[0001] La présente invention a pour objet un procédé et un dispositif de réglage en temps
réel d'un brûleur alimenté avec un combustible à caractéristiques variables.
[0002] Comme on le sait, il est nécessaire de réchauffer les demi-produits sidérurgiques
devant être laminés, ce qui est effectué dans des fours de réchauffage.
[0003] Dans le cas des usines sidérurgiques dites "intégrées" (c'est-à-dire celles qui assurent
par elles-mêmes l'ensemble des opérations nécessaires à la fabrication de l'acier
depuis la préparation des minerais jusqu'au laminage des demi-produits), I'énergie
utilisée provient le plus souvent de gaz combustibles co-produits dans différents
réacteurs de l'usine sidérurgique elle-même. C'est ainsi que dans les brûleurs de
fours de réchauffage de produits sidérurgiques, on utilise classiquement un mélange
gazeux provenant des émissions d'une cokerie, de hauts-fourneaux, et de I'aciérie,
chacune de ces sources fournissant un gaz, de teneur différente en éléments combustibles,
comme l'hydrogène par exemple, et de teneurs différentes en impuretés, notamment de
soufre, et quelque peu chargé de poussières, malgré les filtrages subis.
[0004] Ce mélange gazeux est réalisé en principe pour obtenir des propriétés thermiques
de niveau déterminé, comme le PCI (Pouvoir Calorifique Inférieur), le PCO (Pouvoir
comburivore) qui s'en déduit, ou l'indice de Wobbe par exemple. Mais la composition
du mélange gazeux peut subir des fluctuations résultant des variations de marche des
réacteurs qui fournissent les composants. Ainsi, par exemple, la teneur en hydrogène
fluctue assez couramment, car les différentes sources d'approvisionnement de ce mélange
gazeux n'ont pas une composition constante avec le temps. Lorsque ces compositions
fluctuent, un faible changement, en particulier de la composition du gaz de cokerie
(qui est riche en hydrogène) entraîne des répercussions sensibles sur son PCO entre
autre. Or, ce dernier doit être connu en permanence avec une bonne précision si l'on
veut notamment assurer une température déterminée dans l'enceinte du four de réchauffage,
que l'on peut d'ailleurs modifier grâce au réglage du débit d'air comburant dont sont
pourvus les brûleurs.
[0005] Ainsi, également, la teneur en impuretés, notamment de soufre, fluctue pour les mêmes
raisons avec le temps, ce qui entraîne des fluctuations de la composition, notamment
en oxydes de soufre, des gaz de combustion et, donc, de l'atmosphère des fours de
réchauffage.
[0006] On a constaté qu'une teneur trop forte en impuretés, notamment d'oxydes de soufre,
dans l'atmosphère de four de réchauffage contenant des produits sidérurgiques entrainaît
l'apparition de défauts à la surface desdits produits sidérurgiques, notamment lorsqu'ils
sont en acier inoxydable austénitique.
[0007] Le problème consiste donc à maîtriser la combustion d'un mélange gazeux, au demeurant
chargé de poussières, et dont les caractéristiques peuvent rapidement varier de façon
aléatoire autour de valeurs moyennes (pouvoir calorifique inférieur, pouvoir comburivore,
densité, teneur en soufre, etc...).
[0008] Le problème consiste également à maîtriser le mélange des différents gaz combustibles
co-produits, dont les teneurs en impuretés sont généralement très différentes, de
telle sorte que la teneur en impuretés, notamment en oxydes de soufre, dans l'atmosphère
des fours de réchauffage soit constante ou soit maintenue en deçà d'une limite prédéterminée.
