[0001] La présente invention se situe dans le domaine du transport ferroviaire et vise à
optimiser l'utilisation du gabarit des voies par les véhicules ferroviaires, en particulier
les wagons de transport de marchandises, et plus particulièrement encore les wagons
destinés au transport de véhicules routiers ou containers, dans le cadre de ce que
l'on appelle couramment de transport rail-route ou encore l'autoroute ferroviaire.
L'invention est toutefois également applicable au cas du transport ferroviaire de
voyageurs, dans la mesure où les voitures de transport de voyageurs sont également
soumis au respect des gabarits définis pour les voies ferrées.
[0002] Le problème général qui se pose est de respecter les gabarits établis des voies ferrées.
Ces gabarits sont classiquement définis par un contour de forme et de position définie
par rapport à l'axe de la voie ferrée. Les véhicules doivent être conçus de manière
à rester dans les limites de ce gabarit lorsqu'ils circulent sur les voies, et cela
dans toutes les situations, en particulier dans les courbes de la voie.
[0003] C'est en effet dans les courbes que l'axe du véhicule se déplace le plus par rapport
à l'axe de la voie. Le milieu de la caisse du véhicule se trouve alors déporté vers
l'intérieur de la courbe et ses extrémités, en porte-à-faux par rapport aux roues,
sont déportées vers l'extérieur de la courbe, comme on le voit sur la figure 1 des
dessins annexés, où la courbure de la voie a été volontairement exagérée pour bien
illustrer les déports évoqués ci-dessus. On notera par ailleurs que les bogies sont
classiquement montés pivotants sur le châssis, de manière à suivre la courbure de
la voie, alors que l'axe longitudinal du véhicule est sécant de l'axe courbe de la
voie.
[0004] Afin d'augmenter au maximum la capacité ou l'espace intérieur disponible des voitures
de transport de voyageurs, ou pour augmenter le volume utile transportable des wagons
de marchandises, les concepteurs de véhicules ferroviaires cherchent toujours à utiliser
au maximum le gabarit des lignes ferroviaires existantes.
[0005] Ainsi, pour un véhicule de longueur donnée, et pour obtenir un véhicule le plus large
possible sur toute sa longueur, on cherche à ce que le déport du milieu de la caisse
vers l'intérieur de la courbe et le déport des extrémités vers l'extérieur de la courbe
soient sensiblement égaux. Autrement dit, la longueur et la largeur du véhicule sont
déterminées de manière que, dans toutes les courbes de la voie où le véhicule va être
amené à circuler, celui-ci reste dans les limites du contour défini par le gabarit
tout en s'approchant le plus possible de ces limites.
[0006] Ceci conduit à placer les roues, essieux ou bogies en retrait vers le milieu du véhicule,
pratiquement au niveau de l'intersection de 1' axe de la voie en courbe et de l'axe
du véhicule, celui-ci étant positionné pour occuper au maximum le gabarit autorisé.
Il en résulte un porte-à-faux important entre les extrémités du véhicule et les roues,
comme on le voit bien sur les figures 1 et 2.
[0007] Comme les extrémités des véhicules doivent nécessairement être situées à un niveau
au-dessus des roues, la hauteur disponible aux dites extrémités est limitée et seule
la partie centrale du véhicule, entre les roues ou bogies peut être utilisée sur une
hauteur maximale, en abaissant le plus près possible des rails le châssis ou plancher
de cette partie centrale. Ceci, en combinaison avec la nécessité de rapprocher les
essieux ou bogies l'un de l'autre pour utiliser au maximum la largeur disponible du
gabarit, conduit donc à ce que la hauteur maximale ne peut être utilisée que sur une
longueur relativement réduite, par exemple seulement environ deux tiers de la longueur
totale du véhicule.
[0008] Ceci pose alors un problème dans le cas de certains véhicules où il est recherché
une utilisation maximale de la hauteur disponible, par exemple pour les voitures de
voyageurs à deux étages ou les wagons destinés au transport de containers de grandes
dimensions ou de véhicules routiers, dans le cadre de l'autoroute ferroviaire. En
effet, comme on le comprendra aisément, une utilisation optimale de la hauteur ne
peut se faire que au détriment de la longueur utilisable, les extrémités en porte-à-faux
étant inutilisées. Inversement, réduire ces porte-à-faux en réalisant un véhicule
avec des roues ou bogies situés plus vers les extrémités du véhicule, revient à ne
plus utiliser toute la largeur du gabarit de manière optimale.
[0009] La présente invention a pour but de résoudre ces problèmes et vise en particulier
à permettre une optimisation de l'utilisation des gabarits, tant en largeur que en
hauteur, tout en offrant une longueur utile, disponible à un niveau situé au plus
près des rails, qui soit la plus grande possible. L'invention vise notamment à permettre
le transport par voie ferrée de véhicules routiers de grandes dimensions, tant en
hauteur qu'en longueur, en utilisant au maximum les gabarits disponibles.
[0010] Avec ces objectifs en vue, l'invention a pour objet un véhicule ferroviaire comprenant
classiquement un châssis qui comporte vers chacune de ses extrémités un bogie pouvant
pivoter par rapport au châssis et caractérisé en ce qu'il comporte des moyens d'articulation
du bogie par rapport au châssis, agencés de manière que le bogie puisse pivoter par
rapport au châssis autour d'un axe de pivot fictif décalé vers le milieu du véhicule,
et des moyens de commande du positionnement angulaire du bogie par rapport au châssis
autour du dit axe de pivot décalé en fonction de l'angle entre l'axe longitudinal
du véhicule et la direction de la voie au niveau de l'extrémité du véhicule supportée
par le bogie.
