[0001] La présente invention est relative à un dispositif destiné à injecter, dans une enceinte,
un liquide sous une pression supérieure à celle qui règne dans l'enceinte, ce liquide
étant susceptible de se solidifier par détente jusqu'à la pression qui règne dans
l'enceinte.
[0002] L'invention a été mise au point pour résoudre des problèmes rencontrés lors du refroidissement
du contenu d'un pétrin par injection de CO
2 liquide, mais il est clair que l'invention peut avoir bien d'autres applications.
[0003] Il est connu de refroidir le contenu d'un malaxeur ou d'un pétrin en introduisant
du CO
2 liquide à la base de la cuve du malaxeur ou pétrin. Le CO
2 liquide, introduit sous pression par l'intermédiaire d'une buse d'injection, se transforme,
dès sa détente, dans la buse, en solide (neige), et en gaz froid. Le solide se mélange
au contenu du malaxeur et le refroidit, cependant que le gaz froid contribue également
au refroidissement en traversant l'ensemble de la masse contenue dans la cuve.
[0004] Un dispositif connu pour la mise en oeuvre de ce procédé comporte plusieurs injecteurs,
disposés dans le fond de la cuve, et alimentés en CO
2 liquide par un ensemble de canalisations, cet ensemble étant pourvu d'une vanne de
commande commune, unique.
[0005] Lors d'une fermeture de la vanne, le CO
2 liquide qui se trouve dans les canalisations en aval de cette vanne ne peut être
évacué très rapidement par les injecteurs, et, lorsque la pression tombe au-dessous
de 5,18 bars environ dans les canalisations, il se transforme en neige dans ces canalisations
qui sont ainsi obstruées. Il est donc impossible de reprendre l'injection tant que
cette neige n'a pas disparu en se transformant en gaz par réchauffement.
[0006] On peut prévoir que les conduites reliant la vanne aux injecteurs sont flexibles,
ce qui permet un démontage, et par conséquent permet d'accélérer la remise en marche
du système. Ce démontage est cependant une opération relativement longue et pénible.
[0007] Les mêmes inconvénients subsistent si, au lieu d'une vanne commune à tous les injecteurs,
il est prévu plusieurs vannes indépendantes, reliées chacune à un injecteur par un
conduit flexible distinct : des bouchages se produisent alors dans le conduit flexible.
[0008] Il a été constaté que les bouchages se produisent lorsque la pression du CO
2 liquide devient inférieure à 14 bars, ce qui arrive assez fréquemment lorsqu'on utilise
des récipients de stockage dits "super-isolés", qui sont par ailleurs souvent préférés
dans le but de limiter les pertes thermiques.
[0009] La présente invention a pour but de supprimer ces inconvénients, et de fournir un
dispositif avec lequel les incidents de bouchage qu'on vient d'indiquer ne peuvent
pas se produire dans les conditions normales d'utilisation.
[0010] Pour obtenir ce résultat, l'invention fournit un dispositif destiné à injecter, dans
une enceinte, un liquide sous une pression supérieure à celle qui règne dans l'enceinte,
ce liquide étant susceptible de solidifier par détente, jusqu'à la pression qui règne
dans l'enceinte, ce dispositif comportant un conduit d'alimentation maintenu en permanence
sous ladite pression supérieure à celle de l'enceinte, une vanne d'arrêt reliée, d'une
part, audit conduit d'alimentation et, d'autre part, à une buse d'injection sensiblement
rectiligne, qui débouche dans l'enceinte. Ce dispositif ayant la particularité que
la liaison entre la vanne d'arrêt et la buse d'injection est calculée pour qu'un bouchon
éventuellement formé dans ladite liaison et ladite buse à la suite d'une fermeture
de la vanne d'arrêt puisse être expulsé vers l'enceinte par le liquide sous pression
lors de la réouverture de la vanne d'arrêt.
[0011] Ainsi l'invention ne comporte pas de moyens pour empêcher la formation de bouchon,
mais elle permet d'obtenir l'expulsion de ce bouchon dès la remise en marche, si bien
qu'il est possible de procéder à une nouvelle injection à n'importe quel moment après
la fin d'une période antérieure d'injection.
