait l'objet de la présente invention, un nouveau
type de four de conception particulièrement simple, qui non seulement permet de réaliser
de tels traitements thermiques "séquentiels", mais offre également la particularité
de pouvoir être facilement adapté pour, en fonction des traitements à réaliser et
de la nature des fils à traiter, avoir des zones successives dans lesquelles la transmission
de chaleur aux fils peut être réalisée en combinant sur sa longueur des zones mettant
en oeuvre les différents principes d'échange thermique, et plus particulièrement des
zones successives où la transmission de chaleur se fait par radiation ou conduction.
[0008] Une telle conception de four permet également d'éliminer pratiquement totalement
les risques de vibration, pouvant entraîner des irrégularités dans la production des
fils, et autorise de grandes vitesses de production tout en ayant un ensemble de chauffe
particulièrement compact.
[0009] D'une manière générale, le nouveau type de four conforme à l'invention pour le traitement
thermique d'un fil, par exemple lors d'une opération d'étirage texturation, est du
type constitué par une enceinte isolante qui entoure un bloc chauffant avec lequel
elle définit un "canal" pouvant être ouvert sur l'extérieur, à l'intérieur duquel
passe le fil à traiter, des moyens de guidage dudit fil étant prévus pour assurer
son positionnement à l'intérieur dudit four, et dans lequel on soumet le fil en mouvement
à deux traitements successifs, l'un pendant lequel la température est supérieure à
celle de la température normale à laquelle il doit être porté, et ce pendant une durée
telle qu'il ne soit pas endommagé, la première phase étant suivie d'un traitement
d'équilibre à une température portant le fil à une température conventionnelle, et
il se caractérise en ce que ces phases successives sont obtenues par l'intermédiaire
d'un bloc chauffant constitué par un ensemble cylindrique comprenant deux zones de
chauffe, de part et d'autre desquelles sont prévus des moyens de guidage pour le fil,
zones obtenues par l'intermédiaire de deux résistances noyées à l'intérieur de l'ensemble
cylindrique, montées en parallèles, décalées l'une par rapport à l'autre sur la longueur
du bloc, et associées chacune à un élément thermo-couple permettant une régulation
précise de ladite température.
[0010] Grâce à une telle conception, on obtient donc deux zones de chauffage distinctes,
l'une pouvant être à une température élevée, l'autre à une température plus faible,
permettant donc d'avoir une montée rapide en température du fil à un niveau proche
de sa température optimale de traitement, suivie d'une phase de stabilisation à ladite
température optimale de traitement du fil.
[0011] S'il peut être envisagé de réaliser un traitement thermique uniquement par radiation,
le bloc cylindrique comportant alors seulement, au moins trois éléments de guidage
du fil (bagues), un à l'entrée, un à la sortie et un sur sa partie médiane, selon
une forme de réalisation préférentielle, il est conçu pour permettre une combinaison
des deux types de traitement thermique par convexion et conduction, et ce conformément
aux enseignements du brevet européen no. 524 111 au nom du Demandeur et comporte une
zone de grand diamètre (manchon) contre laquelle le fil est en contact, de préférence
selon un trajet en hélice.
[0012] Selon une variante, le bloc chauffant cylindrique est associé à deux "manchons" de
même diamètre, de préférence espacés l'un de l'autre, le fil tangentant, de préférence
hélicoïdalement avec les surfaces desdits manchons, permettant donc d'avoir un échange
thermique par contact (conduction) et séparés l'un de l'autre par une zone où le fil
est chauffé par radiation.
[0013] Enfin, si les résistances peuvent transmettre directement leurs calories aux blocs
à l'intérieur desquels elles sont montées, il pourrait être envisagé pour réaliser
le chauffage, de disposer les résistances dans une seconde enceinte comportant un
liquide DOWTERM.
[0014] D'un point de vue pratique, selon un mode de réalisation préférentiel conforme à
l'invention, le bloc chauffant est constitué par un cylindre en céramique ou en acier
inoxydable, les deux résistances électriques étant noyées à l'intérieur de ce cylindre
et étant associées chacune à un élément thermo-couple, l'alimentation électrique et
les branchements des éléments thermo-couple étant situés sur une même face.
[0015] Par ailleurs, si un tel four peut être utilisé pour ne traiter qu'un seul fil, il
peut également être conçu de manière à pouvoir traiter simultanément deux fils, le
maintien séparé des deux fils à l'intérieur du four étant obtenu soit au moyen d'éléments
de guidage appropriés soit éventuellement en réalisant des gorges à la surface même
du "manchon" de la ou des zone(s) où la transmission calorifique est réalisée par
contact.