[0011] L'invention permet en fait de placer les bogies ou essieux le plus près possible
des extrémités du véhicule, ce qui dégage donc la plus grande longueur possible entre
les bogies d'un même véhicule, tout en conservant le point de pivotement du bogie
par rapport au châssis sensiblement à l'endroit où il doit se trouver pour assurer
une utilisation maximale de la largeur du gabarit. On comprendra mieux cela en comparant
les dessins des figures 1 et 3, qui représentent des wagons de même longueur et largeur
placés sur une voie courbe et utilisant le gabarit de manière optimale ; dans le cas
de la figure 1 qui correspond à l'art antérieur, les bogies sont situés au niveau
des intersections de l'axe longitudinal du wagon avec l'axe de la voie en courbe et
ont leurs axes de pivotement central situés à ces intersections ; dans le cas de la
figure 3 qui correspond à la présente invention, les bogies sont écartés au maximum
l'un de l'autre, mais le wagon reste cependant inscrit dans le gabarit du fait du
pivotement des bogies autour d'un axe de pivot fictif décalé vers le milieu du wagon
et situé sensiblement au niveau des dites intersections de l'axe du wagon et de l'axe
de la voie.
[0012] Il est précisé que dans la présente description, le terme "bogie" doit être compris
comme désignant non seulement les bogies classiques dans lesquels plusieurs essieux
sont montés sur une même structure formant le châssis propre du bogie mais aussi comme
englobant des structures équivalentes qui ne comporteraient qu'un seul essieu.
[0013] Dans les véhicules à bogies de type connus, les bogies sont montés pivotant autour
d'un axe central, ce qui permet leur auto-alignement sur la voie par la seule interaction
des roues avec les rails, qui crée sur le bogie un couple ayant pour effet de le faire
pivoter par rapport au châssis du véhicule lorsque ce dernier se trouve sur une portion
de voie courbe. Dans ce cas, le couple nécessaire au pivotement du bogie est faible
du fait que l'axe de pivotement est situé au centre du bogie et donc les essieux et
les roues sont symétriques par rapport à cet axe.
[0014] Dans le cas de la présente invention, l'auto-alignement du bogie sur la voie pourrait
théoriquement être également obtenu, par pivotement autour de l'axe géométrique de
pivot fictif. Toutefois, comme l'axe de pivotement est décalé par rapport au centre
du bogie, il n'y a pas alors de symétrie des roues par rapport à cet axe, et le couple
de pivotement nécessaire conduirait à ce que les roues exercent sur les rails des
efforts transversaux très importants, inacceptables dans des conditions de circulation
normales, et cela d'autant plus que, au niveau du bogie, la direction de la voie n'est
pas exactement celle déterminée par la droite passant par le centre du bogie et l'axe
de pivotement, comme on le verra mieux dans la suite de la description.
[0015] Pour éviter de tels efforts excessifs, une solution consisterait alors à ce que,
en plus du pivotement autour du pivot fictif décalé, le bogie lui même soit monté
pivotant autour de son axe central, comme dans la technique antérieure. Mais alors
dans une courbe, le bogie pourrait pivoter autour de son propre axe central sans que
se produise le pivotement requis autour de l'axe de pivot décalé. On se retrouverait
alors dans la situation d'un axe de pivotement situé tout à l'extrémité du véhicule,
avec un fort déport du milieu du véhicule vers le centre de la courbe de la voie,
et en conséquence le non respect du gabarit.
[0016] De plus, du fait de l'existence de deux axes de pivot (l'axe de pivot décalé et l'axe
de pivot central du bogie), le positionnement du châssis par rapport à la voie ne
pourrait plus être garanti même en ligne droite.
[0017] C'est pourquoi, conformément à l'invention, il est prévu des moyens de contrôle du
positionnement angulaire du bogie par rapport au châssis autour de l'axe de pivot
décalé en fonction de la courbure de la voie, qui permettent de fixer l'amplitude
du mouvement de pivotement autour de l'axe de pivot décalé, tout en autorisant le
libre alignement du bogie sur la voie par pivotement autour de son propre axe central.
[0018] Selon un mode de réalisation de l'invention particulièrement adapté pour permettre
les mouvements de pivotement indiqués ci-dessus tout en libérant la plus grande longueur
disponible possible entre les bogies, les dits moyens d'articulation du bogie par
rapport au châssis comprennent deux biellettes disposées de part et d'autre de l'axe
du véhicule et reliant le châssis à une plaque de support du bogie, les dites biellettes
étant articulées sur le châssis et sur la dite plaque de support, et s'étendant selon
des directions respectives concourantes, le point d'intersection des dites directions
étant décalé vers le milieu du véhicule par rapport au bogie.
[0019] Dans le cas classique où le véhicule est sensiblement symétrique par rapport à son
plan longitudinal vertical, le dit point d'intersection est situé sur l'axe médian
du véhicule lorsque le bogie est lui même centré sur le dit axe médian, de façon que
les déports des extrémités du véhicules vers l'extérieur de la courbe soient identiques
quel que soit le sens de la courbure de la voie. Toutefois, dans le cas d'un véhicule
non symétrique, dont les déports des extrémités ou de la partie centrale ne conduiraient
pas à des encombrements équivalents selon que le véhicule circule sur une voie courbée
vers la droite ou vers la gauche, une optimisation de l'utilisation du gabarit pourra
être obtenue en disposant les biellettes de manière que le point d'intersection de
leurs directions soit décalé latéralement par rapport à l'axe médian du véhicule.