[0012] Suivant une modalité préférée, pour faciliter le départ du bouchon éventuel, il est
prévu que la liaison entre la vanne d'arrêt et la buse d'injection est constituée
par un passage sensiblement rectiligne de section au plus égale à celle de l'injecteur,
et à surface intérieure sensiblement dépourvue d'accidents ou d'aspérités.
[0013] Avantageusement, la vanne comporte un corps de vanne lié directement à l'injecteur.
[0014] Dans ce cas, le passage entre la vanne et l'injecteur peut être réalisé aussi court
que possible, ce qui diminue d'autant l'importance du bouchon.
[0015] Il serait possible de réaliser le corps de vanne et l'injecteur en un ensemble inséparable,
parce que, normalement, il n'est pas nécessaire de recourir au démontage de l'ensemble.
Cependant, de préférence, il est prévu des moyens pour séparer rapidement le corps
de vanne de l'injecteur, en vue du nettoyage.
[0016] Le nettoyage peut être rendu nécessaire par un fonctionnement anormal, par exemple
un bouchage de l'injecteur par une masse de la matière contenue dans l'enceinte, ou
encore, par une pollution accidentelle. Le nettoyage est de toute façon obligatoire
en cas de produits alimentaires.
[0017] Un démontage rapide permet un gain de temps appréciable.
[0018] Suivant une réalisation préférée, un organe d'actionnement de la vanne, monté sur
le corps de vanne, est relié à une source fixe d'énergie fluidique ou électrique,
par un conduit flexible fluidique ou électrique.
[0019] Le démontage est ainsi encore facilité, car le conduit flexible n'a pas à être démonté
pour le nettoyage.
[0020] L'invention va maintenant être exposée de façon plus détaillée à l'aide d'un exemple
pratique, illustré avec les dessins, parmi lesquels :
Figure 1 est une vue en élévation d'une installation comprenant un pétrin et des dispositifs
conformes à l'invention,
Figure 2 est une vue, à plus grande échelle, d'une partie de l'installation de la
figure 1, selon la linge II-II de la figure 1,
Figure 3 est une vue de côté, selon le plan III-III de la figure 2, et
Figure 4 est une vue, à plus grande échelle, d'une partie de l'installation de la
figure 1, selon la ligne II-II de la figure 1, dans une variante de réalisation.
[0021] Les figures 1 et 2 montrent une enceinte 1, ici un pétrin, dont la paroi extérieure
2 est visible en coupe à la figure 2. L'enceinte 1 est équipée d'une rampe constituée
de plusieurs ensembles d'injection 3, alimentés en CO
2 liquide par un tuyau d'alimentation calorifugé 5, un collecteur 4 et des tuyaux flexibles
6, pourvus chacun, à la sortie du collecteur 4, d'une vanne de sectionnement 7.
[0022] Comme cela est mieux visible sur les figures 1 et 2, chaque ensemble d'injection
comprend une vanne à obturateur sphérique 8, dont le passage d'entrée est relié au
flexible 6. Immédiatement en amont de l'obturateur sphérique 8, est disposé un étranglement
calibré adapté pour l'injection et la détente du dioxyde de carbone. Cet étranglement
est intégré dans le corps de vanne. L'ensemble d'injection comporte aussi un court
tube rectiligne 9 coaxial au passage de sortie de la vanne 8 et relié, par un raccord
10, à un manchon fileté qui prolonge une buse d'injection 11 coaxiale au tube 9. Le
passage de sortie de la vanne, le tube 9 et la buse 11 ont sensiblement le même diamètre
intérieur. La buse 11 est fixée par soudage à la paroi 2 de la cuve 1, et traverse
cette paroi. Elle peut être munie intérieurement d'un manchon isolant empêchant la
transmission du froid aux parois de la cuve, évitant ainsi la congélation de la viande
autour des entrées d'injection.
[0023] Le raccord 10 est un raccord à démontage rapide, du type vissé. Il pourrait être
aussi du type à baïonnette ou analogue. Comme le montre la figure, l'axe commun à
la buse 11 et à la vanne à obturateur sphérique 8 est dirigée vers le bas faisant
un angle d'environ 10° avec l'horizontale, selon une technique connue, destinée à
obtenir une bonne pénétration du fluide réfrigérant jusqu'à la partie inférieure de
l'enceinte.
