[0001] La présente invention se rapporte à une machine et à un procédé pour la fabrication
de plaques de revêtement prêtes à être posées sur une surface quelconque telle qu'une
cloison, un plancher ou un plafond, afin d'isoler et/ou décorer cette surface.
[0002] Il est courant, notamment dans le secteur de la construction, de recouvrir une surface
d'un revêtement de décoration et de protection, et par exemple de carrelage, céramique,
miroirs, marbre, plaques métalliques ou analogues. A l'échelle d'un département, au
moins 50.000 mètres carrés de revêtements de ce type sont posés par an.
[0003] Usuellement, ces revêtement sont constitués d'éléments tels que des carreaux, qui
sont juxtaposés pour revêtir la surface. Le terme "carreau" doit être pris au sens
large, et comprend tous les éléments qui peuvent être appliqués sur une surface que
l'on souhaite revêtir, quelle que soit leur forme ou matière. Une étagère, un porte-savon,
un élément de fixation ou support, ou tout autre volume décoratif ou de protection
pourra ci-après être désigné par le terme "carreau". Pour plus de simplicité, toute
surface pouvant être revêtue d'une plaque conforme à l'invention sera appelée "mur".
[0004] De nombreux inconvénients ont été rencontrés jusqu'à présent lors de l'utilisation
de carreaux pour revêtir des murs. Premièrement, la pose de tels revêtement sur des
murs implique une main-d'oeuvre importante, et est donc fastidieuse au vu de l'importance
des surfaces à couvrir chaque année. L'un des seuls progrès effectué dans ce domaine
a été de coller suivant une forme choisie, le plus souvent carrée, une pluralité de
carreaux sur une feuille de papier. Bien que cette technique soit pratique pour les
surfaces simples telles que planchers, la feuille de papier souple est difficile à
manipuler et à poser sur une surface de forme complexe, de dimensions réduites ou
sur un plafond. La qualité du revêtement obtenu est fréquemment insuffisante, essentiellement
en ce qui concerne la régularité et l'étanchéité des joints entre les carreaux. La
forme des feuilles n'étant pas adaptée à celle des murs, cette technique génère des
chutes qui doivent être réutilisées ultérieurement. Cette technique ne permet pas
non plus de revêtir un mur de façon simple et rapide, avec un agencement de carreaux
différents entre eux.
[0005] Aucune des techniques de revêtement proposées à ce jour n'a permis de réduire à son
minimum ou d'éliminer complètement l'apparition de "bas-lèvres", c'est-à-dire de défauts
de positionnement des carreaux sur le mur. Souvent, les carreaux sont endommagés entre
leur sortie d'usine et le moment de leur pose.
[0006] La présente invention a pour but de pallier notamment les inconvénients énoncés plus
haut.
[0007] A cet effet, l'un des objets de l'invention est un procédé de fabrication de plaques
prêtes à l'emploi de revêtement tel que carrelage, caractérisé en ce que ce procédé
comprend les étapes consistant à :
- solidariser, dans une position relative prédéterminée, un support mobile et au moins
un carreau ou analogue destiné à composer avec un substrat une plaque de revêtement,
ce substrat comprenant une couche supérieure adhésive et apte à se solidifier, tandis
que sa viscosité ou fluidité, l'aire et l'épaisseur de la couche sont prévus pour
permettre l'immersion au moins partielle du carreau dans le substrat ;
- déplacer ledit support mobile et le substrat, l'un à l'encontre de l'autre jusqu'à
immersion du carreau suivant un agencement choisi ;
- maintenir le support et le substrat immobiles jusqu'à fixation du carreau suivant
ledit agencement, par solidification de la couche adhésive ; et
- désolidariser du support le carreau ainsi fixé au substrat de la plaque de revêtement
prête à l'emploi.
[0008] On comprend déjà que grâce à ce procédé, on obtient aisément des plaques de carreaux
sensiblement rigides, avec un joint régulier, étanche et "enserrant" chaque carreau.
La forme et les dimensions de la plaque ainsi que l'agencement des carreaux sur celle-ci
peuvent être modifiés rapidement et ce avec un coût réduit.