[0020] Les biellettes forment ainsi avec d'une part le châssis du véhicule et d'autre part
la plaque de support, un quadrilatère déformable dont les sommets sont constitués
par les articulations des biellettes sur le châssis et sur la plaque de support.
[0021] Tout mouvement de la plaque support par rapport au châssis, dans un plan horizontal,
est de ce fait contrôlé par les possibilités limitées de déformation du dit quadrilatère,
et se traduit par un déplacement du bogie, qui est relié à la dite plaque, selon une
trajectoire relative par rapport au châssis, qui est sensiblement un arc de cercle
dont le centre constitue l'axe de pivot fictif décalé vers le milieu du véhicule.
Ce centre est sensiblement situé au point de concours des directions des biellettes
lorsque le véhicule est en position de circulation sur une voie rectiligne. Cette
trajectoire n'est pas en fait exactement circulaire, mais peut y être assimilée dans
la limite des amplitudes de déplacements pratiquement nécessaires, qui restent faibles
compte tenu des grands rayons de courbure des voies ferrées, et la position de l'axe
de pivot décalé reste donc dans ces conditions sensiblement fixe par rapport au châssis.
[0022] En conséquence, dés lors que la dite plaque de support est amenée à prendre une direction
d'orientation particulière par rapport au véhicule, du fait d'une courbure de la voie,
cela se traduit par un déplacement transversal simultané de la dite plaque et du bogie
par rapport au véhicule, selon la trajectoire sensiblement circulaire déjà mentionnée,
qui conduit au déport de l'extrémité du véhicule vers l'extérieur de la courbe formée
par la voie ferrée, et ainsi à l'utilisation optimale souhaitée du gabarit.
[0023] Pour que la dite plaque soit amenée à prendre une telle direction d'orientation particulière
qui soit fonction de la courbure de la voie, les dits moyens de commande de position
angulaire du bogie comportent, selon une variante de réalisation préférentielle, une
barre de liaison avec un second véhicule, cette barre étant liée rigidement avec la
dite plaque de support. Ainsi, lorsque les deux véhicules se trouvent dans une portion
de voie courbe, la dite barre, qui est pratiquement parallèle à l'axe de la voie,
forme un angle avec la direction longitudinale du premier véhicule, et détermine la
direction d'orientation particulière de la plaque de support indiquée précédemment.
[0024] Comme on l'aura compris, il suffit donc d'une référence donnant à la dite plaque
de support une indication représentative de la courbure de la voie, c'est à dire pratiquement
d'un troisième point de référence de la voie s'ajoutant au deux points constitués
par les deux bogies du véhicule. Ce troisième point donnant une indication sur la
courbure de la voie pourrait également être formé par un élément du véhicule lui même,
au lieu d'un deuxième véhicule, par exemple par un essieu intermédiaire, relié mécaniquement
aux plaques de support des bogies d'extrémité.
[0025] Selon une variante de réalisation, le véhicule ferroviaire comporte :
- des moyens de guidage pour guider un déplacement du pivot de bogie par rapport au
châssis, transversalement à la direction de l'axe longitudinal,
- deux biellettes disposées de part et d'autre de l'axe du véhicule et reliant le châssis
à une traverse de positionnement angulaire, les dites biellettes étant articulées
sur le châssis et sur la dite traverse et s'étendant selon des directions respectives
concourantes, le point d'intersection des dites directions étant décalé vers le milieu
du véhicule par rapport au bogie,
- une barre de liaison avec un second véhicule, cette barre de liaison étant liée à
la dite traverse de manière à conserver une orientation constante de la direction
de la barre de liaison par rapport à la dite traverse, et étant par ailleurs liée
au pivot de bogie de manière à provoquer un déplacement transversal du bogie par rapport
au châssis en fonction de la position angulaire de la barre de liaison par rapport
à l'axe longitudinal du véhicule.
[0026] Comme on le comprendra mieux dans la description qui en sera faite ultérieurement,
cette variante permet d'éviter que, suite au mouvement du pivot de bogie par rapport
au châssis dans une courbe de la voie, le bogie se déplace vers le milieu du wagon.
Du fait que la barre de liaison est liée au pivot de bogie et que ce dernier est guidé
transversalement sur le châssis, les efforts de traction sont alors essentiellement
supportés par les dits moyens de guidage et non plus par les biellettes.
[0027] Les moyens de guidage peuvent être agencés de manière que le déplacement transversal
du pivot de bogie soit rectiligne. Préférentiellement toutefois, les moyens de guidage
du pivot de bogie sont agencés de manière que le déplacement transversal du pivot
de bogie s'effectue selon un arc de cercle ayant pour centre un axe de pivot situé
sur l'axe longitudinal du véhicule, entre le pivot de bogie et l'extrémité du véhicule.
[0028] Dans ce dernier cas, dans une voie courbe, le pivot de bogie se déplace transversalement
mais aussi vers l'extrémité du wagon, ce qui compense au moins en partie le déplacement
du bogie vers le milieu du wagon, dû au pivotement du bogie autour de son pivot.
[0029] Selon une autre disposition encore de cette variante, les dits moyens de guidage
du pivot de bogie comprennent une troisième biellette pivotante autour de l'axe de
pivot, le pivot de bogie est fixe sur la barre de liaison, et la barre de liaison
est montée pivotante sur la troisième biellette autour du pivot de bogie et guidée
en translation par rapport à la dite traverse.
[0030] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront dans la description
qui va être faite d'un wagon conforme à l'invention et du système de liaison de deux
tels wagons, ainsi que de plusieurs variantes de réalisation.