[0024] La vanne 8 est associée à un opérateur pneumatique 12 et forme avec lui un ensemble
livré tout assemblé par le constructeur de la vanne.
[0025] Un pilote électropneumatique 13 est fixé sur l'opérateur 12, et supporté par lui.
L'opérateur 12 porte également un capteur 14 destiné à permettre le contrôle de sa
position.
[0026] Entre l'opérateur 12 et le corps de la vanne 8, est disposée une pièce de liaison
15, qui a la forme d'un tronçon de tube à section carrée, à axe parallèle au passage
de la vanne. Cette pièce 15 est traversée par l'arbre de commande qui relie l'opérateur
12 à la vanne 8.
[0027] Un support 16, en forme de plaquette, est maintenu serré contre la buse 11 par un
écrou. Il porte deux broches de soutien parallèles 17 qui traversent la pièce de liaison
15.
[0028] Les supports 16 relatifs aux différents ensembles d'injection 3 de la rampe portent
ensemble une goulotte 18, à l'intérieur de laquelle sont placés des conducteurs électriques
et des conduits d'air comprimé, non représentés. La goulotte contient également, à
proximité de chaque injecteur 3, une boîte de raccordement 19 reliée par des conduits
et conducteurs souples 20, 21 à l'opérateur 15, au pilote 16, et au capteur de position
17. La référence 22, à la figure 3, désigne un conducteur de liaison entre la boîte
de raccordement et un organe de commande, non représenté.
[0029] En fonctionnement, la vanne 8 est ouverte, et le CO
2 liquide est envoyé directement, selon un trajet rectiligne, depuis le raccord 10
jusque dans l'intérieur de l'enceinte 1, à travers la buse 11. Lorsqu'il est nécessaire
d'arrêter l'alimentation en CO
2 liquide, le pilote 16 commande l'actionneur 15, qui ferme la vanne 8. Seule une partie
du CO
2 liquide qui se trouve entre la vanne 8 et l'intérieur de l'enceinte 1 va se détendre
en formant un bouchon peu important de neige carbonique. Lors de la reprise des opérations,
si ce bouchon n'a pas disparu, il est facilement expulsé par la pression du CO
2 liquide à travers le conduit rectiligne qui se termine à l'intérieur de l'enceinte
1.
[0030] On observera que les démontages de l'ensemble d'injection 3 sont très faciles. Si
on démonte le raccord 10, la pièce de liaison 15 vient reposer sur les broches 17
et dégage un accès direct à l'intérieur de la buse 11, ce qui permet de l'inspecter,
et la nettoyer, par exemple au cas où elle serait obstruée par de la matière contenue
dans le pétrin.
[0031] Sur la figure 4 est représentée une variante de réalisation d'un ensemble d'injection.
Celui-ci comporte essentiellement une buse d'injection 40 sur laquelle est reliée
une électrovanne 42 alimentée depuis un tuyau d'alimentation calorifugé via un flexible
de dérivation 44.
[0032] La buse 40 est formée par un manchon métallique à section intérieure étagée, croissante
suivant le sens de circulation du dioxyde de carbone depuis un diamètre de 5 mm jusqu'à
un diamètre de 7 mm. L'extrémité de sortie de la buse 40 est soudée à la paroi métallique
extérieure 2 de l'enceinte, de telle sorte que son axe de sortie est orienté vers
le bas et délimite avec l'horizontale un angle de 10°. L'extrémité de sortie de la
buse est biseautée pour suivre la courbure de la paroi 2.
[0033] La longueur de la buse est par exemple d'environ 7 cm. Elle est aussi réduite que
possible et est limitée à la longueur nécessaire afin d'obtenir un dégagement suffisant
par rapport à la paroi 2 pour le montage de l'électrovanne 42.
[0034] L'électrovanne 42 est vissée axialement directement à l'entrée de la buse 40. Elle
comporte une vanne 46 associée à des moyens d'actionnement électromagnétiques 48.