[0009] A cet effet, on a déjà proposé des dispositifs appelés "comburimètres", "wobbmètres"
et des batteries d'analyseurs. Ces systèmes atteignent théoriquement le but fixé,
mais, dans le cas d'utilisation de combustibles de caractéristiques très variables
et/ou chargés en impuretés, ils apparaissent soit inefficaces, soit présentent des
inconvénients dans l'exploitation, soit les deux. Ainsi, les comburimètres sont sensibles
aux taux d'humidité élevés et aux impuretés, et par conséquent inutilisables avec
des gaz sidérurgiques sans un entretien constant. Les wobbmètres ont des temps de
réponse longs et une précision médiocre, qui s'ajoutent aux problèmes d'humidité et
d'impuretés. Enfin, les batteries d'analyseurs sont des appareils techniquement très
sophistiqués, avec système de prélèvement et de traitement du gaz avant analyse, exigeant
un entretien suivi par du personnel qualifié. Leur coût est très élevé et ils sont
sensibles à la corrosion si les gaz contiennent du soufre.
[0010] L'invention a pour but de réaliser un système capable de résoudre les problèmes posés
tout en éliminant les inconvénients ci-dessus des dispositifs antérieurs connus.
[0011] Conformément à l'invention, le procédé de réglage en temps réel d'un brûleur de four
alimenté avec un combustible gazeux de caractéristiques variables autour d'un état
standard et avec un débit d'air comburant réglable, est caractérisé en ce qu'au cours
de la marche du brûleur :
- on prélève sur le courant de combustible alimentant le brûleur un débit de combustible
donné dont la combustion complète produit une puissance d'au moins 100 thermies/h,
- on brûle ce débit de combustible avec un débit d'air donné en excès de manière à assurer
la combustion complète du combustible,
- on mesure dans les fumées de combustion la valeur d'une grandeur représentative de
la teneur de l'un au moins des composants choisis parmi l'oxygène résiduel et le soufre,
- on compare cette valeur à une valeur de référence prédéterminée représentative de
l'état de marche voulu du brûleur,
- et si l'écart est supérieur à un seuil prédéterminé, on agit sur le règlage de l'alimentation
du brûleur, de manière à réduire cet écart.
[0012] Selon une première variante principale du procédé selon l'invention, en outre :
- ladite grandeur reflète l'écart à la stoechiométrie (par exemple, la teneur résiduelle
en O₂,ou la température des fumées),
- à partir de cette grandeur mesurée, on détermine la valeur du PCO réel instantané
du combustible, ou de toute autre propriété thermique exprimant les caractéristiques
instantanées réelles du combustible,
- et on agit sur le règlage de l'alimentation du brûleur en appliquant à la régulation
du débit d'entrée d'air comburant dans le brûleur une consigne représentative de ladite
valeur.
[0013] Cette consigne est avantageusement un "coefficient de correction" du débit d'air
comburant calculé à partir du rapport PCO réel instantané mesuré/PCO standard, ce
PCO standard étant celui correspondant à la composition standard du combustible autour
de laquelle la composition réelle est susceptible de fluctuer.
[0014] Selon une deuxième variante principale du procédé selon l'invention, lorsque ledit
combustible est un mélange règlable en proportions de plusieurs combustibles contenant
des taux d'impuretés soufrées différents, ladite grandeur mesurée est la teneur en
oxydes de soufre des fumées et on agit sur le règlage de l'alimentation du brûleur
en modifiant les proportions de mélange desdits combustibles pour maintenir ladite
teneur en oxydes de soufre au voisinage de ladite valeur de référence prédéterminée.
[0015] Le dispositif pour la mise en oeuvre du procédé selon l'invention, dénommé par la
suite "correctomètre", comprend, conformément à l'invention :
* d'une part, un mini-four constitué par au moins :
- un tunnel de combustion de longueur suffisante pour que la combustion complète d'un
combustible séparée à l'une de ses extrémités soit achevée à son autre extrémité,
- un brûleur, monté à l'une des extrémités du tunnel et dimensionné pour développer
une puissance calorifique d'au moins 100 th/h, et
- des moyens de règlage de l'alimentation dudit brûleur ;
* d'autre part, à l'autre extrémité du tunnel laissée ouverte pour permettre l'évacuation
des fumées de combustion, des moyens pour mesurer une grandeur représentative de la
teneur de l'un au moins des composants desdites fumées, et une unité de calcul recevant
en entrée ladite mesure et déterminant, sous la forme d'un signet disponible à sa
sortie, une consigne de réglage de l'alimentation dudit brûleur.