[0031] On se reportera aux dessins annexés dans lesquels :
- la figure 1 est une représentation schématique en vue de dessus d'un wagon selon l'art
antérieur, dans une portion de voie courbe,
- la figure 2 est une vue latérale d'un tel wagon comportant un plancher surbaissé dans
sa partie centrale,
- la figure 3 est une représentation schématique en vue de dessus d'un wagon conforme
à la présente invention, situé dans une portion de voie de même courbure que celle
représentée figure 1,
- la figure 4 est une vue latérale du wagon de la figure 3,
- la figure 5 est une vue de dessus du système de liaison de deux wagons conformes à
l'invention, lorsqu'ils sont situés sur une portion de voie rectiligne,
- la figure 6 est une vue de dessus du système, lorsque les wagons se trouvent sur une
portion de voie courbe,
- la figure 7 est une vue de dessus partielle du système de liaison comportant des moyens
d'amortissement de chocs, dans un premier mode de réalisation,
- la figure 8 est une vue partielle d'une variante de réalisation des moyens d'amortissement
de chocs, utilisable dans un système de liaison conforme à l'invention,
- la figure 9 est une vue latérale d'une extrémité d'un wagon selon l'invention,
- la figure 10 est une vue de dessus d'une première variante du système de liaison,
dans le cas d'une liaison entre un wagon conforme à l'invention et un autre wagon,
tous deux situés dans une portion de voie rectiligne,
- la figure 11 est une vue de dessus de cette première variante lorsque les wagons sont
situés dans une portion de voie courbe,
- la figure 12 est une vue de dessus d'une deuxième variante du système de liaison,
dans le cas d'une liaison entre un wagon conforme à l'invention et un autre wagon
de type classique,
- la figure 13 est une vue de dessus d'un autre mode de réalisation de l'invention,
utilisable dans des rames de wagons spéciaux comportant des bogies communs à deux
wagons adjacents,
- la figure 14 est une vue de dessus montrant la liaison supplémentaire des wagons utilisée
dans le mode de réalisation de la figure 13,
- la figure 15 est une vue d'une variante, également adaptée pour des rames de wagons
comportant des bogies communs à deux wagons adjacents,
- la figure 16 est une vue latérale schématique d'une extrémité d'un wagon dans une
troisième variante de réalisation,
- la figure 17 est une vue de dessus, considérée au niveau du plan P-P de la figure
16, lorsque les wagons se trouvent sur une portion de voie rectiligne,
- la figure 18 est une vue similaire, dans une portion de voie courbe.
[0032] Sur la figure 1, on a représenté, uniquement par son contour, un wagon 1 de type
classique, dans une portion de voie courbe 2, d'axe 21, et dont les rails 22 sont
seulement partiellement représentés. Les tracés 31, 32 représentent les limites latérales
du gabarit de la voie. Chaque bogie 11 du wagon est classiquement monté pivotant autour
de son axe central 12, en position fixe par rapport au wagon. Pour utiliser au mieux
le gabarit disponible dans une telle courbe, les dimensions du wagon sont classiquement
déterminées de manière que les angles 13 du wagon approchent le plus près possible
de la limite extérieure 31 du gabarit, tandis que le flan du wagon dans sa partie
centrale 14 affleure la limite interne 32 de ce gabarit. De ce fait, les bogies 11
se trouvent nécessairement relativement éloignés des extrémités du wagon, et comme
on le voit sur la figure 2, si un tel wagon comporte une partie de châssis surbaissée
15 dans sa partie centrale, cette partie surbaissée ne peut avoir qu'une longueur
réduite de manière importante par rapport à la longueur totale du wagon.
[0033] Le dessin de la figure 3 représente, sur la même portion de voie courbe, un wagon
10 conforme à l'invention, ayant les mêmes dimensions externes que le wagon 1. Chaque
bogie 11 est situé très proche de l'extrémité du wagon 10 et pivote autour d'un axe
géométrique 16 décalé vers le milieu du wagon par rapport à son propre axe central
12. On notera que les axes 16 sont situés par rapport au wagon dans une position sensiblement
identique à celle où se trouvaient les axes des bogies du wagon 1, c'est à dire sensiblement
à l'intersection de l'axe longitudinal 17 du wagon et de l'axe courbe 21 de la voie.
[0034] Le dessin de la figure 4 montre que, grâce à l'éloignement des bogies l'un de l'autre,
la partie centrale surbaissée 18 d'un tel wagon peut avoir une longueur considérablement
plus grande que dans le cas d'un wagon 1 de type classique.
[0035] Le dessin de la figure 5 montre un premier mode de réalisation d'une liaison entre
deux wagons 10, 10' conformes à l'invention. Chaque bogie 11 est monté pivotant sur
une plaque de support 40 au moyen d'un pivot de type classique, d'axe 12. Deux biellettes
41, 42 relient les bords latéraux de la plaque de support 40 au châssis 19 du wagon
10, en étant respectivement articulées sur la dite plaque et le châssis par des articulations
43, 44, 45, 46. Les directions longitudinales 47, 48 des biellettes 41, 42 sont concourantes
sur l'axe 17 du wagon en un point correspondant à la position de l'axe géométrique
16 constituant l'axe de pivot fictif, lorsque, comme représenté sur la figure 5, les
deux wagons 10, 10' sont alignés sur une portion de voie rectiligne.
[0036] La plaque de support 40 du wagon 10 est reliée à une plaque support correspondante
40' du wagon 10' par une barre de liaison 50.