[0009] Une étape de mise en place dans un espace d'entreposage du ou des carreau(x) à fixer
au substrat, peut être effectuée avant l'étape de solidarisation précitée.
[0010] Au moins deux carreaux différents, tels que miroirs, céramique ou éléments quelconques,
sont fixés au substrat suivant un agencement choisi.
[0011] Une étape de préparation du substrat peut également être effectuée avant l'étape
de déplacement.
[0012] La couche adhésive précitée comprend une résine sensiblement étanche et rigide après
solidification, telle que résine phénolique, polyester ou éventuellement époxy.
[0013] Le substrat peut comporter au moins une trame, telle que grille ou toile.
[0014] L'étape de solidarisation de ce procédé s' effectue avantageusement par placage à
l'aide de ventouses d'une face du carreau contre au moins deux butées réglables de
positionnement.
[0015] Le carreau comportant le plus souvent une face de base et une face apparente après
achèvement de la plaque, l'étape de solidarisation s'effectue de préférence par la
face apparente, tandis que la face de base est immergée dans la couche adhésive lors
de l'étape de déplacement.
[0016] Cette étape peut comprendre un déplacement linéaire du support mobile par rapport
au substrat, suivant un plan parallèle à ladite couche adhésive.
[0017] Suivant un mode de réalisation, le déplacement linéaire précité du support comprend
au moins une translation rectiligne.
[0018] Mais ce déplacement peut également comprendre une rotation d'axe sensiblement vertical.
[0019] Si nécessaire, une phase de traitement apte à provoquer la solidification précitée
de la couche adhésive, est effectée lors de l'étape de maintien. Ce traitement dépend
de la matière utilisée pour la couche supérieure du substrat, et peut comprendre un
chauffage, une irradiation (U.V.) ou un apport en produit chimique tel que catalyseur.
[0020] Il est avantageux de prévoir une étape d'évacuation de la plaque vers un espace de
déchargement, après l'étape de solidification du substrat.
[0021] De préférence, deux étapes au moins du procédé, et notamment la solidarisation au
support et la préparation du substrat sont partiellement ou totalement effectuées
en temps masqué.
[0022] Les étapes et phases précités du procédé sont déclenchées de préférence suivant un
programme enregistré dans un système de commande tel qu'ordinateur ou analogue. Alors,
il est possible d'entièrement automatiser le procédé et de fabriquer avec un rendement
et une qualité élevés, des plaques de revêtement variées.
[0023] L'invention a également pour objet, outre la plaque obtenue suivant le procédé expliqué
plus haut, ainsi que tout revêtement comprenant au moins une telle plaque, une machine
pour la fabrication de ces dernières.
[0024] Cette machine prévue pour mettre en pratique le procédé de fabrication ci-dessus,
est caractérisée en ce qu'elle comprend un support mobile avec au moins deux butées
de positionnement et une ventouse de solidarisation d'un ou plusieurs carreau(x) par
rapport au support, des moyens de déplacement relatif du support mobile et d'un substrat
comprenant une couche adhésive supérieure pouvant se solidifier, ainsi qu'un système
de commande apte à déclencher et/ou inactiver les éléments appropriés de la machine
pour obtenir des plaques prêtes à l'emploi de revêtement, dans chacune desquelles
au moins un carreau est fixé à ladite couche solidifiée suivant un agencement choisi.
[0025] A noter que le terme "solidifier" est utilisé dans son sens le plus large, de sorte
que dans une plaque de revêtements achevée le substrat peut présenter une dureté ou
une capacité de déformation élastique quelconques, tant que ce substrat maintient
de façon sûre et solide chaque carreau.
[0026] Suivant un mode de réalisation, le support mobile précité est monté sur une poutre
sensiblement parallèle à la couche supérieure précitée et formant avec un ou plusieurs
montant(s) fixe(s), une potence ou analogue.
[0027] Avantageusement, le support mobile comporte un chariot apte à se déplacer linéairement
le long de la poutre qui constitue un rail de guidage.
[0028] Les butées et ventouses précitées sont montées sur un cadre, lui-même relié à ladite
poutre par l'intermédiaire d'un vérin ou analogue, apte à déplacer le cadre suivant
une direction perpendiculaire à la couche supérieure du substrat.