[0016] Selon une première variante du dispositif selon l'invention, les moyens de règlage
permettent de contrôler le débit de combustible et le débit d'air comburant et l'unité
de calcul évalue les propriétés thermiques instantanées réelles du combustible.
[0017] Selon une deuxième variante du dispositif selon l'invention, les moyens de règlage
permettent de contrôler les proportions du mélange des combustibes et les moyens de
mesure de ladite grandeur représentative sont une sonde de mesure de la teneur en
oxydes de soufre dans les fumées.
[0018] Ainsi l'invention prévoit d'alimenter le brûleur du correctomètre disposé à l'extrémité
du tunnel de combustion en air et en combustible régulés à débits contrôlés, et de
corréler de manière simple la grandeur mesurée au réglage en temps réel de l'alimentation
des brûleurs du four de réchauffage. En d'autres termes, on mesure les variations
instantanées d'une propriété du combustible, comme son PCO ou sa teneur en impuretés,
provoquées par les fluctuations de sa composition, pour déterminer, et appliquer de
manière instantanée, les corrections à apporter à l'alimentation des brûleur.
[0019] Selon la première variante de l'invention, la correction est appliquée au débit d'entrée
d'air comburant dans le ou les brûleurs du four, pour permettre de maintenir constante
la puissance délivrée par ce brûleur, malgré les aléas du PCO du combustibe qui l'alimente.
[0020] Selon la deuxième variante principale de l'invention, lorsque le combustible est
un mélange règlable, la correction est appliquée au mélange de combustibes, pour permettre
de maintenir au voisinage d'une valeur de référence prédéterminée la teneur en impuretés
soufrées de l'atmosphère du four métallurgique.
[0021] L'invention résout le problème posé au moyen d'un système simple, économique et robuste,
peu sensible à l'environnement, ne nécessitant qu'un entretien réduit et d'un coût
de fonctionnement très faible. Il importe toutefois, et ce pour des raisons non encore
parfaitement élucidées, que le brûleur utilisé soit apte à développer une puissance
d'au moins 100 th/h, sinon la grandeur mesurée ne peut pas être correctement évaluée
dans les fumées et l'invention produit des résultats non exploitables industriellement.
[0022] L'invention sera bien comprise au vu de la description qui suit donnée en référence
aux dessins annexés qui en illustrent un premier mode de réalisation à titre d'exemple
non limitatif, et sur lesquels :
- la Figure 1 est un bloc diagramme schématique illustrant le procédé conforme à l'invention
de réglage en temps réel des brûleurs d'un four de réchauffage industriel ;
- la Figure 2 est une vue en coupe longitudinale axiale et élévation partielle d'une
forme de réalisation de correctomètre de mise en oeuvre du procédé selon l'invention.
[0023] L'installation représentée schématiquement à la figure 1 comprend un four métallurgique
M de réchauffage de demi-produits sidérurgiques, par exemple des brames en acier,
équipé, de manière connue, d'un ou de plusieurs brûleurs 1, alimentés en gaz combustible
(g) à partir d'une source de combustible gazeux 2 par l'intermédiaire d'une commande
3 de débit de gaz pilotée par une consigne Co donnée par le chauffeur du four de réchauffage
M. L'entrée d'air comburant (a) dans le brûleur 1 est pilotée par une commande de
débit 4 reliée à l'atmosphère par une prise extérieure F5. Le débit d'air (a) est
ajusté en permanence au débit de gaz (g) à l'aide d'un signal de consigne C1 qu'envoie
la commande de gaz 3 à la commande d'air 4. Ceci permet de régler la puissance de
chauffe des brûleurs tout en assurant que les conditions de combustion complète sont
respectées.
[0024] Comme on le voit, le "correctomètre" 5 selon l'invention prend sa place dans cet
ensemble entre la source de gaz 2 et la commande 4 de débit d'air.