[0016] L'invention et les avantages qu'elle apporte seront cependant mieux compris grâce
aux exemples de réalisation donnés ci-après à titre indicatif et non limitatif et
qui sont illustrés par les schémas annexés, dans lesquels :
- les figures 1, 2 sont des vues schématiques, respectivement en élévation et en coupe,
et vu de côté d'un bloc chauffant réalisé conformément à l'invention et permettant
d'obtenir deux zones de température successives sur la longueur du four proprement
dit;
- les figures 3 et 4 sont respectivement des vues en perspective et en élévation d'un
bloc chauffant conforme à l'invention, utilisé pour réaliser un four tel que décrit
dans le brevet européen 0 524 111 du Demandeur;
- les figures 5 et 6 illustrent également en perspective et en élévation une autre forme
de réalisation d'un four au moyen d'un bloc conforme à l'invention et dans lequel
le traitement thermique s'effectue par deux zones de contact séparées l'une de l'autre
par une zone par radiation;
- la figure 7 illustre une variante d'un four comportant deux zones de chauffage par
contact séparées l'une de l'autre par une zone de radiation, permettant de traiter
simultanément deux fils et de les guider automatiquement sans adjonction d'éléments
de guidage additionnels sur la longueur dudit four;
- la figure 8 illustre une variante de la manière dont est réalisé le chauffage.
[0017] Les figures 1 et 2 illustrent la structure du bloc chauffant permettant de réaliser
le nouveau type de four conforme à l'invention, et qui est constitué essentiellement
par un noyau cylindrique, désigné par la référence générale (A) en un matériau non
conducteur de la chaleur, acier par exemple. La mise en température de ce bloc (A)
est obtenue, conformément à l'invention, par l'intermédiaire de deux résistances (R1,R2),
associées chacune à l'élément thermo-couple TC1, TC2, montées en parallèle et positionnées
de manière décalée sur la longueur dudit bloc (B). Ces deux résistances (R1,R2) permettent
de créer sur la longueur du bloc deux zones de température différentes, offrant ainsi
la possibilité de réaliser un traitement thermique de type "séquentiel".
[0018] Les deux résistances (R1,R2) permettent donc de créer sur la longueur du bloc (A)
deux zones (A,B) pouvant avoir des températures différentes, la zone (A) correspondant
à la résistance (R1) et la zone (B) à la résistance (R2). Chaque résistance a une
structure calculée pour que le bloc soit porté à haute température dans la zone (A)
(entre 400 et 700°C), et à une température faible, correspondant à la température
optimale de traitement d'un fil synthétique (entre 150 et 250°C) dans la zone B. Par
ailleurs, ces résistances (R1 et R2) peuvent soit avoir une structure telle qu'elles
dissipent une puissance de manière régulière sur toute leur longueur, soit comme cela
ressort de la figure 1, être conçues pour que la résistance dissipe une puissance
variable sur sa longueur, par exemple plus faible dans une première partie et plus
forte dans la phase finale.
[0019] A titre indicatif, une résistance (R1) de 600 watts, conçue pour dissiper sur sa
longueur R1 une puissance de 3,3 watts par centimètre carré et une résistance R2 de
400 watts, conçue pour dissiper sur sa longueur d'une part, une puissance de 1,2 watts
par cm² dans une première zone et, d'autre part, une puissance de 2,4 watts par cm²
dans sa zone terminale, convient pour toutes les applications.
[0020] Par ailleurs, selon la forme de réalisation illustrée, les éléments thermo-couples
TC1, TC2 sont disposés à l'intérieur d'un conduit, qui s'étend sur toute la longueur
du bloc chauffant (1). Cela permet donc éventuellement d'effectuer une vérification
de la température à l'intérieur d'un élément thermo-couple de contrôle que l'on introduit
par l'extrémité libre desdits conduits. Il convient également de noter que selon la
forme préférentielle de réalisation conforme à l'invention, les branchements électriques
et les sorties des éléments thermo-couple sont situés sur une même face.
[0021] Un tel type de bloc chauffant permet de réaliser facilement les fours pouvant être
adaptés en fonction des fils à traiter, comme montré par les exemples concrets qui
suivent, et dans lequels l'enceinte isolante que comportent les fours réalisés à partir
d'un tel bloc chauffant, n'a pas été représenté par mesure de simplification.
[0022] Dans la forme de réalisation illustrée par les figures 3 et 4, le bloc est associé
aux éléments de guidage du fil constitués par des bagues (2,3,4) positionnées à l'entrée,
dans la partie médiane et à la sortie du four sur la longueur de la zone B correspondant
à la résistance R2, est disposé un manchon cylindrique D en céramique ou en acier
traité superficiellement. Les éléments de guidage (2,3,4) sont conçus pour que dans
la zone A, le fil F soit maintenu espacé du bloc chauffant (1) et soit donc chauffé
par radiation, alors que dans la zone B, ledit fil (F) vient tangenter avec la surface
du manchon D, et est donc alors chauffé par contact, traitement s'effectuant donc
de manière similaire aux enseignements du brevet européen 524 111, si ce n'est que
dans la zone A, on obtient une montée en température du fil à un niveau proche de
sa température optimale de traitement suivi, dans la zone B, d'une phase de stabilisation
à ladite température optimale de traitement du fil.