[0029] De préférence, des moyens de réglage sont prévus entre chaque butée de positionnement
et/ou ventouse de solidarisation d'une part, et le cadre précité d'autre part.
[0030] La machine de l'invention peut comporter un dispositif de mise en place apte à disposer
des carreaux à fixer au substrat, à un endroit choisi d'un espace d'entreposage auquel
le support mobile peut accéder.
[0031] Avantageusement, cette machine comprend une table sur laquelle est prévue une platine
apte à contenir le substrat précité.
[0032] Alors, la platine précitée peut être montée mobile et guidée sur ladite table, cette
platine coopérant avec les moyens de déplacement de façon à pouvoir être placée au
droit ou à distance du support.
[0033] La platine peut être agencée de façon à pouvoir venir dans un espace où des moyens
de déchargement évacuent chaque plaque terminée à distance de la machine.
[0034] En outre, la machine peut comporter un dispositif de solidification de la couche
précitée, tel que chauffage, source de rayonnement et/ou d'apport, un tel dispositif
pouvant être placé en regard du substrat.
[0035] Mais d'autres avantages et particularités de l'invention ressortiront mieux de la
description détaillée d'un mode de réalisation, donné uniquement à titre d'exemple,
qui suit et se réfère aux dessins annexés dans lesquels :
- la figure 1 est une vue schématique en élévation d'une machine de fabrication de plaques
de revêtement conformes à l'invention ;
- la figure 2 est un diagramme logique retraçant les étapes successives d'un exemple
de procédé conforme à l'invention ; et
- la figure 3 est une vue agrandie d'un détail désigné en III sur la figure 1.
[0036] Sur les figures 1 et 3, on voit une machine 1 conçue pour la fabrication de plaques
prêtes à l'emploi de revêtement, chaque plaque dont les dimensions et le contour correspondent
à ceux de la surface à revêtir, comprend un substrat sur lequel au moins un carreau
est fixé. Ce substrat comprend une couche supérieure apte à fixer le ou les carreau(x)
de la plaque en se solidifiant. On pourra prévoir, selon l'application à laquelle
est destinée une plaque, que le substrat comprenne au moins une trame telle qu'une
grille ou toile. Par exemple, une trame constituée par une toile à mailles larges
en fibres inertes pourra être noyée dans le substrat de façon à venir à fleur d'une
face de la plaque prévue pour être posée contre un mur. Une couche isolante peut aussi
être intégrée au substrat, et par exemple y être noyée.
[0037] La couche supérieure adhésive du substrat doit présenter une fluidité, une aire et
une épaisseur appropriées à chacun des carreaux devant y être fixé, pour permettre
à ceux-ci d'être au moins partiellement noyés ou immergés dans cette couche. De préférence,
le substrat de la plaque est obtenu à partir d'une résine plastique à l'état liquide.
De nombreuses résines du commerce telles que résines polyester, phénolique ou éventuellement
époxy, sont utilisables pour le substrat. Une fois solidifié, le substrat dont la
teinte peut être changée par adjonction d'un colorant approprié, permet d'obtenir
une barrière étanche, éventuellement inerte ou ignifuge (résine phénolique).
[0038] Après montage sur un mur, plusieurs plaques de revêtements peuvent être reliées de
manière étanche à l'aide de joints réalisés dans une résine identique ou compatible.
Dans ce but, il est avantageux de ménager entre la périphérie d'une plaque et de chaque
carreau fixé sur celle-ci, un rebord en substrat par exemple d'une épaisseur de 0,5
mm au moins. Similairement, selon l'épaisseur des carreaux à fixer, celle du substrat
adhésif est ajustée. Pour des carreaux de micro-céramique, cette épaisseur sera de
l'ordre de quelques dizièmes de millimètres, tandis que pour des carreaux lourds (3
kg ou plus) cette couche peut faire plus de 10 mm.