[0025] Ce correctomètre 5 est constitué essentiellement par un four-comburimètre 6 et une
unité de calcul 10. Le comburimètre 6 comprend, comme on le verra plus en détail par
la suite, un mini-brûleur 7 de puissance nominale d'au moins 100 th/h et débouchant
dans une chambre de combustion 8 en forme de tunnel, pourvue à son autre extrémité
du capteur d'un analyseur à sonde 9. Le brûleur (de préférence à haute impulsion pour
favoriser l'obtention de fumées homogènes) reçoit sur une entrée un débit massique
de gaz combustible F2 constant et parfaitement contrôlé, provenant de la source 2
et, sur son autre entrée, un flux correspondant d'air comburant extérieur F1 également
sous un débit massique constant et parfaitement connu, mais en excès par rapport aux
besoins d'une combustion stoechiométrique du débit de gaz F2.
[0026] Le tunnel de combustion 8 est ouvert à son extrémité opposée à celle du brûleur 7
pour permettre une évacuation à l'atmosphère F3 (ou bien dans le four de réchauffage
M lui-même) des produits de combustion. Ces derniers sont analysés avant évacuation
par la sonde 9 qui détermine la teneur en oxygène libre. La mesure par la sonde 9
de l'O₂ résiduel dans les produits de combustion reflète, comme on va le voir, l'écart
à la stoechiométrie. La valeur de cette mesure sert au calculateur 10 pour déterminer
une caractéristique thermique du gaz, pris dans son état réel, comme son PCO instantané,
et élaborer un signal C2, ici sous forme d'un coefficient de correction à appliquer
à la consigne du débit d'air (a) de la commande 4, qui elle est calée sur la valeur
du PCO standard du gaz à brûler.
[0027] Les étapes successives du procédé visé par l'invention, au moyen du dispositif correctomètre
5 en temps réel des brûleurs équipant le four 1, s'enchaînent de la manière suivante
:
A) on prélève sur le courant eux issu de la source 2 un débit massique de gaz donné
et constant (flèche F2);
B) on brûle ce débit de gaz F2 avec un débit massique d'air F1 donné et constant en
excès, afin d'assurer la combustion complète du gaz. Cette combustion est réalisée
dans le four 6 par le brûleur 7. On rappelle un point important les alimentations
en gaz combustible et en air comburant sont régulées à des débits constants et parfaitement
connus ;
C) on mesure, dans les fumées de combustion complète à l'extrémité ouverte de la chambre
de combustion 8, par un capteur approprié 9, une grandeur représentative de l'écart
à la stoechiométrie, à savoir dans l'exemple décrit , la teneur en O₂ résiduel.
D) à partir de cette grandeur mesurée, on détermine dans le calculateur 10 la valeur
du PCO réel instantané du gaz, on déduit le rapport PCO réel/PCO standard, ce dernier
correspondant à la composition standard du gaz combustible autour de laquelle sa composition
réelle est susceptible de fluctuer et ce rapport définissant un coefficient de correction
C2 ;
E) et on utilise ce coefficient de correction C2 pour déterminer la consigne de régulation
du dispositif de commande 4 du débit d'entrée d'air de combustion dans le brûleur
du four industriel M.
[0028] La grandeur représentative de l'écart à la stoechiométrie peut être autre que la
teneur résiduelle en oxygène dans les fumées après combustion complète, ces mesures
étant exécutées par des sondes connues en soi et qui ne nécessitent pas de description
plus détaillée pour être comprises et mises en oeuvre par l'Homme du Métier.
[0029] Les variations de la composition du gaz, en particulier de sa teneur en hydrogène,
entraînent comme on l'a dit des fluctuations corrélatives et immédiates de la grandeur
représentative de l'écart à la stoechiométrie correspondant à ces variations lors
d'une combustion avec excès d'air. En détectant en temps réel les fluctuations de
cette grandeur représentative, on peut en déduire, connaissant les débits d'air comburant
et de gaz combustible dans le comburimètre, les fluctuations de la composition du
gaz combustible. Au moyen d'un calcul simple donnant sa valeur de PCO instantanée,
on peut par conséquent ajuster en temps réel la valeur de consigne de la commande
4 du débit d'entrée d'air comburant dans les brûleurs du four de réchauffage, afin
de maintenir dans ce dernier les conditions d'une combustion souhaitée stoechiométrique,
ou autre.