[0037] Comme on le voit à la figure 9 les biellettes 41, 42 s'étendent sensiblement horizontalement,
et des moyens de transmission de charge, représentés symboliquement sur la figure
9 par les repères 81 et 82, sont placés entre d'une part la plaque de support 40 et
éventuellement la dite barre de liaison 50, et d'autre part le châssis 19 du wagon
pour supporter partiellement le poids de celui-ci tout en permettant un déplacement
relatif horizontal entre le châssis et la plaque de support. De tels moyens de transmission
de charges sont connus, et en particulier peuvent être des éléments de glissement
tels que plaques de frottement ou lissoirs du type utilisés dans des véhicules ferroviaires
classiques entre les bogies et le châssis de ces véhicules. De tels lissoirs, non
représentés, sont d'ailleurs utilisés de manière classique directement entre le châssis
de bogie et le châssis du wagon, pour supporter la plus grande partie du poids du
wagon. On pourra également utiliser des éléments de transmission de charge fixés sur
la dite plaque de support et le châssis du wagon et déformables élastiquement horizontalement,
tels que des blocs sandwich en caoutchouc, ou encore des suspensions pneumatiques
ou des glissières à roulement courbes ou tous autres dispositifs équivalents permettant
un déplacement horizontal d'amplitude suffisante entre la plaque support et le wagon.
[0038] Pour illustrer l'effet de pivot fictif obtenu grâce au système de biellettes qui
vient d'être décrit, on a représenté à la figure 6 le système de liaison dans la position
qu'il prend lorsque les wagons 10, 10' se trouvent sur une portion de voie courbe.
[0039] Il est précisé que les courbures de voie représentées sur cette figure 6, comme sur
les autre dessins annexés illustrant des situations se produisant en voie courbe,
ont été volontairement exagérées pour faciliter la lisibilité des dessins et la compréhension
de la cinématique des mouvements de pivotement ; dans la pratique, la position de
l'axe de pivot fictif 16 reste, dans les différentes courbures possibles des voies,
sensiblement au même point par rapport au châssis du wagon, du fait du débattement
réel du bogie par rapport au wagon, qui est nettement plus faible que ce qui est représenté
sur ces dessins.
[0040] Comme on le voit sur la figure 6, lorsque les wagons forment entre eux un angle dû
à la courbure de la voie, la barre de liaison reste sensiblement orientée selon la
direction de la voie au niveau de la jonction entre les wagons, et cette direction
forme un angle β avec l'axe 17 du wagon. Il s'ensuit que le quadrilatère formé par
les articulations 43, 44, 45, 46 se déforme, la plaque de support 40 se déplace latéralement
par rapport au wagon, entraînant l'axe de pivot central 12 du bogie selon une trajectoire
sensiblement en arc de cercle d'angle "a" ayant pour centre l'axe de pivot fictif
16. Le déplacement latéral relatif du wagon par rapport à la plaque de support provoque
le déport de l'angle 13 du wagon vers l'extérieur de la courbe, ce qui permet d'utiliser
au maximum le gabarit disponible, comme cela a été expliqué précédemment.
[0041] Comme on l'aura compris, il est nécessaire, pour assurer les déplacements expliqués
ci-avant, que la liaison entre les plaques de support des deux wagons soit rigide,
puisque c'est en fait la position du second wagon par rapport au premier qui détermine
l'angle de pivotement du bogie autour de l'axe 16. Il est cependant préférable, pour
assurer un amortissement des chocs au niveau de la liaison entre wagons, de prévoir
des moyens agissants à la manière des tampons utilisés dans les wagons classiques.
Pour cela, la barre de liaison 50 est formée de deux partie mobiles l'une par rapport
à l'autre selon uniquement la direction longitudinale de la barre, et comporte des
moyens de liaison élastique de ces deux parties.
[0042] Dans un premier mode de réalisation, représenté figure 7, chaque partie 51, 52 de
la barre 50 est formée d'une pièce avec la plaque de support d'un wagon et comporte
une tige 53 formant un piston coulissant dans un alésage 54 de l'autre partie, et
des éléments élastiques, tels que les ressorts 55, 56 sont disposés sur la tige 53
de manière à assurer la transmission des efforts entre les deux parties 51, 52 lorsque
les deux wagons tendent à se rapprocher ou à s'éloigner l'un de l'autre.
[0043] Dans un deuxième mode de réalisation représenté figure 8, chacune des deux parties
de la barre est réalisée sous la forme d'un système de vérins à ressorts 56, dont
les tiges respectives sont reliées à une plaque d'attelage 57, et les dites plaques
d'attelages des deux wagons sont liées rigidement entre-elles, par des moyens de liaison
démontables 58, de manière à assurer en service le maintien en alignement rectiligne
des deux parties lors des mouvements des dits systèmes à vérins, tout en permettant
le désaccouplage des wagons.
[0044] Les dessins des figures 10 et 11 illustrent un mode de réalisation particulier destiné
à atteler un wagon 10 conforme à l'invention avec un second wagon 10", par exemple
un wagon court, comportant un bogie 11" pivotant autour de son propre pivot central
ayant un axe 12" fixe par rapport au second wagon. La barre de liaison 50", qui est
lié comme indiqué précédemment à la plaque de support 40 du premier wagon 10, est
par ailleurs articulée directement, par son extrémité opposée 51", sur le dit pivot
central 12" du bogie 11" du second véhicule. Dans une courbe de voie, ainsi que représenté
figure 11, l'effet de la barre de liaison sur le premier wagon 10 est identique à
ce qui à été décrit précédemment, et le second wagon 10" se comportera comme un wagon
classique.
