[0001] Les sièges des moyens de transports publics sont de plus en plus l'objet d'actes
de vandalisme consistant, soit à les poinçonner, perforer, ou lacérer au moyen d'ustensiles
pointus et tranchants, soit à les peler ou les délaminer en arrachant les couches
composant le revêtement des coussins de dossier et de siège, soit à les recouvrir
de peinture ou autre produit tinctorial projetable à la bombe, soit enfin à tenter
de les faire brûler.
[0002] Le brevet U.S.-A-3 647 608 décrit un élément de siège composite résistant au poinçonnage
et à la lacération comprenant une couche externe résistante, une couche antilacération
formées de fibres ou fils métalliques, non tissés ou formant des mailles, et une couche
de confort constituée par une mousse synthétique dans laquelle la couche antilacération
est noyée, la liaison des couches s'effectuant par la mousse.
[0003] Le brevet EP-A-190 064 aménage le revêtement antilacération, d'une part, en remplaçant
les fibres et fils métalliques par un tricot de fils minces en acier et multitorons,
et, d'autre part, en ajoutant une couche de protection constituée par un complexe
anti feu. Les diverses couches du revêtement sont liées par une colle souple, par
exemple à base de polyuréthanne.
[0004] De nombreux autres documents décrivent des revêtements ou éléments composites comprenant
une couche extérieure, une couche antilacération et une couche de confort en mousse,
dans lesquelles sont améliorés
- la résistance à la pénétration, par exemple comme dans FR-A-2 592 334, en ajoutant
au treillis métallique un treillis en fibres synthétiques,
- la résistance à l'inflammation, en remplaçant la couche externe textile par une couche
en fibres synthétiques serrées comme dans FR-A-2 283 201,
- la transmission de la combustion, par ajout d'une nappe anti feu comme dans EP-A-190
064 et U.S. 4 673 613, ou en comprimant les nappes entourant le treillis métallique
pour en éliminer les gaz, alors qu'elles ne sont pas encore durcies, comme dans FR-A-2
614 515.
[0005] Si l'Homme de l'Art sait fabriquer un revêtement ou un élément composite pouvant
résister, au moins en partie, aux actes de vandalisme les plus fréquents, il rencontre
des difficultés pour combiner les solutions, tout en conservant le confort qu'est
en droit d'attendre l'utilisateur. C'est ainsi que pour remédier au délaminage du
revêtement extérieur, pouvant être pratiqué en saisissant les bords d'une fente, préalablement
réalisée dans ce revêtement, par exemple, en tentant de lacérer le coussin avec un
objet tranchant, il est connu de lier le revêtement à la couche qui lui est immédiatement
juxtaposée, au moyen d'une colle ayant un fort pouvoir adhésif. Les colles de ce type
présentent l'inconvénient de former une couche semi rigide qui altère la souplesse
générale du coussin en lui enlevant son "moelleux".
[0006] La solution consistant à augmenter la quantité de solvant ou à utiliser une colle
plus liquide remédie aux défauts de souplesse mais conduit à une diminution du pouvoir
adhésif, et favorise donc le délaminage.
[0007] Une bonne résistance au délaminage est obtenue en liant les couches par l'adhérence
naturelle de l'une des couches de mousse et, par exemple, par la mousse de la couche
de confort. Toutefois, cette technique de fabrication n'est intéressante que pour
les grandes séries car elle nécessite des moules spécifiques et une préparation du
revêtement, ou au moins de la couche extérieure habillant l'élément de siège. Par
ailleurs, pour éviter que le treillis antilacération soit déplacé lors de l'expansion
de la mousse, ce qui aurait pour inconvénient de l'éloigner au moins localement de
la couche externe en réduisant l'efficacité de sa fonction antilacération, il est
nécessaire de lier provisoirement le treillis à la couche extérieure. Cela complique
le moulage et le surenchérit.
[0008] L'un des objets de l'invention est de fournir un élément de siège ne présentant pas
les inconvénients des éléments actuels, c'est à dire offrant une bonne résistance
au délaminage, sans que le confort et la fonction antilacération en soient affectés.