[0030] Le PCO réel instantané (ou le coefficient de correction corrélatif dont on se sert
pour agir sur la consigne de la commande 4) peuvent être déterminés soit par le calcul,
soit par lecture d'abaques préétablies avec les mêmes débits relatifs d'air et de
gaz pour différentes valeurs de la grandeur représentative.
[0031] En résumé, les brûleurs du four de réchauffage sont réglés pour un PCO standard donné
du gaz à brûler. Le débit d'air comburant est ajusté à ce PCO standard pour assurer
une combustion souhaitée, même quand on fait varier le débit de gaz combustible, par
exemple pour modifier la température du four en intervenant sur la puissance calorifique
délivrée par les brûleurs. Il faut donc, pour maintenir la qualité voulue de la combustion
que le débit d'air comburant (a) suive instantanément les modifications éventuelles
que l'on impose par la consigne Co à la commande 3 du débit de gaz à brûler (g). Le
correctomètre 5, selon l'invention, intervient lui au 2e niveau, plus fin, pour corriger
les effets des fluctuations de la composition du gaz qui modifient ses propriétés
thermiques, par exemple son PCO réel sans qu'on s'en rende compte immédiatement.
[0032] La Figure 2 représente un mode de réalisation du four-comburimètre 6 selon l'invention.
[0033] Ce dispositif comporte la chambre-tunnel de combustion 8, d'une longueur suffisante
pour que la combustion du gaz, initiée à une extrémité, soit achevée à l'extrémité
opposée, et le mini-brûleur 7 prévu à une extrémité du tunnel 8. Un embout 11 d'entrée
d'air comburant en excès dans le brûleur 7 et une tubulure 12 d'entrée de gaz combustible
débouchent dans la chambre de mélange 13. Des dispositifs non représentés permettent
le réglage du débit massique de gaz à une valeur prédéterminée constante ainsi que
le débit d'air comburant.
[0034] Le tunnel 8 est thermiquement isolé au moyen de deux couches superposées 14 et 15
d'isolant intercalées entre la paroi de la chambre de combustion 8 et l'enveloppe
extérieure 16 du comburimètre 6. Au voisinage de l'ouverture de sortie 17 du tunnel
8, un analyseur à sonde 9 de mesure de la teneur résiduelle en oxygène des fumées
de combustion traverse l'enveloppe 16 et les deux couches d'isolant 14, 15.
[0035] La chambre de combustion 8 a en pratique une longueur d'un mètre environ, pas beaucoup
plus, mais en tous cas suffisante pour assurer que la combustion soit achevée au niveau
de la sonde 9, laquelle est par exemple, une sonde au zirconium de type connu.
[0036] Comme déjà indiqué, les caractéristiques du gaz (pouvoir calorifique, pouvoir comburivore,
densité) sont susceptibles de fluctuer autour de celles du gaz pris dans son état
standard.
[0037] Or, les régulations de débit (Q) de gaz combustible fonctionnent sur des mesures
de pression (ΔP) données par les organes déprimogènes habituels (venturi-diaphragme)
à partir des relations classiques liant le débit au DP pour une densité ρ donnée du
gaz : du type Q =

[0038] Mais, on ne connaît en fait que la densité P du gaz à l'état standard. Ceci signifie
que pour un débit de gaz standard constant (c'est-à-dire ΔP constant), c'est en fait
un débit de gaz (g) variable, dans une composition donc variable autour de l'état
standard, qui est réellement brûlé dans le brûleur 1, et ce avec un débit d'air constant.
La mise en oeuvre de l'invention corrige la situation en permettant par le calcul
d'ajuster en permanence le débit d'air (a) aux besoins de la combustion souhaitée
du débit réel fluctuant (g) du gaz à brûler.
[0039] Cet ajustement s'opère avantageusement par le calcul d'un coefficient de correction
C2 permettant de calculer la commande 4 de débit d'air, avec C2 =

par exemple.
[0040] L'invention peut être également comprise au vu de la description qui suit concernant
un deuxième mode de réalisation donné à titre d'exemple non limitatif.