[0039] La machine 1 comporte une table 2 et une potence ou analogue 3. La potence 3 comporte
des montants 32 fixés à la table 2 qui constituent pour cette dernière des pieds reposant
sur un sol ou placher S. Un ou plusieurs pieds supplémentaire(s) 22 peuvent relier
au sol un plan de travail 23 de la table 2. Pour plus de sécurité, les pieds 22 et
32 peuvent être fixés au sol S, par exemple par vissage. Le plan de travail 23 et/ou
la table 2 peuvent être équipés de moyens de mise à niveau.
[0040] La potence 3 comprend une poutre 30, par exemple obtenue à partir d'un tronçon d'IPN
qui s'étend suivant une direction sensiblement parallèle à S et au plan de travail
23. Bien qu'ici la poutre 30 soit fixée de façon démontable à l'extrêmité libre supérieure
des pieds 32, celle-ci peut aussi être montée à rotation autour d'un axe perpendiculaire
au plan formé par S. Les montants ou pieds 32 permettent de ménager entre le plan
de travail 23 et la poutre 30, une distance d'au moins 500 mm. Cette dimension correspond
à la dimension verticale maximum d'un support mobile 4 et d'une platine 5, respectivement
montés sur la poutre 30 et sur le plan de travail 23. Ce dernier constitue un plan
de référence, et doit être disposé de manière à être parallèle à la surface supérieure
de la couche du substrat.
[0041] Au moins l'une des extrêmités longitudinales de la poutre 30 fait saillie du montant
32 correspondant. Vers la droite sur la figure 1, la poutre 30 s'étend au-delà de
la table 2, au droit d'un espace d'entreposage 6 où les carreaux qui doivent être
fixés au substrat sont stockés, en attendant leur utilisation. Bien que ceci ne soit
pas représenté, un dispositif de mise en place apte à disposer et présenter les carreaux
dans une position et à un endroit choisi, peut être prévu dans l'espace d'entreposage
6. Un tel dispositif de mise en place des carreaux permet à la machine 1 de fonctionner
à flux tiré, c'est-à-dire d'être alimentée en carreaux au fur et à mesure et en fonction
de ses besoins.
[0042] Pour pouvoir saisir les carreaux et les fixer au substrat, le support mobile 4 comprend
au moins deux butées 7 de positionnement d'un carreau 8, ainsi qu'une ventouse ou
analogue 9. La ventouse 9 comporte des soufflets lui permettant d'adapter la position
de sa lèvre de succion à la face du carreau 8 à laquelle la ventouse doit adhérer.
L'intérieur de la ventouse 9 est relié, notamment par des conduits flexibles (non
représentés), à une source de pression négative P (figure 1). La valeur de la pression
est déterminée proportionnellement à la masse du carreau 8. Par exemple, pour un carreau
standard de 100 mm de côté, une pression négative dont la valeur est égale à 40 %
de la pression atmosphérique est appropriée. La source P est constituée par une pompe
à dépression entraînée par un moteur électrique et reliée à chaque ventouse 9 par
l'intermédiaire d'un régulateur réglable. L'alimentation en courant électrique du
moteur s'effectue par un boitier d'alimentation 11, ce dernier étant relié au secteur
10.
[0043] Le boitier 11 d'alimentation en courant électrique comporte un commutateur 12 apte
à mettre la machine 1 en marche ou à l'arrêt, ainsi qu'au moins un bouton de commande
13 pour la sélection des différents modes de fonctionnement possibles. Le commutateur
12 et chaque bouton de sélection 13 sont raccordés à un système de commande de la
machine 1. Ce système de commande coopère avec chaque élément actif de la machine
1 pour en contrôler le fonctionnement.
[0044] La référence numérique 48 désigne sur les figures un cadre sur lequel les butées
7 et les ventouse 9 sont montées. Pour permettre à la machine 1 la fabrication d'une
plaque comprenant "n" carreaux 8, le support 4 doit comporter "n" de jeux de butées
7 et de ventouses 9, agencés en regard du plan de travail 23. Le cadre est constitué
par une pièce mécano-soudée obtenue à partir de tronçons de profilé métallique, et
son aire en projection sur le plan de travail 23 doit sensiblement correspondre à
celle du substrat où les carreaux 8 doivent être fixés.