[0009] Un autre problème concernant la fabrication d'un élément de siège résistant au vandalisme
découle de sa résistance réelle à la lacération. En effet, si, grâce aux mailles du
treillis antilacération, le revêtement est en mesure de résister à la pénétration
d'un objet acéré ou tranchant, lorsqu'il est posé sur une surface rigide, sa résistance
est plus faible lorsqu'il est posé sur un coussin de mousse ayant, en général, une
épaisseur de l'ordre de 10 cm. La pratique montre d'ailleurs que certains vandales
parviennent, en bénéficiant de la résistance qui est offerte par la mousse du coussin
venant en fin de compression élastique, à poinçonner localement le treillis au moyen
d'un couteau et à réaliser une entaille dans la mousse du coussin. Le treillis s'oppose
à l'extension longitudinale de l'entaille, mais la répétition de l'action de poinçonnage
permet de réaliser une succession d'entailles qui détériorent l'élément de siège,
et nécessitent son remplacement.
[0010] L'élément de siège selon l'invention a également pour but de remédier à cet inconvénient.
[0011] Cet élément pour siège est du type composé d'un coussin en mousse protégé par un
revêtement composite comprenant une première couche de revêtement extérieur souple,
tricotée, tissée ou non tissée, une couche antilacération constituée par un treillis
de fils métalliques tricotés, et une couche de liaison de faible épaisseur et constituée
par une matière synthétique souple.
[0012] Selon l'invention, la couche de liaison est composée de deux nappes en polyéthylène
qui, disposées de part et d'autre du treillis métallique, sont liées l'une à l'autre
à travers le treillis et en noyant ce treillis antilacération, par fusion localisée
de leur matière constitutive, après flammage de l'une de leur face, l'une de ces nappes
étant liée de la même façon à la couche de revêtement extérieure, tandis que l'autre
nappe est liée à la mousse du coussin de garnissage et de confort, et que ladite mousse
du coussin est liée à une plaque support en matériau rigide et indéformable et possède
une compressibilité au tranchant et une épaisseur lui permettant, lors d'une action
de lacération, de s'écraser sans offrir de résistance favorisant la lacération du
treillis.
[0013] Lorsqu'un tel élément de siège est soumis à une opération de lacération, la mousse
de confort se comprime au maximum, sans pour autant offrir une résistance permettant
à l'objet tranchant de traverser le treillis et, en conséquence, de la traverser.
Il en résulte que la lacération est limitée à la couche extérieure qui, grâce à sa
liaison par fusion avec le treillis, ne peut pas être délaminée.
[0014] Dans une forme d'exécution préférée, la mousse de confort du coussin a une épaisseur
comprise entre 15 et 35 mm.
[0015] Cette faible épaisseur évite la lacération, sans pour autant que le confort de l'usager
en soit affecté.
[0016] D'autres caractéristiques et avantages ressortiront de la description qui suit en
référence au dessin schématique annexé représentant, à titre d'exemple non limitatif,
une forme d'exécution de cet élément de siège et du procédé pour sa fabrication.
Figure 1 est une vue partielle en coupe transversale montrant une première forme d'exécution
de l'élément,
Figure 2 montre l'élément de figure 1 lors d'une action de lacération,
Figure 3 est une vue partielle en coupe transversale montrant une variante de réalisation
de cet élément,
Figures 4 et 5 sont des vues en perspective, avec coupe partielle, montrant cet élément
de siège lorsqu'il est mis en place sur un siège,
Figure 6 est une vue schématique illustrant le procédé de fabrication du revêtement
coopérant avec la couche de confort.
[0017] Dans la forme d'exécution représentée à la figure 1, la référence numérique 2 désigne
la couche extérieure constituée par un tissu, par un substrat textile, tissé ou non,
en fibres naturelles et-ou synthétiques, les références 3a et 3b désignent les deux
nappes d'une couche de liaison emprisonnant un treillis métallique 4, 5 désigne une
couche de confort, et 6 une paroi rigide métallique ou en matière synthétique.
[0018] Les nappes 3a et 3b sont en polyéthylène. La couche 3a est liée à la nappe extérieure
2 par fusion après flammage. De même, la nappe 3b est liée à la nappe 3a par fusion
après flammage en enserrant le treillis 4, qui est ainsi noyé entre ces deux nappes.
[0019] Le treillis antilacération 4 est, de façon connue, obtenue par tricotage de fils
métalliques mono ou multitorons pour présenter une souplesse lui permettant de se
plier.