[0045] Ce dernier mode de réalisation nécessite toutefois une adaptation du second wagon
10" pour assurer la fixation de la barre de liaison. Pour éviter ce problème et permettre
l'attelage d'un wagon selon l'invention à n'importe quel autre type de wagon classique,
un autre mode de réalisation particulier, représenté figure 12, est utilisé. Dans
ce cas, le wagon 10 comporte un adaptateur 60 permettant son attelage, par des moyens
d'attelages courants 61 à crochet, à un second véhicule ferroviaire 10"' comportant
de manière classique un bogie 11 pivotant autour de son propre pivot central ayant
un axe fixe sur le second véhicule. L'adaptateur 60 comprend une plaque intermédiaire
62 reliée par deux biellettes secondaires 63, 64 à l'extrémité 65 de la barre de liaison
opposée à la plaque de support 40. La dite plaque intermédiaire 62 porte par ailleurs
les moyens 61 d'attelage au second véhicule et des tampons classiques. Les biellettes
secondaires 63, 64 s'étendent respectivement selon des directions concourantes sensiblement
sur l'axe 12"' de pivot du bogie du second véhicule.
[0046] On comprendra aisément que, dans la mesure où les moyens d'attelage 61 assurent une
solidarisation suffisamment rigide de la plaque intermédiaire 62 avec le wagon 10"',
cette variante est fonctionnellement similaire au système représenté figures 10 et
11, les biellettes secondaires 63, 64 permettant de reconstituer un pivot fictif pour
la barre 50, équivalent au pivot 12" de la figure 10, sans qu'il y ait besoin de modifier
le wagon 10"'.
[0047] Les figures 13 à 15 illustrent un autre mode de réalisation de l'invention, dans
lequel les extrémités de deux wagons adjacents 70, 71 sont supportées par un même
bogie 72. Comme on le voit sur la figure 13, les plaques de support 73, 74, qui sont
reliées par les biellettes 75 aux deux wagons, forment avec la barre de liaisons 76
un ensemble de support du bogie 72, ce dernier étant monté pivotant sur le dit ensemble
de support autour de son axe central 77. Du fait de ce pivot central, combiné avec
les liaisons articulées des biellettes 75, cet ensemble de support posséderait une
certaine liberté de mouvement de rotation, qui ne garantirait pas son alignement sur
l'axe de la voie. C'est pourquoi les deux wagons ont par ailleurs leurs extrémités
respectives reliées par un système de biellettes croisées horizontales 78 (voir figure
14) interdisant cette liberté de rotation de l'ensemble 73, 74, 75 et donc empêchant
un déplacement relatif des extrémités des wagons transversalement à la voie, tout
en autorisant leur déport simultané dans un même sens, vers l'extérieur de la courbe,
lorsque les wagons se trouvent sur une portion de voie courbe.
[0048] Dans la variante de la figure 15, le maintien du dit ensemble de support alligné
sur la voie est simplement assuré en solidarisant le bogie sur le dit ensemble de
support, l'alignement résultant alors du centrage des essieux du boggie entre les
rails. Dans une telle variante, le dit ensemble de support 79 constitue en fait le
propre châssis du bogie.
[0049] Les dessins de figures 16 à 18 illustrent encore une autre variante de réalisation
de l'invention, particulièrement destiné à permettre un gain de longueur de chargement
disponible, sans augmenter la longueur totale du wagon. En effet, dans l'exemple représenté
figures 5 et 6, les deux biellettes 41, 42 permettent de définir la position transversale
du châssis du véhicule 10, 10' en fonction de l'angle β entre la barre de liaison
50 et la direction longitudinale du wagon, mais elles peuvent conduire à un déplacement
longitudinal du pivot 12 du bogie, et donc de l'ensemble du bogie, vers le pivot fictif,
et donc vers le milieu du wagon. Ce déplacement, combiné avec la rotation du bogie
autour de son axe de pivot 12, nécessite de prévoir un jeu relativement important
entre le bogie, lorsqu'il est dans sa position de circulation sur une voie droite,
et la partie surbaissée 89 du châssis. La variante des figures 16 à 18 permet de supprimer
ces inconvénients en réduisant les dits déplacements longitudinaux du bogie par rapport
au châssis du wagon lorsque ce dernier est sur une portion de voie courbe, en empêchant
de tels déplacements vers le centre du wagon. De plus, comme on va le voir, les efforts
de traction subis par les biellettes 41, 42 sont considérablement réduits.
[0050] Dans cette variante, il est prévu une troisième biellette 90 qui relie le pivot du
bogie (axe 12) à un axe de pivot 91 vertical, situé vers l'extrémité du wagon dans
son plan médian longitudinal. Cette biellette est constituée, dans l'exemple représenté,
d'une sorte de cadre de forme générale rectangulaire et comportant un bras 92 s'étendant
à partir d'un coté de ce cadre et portant à son extrémité le dit axe de pivot 91.
Une barre entretoise 93 et montée pivotante sur le cadre 90 autour d'un axe horizontal
transversal 93' et comporte une broche 94 verticale ayant pour axe l'axe 12 du pivot
de bogie, cette broche étant montée tourillonnante dans un palier 95 de la barre de
liaison 96 qui, comme dans les variantes précédentes, porte le pivot de bogie. Une
partie 97 de la barre de liaison, située vers le centre du wagon par rapport à l'axe
12 du pivot de bogie, est montée coulissante dans la direction longitudinale de la
dite barre dans un guide 98 lié à une traverse de positionnement angulaire 99 sur
laquelle sont articulées les deux biellettes 41, 42, de manière similaire aux variantes
précédemment décrites. Ainsi, l'orientation de la barre de liaison 96 par rapport
à la traverse 99 reste constante, et une variation de la position angulaire de la
barre de liaison par rapport à l'axe longitudinal du châssis provoque un déplacement
transversal du pivot de bogie.