[0041] L'installation est identique à celle précédemment décrite à la différence près que
la source de combustible gazeux 2 est un mélangeur règlable alimenté par plusieurs
combustibles gazeux co-produits dans différens réacteurs d'une usine sidérurgique.
[0042] Les combustibles gazeux contiennent des taux différents d'impuretés soufrées fonctions
du type de réacteur d'où ils proviennent.
[0043] La valeur du taux de soufre de chaque combustible gazeux est connue en moyenne, par
des moyens d'analyse connus en eux-mêmes.
[0044] Le "correctomètre" 5 selon l'invention est comme précédemment alimenté par la source
2 qui est un mélangeur règlable et envoie une consigne de règlage audit mélangeur.
[0045] Le "correctomètre" 5 est identique au correctomètre précédemment décrit, à la différence
près que la sonde 9 mesure la teneur en oxydes de soufre des gaz de combustion du
brûleur 7. La valeur de cette mesure sert au calculateur 10 pour déterminer la consigne
à envoyer au mélangeur de combustibles gazeux, pour maintenir au voisinage d'une valeur
de référence prédéterminée ladite teneur en oxydes de soufre. Le calculateur 10 évalue
ladite consigne en fonction, notamment, des taux moyens connus de soufre de chaque
combustible gazeux.
[0046] Les étapes successives du procédé visé par le deuxième mode de réalisation de l'invention,
s'enchainent comme précédemment pour les étapes A et B puis de la façon suivante :
C') on mesure, dans les fumées de combustion complète, par le capteur 9, la teneur
en oxydes de soufre,
D') à partir de cette mesure, à l'aide du calculateur 10, on calcule et on envoie
au mélangeur de gaz combustible une consigne de mélange apte à maintenir au voisinage
d'une valeur de référence prédéterminée la teneur en oxydes de soufre dans les fumées
de combustion.
[0047] L'avantage du procédé selon l'invention est que le résultat de la mesure ne dépend
pas d'interactions éventuelles en différentes zones de combustion de l'installation,
ne dépend pas d'entrées d'air inopinées dans l'installation, d'émissions ou d'absorptions
possibles par les produits sidérurgiques placés dans le four.
[0048] Ainsi globalement, l'invention permet non seulement d'optimiser la marche des brûleurs
1 du four, mais aussi de maîtriser l'atmosphère du four, ce qui présente un avantage
déterminant. En effet, de même que le caractère soufré de cette atmosphère, le caractère
plus ou moins oxydant a une influence décisive sur la qualité des produits laminés.
Si la marche du brûleur n'est pas suffisamment contrôlée, une baisse par exemple de
la teneur en hydrogène dans le mélange gazeux combustible va entraîner une augmentation
de l'excès d'air dans les fumées de combustion, donc dans l'atmosphère du four. Cet
excès d'air comburant, non seulement va modifier la température du chauffage, mais
surtout, par l'augmentation corrélative de la teneur en O₂ de l'atmosphère du four,
a une influence néfaste sur la qualité métallurgique des produits obtenus après laminage,
loin en aval.
[0049] De même une atmosphère trop réductrice risque d'entraîner une reprise d'hydrogène
dans les produits à chauffer.
[0050] Ainsi, le procédé et le dispositif selon l'invention présentent l'avantage essentiel
de permettre en temps réel de modifier la consigne de régulation d'alimentation des
brûleurs du four, ce qui n'était pas possible avec les techniques antérieures rappelées
au début. On contrôle donc en instantané la composition de l'atmosphère du four.
[0051] L'invention permet également un comptage très précis des thermies utilisées par les
brûleurs 1 quelles que soient les variations des caractéristiques du combustible utilisé.
[0052] Outre les avantages substantiels déjà indiqués, le procédé et le dispositif selon
l'invention permettent d'effectuer des mesures (notamment teneur en oxygène et soufre,
débit, pression, etc...) de manière très accessible, en dés endroits éloignés de l'enceinte
de chauffage et par des appareils aisément démontables pour les entretiens éventuels.