[0045] Des moyens de réglage 74 et 94 sont interposés entre les butées 7 et les ventouses
9 respectivement d'une part, et d'autre part le cadre 48. Les moyens de réglage 74
et 94 permettent d'ajuster la position des butées 7 et ventouses 9 suivant X-X', c'est-à-dire
perpendiculairement au plan de travail 23. Les carreaux 8 peuvent être disposés et
rendus solidaires du support mobile 4 suivant une position relative prédéterminée,
illustrée sur la figure 1 par le trait discontinu 81. Les butées 7 doivent être réalisées
dans un matériau et présenter une forme ne risquant pas d'endommager les carreaux
8.
[0046] Il est également possible de prévoir à la place des butées 7 et, par exemple, pour
des carreaux de taille réduite, un caisson d'aspiration dont la face inférieure -
où se produit la dépression - est utilisée pour le réglage de positionnement à l'horizontale
des carreaux.
[0047] Deux ou quatre tiges de guidage sensiblement parallèles à X-X' sont fixées sur la
face du cadre 48 opposée aux butées 7. Les tiges 42 traversent avec jeu des pattes
43 fixées à un corps 40 du support 4. Les pattes 43 et les tiges 42 constituent un
ensemble de guidage du cadre 48 suivant X-X'. Le corps 40 du support 4 est relié au
cadre 48 par un vérin 44 ou analogue, contrôlé par le système de commande de la machine
1 et apte à déplacer l'ensemble des butées 7 et ventouses 9 suivant X-X'. Ainsi, les
cadre 48 peut être rapproché ou éloigné du plan de travail 23. le vérin 44 est raccordé
à une source de pression, par exemple P, et fait partie de moyens de déplacement de
la machine 1.
[0048] Ces moyens de déplacement comprennent également les roues 34 visibles sur la figure
1 et grâce auxquelles le support 4 peut être déplacé le long de la poutre 30. Plus
précisément, les roues 34 sont au nombre de 8 et chacune d'entre elles est montée
à pivotement suivant un axe perpendiculaire à X-X' et à la direction longitudinale
de la poutre 30, sur l'un des quatre bras 41 qui est fixé, par exemple par soudage,
au corps 40. Quatre roues 34 sont guidées par le sommet de la poutre 30, tandis que
les quatre autres le sont par la base de cette poutre.
[0049] Par ailleurs, le corps 40 est relié à un système d'entraînement, tel que par exemple
un moteur électrique alimenté par le boitier 11 et apte à déplacer une chaîne, elle-même
agencée de manière à pouvoir déplacer par traction dans un sens ou dans l'autre, le
support mobile 4 par rapport à la poutre 30. Une autre solution consiste à prévoir
un moteur sur le cadre 40, dont l'arbre de sortie comporte un pignon coopérant avec
une crémaillère fixée à la poutre 30. Alors, selon le sens de rotation du moteur et
donc de son pignon de sortie, le support mobile 4 peut être déplacé dans un sens ou
dans l'autre.
[0050] On comprend maintenant que le support mobile 4 comporte un chariot (40, 41, 34) apte
à se déplacer linéairement le long de la poutre 30 qui constitue donc un rail de guidage.
[0051] Sur la figure 1, en regard du support mobile 4, on voit une platine 5 en forme de
bac prévu pour contenir la couche de produit adhésif du substrat. La platine 5 est
montée mobile et guidée sur la table 2 afin de pouvoir être placée soit au droit,
soit à distance du support 4. En fait, la platine 5 qui est reliée à un système d'entraînement
similaire à celui du chariot du support 4, est guidée parallèlement à la poutre 30
de manière à pouvoir être amnée dans un espace 15 où des moyens de déchargement (organes
de préhension à ventouses, tapis roulant, etc) évacuent chaque plaque de revêtement
terminée. La position du support 4 et de la platine 5 illustrée sur la figure 1 correspond
donc à la position d'assemblage des carreaux 8 et du substrat. C'est également dans
cette position qu'un dispositif de solidification (non représenté), contrôlé comme
le sont également les déplacements de la platine 5 par le système de commande de la
machine 1, est déclenché. Selon le type de résine employée pour le substrat, le dispositif
de solidification peut comprendre des lampes d'irradiation, des résistances chauffantes,
une aspiration, un apport de liants, etc.