[0020] La couche de confort 5 est réalisée en mousse de polyuréthanne et a, selon l'invention,
une épaisseur comprise entre 15 et 35 mm. Sa liaison avec la nappe 3b, est assurée,
soit par fusion partielle de cette nappe 3b après flammage, soit par une couche de
colle souple. Le matériau constitutif de la mousse est choisi parmi les matériaux
synthétiques permettant d'obtenir une densité suffisante pour assurer le confort,
tout en possédant une bonne compressibilité à une action tranchante. Des mousses de
polyuréthanne ou de silicones satisfont à cette définition.
[0021] On notera que le confort de l'utilisateur est assuré à la fois par la mousse de confort
5, mais aussi par la souplesse du revêtement A formé par les couches 2 à 4, couches
qui, grâce à leur mode de liaison, conservent leur flexibilité naturelle et sans altérer
le moelleux de l'élément.
[0022] Lorsqu'un élément ayant cette structure, c'est à dire composé du revêtement composite
A, de la mousse 5 et de la plaque 6, est soumis à un poinçonnage au moyen d'un outil
tranchant 7, comme montré à la figure 2, l'effort exercé sur l'outil provoque l'écrasement
de la mousse 5 qui recule devant l'outil, sans pour autant opposer une résistance
permettant à ce dernier de franchir le treillis métallique 4. Il en résulte que le
treillis ne peut pas être sectionné et que la lacération ne peut affecter que la couche
extérieure 2 et la nappe 3a. En raison de leur faible épaisseur, ces deux couches
ne permettent pas de saisir les bords de la fente obtenue. Quant bien même cela serait
possible, la parfaite liaison de ces couches avec le treillis 4 nécessite un effort
suffisamment important pour s'opposer au délaminage.
[0023] On notera que la liaison de la couche de confort 5 avec la nappe 3b peut très bien
être assurée par une colle souple se déposant à l'état liquide, et ayant une moindre
adhérence qu'une colle visqueuse, puisque le délaminage du revêtement A par rapport
à la couche 5 est impossible.
[0024] La forme d'exécution représentée à la figure 3 se différencie de la précédente par
la présence, entre la nappe 3b et la couche de confort 5, d'une nappe anti feu 8,
composée par exemple d'un feutre en fibres aramide.
[0025] La figure 6 illustre une forme de mise en oeuvre du procédé de fabrication du revêtement
composite A. Elle concerne plus particulièrement le revêtement montré à la figure
3 et composé d'une couche extérieure 2, d'une nappe 3a, d'une nappe 3b, d'une nappe
antifeu 8 et d'un treillis métallique 4. Ces différentes couches, nappes et treillis
sont assemblés en continu à un poste qu'ils alimentent à partir d'une bobine non représentée.
A ce poste, la nappe 3a passe devant une rangée de brûleurs 10 dont les flammes 12
portent l'une de ses faces a une température favorisant la fusion locale de son matériau
constitutif. Immédiatement après les brûleurs, la nappe 3a est pressée entre deux
rouleaux presseurs 13 contre la couche externe 2 à laquelle elle se lie par fusion
pour former un complexe 14. A un autre poste, une rangée de brûleurs 15 produit des
flammes 16 qui portent localement la nappe 3b à sa température de fusion. Après ce
flammage, la nappe 3b passe entre deux rouleaux presseurs 17 qui la plaquent contre
la nappe anti feu 8 et assurent ainsi sa liaison positive avec cette nappe pour former
un complexe 15.
[0026] A un troisième poste, une autre rangée de brûleurs 18 assure le flammage du complexe
14 juste avant qu'il pénètre, entre deux rouleaux presseurs 19, en même temps que
le complexe 15 et le treillis métallique 4 inséré entre ces deux complexes. Ces rouleaux
19 assurent donc la liaison des deux complexes à travers le treillis 4 qui est ainsi
emprisonné entre les deux nappes constituant la couche de liaison et qui sont liées
l'une à l'autre de manière positive par fusion.
[0027] On notera que les nappes 3a et 3b sont soumises par les rouleaux presseurs 12, 17
et 19 à une réduction de leur épaisseur. A titre d'exemple, si leur épaissseur initiale
est de l'ordre de 1,5 mm, leur épaisseur finale est de l'ordre de 0,8 mm, ce qui conduit
à un revêtement composite A ayant ayant une épaisseur de l'ordre de 2 mm.
