[0001] La présente invention a trait aux mécaniques Jacquard pour la formation de la foule
sur les machines à tisser et elle concerne plus particulièrement celles dans lesquelles
les crochets à mouvement alternatif qui actionnent les arcades du harnais usuel sont
commandés par des couteaux portés par les brins parallèles d'une série d'organes funiculaires
ou courroies disposés par paires.
[0002] Le Brevet français N° 2 677 380 (STAUBLI) illustre bien l'agencement général des
mécaniques de ce genre.
[0003] Pour l'entraînement de ce type de mécaniques, le mouvement est prélevé sur l'arbre
principal de la machine à tisser à l'aide d'un premier renvoi d'angle relié par un
arbre vertical à un second renvoi d'angle prévu à la hauteur de la mécanique à entraîner.
L'arbre horizontal de sortie de ce second renvoi constitue l'arbre d'entrée de la
mécanique, sur lequel sont en outre généralement montés un dispositif modulateur propre
à conférer audit arbre la loi de mouvement désirée pour la mécanique, un dispositif
pour la recherche du pas (détissage) et un frein destiné à immobiliser automatiquement
la mécanique dès l'arrêt de l'entraînement.
[0004] L'arbre d'entrée de la mécanique doit évidemment être relié aux tambours qui assurent
l'entraînement alternatif de chacune des courroies porte-couteaux, et sur ce point
on pourra se référer à ce qui a été décrit et représenté dans le Brevet Français N°
2 703 697 (STAUBLI). Dans cet agencement, l'arbre d'entrée porte deux excentriques
pour la commande de deux bielles verticales qui actionnent elles-mêmes deux bielles
horizontales liées aux paires de tambours, ceux-ci étant établis à des diamètres différents
qui vont en décroissant d'une extrémité à l'autre de la mécanique afin de conférer
aux couteaux et aux crochets des courses différentes propres à l'obtention d'une foule
oblique.
[0005] On peut constater qu'un tel mode d'entraînement implique un nombre élevé de pièces
différentes qui grêvent le prix de revient. Les appareils accessoires (modulateur,
frein, recherche du pas) renchérissent le coût et les interventions pour les réglages
(course et obliquité) sont délicates, impliquant le recours à un personnel qualifié.
On notera au surplus qu'il est impossible d'obtenir des nappes de fils non planes,
telles que celles formant la foule dite elliptique.
[0006] C'est à ces inconvénients qu'entend remédier la présente invention, laquelle consiste
essentiellement à entraîner chacun des arbres qui portent les tambours associés aux
poulies d'une même paire de courroies, à l'aide d'un moteur électrique indépendant
qui est alimenté à travers un variateur électronique pour l'inversion cyclique du
sens de rotation et auquel est directement intégré un codeur angulaire de repérage.
[0007] Chacun des codeurs de la mécanique est relié à un comparateur électronique qui reçoit
les signaux d'un codeur angulaire lié à l'arbre de la machine à tisser et qui adresse
aux variateurs sus-mentionnés les instructions assurant le calage angulaire convenable
de la mécanique par rapport à la machine précitée.
[0008] Le dessin annexé, donné à titre d'exemple, permettra de mieux comprendre l'invention,
les caractéristiques qu'elle présente et les avantages qu'elle est susceptible de
procurer :
[0009] Fig. 1 est une vue en plan par dessus d'une mécanique Jacquard établie conformément
à l'invention.
[0010] Fig. 2 est une coupe transversale partielle à grande échelle suivant le plan indiqué
en II-II en fig. 1.
[0011] Fig. 3 est un schéma illustrant l'alimentation électronique des moteurs.
[0012] Le bâti de la mécanique Jacquard telle que représentée en fig. 1 et 2 est formé par
deux flasques verticaux qui ont été référencés 1 en fig. 2. C'est entre ces deux flasques
1 que sont montées les différentes rangées verticales de modules 2 renfermant les
organes (palonnier, électro-aimant, mouflage, etc...) associés aux crochets à mouvement
alternatif (schématisés en 2
a en fig. 2) commandés par des couteaux horizontaux 3 pour actionner les arcades du
harnais de la mécanique considérée. Entre les rangées adjacentes de modules 2 sont
montés des arbres horizontaux 4 orientés perpendiculairement aux flasques 1 précités.