[0052] De préférence au niveau de l'espace de déchargement 15, on prévoit un dispositif
d'emballage, à l'aide duquel chaque plaque de revêtement fabriquée suivant le procédé
qui va être expliqué maintenant, est protégée par l'application d'un vernis, d'un
film plastique ou d'un emballage quelconque.
[0053] Lors de la mise sous tension de la machine 1 à l'aide du bouton 12, le système de
commande vérifie durant une opération d'initialisation 0 que tous les éléments actifs
de cette machine sont bien dans une position définie dite de départ. Si la machine
1 est pourvue d'un mécanisme de préparation du substrat (non représenté) apte à placer
dans la platine 5 une trame et à verser une quantité appropriée de résine liquide,
ce mécanisme est actionné. Parallèlement, l'étape de mise en place dans l'espace d'entreposage
6 des carreaux 8 est effectuée.
[0054] A partir de cette position, et suivant l'ordre du diagramme logique de la figure
2, le système de commande déclenche une succession d'étapes et de phases à l'issue
desquelles une ou plusieurs plaque(s) de revêtement sont réalisées et prêtes à être
employées. Le déroulement de ces étapes peut bien sûr être organisé par un programme,
lui-même enregistré dans la mémoire d'un ordinateur ou analogue, qui fait partie du
système de commande de la machine 1.
[0055] En résumé, le procédé consiste à solidariser dans une position relative prédéterminée
le support mobile 4 et les carrreaux 8, à déplacer le support 4 et le substrat contenu
dans la platine 5 l'un à l'encontre de l'autre, jusqu'à immersion des carreaux 8 suivant
un agencement choisi ; à maintenir le support 4 et la platine 5 immobiles jusqu'à
fixation des carreaux 8 suivant ledit agencement et par solidification de la couche
adhésive du substrat ; et à désolidariser le support 4 du carreau ainsi fixé à la
plaque de revêtement. A noter que, les carreaux 8 comportent chacun une face de base
en regard de la platine 5 et une face apparente opposée à l'autre. L'étape de solidarisation
s'effectue ici par la face apparente, tandis que la face de base est immergée dans
la couche adhésive du substrat, bien que le contraire soit possible.
[0056] L'étape A du procédé comprend les phases consistant à déplacer le support 4 le long
de la poutre 30, jusqu'au droit de l'espace 6, puis la descente du cadre 48 suivant
X-X', par extension du vérin 44. Cette descente est interrompue à une distance inférieure
à 2 mm des carreaux en attente dans l'espace 6, par exemple sous l'effet de capteurs
ou d'une incrémentation usuels. Il en va de même pour tous les mouvements de la machine
1.
[0057] A l'étape B, la source P alimente les ventouses 9 en pression négative, et ces dernières
provoquent une aspiration apte à plaquer chaque careau 8 contre les butées 7. Pour
obtenir un bon isostatisme de chaque carreau 8, les butées 7 peuvent être au nombre
de trois par carreau, et définissent la position relative prédéterminée correspondant
au plan indiqué par la 81 sur la figure 1. Une fois les carreaux 8 rendus solidaires
du support 4, le cadre 48 est déplacé par contraction du vérin 44, jusqu'à sa position
de remontée maximale à proximité de la poutre 30. Cette montée correspond à l'étape
C sur la figure 2.
[0058] L'étape D consiste à déplacer le support 4 jusqu'à ce que celui-ci vienne en face
de la platine 5. Autrement dit, le chariot comprenant le corps 40 roule le long de
la poutre 30 suivant M, depuis l'espace 6 jusqu'à la partie du plan de travail 23
où se trouve la platine 5.
[0059] Le vérin 44 s'étend alors suivant X-X' jusqu'à ce que les carreaux 8 soient immergés
dans le bain de colle contenu dans la platine 5. Cette descente suivant X-X' correspond
à l'étape E sur le graphique de la figure 2.