L'entrée de la vanne 46 est reliée au flexible 44 d'amenée du dioxyde de carbone liquide.
Les moyens d'actionnement 48 comportant un solénoïde sont alimentés par un conducteur
électrique 50 connecté à un dispositif de pilotage approprié (non représenté).
[0035] La vanne 46 comporte un obturateur destiné à obturer un siège de la vanne. Le passage
ménagé dans le siège de vanne forme un étranglement calibré adapté pour l'injection
et la détente du dioxyde de carbone. Le dimensionnement du passage dépend essentiellement
de la pression d'alimentation et du débit du dioxyde de carbone.
[0036] Dans ce mode de réalisation, l'alimentation électrique des moyens d'actionnement
48 provoque l'ouverture ou la fermeture de la vanne 46, permettant ainsi la commande
de l'alimentation de l'enceinte en dioxyde de carbone.
[0037] On conçoit qu'avec un tel agencement, le trajet du dioxyde de carbone depuis la vanne
jusqu'à l'entrée de l'enceinte est minimisé puisque la vanne et l'étranglement sont
disposés au voisinage immédiat de l'entrée de l'enceinte. Ainsi, les risques de formation
de neige carbonique sont largement réduits puisque les volumes morts en aval de la
vanne sont minimisés.
[0038] De plus, comme précédemment, si un bouchon est apparu, il est facilement expulsé
par la pression du CO
2 liquide issu de la vanne.
1. Dispositif destiné à injecter, dans une enceinte (1), un liquide sous une pression
supérieure à celle qui règne dans l'enceinte, ce liquide étant susceptible de solidifier
par détente, jusqu'à la pression qui règne dans l'enceinte, ce dispositif comportant
un conduit d'alimentation maintenu (4, 5, 6 ; 44) en permanence sous ladite pression
supérieure à celle de l'enceinte, une vanne d'arrêt (8 ; 46) reliée, d'une part, audit
conduit d'alimentation et, d'autre part, à une buse d'injection (11 ; 40) sensiblement
rectiligne, qui débouche dans l'enceinte,
caractérisé en ce que la liaison entre la vanne d'arrêt et la buse d'injection est
calculée pour qu'un bouchon éventuellement formé dans ladite liaison et ladite buse
à la suite d'une fermeture de la vanne d'arrêt puisse être expulsé vers l'enceinte
par le liquide sous pression lors de la réouverture de la vanne d'arrêt.
2. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que la liaison entre la vanne
d'arrêt (8 ; 46) et la buse d'injection (11 ; 40) est constituée par un passage sensiblement
rectiligne de section au plus égale à celle de la buse d'injection, et à surface intérieure
sensiblement dépourvue d'accidents ou d'aspérités.
3. Dispositif selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que la vanne d'arrêt (8
; 46) et la buse d'injection (11 ; 40) sont disposées au voisinage immédiat de l'entrée
de l'enceinte (1), minimisant le trajet dudit liquide depuis la vanne (8 ; 46) jusqu'à
l'entrée de l'enceinte (1).
4. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que
la vanne comporte un corps de vanne (46) lié directement à la buse d'injection (11
; 40).
5. Dispositif selon la revendication 4, caractérisé en ce qu'il est prévu des moyens
pour séparer rapidement le corps de vanne de l'injecteur, en vue du nettoyage.
6. Dispositif selon l'une des revendications 4 ou 5, caractérisé en ce qu'un organe d'actionnement
(12, 13) de la vanne (8), monté sur le corps de vanne, est relié à une source d'énergie
fluidique et/ou électrique, par un conduit flexible (20, 21) fluidique ou électrique.
7. Dispositif selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce
qu'un étranglement calibré est intégré dans ladite vanne d'arrêt (8 ; 46).
8. Dispositif selon la revendication 7, caractérisé en ce que l'étranglement est formé
par le passage ménagé dans le siège de la vanne (46).
9. Dispositif selon la revendication 7, caractérisé en ce que l'étranglement est prévu
dans le corps de vanne, en amont de l'obturateur de la vanne (8).
10. Dispositif selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce
que la buse (11) comporte intérieurement un manchon isolant.