[0028] Chaque élément de siège est ensuite formé, soit par moulage in situ, soit par assemblage.
Dans le premier cas, le revêtement A est préalablement conformé à la forme de l'élément
futur et disposé dans le moule de formation du coussin en mousse, de manière que la
résine constituant ce coussin assure la liaison par adhérence du coussin avec le revêtement
A et avec la partie rigide 6, également rapportée dans le moule. Dans l'autre cas,
le coussin en mousse est moulé séparément et est lié par collage, d'une part, à la
plaque support 6 et, d'autre part, au revêtement complexe A. Ces techniques sont bien
connues de l'Homme de l'Art et n'ont pas à être décrites en détails.
[0029] Suivant une autre caractéristique de l'invention, et comme montré aux figures 4 et
5, l'élément de siège B ou l'élément de dossier C est conformé en galette. Dans la
forme d'exécution représentée à ces figures, celle-ci est composée du revêtement A
et de la mousse de confort 5 et s'insère dans un logement approprié 22 de l'armature
23 du siège. Le fond 22a de ce logement remplace la plaque 6 des formes d'exécution
précédentes.
[0030] Chaque élément B ou C est lié à l'armature 23 par des moyens de fixation permettant
son interchangeabilité. On notera que chaque élément A ou B comporte une face 20 venant
en contact avec l'utilisateur qui est concave au moins transversalement, de manière
que, en cas de lacération de la couche extérieure, comme montré en 24 à la figure
5, les bords de la fente ainsi réalisés aient tendance à se rapprocher l'un de l'autre
sous les mouvements de l'utilisateur en masquant progressivement la fente. Cet aménagement
qui assure une autofermeture de la fente, par reprise élastique et compression de
surface, gêne le délaminage du revêtement et rend la fente moins visible, donc moins
tentante pour une action de vandalisme.
[0031] Enfin, on notera que, dans le cas où le treillis métallique est composé de fils multitorons
pouvant être sectionnés individuellement lors d'une opération de lacération, les torons
sectionnés restent inclus dans la partie fondue du polyéthylène des nappes 3a-3b et
ne risquent donc pas de blesser l'utilisateur à travers la couche extérieure 2.
[0032] Il ressort de ce qui précède que l'élément de siège selon l'invention permet, par
la combinaison de ses composants et de leur mode de liaison, mais aussi de sa forme
même, de satisfaire à la plupart des contraintes anti vandalismes, à savoir lacération,
poinçonnage, délaminage et voire même résistance au feu.
1. Elément de siège résistant au vandalisme du type composé d'un coussin en mousse (5)
protégé par un revêtement composite (A) comprenant une première couche (2) de revêtement
extérieur souple, tricotée, tissée ou non tissée, une couche antilacération (4) constituée
par un treillis de fils métalliques tricotés, et une couche de liaison de faible épaisseur
et constituée par une matière synthétique souple, caractérisé en ce que la couche de liaison est composée de deux nappes en polyéthylène (3a, 3b) qui, disposées
de part et d'autre du treillis métallique (4), sont liées l'une à l'autre à travers
le treillis (4) et en noyant ce treillis antilacération, par fusion localisée de leur
matière constitutive, après flammage de l'une de leur face, l'une (3a) de ces nappes
étant liée de la même façon à la couche de revêtement extérieure (2), tandis que l'autre
nappe (3b) est liée à la mousse (5) du coussin, de garnissage et de confort, et que
ladite mousse (5) du coussin est liée à une plaque support (6) en matériau rigide
et indéformable et possède une compressibilité au tranchant et une épaisseur lui permettant,
lors d'une action de lacération, de s'écraser sans offrir de résistance favorisant
la lacération du treillis (4).
2. Elément selon la revendication 1, caractérisé en ce que la mousse de confort (5) du coussin a une épaisseur comprise entre 15 et 35 mm.
3. Elément selon l'une quelconque des revendications 1 et 2, caractérisé en ce qu'il est en forme de galette et comporte, dans sa partie venant en contact avec l'utilisateur,
une face concave (20).
4. Elément selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que la liaison de la couche de confort (5) avec le revêtement composite (A) et la plaque
support (6) est assurée par adhérence de la mousse de la couche de confort (5).
5. Elément selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que la liaison de la couche de confort (5) avec le revêtement composite (A) et la plaque
support (6) est assurée par collage au moyen d'une colle souple.