[0051] Des lissoirs (non représentés) sont utilisés, de manière classique dans les wagons
à bogies, entre châssis des bogies et châssis du wagon pour supporter la majeure partie
du poids du wagon et de son chargement. La partie restante de la charge est transmise
en premier lieu au cadre 90 par des patins glissants 100, 101 aménagés respectivement
sur le dit cadre 90 et sous le châssis du wagon, puis du cadre 90 à la barre de liaison
via d'une part la broche 94 et le palier 95 et d'autre part des éléments élastiques
102, et de la dite barre de liaison au bogie par le pivot de bogie classique. Les
éléments élastiques 102 peuvent par exemple être placés entre les bords du cadre 90
et des pattes 103 s'étendant latéralement à partir de la barre de liaison 96, et être
constitués de blocs sandwich en caoutchouc ou d'éléments de transmission de charge
similaires permettant un déplacement horizontal d'amplitude suffisante entre le dit
cadre et la dite barre de liaison. On notera par ailleurs que ces éléments élastiques
permettent un pivotement relatif de la barre de liaison 96 par rapport au cadre 90
autour de l'axe horizontal de la traverse 93, autorisant ainsi un certain débattement
de la barre de liaison dans un plan vertical, pour permettre au véhicule de franchir
les bosses ou creux du profil en long de la voie ferrée.
[0052] Lorsque le wagon se trouve sur une portion de voie droite, comme représenté figure
17, la barre de liaison 96 s'étend dans la direction longitudinale de la voie. Les
efforts de traction sont transmis de la dite barre de liaison au cadre 90 par la broche
94 et la barre entretoise 93, et du cadre 90 au châssis du wagon par l'axe de pivot
91, donc sans passer par les biellettes 41, 42.
[0053] Lorsque le wagon se trouve sur une portion de voie courbe, comme illustré à la figure
18, le bogie tourne autour de son pivot d'axe 12, ce qui aurait tendance à rapprocher
un coté du bogie (l'angle 104 indiqué sur la figure 18) de la partie surbaissée 89
du cnâssis. Par ailleurs, la barre de liaison 96 forme alors un angle avec la direction
longitudinale du wagon et du fait du guidage de la partie 97 de la barre 96 dans la
traverse 99, déporte transversalement l'axe de pivot 12. Comme le pivot de bogie 12
est par ailleurs contraint de se déplacer selon un arc de cercle ayant comme centre
l'axe de pivot 91 fixe sur le châssis, le pivot de bogie se déplace alors vers l'extrémité
du wagon. Ce déplacement compense donc au moins partiellement le déplacement, mentionné
ci-dessus, du bogie vers la partie surbaissée du châssis, de sorte que le jeu entre
le bogie et la dite partie surbaissée peut être réduit au minimum, ce qui, à longueur
totale constante du wagon, laisse d'autant plus de place pour la zone surbaissée.
[0054] Dans cette variante, les deux biellettes 41, 42 assurent, comme dans les variantes
précédentes le contrôle de la position angulaire permettant le déport latéral de l'extrémité
du wagon par rapport à la voie, et la troisième bielle (le cadre 90) assure le contrôle
de la position longitudinale du pivot de bogie.
[0055] D'autres moyens de réalisation de ces fonctions pourront être utilisés, en particulier
pour assurer un guidage transversal du pivot de bogie empêchant qu'il ne se déplace
vers le milieu du wagon et même préférentiellement l'obligeant à se déplacer vers
l'extrémité du wagon lors de son déport latéral par rapport au plan médian. Par exemple,
ce guidage pourra être réalisé, à la place de la troisième biellette pivotante, par
une ou des glissières transversales rectilignes ou curvilignes.
[0056] On notera également que la barre de liaison comporte préférentiellement, entre les
deux wagons qu'elle relie, des moyens 105 de guidage en rotation autour de son axe
longitudinal, autorisant un pivotement relatif des deux parties 96, 96' de la barre
reliées respectivement à chaque wagon, pour éviter des contraintes de torsion dans
cette barre de liaison. Ces moyens de guidage sont réalisés de manière a assurer l'alignement
nécessaire des deux parties de la barre, et peuvent de plus autoriser un déplacement
relatif des deux dites parties dans la direction axiale et comporter des moyens élastiques
jouant le rôle de tampons amortisseurs.
[0057] L'invention s'applique particulièrement aux wagons de transport de containers ou
de véhicules routiers de grandes dimensions, tels que ceux, utilisables pour l'autoroute
ferroviaire, comportant entre les bogies une plate-forme centrale surbaissée. Elle
peut s'appliquer également à tout autre type de véhicules ferroviaires pour lesquels
une optimisation de l'utilisation du gabarit des voies ferrées est recherchée, tant
en largeur qu'en hauteur, par exemple pour de voitures de transport de voyageurs à
deux niveaux.
1. Véhicule ferroviaire (10) comprenant un châssis (19) qui comporte vers chacune de
ses extrémités un bogie (11) pouvant pivoter par rapport au châssis, caractérisé en
ce qu'il comporte des moyens d'articulation 41, 42) du bogie par rapport au châssis,
agencés de manière que le bogie puisse pivoter par rapport au châssis autour d'un
axe de pivot fictif (16) décalé vers le milieu du véhicule, et des moyens (50) de
commande du positionnement angulaire (a) du bogie par rapport au châssis autour du
dit axe de pivot (16) en fonction de l'angle (β) entre l'axe longitudinal (17) du
véhicule et la direction de la voie au niveau de l'extrémité du véhicule supportée
par le dit bogie.