[0023] Les figures 5 et 6 illustrent un autre type de four réalisé à partir d'un bloc chauffant
conforme à l'invention, comportant un second manchon D1 disposé autour du bloc chauffant,
espacé sur la longueur correspondant à la zone A de la résistance R1. On obtient de
cette manière un four dans lequel la montée en température se fait par contact dans
la zone d'entrée D1 et non pas par convexion comme dans l'exemple précédent, suivie
d'une zone C, de longueur pouvant être variable de chauffage par radiation et d'une
zone de stabilisation par contact (zone B).
[0024] Il convient de noter que dans ce mode de réalisation, les bagues de guidage (2,3,4)
sont positionnées de telle sorte que le fil (F) vienne tangenter en hélice contre
les deux surfaces D1,D, assurant un contact parfait et évitant les phénomènes de vibration.
[0025] Si dans l'exemple qui précède le guidage du fil dans le four est réalisé par l'intermédiaire
de bagues, il pourrait être envisagé d'utiliser d'autres moyens, par exemple comme
représenté sur la figure 7, de réaliser des gorges en hélice en profondeur dans la
surface même des manchons qui sont rapportés autour du bloc chauffant proprement dit.
[0026] Par ailleurs, la création des deux zones de température sur la longueur du four,
pourrait être réalisée d'une autre manière, par exemple, comme illustré à la figure
8, en disposant chaque résistance R1,R2 à l'intérieur d'une enceinte additionnelle
renfermant le liquide DOWTERM.
[0027] Une telle conception d'élément chauffant est plus particulièrement adaptée pour réaliser
des fours de machines de texturation, notamment par fausse torsion, fours compacts
permettant de traiter tous types de fils synthétiques, tels que polyamide, polyester
.. . Dans de tels fours, les deux zones de traitement A,B peuvent avoir soit des longueurs
identiques, soit des longueurs différentes. A titre indicatif et non limitatif, dans
des fours ayant une longueur de un mètre, les sections A,B peuvent avoir respectivement
350 mm et 450 mm.
1/ Dispositif pour le traitement thermique d'un fil en mouvement, par exemple lors d'une
opération d'étirage texturation, du type constitué par une enceinte isolante qui entoure
un bloc chauffant avec lequel elle définit un "canal" pouvant être ouvert sur l'extérieur,
à l'intérieur duquel passe le fil à traiter, des moyens de guidage dudit fil étant
prévus pour assurer son positionnement à l'intérieur dudit four, et dans lequel on
soumet le fil en mouvement à deux traitements successifs, l'un pendant lequel la température
est supérieure à celle de la température normale à laquelle il doit être porté, et
ce pendant une durée telle qu'il ne soit pas endommagé, la première phase étant suivie
d'un traitement d'équilibre à une température portant le fil à une température conventionnelle,caractérisé en ce que ces phases successives sont obtenues par l'intermédiaire d'un bloc chauffant
(1) constitué par un ensemble cylindrique comprenant deux zones de chauffe (A,B),
de part et d'autre desquelles sont prévus des moyens de guidage pour le fil, zones
obtenues par l'intermédiaire de deux résistances (R1,R2) noyées à l'intérieur de l'ensemble
cylindrique, montées en parallèles, décalées l'une par rapport à l'autre sur la longueur
du bloc, et associées chacune à un élément thermo-couple (TC1, TC2) permettant une
régulation précise de ladite température.
2/ Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que le bloc chauffant comporte
une zone de grand diamètre (manchon) contre laquelle le fil est en contact de préférence
selon un trajet en hélice.
3/ Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que le bloc chauffant cylindrique
est associé à deux manchons de même diamètre, de préférence espacés l'un de l'autre,
le fil tangentant de préférence hélicoïdalement avec les surfaces dudit manchon, permettant
donc d'avoir un échange thermique par contact (conduction) espacé l'un de l'autre
par une zone où le fil est chauffé par radiation.
4/ Dispositif selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que le bloc chauffant
est constitué par un cylindre en céramique ou en acier inoxydable, les deux résistances
électriques étant noyées à l'intérieur de ce cylindre et étant associées chacune à
1 'élément thermo-couple, l'alimentation électrique et les branchements des éléments
thermocouple étant situés sur une même face.
5/ Dispositif selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce qu'il est conçu
de manière à pouvoir traiter simultanément deux fils, le maintien séparé des deux
fils à l'intérieur du four étant obtenu soit au moyen d'éléments de guidage appropriés,
soit éventuellement réalisé dans des gorges à la surface même du ou des "manchon"
de la ou des zones où la transmission calorifique est réalisée par contact.