1) Procédé de réglage en temps réel d'un brûleur, pour four métallurgique notamment,
alimenté avec un courant règlable de combustible de caractéristiques variables autour
d'un état standard, et avec un débit réglable d'air comburant (a), caractérisé en
ce que, au cours de la marche du brûleur (1) :
- on prélève sur le courant combustible (2) un débit donné (F2) dont la combustion
développe une flamme de puissance d'au moins 100 thermies/h,
- on brûle ce débit de combustible avec un débit d'air donné en excès (F1), assurant
la combustion complète du combustible,
- on mesure, dans les fumées de combustion, la valeur d'une grandeur représentative
de la teneur de l'un au moins des composants choisis parmi l'oxygène résiduel et le
soufre,
- on compare cette valeur à une valeur de référence prédéterminée représentative de
l'état de marche voulu du brûleur,
- et si l'écart est supérieur à un seuil prédéterminé, on agit sur le règlage de l'alimentation
du brûleur de manière à réduire cet écart.
2) Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que ladite grandeur mesurée reflète
l'écart à la stoechiométrie, en ce qu'on détermine, à partir de cette grandeur mesurée,
la valeur d'une propriété thermique exprimant les caractéristiques réelles instantanées
du combustible, et on applique à la régulation (4) du débit d'entrée d'air comburant
(a) d'alimentation du brûleur une valeur de consigne représentative de ladite valeur.
3) Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce que la grandeur représentative
de l'écart à la stoechiométrie est la teneur résiduelle en oxygène dans les fumées
après combustion.
4) Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce que la propriété thermique du
combustible, exprimant ses caractéristiques instantanées réelles est son Pouvoir comburivore
(PCO).
5) Procédé selon la revendication 4, caractérisé en ce que la grandeur appliquée à la
régulation (4) du débit d'air comburant (a) est un facteur de correction C2 défini
comme le rapport PCO réel instantané/PCO standard, cette valeur PCO standard étant
celle du PCO du combustible pris dans son état standard.
6) Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que ledit combustible étant un
mélange règlable en proportion variable de plusieurs combustibles contenant des taux
d'impuretés soufrées différents, ladite grandeur mesurée est la teneur en oxydes de
soufre des fumées, et en ce que, en fonction de ladite grandeur mesurée, on agit sur
le règlage de l'alimentation du brûleur en modifiant les proportions de mélange desdits
combustibles, pour maintenir la teneur en oxydes de soufre à un niveau prédéterminé.
7) Dispositif (5) pour la mise en oeuvre du procédé selon l'une quelconque des revendications
1 à 6, caractérisé en ce qu'il comprend :
* d'une part, un mini-four constitué par au moins :
- un tunnel de combustion de longueur suffisante pour que la combustion complète d'un
combustible séparée à l'une de ses extrémités soit achevée à son autre extrémité,
- un brûleur, monté à l'une des extrémités du tunnel et dimensionné pour développer
une puissance calorifique d'au moins 100 th/h,
- des moyens de règlage de l'alimentation dudit brûleur ;
* d'autre part, à l'autre extrémité du tunnel laissée ouverte pour permettre l'évacuation
des fumées de combustion, des moyens pour mesurer une grandeur représentative de la
teneur de l'un au moins des composants desdites fumées, et une unité de calcul recevant
en entrée ladite mesure en déterminant, sous la forme d'un signal disponible à sa
sortie, une consigne de règlage de l'alimentation dudit brûleur.
8) Dispositif (5) selon la revendication 7, caractérisé en ce que les moyens de règlage
permettent de contrôler le débit de combustible et le débit d'air comburant (a) et
en ce que l'unité de calcul évalue les propriétés thermiques instantanées réelles
du combustible.
9) Dispositif selon la revendication 7, caractérisé en ce que les moyens de mesure de
ladite grandeur représentative sont une sonde (9) de mesure de la teneur en oxygène
résiduel dans les fumées.
10) Dispositif selon la revendication 7, caractérisé en ce que les moyens de règlage
règlent les proportions du mélange des combustibles et en ce que les moyens de mesure
de ladite grandeur représentative sont une sonde de mesure de la teneur en oxydes
de soufre dans les fumées.