[0060] Le support 4 et la platine 5 sont maintenus immobiles durant l'étape F, jusqu'a fixation
des careaux 8 suivant l'agencement (81) prévu. Puisque les carreaux ont leur face
de base noyée dans la couche adhésive et que les flancs latéraux sont en dessous du
niveau de la surface supérieure de cette couche, on comprend bien que si cette dernière
se solidifie, chaque carreau se trouve enserré dans la matière, et ainsi fixé. C'est
durant l'étape E qu'une phase de traitement apte à provoquer la solidification de
la couche adhésive est effectuée. La durée de l'étape de maintien F est temporisée
par le système de commande pour qu'à son issue le substrat ait une texture appropriée.
[0061] A l'étape G, l'alimentation des ventouses 9 par la source P est interrompue, voire
inversée (en générant une légère pression positive à l'intérieur de celles-ci). Ainsi
les carreaux 8 sont désolidarisés du support 4.
[0062] Le support 4 remonte suivant X-X' vers la poutre 30 sous l'effet d'une contraction
du vérin 44. Cette montée qui permet de dégager l'accès à la platine 5, et donc à
la plaque qui vient d'être fabriquée, correspond à l'étape H.
[0063] Ensuite, lors de l'étape J, le support 4 est déplacé le long de la poutre 30, afin
de dégager complètement l'accès à la platine 5.
[0064] Alternativement, après l'étape F de solidification, la plaque constituée du substrat
et des carreaux 8 peut aussi être soulevée par le support 4 en maintenant l'adhérence
des ventouses 9, et suite à un déplacement suivant M jusqu'à l'espace 15 et à un allongement
du vérin 44, être posée dans l'espace de déchargement, pour emballage et stockage.
Ceci permet de libérer rapidement la platine 5 pour y installer à nouveau un substrat,
pendant que le support 4 recommence une opération de solidarisation au niveau de l'espace
6. En tout cas, comme illustré sur la figure 2, à l'issue de l'étape J, un retour
R vers l'étape 0 est prévu pour permettre la fabrication d'une nouvelle plaque.
[0065] Par ailleurs, au moins deux des étapes précitées peuvent être partiellement ou totalement
effectuées en temps masqué, tandis que la platine 5 et le cadre 48 peuvent être agencés
de manière à permettre la fabrication en parallèle de plusieurs plaques identiques
ou différentes. Le système de commande peut également agir sur les moyens de réglage
74 et 94 notamment, pour que la machine 1 effectue automatiquement et successivement
des plaques différentes les unes des autres.
[0066] Bien que l'étape de déplacement D est ici effectuée principalement par le support
mobile 4, la platine 5 ou la table 2 peuvent être agencées pour participer à cette
étape. Similairement, le déplacement du support 4 comprend un déplacement linéaire
suivant un plan parallèle à ladite couche adhésive du substrat, qui est ici une combinaison
de translations rectilignes. Dans le cas où la poutre 30 est montée à rotation sur
un pied 32 et motorisée, on comprend que l'espace 6, la platine 5, l'espace 15 correspondront
chacun à un secteur approprié que le support mobile 4 atteint sous l'effet d'une rotation
d'axe sensiblement vertical de la poutre 30.
[0067] L'invention n'est pas limitée au mode de réalisation qui vient d'être décrit, mais
comprend tous les équivalents et toutes les combinaisons des moyens techniques illustrés,
si ceux-ci sont compris dans les revendications ci-après.
1 - Procédé de fabrication de plaques prêtes à l'emploi de revêtement tel que carrelage,
caractérisé en ce qu'il comprend les étapes consistant à :
- solidariser, dans une position relative prédéterminée, un support mobile (4) et
au moins un carreau ou analogue (8) destiné à composer avec un substrat une plaque
de revêtement, ce substrat comprenant une couche supérieure adhésive et apte à se
solidifier, tandis que sa viscosité , l'aire et l'épaisseur de la couche sont prévus
pour permettre l'immersion au moins partielle du carreau (8) dans le substrat;
- déplacer ledit support mobile (4) et le substrat, l'un à l'encontre de l'autre jusqu'à
immersion du carreau (8) suivant un agencement (81) choisi;
- maintenir le support et le substrat immobiles jusqu'à fixation du carreau (8) suivant
ledit agencement, par solidification de la couche adhésive; et
- désolidariser du support le carreau ainsi fixé au substrat de la plaque de revêtement
ainsi obtenue.