2. Véhicule ferroviaire selon la revendication 1, caractérisé en ce que les dits moyens
d'articulation du bogie par rapport au châssis comprennent deux biellettes (41, 42)
disposées de part et d'autre de l'axe du véhicule et reliant le châssis à une plaque
(40) de support du bogie, les dites biellettes étant articulées sur le châssis et
sur la dite plaque de support, et s'étendant selon des directions respectives (47,
48) concourantes, le point d'intersection des dites directions étant décalé vers le
milieu du véhicule par rapport au bogie.
3. Véhicule ferroviaire selon la revendication 2, caractérisé en ce que le dit point
d'intersection des directions des biellettes est situé sur l'axe médian longitudinal
(17) du véhicule lorsque le bogie est lui même centré sur le dit axe médian.
4. Véhicule ferroviaire selon l'une des revendications 2 ou 3, caractérisé en ce qu'il
comporte des éléments de glissement (81, 82) disposés entre la dite plaque de support
et le châssis.
5. Véhicule ferroviaire selon l'une des revendications 2 ou 3, caractérisé en ce que
la dite plaque de support (40) et le châssis (19) sont reliés par des éléments de
transmission de charge (81, 82) déformables élastiquement horizontalement.
6. Véhicule ferroviaire selon l'une des revendications 2 ou 3, caractérisé en ce que
les dits moyens de commande de position angulaire du bogie comportent une barre (50)
de liaison avec un second véhicule (10'), cette barre étant liée rigidement avec la
dite plaque de support (40).
7. Véhicule ferroviaire selon la revendication 6, caractérisé en ce qu'il comporte un
adaptateur (60) permettant son attelage à un second véhicule ferroviaire (10"') comportant
un bogie pivotant autour de son propre pivot central ayant un axe (12"') fixe par
rapport au dit second véhicule, le dit adaptateur comprenant une plaque intermédiaire
(62) reliée par deux biellettes secondaires (63, 64) à l'extrémité (65) de la barre
de liaison opposée à la plaque de support (40), la dite plaque intermédiaire comportant
par ailleurs des moyens (61) d'attelage au second véhicule, et les biellettes secondaires
s'étendant respectivement selon des directions concourantes sensiblement sur l'axe
(12"') de pivot du bogie du second véhicule.
8. Système de liaison de deux véhicules ferroviaires selon la revendication 6, caractérisé
en ce que les dites plaques de support (73, 74) des deux véhicules et la dite barre
de liaison (76) forment un ensemble de support d'un bogie (72) commun aux deux véhicules.
9. Système de liaison selon la revendication 8, caractérisé en ce que le bogie commun
(72) est monté, pivotant autour de son propre axe de pivot central (77), sur le dit
ensemble de support et les deux véhicules sont par ailleurs reliés par leurs extrémités
par un système de biellettes croisées (78).
10. Système de liaison selon la revendication 8, caractérisé en ce que le bogie est solidaire
du dit ensemble de support (79).
11. Système de liaison d'un véhicule ferroviaire (10) selon la revendication 6 à un second
véhicule ferroviaire (10"), comportant un bogie 11", pivotant autour de son propre
pivot central ayant un axe (12") fixe par rapport au dit second véhicule, caractérisé
en ce que la dite barre de liaison (50") est articulée, vers son extrémité (51") opposée
à la plaque de support, sur le dit pivot central du bogie du second véhicule.
12. Système de liaison d'un véhicule ferroviaire selon la revendication 6 à un second
véhicule ferroviaire, caractérisé en ce que la dite barre de liaison (50) est formée
de deux parties (51, 52) mobiles l'une par rapport à l'autre selon uniquement la direction
longitudinale de la barre de liaison, et comporte des moyens (54, 55) de liaison élastique
des deux dites parties.
13. Véhicule ferroviaire selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il comporte:
- des moyens de guidage (90, 91, 93) pour guider un déplacement du pivot de bogie
(12) par rapport au châssis, transversalement à la direction de l'axe longitudinal
(17)
- deux biellettes (41, 42) disposées de part et d'autre de l'axe du véhicule et reliant
le châssis à une traverse de positionnement angulaire (99), les dites biellettes étant
articulées sur le châssis et sur la dite traverse (99) et s'étendant selon des directions
respectives (47, 48) concourantes, le point d'intersection des dites directions étant
décalé vers le milieu du véhicule par rapport au bogie,
- une barre (96) de liaison avec un second véhicule, cette barre de liaison étant
liée à la dite traverse (99) de manière à conserver une orientation constante de la
direction de la barre de liaison par rapport à la dite traverse, et étant par ailleurs
liée au pivot de bogie de manière à provoquer un déplacement transversal du bogie
par rapport au châssis en fonction de la position angulaire de la barre de liaison
par rapport à l'axe longitudinal du véhicule.
14. Véhicule ferroviaire selon la revendication 13, caractérisé en ce que les moyens de
guidage du pivot de bogie sont agencés de manière que le déplacement transversal du
pivot de bogie s'effectue selon un arc de cercle ayant pour centre un axe de pivot
(91) situé sur l'axe longitudinal (17), entre le pivot de bogie (12) et l'extrémité
du véhicule.
15. Véhicule selon la revendication 14, caractérisé en ce que les dits moyens de guidage
du pivot de bogie comprennent une troisième biellette (90) pivotante autour de l'axe
de pivot (91), le pivot de bogie est fixe sur la barre de liaison, et la barre de
liaison est montée pivotante sur la troisième biellette autour de l'axe du pivot de
bogie (12) et guidée en translation par rapport à la dite traverse.