[0013] Comme montré en fig. 2, au niveau de chaque arbre 4, le sommet de chacun des flasques
1 est pourvu d'une console 5 formant support pour deux roulements 6 assurant le montage
des extrémités d'un tambour horizontal 7 pour l'entraînement d'une courroie verticale
8 ; la paire de courroies 8 associée à un même arbre 4 supporte par l'un des brins
deux couteaux 3 disposés à des hauteurs appropriées pour agir sur les deux crochets
de l'ensemble des modules 2 d'une même rangée.
[0014] Dans le moyeu tubulaire de l'un des tambours 7 (celui de gauche en fig. 2) est directement
engagée l'extrémité correspondante de l'arbre 4 envisagé, la solidarisation angulaire
entre l'arbre et le tambour étant assurée par une bride de pinçage 9. L'extrémité
opposée de l'arbre 2 est engagée et pincée dans l'extrémité correspondante de l'autre
tambour 7, l'extrémité opposée de ce dernier recevant l'arbre 10 d'un moteur électrique
11 fixé latéralement contre la console 5 ; la solidarisation angulaire entre l'arbre
10 et le tambour 7 correspondant est ici également opérée au moyen d'une bride de
pinçage 9.
[0015] Dans l'exemple de réalisation envisagé, on a supposé que pour des raisons évidentes
de limitation d'encombrement, les moteurs 11 des différents arbres 4 étaient disposés
de manière alternée.
[0016] Les moteurs 11 sont du type synchrone autopiloté ("brushless") et à chacun d'eux
sont incorporés un frein automatique 18 et un codeur angulaire 14. Fig. 3 fait bien
apparaître le schéma électrique et électronique d'alimentation de ces moteurs.
[0017] Sur les conducteurs électriques d'alimentation de chaque moteur 11 est prévu un variateur
électronique 12 qui assure l'inversion cyclique du sens de rotation de l'arbre 10.
Ce variateur 12 est placé sous le contrôle d'un comparateur électronique autonome
13 qui reçoit les signaux provenant du codeur angulaire 14 intégré au moteur 11 envisagé,
afin de les comparer à ceux provenant d'un codeur 15 associé à l'arbre d'entraînement
de la machine à tisser MT en vue de détecter en permanence la position angulaire dudit
arbre.
[0018] A la sortie du codeur 15 et avant envoi à chacun des comparateurs autonomes 13, les
signaux sont traités d'une part par une came électronique commune 16 pour la transformation
des signaux de rotation continue en signaux de rotation alternative, d'autre part
par un amplificateur indépendant 17 apte à affecter au moteur 11 qui lui correspond
le coefficient d'amplification de la longueur de la course alternative de déplacement
des deux courroies 8 en fonction de la position de l'arbre 4 le long de la mécanique
(obtention d'une foule oblique).
[0019] L'entraînement indépendant de chaque arbre 4 permet d'obvier aux inconvénients signalés
plus haut. On notera en outre que la modification de l'obliquité de la foule est opérée
moyennant une simple intervention au niveau des amplificateurs 17, alors que dans
les mécaniques Jacquard classiques à entraînement central dérivé du moteur de la machine
à tisser, cette même modification constitue une opération très complexe, impliquant
le changement d'une série de composants mécaniques et des réglages délicats.
[0020] On supprime ainsi la nécessité des appareils accessoires tels que modulateurs, recherche
du pas, frein automatique, etc... des systèmes classiques. Il est aisé d'obtenir tout
type de foule désiré, même la foule elliptique, moyennant intervention au niveau des
amplificateurs 17.
1. Mécanique Jacquard, du genre dans laquelle les crochets à mouvement alternatif (2a) qui actionnent les arcades du harnais sont commandés par des couteaux (3) portés
par les brins parallèles d'une série de paires de courroies (8) elles-même animées
d'un mouvement alternatif, caractérisée en ce que chacune des paires de courroies
(8) est entrainée par un moteur électrique indépendant (11) qui est alimenté à travers
un variateur électronique (12) pour l'inversion cyclique du sens de rotation dudit
moteur, ce dernier intégrant directement un codeur angulaire de repérage (14).
2. Mécanique suivant la revendication 1, caractérisée en ce que les signaux émis par
chaque codeur (14) sont envoyés à un comparateur autonome (13) pour être comparés
à ceux provenant d'un codeur commun (15) associé à l'arbre de la machine à tisser
(MT).
3. Mécanique suivant la revendication 2, caractérisée qu'à leur sortie du codeur commun
(15) les signaux de celui-ci sont traités par une came électronique (16), puis par
un amplificateur indépendant (17) avant d'être analysés par chaque comparateur (13).
4. Mécanique suivant l'une quelconque des revendications qui précédent, caractérisé en
ce que chaque moteur (11) incorpore un frein automatique (18).