2 - Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'une étape de mise en place
dans un espace d'entreposage (6) du ou des carreau(x) à fixer au substrat est effectuée
avant l'étape de solidarisation et en ce qu'une étape de préparation du substrat est
également effectuée avant l'étape de déplacement.
3 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 2, caractérisé en ce que la couche adhésive
comprend une résine sensiblement étanche et rigide après solidification, tels que
résine phénolique, polyester ou éventuellement époxy.
4 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que le substrat comporte
au moins une trame, telle que grille ou toile.
5 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que lors de l'étape
de solidarisation on plaque, à l'aide de ventouses (9), une face du carreau (8) contre
au moins deux butées (7) de positionnement.
6 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que le carreau (8)
comportant une face de base et une face apparente après achèvement de la plaque, l'étape
de solidarisation s'effectue par la face apparente, tandis que la face de base est
immergée dans la couche adhésive lors de l'étape de déplacement.
7 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que l'étape de déplacement
comprend un déplacement du support mobile (4) par rapport au substrat, suivant un
plan parallèle à ladite couche adhésive, le déplacement étant linéaire ou à rotation
d'axe vertical.
8 - Procédé selon les revendications 1 à 7, caractérisé en ce qu'au moins deux étapes
du procédé, et notamment la solidarisation au support et la préparation du substrat,
sont partiellement ou totalement effectuées en temps masqué.
9 - Procédé selon les revendications 1 à 8, caractérisé en ce que les étapes du procédé
sont déclenchées suivant un programme enregistré dans un sytème de commande tel qu'ordinateur
ou analogue.
10 - Plaque de revêtement obtenue suivant le procédé selon l'une des revendications précédentes.
11 - Machine pour la fabrication de plaques de revêtement tel que carrelage, caractérisée
en ce qu'elle comprend un support mobile (4) avec au moins deux butées (7) de positionnement
et une ventouse (9) de solidarisation d'un ou plusieurs carreau(x) (8) par rapport
au support, des moyens (44) de déplacement relatifs du support mobile et d'un substrat
comprenant une couche adhésive supérieure pouvant se solidifier, ainsi qu'un système
de commande apte à déclencher et/ou inactiver les éléments appropriés de la machine
(1) pour obtenir des plaques prêtes à l'emploi de revêtement, dans chacune desquelles
au moins un carreau (8) est fixé à ladite couche solidifiée suivant un agencement
(81) choisi.
12 - Machine selon la revendication 11, caractérisée en ce que le support mobile (4) est
monté sur une poutre (30) sensiblement parallèle à la couche supérieure et formant
avec un ou plusieurs (32) montant (s) fixe (s), une potence (3) ou analogue, et en
ce que le support mobile (4) comporte un chariot (40, 41, 42, 43, 44, 48) apte à se
déplacer linéairement le long de la poutre (30) qui constitue un rail de guidage.
13 - Machine selon l'une des revendications 11 ou 12, caractérisée en ce que les butées
(7) et ventouses (9) sont montées sur un cadre (48), lui-même relié à ladite poutre
(30) par l'intermédiaire d'un vérin (44) ou analogue, apte à déplacer le cadre suivant
une direction (X-X') perpendiculaire à la couche supérieure du substrat.
14 - Machine selon l'une des revendications 11 à 13, caractérisée en ce que des moyens
de réglage (74, 94) sont prévus entre chaque butée (7) de positionnement et/ou ventouse
(9) de solidarisation d'une part, et le chariot d'autre part.
15 - Machine selon l'une des revendications 11 à 14, caractérisée en ce qu'elle comporte
un dispositif de mise en place apte à disposer des carreaux (8) à fixer au substrat
à un endroit choisi d'un espace d'entreposage (6) auquel le support mobile (4) peut
accéder.
16 - Machine selon l'une des revendications 11 à 15, caractérisée en ce qu'elle comprend
une table (2) sur laquelle est prévue une platine (5) apte à contenir le substrat
et montée mobile et guidée sur ladite table, cette platine coopérant avec les moyens
de déplacement de façon à pouvoir être placée au droit ou à distance du support (4).